- il y a 13 heures
Ce lundi 5 octobre, Sandra Gandoin a reçu Adrien de Schompré, président-directeur général de Matsuri, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business présente
00:06BFM Entreprise, leadership, la méthode.
00:11Sandra Gondoyne
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprise, consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:17Une demi-heure avec un leader qui va nous expliquer comment il dirige son parcours, sa méthode, les clés de
00:24sa réussite, les épreuves qu'ils l'ont forgée.
00:27Quel meneur est-il ? BFM Entreprise aujourd'hui, c'est avec Adrien Dechompré.
00:32BFM Entreprise, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:38Bonjour Adrien Dechompré, ravi de vous recevoir dans Leadership.
00:43Adrien, entrepreneur, j'ai presque envie de dire entrepreneur compulsif, actuel patron de Matsuri.
00:47Vous êtes passé par Sushi Shop, vous avez créé plusieurs sociétés investies dans des start-up.
00:52Évidemment, on va revenir sur ce parcours.
00:54Première question, qu'est-ce que ça veut dire pour vous être leader ?
01:00Leader, c'est guider, embarquer souvent une vision.
01:08Et donc, ça veut dire l'embarquer, c'est-à-dire pas de la partager et essayer de fédérer autour
01:12de soi des hommes et des femmes.
01:17Et puis, justement, de se retrouver autour de ce projet avec une énergie qui porte le projet.
01:23Est-ce que vous êtes né avec ça ou est-ce que ça s'est construit au fil du temps,
01:28cette envie ?
01:29Je ne suis pas certain qu'on naisse avec pour devenir leader.
01:34Le leadership, d'abord, c'est une relation aux autres, par définition.
01:40Et puis, on le devient en agissant, par ses actes.
01:46Et puis, c'est un chemin, je pense.
01:48Et par ses choix, j'imagine.
01:49Et par ses choix, bien sûr.
01:50On va revenir un petit peu en arrière.
01:52Vos parents travaillaient.
01:54Vous, votre scolarité, vous la dites moyenne.
01:57C'est ça ?
01:58Oui, absolument.
01:58Qu'est-ce qui se passait ?
02:00J'ai été scolarité moyenne et plutôt un élève ou un garçon, un adolescent réservé.
02:06Donc, pas forcément très charismatique ou très, incarnant un leadership naturel.
02:11Ça s'est construit dans le temps.
02:14Donc, un élève moyen, en tout cas, j'observais, j'avais cette envie de nouveauté, de nouvelles choses.
02:27L'école ne m'apportait pas une satisfaction pleine.
02:31Et je cherchais probablement des réponses autrement.
02:35Et le fait d'entreprendre m'a fondamentalement libéré.
02:38Qu'est-ce qui vous donne envie de travailler, du coup, à l'époque ?
02:41Qu'est-ce qui vous mène vers le travail ?
02:42Est-ce que c'est la mission ?
02:44Est-ce que c'est un milieu ?
02:45Est-ce que c'est justement une liberté ?
02:48Et de se dire, je ne dépendrai pas de quelqu'un, je vais plutôt créer mon propre chemin.
02:51Qu'est-ce qui vous guide au départ ?
02:56Le chemin, on le trouve.
02:59L'envie est d'être, bien sûr, en tout cas dans mon cas, c'était d'être libre, d'être
03:05indépendant rapidement.
03:07L'envie probablement aussi de créer, de concevoir.
03:10J'ai toujours été attiré par les concepts.
03:16Donc, quand on crée des concepts, finalement, on part avec une idée qui est propre.
03:24On essaie de la partager, on essaie de fédérer autour de cette idée.
03:26Et bien sûr, pour la matérialiser, il faut jeter à l'eau et il faut entreprendre.
03:31Mais c'est plus une prédisposition ou une appétence particulière pour la créativité et les concepts qui peuvent s'appliquer
03:44dans le business.
03:45À un moment, il faut s'y coller.
03:47Il ne s'agit pas juste de vendre des idées, c'est-à-dire de les matérialiser, de les réaliser.
03:51C'est ça qui m'a toujours un peu animé.
03:53Vous partez à New York, c'est là que vous voyez des choses intéressantes, des idées intéressantes ou une façon
03:58de travailler intéressante ?
