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  • il y a 6 heures
Ce lundi 2 février, Sandra Gandoin a reçu Fabien Canu, directeur général de l'INSEP, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01BFM Business présente
00:02BFM Entreprise, leadership, la méthode.
00:11Sandra Gondoy.
00:13Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprise, consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:18Une demi-heure avec un leader, un patron qui va vous expliquer comment il dirige son parcours, sa méthode, les clés de sa réussite,
00:27les épreuves qui l'ont forgé, quel meneur est-il ?
00:31BFM Entreprise, aujourd'hui, c'est avec Fabien Canut.
00:35BFM Entreprise, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:41Bonjour Fabien Canut.
00:42Bonjour.
00:43Ravi de vous avoir, vous êtes directeur général de l'INSEP, l'Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance.
00:51On va revenir évidemment sur ce que vous faites au quotidien pour la performance sportive française,
00:56mais avant cela, une question. Est-ce que vous êtes un leader né ?
01:02Bonne question. Je ne crois pas, en fait. Je pense que je me suis construit parce que je n'étais pas leader à l'école,
01:12je n'étais pas leader dans ma jeunesse. Dans le sport, je suis devenu pas malgré moi, mais presque,
01:19par mes résultats sportifs, on devient quelque part un peu leader, mais je me suis construit.
01:23Je me suis beaucoup inspiré aussi de ce que je pouvais voir, mais non, je n'avais pas une âme de leader au départ.
01:28Ça s'est construit exactement. On va rappeler d'où vous venez.
01:31Vous êtes ancien sportif de haut niveau. Votre sport, c'était le judo.
01:35Vous l'avez pratiqué pendant des années et des années, ancien champion d'Europe, ancien champion du monde.
01:40Vous me corrigez évidemment, si je me trompe.
01:41Et vous avez vécu l'INSEP de l'intérieur comme sportif de haut niveau. Comment ça s'est passé, ce début de vie ?
01:49Ça a été difficile parce que j'arrivais de ma Normandie natale, de mon club sportif dans la ville d'Alençon,
01:56et passer de la ville d'Alençon, du niveau de ce club, à l'équipe de France, qui était déjà à l'époque une très belle équipe de France,
02:03avec des gens comme Thierry Rey, qui ont été champion olympique, Jean-Luc Rouget, des grands noms.
02:06Ça a été très difficile à tel point que je me suis demandé, au bout de quelques mois, si j'étais fait pour le sport de haut niveau,
02:13si j'étais bien à ma place. Je me suis accroché, j'ai persévéré, mais au début, je pensais vraiment que le sport de haut niveau n'était pas fait pour moi.
02:21C'est quoi derrière le déclencheur, justement ? Le fait d'arriver dans ce centre, de prendre cette décision,
02:29parce qu'on peut faire une carrière de sportif de haut niveau sans aller à l'INSEP, dans cet institut de la performance.
02:35Ça arrive, mais qu'est-ce qui déclenche l'idée d'y aller ? C'est les autres ? Vous avez été entraîné là-dedans ?
02:41Ou vous vous êtes dit, de toute façon, ça passe par là ?
02:44Ça passe par là. Surtout pour des sports d'opposition, comme le judo, comme l'escrime, on a besoin d'être regroupé pour avoir les meilleurs.
02:51C'est ce qui fait progresser. Et puis, c'est la fédération française de judo qui, suite à un cheveu d'Europe cadet,
02:56où j'avais fait médaille de bronze, m'a demandé de venir à l'INSEP.
02:59C'est comme ça que ça se passe, c'est les fédérations qui sélectionnent.
03:01Donc, j'ai intégré l'INSEP comme ça. Et puis après, oui, des moments difficiles.
03:06Et puis, c'est aussi l'environnement des leaders de l'équipe de France de l'époque qui m'ont dit
03:11« Mais si, si, toi, t'as du potentiel, t'as quelque chose à faire ».
03:14Bon, j'ai commencé à comprendre que ce serait long, mais que j'avais des capacités pour faire quelque chose.
03:18C'est intéressant de vous entendre dire que vous n'êtes pas un leader né, mais qu'en même temps, vous avez choisi un sport individuel.
03:26Le judo, c'est un sport de combattant, malgré tout. Il y a quand même des idées là-dedans où on se dit « Je veux faire ma place ».
