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  • il y a 10 minutes
Ce lundi 21 septembre, Sandra Gandoin a reçuCathy Collart Geiger, directrice générale de Maison Nicolas, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01BFM Business présente
00:07BFM Entreprises, leadership, la méthode
00:11Sandra Gondouin
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprises consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:18Une demi-heure avec un leader qui va nous expliquer comment il dirige, son parcours, sa méthode, les clés de
00:26sa réussite, les épreuves qu'il ont forgé.
00:28Quel meneur est-il aujourd'hui ? BFM Entreprises, le leadership, c'est avec Cathy Collard-Géger.
00:35BFM Entreprises, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:40Bonjour Cathy Collard-Géger.
00:42Bonjour.
00:43Ravie de vous avoir sur ce plateau de BFM Entreprises, le leadership.
00:47Vous êtes directrice générale de Maison Nicolas, vous êtes ancienne patronne de Picard-sur-Gelay.
00:54Vous avez passé en gros 30 ans dans la grande distribution, patronne de grandes enseignes qui résonnent réellement auprès des
01:01Français, la vie du quotidien.
01:04Première question, c'est quoi le leadership pour vous ?
01:08Alors pour moi le leadership c'est finalement cette capacité à faire en sorte que les gens qui vous entourent
01:14donnent le meilleur d'eux-mêmes
01:16ou à l'inverse finalement donnent que le minimum et toujours finalement au service d'une certaine performance.
01:22Les engager, les faire qu'ils vous suivent dans le projet en réalité ?
01:27Qu'ils suivent, qu'ils se dépassent même finalement, qu'ils aient envie effectivement de donner le meilleur, de prendre
01:34des responsabilités.
01:35Donc c'est vraiment ça le leadership.
01:38Et puis donc pour moi effectivement ça passe par savoir donner de la vision, être exemplaire, effectivement fédérer les gens.
01:48Et pour ça il y a aussi une certaine congruence qui est importante.
01:51Dire ce qu'on fait, faire ce qu'on dit.
01:53Et donc c'est tout ça finalement le leadership.
01:56Il faut installer une confiance aussi.
01:57Alors on va voir dans cette émission comment on arrive à des postes comme les vôtres
02:02parce que c'est toujours passionnant et inspirant de savoir comment on arrive à être leader.
02:07Vous êtes née à Lille ?
02:08Oui, je suis Lilloise.
02:09Votre père était militaire.
02:11Quel est votre parcours scolaire au départ ?
02:13Oui, donc moi effectivement, alors je pars à 5 ans en Allemagne.
02:17Mon père était militaire dans les forces françaises en Allemagne.
02:20Et mes premières écoles maternelles, etc. étaient au milieu de la caserne.
02:24Donc là aussi, ça construit terriblement parce qu'effectivement, j'avais la levée du drapeau et les champs militaires le
02:30matin.
02:31Donc toute ma première enfance à l'étranger, en Allemagne, dans différentes écoles.
02:37Et puis ensuite, je reviens en France pour rentrer au collège, finalement.
02:40Donc collège, lycée et puis derrière, école supérieure de commerce.
02:45École supérieure de commerce.
02:46Alors que quand même, depuis le départ, vous vouliez être pilote de chasse.
02:49Je voulais être pilote de chasse.
02:50Comme je me suis construite, effectivement, dans ce milieu de militaire,
02:54ce qui était intéressant, en fait, moi j'aimais beaucoup,
02:57c'est que mon père, systématiquement, quand il partait en manœuvre,
03:00en fait, il réunissait ses équipes à la maison.
03:02Et moi, j'avais 5-6 ans.
03:04Et je me disais, mince, il part en guerre.
03:06Et pour autant, ils ont tous des étoiles dans les yeux.
03:08Je disais à mon père, mais qu'est-ce qui fait que finalement,
03:11vous êtes tous contents, là, de partir en guerre ?
03:13Et il me disait, tu sais, Cathy, faire corps avec son équipe, l'engagement,
03:17être le premier des soldats, c'est vraiment, finalement, ce qui fait la différence.
03:22Et donc, j'ai été construite, finalement, avec ces valeurs-là.
03:25Et j'avais le sentiment très tôt que ces valeurs-là,
03:27elles étaient que dans le milieu militaire,
03:29puisque, effectivement, j'étais entourée que de militaires.
03:33Et donc, je me suis dit, je veux être militaire.
03:35Et j'étais passionnée, effectivement, des avions.
03:38Mon père m'a amenée dans les meetings aériens.
03:40Et donc, je voulais être pilote de chasse, aller à l'au-delà, relever des défis.
03:44Et alors, qu'est-ce qui change ?
03:45Parce que, finalement, école de commerce,
03:47donc, finalement, vous vous destinez à travailler dans autre chose.
03:50Qu'est-ce qui fait que vous changez de...
03:52Eh bien, en fait, j'accompagne une copine au salon de l'étudiant, figurez-vous.
03:56Donc, j'ai fait un bac scientifique.
03:58Et voilà, je voulais partir pilote de chasse.
04:00Et je l'accompagne au salon de l'étudiant.
04:02Et elle voulait partir en école de commerce.
04:04Et puis, finalement, on échange différents stands.
04:09Et puis, quelqu'un me dit, mais en fait, tout ce que vous décrivez,
04:12vous pouvez le vivre en tant que manager.
04:14Justement, montrer le cap, une vision, fédérer des équipes,
04:18aller au-delà, repousser les limites.
04:21Finalement, c'est aussi le métier de manager.
04:23Et là, je me dis, ah mais oui, mais pourquoi pas ?
04:25Et c'est marrant, ça a résonné terriblement avec ce que disait ma maman,
04:29parce qu'elle me disait, du haut de tes six ans,
04:31quand on disait, qu'est-ce que tu veux faire quand tu seras grande ?
04:32Tu disais, meneuse d'homme.
04:34Parce que je voyais toujours mon papa avec ses équipes.
04:37Et donc, finalement, le métier est très proche.
04:40Le faire au sein d'une entreprise.
04:42Absolument.
04:42Et vous choisissez dès le départ la grande distribution.
04:45Vous allez à Auchan, très vite ?
04:46Oui, très vite, parce que j'ai l'occasion de faire un stage à 19 ans,
04:51dans un hypermarché, et je suis avec un chef de secteur.
04:55Et pareil, je le vois effectivement avec ses équipes,
04:59parler d'ambition de chiffre d'affaires,
05:01de prendre des paris commerciaux,
05:03d'aller implanter le magasin la nuit.
05:05Et je revois les mêmes étoiles dans les yeux des gens.
05:07Vous voyez ?
05:08Et je me dis, waouh, en fait, voilà, c'est ça que je veux faire.
05:11Et c'était un tiers privilégié primaire,
05:13parce que je me suis dit, quand je serai grande,
05:15j'y reviendrai, c'est dans la grande distribution que je veux travailler.
05:18Et ce qui est très drôle, c'est que j'étais plutôt bonne élève.
05:21Et en école de commerce, on me disait,
05:23pas la grande distribution, Cathy, fais de la finance.
05:26Pas la grande distribution, c'est presque citron et pas toi.
05:29Mais j'avais retrouvé, vous voyez ce qui avait résonné ?
05:32Cet esprit d'équipe.
05:33Cet esprit d'équipe, cet engagement,
05:36ce côté relevé des défis.
05:39Et puis, effectivement, je voyais ce meneur d'hommes,
05:41l'un d'équipe, devant moi.
05:43Je revoyais les mêmes étoiles dans les yeux et je me suis dit,
05:45mais c'est ça que je veux faire.
05:46Quand je serai grande, je vais lui ressembler à ce monsieur.
05:48Et dans ce parcours, en attendant d'être grande
05:50et en attendant d'être, effectivement, de diriger des équipes,
05:53vous passez un peu par tous les postes ?
05:54Oui, alors, effectivement, quand je finis mes études,
05:58je rentre comme chef de rayon chez Auchan,
06:00qui est vraiment la base, premier niveau d'encadrement à l'époque,
06:04mais très formateur pour apprendre le métier.
06:07Et effectivement, je passe 15 ans au magasin
06:09et je gravis tous les postes, les uns derrière les autres,
06:12de chef de rayon à directrice d'hypermarché,
06:14pour apprendre mon métier, apprendre la culture client,
06:18l'excellence opérationnelle.
06:19Et je grandis au mérite, effectivement.
06:21Et puis, avec déjà beaucoup d'ambition,
06:23parce que je suis chef de rayon et je dis,
06:26quand je serai grande, je serai directrice d'hypermarché.
06:28Alors, vous vous doutez bien, il y a 30 ans,
06:30on dit, elle est mignonne, la petite.
06:32Une femme directrice d'hypermarché.
06:34Voilà, voilà.
06:35Et puis ensuite, quand je suis directrice d'hypermarché,
06:38effectivement, je dirais,
06:41quand je serai grande, je serai directrice générale.