03:59Oui, j'ai fait quelques allers-retours à New York.
04:01J'ai eu la chance de partir et j'ai découvert là-bas, bien sûr, une énergie folle.
04:08Et puis, un espace où, en entendant raconter ces histoires d'entrepreneurial dans le contact de certaines personnes un peu
04:21plus âgées que moi à l'époque,
04:23on se rendait compte qu'effectivement, de l'idée à la matérialisation de l'idée, il y avait un chemin,
04:28certes, mais que c'était possible.
04:29Que ça pouvait aller vite.
04:32Et en tout cas, cette énergie était très positive.
04:35Et là, on a clairement le terrain pour se dire, bon, et l'exemple, on peut y aller.
04:43J'ai lu ça, effectivement, que vous aimiez les concepts qui allaient vite.
04:47Alors aujourd'hui, tout va vite.
04:48La plateforme, le système, aujourd'hui, tout ça s'est transformé dans un système où tout va très vite.
04:54Mais déjà, à l'époque, c'était quelque chose qui vous plaisait, effectivement.
04:57Quand vous revenez, c'est Cash Converters, chez qui vous travaillez, c'est ça ?
05:00Vous êtes salarié ?
05:01Je suis, alors d'abord, je suis stagiaire et je pars en Australie faire mes classes et apprendre bien parler
05:10l'anglais.
05:10Et puis, je vais faire tous les métiers de ce concept.
05:16C'est du présurgage à l'australienne, à l'anglo-saxonne.
05:19Donc, on achète, on vend.
05:20C'est les bases du commerce.
05:25Et donc, j'apprends un métier, je découvre une culture, un pays assez jeune.
05:31Et ma première opportunité vient de ce stage.
05:36Et on me propose, moi qui avais tout juste plus de 20 ans,
05:41de potentiellement embarquer ce projet, ce concept, de l'adapter en France
05:48et de rejoindre les rangs de certains franchiseurs régionaux
05:53qui étaient en train de faire ce pari également de déploiement de ce concept.
06:02Vous y restez combien de temps ?
06:03Parce qu'après, il y a la rencontre très vite avec les fondateurs de Sushi Shop.
06:06Et là, ça va être vraiment…
06:07Il y a un petit moment entre les deux, mais j'y reste…
06:10Ça va trois ans.
06:12Trois ans.
06:12Trois ans, une grosse croissance.
06:14Plus de 100 magasins en France.
06:20Et puis, effectivement, l'entreprise ensuite est consolidée, rachetée par les Australiens
06:26qui rachètent l'ensemble des régions et des entrepreneurs,
06:31des jeunes entrepreneurs, parce que c'était plutôt assez sympathique.
06:33Moi, j'avais une vingtaine d'années, mais l'âge moyen était inférieur à…
06:38Très significativement inférieur à 40 ans.
06:40Oui.
06:42Et donc, on se retrouvait autour de ce projet, encore une fois.
06:46Voilà.
06:47Donc, ils ont souhaité racheter l'entreprise pour la consolider, côté en bourse.
06:53Et avec ça, une transition qui m'a amené à rencontrer d'autres personnes.
07:01Donc, des portes se ferment, d'autres s'ouvrent.
07:04Exactement.
07:04Et là, on est plutôt au début des années 2000.
07:09Et Internet et tous ces sujets poussent très fort.
07:13Et ça va très vite.
07:14Et là, ça va commencer à aller.
07:15On se dit « Ouh là là, ça va très vite ».
07:17Donc, par rapport à votre commentaire de tout à l'heure, à l'époque, ça a déjà commencé à aller
07:21très vite.
07:22Et puis, c'était aussi un moment assez favorable pour l'entrepreneuriat en France.
07:32On distribuait des chèques pour créer des entreprises.
07:36Il y avait, c'était l'époque, des premiers incubateurs, des fonds d'investissement qui investissaient non pas sur, autant
07:44plus sur des énergies, sur des talents, sur des concepts justement, plus que sur des pages blanches.
07:51Et c'est la chance qui a été la nôtre.
07:54Moi, j'ai rencontré mon associé pour faire, c'est une entreprise de sécurité informatique.
