- il y a 25 minutes
Ce lundi 14 septembre, François Sorel a reçu Bogdan Bodnar, journaliste à La Tribune, Bruno Guglielminetti, journaliste et animateur de « Mon carnet de l'actualité numérique », et Frédéric Simottel, journaliste BFM Business. Ils se sont penchés sur les métiers du manuels pouvant être les grands gagnants dans le monde de l'emploi face à l'IA, le fabricant néerlandais ASML renforçant sa position dominante dans le domaine des puces IA, ainsi que la France revenant à la charge dans la régulation des réseaux sociaux, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:06Voilà le retour de Tech & Co, la quotidienne. On revient sur toute l'actualité tech de ces dernières heures,
00:12de ces derniers jours.
00:13En ce lundi, vous le savez, une heure de débrief de l'actu tech du lundi au jeudi de 19h
00:19à 20h avec ce soir sur le plateau de Tech & Co,
00:21Bogdan Bodnar, qui est journaliste à la Tribune, Frédéric Simotel, journaliste à BFM Business et Bruno Gugui et Minetti, qui
00:28est avec nous depuis le Québec en visio,
00:31journaliste et animateur de son carnet de l'actualité numérique et de ces 120 secondes de tech que je vous
00:37invite à découvrir.
00:39N'hésitez pas à vous abonner.
00:43– Je vous propose maintenant de parler des scénarios qu'on peut imaginer concernant le futur de l'IA.
00:53On dit beaucoup que cette révolution de l'IA va détruire des emplois, et c'est vrai, mais elle va
00:58aussi en créer et faire émerger d'autres.
01:00C'est le cas notamment des métiers manuels, qui selon un rapport publié par Anthropique, seront les grands gagnants de
01:07cette prochaine décennie.
01:08– Encore une fois, les explications d'Antony Morel, et juste après, on revient là-dessus.
01:14– Parce que l'IA, vous savez bien, nécessite des grosses infrastructures.
01:17On a une course au data center, et ça, ça nécessite des maçons, des charpentiers, des électriciens, des plombiers, des
01:23soudeurs.
01:24Ça va être, eux, finalement, les grands gagnants de la révolution de l'intelligence artificielle,
01:27parce que ce sont des métiers qui sont très difficilement automatisables.
01:31Ça arrivera un jour, on aura sûrement des robots qui seront capables de le faire,
01:33mais ça va prendre beaucoup plus de temps que d'autres métiers.
01:35Et selon Anthropique, qui vient de publier un rapport sur le sujet,
01:39eh bien, ils pourraient être les grands gagnants de cette révolution.
01:41On se les arrache en ce moment.
01:42Les géants de la tech financent en ce moment des programmes de formation massif à coup de dizaines de millions
01:47de dollars.
01:48Les rémunérations explosent.
01:49Alors là encore, on parle aux États-Unis de salaire à au moins plus de 100 000 dollars par an.
01:54Et d'ailleurs, sur les chantiers, il y a même une concurrence.
01:55C'est-à-dire qu'il y a tellement de demandes sur les chantiers liés au data center,
01:59eh bien qu'on n'a plus assez de maçons, de soudeurs, de plombiers sur les chantiers traditionnels.
02:05Et ça, ça va aussi être vrai en France, puisqu'on est dans cette course au data center.
02:09Je rappelle qu'on a des investissements estimés à plus de 200 milliards d'euros d'ici 2035.
02:13Donc on va avoir besoin de ces métiers qui vont probablement être très valorisés.
02:16Si vous cherchez des débouchés pour vos enfants, par exemple, eh bien, ça peut être intéressant également.
02:21C'est ça qui est intéressant.
02:22Et on se rend compte que, visiblement, l'histoire évolue et que tout ça change.
02:28Il y a quoi ? Il y a 20 ans, on poussait les enfants à faire de longues études, pour
02:32faire des métiers intellectuels, etc.
02:34Et dès que certains prenaient, on va dire, des directions de métiers manuels,
02:38ils n'étaient pas montrés du doigt, mais c'était moins valorisant.
02:41Et on se rend compte qu'avec l'intelligence artificielle maintenant, tout ça est en train de s'inverser assez
02:47fortement.
02:47Et je lisais, en fait, un article plus précis sur les électriciens.
02:52Il faut savoir qu'en France et un peu partout dans le monde, on va vivre une pénurie d'électriciens.
02:57Parce qu'avec tous les data centers qui vont arriver, on va, en fait,
03:01toutes ces boîtes-là vont réquisitionner pendant des mois, voire des années, des électriciens.
03:06Et ça peut peut-être même poser des problèmes pour toutes les autres industries et pour tous les autres secteurs,
03:12tu vois.
03:12Le secteur du bâtiment, d'autres usines aussi qui ont besoin d'électriciens.
