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Ce vendredi 11 septembre, Florian Roger, head of CIO office chez BNP, et Bettina Mazzocchi, co-responsable Wealth Solutions pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique chez BlackRock, étaient les invités de l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts du club, ils viennent à l'instant de nous rejoindre.
00:06Bettina Mazzocchi pour BlackRock.
00:09Bonsoir Bettina.
00:10Bonjour Guillaume.
00:10Bienvenue.
00:11Et Florian Roger pour BNP Paribas.
00:13Bonsoir.
00:13Bonjour Florian.
00:14Je ne sais pas.
00:14Bonsoir à tous.
00:15Allez, on va dire bonjour.
00:16On est encore à l'heure d'été.
00:17Il fait jour quand même.
00:19Bon, les marchés sont en hausse.
00:20Le CAC 40 gagne 0,7%.
00:21Ça fait du bien après avoir enchaîné les baisses.
00:23Qui aurait cru en début de semaine qu'on serait soulagé d'un pétrole à 104 dollars ?
00:27On est à 104 dollars là sur le Brent.
00:28Ouf, ça va mieux.
00:29Oui, mais on était sous les 100 dollars en début de semaine.
00:31Bettina.
00:32Et c'est d'autant plus vrai que l'économie ne consomme pas vraiment de pétrole brut.
00:38Donc, le prix du pétrole brut ne donne qu'une partie de l'histoire.
00:42Puisqu'en fait, avec les tensions autour du trétroit d'Ormousse,
00:49c'est non seulement la production de pétrole brut,
00:50mais également les raffineries et l'acheminement de beaucoup de bateaux.
00:55Donc, autant il y a pu y avoir un certain nombre de contre-coûts pour corriger la baisse de pétrole,
01:05autant pour ce qui est du raffinage, c'est beaucoup plus compliqué.
01:11Et aujourd'hui, on a le diesel, le kérosène,
01:14qui sont à un équivalent supérieur à 150 dollars du baril.
01:19Et c'est cela qui affecte l'inflation et tous les biens de consommation dont on a besoin.
01:25Oui, aux Etats-Unis, pour la première fois, le gallon de gasoil dépasse les 6 dollars.
01:29C'est la première fois.
01:30À deux mois des mi-termes, ça tombe mal.
01:31Enfin, ça tombe mal.
01:32C'est Donald Trump, finalement, qui a, par la guerre en Iran, créé cette situation.
01:35Peut-être qu'il paiera l'addition à l'occasion des mi-termes.
01:37On en reparlera.
01:38Pourquoi les cours du pétrole ont tant flambé, notamment depuis hier ?
01:41Parce que les outils ont pris le contrôle d'un port proche de ce fameux détroit de Babel-Manded,
01:47qui est un peu la sortie de secours.
01:48Quand le détroit d'Hormuz est bloqué, les navires passent par Babel-Manded.
01:52Eh bien, cette sortie de secours pourrait, à son tour, être condamnée.
01:55Comment vous regardez les impacts potentiels et la trajectoire ?
01:58Le trafic maritime aussi, le coût du fret qui risque d'encore augmenter.
02:02Florian ?
02:03Nous, ça nous a amené à être un petit peu plus prudents dans l'allocation d'actifs sur la rentrée
02:07de septembre.
02:08On trouve qu'effectivement, pendant l'été, on a eu quand même un peu de complaisance du marché
02:12sur le pétrole et le risque géopolitique.
02:15Sur Hormuz, on a effectivement réussi à trouver des voies alternatives,
02:17en fait, pour acheminer une partie du pétrole qui passait avant le conflit via le détroit d'Hormuz.
02:22Mais on a quand même un déficit de l'acheminement de pétrole.
02:25On a des stocks qui baissent.
02:26Donc voilà, on voit qu'on a un risque de dislocation, comme le disait Bettina,
02:30de plus en plus important, en fait, sur la partie pétrole.
02:34Donc ça a amené de la volatilité sur le marché.
02:36Ça risque d'en amener, en fait, au cours des prochaines semaines.
02:39Donc si on fait une green analyse, aujourd'hui, sur la partie d'investissement,
02:42ça va globalement très bien.
02:43On le voit dans les résultats avec l'IA, avec des chiffres allemands
02:47qui montrent qu'on a une accélération du plan de relance.
02:49En revanche, on a une fragilisation du consommateur.
02:51On parlera des taux d'intérêt, mais il faudra prendre les deux éléments
02:54dans l'équation pour la fin de l'année.
02:55– Effectivement, fragilisation du consommateur.
02:57On a eu les prix de la consommation, aujourd'hui, aux États-Unis.
03:00Très important, puisque c'est les derniers chiffres d'inflation
03:03avant la prochaine réunion de la Fed.
03:04Et ces chiffres… Alors, on peut voir le verre à moitié plan
03:06en se disant « ça va, les prix de la consommation se stabilisent,
03:09ils sont conformes aux attentes, plus 3,4 %, comme le mois précédent ».
03:12Oui, mais enfin, plus 3,4, c'est quand même largement
03:13au-delà des objectifs de la Fed.
03:15Comment vous le regardez, ce chiffre ?
03:16Est-ce qu'il va pousser la Fed, d'après vous, à relever ces taux
03:20la semaine prochaine, ou au contraire, ça se stabilise
03:22et elle pourra encore attendre ?
03:23Bétina ?
03:23– Alors, les marchés s'attendent à une remontée des taux.
03:27Est-ce que ce sera la semaine prochaine ?
03:28Est-ce que ce sera un peu après ?
03:30Voilà, selon toute probabilité, ça arrivera.
03:33Nous, chez BlackRock, on pense que ce sera probablement
03:37un peu plus tard que ce que pense le marché.