03:34Oui, mais ce qu'apprend aussi beaucoup le sport de haut niveau, et notamment de combat, c'est que son principal adversaire, c'est soi-même, en fait.
03:42D'abord, on a souvent tendance, et ça je l'ai appris, à se mettre des propres limites, psychologiquement.
03:46C'est-à-dire qu'on se met des propres barrières.
03:47Alors, sans vouloir, du jour au lendemain, casser le monde, tout révolutionner, c'est qu'on n'a pas cette mentalité anglo-saxonne-américaine où tout est possible.
03:57Donc, il y avait cette dimension-là que j'ai beaucoup apprise, et puis c'est aussi l'environnement qui vous fait croire autour que c'est possible.
04:05Avant de devenir pour la première fois champion du monde, là où j'ai compris que je pouvais l'être, c'est quand autour de moi on disait « Mais c'est ton tour, la prochaine fois c'est toi ».
04:13Donc, voilà, ça c'est des choses, en tant que manager, que j'ai beaucoup apprises, c'est, quelque part, nos limites.
04:20Rêvons, ça n'est que du sport de haut niveau, en plus.
04:24Et c'est un environnement qui doit créer cette ambiance-là.
04:28Ça n'est que du sport de haut niveau, néanmoins, j'entends souvent dans les parcours d'anciens sportifs que ça forme pour la suite,
04:35que la vie professionnelle se dessine malgré tout dans ces années-là.
04:38Quand vous êtes à l'INSEP, en tant que sportif de haut niveau, est-ce qu'un jour, peut-être à la fin du parcours de sportif,
04:43où vous vous êtes dit « J'y reviendrai, mais je reviendrai dans l'encadrement, voire je dirigerai cet institut ».
04:49Non, pas vraiment, parce que je me suis construit, comme ma carrière, étape par étape.
04:56Je pense que c'est toujours ce qu'il fallait pour progresser,
05:00mais je ne me suis jamais fixé des échéances à long terme pour dire « Un jour, je reviendrai un jour ».
05:05Ceci est une question d'opportunités qui peuvent se proposer.
05:08Moi, ma fin de carrière, par exemple, j'ai une décision assez délicate à prendre,
05:12parce que le manque du privé souhaitait me recruter pour être dans une direction de ressources humaines,
05:17et la fédération du judo souhaitait me recruter pour rester dans le sport.
05:22Bon, choix délicat, parce que c'est le choix d'une vie, quelque part,
05:24et j'ai décidé de rester dans le sport, parce que travailler autour de sa passion, ça n'a pas de prix.
05:28Donc, c'est une qualité de vie que je cherchais aussi.
05:30Mais voilà, une étape importante qui a été franchie.
05:32Après, je suis devenu responsable de la préparation olympique pour le compte du ministère.
05:37Après, je suis inspecteur général.
05:38Le parcours, il se construit, mais je n'ai jamais eu un parcours tracé et une vision à long terme.
05:46Ça a été étape par étape.
05:47D'après vous, est-ce que tout le monde est fait pour diriger ?
05:52Non.
05:53Non.
05:55Mais il y en a aussi beaucoup qui pourraient l'être et qui doutent.
05:59En fait, là aussi, on se met des barrières inutilement.
06:03Non, il y a des gens qui n'aiment pas ça, parce qu'il faut assumer.
06:07Il y en a qui sont d'excellents numéro 2, d'excellents numéro 3,
06:10mais qui ne sont jamais de vrais leaders et qui sont très bien.
06:13L'essentiel, c'est de s'épanouir dans ce qu'on fait.
06:17Et l'âme de leader, alors oui, on peut la susciter quand même.
06:21Ça m'est arrivé fréquemment, on peut dire, mais c'est toi, t'es capable d'eux.
06:24Là aussi, encore une fois, les propres limites qu'on peut se mettre,
06:26qui sont souvent stupides, et ça s'apprend.
06:30Je ne pense pas que ce soit totalement inné.
06:33C'est un parcours qui fait qu'on apprend, et nous, on le voit bien dans le sport chez les jeunes,
06:37on les apprend aussi à devenir leurs propres leaders, à être leurs propres acteurs de leur projet.
06:42Rien que ça, déjà.
06:43Ne pas être dépendant.
06:44Éviter la dépendance, ce n'est pas l'entraîneur qui fait le champion.
