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Ce jeudi 1er octobre, Sandra Gandoin a reçu Laurence Stoclet, présidente du conseil d'administration de Groupe Ipsos, et Jean-Patrice Labautière, avocat associé et managing partner de BCLP Paris, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:01BFM Business présente
00:07BFM Entreprise, transmission, les règles.
00:11Sandra Gondoy.
00:12Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour cette nouvelle émission BFM Entreprise,
00:16l'émission qui plonge au cœur des boîtes tout au long de la semaine.
00:19Vous le savez, le lundi on parle de leadership, le mardi des outils RH,
00:23le mercredi de croissance et le jeudi de transmission.
00:25C'est le cas aujourd'hui, on va parler de transmission avec un système très intéressant.
00:29Vous allez voir, il est assez unique, mes invités du jour.
00:31Laurence Toclet, vous êtes présidente du conseil d'administration du groupe Ipsos.
00:35Bonjour.
00:36Bonjour Sandra.
00:37Je vous invite à vous avoir sur ce plateau.
00:38Et Jean-Patrice Laboitière, avocat associé et managing partner de BCLP Paris.
00:43Vous êtes spécialiste des M&A et du private equity.
00:46Merci d'être également dans cette émission.
00:48Bonjour Sandra.
00:49BFM Entreprise, la transmission, c'est parti.
00:53Le témoignage.
00:55On parle du groupe Ipsos.
00:56Aujourd'hui, Ipsos, pour nous, journalistes, c'est un institut de sondage qui est très connu, très utilisé.
01:02C'est l'un des leaders mondiaux de ce que vous appelez le market research.
01:06Est-ce que vous pouvez nous réexpliquer un petit peu le spectre de l'activité d'Ipsos ?
01:10Oui, alors la partie émergée de l'iceberg pour laquelle nous sommes connus en France,
01:15ce sont les sondages politiques à l'occasion notamment des élections.
01:20Cette partie-là de notre activité, c'est moins de 1% de notre chiffre d'affaires.
01:26Donc ça veut dire que 99%, ce sont des études de marché pour des institutions et également évidemment pour des
01:35entreprises privées.
01:37Nous avons parmi nos clients les plus importants, beaucoup de clients de la technologie qui sont devenus en fait les
01:44numéros 1 dans notre base de clientèle.
01:48Et puis évidemment des clients de la grande consommation qui sont les clients historiques de notre métier.
01:55Ce métier, il a été inventé il y a plus de 100 ans aux Etats-Unis et Ipsos a fêté
02:01l'an dernier ses 50 ans.
02:04J'allais vous demander effectivement quand avait été créé Ipsos.
02:08Il y a 20 000 salariés dans le monde aujourd'hui, entreprises cotées en bourse, c'est ça ?
02:1120 000 salariés plus 35 000 enquêteurs, donc beaucoup d'emplois générés par Ipsos dans 90 pays.
02:20Et le groupe est d'origine française, donc créé en 1975 à Paris.
02:26Mais nous nous sommes développés à partir des années 90 dans le monde entier, notamment au travers d'acquisitions.
02:33Nous avons fait plus d'une centaine d'acquisitions et nous avons l'an dernier racheté un de nos concurrents
02:40en France qui s'appelait BVA.
02:41Donc notre filiale en France s'appelle Ipsos BVA.
02:45Et nous sommes devenus ainsi les leaders sur le marché français dans notre métier.
02:51C'est Didier Truchot qui a fondé ce groupe ?
02:53Alors Didier Truchot a fondé Ipsos il y a donc 50 ans.
02:58C'est quelqu'un avec une personnalité assez unique parce qu'Ipsos c'est une aventure entrepreneuriale, mais c'est
03:05aussi une aventure humaine.
03:06Et Didier a quelque chose de spécial, je dois dire que dans la vie privée c'est également mon époux,
03:12nous nous sommes mariés il y a 7 ans.
03:16Il a quelque chose de spécial et donc Ipsos c'est aussi une aventure humaine.
03:21Il a créé le groupe donc il y a 50 ans avec trois autres collègues.
03:26Donc Didier croit beaucoup au collectif, il n'a jamais fait les choses tout seul et ça va faire partie
03:32sans doute du sujet.