06:43Et là, effectivement, tout le monde était dans un fou rire
06:47autour de moi.
06:48Oui, c'est ça, parce que des directrices générales,
06:51femmes, il n'y en avait pas beaucoup à l'époque.
06:53Vous évoluez, et ça n'a pas l'air de vous gêner pour autant,
06:56mais vous évoluez quand même dans un milieu très masculin.
06:58Oui, très masculin.
07:00Ce sont des hommes autour de moi.
07:01Et vous savez, j'ai un premier DRH,
07:03quand je suis chef de rayon,
07:04qui me dit, tu vois, Cathy,
07:07pour qu'on te confie plus de responsabilités
07:08ou grandir dans l'entreprise,
07:10il faudra être meilleur qu'un homme.
07:11Donc, la couleur est annoncée dès le début.
07:13Je me souviens du premier entretien avec mon DRH.
07:16Et je lui ai dit, je ne peux juste pas être pareil.
07:19Non, il faudra que tu sois meilleure.
07:21Oui, c'est ça.
07:22Et donc, voilà, du haut de mes 23 ans à l'époque,
07:25le cadre est posé.
07:26C'est ce que je vais vivre toute ma vie ensuite.
07:28Oui, c'est ça.
07:29Finalement, vous vous appliquez quand même
07:31à remplir cette mission-là, à faire mieux.
07:34Vous allez à tous les postes.
07:36Vous voyagez en Chine.
07:37Vous êtes en Chine pendant un certain temps.
07:40Oui, parce que j'ai cette ambition
07:43de dire que je veux être directrice générale.
07:45Et on me dit, ah oui, très bien,
07:46mais tu n'es pas encore allée à l'international.
07:49Donc, effectivement, la Chine.
07:50Donc, on me demande en cinq semaines de partir.
07:53Et à l'époque, je suis mariée.
07:55J'ai mon petit garçon qui a six ans.
07:57Et effectivement, j'emmène mon mari d'un côté,
08:00mon fils de l'autre.
08:01Et on part en cinq semaines en Chine.
08:02Et je suis directrice régionale.
08:05Donc, j'encadre des directeurs d'hypermarché.
08:07Je n'ai que des équipes chinoises, pour le coup.
08:10Et effectivement, j'arrive dans un pays
08:12que je ne connais pas.
08:13J'ai cinq mots de chinois à mon actif.
08:15Et donc, très, très vite, effectivement,
08:17je me mets au chinois.
08:19Ça, c'est aussi une caractéristique.
08:20C'est qu'effectivement, ce besoin de légitimité
08:24fait que systématiquement, je me dis
08:26qu'est-ce que je n'ai pas ?
08:27Qu'est-ce qui va me faire réussir ?
08:28Et je vais le chercher systématiquement.
08:31Je pense que peu de directeurs généraux
08:33ont coché la case « je parle chinois ».
08:35Oui, très peu.
08:36Je peux vous dire.
08:37J'ai bien souvenir les gens autour de moi
08:39et ce n'était pas le cas.
08:40En 2020, vous prenez la tête de Picard surgelé
08:43avec cette mission de moderniser l'enseigne.
08:46Au-delà d'en plus, assurer le quotidien.
08:49Vous digitalisez, vous installez une politique RSE
08:52et les résultats sont là.
08:53Ça marche, ça prend.
08:54Vous avez coché toutes les cases.
08:55Vous savez où vous allez ?
08:57Quand vous faites ça,
08:58vous savez que vous allez y arriver ?
09:01Ah oui !
09:03Finalement, votre rétro-planning va se dérouler ?
09:05Oui, parce qu'en fait, moi, systématiquement,
09:09quand je transforme, et c'était vraiment un plan de transformation,
09:13je prends d'abord effectivement le temps nécessaire d'écouter,
09:16d'écouter l'écosystème, d'écouter les gens,
09:19d'écouter les fournisseurs pour être au plus juste
09:21dans la proposition que je vais faire du plan de transformation.
09:24Et puis après, j'ai aussi l'humilité de me dire
09:27« J'ai une conviction, mais ce n'est pas une certitude
09:30et on va aller la tester au plus près du terrain. »
09:32Puis vous savez, quand on met un projet en place,
09:35en fait, je ne joue jamais ni ma vie, ni mon égo.
09:38Et donc, je suis ce type de dirigeant qui fait que
09:41si ça marche super et on déploie très très vite,
09:44si ça ne marche pas, je n'ai aucun mal à me dire
09:46« Oh là là, ce n'était juste pas une bonne idée. »
09:48Et donc, on ne fera pas.
09:49Mais en tout cas, quand je construis ce plan de transformation,
09:54je n'en construis jamais un deuxième,
09:56je n'ai toujours qu'un plan A,
09:57je n'ai jamais de plan B, en fait, dans ma vie.
09:59Et puis, j'y crois et j'ai la foi.
10:02Et je pense que c'est ça qui fait aussi
10:04que les équipes, finalement, sont fédérées,
10:08sont embarquées en vie parce qu'ils se disent
10:09« Non, mais elle a l'air tellement d'y croire.
10:12Et si on y arrivait ? Et si c'était vrai ? »
10:14Et je pense que, là aussi, le premier des soldats,
10:17c'est-à-dire qu'effectivement,
10:18si moi-même, je n'y crois pas,
10:20si je suis juste en train de cocher une case,
10:22en quoi je vais donner la passion, l'enthousiasme,
10:24la confiance, finalement, aux gens qui me suivent.
10:27Donc oui, c'est même une question de foi, en fait.
10:29J'ai la vision et je suis convaincue,
10:31et c'est le cas chez Maison Nicolas aujourd'hui,
10:33où je suis à la tête d'un plan de transformation,
10:35mais j'y crois.
10:36Et je suis certaine, effectivement, qu'on y sera.
10:39Et j'ai un petit peu un mantra, finalement,
10:41qui est qu'on attire ça en quoi on croit.
10:43Oui, évidemment.
10:44Et d'ailleurs, pour revenir à Picard,
10:46trois ans après votre arrivée,
10:47croissance de 20 %,
10:492,5 millions de nouveaux clients,
10:51une marque repositionnée, reconnaissable.
10:53Quand on vous écoute,
10:54on a presque l'impression que c'est facile.
10:57C'est quoi la difficulté de ce poste de directrice générale ?
11:00C'est quoi, vous, ce qui vous est pénible
11:03ou plus difficile à appliquer, finalement,
11:05dans ces postes-là ?
11:07Je dirais qu'il y a plusieurs types de difficultés.
11:09La première, c'est que vous êtes seule, quand même,
11:12parce qu'effectivement,
11:13vous êtes entre les actionnaires
11:14et puis les salariés.
11:16Et puis, il n'est pas question de s'épancher
11:18auprès d'actionnaires qui vous font confiance.
11:20Et pas question non plus d'être sans filtre
11:24au niveau de vos collaborateurs
11:25et d'aller propager votre stress.
11:27Donc là aussi, il y a effectivement
11:30une difficulté de lâcher prise,
11:32de gérer son intelligence émotionnelle.
11:36Donc ça, c'est une vraie difficulté.
11:39Et puis après, effectivement,
11:41c'est...
11:41Vous savez, moi, j'ai un triptyque gagnant
11:43en tant que dirigeant,
11:44c'est que je donne ma confiance d'entrée.
11:46Moi, ma confiance,
11:48quand je choisis quelqu'un au recrutement
11:50ou quand j'arrive et que je fais le choix
11:51de garder les gens,
11:53c'est effectivement, je donne ma confiance.
11:54Ma confiance ne se mérite pas.
11:56Je ne mets pas des épreuves dans la vie des gens
11:58pour dire, est-ce que tu es digne de confiance ?
12:00Donc effectivement, vous y mettez de la confiance,
12:02vous y mettez du fait de l'autonomie
12:04pour que les gens puissent se développer,
12:06et puis de l'exigence et tout ça ne s'oppose pas.
12:09Donc effectivement, ce qui est difficile aussi,
12:11c'est quand votre confiance est trahie,
12:13quand effectivement, voilà,
12:15quelqu'un vous guitte
12:17ou quelqu'un effectivement
12:19ne suit pas le plan de transformation
12:20parce que vous donnez, voilà,
12:23de vos valeurs finalement.
12:25Et donc ça, ça peut être difficile.
12:27Mais donc il y a un temps humain
12:29de gestion de l'émotion
12:30et puis après, on reprend sa casquette
12:32très professionnelle pour gérer la situation.
12:34Vous n'êtes vraiment pas la première à me dire
12:36qu'un mauvais recrutement
12:37ou un recrutement qui s'est mal terminé,
12:39c'est un peu traumatisant pour un patron.
12:41Parce que c'est de l'humain
12:42et qu'effectivement, un plan qui ne se déroule pas,
12:45on réajuste, un chiffre est un autre.
12:48Bon, voilà tout, c'est froid.