06:49Le bon sportif, le grand champion, il saura apprendre ce qu'il faut.
06:51C'est une éponge.
06:52Il saura apprendre ce qu'il faut chez l'entraîneur, chez le médecin.
06:55Il va construire son parcours.
06:57À un moment donné, dans la vie, il faut se prendre en charge.
07:00Et c'est, quelque part, déjà une manière de se manager soi-même.
07:03Après, on peut manager les autres.
07:05C'est une autre étape, mais c'est une culture à entreprendre.
07:08Vous avez raconté le fait que vous avez choisi de rester dans le judo, finalement, toute votre carrière,
07:13plutôt que d'aller en entreprise, dans le monde du privé, découvrir toute autre chose,
07:17et finalement presque repartir de zéro, parce que là, on entre dans un nouveau monde.
07:22Est-ce que vous pensez que tout ce que vous aviez vécu juste là, jusqu'au début de votre âge adulte,
07:28allait vous servir pour la suite ?
07:30Est-ce que vous aviez déjà, qui naissaient, des idées de « je veux faire prendre à mon secteur, à mon sport, telle direction ».
07:37C'était déjà dans la tête ?
07:41Des idées pour l'avenir ?
07:43Oui, oui, oui, oui, parce que de toute façon, on construit les choses avec une vision,
07:49on construit les choses avec un cap, c'est ce qu'apprend le sport.
07:51Il y a une échéance sportive, qu'est-ce qu'on met sur la table pour progresser, pour améliorer, enfin.
07:57Donc ça, c'est vraiment ce que m'a appris le sport.
08:01De la manière aussi qu'on manage toute une équipe, c'est-à-dire que du médecin au kiné, au préparateur physique,
08:06tout le monde doit être dans le même bateau.
08:08Donc ces ingrédients-là, c'est comme ça que ça marche, mais dans tous les domaines, pas que dans le sport.
08:12Ça veut dire que dans le sport, on n'a pas trop le choix, sinon ça ne marche pas.
08:15Mais ça, oui, c'est ce que j'ai pu apprendre par le sport et ce que j'ai toujours cherché à faire dans mes différentes responsabilités.
08:23Fédération de judo ou même maintenant l'INSEP, il y avait le cap des Jeux Olympiques à Paris, par exemple.
08:27Bon, Olympique et Paralympique.
08:29Eh bien voilà, j'avais fixé un certain nombre de choses pour dire, on y va comme ça, on nous attend là-dessus, je compte sur vous.
08:35Alors c'était facile, quand on a une telle échéance qui fait rêver, dans un projet d'entreprise souvent, ça prend du temps.
08:43Là, le compte à rebours était lancé, on a gagné avec les Jeux à Paris en interne dans le fonctionnement,
08:48mais des années, des années de management, parce que c'est aussi savoir utiliser un événement pour ça.
08:55Un événement qui serve effectivement de motivation à tout le monde, à toutes les équipes.
08:59Pour autant, de l'intérieur, est-ce que vous parliez tout à l'heure que le fait que le judo, c'était d'abord un combat contre soi-même ?
09:06Est-ce que les règles qu'on s'impose en tant que sportif de haut niveau, on les impose aussi à ceux avec qui on travaille tout au long de sa carrière ?
09:13En tout cas, cette exigence ?
09:15Oui. Alors peut-être pas toujours d'une même intensité, mais oui, il y a des règles, il y a des principes de vie en groupe,
09:24des principes de comportement, des principes de respect des choses.
09:28En fait, le management, c'est que de l'humain. C'est que de l'humain, et c'est ce qu'apprend aussi le sport.
09:34D'être dans la vérité, d'être honnête. Un bon manager, c'est avant tout des qualités humaines.
09:42Un grand manager, s'il n'y a pas l'humain, ça ne passera pas.
09:46C'est-à-dire qu'à un moment donné, il faut se faire aimer, il faut se faire adorer, et c'est comme ça qu'on embarque les gens.
09:53Ça, le sport l'apprend. Un bon entraîneur, c'est ça, c'est qu'il a cette capacité à ne pas laisser indifférent, à toute une dimension humaine.
10:05En tout cas, moi, c'est ce que j'ai beaucoup appris par le sport, et ce que j'ai toujours cherché à faire, même parfois dans une situation difficile.
10:11Il faut dire la vérité. C'est l'homme qui est jugé, plus que le manager.
