Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Blindés 148 Saison 2
Découvrez l'histoire et les secrets techniques du mythique E.B.R. (Engin Blindé de Reconnaissance) de Panhard ! Développé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour répondre aux besoins de l'Armée française en matière de reconnaissance rapide et mobile, ce blindé à roues est un véritable concentré d'innovations technologiques pour son époque.

Catégorie

🤖
Technologie
Transcription
00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30L'engin blindé de reconnaissance, ou EBR de Panhard, est l'un des véhicules de reconnaissance à roues les plus
00:36emblématiques de l'armée française de l'après-guerre.
00:39Conçu à la fin des années 1940, sur la base du projet Panhard 201 d'avant-guerre et mis en
00:45service à partir de 1951,
00:47il se distingue par des choix techniques particulièrement audacieux.
00:53Au combat !
00:54Déparé-vous !
00:55Pilote prêt !
00:56Horeur prêt !
00:58Chargeur paré !
01:11Chargeur co-chargé !
01:15Bambi en approche !
01:25Sous-titrage Société Radio-Canada
01:29Sur route, il circule en mode 4x4, sur ses 4 roues extérieures équipées de pneumatiques increvables,
01:36tandis que les 4 roues centrales en acier à crampons restent relevées hydrauliquement.
01:43En tout terrain, ses roues centrales sont abaissées pour transformer le véhicule en un véritable 8x8, réduisant la pression au
01:51sol et offrant une excellente mobilité dans la boue ou le sable.
01:56Afin de s'extirper rapidement d'une zone dangereuse sans devoir faire demi-tour, le BR dispose de deux postes
02:04de conduite opposés, un pilote à l'avant et un inverseur à l'arrière.
02:08Cette configuration lui permet de rouler à la même vitesse maximale, soit près de 100 km par heure, aussi bien
02:16en marche avant qu'en marche arrière.
02:18Le véhicule est propulsé par un moteur 12 cylindres à plat essence développant 200 chevaux.
02:26Sa grande particularité réside dans sa hauteur extrêmement réduite de seulement 22 cm.
02:33Installé directement sous le plancher de l'équipage, il permet de maintenir une silhouette très basse, avec une hauteur de
02:401,60 m au toit de la caisse.
02:43Le BR a principalement utilisé deux configurations de tourelles.
02:48La tourelle FL-11 était équipée à l'origine du canon de 75 mm SA-49, rééquipée plus tard en
02:5690 mm F2 pour faire face au blindage moderne.
03:01La tourelle FL-10, identique à celle du char léger AMX-13, était quant à elle armée d'un canon
03:09de 75 mm SA-50 à haute vélocité alimentée par des barilets de recharge automatique.
03:16L'adaptation du canon de 90 mm sur le BR Panhard répond à une nécessité tactique majeure au début des
03:23années 1960.
03:25Donner aux unités de reconnaissance une vraie capacité anti-char face aux nouveaux blindés soviétiques de la guerre froide, comme
03:32le T-54 ou le T-55.
03:35Le canon d'origine de la tourelle FL-11, le 75 mm SA-49 à basse vélocité, s'avérait désormais
03:43insuffisant contre des blindages modernes.
03:45Pour moderniser la flotte sans concevoir une toute nouvelle tourelle, ni alourdir le véhicule, les ingénieurs français ont opté pour
03:54une solution technique particulièrement ingénieuse.
03:57Au lieu de remplacer complètement la tourelle, le canon de 75 mm SA-49 existant a été réalisé.
04:05Son diamètre intérieur a été réusiné et porté à 90 mm pour devenir le canon de 90 mm F2 ou
04:14CN-90F2.
04:17Cette modification s'est accompagnée d'un aménagement de la masse oscillante de la tourelle et du frein de bouche,
04:24permettant d'absorber le recul sans fragiliser la structure légère de la tourelle FL-11.
04:29Le volume interne restreint de la tourelle est resté pratiquement inchangé, ce qui a permis de conserver l'ergonomie globale
04:37pour le tireur et le chef de char.
04:40L'atout majeur de cette conversion réside dans l'utilisation d'obus à cherche creuse.
04:46Contrairement aux obus perforants classiques, dont l'efficacité dépend de la vitesse de l'impact, la capacité de pénétration d
04:53'une charge creuse dépend uniquement de son diamètre.
04:56En passant du 75 mm au 90 mm, la capacité de perforation a bondi, permettant de percer plus de 300
05:05mm d'acier à n'importe quelle distance de tir,
05:09tout en tirant avec un canon à faible pression initiale, compatible avec un blindé léger à roue.
05:16Convertis à partir de 1963-1964, les EBR ainsi modifiés, souvent désignés EBR 90, ont pu prolonger leur carrière au
05:25sein des régiments de cavalerie française
05:27jusqu'à leur remplacement progressif par l'AMX-10RC à la fin des années 1970.
05:34L'équipage de l'EBR Panhard se compose de 4 hommes répartis de façon très particulière entre la tourelle et
05:41le châssis
05:42pour répondre aux exigences du double pilotage de la silhouette basse du véhicule.
05:48Le pilote avant, l'inverseur ou pilote arrière à radio, le chef de char et le tireur.
05:55Les témoignages des hommes qui ont servi l'EBR Panhard, surnommés les EBRistes,
06:01peignent le portrait d'un véhicule aussi impressionnant sur le papier que rude à vivre au quotidien.
06:07Si ses performances suscitaient un vrai respect, la vie à bord relevait parfois de l'épreuve physique.
06:14Sur le terrain, les équipages appréciaient particulièrement la vitesse et la souplesse du véhicule.