03:16C'est quand même assez fou, ce qui se passe.
03:18Mais regarde les codeurs, il y a encore deux ans, on nous dit qu'il faut apprendre à coder.
03:22Mais bien sûr, combien d'émissions on a fait là-dessus en poussant les gens à être codeurs ou développeurs
03:26?
03:26Alors aujourd'hui, il ne sait pas qu'il faut arrêter d'apprendre à coder,
03:28parce qu'il va continuer à en falloir un petit peu, mais la priorité, elle n'est plus là aujourd
03:35'hui.
03:35Mais c'est certain qu'on voit tous ces métiers manuels.
03:42Moi, je pense que l'histoire des robots, ça va arriver aussi assez vite quand même.
03:46Anthony Morel disait que ça va arriver un peu plus longtemps.
03:49Je pense qu'il y a pas mal de métiers qui peuvent être automatisés, tu vois, dans la construction des
03:54data centers et tout ça.
03:56Même là, je pense que les...
03:58Alors, pas le robot humanoid, mais tu vois, le bras robotisé, tout ça, ça peut arriver beaucoup plus vite que
04:02prévu.
04:03Bogdan ?
04:04Le bras robot, je pense que c'est pour une tâche très répétitive maintenant.
04:08Un électricien qui doit passer des câbles, qui doit réfléchir, tu vois, qui doit aller connecter des trucs, vérifier s
04:13'il y a de la tension.
04:14Tout ça, tu vois, c'est quand même des métiers multi-cartes, finalement.
04:19Et c'est vrai qu'aujourd'hui, un robot est très bon pour une tâche spécifique.
04:24Et c'est vrai qu'aujourd'hui, avec des responsabilités aussi, oui.
04:28La main-d'œuvre de data centers, c'est un super sujet.
04:31Et je pense que c'est un peu regrettable que ce soit même pas plus au cœur de la présidentielle.
04:37Même si un data center, ça ne produit pas des milliers et des milliers d'emplois, il y a quand
04:42même des emplois qui sont créés.
04:44Et quoi qu'on dise des data centers, on en a besoin parce qu'on a une consommation excessive des
04:49technologies.
04:50Un exemple, aux États-Unis, il y a une crise en ce moment entre les politiques, les énergéticiens et la
04:57population qui subit une hausse des factures
05:00parce qu'ils ont un système de factures et donc complètement différent.
05:04Et la balance a commencé à pencher quand le syndicat des employés des data centers, et donc en particulier les
05:10électriciens, ont commencé à se mêler
05:11et à dire, ah ben non, il y a des dangers pour nous, ça ne nous convient pas.
05:15Donc on voit le poids aujourd'hui de ces employés-là.
05:18– Il y a des projets au Texas qui ont été arrêtés.
05:20– Absolument, bien sûr.
05:21– Bruno.
05:24– C'était exactement mon exemple parce que je me souviens d'avoir fait un papier là-dessus il y
05:30a un an
05:30où on commençait à vivre, les centres de données commençaient à apparaître là-bas, les projets,
05:36et la population locale, on leur vendait en disant, ça va être formidable, c'est la création d'emplois,
05:42sauf que rapidement on s'est rendu compte que la main-d'oeuvre qu'on avait besoin pour monter ces
05:46centres-là,
05:46c'était la main-d'oeuvre spécialisée et qu'on avait besoin d'un électricien,
05:50on n'avait pas besoin de quelqu'un, d'un journalier pour travailler là-dedans.
05:54Et bien un, les communautés locales se sont rendu compte qu'il n'y avait pas d'emploi pour eux,
06:00puis après, il y a un an, au Texas, on a commencé à chercher les électriciens,
06:06à chercher les gens de corps de métier qui étaient interpellés par la construction,
06:10et on a commencé à voir dans la construction résidentielle et commerciale une baisse de livrable,
06:17parce que pourquoi ? Ils étaient tous sur les projets de centres de données.
06:21Alors ça fait déjà un an que c'est dans le portrait,
06:24là il y a des gens qui se réveillent, c'est dommage pour eux, ils manquaient d'antennes.
06:29– Et on avait vécu un petit peu ça il y a quelques années,
06:33je ne sais pas si vous vous souvenez, quand on était en plein plan très haut débit en France,
06:38en fait il y avait des métiers de soudeurs de fibres optiques,
06:41c'était un métier qui devenait bankable,
06:44parce qu'en fait c'était des talents très recherchés,
06:47et qui justement étaient valorisés en quelque sorte.
06:52On est en train de vivre ça, mais peut-être puissance 100 ou 1000 finalement.
06:56– Mais après c'est notre souci. – Oui Bruno ?