10:15Et pour agir à une situation difficile, même parfois des années après, gens m'ont dit, tu avais raison, on n'était pas prêt à accepter quand tu l'as décidé,
10:24mais tu avais tort, tu avais raison, et maintenant on te le dit.
10:27Bon, voilà, c'est le plus beau retour pour un manager, c'est quand les équipes reconnaissent l'individu, l'homme, ce qui a pu être fait.
10:37Oui, et vous avez été soumis à plein d'épreuves, on l'a dit, vous êtes à la tête de l'INSEP depuis 2021.
10:44Et il y a eu, effectivement, sept Olympiades, sept préparations, des JO 2024 en France, avec le succès qu'on connaît, justement, derrière.
10:52On est vraiment, nous, Français, très aptes à dire que c'était absolument extraordinaire, absolument unique, une vraie réussite.
10:59Bon, les quatre ans, les trois ans de préparation, quelle a été votre patte à vous dans ce succès, avec un peu de recul aujourd'hui ?
11:07Nous, le succès, parce que l'INSEP, c'est 50% des médailles d'équipes de France, à peu près, qui s'entraînent régulièrement,
11:16ou qui viennent de temps en temps.
11:17On a sincèrement, et d'abord, c'est ce qu'on dit tous les sportifs, contribué, j'allais dire, jusqu'au bout.
11:25Quand je dis jusqu'au bout, c'est qu'il y a eu différentes phases.
11:28Bon, d'abord, des phases de travaux, de rénovation, de créer cet esprit olympique, un peu comme un village, les anneaux olympiques partout.
11:35Donc ça, ça a été un des enjeux, d'embarquer tout le personnel aussi, de la secrétaire au cuisinier, et dans cet état d'esprit-là, d'associer la femme olympique qui est passée.
11:51On a fait monter en puissance, on a fait découvrir le sport de niveau à des gens qui travaillaient dans l'administration,
11:57parce qu'on les a impliqués dans le suivi des équipes, donc on les a formés.
12:01On a essayé de chercher à embarquer tout le monde, et puis il y a une étape très importante, c'est les deux mois qu'on précédait,
12:05on était vraiment en mode camp de base, totalement fermé, dans le bois de Vincennes, dans un écrin de verdure,
12:12pour que les équipes de France se préparent en toute sérilité, parce qu'un des enjeux, c'était la pression forte en France,
12:18médiatique, mais pas que, familiale, environnement, etc.
12:21Et on avait vraiment fait en sorte de créer un endroit où on puisse se préparer sereinement,
12:26et quelque part, un peu, entre guillemets, se détendre.
12:30Ça, c'était une belle réussite, ce fameux camp de base.
12:34Et d'ailleurs, à Talence 5, on nous demande de le refaire pour les prochaines échéances.
12:37Mais voilà, je pense que sincèrement, on a été à l'heure au rendez-vous.
12:43Et vous avez réussi à les mettre en condition, des conditions que vous-même, vous aviez vécues en tant que sportif de haut niveau à l'époque.
12:49Vous saviez de quoi avaient besoin les sportifs.
12:51Oui, c'est vrai que moi et mes équipes, je ne suis pas tout seul, mais oui, oui, ces moments-là,
12:57je les ai vécues sportivement, en tant qu'athlète, mais aussi en tant que responsable de la fédération de judo,
13:03j'ai préparation olympique, il y a tout un vécu.
13:07Il y a des choses qu'on ressent, il y a des regards qui ne trompent pas, qui expriment beaucoup de choses.
13:11Et moi, qui me permets parfois de dire, de voir si ça va, ça ne va pas.
13:16Je n'ai pas une boussole non plus, mais quand même.
13:21Et donc, on a vite compris ce dont il y avait besoin.
13:24Puis on a aussi associé les équipes de France, des athlètes, des entraîneurs,
13:28pour dire que vous avez besoin de quoi dans ce moment-là.
13:31On a vraiment fait le travail sur mesure, vraiment le travail sur mesure.
13:34Quelles sont vos plus grandes qualités, celles qui font la différence, dans ce contexte de direction d'hommes ?
13:41C'est toujours compliqué de s'auto-évaluer.
13:47La dimension humaine, la confiance que j'accorde aux gens.
