- il y a 4 minutes
Ce vendredi 11 septembre, retrouvez le replay de l'émission USA Today présenté par Antoine Larigaudrie sur BFM Business.
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00:00BFM Business, 15h30, 16h.
00:07USA Today, Antoine Larigauderie.
00:11Et c'est parti pour USA Today.
00:14Thank God, it's Friday.
00:16C'est la dernière édition de la semaine de votre demi-heure concentrée,
00:20spécialement consacrée aux marchés américains, à l'ouverture de Wall Street.
00:25Énormément de choses à vous raconter aujourd'hui encore.
00:27Évidemment, l'inflation reste le point, le culminant des tensions du moment.
00:34Hier, on l'a vu, les prix à la production américains qui étaient supérieurs aux attentes.
00:38On a les prix à la consommation, l'indice CPI pour le mois d'août.
00:42Globalement, il est conforme aux attentes.
00:44Maintenant, il confirme toutes les dynamiques du moment.
00:46Évidemment, on va en déduire tout ce qu'il y a à dire en matière de perspective monétaire pour la
00:52Fed.
00:53Évidemment, en termes de solidité ou pas du dollar,
00:57les orientations des taux américains.
00:59Évidemment, tout cela avec comme point d'ancrage le pétrole qui continue au-delà des 100 dollars,
01:04aussi bien sur le brut léger américain que le Brent de Mer du Nord.
01:08On reste quand même sur ce qui fait que l'inflation est, comme on dit du côté des États-Unis,
01:14sticky, collante.
01:15Et là, il y a vraiment de quoi s'inquiéter aussi parce que les tensions après le détroit d'Hormuz
01:22sont désormais fixées autour du détroit de Babel-Mandab.
01:26Et là, c'est les outils qui sont en train d'avoir les cartes en main pour perturber le trafic
01:32maritime mondial.
01:32Et puis, pas oublier l'IA, la big tech américaine, avec des gros résultats qui sont en cours de publication.
01:40On a eu Adobe, on a eu Oracle et il faudra y être attentif, bien sûr.
01:44L'ouverture de Wall Street, c'est maintenant, c'est tout de suite.
01:48Et on voit que les indices sont plutôt bien orientés.
01:50Regardez le Dow Jones derrière moi en hausse d'un petit peu plus d'un pour cent.
01:54On est à 52 586 points à l'instant pour l'indice des valeurs industrielles américaines.
02:00Le Nasdaq, plus 0,81, 29 293 points.
02:03Et un coup d'œil sur le S&P 500, on est en hausse là aussi, plus 0,9%, 7
02:08658 points.
02:09Après une semaine hésitante, là, on termine sur un point vraiment positif pour l'ensemble de la tendance.
02:17Les marchés européens sont en hausse également.
02:19USA Today, ça commence tout de suite.
02:27Et puis en ce 11 septembre, difficile de ne pas avoir une pensée quand même pour, il y a 25
02:32ans,
02:32ces attentats qui ont endeuillé New York, plus de 3000 morts
02:36et des événements qui ont décimé le monde de la finance américaine
02:39et dont tout le monde évidemment se souvient et nous également que ce soit dit.
02:44Du côté de la tendance, donc c'est du positif, côté américain.
02:48On est rassuré, John Plassard, cité gestion, est avec nous.
02:52Bonjour John.
02:54Bonjour.
02:55Que ça me permette de saluer également Olivier Droyer de Montpensier-Arbevel qui est en plateau avec nous.
03:01Bonjour.
03:02On va commenter ces chiffres de l'inflation américaine, John.
03:06Pas de débordement, on va dire que pour l'instant c'est maîtrisé.
03:10Ça reste dans le scénario aussi bien du côté des données nominales que des données core,
03:15cœur d'inflation.
03:17Est-ce que ça a quelque chose d'un petit peu soulageant pour Wall Street ?
03:21On voit que les taux américains sont en légère décrue,
03:23mais enfin on est quand même à 4,9 sur le 10 ans.
03:27Est-ce qu'il y a une certaine forme de soulagement de ne pas voir la situation sortir de tout
03:32contrôle ?
03:35Alors oui, c'est très très bizarre ce qui est en train d'arriver.
03:37Vous l'avez dit, les marchés en hausse, les rendements des tréjuries en baissent,
03:43mais les attentes de hausse de taux de la Fed la semaine prochaine se sont envolées.
03:49Il y a quelques minutes de ça, on était à 88% du consensus qui attendait une hausse de taux
03:55la semaine prochaine.
03:56Alors vous voyez, ça va un peu dans tous les sens.
03:58Mais revenons, si vous voulez bien, Antoine, sur les chiffres.
04:02Parce que si on regarde, vous l'avez dit, l'inflation totale est restée à 3,4% sur un
04:08an,
04:08mais l'essentiel de l'accélération mensuelle qui est à 0,4% vient de l'énergie et en particulier
04:16de l'essence.
04:17Vous avez les prix de l'essence qui ont progressé sur un an de plus de 27%
04:23et ça représente un tiers de la hausse mensuelle de l'inflation, du CPI.
04:30Donc on constate que c'est un choc d'offre qui est lié au pétrole.
04:35Et là-dessus, pour répondre à votre question, la Fed ne peut pas directement corriger le prix du baril de
04:41pétrole.
04:42Ce n'est pas parce qu'ils augmentent les taux que le prix du baril va baisser.
04:46Alors on a quand même un autre signal qui est assez rassurant, c'est l'inflation sous-jacente.
04:52Vous savez, lorsqu'on enlève le prix du baril de pétrole, le prix de l'énergie et puis aussi le
04:57prix de l'alimentation,
04:58eh bien elle a ralenti à 2,4% sur un an.
05:03On est au plus bas depuis mars 2021, il y a plus de 5 ans.
05:08Imaginez, donc on est dans une situation où on a une désinflation qui est liée au logement.
05:14Vous savez que le logement dans le CPI, c'est près de 35% de son composant et puis aussi
05:18de l'alimentation.
05:19Et donc on est pour la Fed dans une situation ultra compliquée, avec d'un côté un consensus qui la
05:28pousse à remonter les taux.
05:29On verra comment ça va évoluer ces trois prochains jours.
05:32Avec une inflation qui est exclusivement à mettre sur le compte de la hausse du prix du baril.
05:39Mais avec un prix du baril à plus de 100 qui reste à plus de 100, eh bien on va
05:46avoir un problème au niveau de l'inflation de ce qu'on appelle de second tour ces prochaines semaines.
05:53Si ça reste à ce niveau, évidemment la Fed doit prévenir.
05:58Donc ça va être très compliqué.
06:00Potentiellement, Antoine, évidemment on va le commenter la semaine prochaine,
06:04eh bien potentiellement, si la Fed monte ses taux alors que c'est exclusivement dû à la hausse du prix
06:10du baril,
06:11eh bien ça peut être une erreur de politique monétaire et les marchés détestent ça.
06:16Oui, ça c'est évident et c'est vrai que la situation est assez paradoxale.
06:19Alors ça se détend un tout petit peu, je vous le disais, si on regarde le 10 ans américain, on
06:23était à 4,91.
06:24On était monté beaucoup plus haut, notamment hier.
06:28Et puis le pétrole, alors ça s'est légèrement détendu aussi, 104,45 dollars pour le baril de Brent.
06:34Le brut léger américain, 99,22.
06:38Olivier de Royer, c'est vrai qu'on est dans une situation à chaque fois, ça fait des années et
06:43des années que ça dure,
06:44mais à chaque fois on dit, oh là là, la situation extraordinaire pour la Fed, c'est valable aussi pour
06:48la BCE.
06:48Il y a tout un tas de paramètres à régler qui n'ont rien à voir les uns avec les
06:51autres.
06:52Et pourtant, il faut revenir aux fondamentaux.
06:54Il y a de l'inflation à maîtriser et on ne sait même pas si les hausses de taux seront
06:57suffisantes pour la maîtriser.
07:00Est-ce que c'est une situation extraordinaire de plus ou est-ce qu'on commence à avoir un canevas
07:04régulier de ces événements monétaires et inflationnistes ?
07:09Avec les tirants qu'on a en géopolitique, quelque part entre Trump et Poutine, on finit par être assez habitués
07:14à ces situations.
