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Mardi 10 février 2026, retrouvez Carole Chartier-Djelaïbia (juriste, membre fondateur et secrétaire générale, Cercle de la donnée), Jérémy Angelier (Fondateur, SHAIKE) et Sophie Duranteau (Manager Conseil, Niji) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:00Bonjour à tous, nous sommes ensemble pour une demi-heure, une demi-heure de discussion notamment autour de l'intelligence artificielle puisque aujourd'hui c'est le rendez-vous des interviews de l'IA.
00:17Mais on va aussi parler plus généralement de nous et notre rapport aux données parce que nous sommes nos données.
00:23On va donc s'intéresser à l'éducation au numérique. Allez c'est parti.
00:30On commence cette édition avec les interviews de l'IA, le rendez-vous de Smartech avec ceux qui font l'actualité et la décrypte dans le domaine de l'intelligence artificielle.
00:38Aujourd'hui autour de la table, Sophie Duranteau, bonjour.
00:40Bonjour.
00:41Vous êtes manager conseil chez Niji qui est un cabinet de transformation numérique et on va parler ensemble des tendances 2026 et notamment autour de l'intelligence artificielle bien évidemment.
00:52Avec vous Jérémy Anjolier, bonjour Jérémy.
00:54Bonjour.
00:54Vous êtes fondateur de Shake. On va démarrer évidemment avec Sophie, honneur aux femmes, place aux dames, on n'en a pas toujours et ça c'est parfois une grande tristesse pour moi.
01:06Sophie, donc votre agence conseille les entreprises sur les grandes transformations numériques.
01:13J'imagine que c'est dans ce cadre que vous vous rendez chaque année sur le CES de Las Vegas.
01:17On a déjà fait un décryptage des gadgets, des technos, des machins, mais quelles sont-vous les grandes tendances avec lesquelles vous êtes revenus et que vous avez envie de partager, notamment pour que vos clients, les entreprises, prennent le bon chemin de l'intelligence artificielle ?
01:32Alors qu'est-ce qui vous a frappé ?
01:34Premièrement, c'était les robots.
01:36C'était vraiment, on parle de l'intelligence artificielle, mais là c'était le physical AI, l'IA physique, qui vient intégrer vraiment à ces robots, qui sont maintenant en mesure de faire des tâches à peu près humaines, presque humaines, et qui en l'espèce d'une journée maintenant sont en mesure de pouvoir apprendre ces tâches et les reproduire.
01:51Donc ça c'est la première grosse partie.
01:53La deuxième, je trouve, c'est le décalage entre les images qu'on voit sur les réseaux sociaux et ce que vous avez vu véritablement au CES à Las Vegas, dites-nous.
02:03Alors, on en a vu un seul en complète autonomie, pour le coup, c'était le robot d'Unitry, qui pour le coup, on est dans la catégorie un peu du divertissement, on est à Las Vegas, ils avaient mis en place un ring de boxe, on pouvait faire un match de boxe avec le robot, c'était, non, le côté bluffant, c'est, il était complètement en autonomie, on sait qu'on est aux Etats-Unis avec la régulation, c'est-à-dire qu'il y a un moindre problème, il y a les procès, et en fait, ils avaient tellement confiance en leur robot qu'on pouvait interagir directement avec.
02:27Et on a vu plein d'autres.
02:28Et il n'y avait pas de télécommande derrière ?
02:30Alors, Unitry était le seul, justement, c'est exactement ce que j'allais dire.
02:32Là, Unitry était le seul sans télécommande, et par contre, tous les autres, effectivement, soit il y avait un ordre prédéfini à l'avance, soit il y avait effectivement quelqu'un qui était derrière avec la télécommande discrètement en train de faire la manipulation.
02:44Donc, on se prend un peu de points du robot ?
02:45Unitry, oui.
02:46Ah oui, ok.
02:47Unitry, c'est un match de boxe, en tout temps, Jérémy, il est capable de faire des choses.
02:51Mais vous dites qu'ils font attention à la sécurité, et en même temps, ils laissent les robots nous rentrer dedans.
02:56C'est sur un ring, c'est une compétition.
02:58Ah, c'est officiel, alors ça va.
02:59Ah ben bien sûr, là, ils ont tous les droits, mais en même temps, ils suivent les règles, j'imagine.
03:03Et le robot esquive aussi, alors ?
03:04Le robot esquive, le robot peut se déplacer, les coups de poing, les coups de jambe, et au bout d'un moment, abandonne.
03:08Parce que moi, j'avais assisté à des compétitions, mais il y avait des télécommandes.
03:12Là, il n'y en a pas.
03:12Il n'y en avait vraiment pas.
03:13C'est vraiment un robot à forme humanoïde, et qui est complètement en train de faire un match de boxe avec une personne.
03:18Mais c'était le seul notoire, en tout cas, qui était autonome.
03:20Les autres avaient un geste, un ordre précommandé, en fait.
03:24Oui.
03:25Alors, qu'est-ce que ça dit, ça, de l'intelligence artificielle, de la progression, de la manière dont ça va s'insérer dans la société ?
03:31Est-ce que vous pensez que ça veut dire qu'on va vraiment vivre l'arrivée des humanoïdes ?
03:37Pour en avoir discuté, juste avant, moi, j'ai eu l'impression d'avoir vu tout ça.
03:40Ne faites pas les débats avant de venir en plus.
03:41Non, mais justement.
03:41Il ne fallait pas le dire, il ne fallait pas le dire.
03:43C'est au CES, j'ai vécu, moi, je viens du monde du conseil, on appelle ça le change.
03:46C'est de préparer les gens au changement.