03:33Oui, on va débattre aujourd'hui avec Jean-Patrice.
03:39J'aime bien qu'on dise une aventure humaine pour un groupe coté qui fait effectivement cette activité-là.
03:46Avant cela Jean-Patrice, effectivement on va vous présenter, présentez-nous votre cabinet, votre spécialité à vous.
03:52Alors comme vous l'indiquez, je suis un avocat spécialisé en M&A et prêt-être écouti.
03:57Je suis un associé d'un cabinet international qui s'appelle Brian Cave Leighton-Pessner, BCLP.
04:04Et alors on est un cabinet qui compte 1300 avocats dans le monde, 75 à Paris.
04:11Et on est un des leaders du complexe Midcap.
04:16Alors le mot important dans le complexe Midcap, c'est complexe, c'est-à-dire des opérations ou des comptes
04:23torsieux compliquées.
04:25Et l'opération dont on va parler en fait partie.
04:27Oui, parce que c'est vrai que je ne connaissais pas du tout le système, mais enfin quand je vous
04:30l'ai dit, vous m'avez dit que c'était quasiment unique.
04:32Donc on va en parler.
04:32Parce qu'on va parler finalement de ce que c'est l'avenir d'Ipsos, comment l'entreprise, le groupe,
04:40va évoluer dans les prochaines années.
04:42Mais dites-moi l'un et l'autre, comment est venue cette discussion, comment est venu ce plan, avant de
04:48l'expliquer.
04:49Qu'est-ce qui a fait que vous avez évolué vers cette stratégie ? Dites-moi Laurence.
04:54Vous avez compris qu'Ipsos avait été créé par Didier, mais pas Truchot, mais pas tout seul.
05:00Il avait des associés.
05:02Et à un moment donné, sept ans après la création, un associé l'a rejoint, Jean-Marc Lech, qui était
05:10son meilleur ami.
05:11Et qui a partagé avec lui la coprésidence du groupe jusqu'en 2014.
05:19Et malheureusement, en 2014, Jean-Marc Lech est décédé.
05:23Et ils avaient toujours décidé entre eux que la transmission du groupe Ipsos serait une transmission professionnelle,
05:32et pas une transmission familiale.
05:36Et donc, nous nous devions, Didier Truchot, mais aussi moi-même, qui étais en charge de la gestion de cette
05:45holding,
05:47qui était la holding animatrice du groupe, qui s'appelait LT Participation, L pour Lech, T pour Truchot,
05:56ça veut dire aussi long-term, et donc nous avions ce sujet, au moment du décès de cet associé important,
06:07de transmission, non pas aux héritiers de cet associé, mais aux gens et aux managers clés qui travaillaient chez Ipsos.
06:16L'idée étant de bénéficier du meilleur, quelque part, des deux mondes, être une entreprise cotée,
06:23pour avoir des ressources financières, pour financer la poursuite de notre développement,
06:29les acquisitions à l'étranger, de spécialités, etc.
06:32Et en même temps, de garder ce côté entrepreneurial, et comment jouer, voilà.
06:39Et donc, c'est en discutant avec Jean-Patrice que cette idée est née,
06:45puisque c'est quelque chose que nous avons créé, qui n'existait pas, c'est un montage qui n'existe
06:50pas.
06:50Et c'est ça, comment on prend cette décision pour une transmission professionnelle,
06:55de créer, finalement, sa propre transmission à soi, son propre moyen,
06:59et de se dire, c'est ceux qui font vivre le groupe, qui vont finalement en hériter,
07:05en réalité, ceux qui le veulent.
07:08Comment on prend cette décision de créer, de toutes pièces, un plan de ce genre ?
07:12Alors, ça fait partie de la vision de Didier, de Didier Trechaud.
07:17De mon côté, la genèse de cette opération, c'était à côté du Jardin du Luxembourg,
07:25et je prenais un café avec Didier, et qui me dit,
07:29comment ça marche dans vos cabinets d'avocats, dans vos partnerships ?
07:34Je dois avouer que, sur le moment, je ne voyais pas très bien le rapport avec Ipsos.