06:58– J'allais dire, François, au Canada, il y a AWS,
07:01qui voyant le manque de main-d'oeuvre au niveau du filage de la fibre optique,
07:05a lancé avec des institutions, des programmes de formation,
07:09parce qu'autant pour eux que pour le reste de l'industrie,
07:12ils n'arrivent plus à répondre à la demande,
07:15alors que ce soit pour des centres de données,
07:17ou brancher ces centres de données à l'extérieur,
07:19bien là il y a tous des programmes maintenant qui sont faits,
07:22justement pour ajuster à cette demande-là.
07:24– En gros, vous ne savez pas trop quoi faire,
07:27vous êtes à la fin de votre cursus d'études,
07:31faites électricien, formation data center,
07:34je ne sais pas si ça existe, un truc un peu comme ça,
07:37à mon avis, ça va payer ça.
07:39– Mais Bruno a raison de parler de AWS,
07:42parce qu'on a vu ces programmes,
07:43on a même vu des publicités sur la télévision,
07:47indiquant comment devenir technicien chez AWS,
07:49et ce n'était pas technicien transporter les colis,
07:51c'était vraiment technicien, aller dans les grandes armoires électriques,
07:56et c'est tout ça.
07:57Après nous, le souci qu'on a aujourd'hui,
07:59c'est le problème de formation,
08:00c'est que les métiers ne sont pas du tout valorisés,
08:02derrière c'est très compliqué,
08:06on a tellement, comme tu disais,
08:07tiré pendant des années sur ces métiers-là,
08:09qu'aujourd'hui on a du mal à former,
08:12parce qu'il faut aussi des formateurs,
08:14on a du mal à les valoriser,
08:16donc ça aussi…
08:17– Mais ça devrait être une nouvelle politique,
08:18on devrait y réfléchir,
08:20et même dans certains territoires.
08:21– Mais tu sais, on a tellement dit que chez nous,
08:23l'important c'était d'avoir le bac à tout prix,
08:25donc on a fait…
08:26Je regardais, en 25 ans,
08:27les mentions très bien au bac ont augmenté de 1150%,
08:30les mentions très bien au bac,
08:32alors que le classement PISA nous dit,
08:34finalement on n'est pas si bon que ça.
08:36– Et quand tu vois passer des mails parfois,
08:38tu te dis que, waouh, c'est un peu violent.
08:40– Non mais c'est bien de pousser les gens
08:43vers l'éducation,
08:44plus d'éducation, plus de culture, etc.,
08:46mais ça ne veut pas dire de les écarter de certains métiers.
08:49– L'un n'empêche pas l'autre.
08:50– Ben voilà, de certains métiers manuels.
08:52– Non mais je trouve qu'il y a une espèce de revanche
08:54sur des, on va dire, des principes
08:56qui ont énormément vieilli,
08:58qui aujourd'hui prennent une autre dimension.
09:00– Et autre chose,
09:01je ne veux pas tomber dans le débat philosophique derrière,
09:03mais c'est des métiers aussi plus durs.
09:05L'effort est différent,
09:07et on sait qu'aujourd'hui,
09:08on a ce souci de pousser les jeunes,
09:11les jeunes ou les moins jeunes,
09:12enfin bon,
09:12les gens à aller un peu plus vers des…
09:15je ne dis pas des métiers où il faut travailler
09:16par 40 degrés au soleil,
09:18sur des toits,
09:19ce qui est difficile,
09:20mais il y a cet effort aussi.
09:22– Le confort, c'est une variante extrêmement importante.
09:24– Être plombier, être électricien,
09:26je ne fais pas de dessin,
09:26vous voyez les gens,
09:27ils commencent très tôt,
09:28il faut aller sur les chantiers,
09:30parfois c'est ouvert à tout vent,
09:32il fait froid,
09:32enfin il y a plein de contraintes.
09:35– Oui, mais il y a des jobs
09:37qui ne sont pas manuels
09:38et qui peuvent être,
09:40on va dire, opportunistes aussi
09:42dans ce contexte de lire.
09:44j'ai fait un peu le test
09:45en demandant à Clos,
09:46au tchat GPDR,
09:46j'ai passé 40 minutes
09:48à critiquer l'IA
09:49tout en l'utilisant pendant 3 heures.
09:52– Ça c'est le paradoxe qu'on dit tous.
09:54– Mais naturellement,
09:55si ça provoque des cyberattaques,
09:56tournez-vous vers la cybersécurité.
09:58Si vous n'êtes vraiment pas doué de vos mains,
10:01que ça vous fait peur
10:02tout de suite de toucher à des câbles,
10:04il peut y avoir la cybersécurité
10:05parce qu'on en aura besoin,
10:07il peut y avoir du droit
10:08parce que des scandales,
10:09il y en aura,
10:10il peut y avoir des psychologues aussi
10:12parce que je pense que les burn-out
10:14des personnes qui vont travailler sur l'IA,
10:16ils auront besoin de personnes
10:17à qui parler.