03:47J'ai eu l'impression de vivre ça à échelle humaine, ou du monde, où on nous dit, attention, les robots arrivent dans votre quotidien, les robots arrivent dans votre maison.
03:54Mais on leur donne un regard rassurant, on leur fait faire des petits cœurs avec les photos.
03:58Ils ont même des petits cœurs dans les yeux pour être rassurants, pour nous dire qu'ils vont venir être avec nous dans notre quotidien et pas venir nous remplacer.
04:04Donc, nous, on dit, on met un peu un message d'alerte, parce qu'il faut rassurer, il faut faire accepter aux gens cette arrivée des IA et des robots.
04:11Mais c'est vraiment un ressenti très, très fort, où je me suis dit, on y est maintenant, et ils arrivent dans quelques années dans les maisons.
04:18Ils testent d'abord dans les usines.
04:19Ils testent d'abord dans les usines pour avoir pu assister à la conférence des Boston Dynamics, donc avec Hyundai.
04:24Ils ont présenté, au-delà du spot, qui était le robot un peu plus classique dans les usines, là, le robot Atlas.
04:29Si vous avez pu voir des images, il est bluffant à voir.
04:31Et effectivement, le bus qui tourne à 360, ils ont aussi annoncé une roadmap sur la durée, où ils vont d'abord aussi faire leur école de robots,
04:40où les robots vont être en mesure d'apprendre ces fameuses tâches assez rapidement.
04:44Et in fine, si Atlas est validé au sein des entreprises et surtout dans l'industrie, Atlas pourra arriver dans les maisons.
04:52Ça vous fait rêver ?
04:54Si c'est un robot et qu'on fait de la boxe à domicile, je ne vois pas l'intérêt, effectivement.
04:57Mais si c'est des robots utiles, pourquoi pas ? Ça ne me choque pas.
05:00On a déjà vu doucement les petits aspirateurs.
05:04Au début, tout le monde était un peu au tré, mais ça ne marche pas.
05:06Finalement, c'était assez efficace.
05:07Donc, si ça fonctionne bien, ça va marcher.
05:10Alors après, cette IA prend d'autres formes, peut-être plus classiques et qu'on a déjà vues à l'intérieur des wearables,
05:16donc tous ces objets technologiques qu'on porte sur soi.
05:19Je me souviens que la saison précédente, le grand truc, c'était de se dire
05:23on va remplacer le smartphone par des petits pins qui embarquent des IA,
05:28parce que finalement, c'est fastidieux d'aller chercher sur son smartphone, son chatbot.
05:32On en est où ?
05:33Il y a un peu la hype et un peu retombée.
05:35Alors, il y a eu aussi des lunettes.
05:36Alors, il y a eu aussi des lunettes.
05:36Comment ?
05:37Plot est toujours là.
05:38Toujours là, maintenant grand public.
05:39Maintenant grand public, Amazon facilement a retrouvé sur les grands marchands.
05:43Là, on a tous les types de wearables augmentés à l'IA.
05:46On a les lunettes qui, ça fait des années qu'ils essaient de pénétrer le marché
05:49et de convaincre l'utilité des lunettes.
05:51Là, on a effectivement deux types.
05:53Le type où on va recopier un écran et le type réalité mixte.
05:57Moi, j'étais plutôt convaincue sur la partie réalité mixte
05:59où deux cas d'usage intéressants.
06:01Le premier, c'est le traducteur en temps réel.
06:03C'est-à-dire qu'on vous parle, et imaginons, on parle des langues étrangères.
06:05On peut se comprendre avec un léger temps de délai.
06:08C'est vraiment rapide et assez bluffant pour l'avoir testé.
06:10Et le deuxième, c'est, pour faire des présentations à l'oral, c'est les prompteurs.
06:14C'est-à-dire que sur mes lunettes, je pourrais vous parler.
06:16En fait, vous ne saurez pas, j'ai un petit prompteur en dessous que vous ne voyez pas
06:19qui me permet de tenir ma conférence sans apprendre mon texte par cœur.
06:22Oui, mais ça enlève tellement de naturel.
06:24Par exemple, moi, je pourrais avoir un prompteur ici, mais je n'en ai pas
06:26parce que je trouve que c'est important qu'on puisse rester dans la spontanéité.
06:31Donc, attention.
06:31Ce n'est pas le même regard.
06:32Ce n'est pas le même, mais ça rassure.
06:34Autre tendance, une dernière tendance peut-être ?
06:36La santé qui prend un autre nom, qui maintenant, je trouvais,
06:39c'était plutôt sur la longévité.
06:41C'est-à-dire qu'avant, on parlait de la SilverTech.
06:43Maintenant, le nom a changé, c'est la longévité.
06:45Et ça s'adresse à tous les âges.
06:46Qu'est-ce que ça change alors ?
06:47Ça, ça change qu'on nous fait, encore une fois, adopter.
06:50Toujours ce change, on nous fait adopter les objets qu'on va porter au quotidien
06:53pour vieillir plus longtemps, pour être en meilleure santé
06:55et de manière pas du tout anxiogène,
06:58se checker l'état de santé quotidiennement, tout le temps,
07:00sur tous les pans, sur vraiment, est-ce que mon rythme cardiaque est bon ?
07:04Mais même aussi, quelle est ma fertilité ?
07:05On a vu beaucoup de choses sur la fertilité
07:07et sur comment améliorer la mobilité, la motricité
07:10quand on devient un peu plus âgé, pour garder l'autonomie à la maison.
07:13Donc, c'est vraiment sur tous les pans de la santé qui ont été pris.
07:16Tous les âges ?
07:16Tous les âges, vraiment tous les âges.
07:18Et c'est pour ça qu'on appelait ça plutôt la longévité,
07:20parce que maintenant, on nous les fait intégrer de plus en plus jeunes
07:23dans notre quotidien et qui nous permettent de vieillir un peu plus longtemps
07:26et de garder le plus d'autonomie.
07:28Vous êtes du genre à porter des objets connectés
07:31qui surveillent votre santé ?
07:33Oui, j'avais gagné une fois dans un concours, je me souviens,
07:35c'est Montres Connectées qui donne tout.
07:37Moi, j'ai pas vu l'intérêt de savoir combien de pages j'ai fait dans la journée,
07:41ça m'intéresse pas trop, de savoir que je bats à 73 ou 86.
07:45Après, je pense que ça touche soit des personnes un peu plus anxiogènes dans la vie,
07:49soit des personnes qui ont des problèmes de santé.
07:51Et là, effectivement, il y a un vrai ou des sportifs.
07:53Je pense qu'ils ont un véritable intérêt.
07:56Ok. Allez, Jérémy Angelier, c'est à vous.
07:59Vous êtes producteur de films publicitaires, réalisateur, animateur télé aussi,
08:03fondateur de Shake, c'est pour ça qu'on est ensemble aujourd'hui.
08:06C'est un studio de création de films publicitaires,
08:09mais aussi une communauté de cinéastes qui utilisent l'intelligence artificielle.
08:14Qu'est-ce que vous avez pensé de la publicité du loup d'Intermarché ?
08:18Déjà, c'est une très bonne publicité en tant que film.
08:21Il y a ou pas dans la question, effectivement, c'est une pub très réussie.
08:25Elle a fait le tour du monde, elle est magnifique.
08:27Mais pourquoi elle a marché ?
08:28Et oui, et ce qu'il y a plus, c'était que, tiens, on revenait à de la création sans IA.
08:33Ça, c'est drôle, en fait.
08:34C'est parce que l'actualité faisait qu'il y avait un mouvement un peu anti-IA,
08:38où on se posait la question, est-ce que c'est bien, c'est mauvais ?
08:40Et cette pub est sortie à ce moment-là, suite à, justement,
08:43il y avait une publicité Coca-Cola, une publicité pour Noël aussi,
08:46qui n'avait pas marché, qui avait été retirée.
08:47Enfin, il y avait McDonald's qui l'avait fait.
08:49Et donc, celle-ci, c'était un peu le fer de lance de regarder ce que l'humain sait faire,
08:53c'est quali, est-ce qu'on a vraiment besoin de cet outil-là ?
08:56En même temps, moi, ça m'a fait rire, parce que c'était quand même créé avec des outils numériques,
09:00alors qu'on a connu les périodes...
09:02Enfin, on a connu...
09:03Exactement.
09:03On a vu des dessins animés, dessinés à la main, qui étaient encore plus attendrissants.
09:06Ça a été fait à la main, au début, les dessins qui ont été ensuite animés,
09:10mais l'animation en tant que telle, que ce soit l'IA ou pas, si le film est bon à la fin,
09:14et en l'occurrence...
09:14C'est ça pour aller dans votre sens, ça veut dire que l'IA, c'est un nouvel outil.
09:18On est d'accord, c'est ça ?
09:18C'est juste un outil, en fait, qui est là pour optimiser.
09:21Mais alors, il y a quand même un problème pour l'instant, c'est qu'on s'en empare par très bien,
09:24visiblement, puisque ça n'arrive pas à convaincre.
09:26Non, alors, c'est en cours, c'est normal.
09:28Les transitions technologiques mettent toujours un peu de temps.
09:31Moi, j'ai toujours un peu le même débat depuis un an.
09:34Je ne suis pas là pour justifier l'IA, si c'est une bonne utilité ou pas.
09:37Ce qui compte, c'est les gens derrière, en fait.
09:39Quel est le créatif qui va se servir de l'IA ?
09:41Et dans quel but ?
09:42L'IA pour l'IA n'a aucun intérêt.
09:44L'IA n'a un intérêt qu'à partir du moment où on a une histoire,
09:48qu'on veut sublimer, et que l'IA a un véritable impact dans cette histoire.
09:51Qu'est-ce que ça change en termes de formation, de prise en main pour les cinéastes ?
09:57Quand est arrivée la révolution informatique, on va dire,
10:00il fallait savoir servir de logiciel, d'un ordinateur.
10:03Là, l'IA, qu'est-ce que ça change ?
10:04En somme à quoi ?
10:06Ça retouche un petit peu, justement, l'univers de l'animation.
10:10On a beaucoup de nous, on le voit sur la communauté.
10:12On a des monteurs, on a des graphistes, on a des motion designers.
10:15Donc, c'est des métiers qui n'étaient pas forcément la personne décisionnaire,
10:18le réalisateur qui chapeautait, et qui pourtant, techniquement, sont très très bons.
10:22Donc, tous ces gens-là, eux, ont déjà le background technologique, technique nécessaire.
10:26Maintenant, à ça, il faut ajouter la créativité et savoir raconter des histoires.
10:30C'est en mêlant ces deux univers-là qu'on est vraiment quelqu'un qui est apte à utiliser l'outil.
10:34Donc, les écoles, je pense, de cinéma sont en train de se poser la question.
10:38Oui, mais qu'est-ce que ça change ? Qu'est-ce qu'il faut qu'elles mettent dans leur cursus ?
10:41Le mélange des deux.
10:42Il faut qu'ils apprennent l'histoire du cinéma.
10:45Apprendre à prompter, par exemple ?
10:47Mais l'apprendre à prompter, en fait, c'est un tout petit détail technique dans toutes les histoires.