07:39Et Didier m'a expliqué que, effectivement, comme le disait Laurence,
07:44ce qu'il cherchait à faire, c'est mettre en place une forme de partnership entrepreneurial.
07:49Que vous, vous connaissez bien, oui.
07:51Voilà.
07:51Et pour renforcer l'indépendance d'Ipsos, et puis pour organiser sa succession.
07:58Et c'est vrai qu'il y a pas mal de parallèles avec les partnerships de cabinets d'avocats.
08:03D'abord, les cabinets appartiennent à ceux qui y travaillent,
08:09et on a définitivement une approche entrepreneuriale,
08:12puisque les associés tirent l'intégralité de leurs revenus,
08:16pour autant que le cabinet fait des bénéfices.
08:19Alors, comment, sur le terrain, ça se concrétise ?
08:22Qu'est-ce qu'on met en place ?
08:22C'est quoi les subtilités juridiques pour mettre ce système,
08:25appliquer ce système, qu'on voit souvent chez les cabinets d'avocats,
08:29à une entreprise plus normale ?
08:34Enfin, j'allais dire, pas dans ce domaine-là.
08:36Alors, c'est tout le mérite de cette opération.
08:41C'est une approche très novatrice,
08:43qui n'est pas calquée sur le mode de fonctionnement d'un partnership au sens strict.
08:47Alors, d'un point de vue technique, si on rentre un peu dans la technique,
08:51c'est une opération qui allie un savoir-faire en matière de private equity et de droits boursiers.
08:57Alors, si on rentre encore plus dans la technique,
09:01on a offert la possibilité à un ensemble de managers du groupe
09:07d'investir dans ce qu'on appelle, dans le jargon du private equity,
09:10dans une manco, qu'on a appelée Ipsos Partners.
09:13Et Ipsos Partners a, à son tour, investi dans la holding personnelle de Didier Trochaud,
09:21qui ne s'appelle plus LT Partners, à la suite du décès de Jean-Marc Lech,
09:25mais DT et Partners.
09:28Et à son tour, DT et Partners a investi en action d'Ipsos,
09:34et donc pour renforcer la participation in fine des managers
09:39qui se sont associés à son fondateur historique,
09:42renforcer la position de cette holding commune dans Ipsos.
09:48Est-ce que, combien de temps ça prend de ce mécanisme,
09:51et combien de managers, finalement, ont signé
09:55pour devenir une petite part des actionnaires,
10:00des héritiers professionnels, entre guillemets, de ce groupe ?
10:03Alors, ça a pris quand même un certain temps,
10:07et quand je dis un certain temps, ça a pris environ 18 mois.
10:12Entre la genèse de l'idée,
10:15qui avait quand même pour objectif
10:17de racheter aux héritiers de l'associé décédé ses parts,
10:21sachant que le fondateur historique Didier Truchot
10:28n'avait pas d'argent à titre personnel,
10:31puisqu'il a toujours laissé tout son argent dans l'entreprise.
10:36Donc, on allait racheter ses parts avec de la dette,
10:41mais également avec des fonds qui provenaient de ses managers.
10:49Mais entre cette idée,
10:52ce schéma juridique qu'on a monté avec Jean-Patrice,
10:57la présentation de ce schéma
11:00à l'autorité des marchés financiers,
11:03l'AMF, puisqu'Ipsos était une entreprise cotée,
11:06et qu'on allait changer le contrôle de l'entreprise,
11:11il s'est passé 18 mois.
11:14Le projet a été présenté à l'AMF début 2015,
11:19et Ipsos Partners a été créé et a pris sa participation
11:25en octobre 2016.
11:29Mais c'est un projet,
11:30enfin c'est une opération,
11:32qui vit dans le temps.
11:34J'allais comment dire.
11:35Donc, au fil de l'eau,
11:38Laurence évoquait cet événement
11:41qui était très particulier,
11:43qui était lié au décès du cofondateur,
11:46d'un des cofondateurs d'Ipsos.
11:49Mais le pôle de managers
11:54qui a investi dans Ipsos Partners
11:57s'est élargi avec le temps,
11:58et notamment en 2024.