13:53Ce n'empêche pas d'être toujours derrière, parce que paradoxalement,
13:56les gens demandent de plus en plus d'avoir de l'autonomie, de s'épanouir,
14:00tout en étant proche, pas loin, pour se sentir suivi, épaulé, accompagné.
14:07Je pense que j'ai toujours su d'abord bien m'entourer.
14:11Première chose, je réfléchis en même temps que je parle là,
14:15mais trouver les bonnes personnes, qui correspondent au profil,
14:17qui correspondent aussi à ma manière de voir les choses.
14:20Alors, sans être totalement tous dans le même aligné,
14:23il va falloir avoir quelques désaccords.
14:27Un, oui, parce que bien sûr, l'INSEP, c'est 315 personnes.
14:30Et c'était pareil, la Fédération de judo.
14:34Donc, bien s'entourer, être proche.
14:37Moi, mon bureau est toujours ouvert.
14:39Toujours, toujours, toujours.
14:40Et je vais sur le terrain sportif, je vais dans les bureaux.
14:45Voilà, c'est un...
14:46Et puis surtout, un cap, une vision,
14:49qu'il faut rappeler de temps en temps,
14:50parce que les gens ont besoin d'être sécurisés,
14:53de savoir où ils vont, où on veut les embarquer,
14:55pourquoi, comment.
14:56Ça prend...
14:57Management, t'as beaucoup évolué, je vois.
14:59Passer beaucoup, beaucoup de temps à expliquer les choses.
15:01Beaucoup.
15:02Les gens ont besoin de ça, de savoir.
15:03Les gens ont besoin de savoir.
15:05Donner du sens.
15:06Et de plus en plus, dans ce monde un peu, voilà,
15:09oui, un peu parfois troublé.
15:12Puis moi, je veux que je fasse une chose,
15:13c'est qu'ils soient heureux dans leur travail.
15:16S'ils sont heureux, tout va bien.
15:18Ils s'épanouissent et ils donnent le meilleur d'eux-mêmes.
15:20C'est la clé pour que l'organisation fonctionne.
15:23Vos défauts, ceux sur lesquels il a fallu travailler,
15:26c'est une bonne question.
15:32Mes défauts, mes défauts, mes défauts...
15:36Peut-être parfois pas assez anticiper
15:41une difficulté qui peut arriver.
15:45De la laisser un peu traîner.
15:47De vouloir faire trop confiance aux gens.
15:51On a souvent le défaut de ses qualités.
15:52Peut-être de ne pas réagir à temps.
15:55Même si parfois, je le sens à des choses, en fait.
15:58Mais je fais tellement confiance, je dis,
15:59bon, allez, ça peut se résoudre sur moi,
16:01je laisse faire.
16:02Et puis, ben non, si j'étais intervenu un peu plus tôt,
16:06oui, c'est...
16:09Je pense que...
16:11En tout cas, j'ai des défauts-là,
16:12je le sais et j'essaie de le corriger.
16:14Votre rôle modèle,
16:15est-ce qu'il y a quelqu'un qui vous a guidé,
16:17qui vous a servi de modèle dans votre carrière ?
16:22Oui, il y en a probablement un.
16:24Il y a des tas de modèles, quoi.
16:25À chaque fois, moi, sur les...
16:28Les personnalités...
16:29Alors, c'est très lié au monde du sport,
16:31mais...
16:32Ce qu'a pu faire Tony Estanguet, par exemple,
16:34avec la manière dont il a géré
16:36cet événement si complexe.
16:39Jean Todd, qui est un grand patron
16:41de l'écurie Ferrari.
16:44Même dans le privé, des grands patrons
16:45que je ne connais pas quotidiennement,
16:49mais que je rencontre de temps en temps.
16:50Le PDG de L'Oréal,
16:53qui en est musc.
16:54On apprend beaucoup de ces gens-là,
16:55en fait,
16:57qui sont souvent d'une grande simplicité,
16:58qui vont à l'essentiel.
16:59Des belles mécaniques,
17:00qui vont très bien dans la tête.
17:02Mais on...
17:04Des gens qui ont fait intervenir,
17:05parfois aussi, dans nos séminaires,
17:06à l'INSEB,
17:06des grands patrons d'entreprises.
17:09Ce que souvent on dit,
17:09que le sport apporte à l'entreprise,
17:11mais l'inverse, c'est aussi vrai.