10:18Donc tous les métiers,
10:19alors que ce soit de la santé aussi,
10:21on connaît le contexte démographique,
10:22on en aura besoin,
10:23les métiers du droit,
10:24des professions libérales
10:25qui sont là depuis des années,
10:27celles-ci vont subsister,
10:28ils ne sont pas directement menacés.
10:30– Juste un dernier mot,
10:32je disais le rapport Anthropique,
10:33eux ils voient trois scénarios
10:34que l'on suppose.
10:36Il y a un scénario
10:37de transformation par l'IA,
10:38enfin avec l'IA,
10:39donc il y a un scénario modéré,
10:41c'est un pack similaire à Internet,
10:43on fait un peu plus de productivité,
10:45il y a une croissance progressive
10:46parce qu'on va utiliser l'IA.
10:47Le deuxième,
10:48c'est le substantiel,
10:49c'est quand même une transformation majeure,
10:50la productivité est vraiment multiplie
10:51par trois,
10:52par quatre,
10:52par cinq,
10:53on réalloue des emplois,
10:56ce qui n'est pas évident
10:57de dire à quelqu'un
10:58tu faisais du code,
10:58maintenant tu vas faire autre chose,
11:00ce n'est pas aussi facile.
11:01Et puis il y a l'extrême
11:01qui est la rupture pure et dure,
11:03et là c'est plus 15% de chômage,
11:05des métiers qui disparaissent,
11:07et là des gens
11:07ne sont pas à la réformer.
11:08Et on n'a pas connu ça,
11:10enfin notre société n'a pas connu ça,
11:11cette rupture extrême.
11:12Pas une vitesse
11:15aussi importante.
11:17Tiens,
11:18on va rester dans ce domaine-là
11:19pour se focaliser sur ASML
11:22et on va parler de souveraineté européenne,
11:24on va parler aussi d'électricien,
11:26je pense qu'ASML
11:26va en embaucher
11:27quelques-uns d'électriciens.
11:29Je vous rappelle
11:30qu'ASML
11:30c'est cette boîte européenne
11:33qui,
11:34trust,
11:34écoutez bien,
11:3594% du marché mondial
11:37de la lithographie.
11:38La lithographie,
11:39c'est,
11:40rappelons-le,
11:40cette machine
11:41qui permet d'imprimer
11:42des composants,
11:43des puces,
11:44d'une finesse incroyable,
11:47et en fait,
11:48ils ont surtout le monopole
11:49sur la technologie EUV,
11:51voilà,
11:51qui est,
11:52on va dire,
11:52le top du top
11:53et qui permet
11:54des gravures
11:55en nanomètres,
11:57en fait.
11:57C'est un spin-off de Philips,
11:58ça,
11:58c'était Philips.
11:59Exactement,
12:00et la nouvelle génération
12:01qui s'appelle
12:01le INAEUV
12:03permet,
12:04enfin,
12:05d'imprimer
12:05encore plus petit,
12:0640% plus petit
12:07que la précédente
12:08et chaque machine,
12:10écoutez bien,
12:10coûte 400 millions
12:11de dollars,
12:12alors que la précédente
12:13coûtait 200 millions.
12:15Il faut 6 mois
12:15pour la transporter,
12:166 mois pour la remonter,
12:186 mois pour la paramétraire.
12:19Et j'imagine,
12:196 mois aussi
12:20pour la fabriquer,
12:20enfin,
12:21c'est un temps
12:22très long.
12:23Il faut savoir
12:24qu'Intel utilise déjà
12:25cette technologie,
12:26enfin,
12:26tous les géants,
12:30TSMC prévoit
12:30de l'adopter
12:31en 2030
12:32et en fait,
12:33on se rend compte
12:33que la SML
12:34qui est,
12:35on va dire,
12:35un peu notre
12:37oasis technologique
12:38européen,
12:38parce que c'est vrai
12:39qu'on n'en a pas beaucoup,
12:40alors on le met souvent
12:40en avant,
12:41mais le paradoxe
12:42c'est de se dire
12:43que sans cette boîte-là,
12:44en fait,
12:45la technologie mondiale
12:46s'arrête finalement.
12:47C'est ça qui est quand même
12:48assez savoureux,
12:50enfin,
12:50je ne sais pas comment
12:50on peut dire.
12:51Technologie de pointe,
12:52oui.
12:52C'est un peu étonnant.
12:53Il n'y a pas de Nvidia,
12:54il n'y a pas d'Apple Silicon,
12:55il n'y a pas de Puccia
12:56de prochaine génération
12:57et tout ça part d'ici
12:59de notre continent
13:00de l'Europe.