12:01Et à l'occasion d'une nouvelle vague,
12:04appelons-le comme ça,
12:05près de 300 managers
12:07ont investi dans Ipsos Partners.
12:10Tout le monde peut le devenir,
12:13à un moment,
12:14il y a des périodes d'ouverture
12:16de l'actionnariat,
12:17comment ça se passe ?
12:18Vous appelez ça des vagues ?
12:19Est-ce que c'est à un moment,
12:20il y a une décision,
12:21on en fait rentrer plus ?
12:22Et à partir de combien ?
12:24Peuvent-ils entrer ?
12:26Comment ça se passe ?
12:26Au départ, la jeunesse de cette opération,
12:30c'était donc permettre
12:31une transmission professionnelle
12:34au départ d'un associé décédé.
12:37Mais la raison pour laquelle
12:39on a monté cette opération originale,
12:42comme tu le disais, Jean-Patrice,
12:44c'est parce qu'on voulait
12:44qu'elle ait une vie dans le temps,
12:46qu'elle soit pérenne,
12:47et qu'elle permette également
12:48la transmission du fondateur historique,
12:51Didier Truchot,
12:53aux personnes qui travaillent chez Ipsos,
12:56mais cela avec un horizon
12:58beaucoup plus lointain.
13:01Donc on s'est dit,
13:01on met une première pierre à l'édifice,
13:04mais cette pierre,
13:05elle est très solide,
13:06il y a des fondations profondes,
13:08il y a des mécanismes derrière,
13:10il y a des pactes d'actionnaires,
13:12il y a des choses très réfléchies,
13:14et du coup,
13:15on pourra s'en servir
13:16pour faire d'autres opérations
13:19d'investissement à l'avenir,
13:20on en a fait deux,
13:22l'une en 2018
13:23et l'autre en 2024,
13:25donc plus récemment,
13:26et on prévoit d'en faire une,
13:28sans doute l'an prochain,
13:30et encore d'autres à l'avenir.
13:33Et l'idée,
13:34c'est petit à petit
13:35de permettre aux personnes
13:36qui travaillent chez Ipsos
13:37d'investir
13:38et de racheter petit à petit
13:40des parts
13:41au fondateur historique.
13:43Il y a un ticket
13:45d'investissement minimum ?
13:46Comment ça se passe,
13:47Jean-Patrice ?
13:47Alors,
13:48il y a un ticket minimum,
13:50mais le principe également,
13:52et c'est lié aussi
13:54à la gouvernance
13:55d'Ipsos Partners,
13:57c'est de limiter
13:59en fait le niveau
14:00d'investissement.
14:01D'accord.
14:01Donc le seuil minimum
14:04est de 20 000 euros
14:05et le seuil maximum était,
14:07le plafond était
14:07de 250 000 euros
14:09de mémoire.
14:10Voilà,
14:10dans la dernière vague.
14:15La raison,
14:16c'est parce que
14:17cette manco,
14:18elle est,
14:19on va dire,
14:19totalement illiquide.
14:21Donc dit comme ça,
14:22ce n'est pas nécessairement
14:23l'investissement
14:25le plus merveilleux.
14:27Les gens rentrent
14:28sur la base
14:29du prix du cours de bourse
14:31d'Ipsos par transparence
14:33et ils ne gagnent de l'argent
14:34que si,
14:36à terme,
14:36le jour où ils quittent
14:37l'entreprise,
14:38le cours de bourse
14:39s'est apprécié.
14:40Et entre-temps,
14:41leur investissement
14:42est bloqué.
14:44Et pour cette raison-là,
14:46on n'a pas voulu
14:47que qui que ce soit
14:48investisse
14:49de l'argent
14:50qui leur manquerait,
14:52des sommes folles,
14:52etc.
14:53Donc c'est volontairement.
14:55Et puis,
14:55ça participe
14:56de cette idée
14:56de collectivité
14:58où il n'y a pas
14:59tant de différence
15:00que ça
15:01entre les personnes
15:02qui sont au comité
15:03de direction
15:03et des managers,
15:05on va dire,
15:07dans des pays lointains,
15:08en Chine
15:09ou au Brésil.
15:11Je comprends la limitation
15:12du niveau d'investissement.