06:20La capacité d'atteindre près de 100 km par heure en marche arrière grâce au poste de l'inverseur
06:26était vécue comme une véritable assurance vie en situation d'embuscade.
06:33Les pilotes soulignaient également la redoutable efficacité du train 8-8.
06:37Une fois les roues métalliques centrales abaissées,
06:40l'EBR traversait des zones de boue ou de sable où d'autres véhicules s'enlisaient irrémédiablement.
06:48L'arrivée de la tourelle à canon de 90 mm a aussi renforcé la confiance des tireurs et chefs de
06:55char,
06:56qui avaient enfin le sentiment de pouvoir faire face à n'importe quelle menace blindée.
07:01En revanche, le confort à bord était quasi inexistant.
07:05Pour maintenir une silhouette extrêmement basse, 1,60 m de haut au niveau de la caisse,
07:12l'espace intérieur était réduit au strict minimum.
07:16Les deux pilotes avant et arrière travaillaient dans une position quasi allongée,
07:21très éprouvante pour le cou et le dos lors de longues patrouilles.
07:26L'ergonomie générale pâtissait fortement de cette compacité extrême.
07:31En premier lieu, la chaleur et les odeurs posaient un vrai problème.
07:35Le moteur étant logé sous le plancher de l'équipage,
07:38la température de l'habitacle devenait vite étouffante,
07:42en particulier durant les opérations en Algérie ou en Afrique subsaharienne.
07:47A cela s'ajoutaient les gaz d'échappement et les fumées de tir du canon,
07:51qui peinaient à s'évacuer du confinement de la tourelle.
07:55Le BR n'était pas un véhicule à mettre entre toutes les mains.
07:59Le pilotage demandait une grande finesse,
08:02notamment pour gérer le passage du mode 4x4 en mode 8x8
08:06et pour se coordonner parfaitement avec l'inverseur lors de manœuvres complexes.
08:12Côté maintenance, l'accès au moteur situé sous le plancher
08:16exigeait souvent un démontage lourd et fastidieux,
08:20ce qui faisait pester les équipages de soutien technique.
08:23Par ailleurs, le niveau sonore s'avérait épuisant.
08:27Le bruit du moteur combinant vibrations du train de roulement à grande vitesse
08:32rendait le port du casque radio indispensable en permanence.
08:37Enfin, la visibilité restreinte imposait une contrainte majeure.
08:43Piloter le BR, tête rentrée, au seul épiscope demandait une concentration extrême
08:49et causait une fatigue visuelle rapide.
08:51La vision périphérique étant particulièrement limitée.
08:55En résumé, les équipages voient à le BR un mélange de fierté et de rancœur.
09:00Fierté d'avoir servi sur l'engin le plus rapide et le plus racé de son époque.
09:05Mais rancœur face aux conditions de travail spartiate qu'ils imposaient à ses quatre occupants.
09:12Le BR Panhard a été engagé dans plusieurs conflits majeurs,
09:15principalement durant la période de la décolonisation.
09:18C'est sur le théâtre algérien que le BR a connu son utilisation opérationnelle le plus intense.
09:24Attaché au régiment de cavalerie, il remplissait plusieurs missions stratégiques.
09:28D'une part, il assurait l'ouverture et la surveillance des axes en patrouillant le long des pistes et des
09:34routes
09:35grâce à sa vitesse et sa capacité tout terrain.
09:37D'autre part, le BR a été massivement déployé le long de la ligne Châle et de la ligne Maurice.
09:44Ces réseaux électrifiés et minés, surveillant les frontières tunisiennes et marocaines
09:49pour empêcher les infiltrations de la Hélène.
09:53Enfin, lors des opérations de ratissage en terrain ouvert ou semi-montagneux,
09:58le train de roulement 8-8 à Besset permettait de traquer les groupes armés dans des zones très escarpées.
10:03C'est d'ailleurs le contexte algérien qui accélérerait la prise de conscience
10:08des limites du canon de 75 mm d'origine face aux abris fortifiés,
10:13conduisant plus tard à la modernisation vers le canon de 90 mm.
10:47심rise de la pauvreté,
10:47De cette liste,
11:06Abonnez-vous !
11:19L'EBR a participé de manière très directe aux combats urbains et périurbains lors de la crise de Bizerte en
11:25juillet 1961.
11:27Les EBR ont été engagés contre les forces tunisiennes pour débloquer la base navale française.
11:34Leurs mitrailleuses et leur mobilité ont joué un rôle clé lors des affrontements violents pour le contrôle de la ville
11:41et de la passe.
11:42Dans le cadre des accords de la défense post-indépendance, l'armée française a déployé des EBR dans plusieurs opérations
11:50extérieures à la fin des années 1960 et durant les années 1970.
11:55Au Tchad, les EBR ont été déployés dans le cadre de la guerre civile pour appuyer les forces gouvernementales tchadiennes
12:02contre les rébellions du Nord.
12:05En Mauritanie, ils ont participé à la protection du secteur minier et des lignes de chemin de fer stratégique face
12:12aux raids du front Polisario.
12:14Si l'EBR était conçu à l'origine à la reconnaissance profonde et aux combats antichers face à des colonnes
12:21de blindés soviétiques en Europe de l'Ouest,
12:23il a finalement été utilisé comme véhicule contre-insurrection, d'appui de feu direct et de sécurisation de zone.
12:32Sa vitesse en marche arrière, permise par le système de double pilotage, s'est avéré être un atout tactique précieux
12:38pour s'extirper rapidement des embuscades en terrain étroit.
12:52Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations