00:00François Chollet nous rejoint pour Montségur Finance, bonjour François.
00:03Bonjour.
00:04Alors ces taux français, ces taux tout courts, parce qu'encore une fois il n'y a pas qu'en
00:07France que ça se tend,
00:08ils ont un impact sur les valeurs. On voit qui reculer aujourd'hui ?
00:11À nouveau les banques, les assureurs.
00:13Qui devez-vous, pensez-vous que l'on doive encore alléger dans les portefeuilles
00:16si les taux devaient rester durablement élevés, François ?
00:20Alors j'ai regardé un petit peu les études sur les hausses de taux,
00:24et notamment sur le S&P 500, pour regarder quels étaient les facteurs de performance.
00:28Et c'est vrai que c'est assez intuitif.
00:31On s'aperçoit que les valeurs qui bénéficient le plus d'un contexte de hausse de taux,
00:36pour 100 points de base, on va retrouver des valeurs à très fort bêta,
00:41des valeurs plutôt de type value, c'est-à-dire des valeurs à des valorisations relativement faibles,
00:46ou des valeurs qu'on appelle GARF, c'est-à-dire des valeurs de croissance à un prix raisonnable,
00:51et globalement plutôt défavorables.
00:54On a évidemment les valeurs de qualité, les valeurs momentum, les dividendes aristocrates,
01:00c'est-à-dire les valeurs qui distribuent très régulièrement les dividendes élevés,
01:03et les valeurs qu'on appelle souvent faibles volatilités, c'est-à-dire plutôt les valeurs défensives,
01:08qui elles souffrent des hausses de taux.
01:10Pour une raison simple, ce sont des valeurs qui souvent ont des bilans assez lourds du point de vue de
01:16la dette.
01:16Et donc on a un marché qui correspond assez bien à ces facteurs historiques,
01:22c'est-à-dire qu'ils se comportent avec un prix assez violent,
01:27tout à fait comme la hausse des taux que l'on est en train de subir,
01:31et donc les actions réagissent à peu près dans cet ordre-là.
01:34Donc c'est assez conforme à l'historique,
01:37et donc si la hausse devait se poursuivre,
01:40évidemment que ça vient peser sur les marchés de manière générale, les marchés actions,
01:44mais plutôt ça fait surperformer des fonds de type value, dividendes.
01:51Je pense par exemple à un fonds qu'on a, nous, chez Montségur,
01:55qui est sur cette thématique-là,
01:56et qui a des très très belles surperformances par rapport aux indices européens,
02:00et à contrario, des fonds plutôt typés Momentum,
02:04eux sont en difficulté avec des performances qui sont bien en dessous.
02:09Donc c'est tout à fait cohérent,
02:11et on voit bien les secteurs s'illustrer dans les palmarès au quotidien,
02:15en fonction de cette thématique,
02:16et donc c'est bien que le marché a ça devant les yeux,
02:19tous les jours, pour faire des arbitrages à l'intérieur des indices.
02:22Effectivement, donc encore aujourd'hui, le secteur financier est en baisse,
02:25on a vu les difficultés de Vincière au port de Paris,
02:27FH qui risque, qui s'oriente vers des hausses de taxes.
02:31On a aussi assumé, oh, le secteur du luxe quand même,
02:33disons-en un mot de ce secteur,
02:35puisqu'Hermès est sur un plus bas de 3 ans aujourd'hui,
02:39LVMH sur un nouveau plus bas de 5 ans,
02:40et Kering sur un plus bas d'un an.
02:41Là, on a un tiercé perdant.
02:43Plus bas d'un an pour Kering, plus bas de 5 ans pour LVMH,
02:45de 3 ans pour Hermès.
02:46François ?
02:47C'est vrai qu'on atteint des niveaux qui peuvent interroger pour des investisseurs
02:53qui ont vu ces titres-là perdre pour la plupart la moitié de leur valeur.
02:57Si je prends l'exemple de LVMH, sur un an, c'est quasiment 30% de baisse,
03:01c'est quand même très important, et 40% de baisse sur 5 ans.
03:05Qu'est-ce que ça nous donne en termes de ratio ?
03:07C'est ça qu'il faut regarder aussi.
03:08Aujourd'hui, on est sur des multiples pour LVMH, par exemple,
03:11de 10 fois les bits d'art vers l'entreprise,
03:15c'est-à-dire des niveaux qui sont quand même raisonnables.
03:19C'est donc que le marché est dans une défiance.
03:21Payer 17 fois les résultats à venir d'LVMH aujourd'hui,
03:26c'est à peine la moyenne des valeurs européennes.
03:30C'est pour une valeur de qualité comme LVMH,
03:33des multiples qui peuvent constituer un point d'entrée.
03:36Mais pour que ces points d'entrée le deviennent réellement,
03:40au-delà du prix, c'est avoir un catalyseur.
03:43Et les catalyseurs aujourd'hui, on ne pourra les avoir
03:46que dans le cadre d'une communication de ces groupes rassurante
03:50sur le volume des activités et sur la capacité
03:53à maintenir des prix et des hausses de prix
03:57pour tenir des marges qui sont historiquement très élevées.
04:00Et donc c'est, je dirais, maintenant la publication
04:04qu'on aura dans quelques jours,
04:06puisqu'on va attaquer la saison des publications de résultats,
04:08qui pourra redonner le diapason au marché
04:10pour valoriser correctement ce secteur
04:14qui effectivement fait peur.
04:16Il fait peur, je pense, évidemment,
04:18au titre d'un secteur d'activité
04:20qui a sous-performé depuis maintenant de nombreux trimestres.