15:13Est-ce qu'il y a une limitation
15:14en termes de nombre
15:15de managers
15:16ou de salariés
15:16qui ont la possibilité
15:18d'y aller à un certain nombre ?
15:19Est-ce qu'on dit stop ?
15:20C'est plus gérable,
15:22justement,
15:22notamment peut-être
15:23en matière de gouvernance
15:24ou pas du tout ?
15:25Il n'y a pas de limite ?
15:26Alors,
15:26il y a une catégorie
15:28ou différentes catégories
15:30de managers
15:30qui sont éligibles.
15:31D'accord.
15:32En revanche,
15:33la participation
15:35au schéma
15:35est volontaire,
15:37complètement libre.
15:38Et donc,
15:40il n'y a pas
15:40de limite
15:42de ce point de vue-là.
15:43Et d'ailleurs,
15:44la participation
15:45a été très large,
15:46y compris en termes
15:47de nombre
15:48de pays concernés,
15:50puisqu'il y a des managers
15:50de 51 pays
15:52qui ont participé
15:54au schéma.
15:55Vous dites
15:56que c'est une opération
15:57complexe.
15:58En quoi c'est
15:59une opération complexe ?
16:01Qu'est-ce qui en fait
16:01quelque chose
16:02de complexe ?
16:03Alors,
16:04il y a beaucoup de choses.
16:05Il y a également
16:07des aspects boursiers
16:09qu'évoquait Laurence.
16:10Il y a le fait
16:11que dans le cadre
16:13du schéma
16:14que je décrivais,
16:15Ipsos a également
16:16contribué
16:17à bonder
16:19en attribuant
16:20des actions gratuites,
16:21mais indépendamment
16:23des actions gratuites
16:25qui sont attribuées
16:26aux managers
16:27au fil de l'eau.
16:29Et puis,
16:29tout simplement,
16:32le nombre
16:34en fait
16:34de documents,
16:37près de 2000 documents.
16:38Il y a 2000 documents
16:39à signer
16:40et à sortir
16:41pour cette opération.
16:42Exactement,
16:43parce qu'on a rajouté
16:45un élément
16:46supplémentaire
16:47qui était
16:48d'offrir
16:49la possibilité
16:50aux managers
16:51qui souscrivaient
16:52de souscrire
16:53soit en cash,
16:53soit en apportant
16:55des actions Ipsos.
16:56Pourquoi ?
16:56Parce que les managers
16:57peuvent avoir,
16:59surtout s'ils sont présents
17:00au sein du groupe
17:01depuis un certain temps,
17:02des actions
17:04du groupe.
17:05Et donc,
17:07le résultat,
17:08c'est que
17:09les managers
17:10pouvaient
17:10faire un mix
17:12des deux.
17:12Et tout ça
17:13a énormément
17:14d'implications
17:15en termes de documentation.
17:16Et donc,
17:16on a des documents
17:17qui sont spécifiques
17:18à chaque manager
17:19qui a participé.
17:20Et donc,
17:21à tel point
17:21qu'on a dû mettre
17:22en place
17:22une plateforme
17:25spécifique
17:25de sorte à pouvoir
17:26faire en sorte
17:27qu'on puisse
17:28adapter chacun
17:29des documents
17:30à chacun
17:30des managers.
17:31Ah oui,
17:31effectivement,
17:32c'est toute
17:32une opération,
17:33c'est vraiment
17:33toute l'organisation.
17:35Alors,
17:35la première vague,
17:37les documents
17:38étaient des documents
17:39papiers.
17:40On n'avait pas encore
17:42inventé le DocuSign
17:44donc en 2016.
17:46Et quand il a fallu
17:47signer tous les documents,
17:49je crois qu'il y avait
17:50dans ton cabinet
17:51une pièce entière
17:53et Didier Truchot
17:55qui a dû
17:55s'amuser
17:56à signer.
17:58Alors après,
17:59on a procédé
18:00différemment quand même.
18:01Là,
18:02ça s'est modernisé.
18:03Ça s'est modernisé.
18:04Pour ce type d'opération,
18:05ça va un petit peu
18:05décomplexifier.
18:07Jusqu'à quelle part
18:08du capital
18:09on peut aller
18:10dans l'attribution
18:11au manager ?