13:01C'est quand même
13:02assez fou.
13:02Donc,
13:03tout ça pour dire
13:03qu'ASML se porte
13:04très très bien
13:05et je veux l'avoir
13:05votre point de vue là-dessus.
13:07Je vois Bruno
13:08lever les yeux
13:09à droite à gauche.
13:10Qu'en penses-tu,
13:11mon cher Bruno ?
13:12Vous venez de trouver
13:13votre levier
13:14contre les Américains
13:15et les géants américains.
13:17Eh oui.
13:18Voilà.
13:20À partir de ce moment-là,
13:21si vous coupez les vives,
13:22ça va être difficile
13:23pour les Américains
13:24et même d'autres fabricants
13:26ailleurs sur la planète
13:27de faire ce qu'il va.
13:29Vous avez là
13:30un bon levier.
13:31Oui.
13:32À tel point que même
13:33le président américain
13:34a interdit à ASML,
13:36donc président américain,
13:37ça traverse l'Atlantique,
13:39il a interdit à ASML
13:40de vendre aux Chinois.
13:40Enfin, c'est ce côté.
13:42Et puis alors,
13:43pour ceux qui parlent de
13:44oui, mais un jour
13:44les Chinois rétro-engineering,
13:46je vous conseille
13:46de nous regarder en télévision,
13:47de regarder un peu
13:48la sophistification
13:49de ces machines
13:50avant de faire du
13:51rétro-engineering là-dessus.
13:52Il faut se lever tôt,
13:53quand même.
13:55C'est vraiment impressionnant
13:58et juste une petite précision.
14:01J'avais eu la chance
14:01de recevoir le patron d'ASML
14:03pendant Vivatech.
14:04C'était en juin dernier.
14:06L'interview est toujours disponible,
14:08évidemment, en replay.
14:09Et si vous vous intéressez
14:10à ce sujet-là,
14:11n'hésitez pas à la réécouter,
14:12c'était passionnant.
14:13Bogdan.
14:14Tu parlais de retro-engineering,
14:15là j'ai cherché,
14:16il y a 5000 fournisseurs
14:17ou sous-traitants pour ASML,
14:20donc c'est extrêmement compliqué.
14:22On sait que s'il y a une puissance
14:23qui cherche à reproduire
14:25cette technologie,
14:25c'est la Chine.
14:26Alors, on entendait
14:28il y a environ 2-3 ans
14:29qu'ils étaient plus qu'à 5 ans
14:31de retard.
14:32Là, avec ces nouvelles annonces,
14:33ils seraient de nouveau
14:34à 10 ans.
14:36Il faudrait qu'ils réinventent le système.
14:37Exactement.
14:38Donc, c'est plutôt une bonne nouvelle,
14:39c'est aussi une bonne nouvelle
14:40pour la paix, on va dire,
14:41parce que tant qu'on est tous
14:43interdépendants technologiquement,
14:44on ne se permet pas vraiment
14:45de rentrer dans des conflits armés.
14:47Mais est-ce qu'ASML
14:48est encore européen, finalement ?
14:49Alors, ils sont sur le sol européen,
14:51mais tu vois,
14:52si les États-Unis
14:53arrivent à dicter
14:54un petit peu leurs lois
14:55face à cette entreprise,
14:57tu...
14:58Non, Bruno,
14:58qu'est-ce que tu en penses ?
14:59Finalement,
15:00on est quand même dépendant
15:02du continent américain.
15:03Ils ont des clients, quoi.
15:06Je veux rentrer dans la politique,
15:08mais on est dépendant
15:09des Américains
15:10où on est dicté...
15:13Notre conduite est dictée
15:14par les Américains
15:14tant qu'on joue le jeu.
15:16Regardez ce qui se passe
15:17aujourd'hui au Canada
15:18avec la guerre des tarifs.
15:20Le Canada a dit,
15:21non, nous,
15:22on ne joue pas à ce jeu-là.
15:23On est en train de regarder
15:24pour faire des liens
15:25avec l'Europe.
15:25Ça se discute présentement,
15:26ça se décrit aussi.
15:28À un moment donné,
15:29il faut mettre le pied à terre
15:30quand on se retrouve
15:32dans des situations comme ça.
15:33Là, pour le moment,
15:34l'entreprise a décidé
15:36d'écouter le président américain,
15:38mais je pense que
15:39c'est peut-être
15:40une question de moi
15:41avant que la direction
15:43d'ASML se fasse,
15:45si ça n'a pas déjà été fait,
15:47se fasse contacter
15:48par des responsables
15:49de l'Europe en disant,
15:50bien là,
15:51il faudrait peut-être réfléchir
15:52à ce que vous allez faire
15:53dans les mois à venir.
