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Jeudi 1 octobre 2026, retrouvez Georgie Courtois (Avocat), Stéfane Fermigier (CEO, Abilian), Dorothée Decrop (déléguée générale, Hexatrust) et Martin Pavanello (co-fondateur et PDG, Mister IA) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:08Bonjour à tous, bienvenue dans Smartech que vous regardez sur la chaîne Bismarck, il est 11h30, on est en direct,
00:13c'est l'heure du grand débrief de l'ActuTech.
00:20Bienvenue dans le grand débrief de l'ActuTech que vous regardez à 11h30 en direct tous les jeudis sur la
00:25chaîne Bismarck.
00:26Aujourd'hui autour de la table pour commenter cette actualité, nous avons Dorothée De Krupp avec nous, bonjour Dorothée, qui
00:32est la déléguée générale d'Exatrust, experte s'il en est en matière de cybersécurité.
00:37Georgie Courtois est également avec nous, maître Courtois, bonjour, avocat associé chez Simon & Simons et Martin Pavanello, bonjour Martin,
00:45bienvenue, c'est la première dans le débrief de Smartech, félicitations.
00:49Vous êtes cofondateur de Mister IA, ça tombe bien parce qu'à l'heure on a énormément de sujets IA,
00:54peut-être même 100% IA, comme on dirait dans l'affaire Tedison Aurélien.
00:59Oh là là, bon en tout cas ça va être notre sujet à la une, évidemment, cette affaire Tedison Aurélien
01:03et ce roman écrit à 100% avec, par, bref, voilà, une IA.
01:09On va parler aussi de l'évolution du rapport des Français au travail à l'heure de l'intelligence artificielle,
01:14on aura une revue de presse comme d'habitude, on va sortir nos cartons rouges et on va terminer avec
01:18une tribune sur le monde du libre et de l'open source.
01:22Alors c'est parti, donc on commence avec cette affaire qui a secoué le monde de la littérature, mais pas
01:27seulement, c'est tout le monde du numérique, de la tech aussi qui s'est mobilisé.
01:31On a tous découvert de ce côté-ci de l'Atlantique une entreprise qui s'appelle Pangram, Pangram si vous
01:37préférez, américaine, new-yorkaise même précisément,
01:41voilà, qui était un peu en dehors du scope de ce que j'ai pu recueillir comme témoignage autour de
01:46moi jusqu'ici dans le domaine de l'IA.
01:49C'est une entreprise qui a fait de levées de fonds, mais voilà, pas plus exceptionnelle que ça, sauf qu
01:54'elle met à disposition à tout le monde, au grand public, son détecteur d'IA,
02:01donc pour tester si des textes sont écrits ou non à l'aide de l'intelligence artificielle.
02:06Et là, badaboum, donc ce roman de Télison Aurélien, c'était ça, ou mourir pressenti pour gagner le Goncourt, en
02:18tout cas qui était en lice jusqu'ici,
02:21se retrouve estampillé, 100% fabriqué par une IA, écrit par une IA, aidé par une IA, ça on ne
02:27sait pas tellement.
02:27Comment est-ce que vous avez réagi au moment où cette affaire a éclaté ?
02:31Je rappelle que c'est parti d'un poste sur les réseaux sociaux, en particulier sur le réseau social X,
02:38du compte Balance ton Claude,
02:41qui est tenu par un collectif d'intellectuels qui vraiment s'inquiètent beaucoup de l'émergence de l'IA dans
02:47la littérature.
02:48Allez, on se lance, monsieur le spécialiste de l'IA.
02:51En tant qu'en fait désigné spécialiste d'IA, moi j'ai pris avec des pincettes, je pense qu'il
02:55y a deux sujets déjà,
02:55est-ce que c'est vraiment ou non écrit par l'IA, puis peut-être qu'on parlera ensuite de,
02:58est-ce qu'on récompense des livres écrits par l'IA ou non,
03:00mais sur le premier sujet, je l'ai pris avec des pincettes parce qu'il faut faire attention quand même
03:04au logiciel Pangram.
03:05Aujourd'hui c'est très dur pour une IA, parce que Pangram fonctionne avec des IA, c'est très dur
03:08d'identifier très clairement un texte écrit par de l'IA ou pas.
03:11C'est très simple sur l'image, parce qu'une IA qui crée une image, elle fait une image parfaite
03:14avec des pixels parfaits,
03:15or aucune image n'est parfaite, donc s'il voit une image parfaite, il sait que c'est une IA
03:19qui l'a faite, avec des règles très mathématiques.
03:21Sur du texte, on est tous en capacité d'écrire un texte parfait.
03:24Qu'est-ce que c'est d'ailleurs qu'un texte parfait ? C'est très très dur.
03:26Et qu'est-ce que c'est qu'un texte humain ? Parce qu'en fait, une image, c'est
03:29vrai qu'il y a une trace tangible de son historique,
03:33il y a une trace numérique de sa transformation.
03:36Alors qu'un texte, qu'est-ce qui va prouver qu'un texte est écrit par un être humain ?
03:41On ne sait pas.
03:42Non, c'est très dur, c'est très dur, c'est pour ça que c'est des outils qui sont
03:44très bons.
03:44C'est plus facile de prédire s'il est écrit par une IA en revanche, visiblement.
03:47Si le texte est mal écrit par une IA, c'est très simple.
03:50Une IA, elle fait des redondances de mots, elle a des tournures de phrases qui se voient totalement, d'ailleurs
03:53à l'œil nu on le voit aussi.
03:54Donc c'est très simple pour une IA de reconnaître ça.
03:56Mais quand c'est très très bien écrit, c'est très dur.
03:58Donc moi je l'ai pris avec des pincettes, on a fait plein de tests en interne avec Pangram.
04:01On a beau écrire des fois des textes à la main, il nous dit qu'il y a 90%
04:04d'IA.
04:05Donc moi je pense apprendre avec des pincettes.
04:07D'ailleurs, l'heure où on parle, personne n'est encore sûr à 100% que c'est un texte
04:10écrit ou non avec de l'IA.
04:11Je ne sais pas si un jour on le sera.
04:12Et donc voilà, c'était nous notre première main, ma première réaction.
04:14C'est de me dire, faisons déjà attention, après on verra s'il a le droit ou non d'écrire
04:17avec de l'IA.
04:18Mais en tout cas, est-ce que ce texte est vraiment écrit avec de l'IA ?
04:20On ne sait pas, ce n'est pas si simple.
04:21Et même si tout le monde parle de Pangram, ce n'est pas encore un outil qui est 100%
04:24abouti.
04:24Google, trac.
04:25Présenté quand même par plusieurs recherches et chercheurs comme étant le plus fiable du moment.
04:31Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
04:32De toute façon, ils s'entraînent sur des textes qui sont écrits aussi par des humains.
04:34Donc compliqué.
04:36Que dit l'avocat là-dessus ?
04:37Parce que ça pose quand même beaucoup de questions de droit aussi, de droit d'auteur.
04:41Exactement.
04:41Moi, j'ai pris ça par le côté droit d'auteur, par l'angle du droit d'auteur.
04:46Ça ne m'étonne pas.
04:47Il y a un côté un peu vertigineux parce qu'il y a quelques temps, vous savez, un projet de
04:53loi qui visait à faciliter éventuellement la recherche d'éléments d'information qui auraient entraîné un moteur avec des œuvres.
05:05Pour savoir si oui ou non, si le moteur était protégé ou pas.
05:11En fait, on est très proche de ça dans cette problématique-là.
05:14C'est-à-dire, à partir de quel moment l'IA qui s'entraîne sur un contenu va s'entraîner
05:19sur le droit d'auteur qu'elle a elle-même généré.
05:21Et on va là aussi sur la problématique de à partir de quel moment les IA vont s'entraîner sur
05:26des contenus qui ne sont plus générés par des humains, qui sont créés par des propres IA.
05:30Ce sera peut-être plus facile à détecter après.
05:32Ce sera plus facile.
05:33On a vu qu'on détecte ça grâce à des patterns dans le style.
05:37En fait, la problématique-là, c'est qu'on est sur ce qu'a fait Scandale, c'est qu'on
05:41est sur le concours, qu'on est sur un prétendant au concours, un prix de littérature qui vise justement à
05:47récompenser le style littéraire, l'humanité dans la rédaction d'un texte.
05:54Et donc là, c'est ce qu'il crée le Scandale.
05:57On ne saura certainement jamais si jamais il l'a utilisé.
05:59Peut-être qu'en fait, il a écrit son livre et qu'il a amélioré certaines parties pour modifier son
06:07style, je ne sais pas.