18:14Jean-Patrice ?
18:15Alors,
18:16aujourd'hui,
18:17les Ipsos Partners
18:19ont environ 20%
18:21du capital
18:21de la holding
18:22de Didier Truchot
18:24et à son tour,
18:27la holding
18:28de Didier Truchot
18:29détient à peu près
18:2920% des droits
18:30de vote d'Ipsos.
18:31Alors,
18:32il y a
18:34toute une situation
18:35d'une série
18:35de règles boursières.
18:37Oui.
18:37Donc,
18:39l'idée n'est pas
18:40de déclencher
18:41en fait
18:41une offre publique
18:42et donc,
18:43il y a une limite
18:44assez naturelle
18:45et donc,
18:46l'enjeu,
18:47c'est plus
18:47de faire en sorte
18:48que,
18:49au sein d'une société
18:50qui a un flottant
18:51important,
18:52que les managers,
18:54encore une fois,
18:55aient un mot à dire
18:56et,
18:58in fine,
18:58une forme de contrôle
18:59de fait
19:00du groupe.
19:01Est-ce qu'il n'y a pas
19:02un risque
19:02que ça change
19:04justement,
19:04qu'ils aient une influence
19:05peut-être un peu
19:07trop grande,
19:08quand vous parlez
19:09de ce rapport-là,
19:11de cette part-là,
19:11mais néanmoins
19:12que ça change
19:12un peu la stratégie
19:13de ce qui est décidé
19:14pour l'avenir du groupe,
19:15le fait de les faire rentrer
19:16comme ça,
19:17par vague,
19:17Laurence ?
19:18J'allais dire au contraire,
19:20parce que la stratégie
19:21dans un métier
19:22aussi spécialisé
19:23que le nôtre,
19:25elle doit être prise
19:26par le conseil
19:27d'administration,
19:28mais en prenant en compte,
19:30évidemment,
19:31toutes les propositions
19:32qui remontent
19:34de la direction générale,
19:37qui,
19:37elle-même,
19:38s'inspire
19:40des principaux
19:42managers clés
19:43et le fait
19:43que les gens
19:45soient associés,
19:46mais soient associés
19:47au capital
19:48et c'est ça
19:49qui est important
19:49dans cette opération,
19:51les gens sont associés
19:52au même titre
19:53que Didier Truchot,
19:56donc ils sont associés
19:57dans une structure
19:58de holding
20:00qui,
20:01par définition,
20:02est illiquide,
20:03dans lequel
20:04ils ont accepté
20:05d'investir
20:05leur argent
20:08et donc,
20:09ça n'est pas
20:10un mécanisme
20:12de rémunération,
20:13par exemple,
20:13ce n'est pas
20:14un mécanisme
20:15de salaire,
20:17ça n'a rien
20:18à voir avec ça,
20:19ça a cette idée
20:21qui était
20:21d'essayer
20:22de se rapprocher
20:23d'une notion
20:24de partnership
20:25comme dans
20:25les cabinets
20:26d'avocats
20:26ou les cabinets
20:27de conseils
20:28et donc,
20:30évidemment,
20:32j'espère,
20:33j'espère
20:34et je pense
20:34que c'est le cas,
20:35les gens
20:36qui travaillent
20:36dans l'entreprise
20:37sont quand même
20:38les mieux à même
20:40d'inspirer
20:41et de conseiller
20:42sur la stratégie
20:44que l'entreprise
20:45cotée
20:46doit suivre
20:47ensuite.
20:48En tout cas,
20:49c'est ça
20:49notre objectif
20:51et dans ce schéma,
20:53évidemment,
20:54et au conseil
20:55d'administration
20:55d'Ipsos,
20:56en dehors
20:57de moi-même
20:58qui en suis la présidente
20:59depuis le mois de mars
21:00puisque j'ai pris
21:01le relais
21:01du fondateur
21:03de Didier Truchot,
21:04il y a aussi
21:05des gens
21:05qui travaillent
21:06dans l'entreprise,
21:08les représentants
21:09évidemment
21:09de nos salariés
21:11et notre
21:13bientôt
21:14notre nouvelle
21:15directrice
21:17générale.