17:12C'est que nous, en termes de méthode,
17:14on est parfois un peu empirique encore.
17:17Or, il y a des entreprises
17:18où vraiment,
17:18il y a des belles réflexions
17:19qui sont conduites.
17:20Donc voilà,
17:20je m'inspire un petit peu de tout le monde.
17:22On va passer à la suite.
17:24BFM Entreprises.
17:25Leadership.
17:26La méthode.
17:28Fabien Cagnon,
17:29on vous a demandé
17:29de venir avec une photo de vous
17:31dans le cadre de votre entreprise,
17:34de votre activité.
17:35Et vous avez choisi celle-ci.
17:37On va la voir apparaître à l'écran.
17:39Pourquoi vous avez choisi cette photo ?
17:41On l'a décrit déjà ?
17:42C'était quand ?
17:43C'était où ?
17:44Alors ça,
17:45c'est un des grands moments
17:46de ces jeux.
17:47En fait,
17:48ce que vous voyez là à l'écran,
17:50ce sont les équipes de France,
17:52et là,
17:52c'est de natation,
17:54si je ne me trompe pas,
17:54artistique,
17:55quittant l'INSEP
17:56pour rejoindre le village olympique.
17:59Là,
18:00c'est un moment fort.
18:01Pourquoi ?
18:01Parce que,
18:02ça y est,
18:02c'est la fin
18:03de la préparation.
18:05On passe
18:05à l'étape suivante
18:07qui est d'aller au village.
18:08Et c'était une manière
18:09de mettre en scène
18:11avec tout un comité de départ,
18:15si je puis dire,
18:15avec une cinquantaine de personnes,
18:17du personnel,
18:18qui était là,
18:19en musique,
18:19avec les drapeaux
18:20bleu-blanc-rouge,
18:21la marseillaise.
18:23Parce que symboliquement,
18:25c'est pour dire,
18:26allez,
18:26on est derrière vous,
18:27vous êtes bien préparés,
18:29et on vous accompagne,
18:30même si vous partez.
18:32Il y avait eu beaucoup de larmes,
18:33beaucoup d'émotions,
18:34sportifs qui pleuraient
18:35de ce moment-là,
18:36et qui nous remerciaient,
18:37parce que,
18:38encore une fois,
18:38le sport de haut niveau,
18:39c'est de l'humain,
18:40beaucoup,
18:40beaucoup d'humains,
18:42et qu'on manifeste
18:44à ce moment-là
18:44un soutien,
18:45parce que l'angoisse arrive là,
18:46ça y est,
18:47on va au village olympique,
18:48c'est beau un village olympique,
18:50mais il y a la compétition derrière,
18:51et souvent,
18:52on y arrive un peu tendu,
18:53un peu inquiet.
18:54Donc,
18:55c'était une manière
18:55de soutenir,
18:56de savoir qu'on était bien présents,
18:58et ça a été extrêmement apprécié.
19:00Alors,
19:01il y a eu beaucoup de départs,
19:02il y a eu une cinquantaine,
19:03on faisait ça
19:03avec les Jeux par olympiques
19:05presque tous les jours,
19:06même plusieurs fois par jour,
19:08mais un bon moment,
19:10et même nous,
19:10on était assez émus,
19:11parce que,
19:12oui,
19:12ça signifiait beaucoup de choses.
19:14C'est intéressant,
19:15c'est une photo
19:16sur laquelle vous êtes entouré,
19:18entouré de plein de sportifs,
19:19ça montre à quel point
19:20ce travail que vous faites,
19:22cette direction des athlètes,
19:24vers la performance,
19:25vers le résultat,
19:26vers la médaille,
19:28ça se fait ensemble,
19:28c'est ce que vous avez dit
19:29tout à l'heure,
19:30c'est pas un métier individuel,
19:32finalement,
19:33même cette direction-là.