06:08On ne le saura pas.
06:09Donc, on verra à l'avenir ce que nous dit, ce que nous font les moteurs d'IA, ce qui
06:15permettent ou pas de détecter mieux.
06:16Mais peut-être qu'on arrivera surtout à la fin à un label écrit par un humain.
06:21Oui, alors il y a déjà des maisons d'édition, enfin une maison d'édition en particulier.
06:24Je crois que c'est Gaspard Koenig qui l'évoquait dans une de ses tribunes, qui propose un label écrit
06:30par un humain.
06:31Bon, après, c'est un engagement moral.
06:33Donc, est-ce qu'il y a... Voilà.
06:35Quelle est la preuve encore une fois derrière ?
06:36Quelle est la lecture de l'experte en cybersécurité sur ce sujet ?
06:40Alors, je ne sais pas si l'experte en cybersécurité sera le bon terme.
06:44En fait, moi, ça m'a plus rappelé quelque chose à titre personnel, c'est-à-dire la place de
06:49la création.
06:51Finalement, à l'ère de l'IA.
06:52Et on a vu, il y a eu des problèmes avec le monde du cinéma, il y a eu des
06:55problèmes sur les droits d'auteur, les scripts.
06:59Et en fait, on va être obligé de repenser le monde artistique à la lumière de l'IA.
07:05Et effectivement, ça a l'air assez vertigineux parce que la création, c'est quand même quelque chose de très
07:12personnel.
07:13Je pense pour les gens qui sont artistes, qui produisent.
07:16Et c'est vrai que ça pose beaucoup de questions.
07:18On voit bien aussi en matière professionnelle, il y a des métiers qui sont en train de se faire attraper
07:22par l'IA,
07:24que ce soit des équipes techniques quand on faisait des films.
07:27Enfin, on ne travaille plus du tout l'image, la production de communication.
07:33Aujourd'hui, à l'ère de l'IA, on le faisait il y a 5, il y a 10, il
07:36y a 15 ans.
07:37Donc, c'est vrai que c'est assez interpellant.
07:39Moi, en faisant le pas de côté, ça me pose aussi une question.
07:44Ce livre a fait l'objet d'un engouement assez incroyable.
07:47Il a eu certes le prix FNAC, le prix Méduse, il candidatait sur le Goncourt.
07:51Finalement, qu'est-ce qui provoque ?
07:53Enfin, c'est une machine qui provoque cette émotion dans la lecture.
07:56C'est assez interpellant parce que je pense que là, il va falloir faire appel probablement à des algorithmes, aux
08:01neurosciences.
08:02Il y a quelque chose qui, potentiellement, si ce livre a été écrit avec de l'IA,
08:06qui est assez interpellant et, effectivement, repose tout le phénomène de création.
08:12C'est un peu ce que disait Georges Couchoir.
08:16Pourquoi c'est devenu une telle affaire ?
08:17C'est qu'il y a tellement d'attentes aussi autour de la création artistique, littéraire.
08:24Là, on parle d'un roman extraordinaire, visiblement.
08:27Enfin, ceux qui l'ont lu le trouvent absolument fabuleux.
08:30On n'a pas envie d'être trompé, en fait.
08:32Dans ce domaine, on n'a pas envie de dire, en fait, je ne lis pas...
08:36À un romancier, je lis une IA.
08:38On n'a pas envie d'être trompé.
08:39Il faut pas...
08:40Enfin, il y a aussi un élément essentiel, c'est que...
08:42On dit, est-ce que le livre a été écrit par l'IA ?
08:44C'est ce que je disais tout à l'heure.
08:46Est-ce que l'IA a été utilisé comme un outil aussi ?
08:48Oui, c'est ça.
08:49Pour une correction aussi.
08:50L'auteur a certainement écrit l'intégralité de la trame.
08:52L'histoire, il s'inspire de sa vie.
08:56C'est la manière dont il a exprimé cette histoire,
08:58qui pourrait être faite par une IA, mais dans le style.
09:01Il n'a pas écrit un prompt, et ça n'a pas sorti un livre qui est éligible au concours.
09:06Il y a quand même du travail.
09:08Après, la deuxième question qui se pose, c'est...
09:09Est-ce que l'utilisation de l'IA, notamment par des auteurs,
09:13et le prompting et la modification de texte,
09:17permet à la fin de créer une œuvre qui serait considérée comme protégée par le droit de l'auteur ?
09:21Enfin, il y a eu de la jurisprudence là-dessus.
09:25Les avis sont assez divergents, mais ils sont plutôt contre.
09:27Et sorti une affaire de plagiat aussi.
09:29Oui, voilà, exactement.
09:30Et là, on sort du champ de l'intelligence artificielle.
09:33Mais en fait, il y a tous...
09:34En fait, c'est extrêmement fin,
09:36les problématiques qu'il y a en termes de droit d'auteur là-dessus.
09:39Et il faut se dire qu'on arrive dans un monde
09:42où on peut créer tout ce qu'on veut maintenant avec l'IA.
09:43Il n'y a plus de limite de savoir-faire.
09:49Ce débat, peut-être dans dix ans, on ne l'aura plus.
09:51Peut-être que ce sera normal pour un auteur d'utiliser l'IA
09:55pour l'aider à structurer son texte lors de la rédaction d'un roman.
09:58Alors, il y a même un prix, IA et littérateur,
10:01je ne sais plus quel est le nom de ce prix,
10:04mais qui, au contraire, pénaliserait tout romancier
10:08qui n'aurait pas utilisé l'intelligence artificielle.
10:11Là, le job, c'est de s'approprier ces nouveaux outils
10:13pour apporter quelque chose de nouveau, de créatif dans la littérature.
10:18De toute façon, on n'a plus le choix.
10:19Je pense qu'il y en a beaucoup aussi qui s'exprimaient sur cette affaire
10:21en disant « je suis pour, je suis contre ».
10:23En fait, on n'a plus le choix.
10:24Et même si une IA a écrit le texte,
10:26et moi, j'en suis persuadé,
10:28on va avoir des IA qui seuls écrivent des textes aussi bons,
10:30voire encore meilleurs que ce qui a été écrit là.
10:32Qu'on le veuille ou non, ce sera fait.
10:33Et est-ce que le Goncourt doit,
10:35et c'est pour ça que les règles, à mon avis, doivent changer pour ces prix-là,
10:38est-ce que ça doit récompenser le meilleur écrivain ou le meilleur texte ?
10:41Si ça récompense le meilleur texte,
10:43il va falloir s'y attendre, comme demain avec les films.
10:44On consommera beaucoup de textes magnifiques et de films magnifiques,
10:48100% rédigés par IA.
10:49Mais comme ça a été dit, c'est très vrai,
10:51on n'a pas encore des IA qui se lèvent un matin,
10:53qui décident d'écrire un texte, qui le publie.
10:55On a toujours une patumaine derrière qui va lui dire
10:56« fais un peu ci, fais un peu ça,
10:58donc l'IA devient un outil ou un super outil ».
11:01Et moi, j'ai du mal à l'imaginer.
11:03Est-ce qu'on ne doit le signaler ?
11:04Est-ce qu'on ne doit pas le signaler ?
11:05En fait, moi, je trouve que cette affaire,
11:06elle est absolument passionnante,
11:09parce que ça dit quelque chose quand même
11:10de notre attente à nous vis-à-vis de la littérature.
11:13Donc, on veut que ça reste quand même un contrat
11:15entre humains,
11:17des humains qui racontent des histoires à d'autres humains
11:19et qui prennent une dimension universelle.
11:21Ça, on y tient.
11:22On ne veut pas de mensonges.
11:24Donc, ça pose la question plus généralement
11:26dans nos sujets du quotidien, dans le numérique,
11:29de la transparence.
11:31De la transparence de ces technologies,
11:33la transparence des algorithmes,
11:35la transparence sur les entraînements,
11:36la transparence sur ce qui a été utilisé
11:38en matière de droit d'auteur ou pas,
11:40la place qu'on accorde à la technologie
11:41par rapport à la place qu'on donne à l'humain
11:43dans la société.
11:45Ça pose toutes ces questions.
11:45C'est génial, parce qu'en même temps,
11:46c'est le moment de tout écrire.
11:48Là, il faut tout réinventer.
11:50Ça répond aussi au problème, finalement,
11:52à la question de la confiance
11:53qui est nécessaire, finalement,
11:55dont on parle beaucoup dans le numérique,
11:57et qui renvoie aussi à nos milieux professionnels.
11:59Un post-LinkedIn où on donne du contenu
12:02qui est généré par IA,
12:03et finalement, les commentaires sont aussi générés par IA.
