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  • il y a 2 jours
Blindés 144 Saison 2
L’ARL 44 est un char lourd français de l’après-guerre, combinant une caisse héritée des blindés de la Seconde Guerre mondiale avec un puissant canon de 90 mm, conçu pour moderniser rapidement les forces blindées françaises.

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Technologie
Transcription
00:16A vos véhicules !
00:18On se départ !
00:19Pilote prêt !
00:20Tireur prêt !
00:21Chargeur prêt !
00:38Dès 1940, les ingénieurs du CDM, un camouflage du matériel,
00:43continuent de travailler en secret sur des projets de chars lourds
00:46sous couvert d'études pour les secteurs civils,
00:49notamment sous la forme de tracteurs chenillés.
00:52A peine paré libéré en août 1944,
00:54le ministère de la guerre ordonne immédiatement
00:56la production d'un char national de 30 tonnes.
00:59Il finira par en faire 50 afin d'équiper l'armée française
01:02avec du matériel conçu sur place.
01:04Cette décision purement politique
01:06vise à affirmer le retour de la France
01:08comme une grande puissance industrielle et militaire
01:11sur la scène internationale.
01:13Finalement, seulement 60 exemplaires
01:16seront commandés et assemblés par les usines Renault,
01:19FAMH, Forges et Assyrie de la Marine et d'Aumécourt.
01:48L'ARL 44
01:49L'ARL 44 représente un curieux mélange d'anacronyme technologique et d'innovation moderne,
01:54reflétant l'état d'urgence dans lequel il a été conçu.
01:59Le châssis constitue le principal héritage du passé.
02:02Pour aller vite, éparés ou plus pressés,
02:05les ingénieurs se sont basés sur les plans du char B1 bis des années 1930.
02:09Les chenilles enveloppantes font le tour complet du flanc,
02:12à la manière des chers britanniques de la Première Guerre mondiale.
02:16Le train de roulement utilise une multitude de petits galets de roulement
02:19avec une suspension à ressort, une solution totalement obsolète en 1944,
02:24face aux barres de torsion des Panthères et des Schermann.
02:28L'ensemble est intégralement abrité derrière d'imposantes jupes blindées.
02:33La France manquant cruellement de moteurs puissants et fiables à la libération,
02:37la solution est trouvée directement dans les stocks de l'armée allemande vaincus.
02:42Le char reçoit ainsi le moteur V12 essence de 23,8 litres,
02:46développant 575 chevaux, qui est le moteur exact propulsant les chars allemands
02:52Panthère et Tigre 2.
02:54Malgré cette heure mécanique réputée,
02:56le véhicule s'avère lourd et nettement sous-motorisé pour ses 50 tonnes.
03:00Sa vitesse maximale plafonne à 30 km heure sur route
03:04et chute drastiquement sur tout terrain.
03:06Le tout avec une consommation en carburant proprement astronomique.
03:11Le niveau de protection est le véritable point fort du char.
03:14Les concepteurs ont retenu les leçons des derniers combats
03:18en inclinant fortement les plaques pour maximiser l'épaisseur effective.
03:22Le glacis frontal affiche ainsi 120 mm d'épaisseur réelle inclinée à 45 degrés,
03:28ce qui équivaut à une protection de plus de 170 mm.
03:33Cette barrière frontale surpasse les capacités défensives du Tigre 1
03:37et s'aligne sans rougir sur celle du Tigre 2.
03:41Initialement prévue pour recevoir un canon de 75 mm,
03:45puis de 90 mm Schneider,
03:47l'RL 44 est finalement dotée d'une tourelle imposante
03:51développée par le FCM, Forge et Chantier de Méditerranée
03:55pour accueillir une pièce d'artillerie lourde.
03:58Le canon principal est le 90 mm DCA modèle 1945,
04:02doté d'un tube très long de 65 calibres.
04:05A l'origine développé comme canon anti-aérien,
04:08il subit des modifications majeures pour l'usage anti-char.
04:12Ses performances se révèlent excellentes,
04:15avec une vitesse initiale très élevée de l'ordre de 1000 mètres par seconde.