15:54C'est-à-dire qu'ASML
15:55est en haut d'une pile,
15:56quelque part,
15:56par rapport à leur technologie,
15:58mais ils sont quand même
15:59hyper dépendants
15:59de tout un écosystème.
16:00Bogdan parlait
16:01de 5 000 fournisseurs
16:03qui viennent,
16:04et derrière,
16:04c'est quand même
16:04les Intel,
16:05les TSMC,
16:06enfin c'est tous ceux
16:06qui font le marché,
16:07ils ne peuvent pas
16:08se couper de leur client,
16:09il faut qu'ils vivent,
16:10ils font qu'ils vendent
16:12leurs machines,
16:12alors ils ont un carnet de commandes
16:13qui est plein
16:14jusqu'en 2027,
16:152028,
16:15mais après,
16:16il faut qu'ils continuent,
16:17donc il y a une valeur business aussi
16:20qu'ils ne peuvent pas laisser filer
16:22comme ça,
16:23sous prétexte de diplomatie,
16:25enfin diplomatie,
16:26de conflit géopolitique.
16:28Allez,
16:29un sujet encore difficile à évoquer,
16:31délicat,
16:32c'est l'interdiction
16:34aux moins de 15 ans
16:36des réseaux sociaux,
16:38et parfois même aux Etats-Unis
16:39aux moins de 18 ans,
16:40rappelons-le,
16:41parce que les Etats-Unis
16:42vont encore plus loin que nous
16:44dans ce domaine-là.
16:46C'est un sujet
16:46qui a évolué d'ailleurs
16:48ces dernières heures,
16:49puisque je vous rappelle
16:49que le premier texte
16:51qui avait été soumis
16:52au gouvernement
16:53a été censuré le 14 août
16:55par le Conseil constitutionnel,
16:56notamment parce qu'il était jugé
16:58disproportionné
16:59au regard de la liberté d'expression,
17:01et c'est un texte
17:02qui tient beaucoup
17:03à Emmanuel Macron
17:04qui essaye justement
17:05de faire passer malgré tout
17:07ce texte.
17:08Et en fait,
17:10une nouvelle version
17:11a été en fait,
17:14comment dirais-je,
17:15déposée,
17:16en quelque sorte publiée,
17:18et ce qui est intéressant,
17:19c'est de voir que
17:21en fait,
17:22on n'attaque plus en frontal
17:23cet âge-là,
17:24c'est-à-dire qu'il y aurait
17:25entre autres
17:26la possibilité
17:27d'une dérogation parentale
17:28qui pourrait être possible
17:29entre 13 et 15 ans.
17:30Je trouve que ça,
17:31c'est quand même,
17:32enfin,
17:33on vide de sa substantifique moelle
17:36cette loi-là,
17:37parce qu'en fait,
17:38vous allez mettre en porte-à-faux
17:39les parents
17:39qui vont se retrouver
17:40avec leur ado,
17:41qui vont dire
17:41« Allez, papa, maman,
17:42signe-moi cette dérogation
17:43pour que je puisse avoir
17:44accès aux réseaux sociaux. »
17:46Alors qu'avant,
17:47les parents pouvaient
17:48justement se protéger
17:49en disant
17:50« Écoute,
17:50ce n'est pas moi
17:51qui prends la décision,
17:52c'est le gouvernement,
17:54finalement. »
17:55En tout cas,
17:55c'est notre pays
17:56ou l'Union européenne
17:57qui a décidé
17:58que tu n'y avais pas accès.
17:59Là,
17:59en fait,
17:59mettre en porte-à-faux
18:00les parents,
18:01je trouve ça pas très malin,
18:03finalement,
18:03parce que,
18:08je ne sais pas
18:08ce que vous en pensez,
18:10tiens, Bogdan.
18:11T'as suivi un petit peu ?
18:12Non,
18:12je suis complètement d'accord.
18:14On criait la dictature
18:15assez régulièrement.
18:17J'ai des parents
18:18qui sont venus du RSS,
18:19je pense que
18:20les dictatures,
18:20ils ont connues.
18:21Ils ont connues, oui.
18:22Pour le point personnel,
18:24malheureusement,
18:24vu les dégâts
18:25des réseaux sociaux
18:26et c'est prouvé,
18:28c'est argumenté
18:29scientifiquement
18:29et médicalement.
18:30Il faut une réponse,
18:30j'allais dire violente.
18:31Absolument.
18:32En tout cas,
18:32une réponse déterminée, quoi.
18:35Et qui viennent maintenant
18:36des autorités
18:37puisque les parents
18:38ne sont pas capables
18:39eux-mêmes maintenant
18:40d'imposer ses limites
18:41et en plus,
18:41ils sont dépassés.