03:39Mais en fait, c'est surtout pas la question la plus importante.
03:42Parce qu'en fait, vraiment, la question sur les marchés obligataires,
03:45c'est pas quel va être le prochain mouvement de la Fed,
03:48c'est comment est-ce que le marché, dans son ensemble,
03:51va réussir à financer l'explosion de besoins de financement
03:55qui viennent non seulement des États,
03:57mais également de l'infrastructure, de l'intelligence artificielle.
04:01Donc, c'est une question beaucoup plus large
04:04qui a des conséquences pour les investisseurs,
04:06puisque, voilà, s'il y a plus d'émissions obligataires,
04:10on peut s'attendre à une quantification de la courbe des taux,
04:13ce qui veut dire moins de diversification pour les actions,
04:15mais aussi, s'il y a plus de dettes émises par les acteurs de l'IA,
04:19ça veut dire que ce même risque d'intelligence artificielle,
04:22qu'on avait déjà beaucoup dans les actions,
04:27va se retrouver également dans les obligations,
04:30ce qui n'est pas à une diversification,
04:32un équilibre des portefeuilles.
04:33Est-ce que, quelque part, cette fois,
04:34le marché obligataire a trop de défis face à lui ?
04:37La flambée des prix du pétrole, effectivement,
04:39les déficits abyssaux des États,
04:41vous venez d'en parler, Bettina,
04:42des quantités monstrueuses de capital privé
04:44à aller trouver pour financer l'intelligence artificielle.
04:46On est sur une révolution industrielle,
04:48la première avec autant d'endettements souverains.
04:50Les précédentes, il y avait peu d'endettements des États.
04:52Celle-ci, cette révolution industrielle,
04:53a lieu alors que les États sont très endettés.
04:55Tout ça se cumule, tout ça se télescope.
04:58Est-ce que, cette fois,
04:59les marchés ont du mal à séparer les variables
05:02et, finalement, une forme de perte de contrôle
05:05de ce marché obligataire face à tant d'enjeux différents ?
05:07Florian ?
05:08Là, effectivement, il y a eu un mouvement assez violent
05:11sur la partie obligataire.
05:12Sur le chiffre d'inflation de cet après-midi,
05:13moi, ce qui m'a marqué,
05:14c'est qu'il n'y a pas de l'accélération encore
05:17des prix alimentaires.
05:18C'est-à-dire, si on regarde les prix alimentaires,
05:20on n'a pas d'accélération.
05:21Donc, c'est beaucoup sur la partie énergétique.
05:23Historiquement, quand il y a un choc énergétique,
05:26six mois après, je le retrouve sur mon CPI nourriture.
05:30Donc, le risque, c'est qu'effectivement,
05:32on ait quand même une accélération de l'inflation alimentaire.
05:35Donc, nous, on se dit, la Fed va être quand même obligée
05:38de monter ses taux.
05:38Et là, on est plutôt sur une option, en fait,
05:41la semaine prochaine, chez BNP Paribas, CIB.
05:44Donc, il y a ce point.
05:45Après, sur les taux longs,
05:47c'est ce que je disais tout à l'heure,
05:48c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de défis.
05:49Il y a un gros défi inflationniste, là,
05:51avec qu'on n'a pas passé le pic d'inflation en Europe.
05:54Aux États-Unis, vraisemblablement, on l'a passé.
05:56On n'a pas passé le pic d'inflation
05:57sur l'inflation sous-jacente.
05:59Et si les prix alimentaires, en fait, décalent trop,
06:02le pic d'inflation est peut-être encore devant nous.
06:04Donc, on se retrouve, c'est ça qui fait de la volatilité
06:05sur les marchés.
06:06On se retrouve à un moment où, vraisemblablement,
06:09on a passé le pic d'accélération de la croissance
06:11parce que mon consommateur commence à être fragilisé.
06:13Les taux d'épargne ont baissé.
06:15Et en revanche, j'ai toujours, potentiellement devant moi,
06:18mon pic d'accélération de l'inflation.
06:19Donc, ça a poussé, pour l'instant,
06:21les taux à un niveau élevé.
06:23Maintenant, on va avoir, petit 1,
06:25en fait, les chiffres de consommation
06:27qui, je pense, vont montrer des signes,
06:29effectivement, un peu plus de faiblesse
06:30au cours des prochains mois.
06:32Et par ailleurs, on en parlera sûrement tout à l'heure,
06:34on voit que les autorités américaines
06:37cherchent à casser un petit peu la transmission
06:39entre l'augmentation des taux courts
06:41réalisés par la Banque centrale
06:43et puis ce qui peut se réaliser sur la partie longue.
06:45On n'est peut-être qu'au début de l'histoire.
06:46Oui, alors, sauf que le Trésor a tenté
06:49de se mettre face au marché, là, cette semaine.
06:51Scott Bessent a annoncé que le Trésor
06:53allait davantage racheter d'obligations
06:55américaines à hauteur de 6 milliards de dollars
06:57en mettant presque au défi le marché
06:58de se mettre face au Trésor.
07:00Le marché, il a relevé le défi
07:01et il a bien rigolé, quand même, le marché
07:03parce que Scott Bessent, le Trésor,
07:05ont fait cette annonce, supposé calmer le marché.
07:07Au contraire, les taux se sont encore plus tendus ensuite
07:09parce qu'ils promettent de racheter 6 milliards de dollars.
07:12La dette américaine, ce n'est pas 6 milliards,
07:13c'est 40 000 milliards à refinancer.
07:15Ça fait rigoler tout le monde.
07:16Est-ce qu'il n'est pas en train de griller ses cartouches,
07:18d'user la crédibilité du Trésor, Scott Bessent,
07:21avec ses déclarations, en plus, en bon moment le tord,
07:22je veux dire, il le fait de façon très péremptoire ?