10:52Quand on fait une école de cinéma, si on prend cet exemple-là,
10:54on va apprendre l'histoire de l'art, on va apprendre l'histoire du cinéma,
10:56on va apprendre des cases d'usage, on va réaliser des films, on va se tromper,
11:00on va apprendre, on va se relever jusqu'à ce qu'au bout d'un moment,
11:02on ait un petit peu compris la technique.
11:04Moi, quand j'ai fait une école de cinéma, je me souviens de mon professeur
11:06qui m'avait dit le dernier jour, voilà, tout ce que je vous ai appris maintenant,
11:09oubliez-le et faites tout l'inverse.
11:11Ça veut dire quoi ?
11:12Ça veut dire qu'en fait, c'est que la technique qu'on vous apprend
11:14pour être un bon cinéaste, c'était pas la technique
11:17qui va faire de vous un bon cinéaste.
11:18Que change l'IA ?
11:19L'IA, c'est exactement la même chose.
11:21Il va falloir juste manipuler un peu l'outil technologique,
11:24sachant que ça évolue tellement vite,
11:26ce qu'on apprend ce mois-ci sera déjà obsolète le mois prochain.
11:29Il faut comprendre la mécanique globale,
11:31savoir comment ça fonctionne, et après...
11:33Si on est déjà cinéaste, le passage à l'IA, il n'est pas compliqué ?
11:43Moi, je pense que la technique en tant que telle n'est pas compliquée.
11:45D'ailleurs, c'est ouvert au grand public.
11:47Le grand public peut aujourd'hui faire des images.
11:50On le voit, il y a des très belles vidéos qui sortent,
11:52il y a des très belles photos.
11:53Donc tous les cinéastes pourraient être préparés aujourd'hui de l'IA ?
11:56Oui, je pense que oui.
11:58En fonction de leur talent.
11:59En fonction de leur talent, évidemment.
12:00Mais je pense que c'est plus de l'acceptation,
12:03d'accepter ça comme un outil qui va upgrader la créativité,
12:08l'histoire qu'on va raconter.
12:09Et si on est ouvert à ça, oui, effectivement,
12:11je ne connais pas un réalisateur qui se raconte.
12:12La question, c'est est-ce que ça augmente la créativité
12:16ou est-ce que ça permet juste d'aller plus vite,
12:19de dupliquer des scènes plus rapidement ?
12:21Les deux, clairement.
12:23On va pouvoir faire des choses qui étaient inenvisageables avant.
12:26Donc on va pouvoir réaliser des scènes
12:28qui auraient nécessité des équipes techniques,
12:31des tournages hollywoodiens.
12:32Ça, c'est impossible.
12:33On a vu la grande tendance des films de science-fiction.
12:36Donc aujourd'hui, on peut réussir à raconter ce genre de films.
12:39Donc ça, évidemment, ça va permettre tout ça.
12:41Mais ça va aussi, pour le marché publicitaire,
12:44simplifier la donne,
12:44permettre à des films qui ont moins de budget de voir le jour.
12:48Ça va permettre à des entreprises de petite ou moyenne taille
12:50qui n'avaient pas les budgets
12:52pour aller viser un peu la catégorie d'au-dessus,
12:54de justement changer de dimension
12:56et d'aller faire des films cinématographiques
12:57et d'aller raconter des histoires encore plus poussées.
13:00Donc ça démocratise en fait l'accès aux films publicitaires ?
13:04C'est ça que vous dites ?
13:04Exactement.
13:05On a eu le téléphone portable.
13:06Ça baisse le budget de combien ?
13:07À peu près, on est à 50% ?
13:09C'est très dur à dire
13:10parce que ça va dépendre de la qualité intrinsèque du film.
13:13Au final, si on fait de l'IA juste basique, simple,
13:15on va pouvoir diviser par 5 facilement le coût.
13:18Maintenant, ça, ça ne va pas être de la qualité.
13:21Si on rajoute à ça le vrai savoir-faire de l'écriture,
13:24les bruitages, la musique, l'habillage visuel,
13:28il y a 15 000 métiers qui vont s'ajouter à tout ça
13:32et là, on va revenir dans des standards budgétaires
13:34qui vont peut-être diviser par deux maximum le budget.
13:37Vous connaissez un peu cet univers de la création par...
13:40Vous en avez parlé avant, mais sur le plateau pour en parler aussi.
13:43Oui, on a déjà tout fait le débat tout à l'heure, on était d'accord.
13:46Non, non, j'aime bien, ça crée des rencontres.
13:48Parce que même nous, au sein de notre entreprise,
13:50on a toute une partie, un pan de direction artistique
13:52qui aide justement sur les sites internet.
13:53On est plus sur l'environnement professionnel
13:56et justement, il y a toujours besoin un peu de cette créativité
13:58et justement, nous, ils ont créé des agents
14:00ou même des outils qui permettent d'accélérer certaines choses
14:03et on ne vient pas enlever la créativité humaine.
14:05On vient juste accélérer, en fait, certains penchants
14:07de toute cette création artistique qui va faire besoin
14:10sur les maquettes, sur différents visuels
14:12qu'on va pouvoir avoir, qu'on va pouvoir fournir un peu plus vite.
14:15Donc, ça permet de dégager du temps pour d'autres choses.
14:17Oui, parce que c'est vraiment ce sujet de la créativité.
14:21Est-ce que cette IA est à la porte de la créativité ou pas ?
14:24Et est-ce que les cinéastes sont à l'aise avec cette idée ?
14:27C'est en train de bouger, les lignes.
14:29Si on regarde les statistiques, il y a un an,
14:31on était sur du 80-20.