12:06Donc, en fait, c'est des IA qui se parlent à des IA,
12:08qui sont incarnés aujourd'hui soit par des vraies personnes,
12:11soit par des avatars.
12:12Et donc, cette question pose la transparence
12:16sur qui écrit quoi et jusqu'à quel point
12:18on est porteur du message que l'on fait,
12:20ou est-ce que, finalement,
12:21quelque part, on utilise de l'énergie électrique,
12:26pour le coup,
12:26pour écrire des postes de contenu
12:31qui sont en même commentés par d'autres algorithmes.
12:34Et en fait, tout ça utilise de l'énergie,
12:37mais il n'y a plus de création, quelque part.
12:39Et on perd un peu le sens.
12:40Donc, je trouve que cette histoire,
12:41au-delà d'une certaine pédagogie
12:44autour, effectivement, de la confiance,
12:46si on fait l'analogie avec la cyber,
12:49pourquoi pas la journalisation des logs
12:51ou ce genre de choses,
12:53pourquoi pas les vérifier, c'est brouillon.
12:54Enfin, il y a des parallèles, encore,
12:55qui sont utiles à faire.
12:57À un moment donné, se pose réellement la confiance
13:00que l'on a envie d'avoir dans notre démarche
13:01vis-à-vis du numérique.
13:02Et finalement, démontre quand même
13:05que la confiance vis-à-vis d'un contenu
13:07reste aujourd'hui incontournable
13:10dans la façon dont on appréhende aujourd'hui
13:12encore notre numérique.
13:13Et je pense que c'est réellement
13:14notre singularité à ce stade.
13:16En tout cas, ce qui est sûr,
13:18c'est qu'on a une période charnière.
13:19Et pas uniquement sur ce sujet.
13:21Donc, j'enchaîne avec notre autre sujet,
13:23parce que c'est le moment d'accueillir
13:24l'invité du débrief,
13:26Antoine Barra de Factorial.
13:29Bonjour Antoine,
13:30j'espère que vous nous entendez bien.
13:31On va parler ensemble de l'évolution
13:33du rapport des Français au travail
13:35à partir d'une étude
13:37qui a été menée par l'Institut CSA
13:40pour la société que vous représentez,
13:41donc Factorial.
13:42Pourquoi est-ce que vous avez eu envie
13:44de lancer cette étude d'abord
13:45sur le rapport des Français
13:46avec le travail à l'heure de l'IA ?
13:50En fait, cette année,
13:51les 90 ans des congés payés,
13:53qui est une amélioration majeure
13:55dans le rapport des Français au travail.
13:58Et c'est aussi l'occasion pour Factorial
14:01de se repositionner sur le sujet
14:03dont vous avez parlé,
14:04c'est-à-dire l'IA.
14:06Donc, c'était important pour nous
14:07de comprendre,
14:08avant de déployer ce nouvel outil,
14:12le rapport des Français au travail
14:14et comment est-ce qu'on pouvait
14:15construire une IA au service des salariés
14:18et qui répondent à leurs attentes quotidiennes.
14:20Et alors, quels sont les enseignements
14:21de cette étude ?
14:22Est-ce que vous en retenez ?
14:24Cette étude, elle tord le coup
14:26à certaines idées reçues,
14:28notamment par rapport à cette Gen Z
14:30que beaucoup présentent
14:31comme désengagées du monde du travail
14:33ou compliquées à intégrer
14:35sur ce monde du travail.
14:36Or là, c'est celles qui estiment
14:38que le travail a la place
14:40la plus importante dans sa vie
14:42par rapport à l'ensemble
14:43du panel interrogé.
14:45Et puis, ce qu'elle démontre aussi,
14:47cette étude, c'est que finalement,
14:48les Français aujourd'hui
14:49sont dans une quête de sens
14:50par rapport à leur travail.
14:52Il faut qu'ils se sentent
14:54pas seulement utiles,
14:55mais aussi qu'ils aient l'impression
14:57de se développer,
15:00de monter en compétence
15:02et de trouver du sens
15:04dans leur mission quotidienne.
15:05Du sens, c'est-à-dire du sens
15:06pour son développement personnel aussi ?
15:09C'est ça que vous voulez dire ?
15:11Alors, du sens dans son développement personnel
15:13et aussi avoir un job,
15:15un travail qui est utile,
15:17qui apporte vraiment
15:18de la valeur ajoutée à l'entreprise.
15:20Ok.
15:21Sur le rapport
15:22avec l'intelligence artificielle, alors ?
15:25Alors, le rapport
15:26avec l'intelligence artificielle,
15:28justement, c'est là
15:28où le biais est intéressant.
15:29C'est qu'aujourd'hui,
15:32la distance, entre guillemets,
15:34ou les difficultés
15:35que peuvent avoir les Français
15:36à se concentrer
15:37sur des missions
15:37à forte valeur ajoutée,
15:38c'est l'ensemble
15:40de ces tâches
15:42qu'ils peuvent avoir
15:42au quotidien,
15:43qui sont redondantes,
15:44qui sont à faible valeur ajoutée.
15:46C'est le nombre
15:48de réunions qu'ils peuvent avoir,
15:49c'est les processus
15:50des entreprises
15:51qui peuvent parfois être lourds
15:52et dénués de sens.
15:54Et donc,
15:55ils ont émis,
15:56au travers de cette étude,
15:57l'intérêt d'avoir une IA,
15:59non pas pour les remplacer,
16:00mais plutôt pour avoir
16:02un assistant virtuel
16:03qui les aide
16:04à exécuter ces tâches
16:06qui n'ont pas
16:06de valeur ajoutée
16:07pour eux.
16:08Mais ça,
16:09c'est un peu le rêve,
16:10non ?
16:10Je vais faire réagir
16:12en plateau,
16:13mais c'est un peu le rêve
16:13de se dire
16:14c'est super,
16:15je vais me débarrasser
16:15de toutes les tâches
16:17rébarbatives grâce à l'IA.
16:18Ce n'est plus un rêve,
16:19c'était le rêve
16:20du début de la révolution,
16:21chaque jour qui passe,
16:22on s'en rapproche quand même,
16:23on a des outils
16:23qui sont de plus en plus performants,
16:25des outils qui sont
16:25de plus en plus,
16:26d'ailleurs non pas des outils
16:27mais des collègues,
16:28parce qu'avant,
16:29je leur demandais
16:29d'analyser un document,
16:30je leur demandais
16:30d'écrire un texte,
16:32maintenant ils viennent me dire
16:33quand j'ai un mail
16:33qu'ils m'ont lu depuis trop longtemps,
16:35ils vont voir dans mon CRM
16:36pour voir s'ils peuvent
16:37faire la réponse à ma place.
16:38Donc,
16:39ce n'est plus un rêve
16:40et ça pose la vraie question
16:40de la valeur ajoutée
16:41qui est très intéressante.
16:42Nous, ce qu'on voit
16:42au quotidien aussi,
16:43c'est des collaborateurs
16:44qui de plus en plus
16:45se posent la question
16:46de leur réelle valeur ajoutée.
16:47Quand je vois chaque jour,
16:48jour après jour,
16:49un nombre de plus en plus
16:50important de mes tâches
16:51qui sont délégables à une IA
16:53ou que je fais beaucoup
16:53plus rapidement avec une IA,
16:54que reste-t-il à la fin ?
16:55Et moi, mon rôle dans l'entreprise,
16:57qu'est-ce que je vais faire ?
16:58À quoi je sers concrètement ?
16:59C'est un vrai sujet
17:00qui, on est en plein dedans,
17:02ce n'est pas un rêve
17:03pendant cinq ans,
17:04là ça commence
17:04avec les outils actuels
17:05à devenir très concrets.
17:07Juste pour revenir
17:08sur l'étude, Antoine,
17:10justement,
17:11est-ce que ça crée
17:12des angoisses
17:13sur justement,
17:14finalement,
17:14quelle est mon utilité
17:15demain dans l'entreprise ?
17:18Quel sens ?
17:18Je pense que les Français
17:21sont convaincus
17:22qu'ils ont une utilité
17:23pour l'entreprise,
17:24mais cette utilité,
17:26elle est « perdue »
17:28sur toutes ces tâches
17:29du quotidien
17:30qui n'ont pas
17:30de grande valeur ajoutée.
17:32Et aujourd'hui,
17:32ce qui est important pour eux,
17:33c'est qu'on leur donne
17:34la possibilité,
17:35si ça doit être par l'IA,
17:37de se focaliser
17:38sur cette création
17:39de valeur
17:39qu'ils peuvent avoir
17:40pour eux
17:40et pour l'entreprise
17:41plutôt que sur le reste.