08:00On était très, très loin des sujets.
08:03On était très dans l'anticipation.
08:05C'était probablement trop tôt.
08:07C'est ça, il y a une question de timing aussi, parfois, quand on veut développer des idées.
08:11Je me suis associé avec un ingénieur, n'étant pas ingénieur, mais avec l'idée de concevoir, toujours cette idée
08:17de concept, une plateforme qui pourrait adresser, en tout cas aller chercher, créer une société de conseils autour de plateformes
08:25de services pour auditer, tester les failles de sécurité de société, PME, TI et certains grands comptes.
08:32Et ça, sans avoir de background parfaitement technique.
08:38Mais j'ai appris et puis j'ai essayé de mettre au service de l'entreprise et de ce projet
08:42mes quelques qualités de commercial, de développeur et un peu de créativité devant ça.
08:51Et voilà, donc ça a fonctionné assez bien.
08:54On s'est vite rendu compte que c'est des sujets très complexes, très techniques, avec des enjeux.
09:00Quand on crée, quand on embarque, quand on lead, on est quand même responsable de ce qu'on fait soi
09:04-même, de ce qu'on porte comme projet et des gens qui nous entourent.
09:09Mais là, ça a devenu encore plus complexe et on touchait des sujets de souveraineté, des sujets de confidentialité, d
09:15'intégrité.
09:17Et je me souviens, à un moment, m'être fait peur.
09:21Et donc, pour entreprendre, on peut aussi faire des pauses, reculer, pivoter.
09:25Et là, la décision est arrivée dans l'autre sens.
09:28C'est-à-dire que vous avez arrêté ?
09:30Non, je n'ai pas arrêté, mais j'ai pris conscience que fondamentalement, je n'étais pas à ma place,
09:36que ça pouvait fonctionner, que ça pouvait peut-être encore durer,
09:39mais que je n'avais pas fondamentalement de valeur ajoutée dans ce que je faisais et que j'étais potentiellement
09:44un contre-emploi.
09:46Je pouvais chercher en tout cas quelque chose d'autre et en tout cas un projet sur lequel je pourrais
09:53servir plus profondément.
09:56Et un jour, le téléphone sonne, heureusement d'ailleurs, et c'est en 2004, et mon assistante prend le message,
10:05je rappelle,
10:06et je comprends que c'est une banque d'affaires qui souhaite acheter ma petite société de conseil.
10:11Et là, je me dis, merci.
10:13Un bon timing.
10:14Oui, très bon timing, presque mystique.
10:19Et je pense que de toutes les boîtes qui étaient achetées, c'était probablement la dernière.
10:24En tout cas, ce n'était pas la première.
10:25On ne s'est pas garés pour le faire.
10:26On avait donné beaucoup d'énergie, mais on traite beaucoup de souplesse.
10:31Non pas pour vendre le bébé avec l'eau du bain, mais le faire proprement,
10:34puisque d'ailleurs, je suis resté pendant deux ans dans l'entreprise qui m'a accueilli.
10:36C'est une entreprise sérieuse, ce côté.
10:38Donc ça, c'était pour le côté fun.
10:40Mais c'est vrai qu'entreprendre, ça peut être aussi une question de transmission.
10:44Au moment, il faut passer au bon moment.
10:48Et on a passé cette société de conseil, certes en sécurité informatique, à des experts.
10:55Et moi, j'ai appris autre chose.
10:57J'ai eu un petit passage de deux ans avant de rencontrer les fondateurs de Sushi Shop.
11:02Mais j'ai eu un petit moment de pause, de remise en question.
11:06J'ai fait un exécutif MBA pendant cette époque, pendant cette période.
11:10Ça permet de réfléchir, de se poser, de réapprendre ?
11:13Oui, ça permet de faire un truc assez formidable.
11:16C'est de continuer à travailler tout en se formant.
11:18On est à peu près à ces moments où on commence à entendre parler de la formation tout au long
11:23de la vie.
11:24Et ça, ça résonne en moi parfaitement, en disant « bon, je suis à un moment de bascule ».
11:29Et très jeune encore, puisque j'ai 30 ans, donc très très jeune.
