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Mardi 27 octobre 2026, retrouvez Jean-Michel Pommet (fondateur et PDG, ZENI) et Angela Naser (Présidente, Women In Tech France.) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:07Bonjour à tous, à la une de Smartech, on va parler de mixité dans la tech, dans ce secteur encore
00:13très masculin.
00:14On va voir comment on peut passer des paroles aux actes.
00:16Et puis on va s'intéresser à une innovation dans le domaine des micro-algues pour filtrer les eaux usées.
00:22C'est parti.
00:26Très heureuse de vous recevoir, Angela Nasser. Bonjour.
00:29Bonjour Delphine, merci de m'accueillir.
00:31Vous êtes la présidente de Women in Tech France et vous êtes aussi l'ambassadrice de Women in Diversity in
00:36Tech,
00:36qui est un programme porté par Tech Show Paris, qui va d'ailleurs nous réunir puisque Bisparte est partenaire média
00:43de cet événement,
00:44qui rassemble des décideurs, des expertes, des fondatrices, je mets tout ça au féminin,
00:50des leaders en innovation qui sont engagés pour la diversité, l'équité, l'inclusion comme un levier de performance dans
00:58notre secteur de la tech.
01:00Depuis la création en 2018 de Women in Tech France, quelles sont les évolutions que vous avez pu constater ?
01:09Alors, 2018, c'était la date de création de Women in Tech Global, et Women in Tech France existe depuis
01:15trois ans.
01:16On a mis beaucoup de choses en place parce qu'aujourd'hui, Women in Tech, on est présent dans 78
01:21pays dans le monde,
01:22on compte plus de un million de membres dans le monde entier.
01:25D'accord.
01:25La France est devenue le deuxième pays après les Etats-Unis, premier pays en Europe.
01:30En termes d'engagement ?
01:31En termes de membres et d'engagement, nous sommes devenus en trois ans la référence des hackathons en France.
01:36On a mis beaucoup de choses en place.
01:38Entre autres, les hackathons, on a mélangé des lycées de zone prioritaire avec des grands lycées en France.
01:43On organise des youth camps où on fait des hackathons avec des jeunes filles.
01:48Et on invite aussi des jeunes garçons à venir et surtout en forme les parents.
01:54On intervient dans beaucoup d'associations et de lycées en France.
01:58Et on met des choses en place aussi pour les carrières des femmes, entre autres des meet and greet.
02:02Et on est très fiers d'annoncer que grâce à tous ces événements qu'on a mis en place, on
02:06a fait signer plus de 150 CDI l'année dernière.
02:08À des jeunes filles, à des femmes ?
02:10À des femmes qui sont en reconversion.
02:11Parce qu'en fait, les meet and greet, on organise tous les mois un événement où on se fait hoster
02:16par une entreprise.
02:17Et on organise une table ronde.
02:18Et c'est beaucoup plus simple d'échanger avec un chef d'entreprise autour d'un verre.
02:23que directement.
02:25Et puis, on encourage aussi nos membres à nous dire, quand ils postulent dans une entreprise, de nous envoyer le
02:31CV.
02:31Et comme ça, on l'envoie en direct.
02:33Et beaucoup d'entreprises passent par nous aujourd'hui pour recruter des femmes.
02:37Alors, ça c'est super positif.
02:39Quand je vous pose la question de l'évolution, c'est qu'il y a l'IA qui est arrivée,
02:42l'intelligence artificielle qui se diffuse partout.
02:45On ne voit quand même pas beaucoup de femmes encore.
02:47Non, malheureusement.
02:48En fait, je vais reprendre les chiffres qui ont été annoncés par le World Economic Forum,
02:51où ils ont dit que l'IA allait créer 170 millions de nouveaux postes.
02:56On supprimait à peu près 85 millions.
02:58Mais surtout que 85% des jobs qu'on va faire en 2030 n'existent pas encore.
03:02Donc moi, je dis qu'en fait, ce n'est pas l'IA qui va remplacer les hommes.
03:05C'est les personnes qui ont intégré l'IA dans leur quotidien, dans leurs compétences,
03:11qui vont remplacer les personnes qui ne l'ont pas intégrée.
