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  • il y a 20 minutes
Mardi 15 septembre 2026, retrouvez Hervé Goulletquer (Senior Economic Advisor, Accuracy) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:01Générique
00:07...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne pour rester à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à 12h30 et à 17h30.
00:17Vous pouvez nous retrouver en replay sur notre site bsmart.fr
00:22et nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:26Au sommaire de cette édition, ce midi, la chute des marchés obligataires s'intensifie et tout accélère.
00:34Le rendement américain à 10 ans évolue désormais supérieur au seuil de 5%.
00:38Il est au plus haut depuis 2007.
00:40Malgré des franchissements ponctuels en octobre 2023 et puis ce lundi,
00:44le rendement américain à 10 ans n'a pas enregistré de clôture au-dessus de ce seuil depuis 2007.
00:51Le rendement américain à 20 ans enregistre un plus haut jamais atteint.
00:55Et puis sur la partie courte, le rendement à 2 ans évolue désormais autour de 4,70%.
01:02En Asie, même tendance.
01:04Les rendements japonais se tendent également avec un 10 ans qui repasse au-delà de 3%.
01:09Et puis sur la partie longue de la courbe,
01:13on observe des rendements à 20, 30 et 40 ans qui bondissent de 6 à plus de 10 points de
01:18base à l'heure où on parle.
01:21Et puis en Europe, la tendance est également à la poussée générale sur les taux.
01:27Le 10 ans allemand évolue à 3,55% et puis le 10 ans français au-delà de 4,50%.
01:34Ce qui veut dire que le spread franco-allemand flirte désormais avec les 100 points de base.
01:40C'est tout près de 100 points de base.
01:42C'est du jamais vu depuis 2012.
01:45Du côté des devises, enfin, le dollar poursuit sa hausse ramment l'euro-dollar autour de 1,15,30%.
01:51Et puis c'est donc dans ce contexte de tension générale que la réserve fédérale américaine démarre aujourd'hui sa
01:58réunion de politique monétaire.
02:00Il rendra donc demain sa décision monétaire.
02:03Alors on attend aussi d'autres banques centrales cette semaine.
02:05C'est la rentrée des banques centrales.
02:07On le rappelle, la Banque d'Angleterre, la Banque Nationale Suisse, la Banque du Japon et même celles du Brésil
02:13sont attendues cette semaine.
02:14Mais bon, parlons de la Fed.
02:16À l'heure où on parle, une hausse des taux aux États-Unis demain ne fait plus aucun doute pour
02:21le marché en tout cas.
02:22Puisque les investisseurs, la price a 95% aujourd'hui.
02:26On attend donc demain cette décision.
02:28Et puis évidemment la communication de Kevin Walsh à l'issue de celle-ci.
02:32Une communication qui sera particulièrement scrutée par les investisseurs.
02:36Alors que Kevin Walsh avait remis l'inflation au cœur et en a fait sa priorité dans un contexte où
02:43les pressions inflationnistes sont plus présentes que jamais.
02:47Le pétrole poursuit son envolée en l'absence de développement de la situation au Moyen-Orient.
02:53Le baril de Brent progresse encore de 2% environ aujourd'hui et se rapproche encore un peu de 110
02:59dollars.
03:00Le WTI américain évolue de son côté autour de 105 dollars.
03:05On en parlait hier, les prix du pétrole poursuivent leur hausse pour deux raisons.
03:09La première, c'est le report de l'entrevue entre l'Iran et ses voisins pour justement parler de cette
03:14situation dans le détroit d'Hormuz.
03:16Et puis la deuxième raison, c'est la mise hors service de l'oléoduc saoudien est-ouest qui est essentiel
03:22parce que c'est la principale route qui permet de contourner le détroit d'Hormuz.
03:27Saoudia Aramco n'a pas communiqué de date de remise en service à ce stade.
03:41Un invité avec nous tous les midis pour décrypter à chaud les tendances à la mi-journée et puis pour
03:47évoquer ensemble les enjeux de cette semaine avec moi aujourd'hui, Hervé Gouletker.
03:52Vous êtes senior economic advisor chez Accuracy. Bonjour Hervé.
03:56Bonjour Pauline.
03:56Alors commençons avec ces taux, je le disais en intro, le rendement américain à 10 ans est au plus haut
04:00depuis 2007 à plus de 5%.
04:03À quel moment, à quel seuil ça devient inquiétant pour le marché Hervé ?
04:08Je ne suis pas sûr qu'il y ait un seuil en tant que tel parce que ça va beaucoup
04:13dépendre de la psychologie des marchés.
04:15Et là-dedans, je pense que plus que le niveau, c'est la vitesse et la volatilité qui sont des
04:23ingrédients pour inquiéter les marchés.
04:25Je crois qu'il y a trois choses à dire. La première chose, si on s'arrête aux fondamentaux les
04:32plus solides du marché obligataire.
04:35En fait, un taux long, je ne sais pas, 5 ans à 10 ans, ça doit avoir une bonne tête
04:42d'évolution de la croissance en valeur.