18:42C'est un peu dommage
18:43qu'il y ait autant...
18:46Alors, je comprends,
18:47le droit, c'est important.
18:48J'en ai fait moi-même
18:48et il faut toujours être précis.
18:50Mais,
18:52désolé,
18:52c'est presque du chipotage
18:54qu'il y a
18:54entre le Conseil constitutionnel
18:55et l'Union européenne
18:58pour agir sur quelque chose
18:59qui, en réalité,
19:00est une urgence.
19:01Donc,
19:01on va faire une loi
19:03qui, finalement,
19:04ne sera pas si bonne.
19:05ce sera vraiment
19:06des années de perdus
19:08contre quelque chose
19:08contre lequel il faut agir
19:09assez rapidement.
19:11Fred ?
19:12Quand on voit
19:13ce qui s'est passé
19:13aux États-Unis,
19:15la sanction
19:16pour Meta
19:17était de plus de 16 milliards.
19:19Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
19:20C'est Meta
19:20qui a pris la décision
19:21de dire
19:21si vous ne justifiez pas
19:23un âge,
19:24c'est nous.
19:25Et rappelons quand même
19:26les mesures
19:28sont hyper surprenantes
19:30quand même.
19:31Vous avez suivi.
19:33Réseau interdit
19:34donc au moins de 18 ans.
19:37Ils ont droit
19:37à une heure par jour,
19:39je crois.
19:39Ça rappelle ce qu'on disait
19:40sur la Chine tout à l'heure.
19:41Ça fait penser à la Chine.
19:42Des notifications régulières
19:44pour dire
19:45que les réseaux sociaux,
19:46ce n'est pas bon,
19:46etc.
19:48Et pourquoi nous,
19:49on ne se tourne pas
19:49vers Meta
19:50en disant
19:50que nous,
19:50on veut la même chose
19:50en Europe ?
19:51Mais pourquoi ?
19:52On n'a pas ce bon sens-là.
19:54C'est ça qui est dingue.
19:55Bruno,
19:55on est un peu énervé
19:56ici à Paris.
19:57Je ne sais pas
19:57si tu le sens.
19:59Oui, je le sens.
20:01Permettez-moi
20:01d'aider un peu.
20:03Oui, effectivement.
20:04Mais c'est encore
20:05un cas de décider
20:06de prendre ses pantalons
20:07et de les mettre
20:09et de les garder
20:10avec ceinture ou pas.
20:12C'est qu'à un moment donné,
20:14là, on a l'impression
20:15que c'est des politiques
20:15qui ne veulent pas
20:16perdre la face
20:17et essaient de rabouter
20:19un projet de loi
20:20pour essayer
20:21de le faire passer
20:21plus rapidement
20:23à défaut d'avoir
20:23ce qu'ils voulaient avoir
20:24au début.
20:25Ça, c'est malheureux.
20:26Et je veux juste revenir
20:28dans le scénario
20:29dont on parle beaucoup,
20:30le fameux verdict
20:31contre Meta.
20:32Mais parallèlement,
20:33il y a la Californie
20:34qui a passé des lois
20:35où on est encore
20:37plus sévère.
20:38Il y a des dents
20:39pour s'assurer
20:40que les joueurs,
20:41les GAFAM
20:43vont suivre les règles.
20:44Alors, à un moment donné,
20:45il faut décider
20:47si on le fait
20:47et si on le fait,
20:48comment on le fait
20:50correctement.
20:51Et puis, vous avez été
20:51très bon jusqu'à maintenant.
20:53Le respect de la vie privée,
20:55l'utilisation
20:56de l'intelligence artificielle,
20:58il y a des règles
20:59qui fonctionnent bien,
20:59mais j'ai l'impression
21:00que là,
21:00on veut sauver plus la face
21:02qu'autre chose.
21:03Alors, on va faire passer
21:04quelque chose
21:05qui a moins de mordants
21:07pour des raisons purement
21:08de relations publiques
21:09et de pertes d'images.
21:12Mais tu sais pourquoi ?
21:13Parce qu'on n'est pas
21:13une nation numérique.
21:15On a du mal
21:16à intégrer un peu tout ça.
21:18On est des utilisateurs,
21:19mais on ne cherche pas
21:20à descendre
21:21à la couche d'en dessous
21:21et essayer de comprendre
21:22un peu comment ça se passe.
21:24Alors, on est une nation
21:25d'ingénieurs,
21:26on en a,
21:26mais sur ces usages
21:28et tout ça,
21:28on ne sait pas
21:29par quel bout prendre.
21:30Et on n'est pas bons
21:32là-dedans
21:32et on a des politiques
21:33qui ne sont pas bons
21:33là-dedans,
21:34qui ne comprennent pas
21:34les enjeux,
21:35qui ne comprennent pas
21:36l'usage.