07:25Florian.
07:27Si on réfléchit, en fait, à l'impact
07:29des fameuses opérations buy-back,
07:32donc le Trésor rachète des obligations longues
07:33en émettant des obligations courtes,
07:35si on avait eu des montants très importants,
07:38la répercussion, ça aurait pu être
07:39une dépréciation du dollar.
07:41Or, en fait, ce qui est en train d'arriver,
07:42c'est un choc d'inflation importée.
07:44Est-ce qu'au moment où on vit un choc d'inflation importée,
07:46on a intérêt à avoir une dépréciation de sa devise ?
07:48Regardez ce qui se passe au Japon.
07:50On a une forte dépréciation du Yen
07:52et on a une accélération de l'inflation.
07:54Donc, en fait, voilà, pour l'instant,
07:55on n'est pas sur des tailles qui sont énormes,
07:56effectivement, il n'a pas été au-delà des attentes,
07:58le marché a tendé 6 milliards,
08:00il a donné 6 milliards,
08:01donc l'impact, ça a été une hausse des taux.
08:03Mais en revanche, en termes de mécanisme,
08:05c'est assez intéressant.
08:06Quand même, ce qui se met en place,
08:06c'est qu'on a eu deux choses cet été.
08:08On a eu les opérations de buy-back
08:09et pour la première fois dans le XXIe siècle,
08:11on a le Trésor américain
08:13qui s'est joint à la Boj,
08:14à la Banque centrale du Japon,
08:16pour, en fait, supporter les Yen.
08:22En face, acheter du Yen.
08:23Et sans prévenir la BCE.
08:24Voilà.
08:24Donc, on a quand même un début un peu
08:26de ce qu'on appelle, en fait,
08:28du yield curve control,
08:28du contrôle de la courbe des taux.
08:31Vous trouvez que ça marche ?
08:32Si on regarde l'architecture
08:33qui pourrait être mise en œuvre,
08:36la part des obligations de court terme
08:37qu'on appelle les T-bills aux États-Unis,
08:39dans la dette américaine,
08:40c'est entre 20 et 25%.
08:41On est à 22% aujourd'hui.
08:42On monte sur la borne haute,
08:44ça veut dire qu'on va émettre
08:46potentiellement 800 milliards de T-bills.
08:49Ce qu'on appelait les QE,
08:50donc les interventions quantitatives,
08:52le 1 et le 2, c'était 600 milliards.
08:54Donc, on se retrouve avec des munitions.
08:56Après, ça veut dire
08:56beaucoup d'émissions courtes.
08:58Comment on les recycle ?
08:59En ce moment, la Fed nous dit
09:00« Ah non, moi, je n'ai pas envie
09:01de faire de QE, ça ne marche pas
09:02pour lancer l'investissement.
09:03Mais je veux normaliser mon bilan.
09:04Donc, potentiellement,
09:05je vais acheter plus d'obligations courtes
09:07de T-bills.
09:07Et vous avez une réforme envisagée
09:09dans le système bancaire
09:10où vous allez conduire
09:11les banques américaines
09:13à détenir plus de T-bills.
09:14Donc, l'architecture,
09:15ça peut être quoi ?
09:16Le trésor est davantage
09:17sur la partie longue.
09:18Le système bancaire américain
09:19est plus sur la partie courte.
09:20Ça me rappelle quelque chose ?
09:22Ça me rappelle le papier
09:23qui avait été écrit
09:24par Stéphane Miran
09:25au début du...
09:26Oui, candidat à la tête de la Fed.
09:28...sur l'architecture financière
09:29où il nous disait
09:30« Il faut que la Fed soit
09:31sur la partie courte
09:32et il faut que le trésor
09:33et la Fed agissent
09:34conjointement sur la partie longue. »
09:36Donc, on ne peut pas avoir
09:36des montants très importants,
09:37mais en termes de signal
09:38et de mécanisme,
09:39il faut quand même, je pense,
09:40bien insister
09:41sur cette grille de lecture.
09:42Moi, c'est ce que j'ai appelé
09:43les opérations Tango,
09:44puisqu'on parlait beaucoup
09:45des opérations Twist
09:46qui avaient été réalisées.
09:47Là, ça se fait à deux acteurs.
09:49Il faut être deux
09:49pour danser un tango.
09:50Donc, voilà.
09:51Et donc, vous dites
09:52qu'il faut laisser sa chance
09:53au produit.
09:54Vous pensez que ça peut marcher ?
09:55Je pense qu'il faut
09:56tenir compte du signal
09:57et il faut avoir en tête
09:58aujourd'hui
09:59qu'on est dans un moment
10:00d'inflation à porter
10:01et que les États-Unis
10:02n'ont pas forcément intérêt
10:03d'avoir une forte dépréciation
10:04du dollar.
10:05Stéphane Miran nous disait
10:06« Nous, ce qu'on veut,
10:07c'est une dépréciation du dollar. »
10:08C'est ce qui est fléché
10:09dans le temps.
10:09Mais tout ça,
10:10ça va être quand même
10:12fait de manière ordonnée.
10:14Et actuellement,
10:14ce n'est pas, je pense,
10:15l'objectif de court terme.
10:16Il faut limiter l'inflation.
10:17Et c'est comme ça
10:18que vous expliquez
10:18qu'effectivement,
10:19le Trésor est décidé
10:21d'intervenir
10:21mais moins que le marché
10:22pouvait anticiper
10:23ou espérer.
10:24Est-ce qu'il y a un niveau de taux ?
10:25Parce que quand même,
10:26c'était ce matin,
10:26ce n'est pas si vieux,
10:27le 10 ans américain
10:28a flirté avec les 5%
10:29Bettina.
10:30Les 5%,
10:30on ne parle pas du 30 ans.
10:32On parle du 10 ans américain.
10:34Au début de la guerre en Iran,
10:35on disait à chaque fois
10:35que le 30 ans franchit les 5%,
10:37Donald Trump envoie un message
10:38pour calmer le marché.
10:39Là, c'est carrément 10 ans
10:40qu'il flirte avec les 5%.
10:41Est-ce qu'il y a un niveau
10:41à partir duquel,
10:42vous dites,
10:42on sera en crise obligataire ?
10:44Alors, il n'y a jamais
10:45de niveau qui déclenche
10:47une crise.
10:47Il y a un moment
10:48où le marché
10:49n'a plus confiance.
10:51C'est impossible
10:52de donner un niveau
10:53plus qu'un autre.
10:55Il y a quand même,
10:56vous le disiez,
10:57pour mettre en perspective
10:58les chiffres,
10:59aujourd'hui,
10:59vous disiez,
11:00c'est 40 000 milliards
11:01la dette américaine.
11:0320 000 milliards
11:04ont été faits
11:04sur les 10 dernières années
11:05et les autres 20 000 milliards
11:07sur les 250 premières.
11:08Donc, il y a quand même
11:09très nettement
11:10une accélération
11:11et le poids de la dette
11:12va être important.
11:13Donc, le poids des intérêts,
11:15pardon,
11:16le poids des intérêts
11:16va être important.
11:18Si on...
11:18Je rejoins ce que vous disiez
11:20sur le Yen.
11:22Avec la remontée
11:23des taux au Japon,
11:24un des gros risques,
11:25c'est que les investisseurs
11:27qui empruntaient en Yen
11:29quand les taux étaient très bas
11:30pour les placer en dollars
11:31quand les taux étaient plus hauts,
11:32maintenant que les taux
11:33sont plus hauts au Japon,
11:35déboucle ce carry trade,
11:37ce qui amènerait
11:38pile à un moment quand même
11:39qui n'est pas idéal
11:41pour les Etats-Unis,
11:42une baisse de la demande
11:46alors qu'ils en ont besoin.
11:48Ah, là, c'est Chris.
11:50Tiens, c'est notre réalisateur
11:51en régie qui vous écoute
11:51et qui souhaite intervenir
11:53en direct.
11:54Il est 17h18.
11:55Chris, tu écoutes les débats.
11:56On t'écoute.
11:57Bonsoir les clubbers.
11:58Salut.
11:59Et selon vous,
11:59à quel niveau de taux
12:00faut-il commencer à craindre
12:01un vrai décrochage
12:02des actions ?
12:04Aurélien ?
12:05Alors, si on fait des modèles
12:06de valorisation,
12:07là,
12:08vu les résultats
12:09qu'on a eus,
12:09notamment sur l'IA,
12:11simplement,
12:11je donne les chiffres,
12:12le secteur
12:13information,
12:14technologie,
12:14c'est 37% du S&P 500,
12:16c'est 74% des résultats.
12:18Et résultat,
12:19on a une croissance
12:20des bénéfices par action
12:21aux Etats-Unis
12:22de 31,5% cette année.
12:24Donc,
12:24les métriques de valorisation,
12:25en fait,
12:26ont fortement baissé,
12:27ce qu'on appelle
12:27les ratios de PE.
12:28Et donc,
12:29quand on regarde...
12:30Donc,
12:30les actions peuvent
12:30continuer de monter
12:31même si les taux se tendent,
12:32pour répondre à la question de crise.
12:33Si on regarde,
12:34en fait,
12:35jusqu'à des taux à 5,5%,
12:36les actions américaines
12:37ne sont pas chères.
12:38En revanche,
12:38j'ai un problème,
12:39c'est mon secteur immobilier,
12:40aujourd'hui.
12:40Parce que là,
12:41j'ai des signaux de détresse
12:42qui arrivent
12:44sur les demandes de prêts
12:46et sur l'activité,
12:47en fait,
12:47que je vois à travers
12:48la confiance des promoteurs
12:49immobiliers.
12:49J'ai des métriques
12:51que je n'avais pas vues
12:52depuis 2007-2009.
12:54Ah,
12:55oui,
12:55ce n'est pas une période neutre
12:572007-2009 en l'occurrence.
12:58D'accord.
12:58Mais enfin,
12:59jusqu'à 5,5%
13:00sur le 10 ans américain,
13:01on parlait du 10 ans américain.
13:02Sur la partie écouti,
13:03ça va.
13:03Sur la partie actions,
13:04ça va.
13:04Parce qu'en fait,
13:04l'IA est très forte,
13:05mais on est dans une économie en cas.
13:07Attention,
13:07on reste mon consommateur
13:09et mon immobilier.
13:09On rappelle quand même,
13:10le S&P 500,
13:11malgré le niveau des taux très élevé,
13:12n'est qu'à 2,5%,
13:13même pas 2% ce soir
13:15de son record.
13:15On est tout proche encore
13:16des records à Wall Street.
13:17Les actions tiennent.
13:18La question de crise,
13:18notre réalisateur,
13:19c'est jusqu'à quand ça peut tenir
13:20si les taux continuent de monter.
13:21Bettina ?
13:22Et c'est une question
13:23d'autant plus importante
13:24que,
13:26aussi récemment que 2023,
13:28l'IA avait du CAPEX
13:30de l'ordre de 150 milliards
13:32que pour 2028,
13:34on prévoit 1300 milliards.
13:36Donc,
13:36il va falloir les financer.
13:38Évidemment,
13:38financer au-delà de 5,
13:39ce n'est pas la même chose
13:40que financer bien en dessous.
13:43Ce qu'il faut également garder en tête,
13:47c'est que l'IA ne va pas soutenir indéfiniment
13:56éternellement les marchés.