11:33Et je me dis « bon, voilà, cette première expérience professionnelle, entrepreneuriale m'a construit.
11:42Qu'est-ce que je peux faire d'autre ? »
11:44Et on sent un peu ses carences, ce qu'il manque.
11:47Et un MBA, un exécutif MBA, ça s'adresse à des gens qui ont déjà un bagage,
11:53en tout cas qui ont un bagage et qui ont surtout une expérience professionnelle de 10 ans ou plus.
11:59Et qui cherchent à devenir, à être de bons leaders.
12:02Donc on n'est pas des solistes, on ne sait pas faire grand-chose,
12:06mais on comprend quelles sont toutes les problématiques d'une entreprise,
12:09les fonctions d'une entreprise, toutes les directions.
12:12Donc on regarde, on effleure, mais des sujets, on ne va jamais en profondeur.
12:21Et on devient, on a une vision un peu 360 de ce qu'est une entreprise,
12:25et comment elle se construit, quand elle peut éventuellement évoluer.
12:28Et comment on peut la piloter en étant un bon manager.
12:33En ayant commencé tôt, vous prenez votre temps,
12:35on sent que vous réfléchissez à chaque étape de ce que vous faites.
12:39Ce n'est pas toujours ce qu'on dit de moi.
12:40On dit que je suis un homme très pressé,
12:42mais intérieurement, j'essaie de réfléchir de temps en temps.
12:44Au final, au final.
12:45Et puis effectivement, il y a des opportunités.
12:47Donc la rencontre avec Sushi Shop.
12:49Et là, c'est un virage très intéressant.
12:52Quand on voit ce qui se passe derrière jusqu'à maintenant,
12:55qu'est-ce que ça vous a apporté ?
12:56Qu'est-ce que vous avez construit avec Sushi Shop ?
12:58D'abord, c'est le hasard de la vie à nouveau.
13:00Et c'était profondément une énorme surprise.
13:04Et je les remercie de m'avoir fait confiance.
13:08Puisqu'au départ, ce n'était pas du tout la suite que je pouvais donner éventuellement
13:17de manière parfaitement réfléchie, justement, posée.
13:20Donc ça, ça a été quelque chose qui est rentré dans ma vie.
13:23J'ai d'abord investi à leur côté pour les aider à grandir en se développant en franchise.
13:33Et puis, l'un des deux fondateurs, Grégory Marciano,
13:37que je ne remercierai jamais assez.
13:41Un m'a fait confiance avec son associé Hervé Louis.
13:44Mais lui, surtout, m'a dit « Écoute, maintenant, t'as compris. »
13:47Il a passé le premier salon de la franchise.
13:48La société commençait déjà à très bien se développer.
13:50Oui.
13:51Et le concept plaisait.
13:54Et c'est pour ça que je les ai rejoints, parce que c'était un concept.
13:57Et on s'est rejoints sur cette idée-là première.
14:01Il fallait la développer.
14:02La franchise était le bon moyen de le faire, en tout cas le moyen de l'accélérer,
14:05de donner de la vitesse et en essayant de maîtriser l'exécution.
14:11La franchise est quand même un bon moyen, un des très bons moyens de contrôler la bonne exécution,
14:18parce qu'il y a un cahier des charges, les choses sont normées, etc.
14:21Et donc voilà.
14:23Après un an où j'étais associé et plutôt en mode consultant pour aider à faire grandir cette entreprise,
14:30je me disais « bon, ce n'est pas forcément un mauvais investissement ».
14:34Ce même Grégory, après le deuxième salon de la franchise, me prend à part et me dit « bon, maintenant,
14:39t'as compris ? »
14:41On y va.
14:42Il faut que tu nous rejoignes à 100%.
14:45Et je suis content qu'il m'ait posé cette question, en tout cas mis au pied du mur.
14:50Et ça a été une aventure formidable.
14:53Qui dure 13 ans.
14:53Qui dure 13 ans.
14:54Qui dure 13 ans.
14:55Et c'est l'âge d'or, entre guillemets.
14:58C'est le moment où Sushi Shop devient très, très connu, très consommé.
15:05Nouveau concept que les gens adoptent, finalement.