12:50Mais c'est de l'humain et notre métier,
12:52et justement, c'est ça le leadership,
12:54c'est au cœur, c'est l'humain,
12:56c'est votre plus grande ressource.
12:57Et donc qui dit de l'humain,
12:59il y a forcément une relation,
13:01il y a un échange d'énergie,
13:02un échange de valeurs.
13:03Et vous avez choisi les gens,
13:05certes en fonction de compétence,
13:07mais moi je l'ai choisi aussi
13:08parce que j'ai le sentiment
13:10qu'on partage les mêmes valeurs,
13:12c'est le même socle.
13:13Parce que je peux accompagner la compétence,
13:15je n'ai pas de sujet avec ça,
13:17je peux développer, etc.
13:18Les valeurs, en revanche,
13:20pour moi, je les choisis dès le début
13:22et elles sont non négociables, vous voyez ?
13:25Je suis ce type de patron
13:26qui ne sait pas négocier avec ses valeurs.
13:28Maison Nicolas, c'est votre actualité aujourd'hui.
13:30Là aussi, vous changez tout,
13:32vous avez un plan,
13:33le design des boutiques,
13:35vous avez diversifié les produits aussi
13:36parce qu'il y a un contexte,
13:37le marché le demande.
13:39C'est quoi la difficulté
13:40de cette mission-là actuellement ?
13:43Actuellement, je dirais
13:44quand vous menez un plan de transformation,
13:46vous vous dites qu'il y a tous ces axes
13:47et ils ne sont pas simples,
13:49aucun n'est simple.
13:50Mais je pense que la plus grande difficulté,
13:53c'est la transformation culturelle,
13:54c'est toucher à la culture d'entreprise.
13:56Donc convaincre les équipes
13:57qu'il faut changer tout ça ?
13:58C'est ça parce qu'en fait,
13:59vous passez d'une culture pour Maison Nicolas,
14:01d'une culture produit
14:02à une culture client.
14:03Donc en fait, il faut voir les choses.
14:05Autrement, vous touchez au mindset,
14:07vous touchez effectivement aux valeurs.
14:09Moi, j'ai redéfini les valeurs de l'entreprise
14:11en les nourrissant,
14:12en disant qu'est-ce que ça veut dire
14:13pour les clients,
14:14qu'est-ce que ça veut dire
14:14pour nous en interne.
14:16Vous touchez aussi
14:17à la manière de faire le métier,
14:18la proximité managériale.
14:21Et donc là, par exemple,
14:22on a fait une formation
14:23sur les attendus managériaux
14:24pour qu'on partage le même langage,
14:27la même culture managériale
14:28parce que les collaborateurs
14:31ne doivent pas se dire
14:31avec un tel manager,
14:33c'est permis,
14:33et avec l'autre, ça ne l'est pas.
14:35Vous voyez, non.
14:36Et il doit y avoir une équité.
14:37En tout cas, ça fait partie
14:38de mes valeurs.
14:39Et donc, cette culture managériale,
14:41vous devez effectivement aussi
14:43faire en sorte
14:43que tout le monde l'adopte.
14:45Et ça, c'est extrêmement important
14:47parce que, en fait,
14:48quand vous êtes un dirigeant,
14:49il faut effectivement compter aussi
14:51sur les strates managériales
14:53pour cascader
14:53votre plan de transformation,
14:55cascader votre vision,
14:57cascader aussi les valeurs
14:58que vous voulez que cette marque porte.
15:00Donc ça, c'est important.
15:01Et donc, effectivement,
15:02ça, c'est certainement
15:03ce qu'il y a de plus difficile,
15:04mais à la fois
15:05de plus passionnant
15:06parce que ce n'est pas écrit
15:08dans les manuels
15:09et puis c'est ce qui vous permet
15:11finalement
15:12qu'un plan de transformation
15:13est durable
15:13parce que sinon,
15:15vous partez
15:15et puis toutes les habitudes
15:17anciennes reviennent
15:19parce que vous avez touché
15:20la culture d'entreprise
15:21alors que vous êtes sûr
15:22que vous n'êtes que de passage,
15:24quand vous partez,
15:24il y a des choses qui restent.
15:26Et ça, c'est bien plus puissant.
15:27On va passer à la photo
15:28tout de suite.
15:35Vous avez choisi
15:36de nous donner cette photo,
15:38Cathy Collard-Gégère.
15:39Est-ce que vous pouvez
15:40la commenter ?
15:41C'est où ?
15:42C'est avec qui ?
15:43C'est quoi ce moment-là ?