04:22Mais aussi il fait peur, il ne faut pas s'en cacher,
04:24sur la thématique France,
04:25parce que les investisseurs internationaux
04:27regardent la France aujourd'hui
04:28comme le point de sensibilité de l'Europe,
04:32le pays malade, budgétairement de l'Europe,
04:35attaquer sur sa dette,
04:36et donc on pénalise les valeurs françaises
04:40par rapport aux indices européens.
04:41C'est effectivement ce qu'on observe,
04:42d'ailleurs encore aujourd'hui, comme hier,
04:44le CAC 40 fait un peu moins bien
04:45que les autres marchés européens.
04:45À la hausse, on a Capgemini,
04:47on n'avait pas prévu d'en parler ensemble, François,
04:48puis finalement, entre-temps,
04:49Accenture a publié ses résultats,
04:50des prises de commandes au-dessus des attentes,
04:52le titre Accenture à Wall Street gagne 23%,
04:54c'est la valeur à suivre,
04:55c'est la star du jour aux États-Unis,
04:56et Capgemini en profite,
04:57c'est la star du CAC 40.
04:59Dans un marché en baisse,
04:59Capgemini gagne 11%.
05:01Finalement, on se dit que pour ces acteurs,
05:02il y aura un avenir, même avec l'IA ?
05:06C'est assez intéressant,
05:07parce que le marché avait vendu au premier semestre
05:10l'ensemble du secteur du logiciel
05:11et les services autour de ce logiciel,
05:13ça a été extrêmement puissant,
05:16sur les indices software,
05:18on a eu des baisses de 40% au premier semestre,
05:20et puis on s'aperçoit,
05:21notamment à partir de juillet,
05:23sur le trimestre qu'on vient de clôturer,
05:25qu'on a un vrai rebond sur le software,
05:29sur le logiciel,
05:30et sur les entreprises qui accompagnent
05:32la transformation numérique, digitale,
05:34l'intelligence artificielle,
05:35apportée au business de tout un chacun.
05:39Et c'est intéressant de voir le marché
05:41qui redonne une valeur à ces entreprises du logiciel,
05:45considérant qu'elles ont,
05:47au-delà du code qui a été à l'origine
05:49de la fabrication des logiciels,
05:51de la valeur dans les données qu'elles manipulent,
05:53je pense à des titres aux États-Unis
05:55comme, par exemple, Salesforce,
05:57qui avait été beaucoup attaquée dans le secteur,
06:01parce qu'effectivement,
06:02on peut fabriquer des CRM
06:04avec de l'intelligence artificielle assez facilement,
06:06pour autant, la qualité des datas
06:07de Salesforce aujourd'hui,
06:09elle est assez extraordinaire,
06:11et surtout, évidemment,
06:13que le groupe n'a pas vocation
06:14à ouvrir ces datas
06:15à des intelligences artificielles tierces.
06:18Pour CamVimini,
06:19c'est rassurant,
06:20parce que ça veut dire aussi
06:21que les grands spécialistes
06:23de l'accompagnement,
06:25conseils avec Accenture
06:26de ces entreprises partout dans le monde,
06:29à la fois sur les thématiques d'implémentation
06:31de ces nouvelles technologies,
06:33mais aussi sur les thématiques,
06:34aujourd'hui,
06:35criantes de cybersécurité,
06:38on va dire,
06:39d'organisation,
06:40de la capacité de résistance
06:42des systèmes d'information
06:43dans un contexte où il y a des attaques
06:45quasiment tous les jours
06:46qui viennent,
06:48on va dire,
06:48au port des entreprises,
06:49et bien, clairement,
06:50ça montre qu'il y a de la demande
06:52et que ces entreprises
06:53parviennent à trouver des clients
06:55pour vendre ses prestations
06:57dans des conditions
06:58plutôt favorables.
06:59Donc,
06:59on avait atteint,
07:00là aussi,
07:01des valorisations
07:02un peu étonnantes.
07:04On parlait des multiples
07:05d'Ebitda
07:06sur Capgemini,
07:07on est à 8 fois
07:08le résultat courant
07:09d'exploitation,
07:09c'est des multiples
07:10qui sont quand même raisonnables
07:11et un peu inférieurs
07:14à ceux du marché,
07:1414 fois les résultats à venir.
07:16Donc,
07:16vous voyez qu'on était
07:17sur des niveaux
07:17qui aussi laissaient peu de place
07:20à la capacité de décevoir
07:21dès lors que ce sont des entreprises
07:22qui s'adressent
07:23à des grands groupes
07:24et qui ont de la visibilité
07:25aujourd'hui,
07:25en tout cas un peu plus démontrées
07:27sur les carnets de commandes.
07:28François Cholet,
07:29mon Ségur Finance,
07:30donc,
07:30cette hausse de Capgemini
07:31de 10%,
07:32on a d'assosystème aussi,
07:33toujours grâce à Accenture
07:34qui gagne 1%
07:34et d'Accenture,
07:35donc,
07:35prise de commandes supérieure
07:36aux attentes,
07:37des perspectives au-dessus
07:38aussi du consensus,
07:39ce titre Accenture
07:40gagne 23% à Wall Street.
07:42Micron,
07:42qui a aussi,
07:42alors dans la tech,
07:44publié au-dessus des attentes,
07:44en revanche,
07:45c'est en baisse.
07:45Wouah,
07:46ce petit travail bien pro,
07:47c'est quand même,
07:47aujourd'hui,
07:47Micron recule de 3% d'air.