04:45Donc l'effet volume, ce qu'on appelle le PIB, plus l'effet prix.
04:49Et on est dans un monde où, vrai ou faux, les investisseurs, les opérateurs se disent
04:55« L'inflation, elle est plus élevée qu'avant. On était en dessous de la barre des 2% avant
05:03la crise de la Covid.
05:05Aujourd'hui, on est au-dessus, on a du mal à revenir. »
05:08C'est plus haut. Et puis, il y a des promesses de plus de croissance avec les évolutions technologiques.
05:14Donc, à ce titre-là, qu'on est aujourd'hui un fondamental de taux long plus élevé, ce n'est
05:20pas anormal.
05:21La deuxième raison qui tient non pas du fondamental économique, mais du fondamental financier, c'est quand même une réalité
05:31de dette qui est lourde.
05:32Il y a les dettes des États, donc la dette publique.
05:38Et puis vient se surajouter cette dynamique d'investissement des entreprises qu'on a aujourd'hui.
05:44Alors, le secteur de la tech est en première ligne là-dessus, mais ça fait des tombeaux de dettes, des
05:50tombeaux d'opérations de refinancement.
05:53Et évidemment, l'appétit des investisseurs est-il à la hauteur de la demande des emprunteurs ?
06:02Peut-être pas. Et ça nous pousse les taux à la hausse.
06:05Donc, il y a deux raisons. Alors après, ici ou là, ça peut être différent en fonction des réalités.
06:11Et puis après, fort de ce double socle, il y a le regard des marchés, les anticipations.
06:17Là, on est moins dans l'objectif, un peu plus dans le subjectif.
06:21Et donc, il faut prendre en compte les anticipations de croissance.
06:25Aujourd'hui, avec une conjoncture qui tient plutôt le choc, il y a plutôt une tentation de les revoir un
06:31peu à la hausse.
06:32Il y a les anticipations d'inflation.
06:34Et ce qui se passe au Moyen-Orient est évidemment inquiète.
06:37On est quand même à sept mois de guerre au Moyen-Orient.
06:42Elle devait être courte, elle ne l'est pas.
06:44Qu'est-ce que ça veut dire sur la construction des anticipations inflationnistes ?
06:48On peut en discuter comme on veut.
06:50N'empêche qu'on est plus inquiet aujourd'hui qu'hier.
06:53Et puis après, il y a ce qu'on appelle la prime de terme.
06:55C'est-à-dire ce que l'investisseur va demander pour acheter un titre long,
07:00au lieu d'acheter un titre court, qu'il roulerait tout le temps.
07:03Et on voit bien qu'aujourd'hui, sur le principal marché, le marché américain,
07:08du côté de la politique budgétaire, du côté de la politique monétaire,
07:12ça a un peu tiré à U et à Dia.
07:14On n'a pas été dans une vraie capacité à comprendre sereinement ce qui se passait.
07:20Donc la prime de terme s'est tendue.
07:22Donc vous prenez tous ces éléments les uns à côté des autres,
07:26et vous avez le niveau de taux que l'on a.
07:29Les leviers, je pense qu'il y a deux leviers.
07:34Le premier levier, c'est sur la prime de terme.
07:36Envoyer des messages rassurants sur la politique monétaire,
07:40sur la politique budgétaire.
07:42On va attendre Warch, on va attendre Besson,
07:45le ministre américain des Finances.
07:47Et puis il y a évidemment les anticipations inflationnistes.
07:51Plus on est inquiet, plus c'est à même de modifier les comportements.
07:56Et donc si on pouvait faire en sorte qu'il y ait moins de tensions au Moyen-Orient,
08:00ça rassurerait tout le monde.
08:01Mais demain, c'est clé avec la Fed.
08:06Bien sûr.
08:06Et puis plus généralement, c'est clé avec les initiatives qui pourraient être prises au Moyen-Orient.
08:13Disons que le constat à aujourd'hui sur ce deuxième point n'est pas très rassurant.
08:19Oui c'est sûr.
08:19Et puis on a justement dans ce contexte de tensions au Moyen-Orient,
08:23dont vous l'avez rappelé, on va prendre connaissance demain de la décision monétaire
08:27de la Réserve fédérale, de la communication de Kevin Warch.
08:29On a pris connaissance la semaine dernière de celle de la Banque Centrale Européenne
08:33avec une Christine Lagarde qui a quand même un peu durci le ton
08:36avec ce qui se passe au Moyen-Orient.
08:38Mais parlons de la Fed.
08:40La Fed, on a pris connaissance d'un rapport sur l'emploi bien plus solide que prévu,
08:45il y a deux semaines.
08:46On a pris connaissance de PPI un peu supérieure aux attentes,
08:49de l'inflation aussi supérieure aux attentes, bien que l'inflation cœur
08:53était en progressé, mais la plus basse depuis 2021.
08:58Qu'est-ce que va faire Kevin Warch demain ?