03:15Et donc, oui, moi j'encourage beaucoup les femmes à se former, à monter en compétences.
03:21Et c'est vrai qu'il y a des choses qui ne vont pas aujourd'hui en France.
03:26Mais il y a quelque chose que nous avons que les autres pays n'ont pas, que ça s'appelle
03:28le CPF.
03:29Et quand je sais que 85% du CPF n'est pas utilisé, moi je leur dis, mais utilisez-le,
03:35formez-vous, adaptez votre métier à l'IA.
03:38Moi, j'ai connu, je suis arrivée dans la banque et finances en 2002, et j'ai connu l'arrivée
03:43d'Office.
03:45Et les gens étaient contre.
03:46Donc je veux dire, aujourd'hui, on se dit, on était contre Excel et PowerPoint.
03:50Donc oui, aujourd'hui, on a la révolution.
03:53Il y a des sujets éthiques d'utilisation de logiciels américains, mais tout le monde est OK pour...
03:58utiliser ces outils numériques.
04:00Exactement.
04:00Et aujourd'hui, on a la révolution du XXIe siècle qui est là, et on ne peut pas exclure la
04:05moitié de l'humanité de cette révolution.
04:07Donc il faut prendre sa place.
04:10Vous êtes également conseillère du commerce extérieur de la France, consultante auprès des Nations Unies.
04:14Est-ce que vous voyez ce sujet de la mixité prendre de l'importance dans ses organes ?
04:17Alors c'est toujours un sujet, mais je trouve qu'il y a un océan entre le sujet et la
04:24réalité.
04:25C'est parce qu'aujourd'hui...
04:26De la parole aux actes, c'est vraiment notre...
04:28Voilà, exactement.
04:29Mais dans tous les domaines, si je prends même le domaine de la finance et banque, les femmes représentent 65
04:34% des effectifs, mais que même pas 2% des postes exécutifs.
04:38Donc il y a vraiment un océan entre les paroles et les actes.
04:43Donc oui, c'est très joli, les politiques de RSE, etc.
04:47Mais si on n'ouvre pas des opportunités aux femmes, si on ne leur permet pas de postuler un poste,
04:52d'évoluer dans l'entreprise, quel que soit le domaine...
04:55Et maintenant, l'IA, je veux dire, elle n'est pas... L'IA, ce n'est pas un sujet tech
04:59et numérique, c'est un sujet de tous les secteurs.
05:03Je veux dire, c'est dans la médecine, c'est dans l'agriculture, c'est...
05:05Bien sûr.
05:05Donc en fait, il ne faut plus, comme dirait le Premier ministre canadien, on ne veut plus être au menu,
05:11mais autour de la table.
05:12Et ça, c'est important.
05:13Donc vous en appelez quoi ? La responsabilité des entreprises ?
05:16Exactement.
05:16Sur les recrutements, sur la montée aussi dans des postes décisionnaires ?
05:20Exactement. En fait, il faut ouvrir les opportunités.
05:23En fait, aujourd'hui, la mixité, l'égalité homme-femme, ce n'est pas un sujet sociétal-périphérique.
05:28C'est un sujet d'économie, c'est un sujet de souveraineté, c'est un sujet politique.
05:32Donc il faut vraiment concrètement passer des beaux slogans et des livres blancs que tout le monde a signés aux
05:42actes.
05:42Et vraiment, par exemple, il faut commencer à l'école.
05:45Ce n'est pas normal que les filles représentent 42% des élèves qui vont vers des filières scientifiques
05:52et que même pas 20% de ceux qui s'inscrivent dans les filières STEM.
05:58Donc ça aussi, et c'est pour ça que nous, quand on a mis en place une série de rôles
06:04modèles,
06:05parce que c'est très joli quand on parle de femmes comme Marie Curie, etc.
06:08Mais ce n'est pas ça qui parle aux femmes ni aux jeunes filles.
06:11Donc en fait, on a fait une série de rôles modèles où en fait, toutes les semaines,
06:15on poste des profils de femmes de tous les jours.