07:15Mais ça n'empêche pas que c'est quand même des points de vigilance.
07:18Dans les chiffres d'inflation, il faut voir aussi qu'il n'y a pas la hausse du pétrole en
07:20réalité.
07:21Il y a la hausse du pétrole évidemment cumulée depuis le début de l'année.
07:23Mais quand on regarde le pétrole au mois d'août, ça n'a vraiment pas tellement bougé.
07:27L'accélération haussière qu'on a eue, avec notamment ce que vous dites tout à l'heure, les outils qui
07:30ont commencé à se mettre dans le jeu,
07:32c'est vraiment un phénomène qui est arrivé à la fin du mois et qui pourrait se voir dans les
07:35chiffres de septembre.
07:36On peut estimer peut-être autour de 80 points de base d'inflation embarqués.
07:40Ça là-dessus, effectivement, c'est vrai que les banques centrales voulaient absolument monter les taux pour contrer quelque chose
07:44sur lequel elles n'ont aucune prise, ce n'est pas évident.
07:47Après, je pense qu'il y a quand même une situation un peu différente.
07:49Aux États-Unis, les effets de second tour sont un peu plus durables.
07:51Ça fait des années que l'inflation, finalement, ne baisse pas.
07:53Il y a un dynamisme très fort de l'économie en sous-jacent, même si certains segments sont très faibles,
07:57comme la construction.
07:58En Europe, on voit bien que les effets de second tour, ça ne dure pas.
08:00Évidemment, c'est normal, c'est légitime.
08:02Il y a quelques augmentations de salaire dans ces périodes.
08:05Mais en réalité, on voit bien que dès que les prix du pétrole se calment, tout ça est fini.
08:09Donc, il n'y a pas d'effet durable de second tour ou de troisième tour ou de spirale inflationniste
08:13de quelque sorte que ce soit en Europe.
08:15Après, pour la fête, c'est sûr que ça va être un peu compliqué, surtout que Kevin Warche, depuis qu
08:19'il est là, finalement, il fait tout pour qu'on ne sache pas ce qu'il veut faire.
08:22Puisque finalement, il a eu un discours assez dur contre l'inflation.
08:25Mais d'un autre côté, il dit surtout, n'essayez pas de me comprendre.
08:27Et puis, il a été nommé par Donald Trump.
08:29C'est quand même le genre de son ami Lauder.
08:31Donc, on peut quand même penser qu'il n'est quand même pas là non plus pour faire complètement dérailler
08:35la situation économique, notamment pour Donald Trump.
08:38Donc, la lecture est très complexe et ce sera effectivement une réunion très intéressante pour voir si, quelque part, les
08:43discours un peu durs sont suivis d'actes.
08:46Bon, et puis, John Plassard, je lis cette dépêche, je l'ai sous les yeux.
08:50Iran et Arabie Saoudite sont en train de discuter.
08:54Moi, personnellement, j'en suis tombé de ma chaise en lisant cette dépêche ce matin.
08:59Il faut quand même ça, la situation actuelle, pour mettre autour d'une table directe ou indirecte, on ne sait
09:06pas vraiment.
09:07Mais c'est deux puissances extrêmement rivales pour essayer de résoudre quelque chose.
09:12Et notamment autour de ce fameux point chaud nouveau qui est le détroit de Bab el-Mandeb,
09:17qui est beaucoup plus à l'ouest du détroit d'Hormuz et qui est une route commerciale très, très importante
09:24entre l'Afrique et l'Asie.
09:27Qu'est-ce qu'il faut y voir ? Quelle est la problématique autour de ça et qui participe, elle
09:33aussi, finalement, aux tensions sur les cours du brut ?
09:36Alors, il y a plusieurs problématiques. Je dirais que la première, c'est qu'on ne sait rien.
09:40Ça, c'est la première des problématiques.
09:42Et c'est vrai, vous savez, quand on est dans le noir et qu'on ne voit pas vraiment ce
09:45qui se passe,
09:46quelles sont les vraies informations des fausses, ça, c'est la première des choses.