15:44Oui, alors c'est dans la cave
15:46de la Madeleine
15:47pour tout vous dire,
15:48effectivement.
15:49Et donc,
15:50je suis avec Benoît,
15:52un collaborateur,
15:53un caviste
15:55qui est au sein de cette cave.
15:57Et donc,
15:58je suis sur le terrain,
15:59finalement,
16:00et c'est un petit peu
16:00là d'où je viens,
16:01cette culture carrelage
16:03parce que j'ai le sentiment
16:04que c'est effectivement
16:06au plus près du client final
16:07et au plus près du collaborateur
16:09que ça se transforme.
16:09De mon bureau,
16:10il ne se passera pas grand-chose.
16:12Vous préférez être constamment
16:13dans les boutiques ?
16:14Moi, j'ai besoin.
16:16Je suis en proximité managériale
16:17parce que c'est là
16:18d'où je viens.
16:20Et puis,
16:20je suis quelqu'un
16:20qui va régulièrement
16:22de la stratégie
16:23à l'opérationnel
16:24pour aussi aller m'assurer
16:26au plus près du terrain
16:27est-ce qu'on a compris ?
16:29La vision,
16:30le plan stratégique,
16:31est-ce qu'on a compris
16:32et ça se traduit comment ?
16:34Bon,
16:34et puis là,
16:34effectivement,
16:35on est souriant tous les deux.
16:37Donc,
16:37là aussi,
16:38pour montrer que l'exigence,
16:40finalement,
16:40ne s'oppose pas à la bienveillance.
16:42Au contraire.
16:43Et moi,
16:43je trouve que
16:44plus on est bienveillant,
16:45plus on est effectivement
16:46proche des gens,
16:47plus on est accessible,
16:49plus on peut se permettre
16:50d'être exigeant.
16:51Et ça ne s'oppose pas.
16:52Moi,
16:52je dis souvent,
16:53j'ai la culture du « et ».
16:55Mais voilà,
16:56et puis là,
16:57ça traduit aussi
16:58peut-être une certaine humilité
16:59parce que je vois
17:00qu'il me montre
17:01effectivement des choses
17:02au niveau
17:03de son poste de travail.
17:05Là aussi,
17:06moi,
17:06je pense que c'est
17:06une grande qualité,
17:08celle du dirigeant,
17:09de ne plus être un sachant.
17:10Mais on continue à apprendre
17:11et moi,
17:12je n'ai aucun mal
17:13effectivement à me dire
17:14« montre-moi ».
17:15Et ton métier,
17:16je ne le connais pas.
17:18Donc, c'est quoi ton irritant ?
17:19Explique-moi.
17:20Et pour que je puisse comprendre
17:22effectivement,
17:22et là aussi,
17:23être plus juste
17:23ce qu'on se disait au départ
17:25dans ce que je vais proposer.
17:26Vous voyez ?
17:27Donc,
17:27il y a toute cette notion.
17:28On va passer
17:29à la fin de l'émission.
17:36J'ai envie de vous demander
17:37au vu de tout ce qu'on s'est dit
17:39s'il y a une méthode
17:40qu'à Ticolard-Gégère
17:41dans la façon
17:42de diriger l'entreprise.
17:43Vous avez commencé
17:43à l'expliquer.
17:45Mais finalement,
17:45est-ce que
17:48en tant que femme,
17:49vous dirigez,
17:50vous avez l'impression
17:51d'insuffler
17:52des choses différentes
17:53de ce que ferait un homme
17:55ou de ce que vous avez vu
17:56chez vos directeurs
17:57avant de l'être vous-même ?
17:58Qu'est-ce que vous voulez laisser
18:00justement par rapport à ça ?
18:03Donc,
18:03oui,
18:03la méthode,
18:04c'est ce qu'on s'est dit.
18:06C'est toujours effectivement
18:07l'écoute,
18:07l'humilité.
18:09Et puis après,
18:09c'est ce triptyque de
18:11je te donne ma confiance,
18:13je te donne beaucoup d'autonomie
18:14parce que si je t'ai pris,
18:16c'est qu'effectivement,
18:16tu es meilleur que moi
18:17là où tu es.
18:18Et ça,
18:18c'est important aussi
18:19dans l'humilité.
18:20Mais en revanche,
18:21le cadre est celui-là.
18:22Et ce que j'attends de toi
18:23est là.
18:24Mais vas-y,
18:25comment tu y vas
18:25avec tes équipes ?
18:26Je respecte.
18:27Et effectivement,
18:28on se fait des points d'étape.
