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  • il y a 5 jours
Mais au-delà de la polémique politique et éditoriale, que dit le droit du travail ? Les syndicats et les salariés ont-ils un fondement juridique pour s'opposer au recrutement ou à l'intervention d'un confrère sur une radio publique ?

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Éducation
Transcription
00:27Le journaliste de France Inter
00:30Le journaliste de France Inter est un journaliste qui travaille pour un média d'extrême droite.
00:32Bonjour et bienvenue sur la minute du droit du travail.
00:35Charles Sapin est un journaliste politique.
00:37Mais pas n'importe lequel, il est le nouveau directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles,
00:41un hebdomadaire classé à l'extrême droite connu pour ses positions très conservatrices
00:45et c'est une régulièrement polémique.
00:47Valeurs Actuelles c'est notamment une condamnation en appel en 2022
00:51pour injure publique à caractère raciste envers la députée Daniel Obono,
00:55représentée sous les traits d'une esclave.
00:57Une condamnation en appel en 2015 pour provocation à la haine après son dossier intitulé
01:02« Rome, l'overdose », une semaine après celle pour une autre une avec une photo de Marianne Voilé.
01:08Des dossiers à charge contre l'audiovisuel public pendant la commission parlementaire
01:13durant l'hiver 2025 accusant notamment Radio France et France Télévisions de, je cite,
01:18« grave magouille » de « des unes pro-trumpistes, anti-immigration
01:22ou sur l'antrisme islamiste dans le foot français.
01:25Les portraits et les idées de Jordan Bardella, Philippe De Villiers, Mathieu Boc-Côté,
01:30Michel Onfray, Eric Zemmour ou Cyril Hanouna régulièrement en exergue. »
01:34Et c'est là que le problème commence parce que France Inter, la radio publique,
01:37décide de lui confier un édito régulier.
01:40Une décision qui ne passe pas du tout en interne.
01:42Très vite, la mobilisation est lancée.
01:44Le 26 août, les syndicats de Radio France dénoncent une contradiction.
01:47Comment le service public peut-il offrir une tribune à un média qui, selon eux,
01:52véhicule des idées contraires aux valeurs de France Inter ?
01:54Dans le même temps, la chaîne confirme sa fin de collaboration avec Thomas Legrand,
01:58journaliste de gauche, mis à l'index depuis septembre 2025,
02:01après l'affaire de la rencontre dans un café entre deux journalistes de France Inter,
02:05Thomas Legrand et Patrick Cohen, et deux responsables du Parti Socialiste.
02:09J'en parle d'ailleurs dans cette vidéo.
02:11La tension monte.
02:12Une grève est envisagée.
02:13La direction de Radio France se retrouve sous pression accusée par les organisations syndicales
02:18de ne pas mesurer la portée du signal envoyé.
02:21Selon les syndicats, France Inter n'est pas une radio de gauche.
02:24Pour preuve, elle accueille des économistes libéraux, des voix conservatrices
02:27et respecte la pluralité des opinions dans le cadre imposé par l'ARCOM.
02:32C'est aussi, selon eux, une radio qui respecte les principes fondateurs de l'État de droit.
02:36L'héritage issu du CNR, le Conseil National de la Résistance,
02:41inscrit dans le cahier des charges de Radio France comme le principe de non-discrimination.
02:45Selon la CGT, les injures racistes de valeurs actuelles sont des délits,
02:49la nostalgie de Vichy, du révisionnisme, la préférence nationale, une entorse à la Constitution.
02:54Charles Sapin n'a donc, selon elle, rien à faire sur France Inter.
02:58Plus tôt, le SNJ-CGT, Radio France avait déjà alerté la direction de France Inter
03:02sur l'invitation de Gabrielle Cluzel, directrice de Boulevard Voltaire,
03:06dans le débat de midi, présenté pendant l'émission comme une mère de cet enfant.
03:10Or, Boulevard Voltaire, un site d'actualité d'extrême droite,
03:12avait participé quelques semaines plus tôt à une campagne de dénigrement
03:16d'une journaliste de Radio France.
03:18Le SNJ-CGT Radio France appelle à organiser au plus vite une assemblée générale
03:22pour décider de la conduite à tenir face à cette ligne rouge inacceptable
03:26franchie par la direction.
03:28Une assemblée générale, c'est une réunion de tous les travailleurs
03:30en vue de débattre d'un sujet donné.
03:32C'est aussi un moyen pour les organisations syndicales de motiver ses troupes
03:35et de mesurer la réception de leur communication.
03:38La direction de France Inter présente Charles Sapin comme un journaliste compétent
03:41qui a travaillé pour Le Parisien, Le Figaro et Le Point
03:45avant de rejoindre Valeurs Actuelles sans qu'aucun écrit,
03:48moralement critiquable, n'ait été porté à notre connaissance, selon la direction.
03:52Les organisations syndicales pointent alors du doigt le combat éditorial de Charles Sapin
03:55pour qu'on ne taxe plus le Rassemblement national de formation d'extrême droite.