15:08Oui.
15:08Oui, il y avait déjà une appétence des Français pour le...
15:15Et donc un besoin de marché.
15:17Le Japon faisait rêver, déjà.
15:20Le Sushi commençait à rentrer dans les épisodes de consommation.
15:24Et la livraison de Sushi était, en revanche, n'existait pas.
15:28On se faisait livrer essentiellement des pizzas.
15:30Et Deliveroo, Uber et toutes les plateformes que je n'ai pas citées n'existaient pas du tout.
15:35Et donc, on s'est dit « tiens, tout le point de départ, c'est de dire, il y a
15:41peut-être une alternative à la livraison de pizzas.
15:43Ça peut être le Sushi.
15:44C'est froid, ça se livre bien.
15:46Ça se partage.
15:47Et c'est probablement un bon moyen de porter ce concept.
15:52Donc, c'est essentiellement de la vente importée, de la livraison.
15:55Et on a, en créant ce concept de petits corners, de petites boutiques, de shop, d'où le nom de
16:03Sushi Shop, de sushi,
16:05on a effectivement...
16:08C'est l'offre qui a créé la demande.
16:10On s'est installés à Nice, puis à Marseille, puis à Bordeaux, puis à Lille, etc.
16:15Et on a créé un peu ce marché.
16:18D'autres enseignes ont suivi aussi.
16:23Et donc, voilà, ça a été effectivement une grosse croissance pour notre enseigne et d'autres pendant ces 15 années.
16:30On va passer à la suite, parce que Matsuri, il y a une logique.
16:35Après, il y a un fil rouge entre ces deux concepts-là, évidemment, on voit.
16:41Qu'est-ce qui a mis fin, très rapidement, à cette aventure Sushi Shop ?
16:45C'est l'envie d'ailleurs ?
16:47C'est la fin d'une aventure, tout simplement ?
16:49C'est quoi ?
16:51En fait, c'est un peu simple.
16:52La réponse, ça revient à la genèse.
16:55En fait, on est trois associés.
16:57On a fait rentrer à nos côtés un fonds d'investissement.
17:00Et quand on fait rentrer un fonds d'investissement, on doit une liquidité à ce fonds d'investissement.
17:05Donc, il y a un agenda qui est posé.
17:08Et ça s'appelle une clause de rendez-vous.
17:10Ce rendez-vous, c'est...
17:11On est en 2017.
17:15Et on anticipe en 2018.
17:17Et on anticipe 2018.
17:20Et il faut se poser la question de comment on fait sortir le fonds ?
17:26Comment on donne la liquidité à ce fonds ?
17:27La liquidité, pardonnez-moi, à ce fonds ?
17:29Est-ce qu'on fait rentrer un autre partenaire ?
17:31Et donc, est-ce qu'on continue ?
17:33Et donc, deux questions se posent.
17:36Est-ce que c'est le bon moment de vendre ?
17:37Est-ce que c'est le bon moment ?
17:38Est-ce qu'on a envie de continuer ?
17:39Et puis, il y en a trois.
17:40Et puis, j'ai aussi, moi, deux associés qui ont démarré plus tôt.
17:44Il y avait une autre qui a démarré dix ans plus tôt.
17:47Et qui ont envie de passer à autre chose.
17:49Qui pensent que c'est le bon moment.
17:51Ils n'ont pas eu...
17:51Ils n'avaient pas tort.
17:52En tout cas, pour ça, pour...
17:53Parce que le Covid est arrivé juste derrière.
17:55Donc, si on s'arrêtait qu'à ça, on pouvait se dire...
17:57Ah !
17:59Mais on a quand même beaucoup réfléchi.
18:01Moi-même, j'ai réfléchi.
18:03Je n'étais pas...
18:04Je pensais qu'il y avait encore d'autres choses à faire.
18:07Et puis, finalement, la décision collégiale est arrivée.
18:12Et on a vendu en 2018, accompagné jusqu'en 2019.
18:16Et six mois, un peu huit mois avant le Covid.
18:19Alors voilà, quand il reste des idées dans la tête, c'est bien pour la suite.
18:22On va regarder tout de suite la photo.
18:29La photo que vous nous avez envoyée, et on demande tous les jours dans cette émission,
18:36une photo qui est, comment dire, importante pour vous.
18:41On va la voir là.
18:42Ça, ce n'est pas Sushi Shop, évidemment.
18:44L'aventure est terminée à ce moment-là.
18:45C'est votre vie d'aujourd'hui.
18:47C'est Matsuri.
18:48Matsuri, commentez-nous cette photo.
18:51Pourquoi vous avez amené celle-ci précisément ?
18:55Elle n'a rien de remarquable.
18:56Elle est très jolie.
18:57Mais justement, elle amène cette transition.
19:03En tout cas, après avoir fait 13 ans et porté une entreprise dans la restauration japonaise à succès,
19:10on se dit, typiquement, il faut faire autre chose.
19:13Faire deux fois un même succès et dans le même secteur, c'est compliqué.
19:18Et rien ne m'amenait à, un, refaire de la restauration, en tout cas pas japonaise.
19:27Et finalement, j'en suis là.
19:28C'est qu'elle a un concept, j'imagine.
19:30Oui, oui.
19:31Et là, il y a quoi ?
19:32Il y a effectivement une offre qui est plutôt sexy, japonaise,
19:37et qui pourrait ressembler à ce que j'ai fait auparavant.
19:39Mais en fait, c'est très différent.
19:41Et c'est pour ça que j'y suis allé.
19:45Et donc, Matsuri, c'est quoi ?
19:47C'est la restauration assise, ce qui n'était pas le cas d'une précédente entreprise.
19:52Et c'est ce petit kaiten, ce comptoir tournant.
19:56Donc, c'est ses assiettes.
19:58Donc, le sushi, c'est toujours été, le japonais, c'est toujours une cuisine de partage.
20:01Donc, on tire des assiettes.
20:03Et ça, ça marche très, très bien.
20:05Les assiettes tournent.
20:06Ça s'appelle un kaiten.
20:06C'est très efficace.
20:10Et je me suis...
20:13Avant d'arriver à ça, je suis allé avec mes enfants dans un Matsuri,
20:19puisque l'enseigne existait avant de la reprendre.
20:21C'est une histoire de reprise, Matsuri, pour ceux qui nous écoutent.
20:24C'était probablement la première enseigne japonaise à Paris,
20:28et avec ce comptoir tournant.
20:30C'est fascinant.
20:31Quand on teste, c'est fascinant.
20:33Fin des années 80, et quand moi, j'ai commencé avec Sushi Shop, Matsuri existait,
20:38et depuis longtemps, et avait connu des difficultés,
20:42et était plutôt...
20:44L'enseigne avait vieilli, et on n'avait pas remis au goût du jour
20:48ni le produit, ni le service, etc.
20:52Et donc, mais j'arrive devant un comptoir tournant,
20:54qui n'est pas celui-là, et mes enfants sont parfaitement excités,
20:58et pourtant, connaissent très bien les produits
21:03qu'on peut offrir d'autres enseignes.
21:06Et je les vois sur des produits assez basiques,
21:08dans un environnement plutôt terne,
21:10et avec un niveau de service qui était moyen.
21:15Et je me dis, en fait, la réponse est là.
21:17C'est peut-être ça, et ça m'a donné envie
21:22de regarder le sujet.
21:24Et je me suis dit, si c'est effectivement
21:29une belle endormie, en tout cas, mes clients sont peut-être là devant moi,
21:32ça va être mes enfants, avec leurs parents,
21:35les familles,
21:37et la décision a été prise.
21:42Ensuite, il a fallu concevoir,
21:44créer un nouveau concept,
21:45sur toutes ces dimensions,
21:47et moderniser le produit,
21:51transformer l'expérience client,
21:52élargir aussi.
21:54Pas faire que des sushis,
21:55mais aussi proposer tout un ensemble de produits japonais.
21:57Vous testez beaucoup.
21:58Et donc, on teste,
21:59et ce concept nous permet de faire plein de choses,
22:02et d'être très agile.
22:04Et à l'heure actuelle,
22:05on est passé par des phases
22:06où les matières premières ont énormément augmenté.
22:10Donc, être en capsule dans une carte,
22:11c'est très compliqué.
22:17Et ce concept-là permet une agité
22:21justement sur la conception.
22:23On peut choisir de changer de recette tous les jours.
22:27C'est le client qui a toujours raison.
22:28Donc, on le moniteur,
22:29et on voit bien
22:30quelles sont les assiettes
22:33et les plats qui sont prévisités.
22:36On pilote mieux nos marges.
22:38On peut, du jour au lendemain,
22:40décider de ne plus faire tel ou tel produit.
22:44Et on a, par ailleurs,
22:48un restaurant qui est
22:50avec des bonnes rotations,
22:52mais qui est agréable.
22:53Et c'est une cantine japonaise
22:54qui a effectivement,
22:55comme vous l'avez dit,
22:55familial,
22:56qui rassemble tout le monde.
22:57Concept très intéressant
22:58et finalement qui s'est beaucoup modernisé.
23:00J'ai une dernière question
23:02parce que le temps file.
23:03Il nous reste deux minutes.
23:04Vous avez évoqué vos enfants.
23:05Le fait que ça vous aidait
23:07à prendre cette décision
23:10finalement professionnelle.
23:11c'est quoi la place de la famille
23:12dans tout ça ?
23:13Vous avez une grande famille,
23:15vous avez une femme qui travaille.
23:16Je veux dire,
23:16elle n'est pas à la maison du tout.
23:18Est-ce que c'est important
23:20d'être soutenu ?
23:21Est-ce qu'on arrive à tout gérer ?
23:22Aussi bien le boulot,
23:24les enfants ?
23:25Comment on fait
23:26quand on est patron comme vous ?
23:28J'ai quatre enfants
23:29et ma femme travaille effectivement
23:30et entreprend,
23:32c'est une entreprenante.
23:32Également.
23:33Voilà,
23:33avec beaucoup de succès.
23:35Et donc voilà,
23:36c'est très compliqué.
23:38Ce n'est pas facile,
23:39c'est une question
23:40d'organisation,
23:41beaucoup d'organisation.
23:45Et donc,
23:46ce n'est pas simple.
23:50selon ce qu'on se dit souvent,
23:52c'est qu'effectivement,
23:54on a la chance
23:55de mettre nos enfants
23:57dans un environnement
24:00qui les pousse
24:02à être très curieux,
24:03qui les projette déjà
24:04dans ce que peut être
24:05l'entrepreneuriat.
24:06Ça ne veut pas dire
24:06que je souhaite
24:07que mes quatre enfants
24:08soient entrepreneurs.
24:09Ils feront leur chemin,
24:10bien sûr.
24:10Mais ils ont deux exemples
24:11à la maison.
24:12Mais ils ont deux exemples
24:14probablement
24:15qui sont les bons
24:18comme les mauvais côtés
24:19de l'entrepreneuriat,
24:21les difficultés.
24:22On peut arriver fatigué,
24:23très stressé,
24:25voire déprimé.
24:26C'est la réalité de la vie.
24:27Et puis très excité.
24:28C'est la réalité.
24:28Donc,
24:30en tout cas,
24:31je partage
24:31et on partage
24:34cette vie entrepreneuriale.
24:36Et nos enfants
24:37ne sont pas préservés
24:38de ce point de vue-là.
24:40Probablement,
24:40espérons-le,
24:40ils en retireront
24:42inspirés.
24:43En tout cas,
24:44ils ne seront peut-être
24:45pas du tout
24:45des entrepreneurs,
24:46justement,
24:46pour ce qu'ils voient.
24:47Mais en tout cas,
24:49c'est assez gai,
24:50c'est très dynamique,
24:51c'est plutôt joyeux.
24:53Et on y arrive quand même.
24:55Merci beaucoup,
24:55Adrien Chompré,
24:56d'être venu
24:57dans cette émission
24:58Leadership
24:59que vous pouvez retrouver
25:00toutes les semaines,
25:01évidemment,
25:02sur BFM Business,
25:03sur notre appli,
25:04notre site,
25:04nos réseaux sociaux.
25:05Très bonne journée à tous.
25:08BFM Entreprises.
25:09Leadership.
25:10La méthode.
25:11Sur BFM Business.