09:48La deuxième des choses, c'est que je pense que les outils ont pris de plus en plus d'ampleur
09:55et ont notamment capturé,
09:57je ne sais pas si c'est comme ça qu'on le dit, une ville sur le détroit que vous
10:03venez de nommer
10:03et que potentiellement, personne n'a la main mise sur les outils, même s'ils sont considérés comme très proches
10:10de l'Iran.
10:10Et donc, on est dans une situation où il pourrait y avoir un débordement où personne n'est gagnant,
10:15que ce soit évidemment les États-Unis et l'Occident, mais aussi l'Arabie saoudite et l'Iran,
10:21parce qu'on ne le rappelle pas assez, et c'est très triste, notamment pour le peuple iranien,
10:25c'est qu'ils sont dans une situation économique, qu'on le veuille ou non, mais qui est catastrophique,
10:30qui était déjà catastrophique avant, mais qui est encore plus catastrophique maintenant.
10:34Donc, à un moment ou à un autre, qu'on le veuille ou non, les frères ennemis,
10:37parce qu'ils s'appellent comme ça les frères ennemis, vous l'avez dit, l'Arabie saoudite et l'Iran,
10:41eh bien, à un moment, pourrait discuter, alors pas directement, on les voit mal se serrer la main,
10:47mais pourrait discuter d'une solution, alors d'une solution peut-être sur le court terme,
10:55pour ne pas qu'on ait ces deux des trois qui soient bloqués,
11:00parce que là, ça pose vraiment un énorme problème.
11:02Donc, il faut faire attention, prendre vraiment cette information avec des pincettes.
11:06On voit que le prix du baril recule de 3%, mais il avait monté hier de plus de 6%.
11:11Donc, faire très attention sur ces informations.
11:14On sait que l'acteur clé dedans, c'est Oman, qui, lui, arrive à discuter avec presque toutes les parties.
11:21Et donc, ici, effectivement, ce sera une énorme surprise, mais qui voudrait dire quelque chose.
11:27Et ce quelque chose, c'est qu'il y a un problème, et notamment ici, un problème économique pour l
11:32'Iran,
11:32et aussi, à un moment, pour l'Arabie saoudite.
11:34Oui, c'est clair que réunir autour d'une table, même indirectement,
11:38deux puissances rivales depuis le VIIe siècle après Jésus-Christ, il y aurait de quoi faire.
11:44Maintenant, Olivier de Royer, là, effectivement, on sent que les crispations autour du détroit d'Hormuz sont au maximum.
11:52Si ça commence à se boucher d'un autre côté, là, oui, on peut dire que la carte commerciale du
11:58monde sera profondément perturbée.
12:00Et que la crise pourra éventuellement faire aller le pétrole bien au-delà des 100 dollars et le pousser bien,
12:10bien au-delà.
12:11Bien au-delà. Sur le papier, oui.
12:13Maintenant, il y a quand même cette zone des 110-120 dollars qui était un peu la zone pique qu
12:17'on a vue depuis le début de cette crise.
12:19Il faut rappeler, l'Arabie saoudite en a fait état il y a quelques jours, mais que leur production d
12:25'hydrocarbures et leurs exportations sont,
12:28on ne va pas dire quasiment au point mort, mais enfin qu'il y a un vrai souci à ce
12:31niveau-là.
12:31Ils ont sorti 7 millions de barils le jour, 7,3, alors que l'objectif était autour de 10.
12:36Donc, ils sont quand même assez loin du compte. Effectivement, ça paralyserait pas mal leur production.
12:40Maintenant, il y a quand même quelques forces de rappel. Je ne vois pas forcément le pétrole.
12:43Alors, très ponctuellement, une journée ou deux sont possibles, mais aller au-delà de cette zone des 110-120.
12:47Parce qu'on voit quand même, l'AIE a publié un rapport aujourd'hui dans lequel on voit quand même
12:51qu'il y a une destruction de la demande à ces niveaux.
12:52C'est-à-dire qu'on voit quand même qu'ils ont réduit leur prévision de demande de 2,6
12:57millions de barils le jour.
12:58Donc, c'est quand même significatif.
13:00Alors même qu'on n'a pas encore forcément les derniers prix complètement dans la demande.
13:03Donc, on commence à arriver sur des niveaux où on détruit un peu de la demande.