13:57On aimerait qu'elles soutiennent
13:58les marchés toute la vie.
13:59Cet été,
14:00il y a eu de la volatilité sur l'IA
14:03et les résultats des entreprises
14:05ont répondu à deux grosses questions.
14:08Ils ont répondu d'une partie.
14:10La première question,
14:11c'était est-ce que les sociétés
14:13génèrent assez de bénéfices
14:15pour justifier les rendements,
14:18pour justifier la dépense sur le CAPEX ?
14:22Et l'autre question,
14:24c'était est-ce que la demande
14:24est assez forte
14:25pour soutenir leur viabilité à long terme ?
14:27Les résultats cet été
14:28ont donné oui et oui.
14:31Donc,
14:31c'est vrai que la question
14:32de se dire
14:33à quel niveau
14:34ça commence à devenir difficile,
14:35c'est vrai que c'est une question importante,
14:37mais dans l'ensemble,
14:38quand même,
14:38aujourd'hui,
14:39on répond oui sur toute la ligne.
14:40Oui, parce que les résultats sont là
14:42et l'IA a encore prouvé
14:43et délivré cet été
14:44à travers les publications.
14:45Tiens,
14:46il y a un chiffre
14:46que nous a apporté tout à l'heure
14:48Valentin François,
14:48c'était dans Techstocks.
14:49TSMC,
14:50pour montrer l'ampleur
14:51de la demande
14:51dans l'intelligence artificielle,
14:53TSMC est en train,
14:54dans le monde,
14:55de construire simultanément
14:5620 usines.
14:58TSMC est en train,
14:58à l'heure
14:58ou en train de se parler là,
15:00de construire simultanément
15:0120 usines.
15:03C'est 4 fois plus
15:04que leur précédent record historique.
15:06C'est fou.
15:07Et ils expliquent même,
15:08TSMC,
15:09que même en construisant
15:1020 usines,
15:11ça ne suffira pas
15:11à rattraper la demande.
15:13La demande est très forte,
15:14c'est ça.
15:15La plupart des crises,
15:16voilà,
15:16la fibre,
15:17il y a eu trop de fibres.
15:18Les maisons,
15:19il y avait eu trop de maisons
15:20au moment de la crise de 2008.
15:21Là,
15:21il n'y a largement pas assez
15:23de quoi répondre à la demande.
15:23Oui, c'est ça.
15:24Et l'enjeu aussi,
15:25c'est de désensibiliser
15:26la tech et l'IA
15:27à Taïwan
15:28au risque d'un conflit,
15:29d'une guerre
15:29entre la Chine et Taïwan
15:30puisque TSMC,
15:31c'est Taïwan Semiconducteur,
15:33c'est très basé à Taïwan
15:33et donc ça met en risque
15:34l'ensemble de l'approvisionnement mondial
15:36si Taïwan est occupé
15:37ou envahi par la Chine.
15:38Et donc là,
15:38l'idée est que d'ici
15:39un an et demi,
15:4030% de la production de TSMC,
15:4230% soit réalisé
15:43en dehors de Taïwan.
15:45Les choses vont vite, Florian ?
15:46Oui, tout à fait.
15:47Là, vous mettez les points
15:48sur deux aspects.
15:49On s'inquiétait
15:50sur la demande de l'IA,
15:51on voit que ça arrive
15:52de la part des entreprises.
15:52Maintenant,
15:53on peut s'inquiéter un peu
15:53sur la capacité de livrer
15:55en termes d'offres finalement
15:56et toutes les tensions,
15:58les goulots d'étranglement.
15:59En fait, nous,
16:00on essaye de travailler
16:01en termes de thématiques
16:02d'investissement
16:02autour de où il y a
16:03des goulots d'étranglement.
16:04Donc, on le voit
16:05sur tout ce qui est
16:05puce mémoire et compagnie.
16:07C'est un point qui est important
16:07en termes macroéconomiques.
16:08C'est aussi important
16:09parce que ça peut mettre
16:10sous pression
16:11les résultats des entreprises.
16:12C'est le premier point.
16:13Et le deuxième point,
16:14c'est que moi,
16:15conceptuellement,
16:16on se dit OK,
16:16l'investissement est très fort,
16:18ça fait de l'inflation,
16:20mais l'IA n'embauche pas.
16:21Aujourd'hui,
16:21il n'y a pas de création d'emplois
16:22en fait dans le secteur
16:24technologique américain,
16:25dans l'ensemble.
16:26Mon consommateur,
16:27c'est-à-dire qu'il y a un pont,
16:28la consommation,
16:28c'est quand même 70% du PIB.
16:30Donc, l'IA,
16:31c'est dingue en fait.
16:33Là, c'est cette croissance
16:34très forte.
16:35Le pont qui est construit
16:37entre l'investissement
16:38et la consommation,
16:39ce sont les effets richesses.
16:40Mais il y a un moment,
16:41il y a de l'inflation en face.
16:42Et donc,
16:43est-ce que je vais vraiment
16:44réussir à faire ce pont ?
16:45C'est un point qui est très important.
16:46Donc, il y a la livraison d'un côté
16:48et il y a le consommateur de l'autre.
16:49Juste avant,
16:50regardez ce que nous offre
16:51le CAC 40,
16:51ce qu'il délivre à 10 minutes
16:52de la clôture.
16:53Juste avant,
16:53un dernier mot sur l'intelligence artificielle
16:55parce que la semaine
16:56a quand même été marquée
16:56par de nombreuses alertes
16:58d'insiders,
16:58de la tech,
16:59de chercheurs,
17:00de pontes même
17:01de l'intelligence artificielle,
17:02des gens qui travaillent
17:02ou travaillaient
17:03parce que certains démissionnent
17:04chez Anthropique
17:05en alertant sur un risque
17:06pour l'humanité.