19:34Oui,
19:34oui,
19:34tout à fait,
19:35le message était fort,
19:37parce que,
19:37dans les gens
19:38qui étaient là
19:39pour ce départ,
19:41oui,
19:41entre la secrétaire,
19:42l'agent comptable,
19:43le cuisinier,
19:44l'entraîneur,
19:45le responsable médical,
19:46il y avait tous les corps
19:47de métier
19:48qui étaient présents,
19:51et effectivement,
19:51c'était un témoignage
19:52pour dire,
19:52mais voilà,
19:53on est là même
19:54encore à ce moment-là,
19:55vous pouvez compter sur nous,
19:57on est derrière vous,
19:58ça va réussir,
19:59parce qu'on le voit,
20:00même s'il y a un peu
20:01de tension chez les athlètes,
20:02sa souris,
20:03nous l'idée,
20:03c'était de les détendre
20:05à ce moment-là,
20:06d'essayer de les détendre
20:07en tout cas,
20:08et non,
20:10ça symbolise
20:12l'état d'esprit
20:12qu'on a voulu mettre
20:13dans la préparation
20:14durant ces trois années,
20:14en fait,
20:15jusqu'au bout,
20:16jusqu'au départ,
20:18mais il faut qu'on rate rien
20:19et que tout a été pensé
20:21pour symboliquement
20:23faire passer des messages
20:24au bon moment.
20:24– Allez,
20:25on va passer à la suite,
20:26vous regardez toujours
20:27le leadership
20:27selon Fabien Canut.
20:30– BFM Entreprises,
20:31leadership,
20:32la méthode.
20:34– C'est quoi
20:34votre plus belle réussite,
20:36Fabien Canut ?
20:38– Oh là là,
20:41c'est le déjeu de Paris,
20:44bien évidemment,
20:45parce que oui,
20:48ça s'est bien passé,
20:49parce que c'était
20:50un projet d'envergure quand même.
20:51on a passé trois ans,
20:53j'allais dire,
20:54de dingue,
20:55d'une grosse intensité
20:57en termes de travail.
20:59Il y a eu des travaux,
20:59il a fallu faire
21:00des gros travaux
21:00de rénovation,
21:03au passage,
21:04on a eu à gérer
21:04une crise sanitaire
21:05avec 300 sportifs
21:06qui se retrouvaient malades
21:07à un an et demi des Jeux,
21:10un problème lié extérieur
21:12à l'INSEP,
21:12mais qui,
21:13problème d'eau potable
21:14qui ne l'était plus,
21:15bon,
21:15tout ça s'est réglé.
21:18Sincèrement,
21:19les nuits étaient courtes
21:20et ça a été
21:20très,
21:21très,
21:21très intensif.
21:23Mais oui,
21:24quel bonheur
21:25parce qu'au bout du compte,
21:26ça a marché,
21:27ça a marché.
21:27Oui,
21:28c'est pour moi,
21:29dans ma vie professionnelle,
21:30ma plus belle réussite.
21:31C'est les montagnes russes,
21:32évidemment,
21:33ce genre de vie,
21:34ce genre de métier.
21:35L'échec
21:36qui vous a finalement
21:37le plus servi
21:39pour la suite,
21:40qui s'est transformé
21:40en rebond,
21:41en succès ?
21:43En tant que manager,
21:46l'échec,
21:47alors c'était
21:47quand j'étais
21:47à la Fédération française
21:48du judo,
21:49tu aurais été
21:49techniciennal,
21:50sur une grosse compétition
21:51qui était les Jeux d'Athènes
21:52où on rate les Jeux,
21:57ça arrive aux Jeux français
21:58avec une seule médaille.
21:59Et quelques temps avant,
22:00j'avais été voir
22:01l'équipe de France
22:01en préparation
22:03et je ne sentais pas bien
22:05les choses.
22:06Je trouvais que je m'interrogeais
22:08beaucoup.
22:09Et en fait,
22:09mon erreur,
22:11c'est que j'avais pris
22:11un peu de distance
22:12avec l'équipe de France
22:13pour préparer
22:14ma succession.
22:16Donc,
22:16un successeur désigné
22:17pour lequel j'avais
22:19déjà donné un peu
22:20les clés du camion
22:20de la préparation
22:21des équipes de France.
22:22Alors,
22:22je ne dis pas
22:22que j'aurais réussi
22:23si j'avais pris
22:25les choses plus tôt.
22:26Mais là,
22:26j'ai réagi trop tard.
22:28En fait,
22:28ce n'est pas 15 jours avant
22:29qu'on peut changer.
22:33Il y avait comme
22:33un petit malaise
22:34de doute
22:35et on ne pouvait pas
22:36le transformer comme ça.
22:37Là,
22:37je me suis dit
22:38que l'erreur,
22:39c'est d'avoir justement
22:40fait trop confiance
22:41trop tôt.
22:42Ça rejoint un peu
22:42ce que je disais tout à l'heure.
22:45Et je me suis dit
22:46mais non,
22:47plus jamais ça.
22:48Encore une fois,
22:49je ne dis pas
22:49qu'on aurait réussi
22:50mais oui,
22:50ça m'a servie de leçon
22:51pour dire
22:52encore une fois,
22:54la confiance,
22:55la délégation
22:57nécessite quand même
22:58de toujours regarder,
22:59contrôler,
23:00être là.
23:00Et là,
23:01j'ai pêché
23:02par un manque
23:04de vigilance,
23:05d'accompagnement
23:05de ma part.
23:06Pour finir,
23:06il nous reste
23:07un petit peu
23:07plus d'une minute.
23:09C'est quoi la suite ?
23:10On sait que vous avez
23:10été reconduit
23:11à la tête de l'INSEP
23:12en 2025.
23:15La suite,
23:16ça va être
23:16le même type de parcours,
23:17le même type de difficulté,
23:19le même type d'émotion
23:20évidemment
23:21et vous avez replongé
23:22tout de suite.
23:23Ça va ressembler
23:23à quoi
23:24jusqu'au prochain JO ?
23:25C'est une bonne question
23:28que moi,
23:28je me suis posé
23:29au lendemain
23:29des Jeux de Paris
23:30parce que je me suis dit
23:31qu'avec ce qu'on a vécu
23:32ces années exceptionnelles,
23:34la suite,
23:36comment je vais avoir ?
23:37Même si au fond de moi,
23:37je n'ai pas pu la réponse,
23:38mais je voulais
23:38prendre le temps
23:39de la poser.
23:41Et puis,
23:41il y a eu
23:41ce qu'on appelle
23:42ce blues post-jeu,
23:43c'est-à-dire que
23:44les équipes ont tellement donné
23:45qu'il y a eu
23:46quelques mois,
23:46cinq, six mois
23:47où vraiment,
23:47on a senti
23:48une grosse fatigue
23:49interne.
23:51Et puis,
23:52après,
23:52à mon avis,
23:52il faut bien repartir.
23:53Ce qui m'a motivé aussi,
23:55c'est d'aller au bout
23:55d'un projet.
23:57Il y a encore
23:58des choses à faire
23:59sur l'INSEP,
24:00notamment en termes
24:01d'immobilier,
24:02de travaux,
24:03de développement durable.
24:04Et puis,
24:05les Jeux de 2030,
24:06les Jeux d'hiver
24:07qui, quelque part,
24:09nous reboostent.
24:09Alors,
24:10même si on n'a pas
24:10de neige à l'INSEP,
24:11même si on a quand même
24:13néanmoins tout un suivi
24:14auprès des équipes
24:14de France de ski
24:15qui sont en train
24:16de s'installer,
24:17des équipes aussi
24:18des sports de glace,
24:20de hockey sur glace.
24:21Donc,
24:21on est beaucoup impliqués
24:22et on va l'être encore plus
24:23pour les Jeux de 2030.
24:25Ce qui a été une manière
24:25aussi de se relancer.
24:30Ce ne sera pas
24:30la même nature
24:32que pour Paris.
24:33Mais bon,
24:35voilà,
24:35un autre projet
24:36qui se pointe.
24:38Il y a à la fois
24:38le projet de la structuration
24:39de l'INSEP en soi
24:40et à la fois
24:41ce projet sportif.
24:42Et sincèrement,
24:44c'est ce qui m'a décidé
24:45à repartir.
24:45Une autre aventure,
24:46ça ne s'arrête jamais.
24:47Merci beaucoup.
24:47Nous en prie.
24:48Fabien Canu,
24:49c'était le leadership
24:50selon Fabien Canu,
24:51directeur général
24:51de l'INSEP.
24:53Merci d'être venu
24:54dans cette émission.
24:56Si vous voulez connaître
24:57la méthode des leaders,
24:58l'émission est disponible
24:59en replay,
25:00en podcast
25:00et sur tous nos réseaux sociaux,
25:02bien sûr.
25:03Et c'est tous les lundis
25:04à 12h30
25:05sur BFM Business.
25:06Très belle journée.
25:08BFM Entreprises,
25:10leadership,
25:11la méthode
25:11sur BFM Business.
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