21:37On le voit
21:38dans leurs utilisations.
21:40on a beaucoup ri
21:41de comment ils utilisent
21:42Instagram,
21:42comment ils utilisent...
21:43On se dit,
21:44enfin, voilà,
21:45ils ne comprennent pas.
21:46Et donc, du coup,
21:47cette histoire
21:48de réseaux sociaux,
21:49parce que la logique,
21:51on s'énervait effectivement
21:52de ce que tu disais,
21:53François,
21:53la logique,
21:54vous voudriez dire,
21:55méta,
21:55ce que vous avez fait aux églises.
21:57Ah oui,
21:57faites-le en Europe
21:58et puis voilà,
21:59c'est réglé.
22:00Et là,
22:00c'est au moins de 18 ans.
22:02Et c'est Instagram,
22:04c'est Facebook aussi,
22:05je crois.
22:06Je me demande
22:06s'il n'y a pas WhatsApp
22:07aussi dans le coup.
22:09WhatsApp est mis de côté
22:10parce que c'est une messagerie,
22:12on va dire,
22:12ce n'est pas un réseau social.
22:13Et puis,
22:14il y a aussi ce qui s'est passé
22:15en Californie,
22:16je ne sais pas si vous avez suivi,
22:18Gavin Newsom
22:18qui a signé en fait
22:19un paquet de 13 lois.
22:21Alors là,
22:21c'est pour les moins de 16 ans
22:22et on n'interdit pas
22:24les réseaux sociaux
22:24aux moins de 16 ans,
22:25mais on va dégrader
22:27en fait les réseaux.
22:28On arrête l'autoplay,
22:30les files algorithmiques
22:31personnalisés
22:31en fonction de l'historique
22:32de l'utilisateur.
22:33C'est-à-dire que,
22:34je ne sais pas,
22:34moi,
22:34tu regardes régulièrement
22:35des bateaux à voile,
22:37tu ne vas pas avoir que ça.
22:39En fait,
22:40on change des algorithmes
22:41pour ne pas hypnotiser
22:43en fait les gens.
22:44Ce qu'ils ont fait
22:45en Chine,
22:48ça s'appelle comment ?
22:48TikTok,
22:49c'est Douyin ?
22:50Douyin.
22:51Douyin, voilà.
22:52Douyin.
22:52Avec du contenu éducatif.
22:54On pourrait dire,
22:54écoutez,
22:55ce que disait Bob Dan tout à l'heure.
22:56Écoutez,
22:56au-delà de 18 ans,
22:57avant 18 ans,
22:58pardon,
22:59au-delà,
23:00ça pourrait l'être aussi d'ailleurs,
23:02avant 18 ans,
23:03c'est uniquement
23:04du contenu éducatif.
23:05On a réussi à faire ça,
23:06entre guillemets,
23:07à la télé.
23:08Alors,
23:08il y a un peu
23:08d'accompagnement des parents,
23:09de contrôle des parents,
23:10mais voilà,
23:12on a mis en place
23:13des codes parentaux.
23:14Enfin,
23:14il y a des choses
23:15qui peuvent exister.
23:16Enfin,
23:16voilà,
23:17tout le monde part après
23:18dans la liberté d'expression,
23:19etc.
23:20Mais de qui se moque-t-on ?
23:22Exactement.
23:23Bon,
23:23écoutez,
23:23ce sera le mot de la fin.
23:25J'aime bien,
23:25on a beaucoup aimé
23:26ton expression
23:27sur les pantalons
23:27et la ceinture,
23:29mon cher Bruno.
23:31Parce qu'on n'a pas l'habitude
23:32d'entendre
23:34ces expressions ici.
23:35C'est vrai ?
23:36Mais c'est tellement mignon.
23:37Merci Bruno.
23:39A très bientôt.
23:40Depuis le Québec,
23:41Bruno Guillemini,
23:42n'oubliez pas ses podcasts,
23:44son carnet
23:44et ses 120 secondes de tech.
23:46Merci Bogdan.
23:47On te lit,
23:48évidemment,
23:48avec beaucoup d'attention
23:49dans la tribune.
23:50Sur les réseaux sociaux,
23:50n'oubliez pas,
23:51nous,
23:52c'est du contenu pédagogique
23:53avec Tech & Co
23:54et BFM bien.
23:55Et bien voilà,
23:56exactement.
23:57Vous pouvez devenir addict,
23:59mais bon,
23:59voilà,
23:59pas autant que TikTok.
24:01Tu es journaliste à la tribune.
24:03Et merci Fred,
24:03on se retrouve demain.
24:04Merci,
24:05on se retrouve demain.
24:06Voilà.
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