17:07Bon,
17:08alors évidemment,
17:09ça fait toujours le buzz
17:09quand on parle de risque
17:11pour l'humanité.
17:11Il a fait,
17:12je crois,
17:13ce chercheur qui démissionne
17:14d'Anthropique
17:14150 millions de vues
17:16sur les réseaux,
17:17c'est beaucoup.
17:18Est-ce que vous pensez
17:19que si ces questions-là
17:21continuent de s'incruster
17:22dans les esprits,
17:22ça pourrait limiter
17:23le potentiel d'attrait
17:25de l'intelligence artificielle
17:26en bourse ?
17:27Anthropique va s'introduire
17:28dans un peu plus d'un mois.
17:29Tout ça intervient
17:30un peu plus d'un mois
17:30avant son introduction.
17:31c'est de la bonne
17:32ou de la mauvaise publicité
17:33pour l'IA en bourse ?
17:34Bettina ?
17:35Quel est le poids
17:37de l'éthique
17:37par rapport au profit
17:39dans l'esprit des marchés ?
17:43Je ne sais pas
17:44si ça peut être
17:45une variable
17:47prise en compte
17:48par les investisseurs.
17:50Ce qui est vrai,
17:50c'est que quand on se pose
17:51tous la question
17:52de dire
17:53qu'est-ce que nos enfants
17:54vont pouvoir faire
17:55comme métier,
17:56peut-être qu'une des questions,
17:57un des métiers,
17:58c'est d'être philosophe
17:59ou spécialisé de l'éthique.
18:01Oui,
18:02le retour des humanités,
18:04comme on disait aussi,
18:05les matières littéraires,
18:07il faut les pousser.
18:07Florian ?
18:08Il y a une question
18:09de réglementation,
18:10c'est sûr
18:10qui interviendra,
18:11c'est le premier point.
18:12Et le deuxième,
18:13moi ce que je retiens toujours,
18:15c'est quand il y a
18:15des grosses innovations,
18:17souvent les changements
18:18à deux ans sont surestimés,
18:19ce qui entraîne
18:20au bout d'un moment
18:21une crise,
18:21une crise de milieu de cycle.
18:22Et en revanche,
18:23les changements à dix ans
18:24sont sous-estimés.
18:26Et donc,
18:26je pense que là,
18:27il y a ce côté
18:29peut-être un peu
18:30de tropisme
18:31qu'on a aujourd'hui,
18:32ce qui peut amener
18:33en fait
18:34de la turbulence financière.
18:36Et à dix ans,
18:37on verra aussi
18:38tout ce que va ouvrir
18:38l'intelligence artificielle.
18:40Je suis incapable
18:40de vous répondre aujourd'hui.
18:41Oui, oui,
18:42Anthropique,
18:42donc en bourse,
18:43a priori,
18:43sans doute autour
18:44de mi-octobre.
18:45Est-ce qu'il faut souhaiter
18:45que l'humanité entière
18:47soit actionnaire d'Anthropique
18:48pour ce qu'au moins
18:48tous ces gens,
18:49avec un droit de vote
18:50puissent mettre
18:52des pare-feux
18:53sur des pratiques
18:54peut-être
18:54qui pourraient devenir
18:54excessives
18:55de l'intelligence artificielle
18:56ou pas ?
18:57Voilà,
18:57c'est des questions
18:57qu'on aura l'occasion
18:58de se poser.
18:59La semaine prochaine
19:00au Congrès américain,
19:01un projet de loi bipartisan
19:02pourrait arriver
19:03pour justement
19:04pousser les acteurs de l'IA
19:05à mettre des pare-feux
19:07réglementaires,
19:08un projet de loi bipartisan
19:09quand on sait l'ambiance
19:10entre républicains
19:11et démocrates en ce moment.
19:12Ce serait un exploit.
19:13On est à dix minutes
19:14de la clôture.
19:15Oui.
19:17On accélère
19:17dans cette dernière ligne droite
19:19de la séance.
19:19Et à dix minutes
19:20de la clôture,
19:21le CAC gagne 0,77%,
19:238179 points.
19:24Stellantis est en hausse,
19:25plus forte hausse du CAC,
19:25plus de 6.
19:26Safran aussi progresse
19:27de 2,7%.
19:28Et puis LVMH
19:29essaie de s'en mettre
19:30de sa semaine compliquée.
19:31LVMH récupère 2%.
19:33Figurez-vous
19:33que Bernard Arnault
19:34ne fait plus partie
19:35du top 10
19:35des plus grandes fortunes mondiales,
19:37le top 10 Bloomberg.
19:38Non, non.
19:38Il est désormais
19:3911ème fortune mondiale
19:40parce que le titre LVMH
19:41a beaucoup reculé.
19:42Il a touché un plus bas
19:42de 5 ans quand même
19:43cette semaine.
19:44Et les dix premières fortunes
19:45mondiales,
19:45ce sont toutes américaines
19:46désormais.
19:47Voilà, Bernard Arnault
19:47sort de ce top 10.
19:48On en reparlera tout à l'heure.
19:50Les replis,
19:50Carrefour perd 1,6%,
19:52NG abandonne 1,4%.
19:53Puis alors,
19:54on n'oublie pas,
19:55Vétoquinol,
19:55alors ça,
19:56on est sur une petite
19:57moyenne valeur
19:58de la cote parisienne.
19:59Le titre gagne 19%.
20:00C'est un acteur vétérinaire,
20:02un laboratoire vétérinaire
20:03qui cartonne,
20:04figurez-vous,
20:04sa publication est saluée.
20:05L'article est toujours disponible
20:07donc sur notre site
20:07bfmbourse.com.