14:32Les cinéastes étaient tous contre.
14:34Attention, c'est dangereux.
14:35Où est la créativité ?
14:37Puis, on a vu que l'outil technologique s'est amélioré.
14:39C'est de plus en plus réaliste.
14:40C'est de plus en plus qualitatif.
14:42On a commencé à se dire, tiens, c'est pas mal.
14:44Et puis doucement, par curiosité, certains ont basculé en testant.
14:47J'en fais partie de ces gens-là.
14:48Moi, ça a été une révolution.
14:50J'ai fait un bon 20 ans en arrière dans ma créativité,
14:52justement, que j'avais un peu délaissé.
14:54J'étais rentré dans un business de production
14:57où je faisais des films que je vendais.
14:58Ça marchait bien.
15:00C'était devenu un rituel.
15:01Là, j'ai découvert un outil qui, d'un coup,
15:03m'a permis de faire des choses qui étaient inenvisageables.
15:05J'ai passé des nuits blanches à créer des films.
15:08J'ai fait des tours du monde de festivals.
15:10Là, j'ai rencontré énormément de monde.
15:12Ça m'a ouvert le champ des possibles.
15:13Et ça, je l'ai découvert avec la communauté partout dans le monde.
15:16Il y avait des petites personnes comme moi dans tous les pays
15:19qui, tout d'un coup, se disaient, tiens, ça, c'est possible, ça, c'est possible.
15:21Ils se sont rejoints.
15:22On créait des collaborations.
15:24Et il y a tout un nouveau monde parallèle qui s'est créé
15:27et qui doucement se rattache au monde traditionnel
15:30pour que dans quelques mois, on oublie le mot IA
15:33et on fera juste des films, en fait.
15:35Ah oui, c'est ça.
15:35C'est que ça va complètement transparer.
15:37Mais on aurait pu faire le loup d'Intermarché avec une IA
15:40avec autant d'émotions et une telle qualité ?
15:43Oui, oui, oui, complètement.
15:45Alors, je ne dénigre pas du tout cette publicité.
15:47Elle est très, très, très, très bien faite.
15:49Donc, je ne sais pas si ce n'est pas le but.
15:50Donc, je vous aurais le monde anti-ado.
15:51Non, non, non.
15:51Parce que tout le monde a un jour.
15:52Je le dis très clairement.
15:53Et d'ailleurs, c'est dans les circuits des gens qui font de l'IA.
15:56Tout le monde s'est posé cette fameuse question-là.
15:57Est-ce qu'on aurait pu faire ce film-là ?
15:58Oui.
15:59Évidemment qu'on aurait pu le faire.
16:00On aurait pu le faire pour, clairement,
16:01beaucoup moins d'argent aussi et beaucoup plus rapidement.
16:04Il a coûté de mémoire, je crois que ça a été 7 mois de travail,
16:083 millions de budget.
16:10Si on pense IA, le but, ce n'est pas d'économiser forcément du temps ou de l'argent.
16:14Mais à qualité égale, on divise largement tout ça.
16:16Mais sur quelle partie on aurait pu gagner du temps ou de l'argent ?
16:20Alors, si l'enjeu, c'est de gagner de l'argent,
16:22effectivement, là, il y a un intérêt.
16:24Ah non, mais en gardant la même qualité.
16:26Ah, en gardant la même qualité, surtout.
16:28Le dessin initial, je pense qu'il faut garder le créateur
16:30qui a créé le dessin initial.
16:32La partie animation en tant que telle,
16:34que ce soit de l'IA ou pas, ça ne changera rien.
16:36Parce qu'après...
16:36Moi, j'ai vu des comparatifs,
16:38des deux recréés par l'IA comme ça en démonstration.
16:42J'ai défi quiconque de voir la différence dans l'animation.
16:44Ah bon, parce qu'après coup, j'ai vu qu'ils ont monté une opération
16:47où on pouvait se prendre en photo avec le loup.
16:50Ils ont retiré, je crois, parce que...
16:52Et du coup, c'était une IA,
16:54donc évidemment, qui faisait le loup.
16:56Il n'était vraiment pas mignon de l'IFS.
16:58Qui était l'humain derrière cette IA ?
17:00On en revient au même sujet.
17:01C'est le créatif derrière qui va agencer ça.
17:04Ça prend un certain talent aussi.
17:06Mais en tout cas, l'animation intrinsèque,
17:09IA ou pas, aujourd'hui, avec la technologie,
17:10on fait un travail de même qualité.
17:12Le sujet aussi, c'est celui de...
17:15L'IA, ça sert à être rentable,
17:17ça sert à casser les coups,
17:18ça sert à remplacer des postes ou pas.
17:21Et aujourd'hui, comme on a une maîtrise,
17:23on apprend, et c'est vrai que vous l'avez dit,
17:25ça change tout le temps, ça va très vite.
17:27Est-ce que c'est si rentable que ça,
17:28d'intégrer l'IA dans ces process aujourd'hui ?
17:31Pour l'instant, à chaque fois que je vois des études passer,
17:34ce n'est pas le cas.
17:35Tout dépend comment c'est intégré en entreprise.
17:36On n'a pas fourni la preuve du retour sur investissement.
17:40Moi, je trouve que tout dépend
17:41de comment c'est intégré dans l'entreprise,
17:42comment on le présente aux personnes.
17:45Moi, j'arrive sur la sphère professionnelle.
17:46Et comment on vient l'intégrer vraiment en fonction,
17:50toujours des use cases qu'on va avoir.
17:52Et quel métier on va s'appliquer.
17:53Par exemple, je suis au conseil,
17:54mais j'ai des collègues qui sont développeurs.
17:55Et il y a des IA qui aident à faire du développement de code.
17:58Et il y a toujours cette limite d'apprendre aux personnes
18:00comment utiliser ces IA, comment discuter.
18:02Parce qu'on peut avoir de l'IA agentique,
18:04qui va parfois pouvoir avoir l'apparence,
18:06en tout cas d'un collègue,
18:07qui va nous aider à faire certaines tâches.
18:09Moi, je pense par exemple à des tickets,
18:10des choses comme ça,
18:11des tickets de problèmes informatiques ou autres.
18:13Avec l'IA, ça va beaucoup plus vite à faire.
18:15Et moi, ça me permet de dégager du temps pour autre chose.
18:17C'est juste que je pense qu'il faudrait mesurer,
18:19peut-être pas forcément le gain ou autre,
18:20mais le gain de productivité, en tout cas,
18:23qui peut-être est moins financier.
18:24Mais moi, ça me dégage beaucoup plus de temps
18:26pour des tâches à plus forte valeur.
18:27Pareil pour tout ce qui va être des comptes rendus de réunion.
18:30Je suis bien contente d'avoir un agent dans mes réunions
18:32qui fait la prise de notes,
18:33parce que c'est une tâche qu'on est beaucoup à faire après.
18:36Et qui, moi, ne va pas m'apporter grand-chose
18:37à revoir mes notes que j'ai faites un peu rapidement
18:39tout en essayant de suivre le débat.
18:43Concentrer dans ma réunion.
18:44Et après, je sais qu'il y a l'agent
18:45qui va me faire toute la récite après.
18:47Oui, qu'il faudra vérifier quand même.
18:49Ça n'empêche pas le contrôle.
18:50Ça n'empêche vraiment pas le contrôle.
18:52Parce qu'il passe parfois à côté du truc le plus important.
18:55Ou même, il écrit parfois mal des choses
18:57ou des noms et des entreprises et des choses comme ça.
18:59Mais l'utilisation n'empêche pas le contrôle.
19:01Mais moi, ça me fait gagner énormément de temps.
19:02Oui.
19:03Des fois, il va même dans des réunions.
19:05On le voit apparaître,
19:06alors que la personne n'est pas encore là et ne vient pas.
19:08Et on se retrouve tout seul avec l'agent.
19:10On fait la réunion quand même ?
19:11Donc, vous, vous nous dites,
19:15moi, j'apporte la preuve aujourd'hui
19:16qu'on peut baisser les coûts.
19:18Mais alors, nous, on n'est pas dans une...
19:19Sur l'accès à l'accès à la publicité.
19:21Moi, je ne suis pas le fervent défenseur de l'IA
19:23à dire que c'est moins cher, c'est plus rapide, etc.
19:27Moi, mon point de vue, c'est
19:28l'IA permet d'aller plus loin.
19:31L'IA de qualité,
19:32avec les bonnes personnes, bien formées,
19:35avec un vrai sens derrière tout ça,
19:37permettent de créer des projets incroyables.
19:38Nous, ce qu'on fait, en fait, c'est tout simplement,
19:40on a une offre où on propose aux entreprises
19:43de petite, moyenne time
19:44qui n'avaient pas les budgets nécessaires
19:46pour faire des pubs cinématographiques,
19:47des pubs télé.
19:48Aujourd'hui, effectivement, avec un moindre coût,
19:50on va pouvoir créer.
19:52Donc, le but, ce n'est pas de leur dire
19:52on va diviser vos coûts par 10.
19:54On garde les mêmes coûts,
19:55mais avec cet argent-là,
19:57vous allez faire 10 fois mieux qu'avant.
19:58C'est dans l'autre sens, en fait.
19:59Ok, intéressant.
20:01On n'a pas d'image, c'est dommage.
20:02J'aimerais bien qu'on ait un exemple de création.
20:05Je vous invite à aller sur bachec.ai.
20:07On a 700 films disponibles,
20:10des fictions, des clips, des pubs.
20:14Et comme c'est que vraiment la qualité,
20:16parce que le but, c'est de mettre des films de qualité,
20:18vous pouvez naviguer.
20:19C'est un peu le Netflix de l'IA.
20:21Vous allez voir des beaux films.
20:23Voilà, il n'y a de quoi faire.
20:24Et au CES, il n'y avait rien sur la création,
20:28sur le divertissement ?
20:30Nous, on est plutôt sur la partie
20:31du Consumer Electronics Show, pour rappel.
20:33Donc, en fait, ces choses-là,
20:34on va peut-être, à mon avis,
20:35les retrouver plus dans d'autres salons,
20:36qui seront, par exemple,
20:37le Gay Tech à Dubaï,
20:38qui est plus B2B.
20:39Oui, où on a aussi le World AI Film Festival,
20:43à Cannes, je crois.
20:44C'est celui-ci.
20:45On en parlait tout à l'heure.
20:46Voilà, surtout, c'est que
20:47toute cette partie plutôt divertissement,
20:50nous prenaient, en tout cas au CES,
20:52prenaient la forme de comment
20:53on va vivre l'expérience.
20:54C'est-à-dire avoir le casque connecté
20:56ou même la chaise qui vient bouger en même temps,
20:58tout ce qui est des simulateurs.
20:59Nous, c'était plutôt tourné là-dessus
21:00que sur la créativité, à proprement parler.
21:02Parce qu'on est vraiment sur le consommateur là-dessus.
21:06Oui, mais pourtant, ce serait intéressant
21:07que ces salons, je trouve, évoluent,
21:09se posent plus de questions
21:10de manière un peu plus large
21:11sur ce que ça induit pour la société.
21:13Merci beaucoup à tous les deux
21:14d'avoir été dans ces interviews de l'IA
21:17cette semaine dans Smartech.
21:19Sophie Duranteau, je rappelle que vous êtes
21:20manager conseil chez Niji
21:22et Jérémy Angelier, fondateur de Shake.
21:25À suivre, on va parler de nos données.
21:27Nous sommes nos données.
21:29On termine cette édition
21:37avec l'éducation numérique.
21:39Nous sommes nos données.
21:40Voilà ce qui est venu nous dire
21:41Carole Chartier-Djelaibia.
21:43Bonjour.
21:43Bonjour.
21:44Merci beaucoup d'être avec nous.
21:45Vous êtes juriste, membre fondatrice
21:46et secrétaire générale du Cercle de la Donnée.
21:49Et donc, au Cercle, vous lancez un groupe de travail
21:51autour de l'éducation à la donnée.
21:53Exactement.
21:54Oui, c'est vrai que ça fait un moment
21:55que l'idée nous tente dans la tête.
21:57En fait, au gré des études qu'on a pu faire,
22:00c'était une constante.
22:01Ça revenait à chaque fois.
22:02On manque d'éducation à la donnée.
22:04Donc, on s'est dit, on y va,
22:06on lance ce nouveau groupe de travail
22:08parce qu'il y a un réel besoin.
22:09Vous avez des premiers constats ?
22:11Le premier constat, en fait,
22:13moi, je dirais que quand on parle
22:15d'éducation à la donnée,
22:16on pense tout de suite
22:16éducation des enfants.
22:18Mais ce serait un leurre de penser
22:20qu'il n'y a que les enfants
22:21qui ne sont pas assez éduqués,
22:22qui n'ont pas assez de connaissances.
22:24Et les adultes en manquent aussi cruellement.
22:26Et de toute façon,
22:26pour pouvoir éduquer nos enfants à la donnée,
22:28il faut aussi que nous,
22:29nous sachions de quoi il leur tourne.
22:32Et le second constat,
22:33si on va encore un cran plus loin,
22:35c'est que la plupart d'entre nous,
22:36nous n'avons pas conscience,
22:38en fait,
22:38enfin, on ne se sent pas concernés
22:39la plupart du temps.
22:41Voilà.
22:41C'est peut-être quelque chose
22:42qui ne nous intéresse pas trop.
22:44C'est vrai, je pense qu'on a raté,
22:45à un moment,
22:46on parlait de protection de la vie privée,
22:48on a raté quelque chose
22:49pour convaincre les gens.
22:50Parce que la réponse,
22:51c'était tout à l'heure,
22:51mais de toute façon,
22:52moi, je n'ai rien à cacher.
22:53Exactement.
22:53C'est vrai que c'est un peu,
22:55moi, en réfléchissant,
22:56en creusant un peu la question,
22:57je trouve que c'est un petit peu
22:58le dénominateur commun
22:59et puis un petit peu
23:00la source de tous les mots.
23:01On n'a pas conscience
23:02du fait qu'on est constitué
23:04de nos données.
23:06Et pourtant,
23:07lorsqu'on est
23:07dans l'espace numérique,
23:10surtout,
23:10on laisse des traces.
23:11Et si on peut être tracé,
23:13déjà,
23:13c'est parce qu'on laisse des traces.
23:15Et on n'a pas conscience,
23:16en fait,
23:16qu'on a ce double numérique
23:18et que quand on va sur Internet
23:21et quand on laisse des traces,
23:25par exemple,
23:25par rapport à nos goûts,
23:26nos déplacements,
23:27nos interactions,
23:29tout ce qu'on peut faire
23:29sur Internet,
23:30en fait,
23:30ça forme comme un double numérique,
23:32un double de nous-mêmes
23:33qui continue d'exister
23:35un peu indépendamment
23:35de nous-mêmes.
23:36Mais ça,
23:36on n'en a pas toujours conscience.
23:38Alors pourtant,
23:40ce n'est pas faute
23:40d'avoir essayé
23:41de mettre en place
23:42des règles,
23:44un cadre,
23:44et notamment au niveau européen
23:46avec le règlement
23:46sur la protection
23:47des données personnelles
23:48pour nous rendre
23:49davantage conscients
23:50de ce qu'on partage.
23:51Exactement.
23:52C'est vrai que le droit européen,
23:53on a cette chance-là,
23:54en fait,
23:54d'avoir un droit européen
23:55qui n'est pas un droit mercantile,
23:57qui n'envisage pas la donnée
23:58juste comme un bien marchand,
23:59mais vraiment comme
24:00le prolongement nous-mêmes.
24:02C'est-à-dire qu'avec le droit européen
24:04et le RGPD notamment,
24:06l'individu est vraiment placé
24:07au cœur du dispositif.
24:08Et c'est lui
24:09qui est censé garder
24:10la maîtrise de ses données
24:11et être toujours capable
24:13de dire
24:13s'il veut divulguer
24:14ses données ou pas.
24:16Donc, le droit va plutôt
24:17dans le sens
24:18de ce qu'on décrit,
24:20mais...
24:21Dans le sens de,
24:22normalement,
24:23de la maîtrise
24:23et de la prise de conscience
24:24et pourtant,
24:25il n'y a pas de prise de conscience.
24:26Comment est-ce que
24:27vous expliquez ça ?
24:28Moi, je pense que ça s'explique
24:28notamment par le fait
24:29que ce soit intangible,
24:30en fait,
24:31le fait que ce soit
24:32peu visible.
24:33Si je fais le parallèle
24:34avec le droit
24:35de la personnalité,
24:37là, je pense que...