13:06Et puis, il y a cette corrélation quand même entre les taux longs américains et le pétrole via les anticipations
13:11d'inflation.
13:12Ça fait que ça correspond un peu à des taux longs américains au-dessus de 5% sur le 10
13:16ans.
13:17Donc, on serait tenté de dire que c'est des situations typiques de taco chez Donald Trump.
13:21Bon, évidemment, le seul problème, c'est qu'avec les Iraniens, ils se retrouvent avec des gens qui, finalement, n
13:25'ont pas grand-chose à négocier.
13:26C'est-à-dire que oui, la situation économique en Iran est mauvaise.
13:29Mais à la limite, on a le sentiment que le régime s'en fout complètement.
13:32Parce que malheureusement, les souffrances de sa population lui passent assez largement au-delà.
13:36Et donc, c'est un peu le problème que rencontre Donald Trump.
13:38C'est qu'en général, il menace, il négocie, mais avec des gens qui ont un intérêt économique.
13:41Et là, on a des gens qui n'ont pas forcément beaucoup d'intérêt économique.
13:44Néanmoins, je pense quand même qu'il trouvera une manière quand même de capituler, malgré tout,
13:49si on a un pétrole qui devait durablement être au-dessus des 120 dollars.
13:53Donc, fondamentalement, je n'y crois pas beaucoup.
13:55Oui, d'autant que les signaux d'alerte, et notamment du côté américain,
13:58c'est le prix du diesel qui atteint un plus haut historique.
14:00Là, on est au-delà des 4 dollars le gallon, nous disait John hier.
14:04Les marges de raffinage s'en mêlent.
14:05Donc, même en Europe, c'est-à-dire qu'autant sur le prix du pétrole, il n'y a rien
14:08d'inédit,
14:08mais sur le prix de l'essence, il n'y a encore plus du diesel, ce n'est plus pour
14:11les marques.
14:12Oui, complètement.
14:13Et puis, il y a la Russie qui rentre en ligne de compte,
14:15parce que c'était un des principaux raffineurs de diesel,
14:18et que là, il n'est plus sur le marché.
14:20John, on va passer du pétrole au pétrole électronique,
14:24à savoir l'IA, bien entendu.
14:26Alors, il y a une chaîne d'événements qui est assez hallucinante depuis, on va dire,
14:33depuis cet été, où on a appris en particulier que chez Hugging Face était arrivé un événement
14:40totalement dingue, c'est-à-dire qu'une IA déréglée s'est mise à créer une cyberattaque
14:45contre elle-même, en gros, voilà, ce qui réincarne un petit peu nos fantasmes
14:51autour de Terminator 2, Skynet, etc.
14:54Et puis, on a Sam Altman, quand même, un des grands architectes de l'IA,
14:59qui dit à son personnel que Copenhague, l'entreprise en elle-même,
15:05commence à réfléchir à, d'une manière ou d'une autre, ralentir,
15:10essayer de maîtriser le développement de l'IA,
15:12parce que, pour l'instant, ça devient trop dangereux.
15:17Oui, et vous savez, vous vous souvenez hier,
15:20on avait dit qu'il y avait un ancien ingénieur d'Anthropie et d'OpenAI
15:24qui avait dit, attention, les machines prennent le pouvoir d'une certaine manière,
15:30et donc, effectivement, ça fait plus ou moins écho à Sam Altman.
15:34Le problème, c'est que Sam Altman, il n'a pas démissionné,
15:37puis que c'est le PDG d'OpenAI.
15:40Donc, en fait, on est dans un sujet qui, potentiellement, marque un tournant,
15:46parce qu'on a la course à la puissance des modèles
15:50qui ne se jouent plus seulement sur les performances.
15:54Vous savez, on parlait beaucoup des performances,
15:56mais aujourd'hui, on parle des capacités à les contrôler,
16:00capacités à contrôler son propre produit,
16:04sa propre intelligence artificielle.
16:06Et là, c'est un nouvel avertissement.
16:09Alors, évidemment, on parle de la cybersécurité.
16:13Évidemment, OpenAI, ils ne sont pas novateurs dans ce type de discours
16:16parce qu'ils avaient déjà suspendu une partie de ces travaux
16:19pendant deux semaines en août, on s'en souvient,
16:23pour renforcer sa machine après certains incidents qu'on avait eus
16:28avec des agents AI qui les attaquaient eux-mêmes.