20:10Bettina Mazzocchi,
20:11Florian Roger
20:11nous accompagnent.
20:13On est ensemble.
20:14Et pendant ce temps,
20:15et pendant ce temps,
20:16le 10 ans français monte encore.
20:18On est à K44 en ce moment
20:19sur le 10 ans français.
20:20L'écart de taux avec l'Allemagne
20:21reste de 92 points de base
20:22à l'instant.
20:24Et puis,
20:24il y a une petite French Touch
20:25qui arrive dans ce marché obligataire.
20:26La petite touche française,
20:27vous savez,
20:27qui fait que non seulement
20:28il y a des difficultés
20:29liées à la hausse
20:30des cours du pétrole,
20:31manque de croissance en Europe,
20:32mais il y a la French Touch
20:33qui vient s'ajouter.
20:34On a l'INSEE
20:35qui a à nouveau révisé
20:36sa prévision de croissance.
20:37Bercy aussi révise aujourd'hui
20:38pour la troisième fois
20:39depuis le début de l'année
20:40sa prévision de croissance
20:41pour cette année,
20:42si bien que Bercy renonce
20:43à l'objectif de faire passer
20:44les déficits sous les 5% en 2026.
20:46C'est la petite French Touch
20:47qui fait monter le 10 ans français.
20:49Ça vous inquiète
20:50ou finalement,
20:51c'est pas si grave
20:51le 10 ans français à 4,44
20:52à l'instant, Bettina ?
20:54C'est inquiétant
20:55comme pour beaucoup de pays.
20:58C'est-à-dire,
20:58la France n'est malheureusement
20:59pas seule dans cette situation-là.
21:02Ça me désole
21:03en tant que française,
21:04mais c'est une dynamique
21:05beaucoup plus...
21:06Vous portez l'avis de BlackRock,
21:07attention, sur la France.
21:08Non, non, mais c'est une dynamique
21:09beaucoup plus large
21:10sur le financement
21:15des pays européens
21:16et les difficultés
21:17de la Banque Centrale Européenne
21:18qui est un peu bloquée
21:20entre son mandat
21:21sur l'inflation uniquement
21:24et en réalité,
21:25un arbitrage qu'elle doit faire
21:26entre inflation,
21:28fragmentation budgétaire
21:29et hausse de la dette.
21:31Oui, oui, mais attendez,
21:32c'est pas que la BCE
21:32parce que la BCE
21:33qui relève ses taux,
21:34tous les pays européens
21:35en portent les conséquences.
21:37La canicule,
21:38il y a eu d'autres pays
21:39d'Europe de l'Ouest
21:39qui l'ont vécu,
21:40la canicule.
21:41La France n'est pas seule
21:42dans ce triste club.
21:43C'est ça, la France n'est pas une île
21:45et pourtant,
21:45c'est en France
21:46que les taux se tendent le plus.
21:474,44 à l'instant,
21:48le 10 ans français,
21:48et l'écart de taux
21:49avec l'Allemagne
21:49sur un plus haut de...
21:51Bon, je ne voudrais pas dire
21:52de bêtises,
21:52en tout cas 92 points de base
21:53d'écart de taux.
21:54Florian, comment vous regardez ça ?
21:56Le premier point
21:57que je voudrais rappeler
21:57par rapport au chiffre,
21:58c'est quand même
21:59la maturité moyenne
21:59de la dette française
22:00qui reste quand même assez élevée.
22:01On est à 8 ans et demi,
22:03donc c'est un point
22:04qu'il faut quand même
22:05avoir en tête.
22:06Là, quand on analyse
22:07les évolutions de taux
22:08et l'évolution
22:09de la charge d'intérêt,
22:11le chiffre,
22:11la révision qu'on a eue
22:12de l'INSEE-LA
22:13n'est pas une énorme surprise.
22:14Vous le dites,
22:15la canicule a touché
22:16d'autres pays,
22:16le tourisme est important en France.
22:17Bon, sur le troisième trimestre,
22:18il y a quand même
22:19un point qui est assez négatif.
22:22Ce qui, moi, marque,
22:23c'est dans ce cas,
22:23a publié l'INSEE,
22:25c'est l'évolution
22:25du pouvoir d'achat
22:26des consommateurs
22:26qui est négatif,
22:28première fois depuis 1993.
22:30Donc voilà,
22:30on voit la fragilisation
22:31du consommateur,
22:33on a une diminution
22:34du taux d'épargne en France.
22:36Là, est-ce que ça va pouvoir
22:37continuer ?
22:38Effectivement,
22:39avec l'incertitude électorale,
22:40pas forcément.
22:41Donc voilà,
22:42ça amène une croissance
22:43qui est plus limitée.
22:46Après, comme je le disais
22:47tout à l'heure,
22:47nous, sur les taux d'intérêt
22:48d'une manière générale,
22:49on se dit,
22:50un, regardons quand même
22:52ce qui est en train
22:52de se passer aux Etats-Unis
22:53où là,
22:54on veut limiter les tensions
22:57et deux,
22:58il y a mon consommateur
22:58qui peut freiner les hausses.
23:00Donc on a plutôt l'idée
23:01que là,
23:02sur la partie longue
23:03des courbes de taux d'intérêt,
23:05il y a quand même
23:05des choses à construire.
23:06En tout cas,
23:07en produits structurés,
23:08il y a vraiment
23:08des choses à faire.
23:09Oui, mais il n'y a pas
23:09une French Touch
23:10dans ce marché obligataire ?
23:12J'ai l'impression
23:12que l'un et l'autre,
23:13vous mettez la France
23:14dans un ensemble
23:14et puis la France,
23:15comme les autres,
23:15voit ses taux se tendre.
23:16Non, c'est en France
23:18que les taux en zone euro
23:19se tendent le plus
23:20à nouveau aujourd'hui.