24:38Ce qui est aussi
24:39un attribut du même genre,
24:40en fait,
24:41un attribut de la personnalité
24:42tout comme nos données,
24:43là, je pense qu'on va sentir
24:44plus facilement concernées
24:45parce que c'est quelque chose
24:46de visible.
24:47Si on détourne notre image,
24:49on va être plus
24:51à même
24:52de garder
24:54et d'en conserver
24:55la maîtrise
24:55que d'autres données
24:57comme, par exemple,
24:58nos déplacements.
24:58Je sais que, finalement,
25:00nos données GPS
25:01sont quelque chose
25:02d'extrêmement sensible
25:03et pourtant,
25:04on ne va pas y mettre
25:05la même attention
25:07qu'à notre image.
25:08Oui.
25:09Et donc, ça veut dire quoi ?
25:09Ça veut dire qu'il faut
25:10modifier les règles ?
25:12Il faudrait trouver
25:13peut-être un moyen
25:14de rendre ça tangible.
25:15Alors là,
25:16on n'a pas encore réfléchi,
25:17mais c'est vrai
25:18que si on fait le parallèle
25:19avec notre compte en banque,
25:20par exemple,
25:21l'argent aujourd'hui
25:22est quand même
25:22quelque chose
25:22d'assez intangible
25:23et pourtant,
25:24on voit sur notre compte en banque
25:25combien on possède,
25:26ce qui n'est pas forcément
25:27le cas.
25:28Il faudrait peut-être
25:29avoir un compte en banque
25:30de nos données,
25:31mais c'est vrai
25:31qu'aujourd'hui,
25:33on a tendance à dire
25:34sur Internet,
25:35il y a beaucoup de gratuité
25:36et on dit
25:37quand c'est gratuit,
25:38c'est nous les produits
25:39et il faudrait peut-être
25:40trouver un moyen
25:41de matérialiser aussi
25:42ce qu'on met à disposition
25:43ou non.
25:44Parce que,
25:45quelles sont les conséquences ?
25:47Les conséquences,
25:48finalement,
25:48c'est que,
25:49comme je n'ai pas conscience
25:50que j'ai cette espèce
25:51de double numérique,
25:52je ne vais pas le protéger.
25:53Déjà,
25:53je n'ai pas conscience
25:54de la valeur des données
25:55que je mets à disposition,
25:57donc celles que je possède déjà,
25:58celles dont je me dépossède.
26:00Et puis,
26:01finalement,
26:02en n'ayant pas cette conscience,
26:05on n'est pas à même
26:05déjà de protéger
26:06de nos données
26:06ni de les défendre.
26:08Et on le voit,
26:09par exemple,
26:09dans le cas des classes Action,
26:10j'étais venue l'évoquer
26:11ici même,
26:12en fait,
26:13il y a très peu d'engouement
26:14pour des actions de groupe
26:15pour défendre
26:15les données personnelles
26:17parce que les gens
26:18ne se sentent malheureusement
26:19pas concernés.
26:20Ah oui,
26:20ça,
26:20ça m'avait vraiment frappée
26:21quand vous étiez venue
26:22en parler.
26:23Peut-être que aussi,
26:24plutôt que de dire
26:25ce sont des données
26:26que vous devez protéger
26:27et on nous répond
26:28que je n'ai rien à cacher,
26:29de dire qu'effectivement,
26:32de ces données.
26:33Et là,
26:33et ces manipulations aussi
26:34des idées,
26:35des opinions
26:36qu'on constate aujourd'hui
26:38à travers les réseaux sociaux,
26:39notamment.
26:40Tout à fait.
26:40Mais là,
26:40c'est pareil.
26:41Je pense qu'on manque aussi
26:42quand même de culture
26:43à ce niveau-là.
26:45Et est-ce qu'on a
26:45les bons outils
26:46pour se protéger ?
26:48Aussi,
26:49c'est ça qui n'est pas
26:50forcément évident.
26:51Je pense que
26:51ce n'est pas forcément évident.
26:52On le voit même aujourd'hui
26:53avec l'interdiction
26:53des réseaux sociaux
26:54au moins de 15 ans.
26:56On a tous conscience
26:57du problème,
26:58mais est-ce qu'on va avoir
26:59vraiment les outils
27:00pour être capable
27:01de mettre ça en œuvre
27:02d'une façon
27:02qui protège
27:03effectivement
27:04la vie privée ?
27:07Il y a quand même
27:07matière à débat.
27:08C'est-à-dire que l'interdiction,
27:09est-ce que c'est une protection ?
27:10Non, c'est plutôt
27:10un aveu de faiblesse a priori.
27:12C'est qu'on n'a pas réussi.
27:13Exactement,
27:13on n'a pas réussi.
27:14On n'a pas su aller
27:15pour le moment,
27:16en tout cas,
27:17au cœur du problème.
27:18Et donc,
27:18tout ça,
27:19vous allez l'étudier
27:20au sein du Cercle de la Donnée
27:21et je compte sur vous
27:22pour nous faire part
27:23de vos conclusions.
27:24Avec grand plaisir.
27:25Merci beaucoup,
27:26Carole Chartier-Dilabia.
27:27Je rappelle que vous êtes
27:28juriste,
27:29membre fondatrice
27:30et secrétaire générale
27:30du Cercle de la Donnée.
27:32Merci à vous tous
27:32de nous suivre.
27:33C'était Smartech,
27:34votre émission
27:35sur le numérique
27:36et ses enjeux.
27:37Je vous donne rendez-vous
27:38jeudi prochain.
27:39On sera en direct
27:40à 10h45
27:41pour commenter
27:42toute l'actualité tech.
27:43A très bientôt.
27:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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