21:18Mais donc ça,
21:18c'est important
21:19qu'il y ait aussi
21:20au niveau du conseil
21:21d'administration
21:22ce type
21:23de personnes
21:24et l'idée étant
21:26d'Ipsos Partners
21:27qu'il y ait
21:28des discussions
21:29et des idées
21:32qui remontent
21:33quelque part
21:34du terrain.
21:34C'est une façon
21:35de voir les choses
21:37avec un mécanisme
21:38relativement large
21:39puisqu'on a
21:40300 personnes
21:41dans le monde entier
21:42donc avec des éclairages
21:43très différents,
21:45culturels
21:45et ça,
21:47ça représente
21:47bien Ipsos.
21:49J'allais dire,
21:50j'allais vous demander
21:50les avantages
21:51finalement par rapport
21:52à transmettre
21:53à des héritiers
21:54et faire une transmission
21:55familiale
21:55mais finalement
21:55c'est beaucoup moins
21:56hasardeux justement
21:57en termes de prise
21:58de décision.
21:59On s'assure
21:59quand même
22:00que finalement
22:01tout le monde respecte
22:02le bien-être
22:03et les valeurs
22:04du groupe.
22:05dans un métier
22:06de gens
22:06en tout cas
22:07ça a toujours été
22:07la conviction
22:09d'y être chaud
22:10dans un métier
22:10de gens
22:10il faut que les gens
22:12qui soient
22:12en contrôle
22:13de la stratégie
22:16soient des gens
22:16du métier.
22:18Ça c'est sa conviction.
22:20Après ça ne veut pas dire
22:21que le marché
22:24la bourse
22:26n'a pas aussi apporté
22:27des choses
22:28extrêmement intéressantes
22:29à Ipsos
22:30et donc notamment
22:30ses ressources financières
22:32pour se déployer.
22:34mais en termes
22:35de stratégie
22:36particulière
22:36dans un métier
22:37de niche
22:38il faut qu'elle soit
22:39quand même inspirée
22:40par les gens
22:40qui travaillent
22:41dans l'entreprise.
22:42Complètement
22:42et c'est vrai
22:43qu'il fallait avoir
22:43l'idée
22:44en toute dernière question.
22:45Jean-Patrice
22:46j'ai envie de vous demander
22:47est-ce que ce modèle
22:48de partnership
22:50finalement
22:50pourrait s'appliquer
22:51au-delà d'Ipsos
22:52à d'autres types
22:53d'entreprises
22:55à tout type
22:56d'entreprises ?
22:56Alors tout type
22:57d'entreprises
22:58non
22:58parce qu'il faut
23:00et c'est tout ce qui fait
23:01l'intérêt également
23:02de cette opération
23:03c'est qu'il y a
23:04des éléments
23:06protéiformes
23:06et des éléments
23:07humains
23:08donc c'est pas
23:09une stratégie froide
23:10c'est pas que
23:12de la technique
23:13même si
23:14comme je disais
23:15il y a beaucoup
23:15de documents
23:16à mettre en place
23:17beaucoup de sujets
23:18à examiner
23:21mais cela dit
23:24c'est un schéma
23:25qui permet
23:26clairement
23:27de constituer
23:28une alternative
23:29à des schémas
23:31plus classiques
23:32de transmission
23:33notamment
23:33de transmission familiale
23:34modèle absolument
23:36passionnant
23:36merci à tous les deux
23:37d'être venus
23:38dans cette émission
23:38pour nous expliquer
23:40ce que vous avez monté
23:42Laurence Stoclay
23:43présidente du conseil
23:44d'administration
23:44du groupe Ipsos
23:45c'est Jean-Patrice Labotière
23:47avocat associé
23:47et managing partner
23:49de BCLP Paris
23:50spécialiste du M&A
23:52et du Private Equity
23:53merci à tous les deux
23:54pour cette émission
23:55on se retrouve tous les jours
23:56à 11h30
23:57et 23h30
23:59on se retrouve aussi
24:00en replay
24:00et sur nos réseaux sociaux
24:02très bonne journée
24:03sur BFM Business
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24:06croissance
24:07la stratégie
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