04:20Ce pouvoir de perforation surpasse le célèbre 88 mm,
04:24KWK-43 du Tigre 2,
04:26permettant à l'RL 44 de percer la plupart des blindages de l'époque à longue distance.
04:32L'armement secondaire se compose quant à lui de deux mitrailleuses de 7,5 mm,
04:38positionnées en configuration coaxiale et en caisse.
04:41Le développement et les campagnes d'essai de l'RL 44
04:44ont immédiatement mis en lumière
04:46les contradictions d'un projet industriel mené dans l'urgence de l'après-guerre.
04:51Le tout premier prototype sort des ateliers en 1946.
04:55Pour cette phase initiale,
04:57le véhicule est équipé d'une tourelle provisoire
04:59et d'un canon américain de 76 mm prêté par les forces alliées.
05:04Installé dans une tourelle provisoire en plaque d'acier soudée,
05:07développée spécifiquement pour les premiers essais,
05:10car la tourelle finale n'était pas prête.
05:13Ces derniers tours de piste ont pour but de tester la résistance du châssis,
05:18le comportement de la transmission et la viabilité globale de la formule.
05:22Très vite, les ingénieurs constatent que si la protection en acier lourd répond aux attentes,
05:27la mécanique ne suit pas.
05:30Des essais approfondis menés entre 1947 et 1949
05:33révèlent des faiblesses structurelles majeures,
05:36en particulier au niveau des freins et de la boîte de vitesse
05:39qui s'usent prématurément et cassent sous l'effort des 50 tonnes de la machine.
05:44La suspension à petit galet,
05:46calquée sur celle du vieux char B1 bis,
05:49montre elle aussi ses limites physiques.
05:52Alors que la puissance théorique du moteur allemand
05:54aurait dû permettre d'atteindre une vitesse de pointe de 37 km par heure,
05:58la désuétude du train de roulement bride le char à une vitesse pratique
06:02d'à peine 30 km par heure sur route,
06:04tout en provoquant de violentes vibrations.
06:07Face à des pannes à répétition,
06:09l'armée française doit lancer un programme de remise à niveau et de fiabilisation
06:13pour corriger les défauts les plus criants
06:15avant d'envisager une livraison en unité.
06:18C'est également durant ces phases de test
06:20que l'ergonomie de la tourelle définitive construite par Schneider est évaluée.
06:26Les équipes découvrent un détail pratique crucial pour le transport stratégique.
06:31Le canon de 90 mm DCA est si long qu'il pose problème pour les gabarits ferroviaires.
06:38Un système de glissière est alors validé lors des essais,
06:42permettant de reculer l'intégralité du tube à l'intérieur de la tourelle
06:46pour faire passer la longueur totale du char de 10,50 m à 8,70 m lors des déplacements par
06:52train.
06:52Malgré ces ajustements, les rapports d'essais finaux concluront que le char reste trop complexe,
06:59peu fiable et déjà dépassé par les doctrines modernes de mobilité.
07:03...
07:07...
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07:18...
07:59L'ARL 44 n'a jamais connu le feu des combats.
08:03Entré en service de manière effective à la fin des années 1940,
08:07il montre très rapidement ses limites exceptionnelles sur le terrain.
08:12La fiabilité mécanique se révèle médiocre,
08:14car la boîte de vitesse et les suspensiorités d'un autre âge
08:18cèdent souvent sous l'effort des 50 tonnes du monstre.
08:21Le principal succès du projet reste avant tout politique et industriel.
08:26Son existence même a permis au bureau d'études français,
08:29comme l'atelier de construction du Rueil, ARL,
08:33de se remettre à flot,
08:35de reformer des équipes d'ingénieurs
08:37et de préparer la génération suivante de blindés
08:40qui mènera au projet AMX 50,
08:43puis à la réussite technique de l'AMX 13.
08:46Les 60 exemplaires construits ont équipé un régiment de chars de combat de Mourmelon
08:50et ont participé à quelques défis de du 14 juillet,
08:54avant d'être définitivement retirés du service au début des années 1950
08:58pour être remplacés par les chars Américains M47 Patton
09:01fournis dans le cadre de l'OTAN.
09:14Sous-titrage Société Radio-Canada
09:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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