23:20L'écart de taux
23:21avec l'Allemagne
23:21qui s'amplifie,
23:23Bercy qui renonce
23:24à l'objectif
23:25de passer sous les 5%
23:26de déficit.
23:26Et on se demande même
23:27si la prime de risque politique
23:28liée à la présidentielle
23:29est déjà dans les taux
23:30français actuels ou pas.
23:31On n'en est même pas sûr,
23:32c'est peut-être encore à venir ça.
23:33Elle est ou pas
23:34d'ores et déjà
23:35dans les taux actuels
23:36la prime de risque
23:36liée à la présidentielle
23:37d'après vous ?
23:38Sans langue de bois là-dessus,
23:39ce que je regarde
23:40en tant qu'économiste,
23:42c'est l'évolution
23:42des conditions monétaires
23:43et financières globales.
23:44Je regarde les taux d'intérêt,
23:46je regarde les marchés actions,
23:47je regarde les primes de risque
23:48en fait sur les entreprises
23:49et globalement,
23:50il n'y a pas une forte tension
23:52des conditions monétaires
23:53et financières en fait
23:54dans le cas français.
23:55Donc on n'est pas
23:55dans un scénario
23:56de stress financier là-dessus.
23:58Et Christine Lagarde,
23:59d'ailleurs,
23:59elle a évoqué,
24:00elle a donné ses piliers.
24:01Le troisième pilier,
24:02c'était la transmission
24:03de la politique monétaire.
24:04Il n'y a pas de problème
24:05de transmission
24:05de la politique monétaire
24:06et même s'ils n'ont pas voulu
24:08donner de guidance,
24:10la tonalité était quand même
24:11assez au quiche
24:12et vraisemblablement,
24:13on aura une hausse de taux
24:14en fait sur le mois de décembre.
24:16Donc si on avait une situation
24:17vraiment stressée
24:18dans le cas français,
24:19on aurait peut-être eu
24:20un discours un peu différent
24:21de la part de la Banque Centrale Européenne.
24:22Oui,
24:22on aura une troisième hausse de taux
24:23sans doute effectivement de la BCE.
24:25Est-ce que cette troisième hausse de taux
24:26pour l'économie européenne
24:27passera aussi bien
24:28que les deux précédentes ?
24:29Parce qu'il faut reconnaître
24:29que, alors autant en France
24:30on est au ralenti,
24:31mais le reste de la zone euro
24:32tient bien.
24:32Est-ce que ça passera
24:33cette troisième hausse de taux
24:34comme les deux premières
24:35sont bien passées d'après vous,
24:36Bettina ?
24:37Espérons-le.
24:38croisons les doigts.
24:40Effectivement.
24:41Alors on est à quelques instants
24:42de la clôture,
24:43donc dernière question,
24:455 000 dollars ?
24:46Je vous offre 5 000 dollars
24:47si les Républicains
24:49l'emportent au Congrès.
24:50Ça c'est la proposition
24:51de Donald Trump quand même
24:51qui prête à offrir
24:525 000 dollars à chaque Amérique.
24:54Il n'en est pas
24:54sa première proposition.
24:55Il avait déjà prévu
24:57dans le passé de l'argent.
24:59Plus sérieusement,
25:00ce qu'il faut savoir
25:01c'est que,
25:02un,
25:02on parle,
25:03si vraiment c'était le cas,
25:04on parlerait
25:05de 1 000 milliards de dollars.
25:07comme ordre de grandeur
25:08et qu'il faudrait
25:09que ce soit approuvé
25:09par le Congrès.
25:11Donc on a encore un peu...
25:12Alors lui dit que non.
25:13Il dit que ça peut passer
25:13sans vote du Congrès
25:15les 5 000 dollars par Américain.
25:16Je pense quand même que...
25:18Oui.
25:18Il a déjà fait des promesses
25:19justement de distribuer de l'argent
25:20qui n'ont pour l'instant
25:21pas été tenues.
25:22Exactement.
25:22Ça coûterait plus cher
25:23effectivement cette promesse
25:25que tous les chèques
25:26qui avaient été distribués
25:26par exemple pour le Covid
25:27et effectivement
25:28plus de 1 000 milliards de dollars
25:30le coût de cette mesure.
25:31C'est-à-dire que
25:31c'est au-dessus du budget
25:33de la défense américaine.
25:35Ça tombe bien,
25:35les Américains n'ont pas de déficit.
25:37Ils peuvent pas le permettre, Florian.
25:38Je pense qu'il y a
25:39la promesse électorale.
25:40Bon, voilà, je la commenterai pas.
25:42Et puis il y a le sous-jacent derrière.
25:43C'est qu'il voit bien
25:44ce qu'on se dit depuis tout à l'heure
25:45c'est la fragilisation du consommateur.
25:47Donc voilà, c'est la problématique
25:48qu'on a et qui arrive en fait
25:50aux Etats-Unis.
25:50Donc il est en train d'essayer
25:52d'envoyer un signal.
25:53Après, sur la promesse électorale
25:55je préfère ne pas commenter.
25:55Qu'est-ce qui est le pire ?
25:56Proposer 5 000 dollars par Américain
25:58si les Républicains gagnent
25:59ou promettre de baisser
26:00l'âge de retraite à 60 ans
26:02ici en France.
26:03Est-ce que c'est pareil ?
26:06On est sur des aspects...
26:08C'est un peu pareil quand même.
26:09On est sur des aspects
26:10qui sont là-dessus
26:11pour l'instant électoraux.
26:13Après, il faut voir
26:14la réalité des choses
26:15quand elles se mettent en œuvre.
26:17Je pense que c'est ça qui est important.
26:18Je pense que c'est ça qui est
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