18:29Et puis l'exigence.
18:31C'est derrière,
18:31effectivement,
18:32je ne baisse jamais
18:33mon exigence
18:34à la hauteur
18:35effectivement
18:36du maillon le plus faible.
18:37Au contraire,
18:37le maillon le plus faible,
18:38je passe du temps
18:39à le développer
18:40pour qu'effectivement
18:41toute la structure monte.
18:42Donc ça,
18:43c'est vraiment en tout cas
18:44ce qui me caractérise,
18:46je pense,
18:47en tant que patron.
18:49Après,
18:49moi,
18:49j'ai une conviction forte
18:51qui est de dire
18:52qu'il n'y a pas
18:52de leadership féminin
18:53ou masculin.
18:54j'ai connu
18:57des patrons
18:59auxquels je ne veux pas
19:00ressembler
19:00dans les deux camps,
19:01je dirais.
19:03Donc en fait,
19:04non,
19:05pour moi,
19:05le leadership,
19:06il est vraiment
19:08plus lié
19:09à une histoire,
19:10à un vécu,
19:11à des valeurs,
19:12à l'ambition qu'on a,
19:14au regard qu'on porte
19:15effectivement
19:16sur son métier,
19:17comment on a envie
19:18d'investir le rôle
19:19effectivement.
19:21Donc il n'y a pas
19:22de leadership
19:22pour moi,
19:24féminin ou masculin,
19:25il y a ce qu'on est,
19:26ce qu'on a envie
19:26d'en mettre.
19:27Pour autant,
19:27est-ce qu'on vous renvoie
19:28parfois à la figure
19:29que,
19:30entre guillemets,
19:31malgré vos postes,
19:32vous n'êtes qu'une femme
19:33et que,
19:34voilà,
19:35inconsciemment,
19:36les gens vous ramènent
19:37toujours à ça ?
19:38Ça vous arrive encore ?
19:39C'est ça.
19:40Et bon,
19:40oui,
19:41alors,
19:41en plus,
19:42c'est l'histoire de ma vie.
19:43Tout mon parcours,
19:44ça a été effectivement
19:45de lutter,
19:47parce qu'on peut parler
19:48de ça comme ça,
19:49lutter effectivement
19:50avec des remarques sexistes,
19:52des choses d'un autre temps
19:53qui n'ont plus lieu d'être
19:54aujourd'hui,
19:55qui n'étaient pas faciles
19:56à dénoncer à l'époque,
19:57évidemment.
19:58Et oui,
19:59ce qui est fou,
20:00c'est que,
20:00quand bien même
20:01j'ai 30 ans de parcours,
20:02que j'ai des résultats,
20:04qu'on peut considérer
20:05que j'ai fait mes preuves,
20:06qu'il y a une certaine légitimité,
20:08je le rencontre
20:09encore régulièrement.
20:10Je me dis,
20:11il y a deux mois,
20:13voilà,
20:13j'étais effectivement
20:14avec une personne à table
20:16et pourtant,
20:17on avait échangé
20:18une demi-heure.
20:18sur des choses
20:20du private equity,
20:22du refinancement de dettes,
20:24des choses très techniques
20:25et j'avais expliqué
20:27que j'étais APDG de Picard,
20:28DG de Maison Nicolas,
20:29donc on avait passé
20:3030 minutes ensemble
20:31et puis j'avais un collaborateur
20:33qui montait sur scène
20:34faire une déquistation de vin
20:35et ce monsieur
20:36me dit,
20:38on va peut-être se taire,
20:39votre patron est sur scène.
20:42et là,
20:43effectivement,
20:43les bras m'en tombent
20:44parce que je me dis,
20:46il n'a pas changé
20:47avec mon collaborateur sur scène,
20:49il échange avec moi,
20:50mais c'est un monsieur
20:51qui monte sur scène,
20:52c'est forcément mon patron.
20:54Et là,
20:55c'est pas simple
20:56parce que soit
20:57vous vous taisez,
20:58vous êtes un paillasson,
20:59soit vous vous levez,
21:01vous êtes outré,
21:02vous êtes une hystérique,
21:04soit effectivement,
21:04vous vous dites,
21:05mais quand même,
21:05il faut que je lui fasse
21:06prendre conscience
21:07que ça...
21:08Non,
21:09il y a dans son schéma mental
21:10quelque chose
21:11qui ne fonctionne pas.
21:12Oui, c'est ça.