03:59Elles ajoutent que dans la décrologie de Jean-Marie Le Pen dans Le Figaro,
04:03Charles Sapin écrit qu'il était, je cite, « perçu comme raciste, xénophobe ou antisémite
04:08par ses détracteurs », alors que l'ancien président du FN a été condamné
04:12plus d'une vingtaine de fois pour ses délits.
04:14Enfin, elles considèrent que cette initiative, d'autant plus mortifère,
04:17qu'elle s'inscrit dans un contexte de fragilisation du service public,
04:21suite à la commission d'enquête parlementaire,
04:22dont le rapporteur Charles Laloncle n'a pas été tendre, envers France Inter notamment.
04:27Face au tollé, la direction tente une porte de sortie,
04:30transformer l'édito de Charles Sapin en débat contradictoire,
04:33une manière de garder le chroniqueur tout en équilibrant les points de vue.
04:38Cette vidéo et cette chaîne sont sans publicité ni placement de produits.
04:41Et si vous êtes encore là, c'est que mon travail vous plaît,
04:43alors si vous visionnez depuis un téléphone,
04:45vous pouvez mettre un boost sur cette vidéo pour l'aider à décoller.
04:50Mais Charles Sapin refuse ce plan B.
04:52Il l'annonce lui-même, il ne viendra plus sur France Inter.
04:55Dans une déclaration reprise par toute la presse,
04:58il explique regretter que la direction de Radio France
05:00ait décidé de rendre les armes.
05:03Autrement dit, pour lui, c'est la radio qui a cédé
05:05face à la pression des organisations syndicales.
05:07Pour ses soutiens, il devient un symbole de la censure.
05:11Pour ses détracteurs, il est simplement responsable
05:13des conséquences de ses propres choix éditoriaux.
05:16Charles Sapin lui-même n'a jamais été condamné.
05:19Les syndicats s'opposent à lui en raison de son appartenance
05:22à Valeurs Actuelles, pas en raison d'une condamnation personnelle.
05:26Aucun texte ne prévoit qu'un journaliste
05:27ne peut pas intervenir sur une radio publique
05:30parce que son employeur a été condamné.
05:32La question relève donc de la liberté éditoriale de France Inter
05:35et du cadre réglementaire de Radio France sur le pluralisme.
05:38Les syndicats ont raison sur les condamnations de Valeurs Actuelles,
05:41mais ils ne peuvent pas s'appuyer sur le droit
05:43pour empêcher Charles Sapin d'intervenir.
05:45Leur argument est éditorial et politique, pas juridique,
05:49car les seuls cas où l'on peut préventivement écarter quelqu'un
05:52sont le fait qu'il y ait eu une condamnation pénale
05:54prononcée contre la personne
05:56avec une peine d'interdiction d'exercer une activité précise,
06:00ce qui n'est pas le cas de Charles Sapin,
06:02ou une incompatibilité statutaire liée à la fonction.
06:05Par exemple, un membre de l'ARCOM ne peut pas être chroniqueur.
06:09Ou un manquement contractuel dans le cadre d'un contrat de travail
06:12ou de collaboration du fait de l'existence d'une clause de loyauté
06:15ou de clause d'exclusivité.
06:17Mais cela reste du droit du travail,
06:19pas une interdiction fondée sur des opinions.
06:22Donc, les propos passés de Charles Sapin
06:24peuvent être invoqués par les syndicats
06:26comme argument politique et éditorial,
06:27et ils l'ont fait.
06:28Mais ils ne constituent pas une base légale
06:30pour l'empêcher d'intervenir.
06:32C'est précisément pour cela que la direction de France Inter
06:36a d'abord tenté un compromis,
06:37transformé l'édito en débat,
06:39plutôt que d'annuler purement et simplement
06:41parce qu'elle n'avait pas de fondement juridique solide
06:44pour ne pas l'embaucher sur ses seuls propos.
06:48Et pourtant, ce sont les salariés
06:49qui, par leur mouvement, ont fait plier la direction.
06:52Il y a une vieille expression
06:54qui s'y est parfaitement à cette situation.
06:56On dit
06:56« Le fait crée le droit ».
06:59Et vous ?
07:00Qu'auriez-vous fait à la place de la direction de France Inter ?
07:04Embaucher un journaliste de droite
07:05afin de respecter l'impératif de pluralité à l'antenne ?
07:09Ou refuser l'arrivée de ce journaliste
07:11aux idées contraires au pluralisme,
07:13selon les syndicats ?
07:14Cette affaire montre à quel point
07:16l'impartialité du service public audiovisuel
07:18est devenue un champ de bataille politique
07:20et ce n'est probablement pas la dernière fois
07:22qu'on en parlera
07:23du fait de la future élection présidentielle ?
07:25Dites-moi en commentaire ce que vous en pensez.
07:27Et si cette vidéo vous a éclairé,
07:29likez, abonnez-vous
07:30et à très vite
07:31pour un nouvel éclairage
07:32de l'activité du droit du travail.
07:34N'oubliez pas d'activer la cloche
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07:36pour être sûr d'être averti
07:37d'une nouvelle vidéo sur le droit du travail.

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