06:19Enfin, vous, moi, les rôles modèles, ils sont autour de nous.
06:23Donc il faut qu'on encourage les jeunes filles, il faut qu'on encourage les femmes,
06:27les femmes autour de nous aussi à prendre le lead sur ce secteur.
06:32Merci beaucoup, Orgélène Asser.
06:34Je rappelle que c'est la présidente de Women in Tech France
06:36et puis ambassadrice de ce sujet au Paris Tech Show,
06:39où on se retrouvera donc 18 et 19 novembre à Paris.
06:43Merci beaucoup.
06:44À suivre, la découverte d'une deep tech autour des micro-algues qui traitent les eaux usées.
06:54Nous sommes connectés avec Jean-Michel Pommet, le CEO de ZENI,
06:58qui est une entreprise technologique à impact basée à Saint-Nazaire
07:02qui développe une solution de traitement des eaux usées basée sur les micro-algues.
07:06Bonjour Jean-Michel, merci beaucoup d'être avec nous dans Smartech.
07:10Comment agissent ces micro-algues ?
07:13Quel est le dispositif technologique, l'innovation que vous développez
07:17et votre savoir-faire spécifique ? Expliquez-nous.
07:21Merci pour cette invitation.
07:24Comment agissent nos micro-algues ?
07:26Les micro-algues, il faut imaginer que ce sont des micro-organismes photosynthétiques,
07:30c'est-à-dire des plantes.
07:32Donc comment elles agissent ?
07:33Elles vont se nourrir des effluents industriels,
07:37des eaux usées de l'industrie qu'on va cibler, comme l'agroalimentaire,
07:41comme des milieux de culture.
07:43En effet, ces effluents sont riches en nitrate, en phosphate, principalement,
07:47et donc constituent des milieux de culture parfaitement adaptés à la culture de micro-algues
07:53qui, en se nourrissant, vont traiter ces eaux.
07:56Donc c'est un mécanisme naturel.
07:59Quelle est-vous votre intervention technologique pour que ça puisse être industrialisé
08:04et d'ailleurs s'adresser aux industriels qui ont besoin de traiter leurs eaux usées ?
08:08Alors complètement, c'est complètement naturel.
08:10Et effectivement, on dit souvent zéro produit chimique dans le traitement de l'eau conventionnelle,
08:16notamment sur le phosphore.
08:19Même si c'est un détail, ça n'en est pas tant un.
08:22Les nitrates, les phosphates, c'est vraiment un sujet.
08:24Et on utilise beaucoup de chimie aujourd'hui pour précipiter le phosphore, les phosphates.
08:29Donc naturellement, on va gérer ces polluants dans des cuves avec de la lumière immergée,
08:36des laits de basse consommation,
08:38qui vont permettre chez des industriels, sur des surfaces réduites, compactes,
08:43d'avoir ces cuves qui récupèrent directement les effluents
08:47et qu'on va traiter avec nos petites ailes qui sont à l'intérieur.
08:51C'est du traitement de l'eau biologique, donc pas classique,
08:55c'est-à-dire avec des micro-algues plutôt que de bactéries, tout simplement.
08:58Et on parle de quel type de micro-algues ?
09:01Est-ce qu'on parle des algues vertes, par exemple, qu'on voit sur les plages bretonnes ?
09:05Alors les algues vertes qu'on voit sur les plages bretonnes sont des macro-algues.
09:09Là, on parle de micro-algues, des micro-organismes.
09:11Mais c'est tout à fait similaire dans le sens où il y a aussi des marées vertes
09:16dues à des micro-algues indésirables.
09:20On ne va bien entendu pas utiliser des micro-algues indésirables,
09:23on va utiliser des micro-algues qui sont alimentaires.
09:25Un exemple, la spiruline, c'est un complément alimentaire
09:30qui commence à être très connu aujourd'hui,
09:32qui est utilisé pour les sportifs, pour leur richesse en fer, etc.
09:36Elles ont cette capacité à récupérer les polluants dans l'eau
09:41et à les transformer en biomasse d'algues, en matière algale, tout simplement également.