21:12Et donc,
21:14là aussi,
21:15c'est comment on le formule
21:15et puis je peux vous dire,
21:16j'étais à table
21:17donc j'ai plombé l'ambiance
21:19parce qu'effectivement...
21:20Mais vous avez mis le doigt dessus.
21:21Mais j'ai mis le doigt dessus
21:22parce que non, quoi.
21:23Et moi,
21:23je me dis que j'ai aussi
21:24ce rôle-là à jouer.
21:25Aujourd'hui,
21:26je fais partie
21:26de ces premières femmes
21:29dirigeantes
21:29qui ont des postes
21:30à responsabilité
21:31et que je me dois
21:32justement de dénoncer ça.
21:34Je ne suis pas une militante,
21:35pas du tout,
21:36mais quand ça se produit,
21:37quand je suis concernée,
21:38je me dois de le dénoncer.
21:39Oui, absolument.
21:40Qu'est-ce que vous diriez
21:41à une femme
21:41qui veut se lancer
21:42dans une même carrière,
21:43dans la direction générale
21:44d'un grand groupe ?
21:46On a 4 ou 5 femmes
21:48à la tête d'entreprise
21:49de 4,40 aujourd'hui.
21:50Bon, ben voilà,
21:51un dixième,
21:52le chiffre est parlant.
21:53Qu'est-ce qu'on dit
21:54à ces femmes-là ?
21:55Est-ce que finalement,
21:57simplement le fait
21:57d'être là
21:58en tant que vous,
21:59directrice générale,
22:00vous servez de rôle modèle
22:01et vous vous dites
22:01que les générations après,
22:02ça va aller mieux ?
22:03Qu'est-ce que vous voulez dire
22:05à ces femmes-là derrière vous ?
22:07Ce que je dirais,
22:08c'est déjà,
22:08elle doit croire,
22:09en tout cas en ses rêves,
22:10parce qu'il y aura plein de gens
22:11qui vont lui expliquer
22:12que de toute façon,
22:14ce n'est pas pour elle,
22:15encore aujourd'hui.
22:17Donc si elle est convaincue,
22:18elle doit croire en ses rêves
22:19et pour être convaincue,
22:21moi je lui dirais aussi
22:22qu'il faut avoir l'honnêteté
22:24et l'humilité
22:26de voir si elle est
22:28effectivement faite pour ça.
22:29Parce que là aussi,
22:30c'est important
22:31parce que le métier de dirigeant,
22:33c'est aussi fait de renoncement.
22:35Moi, je ne suis jamais
22:36allée conduire mon fils
22:37à l'école
22:37ou aller le chercher
22:38avec la grande distribution,
22:39ce n'était pas compatible,
22:40mais je suis OK avec ça.
22:41J'ai mis un backup,
22:42j'ai un mari formidable,
22:43j'avais une nounou canon.
22:44Voilà,
22:45donc c'est aussi de se dire,
22:47avoir en fait l'humilité
22:48de regarder
22:49si elle est vraiment faite pour ça,
22:50parce que ça va être dur,
22:51parce que ça va être compliqué,
22:52parce que voilà,
22:54il va y avoir des embûches,
22:55donc pour ça,
22:56et donc du fait
22:57d'être très aligné,
22:59parce que quand on est aligné
23:00entre effectivement
23:01son ambition,
23:03ses rêves,
23:04ses convictions,
23:06ses tripes,
23:07tout ce qu'on va mettre
23:07sur la table pour ça,
23:09alors on est redoutable,
23:10et personne ne pourra
23:11se mettre sur le chemin
23:12parce que tout ça est droit,
23:14tout ça est solide,
23:15et ça aide à passer
23:16toutes les bosses.
23:17Donc pour moi,
23:18c'est vraiment les prérequis,
23:19et encore aujourd'hui,
23:21parce que quand les temps sont durs,
23:23on se ressentent sur soi
23:25et sur ce qu'on connaît,
23:27et je peux vous dire
23:28qu'effectivement,
23:28la bataille est loin d'être gagnée.
23:30Merci beaucoup,
23:31Cathy Collard-Gégère,
23:32d'être venue dans ce programme
23:34Leadership,
23:35si vous voulez connaître aussi
23:37la méthode des leaders,
23:38l'émission est disponible
23:39en replay,
23:40en podcast,
23:41et évidemment,
23:42sur tous nos réseaux sociaux,
23:43c'est tous les lundis
23:44à 11h30 sur BFM Business.
23:47Très bonne journée.
23:48BFM Entreprises,
23:49Leadership,
23:50la méthode,
23:51sur BFM Business.
23:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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