09:00Le marché anticipe à 95% une hausse des taux.
09:04Oui, alors est-ce qu'il est dur de façon douce ou douce de façon dure ?
09:10C'est à peu près l'alternative qu'il a.
09:14La réalité est quand même très contradictoire.
09:16L'économie, ok, le marché de l'emploi est équilibré avec un taux de chômage à 4%,
09:23malgré le ralentissement des créations d'emplois, un peu meilleur sur les derniers mois.
09:28On a l'impression que le marché de l'emploi, il est équilibré.
09:31Il faut le surveiller, mais voilà, ça ne doit pas pousser à réagir.
09:35Sur l'inflation, oui, les prix de détail sont au-delà de 2%, 3% sur les indices d'ensemble,
09:432,5% sur les noyaux durs, c'est trop élevé.
09:47Mais il n'empêche, vous le rappeliez, quand vous prenez le noyau dur,
09:52il y a quand même une tendance au ralentissement.
09:54Il faut regarder les trois derniers mois par rapport aux trois mois précédents, on est même à deux.
09:58Donc en fait, la réalité est un peu contradictoire sur les prix.
10:02Et si vous faites un pas en arrière, vous regardez les coûts unitaires du travail,
10:07le dernier glissement sur un an, alors c'est le deuxième trimestre, on n'a pas de chiffre plus récent,
10:12c'est 1,4%.
10:13Donc la réalité est un peu contradictoire.
10:16En fait, vous pouvez vous dire, je dois agir parce qu'il faut que je calme les anticipations inflationnistes,
10:23au moins que je les contrôle, mais je ne suis peut-être pas extrêmement pressé de le faire.
10:28Est-ce qu'il est obligé de, alors parce qu'il va y avoir les midterms aussi,
10:32donc Kevin Warch, en fait il a deux solutions, il a soit je monte les taux demain, soit je les
10:38monte en décembre, c'est bien ça ?
10:40Oui, en fait c'est ça, et sur le politique, parce qu'il y a l'économique, il y a
10:44le politique et les marchés,
10:46sur le politique, il y a deux éléments à prendre en compte, les élections,
10:51et les élections c'est aussi le rapport avec la Maison-Blanche,
10:56si dans l'équation personnelle de Kevin Warch compte.
11:01L'histoire nous apprendrait que, peu de temps avant les élections, il y a une certaine réticence à agir,
11:08et puis il y a ce qui se passe sur les taux longs.
11:12L'État fédéral américain est très endetté, la hausse des taux longs l'embête.
11:17Donc en fait, politiquement, il y a les élections et il y a les taux longs.
11:20Si on pouvait faire en sorte que les taux longs arrêtent de monter, voire corrigent, ça serait bien.
11:26Donc là encore, c'est un peu contradictoire, les marchés c'est univoque,
11:30les marchés ont dit, nous on veut une Fed qui est prévisible,
11:34centrée sur l'inflation, il y a trop d'inflation, tu dois bouger.
11:37Et puis, fort de tous ces éléments-là, il y a forgé le consensus au sein du comité de politique
11:43monétaire.
11:44On sait que certains sont très pour la hausse des taux,
11:47on sait que ceux qui ont une relation avec le président Trump sont un peu moins pour la hausse des
11:53taux.
11:53Il va falloir créer une majorité, sachant qu'il y a une dimension personnelle, Kevin Warch,
11:59il ne peut pas se retrouver en minorité, en disant,
12:02on a monté des taux, mais moi j'étais contre, parce que pour son autorité,
12:06donc en fait, s'il n'arrive pas à forger son consensus, il se rangera dans la majorité.
12:13Voilà, fort de tout ça, qu'est-ce qu'on fait ?
12:16Et on voit que ce n'est pas simple, les discussions vont sans doute être longues, complexes.
12:22Moi j'ai envie de dire, Warch a deux instruments, les taux et la conférence de presse.
12:27Et en fait, il ne veut sûrement pas être considéré comme trop dur, trop hawkish, comme on dit en langage
12:34de marché.
12:35Donc s'il monte les taux, on aura une conférence de presse, à mon avis, plus tranquille.
12:40S'il ne monte pas les taux, on aura un ton dur à la conférence de presse, scrogneugneux.
12:46Vous allez voir ce que vous allez voir.
12:48Ça va être quelque chose comme ça.
12:51Le marché a une position, enfin, je trouve que la réduction par le marché est un peu simple par rapport
12:58à la complexité de la situation.
13:00Alors, doit-on aller contre le marché ou pas ?
13:02Ça, c'est toujours un problème que l'on a.
13:05Réponse, demain soir, Hervé, on suivra évidemment cette communication et cette décision et des terres de Kevin Noir.
13:13Hervé de Goulet de Caire, vous êtes senior economic advisor d'Accuracy.
13:16Merci beaucoup d'avoir été avec nous et puis merci à vous de nous avoir suivis.
13:21On se retrouve ce soir à 17h30 en direct sur Bismarck.
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