17:43Et vous,
17:43vous allez faire quoi
17:44de tout ça,
17:44ces enseignements
17:45de cette étude,
17:46très concrètement ?
17:48Alors justement,
17:49c'est ce qui nous a permis
17:50à nous de construire
17:52cette IA,
17:53cet agent IA
17:54qu'on appelle One
17:55chez Factorial
17:56et qui s'occupe
17:57au quotidien
17:58pour les salariés
17:59de l'ensemble
17:59de ces missions
18:00qui ont une faible
18:01valeur ajoutée.
18:02Alors par exemple,
18:02la création
18:03de notes de frais
18:05automatisées,
18:06l'accès à l'information
18:07de l'entreprise,
18:09l'accès aux politiques
18:10de l'entreprise,
18:11ça peut être aussi
18:12des interviews
18:13de candidats,
18:14du tri de CV,
18:15enfin,
18:15toutes ces missions
18:16qui sont assez lourdes
18:18en termes de temps passé
18:19et qui finalement
18:21apportent
18:22une faible valeur ajoutée
18:23pour se concentrer
18:24sur ce qui génère
18:26vraiment de la valeur,
18:27c'est-à-dire
18:27trouver le bon candidat
18:28in fine
18:29au bout de la chaîne
18:30ou déléguer
18:31ces notes de frais
18:32pour se concentrer
18:33sur la création
18:34et la production
18:34de valeur.
18:35Mais je dis
18:35que c'est un rêve
18:36parce qu'en fait,
18:37pour mettre ça en place,
18:38ça demande quand même
18:39des processus,
18:40ça demande de remettre
18:42toute une organisation
18:43à plat,
18:44de créer des règles,
18:44et il y a quand même
18:46tout un tas de tâches
18:47très rébarbatives
18:48avant de pouvoir avoir
18:50l'efficacité du résultat.
18:51Je ne sais pas
18:52ce que vous en pensez
18:53tous les deux.
18:54En fait,
18:55oui,
18:55il y a plein de tâches
18:55à mettre en place.
18:57C'est notre expert
18:58pour nous l'expliquer
18:59comment mettre ça en place,
19:00comment entraîner
19:01ces agents IA,
19:02comment leur donner un cadre
19:03et on a vu que le cadre
19:04était extrêmement important
19:06récemment
19:06parce que les agents IA
19:08peuvent parfois
19:09sortir un peu du cadre
19:10et c'est aussi ça
19:11qui est en jeu,
19:13c'est comment est-ce
19:14que les employés
19:16vont pouvoir utiliser,
19:17enfin,
19:18démultiplier leurs forces
19:19de travail
19:19en augmentant leur productivité
19:21et en évitant
19:21de passer du temps
19:22à faire des tâches
19:23inutiles
19:24pour se concentrer
19:24sur la valeur ajoutée.
19:27Après,
19:27est-ce qu'en faisant ça,
19:29on va remplacer
19:30des salariés,
19:30est-ce qu'on va perdre
19:31du travail,
19:32des emplois ?
19:32C'est la grande question.
19:34En créer d'autres,
19:35ça c'est toujours le sujet
19:35des transformations technologiques.
19:38Oui,
19:39il y a une étude
19:40qui est sortie
19:40la semaine dernière
19:41au ministère du Travail
19:42sur un plan
19:44impulsion
19:44IA 2027
19:45et en fait,
19:45ce qu'on a découvert,
19:46c'est que la France,
19:48les entreprises françaises,
19:50simplement 18%
19:51des entreprises françaises
19:52ont mis en place
19:53de l'IA
19:53au sein de leur structure,
19:54ce qui est en dessous
19:55de la moyenne européenne,
19:57donc qui est à 20%.
19:58Et parallèlement à ça,
20:01il y a 35% des salariés
20:03qui utilisent de l'IA
20:04une fois par semaine
20:05sur leur lieu de travail.
20:06Donc ça veut dire
20:07qu'on a aussi une difficulté
20:08sur le shadow IA,
20:09où les structures
20:10ne sont pas encore,
20:13pas toujours informées
20:15de l'usage de l'IA
20:16au sein même
20:17de leur structure.
20:19Et donc ça pose quand même
20:20une vraie difficulté
20:21autour de la protection
20:22des données,
20:23autour parfois de l'éthique,
20:24autour même de questions
20:25autour d'intelligence économique,
20:26parce qu'il manque un plan
20:28effectivement de transformation
20:29et d'implémentation
20:30de l'IA
20:32au sein des structures.
20:33Et donc,
20:34il faut aller vers l'IA.
20:36Tous les chiffres européens
20:37démontrent qu'on est bien
20:38en dessous
20:39effectivement
20:40de l'usage de l'IA
20:41avec nos partenaires.
20:42Le Danemark,
20:43c'est 46% des entreprises
20:44par exemple.
20:45Donc en fait,
20:46on rejoint un peu
20:46avec notre prise en compte
20:47de l'IA
20:48dans notre quotidien
20:49un peu les chiffres
20:50du PISA quelque part.
20:52Et il ne faudrait pas
20:52qu'on se fasse distancer
20:54également sur ces sujets.
20:56La transformation numérique,
20:57digitale,
20:58c'est pareil.
20:59Et pourtant,
21:00la France a
21:00tous les atouts,
21:02toutes les capacités
21:03à le faire,
21:04que ce soit en formation,
21:05que ce soit en solution,
21:07que ce soit en implémentation.
21:09Et pourtant,
21:11on a encore des freins
21:12à l'adoption de l'IA
21:12qui sont l'éthique,
21:14qui sont le coût,
21:15qui sont effectivement
21:17la responsabilité
21:18sur ces données.
21:19Et il va falloir
21:20réellement accompagner
21:20ça assez rapidement
21:21parce que,
21:22évidemment,
21:23c'est un game changer.
21:24et si on veut encore
21:26avoir une position
21:27compétitive
21:27sur la scène
21:28à minima européenne
21:29voire internationale,
21:30il faut qu'on transforme
21:32numériquement
21:33nos entreprises.
21:34Antoine,
21:35un dernier mot
21:36avant de nous quitter.
21:37Ce décalage
21:38dont parlait Dorothée
21:40justement
21:40entre
21:42la prise en compte
21:43de l'intelligence artificielle
21:45dans l'entreprise
21:45et les vraies utilisations
21:47des salariés,
21:49ce shadow AI,
21:50vous l'avez constaté aussi ?
21:53Oui, bien sûr.
21:54Et je pense que
21:55ce qui se passe aujourd'hui
21:56en France,
21:58c'est quelque peu
21:59un peu logique.
22:01C'est une conséquence
22:04du « bad buzz »
22:06qui a pu être fait
22:06autour de l'IA
22:07où les entreprises
22:08ont eu tendance
22:08à opposer l'IA
22:10aux salariés
22:10en utilisant cette IA
22:12au profit
22:13de suppression d'emplois.
22:14Et je pense qu'aujourd'hui,
22:16c'est important
22:16de construire de la confiance
22:18autour d'une alternative,
22:19celle qu'on propose,
22:20où c'est l'IA
22:20au service des salariés
22:21et non pas
22:22à la place des salariés.
22:23Ce « bad buzz »
22:24ne vient pas que de la France
22:25parce que les communications
22:26de licenciement,
22:27c'était aussi
22:27des grosses boîtes américaines.
22:29Mais bon,
22:30merci beaucoup Antoine Barra.
22:32Je rappelle que
22:33vous travaillez pour Factorial
22:34de nous avoir éclairé
22:35sur cette étude
22:35menée avec CSA.
22:38Nous,
22:38on commence notre revue de presse.
22:40Vous avez vos cartons
22:41avec vous,
22:42n'est-ce pas,
22:42chers commentateurs ?
22:43Alors,
22:43on démarre avec
22:45une info
22:46qu'on a trouvée,
22:48mais qui est sortie
22:49d'abord sur un poste LinkedIn,
22:50mais enfin,
22:50qu'on a trouvée
22:51sur un site média
22:51Agora News Sécurité
22:53qui annonce
22:54que ça y est,
22:54Nice 2,
22:55le texte arrive
22:56à l'Assemblée Nationale
22:57avec les collectivités
22:59en première ligne.
23:01Alors,
23:02avant de vous demander
23:04de m'éclairer
23:04un petit peu là-dessus
23:05ce que vous en attendez
23:06et tout ça,
23:07je vais vous demander
23:07de voter.
23:08Donc,
23:08carton rouge,
23:08vous dites,
23:09bon,
23:10de toute façon,
23:10c'est trop tard
23:11et puis on a déjà
23:11plein de normes
23:12et ça suffit bien
23:13comme ça.
23:13Ou alors,
23:14vert,
23:14vous dites,
23:15ah ben enfin,
23:16parce que c'était,
23:17voilà,
23:17c'était quand même urgent
23:19de passer à l'adoption
23:20de cette loi.
23:21Sur suspense.
23:22Le suspense est à son compte,
23:24tout le monde dit,
23:25enfin !
23:25Dorothée,
23:26la parole à ta Dorothée.
23:28Oui,
23:28enfin,
23:29il arrive
23:30à l'Assemblée Nationale.
23:31aux universités
23:32d'Exatrust d'ailleurs,
23:33non ?
23:33Non,
23:34on n'avait pas exactement
23:35la date,
23:36on l'a présentée
23:36mais on n'avait pas encore
23:37exactement la date.
23:39Lors des universités
23:40d'été Exatrust,
23:41on a signé
23:41le pacte numérique EIA.
23:43Dont on a parlé
23:43la semaine dernière,
23:44tout à fait.
23:44Et donc,
23:46oui,
23:47il est temps
23:47que ce texte arrive.
23:48Alors,
23:49on fait partie
23:49des trois derniers Etats membres
23:51à ne pas l'avoir transposé.
23:52Donc,
23:52si on veut que la France
23:53ait encore une voie
23:54au niveau européen
23:56sur tous les textes
23:56du numérique,
23:57et il y en a beaucoup
23:58qui sont en discussion
23:58aujourd'hui,
23:59il est indispensable
24:01qu'on reste,
24:02enfin,
24:02qu'on revienne dans le rythme.
24:03On a deux ans de retard
24:04quand même sur la transgression.
24:04On a deux ans de retard.
24:06Et puis,
24:06il faut que ce texte sorte
24:09pour une juste prise en compte
24:11des enjeux de cybersécurité
24:13par les parties prenantes.
24:14qu'elles soient utilisatrices,
24:16que ce soit les professionnels,
24:18les industriels
24:19et aussi l'État.
24:21Donc,
24:22le texte...
24:22Ça va changer quelque chose
24:23d'avoir vraiment
24:26ce texte,
24:27Nice 2,
24:28inscrit dans la loi française ?
24:30Parce que les précautions
24:32de cybersécurité,
24:33elles s'imposent déjà à tous.
24:35Alors,
24:36elles s'imposent à tous.
24:36Là,
24:37il y a davantage
24:37d'entités concernées,
24:39mais ça va prendre du temps
24:40quand même
24:40pour être mise en place
24:41que ça coûte beaucoup d'argent.
24:42Alors,
24:43elles s'imposent à tous,
24:45à minima,
24:45par le bon sens,
24:46puisque c'est un risque.
24:48Donc,
24:48en fait,
24:48aujourd'hui,
24:49on a un canevas
24:50pour se protéger
24:52que l'on soit
24:52une PME
24:53jusqu'au grand groupe.
24:54Effectivement,
24:55des entités très critiques
24:57ont,
24:57eux,
24:57des réglementations
24:59d'ores et déjà
25:00implémentées
25:00avec des obligations.
25:03Mais l'ensemble
25:03du tissu économique,
25:04aujourd'hui,
25:05n'est pas soumis
25:06à une réglementation
25:07Nice 2
25:08en tant que telle,
25:09au même titre
25:09que d'autres
25:11risques professionnels.
25:13Donc,
25:14oui,
25:15aujourd'hui,
25:16n'importe qui
25:16peut se protéger
25:17contre les risques cyber
25:19et il y aurait plutôt
25:19une bonne démarche
25:21de prévention de risque
25:22à le faire
25:23sans attendre
25:24un texte réglementaire.
25:25Après,
25:26on est en France.
25:27Tant que vous n'avez pas
25:28du normatif
25:29et du coercitif
25:30pour essayer d'appliquer
25:31des réglementations,
25:32le bon sens
25:34ne gagne pas toujours
25:35et surtout,
25:37il y a des entreprises
25:38qui peuvent se sentir
25:39un tout petit peu perdues
25:40sur des obligations
25:41et le fait
25:41d'avoir ce chemin
25:43et de rendre
25:44avec une deadline
25:45récif,
25:46par exemple,
25:47le référentiel
25:47récif obligatoire,
25:49là,
25:50les choses vont s'éclaircir.
25:51Il va y avoir
25:51des deadlines,
25:52des délais de mise en œuvre
25:53et donc,
25:54ça va remettre
25:54tout le monde
25:55dans un certain rythme.
25:57Est-ce que,
25:57pour certaines entités,
25:59ça va changer
26:01considérablement
26:01leur quotidien ?
26:02Non,
26:02parce qu'elles ont déjà
26:03mis en place
26:04des mesures
26:05à la fois
26:05et de prévention,
26:06d'investissement,
26:07de remédiation
26:08en matière
26:09de cybersécurité,
26:10mais pour d'autres entreprises
26:11un peu plus éloignées
26:12de ces sujets
26:13dans leur quotidien,
26:14oui,
26:15elles attendent ce texte
26:15et ça va monter
26:17en compétence
26:18la résilience
26:19des territoires.
26:20C'est quand même
26:21ce projet de loi résilience,
26:23c'est trois directives
26:24qui sont transposées,
26:25Georges et Coutoir.
26:26Je voulais vous faire réagir,
26:28dites-moi ce que vous voulez,
26:29mais aussi
26:30sur l'article 16 bis.
26:33On est d'accord,
26:34tous les deux,
26:35c'est ça qui est intéressant
26:36aussi dedans.
26:36En fait,
26:37effectivement,
26:37il faut peut-être expliquer
26:38qu'une des raisons
26:39pour lesquelles
26:40la France est en retard
26:41dans la transposition
26:42de Nice 2,
26:43c'est parce que dans
26:44la loi de transposition
26:45de Nice 2,
26:45il y a eu un amendement
26:46qui a été ajouté,
26:47qui est l'article 16 bis,
26:49qui vise à interdire
26:51l'utilisation de bacs d'or,
26:52en fait,
26:53portes dérobées,
26:54par n'importe qui.
26:56Et donc,
26:56il y a un débat
26:57qui s'est créé
26:59autour de,
26:59notamment,
27:00les services
27:00de renseignement français.
27:01qui sont évidemment
27:03contre cet amendement
27:06qui viendrait
27:07à empêcher
27:08une partie
27:09de leur capacité
27:10d'intervention.
27:13Et en principe,
27:14ce n'est pas dans la directive.
27:16Juste pour être clair,
27:17c'est pour les polices,
27:19pour les autorités
27:22judiciaires,
27:23mais c'est surtout
27:23pour les forces de police.
27:25dans leur travail
27:26d'enquête,
27:28il y avait un bras de fer
27:29pour qu'on puisse
27:30permettre
27:32l'installation
27:33de bacs d'or
27:35pour accéder,
27:36par exemple,
27:37à des conversations
27:38numériques.
27:39Là, on revient
27:40devant l'Assemblée nationale
27:43et le Sénat,
27:44mais ce point
27:45n'est pas encore
27:45définitivement tranché.
27:46Je ne sais pas d'ailleurs
27:47ce qu'il y a.
27:47Oui, il y a un débat
27:48à l'Assemblée.
27:49Et il faut savoir
27:50qu'on a deux ans
27:51de retard dans la transposition,
27:52que l'Europe,
27:54l'Union Européenne,
27:54a commencé à prendre
27:56des sanctions cet été
27:57pour poursuivre la France
27:58sur cette absence
27:59de transposition.
28:00Donc, il faut se dépêcher.
28:02Après, il faut aussi
28:03se rendre compte
28:04que l'ANSI,
28:05qui est l'Agence nationale
28:05de sécurité
28:06et de système d'information,
28:07a déjà mis en place
28:08des sites internet,
28:10tous les éléments
28:11qui permettent
28:11de vous inscrire.
28:12Donc, en fait,
28:13vous pouvez déjà
28:14être en conformité,
28:15quasiment vous mettre
28:16en conformité
28:16sans attendre le texte.
28:18Mais c'est quand même
28:19bien pour que la France
28:21ne soit pas dernière
28:22en super sécurité.
28:22Voilà, ça oblige
28:23à les gens
28:24à se mettre un peu
28:25en ligne.
28:26Ça aide à prendre
28:26conscience un peu
28:27parce que,
28:27notamment moi
28:28avec ma casquette IA,
28:29la vague de problèmes
28:30de cyber,
28:31l'IA à l'IA
28:31qui est en train d'arriver
28:32va être quand même
28:33assez colossale.
28:34Et déjà, je pense
28:35que pré-IA,
28:35on était en retard
28:36sur la cyber
28:36et on est face
28:37à plein de risques
28:38qu'on ne maîtrise pas
28:38du tout aujourd'hui
28:39en tant qu'entreprise française.
28:40Alors là,
28:40quand on voit
28:41les derniers modèles d'IA,
28:42aujourd'hui,
28:42tous les modèles d'IA
28:43les plus puissants
28:44ne sont même pas encore
28:44sortis sur le marché,
28:45notamment côté OpenIA,
28:53n'est pas prêt hors IA
28:54quand ces modèles d'IA
28:55vont arriver sur le marché
28:56ou vont sortir
28:56de manière open source
28:57via des labos chinois
28:58ou autres.
28:59Là, ça peut devenir
29:00très critique.
29:00Donc, à minima,
29:01ça peut aider
29:01à prendre conscience
29:02aux entreprises
29:03qu'il faut y aller
29:03et là, c'est déjà
29:04un petit peu trop tard
29:05et il faut rattraper.
29:06C'est déjà pas mal.
29:07Allez, on passe
29:08à Libération
29:09qui titre
29:10OpenIA,
29:11l'IA jugée
29:12trop incontrôlable.
29:13Ça, c'est important
29:15de réagir sur ce mot.
29:17La sortie de chat
29:17de GPT version 6.1
29:19est annulée.
29:20Donc, effectivement,
29:21OpenIA dit avoir
29:22renoncé au lancement
29:23de son nouveau modèle
29:24d'intelligence artificielle
29:25qui serait trop prompt
29:26à s'écarter
29:27des consignes.
29:29Alors, vous dites
29:30carton rouge
29:30parce que c'est vraiment
29:31de l'hypocrisie
29:32et du marketing,
29:33tout ça,
29:34ou carton vert,
29:35enfin,
29:36une décision responsable
29:38de la part
29:39d'OpenIA.
29:41Oh là là,
29:42on est tous
29:42très d'accord
29:43aujourd'hui.
29:44OK.
29:45Enfin,
29:45une décision responsable,
29:47Martin.
29:47Alors, sur le
29:48enfin responsable,
29:49j'aurais mis rouge.
29:49Je pense qu'ils ont fait
29:50plusieurs décisions responsables.
29:52En tout cas, celle-ci,
29:52elle l'est.
29:53Je pense qu'ils ont été
29:54très transparents.
29:55J'ai pas compris.
29:56Vous pensez qu'ils n'avaient
29:56pas pris de décision responsable
29:58avant ?
29:58Non, je pense qu'ils en avaient
29:59déjà pris.
29:59C'est pas leur première
30:01décision responsable.
30:01C'est le enfin qui vous gêne.
30:02C'est ça, exactement.
30:03C'est pas leur première
30:04responsable,
30:04ils en ont pris d'autres.
30:05Mais celle-ci,
30:05je pense qu'elle était utile,
30:06ils ont été transparents.
30:08Il faut aussi un petit peu,
30:09je dirais,
30:09remettre dans son contexte,
30:10c'est pas un modèle
30:11qui était ultra dangereux.
30:12Ils se sont juste dit,
30:12ça fait partie des modèles
30:13agentiques qui ont,
30:15on les fait aller
30:16le plus loin possible
30:17parce que sinon,
30:17on a peur qu'ils soient
30:18trop feignants
30:18et qu'ils ne fassent pas
30:20la tâche qu'on leur demande.
30:21Mais du coup,
30:21en leur disant,
30:22va le plus loin possible,
30:23il faut dire à ces modèles aussi,
30:23où est-ce que tu peux t'arrêter ?
30:24Et on se rend compte
30:25que sur 6.1 Astra,
30:26en tout cas,
30:26ils se sont rendus compte
30:27qu'il allait un peu trop loin
30:28par rapport à ce qu'on lui demandait.
30:30Mais bon,
30:30ils ont réussi à l'arrêter
30:31assez vite,
30:32ils vont le corriger assez vite.
30:33Il y a quand même du marketing
30:34dans le côté,
30:35c'est incontrôlable,
30:36c'est tellement puissant
30:37que je n'arrive pas
30:38à le contrôler.
30:39Parce que peut-être
30:40qu'ils sont juste,
30:40on peut juste dire,
30:42on n'est pas prêt,
30:43en fait,
30:43on n'est pas prêt
30:44en termes de sécurité.
30:46Oui,
30:46mais en même temps,
30:46ils ont quand même
30:47communiqué un petit peu comme ça.
30:48Il y a eu un peu
30:48un décalage entre aussi
30:49ce qui a été communiqué
30:50de leur part
30:50et après ce qu'on a vu
30:51un petit peu de partout.
30:52Eux,
30:52ils ont été assez transparents
30:53en disant,
30:53c'est pas du tout un modèle
30:54qui est totalement incontrôlable.
30:55Il est allé un petit peu
30:55trop loin sur certaines tâches
30:56qu'on lui a demandé.
30:57Donc,
30:57on repousse un petit peu
30:58sa sortie.
30:59Ils vont introduire en bourse
31:00donc ils doivent aussi
31:01donner des explications
31:02au marché.
31:03Je pense que c'est normal.
31:04Mais j'ai trouvé plutôt
31:05carton vert
31:05parce que plutôt bien
31:06qu'ils prennent un peu
31:07conscience de ça
31:07et qu'ils soient transparents.
31:09Jean-J ?
31:09Il faut voir au moment aussi
31:10à quel moment
31:11cette séquence intervient.
31:12C'est qu'on s'intervient
31:13après les débats
31:15qu'il y a eu
31:15au niveau de la société
31:16il y a quelques semaines
31:17sur 10% de chances
31:19pour l'humilité
31:20d'arrêter,
31:21de s'éteindre.
31:23Ce débat vient lui-même
31:24du hacking,
31:25hacking face
31:26qui a eu lieu.
31:27Les agents
31:28qui ont attaqué
31:31une structure inverse
31:31qui sont revenus
31:33chez OpenAI
31:34et ce qui a créé
31:35notamment
31:36les discussions
31:37même diplomatiques
31:37sur les engagements
31:39d'OpenAI
31:40d'Entropique,
31:42etc.
31:43de limiter
31:44la course
31:45à la puissance.
31:47Donc,
31:47en fait,
31:47le fait
31:48qu'ils se disent
31:50là
31:50le 6.1
31:51on va peut-être
31:52attendre
31:52parce qu'on va
31:53être sûr
31:54de maîtriser
31:55l'environnement
31:55c'est aussi
31:56dans cette séquence-là
31:57c'est que ça aurait été
31:57extrêmement mal vu
31:58si jamais
31:59ils avaient eux-mêmes
32:00un doute
32:00de le lancer maintenant.
32:01Mais du coup
32:01c'est assez raisonnable
32:03et est-ce qu'il y a
32:04une part de marketing
32:05là-dedans ?
32:05Peut-être.
32:06C'est sûr qu'on en parle
32:07mais en tout cas
32:08ça nous permet
32:09d'évoquer le sujet.
32:10On passe à l'autre sujet
32:12Dorothée
32:13ou très rapidement
32:14d'un mot ?
32:14Oui, très rapidement
32:14en fait
32:15toute cette histoire
32:16démontre que
32:16plus il y aura
32:17DIA
32:17plus il y aura
32:18Tiber
32:18et en fait
32:19il ne faut plus
32:20décorréler les choses
32:21c'est-à-dire que
32:22la cybersécurité
32:23doit rentrer
32:24dans n'importe quel projet
32:25et au bon niveau
32:26en fait
32:27et il va falloir
32:27réellement
32:28le développer
32:29absolument.
32:30Allez, on passe
32:31à Corben Info
32:32qui publie
32:33cette info
32:34justement
32:35de Wikipédia
32:36qui interdit
32:37l'utilisation
32:37de l'intelligence
32:38artificielle
32:39donc 104 contributeurs
32:41sur 113
32:42ont approuvé
32:42cette interdiction
32:43explicite
32:43de l'IA générative
32:45pour rédiger
32:45les articles
32:46sur Wikipédia
32:46on parle bien
32:47de Wikipédia
32:47en français
32:49donc ça fait 92%
32:51des votants
32:51c'est pas mal
32:52comme c'est presque
32:52à l'unanimité
32:54vous vous dites
32:55c'est passéiste
32:56comme décision
32:57carton rouge
32:57ou carton vert
32:58c'est vraiment
32:59ce qu'il fallait faire
33:01carton vert
33:02encore une fois
33:03pour tout le monde
33:03sauf Georgie
33:04oui alors pourquoi
33:06en fait
33:07je trouve ça
33:08c'est un peu particulier
33:09on en revient
33:10au premier débat
33:11comment est-ce que
33:12Wikipédia va contrôler
33:13le fait que ça a été
33:14fait par l'IA ou pas
33:14parce qu'on n'est déjà
33:15pas capable de dire
33:17si jamais un roman
33:18qui est censé être écrit
33:19par le Goncourt
33:20enfin qui concourt
33:21au Goncourt
33:22est écrit par l'IA ou pas
33:24savoir des faits historiques
33:26parce que
33:26c'est un engagement moral
33:28oui
33:29je sais bien
33:30la problématique
33:31c'est surtout que
33:32certains utilisent l'IA
33:34pour faire des modifications
33:36de Wikipédia
33:37et ont des mauvaises sources
33:40ou utilisent des IA
33:41qui hallucinent
33:42et ce qui impose
33:43du travail plus important
33:45aux vérificateurs
33:46des postes
33:47donc il va y avoir
33:48peut-être une vérification
33:50en tout cas
33:52une obligation
33:52de vérifier ses sources
33:54et d'être sûr
33:55que
33:56parce que les IA
33:56inventent des références
33:57voilà c'est ça
33:58exactement
33:58c'est bien ça le problème
33:59c'est les hallucinations
34:00donc peut-être
34:01qu'on va dans le bon sens
34:03dans l'esprit
34:04je suis tout à fait d'accord
34:05qu'il faut contrôler
34:06ce qu'on écrit
34:07mais après
34:08comment est-ce qu'ils vérifieront
34:09eux-mêmes
34:10que ça n'a pas été écrit
34:11par l'IA
34:12bonne question
34:13de Georgie Courtois
34:14d'un mot Martin
34:16parce qu'après
34:16on va accueillir
34:17notre chroniqueur
34:17je pense aussi
34:18qu'il y a le sujet
34:18des volumes
34:18ils ont peur
34:19que si tout le monde
34:19se mette à écrire
34:20des papiers
34:20avec de l'IA
34:21là il va falloir
34:22peut-être 10 ou 100 fois
34:23plus de correcteurs
34:24qu'avant
34:24et on n'aura pas
34:25assez de contributeurs
34:25c'est ça
34:26donc je pense
34:26qu'ils se sont dit
34:27aussi mettons des règles
34:27très claires
34:28surtout qu'ils l'ont pas
34:28ils l'ont interdit
34:29dans la rédaction
34:30ils l'ont autorisé
34:30en tant qu'outil
34:31et même ils ont dit
34:32on va vous en mettre
34:32à disposition
34:41Wikipédia finalement
34:42a été créé
34:43et c'était quand même
34:43très collaboratif
34:44et basé sur de la volonté
34:46qui continue
34:47dans leur esprit
34:48donc moi je ne suis pas
34:49complètement choquée
34:50d'autant que la décision
34:51a été prise aussi
34:51sur Wikipédia UK
34:53donc on reste
34:56dans la même ligne
34:56on dit bravo Wikipédia
34:57qu'on aime toujours autant
34:59allez c'est le moment
35:00de la tribune ouverte
35:01sur le monde du libre
35:03un petit jingle
35:04avant d'accueillir
35:05notre invité spécial
35:07Stéphane Fermigier
35:15Stéphane Fermigier
35:15nous a rejoint
35:16bonjour Stéphane
35:17CEO de Fullstack
35:18l'un des membres fondateurs
35:19du conseil national
35:20du logiciel libre
35:21pour une tribune
35:23ouverte
35:23sur ce monde
35:24du libre
35:25et de l'open source
35:26vous votre sujet
35:27c'est la loi
35:29pour la république
35:30numérique
35:31oui la loi
35:32république numérique
35:33elle a été votée
35:33il y a 10 ans
35:34donc la semaine prochaine
35:35on va fêter ces 10 ans
35:36et c'est l'occasion
35:37de faire à la fois
35:38un point et un bilan
35:39en tant qu'observateur
35:41mais aussi en tant
35:41qu'acteur
35:42puisque j'étais un peu
35:43intervenu à l'époque
35:44alors un petit rappel
35:45sur la loi
35:45qui était portée
35:46par Axel Lemaire
35:47à l'époque
35:47oui elle a innové
35:48dès sa conception
35:49puisqu'il y a eu
35:49une consultation publique
35:51une consultation citoyenne
35:52où les gens étaient amenés
35:54étaient invités
35:55à faire des propositions
35:56et ensuite à voter
35:57pour les propositions
35:59et par ailleurs
36:00autre innovation
36:00on lui doit
36:01des notions
36:02comme l'ouverture
36:04par défaut
36:05des données publiques
36:06y compris
36:07les codes sources
36:07la neutralité du net
36:09et la portabilité
36:10des données
36:11mais alors
36:12ce qui nous intéresse
36:12nous au CNLL
36:13depuis dix ans
36:14et ce qui nous préoccupe
36:15il faut le dire
36:16c'est son article 16
36:17il dit deux choses
36:18toujours le 16
36:20il dit
36:21les administrations
36:22veillent à préserver
36:23la maîtrise
36:24la pérennité
36:25et l'indépendance
36:26de leur système d'information
36:27et qu'elles doivent
36:28encourager
36:29l'utilisation
36:29des logiciels libres
36:30et des formats ouverts
36:32qu'est-ce que ça veut dire
36:33encourager alors
36:34c'est là tout le problème
36:35pendant la consultation publique
36:36plusieurs associations
36:37avaient appelé
36:38les citoyens
36:39à soutenir
36:40une notion de priorité
36:41ou de préférence
36:42pour le logiciel libre
36:44cette proposition
36:45elle avait été soutenue
36:46massivement
36:47elle était arrivée
36:47troisième
36:48sur des centaines
36:48de propositions
36:49mais
36:50madame le maire
36:51ne l'avait pas retenue
36:53à l'assemblée
36:54comme au sénat
36:55il y avait eu des amendements
36:56de gauche et de droite
36:57comme quoi ça n'est pas
36:58une notion clivante
37:00qui avait tenté
37:02de réintroduire
37:02cette notion
37:03à chaque fois
37:04elle s'était opposée
37:05invoquant
37:06une idée
37:08d'un risque
37:09juridique
37:09qui à notre avis
37:11ne tenait pas
37:13et puis
37:13finalement
37:14il y a eu un compromis
37:15et donc
37:16ce qu'elle a fait
37:17passer dans la loi
37:18c'est la notion
37:19d'encouragement
37:19c'était un compromis
37:21entre la priorité
37:22qu'on demandait
37:22et puis le fait
37:23de rien avoir du tout
37:24ce qui aurait été
37:25quand même assez dommage
37:27donc un niveau
37:27plus faible
37:28qui pose un problème
37:30selon vous
37:30voilà
37:30alors pourquoi est-ce que
37:31c'est une question
37:32de souveraineté
37:32cette histoire
37:33on n'utilisait pas encore
37:34le mot comme tous les jours
37:35comme aujourd'hui
37:36mais déjà dans l'article 29
37:37il y avait la notion
37:38de créer
37:39d'écrire un rapport
37:40alors en France
37:41on aime bien écrire des rapports
37:42sur l'idée peut-être
37:43de créer
37:44un commissariat
37:45à la souveraineté numérique
37:46ce rapport
37:47il a été enterré
37:48il n'y a pas eu
37:48de commissariat
37:49à la souveraineté numérique
37:50et par contre
37:51l'article 16
37:52lui il est là
37:53et cette idée
37:54de maîtrise
37:55de pérennité
37:55et d'indépendance
37:56c'est précisément
37:57ce qu'on appelle
37:57la souveraineté numérique
37:59aujourd'hui
38:00qui contrôle justement
38:01aujourd'hui
38:02les logiciels de l'État
38:03alors voilà
38:05avec le logiciel libre
38:06on a des avantages
38:07qu'on ne va pas avoir
38:08avec les logiciels propriétaires
38:09avec le libre
38:10l'État
38:10peut lire le code source
38:12évidemment
38:12l'adapter
38:13en confier la maintenance
38:14à des sociétés
38:16qui le choisissent
38:17avec le logiciel propriétaire
38:18on le loue
38:19maintenant
38:20aux conditions
38:21d'un éditeur
38:22avec des hausses de prix
38:23qui sont continuelles
38:24on l'a observé
38:24et avec un risque
38:25de kill switch
38:26comme on l'a fait
38:27l'heure
38:28ces dernières années
38:29donc un risque important
38:30en fait
38:31et donc c'était
38:32une vraie avancée
38:33pour la première fois
38:34la loi fixait
38:36à l'État
38:36un objectif d'indépendance
38:38et nommait
38:39le logiciel libre
38:40comme une solution
38:40pour arriver à cette indépendance
38:42mais bon finalement
38:43dix ans après
38:44le bilan est extrêmement maigre
38:46c'est ça
38:46pour vous
38:47cet encouragement
38:48il n'a rien produit ?
38:49et bien pour moi
38:49et puis il y a eu des rapports
38:51il y a eu un rapport
38:52du Sénat
38:52il y a eu un rapport
38:53de l'Assemblée nationale
38:54et il y a eu un rapport
38:55de la Cour des Comptes
38:56donc quand même
38:56trois institutions sérieuses
38:58qui disent que
38:59voilà
39:00on n'est pas du tout
39:01cinq ans après
39:03pardon
39:03les administrations
39:04continuent à dépenser
39:06un milliard cinq
39:06auprès d'acteurs
39:08extra-européens
39:09pour les dépenses
39:10de logiciels
39:11souvent sans mise
39:12en concurrence réelle
39:13quand ils passent
39:14par l'UGAP
39:15on a vu les scandales
39:16des grands marchés
39:18comme le Health Data Hub
39:19le marché à 150 millions
39:21de l'éducation nationale
39:22etc
39:22et donc
39:23il n'y a pas eu
39:24de volonté
39:25et il n'y a pas eu
39:25de moyens
39:26mais ça bouge quand même
39:28sur ce sujet
39:29vous dites aujourd'hui
39:30ce terme
39:30tout le monde l'emploie
39:31alors le terme
39:32souveraineté numérique
39:33tout le monde l'emploie
39:34mais les faits
39:35ne montrent que
39:36ça bouge très lentement
39:38effectivement
39:39il y a eu quelques déclarations
39:40de la part des ministres
39:41concernés
39:42depuis à peu près
39:43on va dire un an
39:44Emmanuel Macron
39:45a également fait des déclarations
39:46mais le problème
39:48c'est toujours de passer
39:49d'une logique
39:50d'encouragement
39:51à une logique
39:52contraignante
39:53c'est ce qui est écrit
39:54dans le dernier rapport
39:54de l'assemblée nationale
39:55et c'est exactement
39:56ce que nous avions demandé
39:57il y a dix ans
39:58alors sur le risque juridique
40:00il y a maintenant
40:01et il y avait déjà
40:01mais il y a eu
40:02par exemple
40:03en Allemagne
40:04la région de la Thuringe
40:06qui a adopté
40:07une notion de priorité
40:08dans sa législation
40:11régionale
40:11et ni la Cour de justice
40:13de l'Union Européenne
40:15ni les services juridiques
40:16du Parlement allemand
40:17n'y ont vu
40:18de problèmes
40:19ils ont confirmé
40:20que c'était licite
40:21et puis en Italie
40:22on a un exemple magnifique
40:23à la fois de ce qu'il faut faire
40:24et de ce qu'il ne faut pas faire
40:25puisqu'en 2012
40:26ils ont passé une loi
40:28qui dit
40:29avant d'acheter un logiciel
40:31l'administration doit d'abord
40:32examiner
40:32si on peut réutiliser
40:33un logiciel existant
40:34ou s'il existe
40:35un logiciel libre
40:36qui répond aux besoins
40:38c'est exactement
40:38ce qu'on demandait
40:40il ne s'est rien passé
40:41en Italie
40:42la situation en Italie
40:43elle est encore pire
40:44qu'en France
40:45parce qu'ils n'ont pas appliqué
40:46parce qu'il n'y a pas
40:47de contrainte
40:48donc ce que nous demandons
40:49c'est à la fois
40:49un affichage d'une priorité
40:50et une contrainte effective
40:54mais je disais
40:55ça bouge aussi
40:55parce qu'au niveau
40:56de la DINUM
40:57donc la direction
40:58interministérielle
40:58du numérique
40:59il y a une transformation
41:01profonde là
41:02qui est en train de stopper
41:03enfin j'espère
41:03en tout cas
41:04il y a un nouveau nom
41:04déjà
41:06Ariane
41:07donc on imagine
41:08derrière
41:08il y a une nouvelle volonté
41:09oui
41:09la DINUM
41:10c'était déjà
41:10un nouveau nom
41:11de ce qu'on appelait
41:11avant la DINZING
41:12donc le changement de nom
41:13ne va rien changer
41:14l'idée de commissariat
41:15à la souveraineté numérique
41:16c'est vrai
41:17que ça aurait pu être
41:17vraiment intéressant
41:18de la mettre en oeuvre
41:19est-ce que cette Ariane
41:20peut devenir
41:21un commissariat
41:22à la souveraineté numérique
41:23en tout cas
41:23ce qu'il faut
41:24c'est qu'ils soient
41:25vigilants
41:25et qu'ils appliquent
41:27des règles
41:28donc cette règle
41:29de
41:30pas de priorité
41:31mais au moins
41:31de préfère
41:32d'encouragement
41:34puisque c'est ce qui est
41:35écrit dans la loi
41:36et puis également
41:37cette règle
41:38de maîtrise
41:39d'indépendance
41:39et de pérennité
41:40des systèmes d'information
41:41donc ça c'est le premier point
41:43et une deuxième
41:44fenêtre d'opportunité
41:46c'est la législation européenne
41:48puisqu'en ce moment
41:49il y a un règlement
41:51sur le cloud
41:52et l'intelligence artificielle
41:53qui s'appelle
41:54le CADA
41:54et qui est en cours
41:55de négociation
41:56à la fois au Parlement
41:57et au Conseil
41:58et la France
41:59peut porter de la voix
42:01cette idée
42:02de finalement
42:03remplacer
42:03le mot
42:04encourager
42:04qui est le mot
42:05qui est actuellement
42:06dans le texte
42:07qui a été proposé
42:08par la Commission
42:09par un terme plus fort
42:10qui correspondait
42:11à une véritable obligation
42:13Juste une réaction
42:14parce qu'on arrive
42:14à la fin de l'émission
42:15est-ce que quelqu'un
42:16veut réagir là-dessus ?
42:17Moi ça fait écho
42:18aussi à plein de choses
42:19que j'entends
42:19du côté de chez Exatrust
42:21Nous on ne peut que encourager
42:23une forme d'encouragement
42:25plus plus
42:26vers des logiciels
42:27alors libres
42:29et propriétaires
42:30mais d'acteurs européens
42:31et c'est tout l'objet
42:33du travail
42:33de notre organisation
42:34donc on est effectivement
42:36en phase avec ça
42:37et effectivement
42:38la France ne se saisit pas
42:39toujours d'opportunités
42:40pour l'écrire juridiquement
42:42dans certains textes
42:43pour faciliter la lecture
42:45de cet encouragement
42:46donc on espère
42:48effectivement
42:48que les choses bougent
42:49il y a un texte
42:49qu'on ne mentionne pas
42:50en ce moment
42:50mais qui est en discussion
42:51c'est le projet de règlement
42:52qui révise la commande
42:54des marchés publics européens
42:56il faut qu'il y ait
42:58une impulsion européenne
42:59sur le sujet
43:00il faut que les règles
43:00soient très claires
43:01et assumées
43:02par les autorités européennes
43:05et la France pourra ensuite
43:07se sentir beaucoup plus libre
43:08de le faire malheureusement
43:10et voilà
43:11ça se joue au niveau européen
43:12aujourd'hui
43:13Merci beaucoup
43:13il y a plein d'autres propositions
43:14du CNL très précises
43:16justement après ces 10 ans
43:17de recul sur la loi
43:18pour la République numérique
43:19pour ne pas oublier
43:20le libre et l'open source
43:21Merci beaucoup Stéphane Fermiger
43:23d'être venu avec nous
43:24CEO de Fullstack
43:25cofondateur du Conseil national
43:26du logiciel libre
43:27Dorothée Decrope
43:28également merci beaucoup
43:29déléguée générale d'Exatrust
43:30Georgie Courtois
43:31avocat associé
43:32chez Simons & Simons
43:33et Martin Pavanello
43:34cofondateur de Mysteria
43:35merci beaucoup aussi
43:36à tous les deux
43:37et à vous de nous suivre
43:39tous les jours sur Bismarck
43:40très bonne journée
43:41Sous-titrage Société Radio-Canada