00:00Votre panel est très bien choisi parce que la retraite moyenne des Français, c'est 1 500 euros.
00:04On est riche à ce...
00:05Non, on n'est pas riche.
00:07Parce qu'on va en parler aussi tout à l'heure, si vous voulez bien.
00:10Parce que ces Français, nos compatriotes, nous tous,
00:13entre-temps, et on parlera aussi des conséquences de la politique de Donald Trump...
00:17Bien sûr, parce qu'il y a beaucoup d'annonces de Donald Trump ce soir.
00:19Parce qu'on voit que la vie des Français est impactée par les taux d'intérêt,
00:23mais ça concerne un peu moins les retraités, évidemment.
00:25Mais eux, ils sont impactés par le prix de l'essence.
00:28Certains ont besoin de prendre leur voiture pour aller se faire soigner, pour aller faire leurs courses.
00:32Les prix dans les supermarchés, qui ont augmenté pour les produits frais,
00:35rien que pour les produits frais, de 5,6%.
00:37Pour rien, pour une seule raison, par parenthèse.
00:40C'est l'augmentation du prix des hydrocarbures,
00:42le fait que l'étroit d'armouze a été un peu fermé, il n'y a plus d'engrais, etc.
00:45Et donc, ça se traduit dans le porte-pollet des Français.
00:48Pour revenir sur votre question, qui est extrêmement importante.
00:52Moi, je l'ai dit, et je le redis ce soir à votre micro.
00:55Je trouve ça juste scandaleux de dire que, voilà, maintenant, il va falloir faire payer les retraités.
01:00Non pas parce que j'ai un amour immodéré pour les retraités,
01:03mais tout simplement parce que la retraite par répartition,
01:06alors peut-être qu'on voudra remettre la recapitalisation, c'est peut-être une position,
01:09mais enfin, aujourd'hui, c'est la retraite par répartition.
01:12Ce n'est pas un contrat commercial.
01:13C'est un engagement entre les Français et la nation.
01:17C'est le socle de la recomposition, de la reconstruction de notre pays d'après-guerre à partir de 1945,
01:24basé sur la solidarité.
01:26Ceux qui travaillent vont payer pour ceux qui ne travaillent pas,
01:29c'est-à-dire les enfants ou les seniors.
01:32Ceux qui sont malades vont être soutenus par ceux qui ne sont pas malades.
01:35– Et Thierry Breton, vous, si vous deviez décider,
01:38si vous étiez Premier ministre, il faut trouver 30 milliards, vous les prenez où ?
01:41– Je vais vous dire tout de suite, tout de suite.
01:44En plus, je trouve, je le dis assez scandaleux au fond,
01:49c'est qu'on avait la solution.
01:51La solution, ça s'appelait la réforme…
01:52Non mais pardon, mais il faut quand même le dire,
01:54c'était la réforme des retraites qui avait été quand même acceptée.
01:56Elle aurait permis aujourd'hui d'avoir à peu près entre 6 et 10 milliards de moins dès cette année.
02:00– Exactement le montant.
02:01– Donc on est aujourd'hui, on a annulé cette retraite, cette réforme,
02:06on l'a repoussée jusqu'au 1er janvier 2028, très bien.
02:08Et on sait qu'à ce moment-là, ça va avoir un impact financier.
02:11On a l'impression de le découvrir aujourd'hui.
02:14Et on dit en catastrophe, oulala, comment on va combler le trou qu'on a créé soi-même ?
02:19Ah bah tiens, c'est en allant, pardon cette expression,
02:23demander au retraité de faire l'effort qu'un gouvernement n'a pas fait.
02:26– Alors où sont les solutions ?
02:27– Donc je reviens à ce que je veux dire, dans ce contrat,
02:31alors on a parlé éventuellement de la désindexation,
02:33on dit maintenant, dans ce contrat,
02:35dans ce contrat, c'est pour ça que je me suis opposé,
02:38de là où je suis évidemment, à la désindexation,
02:42parce que c'est encore une fois une reprise de la parole de l'État.
02:46Donc non, et si jamais on veut,
02:47on estime qu'à 2 000 euros ou à 3 000 euros on est « riche »,
02:51je mets des guillemets, vous avez vu,
02:52et bien à ce moment-là il y a un instrument qui s'appelle l'impôt.
02:55Mais pourquoi l'impôt doit frapper uniquement cette catégorie de Français ?
02:58J'ajoute que, pour les retraités que vous venez de voir,
03:05cette dame, ce monsieur, bien souvent,
03:08bien souvent, parce que c'est l'époque que nous vivons,
03:11ils aident aussi leurs enfants, leurs parents.
03:16Donc si jamais on a un abattement de 10% aujourd'hui,
03:20alors on dit « ah ben c'est quand même scandaleux,
03:21il y a un abattement de 10% parce que c'est frais professionnels,
03:23il n'y en a plus ».
03:24C'est vrai, il n'y a plus de frais professionnels,
03:26mais il y a des frais familiaux.
03:27Parce que la plupart des retraités, aujourd'hui,
03:30avec leur petite pension,
03:31et bien ils aident et les enfants,
03:33et bien souvent aussi les parents.
03:35Donc ceux qui, on verra,
03:36ceux qui, à la limite, n'aident pas, etc.
03:38Est-ce qu'on peut moduler ?
03:40J'en sais rien.
03:40Mais ce que je trouve vraiment très négatif pour notre pays,
03:45c'est de donner le sentiment
03:46qu'il y a des classes qui sont privilégiées
03:48par rapport à d'autres,
03:50alors que finalement,
03:51c'est un projet global qu'il faut mener.
03:53Et c'est vraiment ce qu'il convient de faire.
03:56Moi, je vais vous dire,
03:57j'entends des tas de choses,
03:58les réformes de retraite,
03:59« ah ben tiens, il faudrait les remettre à 62 ans »,
04:01dit Mme Le Pen,
04:02ou 60,
04:03« ah ben tiens, non, il faudrait les remettre à 67 ans »,
04:04dit M. Philippe.
04:07Écoutez, pour l'instant,
04:09réappliquons ce qui a été décidé,
04:11et puis on verra bien derrière.
04:14Avançons, avançons ensemble,
04:16plutôt que d'opposer les Français.
04:17C'est de ça dont la France est en train de s'affaiblir,
04:20et peut-être même plus que ça.
04:22– Sous-titrage Société Radio-Canada
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