09:47Et vous, vous les cultivez, ces micro-algues, ou vous les récupérez dans la nature ?
09:51Alors on les cultive, mais effectivement, soit on les récupère dans la nature,
09:55c'est ce qu'on appelle des algues endémiques,
09:57tant qu'elles ont un génome qui correspond à des algues qui ne sont pas toxiques
10:03et qui sont répertoriées comme algues alimentaires,
10:06ou alors on va les récupérer dans ce qu'on appelle des banques de souches d'algues
10:10qu'on peut trouver en France, en Europe, aux Etats-Unis.
10:15Et donc on va acheter ces souches,
10:17et puis on va les cultiver dans notre laboratoire pour les maintenir.
10:20Et à partir de cette souche au-tech,
10:23on va trouver la bonne algue qui est capable de digérer,
10:27traiter un effluent lambda qu'on va recevoir.
10:30On a traité une trentaine d'effluents industriels
10:32de l'agroalimentaire et de l'aquaculture jusqu'à présent.
10:34Et alors quand ces micro-algues ont absorbé ce qui est toxique dans ces eaux usées,
10:43qu'est-ce qu'elles deviennent ?
10:44Qu'est-ce qu'on en fait ?
10:44Est-ce que ça génère un déchet supplémentaire ?
10:47Alors excellente question.
10:49Quand on parle d'agroalimentaire ou d'aquaculture,
10:52les effluents ne sont pas saturés en métaux lourds,
10:57en composés très toxiques.
10:59Quand on parle de produits toxiques,
11:01en fait c'est les fameux nutriments pour les algues,
11:03nitrates, phosphates.
11:04Et donc on va vraiment épurer ces effluents.
11:10Et ce qui est intéressant,
11:12c'est que derrière la biomasse,
11:15qui est de très bonne qualité,
11:17a des propriétés agronomiques.
11:19On va faire des engrais biosourcés ou zootechniques.
11:22On va faire de l'alimentation animale,
11:24par exemple pour le poisson.
11:26Vous imaginez une pisciculture en système circulaire.
11:29On va traiter leurs excès d'azote et de phosphore
11:31qui polluent les rivières.
11:33Et on va transformer ça en matière d'algues
11:35qui peut être un aliment pour le poisson.
11:38Et tout ça de façon décarbonée,
11:40puisque ce sont des plantes.
11:42Donc elles vont capter le CO2 potentiellement industriel
11:45pour créer cette biomasse.
11:47C'est vraiment vertueux.
11:49Donc ça se passe chez l'industriel,
11:51en fait, ce traitement des eaux usées.
11:53C'est localement, dans l'usine,
11:56qu'ils peuvent installer ce dispositif.
11:58Qu'est-ce que vous fournissez, vous ?
12:00Totalement.
12:01Et on ne va pas embarquer, trimballer de l'eau.
12:04Ce n'est pas possible.
12:04Vous imaginez les conséquences,
12:07justement, sur le CO2,
12:08le coût du carburant.
12:10Non, non.
12:10Effectivement, chez eux,
12:11on dépose nos cuves.
12:12Donc on va fournir, en fait,
12:13la station d'épuration biologique
12:16à partir de micro-algues.
12:18On va fournir nos algues.
12:19Et à partir de là,
12:20on va former les industriels
12:22à cette opération.
12:25Et puis, de temps en temps,
12:25ils ont envie qu'on gère
12:27nous-mêmes leurs stations.
12:29et donc, on va gérer
12:31la station d'épuration biologique.
12:34Merci beaucoup, Jean-Michel Pommet.
12:36Je rappelle que vous êtes le CIO de ZENI.
12:38Ravi d'avoir découvert cette innovation,
12:41cette deep tech française
12:42située à Saint-Nazaire.
12:44Merci à tous de nous avoir suivis
12:46et d'avoir suivi ces découvertes
12:47avec nous sur la chaîne Bsmart.
12:50On se retrouve dès demain
12:50pour de nouvelles discussions sur la tech.
12:59Sous-titrage Société Radio-Canada