16:32Et effectivement, on est dans une situation où vous avez de plus en plus d'acteurs
16:37qui veulent avoir une coordination sectorielle, vous avez bien entendu,
16:43une coordination sectorielle sur l'intelligence artificielle
16:47et faire attention au nombre de lancements.
16:49Il ne faut pas que ce soit une course au lancement
16:51pour avoir le meilleur des systèmes,
16:54parce qu'à un moment ou à un autre, il va se retourner contre nous.
16:56Donc, ça fait peur, ça fait froid dans le dos,
16:59on a l'impression qu'on rigole, on a tous vu Terminator.
17:01Mais là, ça commence, lorsque c'est Sam Altman qui le dit,
17:05ça commence à être un peu plus sérieux.
17:09Non, mais ça donne le vertige.
17:11On parlait de Terminator.
17:13John, tiens, c'est l'approche du week-end.
17:15Je vous conseille un film à regarder si vous avez le temps ce week-end.
17:18Il ne date pas d'hier, il date de 1965.
17:21C'est un film de Sidney Lumet qui s'appelle Point Limite.
17:25Bon, il y a un casting absolument génial.
17:27Il y a Henri Fonda qui joue le rôle du président des États-Unis.
17:30Oui, son interprète et assistant, c'est Larry Hagman, c'est le futur JIR de Dallas.
17:35Il y a un casting dingue.
17:36Mais en gros, le scénario du film, c'est bien avant Skynet et Terminator.
17:41Les États-Unis inventent un système parfait pour gérer la menace nucléaire soviétique.
17:45Et le système, il est tellement parfait qu'à un moment, il s'emballe.
17:48Et que, de manière totalement involontaire, il déclenche une guerre nucléaire contre la Russie.
17:54Et ils sont obligés de la gérer.
17:55Et au milieu de ce film, il y a une réplique absolument dingue d'un général américain.
18:00C'est dingue, nous avons inventé un système de défense qui se développe tellement vite de lui-même
18:04qu'on est désormais incapable de le maîtriser.
18:07Point Limite, Sidney Lumet, 1965.
18:10Je vous le conseille, John.
18:10C'est vraiment un très bon film en plus.
18:12Avec plaisir, je vais regarder ça ce week-end.
18:14C'est une très bonne idée.
18:15Il n'est pas très long en plus.
18:16C'est 1h30 et c'est un huis clos assez étouffant.
18:20Olivier de Royer, quand vous entendez des...
18:23Comment dire ?
18:24Quand on sort de là, c'est quasiment philosophique.
18:27Il y a des questions importantes à se poser.
18:29Mais en tant que professionnel de la finance et de la gestion,
18:32et qui intervient et qui est exposé d'une manière ou d'une autre à l'intelligence artificielle
18:36par vos investissements ou par vos techniques d'investissement,
18:39est-ce que c'est un truc qui alimente vos réflexions en matière stratégique ?
18:44Là, il y a vraiment des considérations sérieuses.
18:47Oui, très.
18:48Je pense que Sam Altman devait un peu réagir,
18:50parce qu'il est le fameux Jacob Coxon,
18:52le pointe plus du doigt même qu'anthropique.
18:54Il dit que finalement, lui, est vraiment totalement déshumanisé dans sa façon de penser.
18:58Donc, il se devait un peu de réagir.
19:00On arrive quand même, on dit beaucoup Astra,
19:02c'est peut-être un modèle qui commence à être au début d'une forme d'intelligence artificielle
19:06qui n'est pas simplement générative, mais générale,
19:08et qui s'auto-améliore.
19:10Donc, là, ça devient un pas qui est autre chose que juste de la productivité.
19:14Bon, donc, je ne suis pas sûr qu'il soit très sincère au fond.
19:16Pour le reste, Anthropique va être obligé de réagir,
19:19parce que finalement, ils ont bientôt leur introduction en bourse,
19:22et que c'est difficile, à mon sens, de faire une IPO valorisée aussi cher
19:25si vous n'avez pas, à minima, un modèle qui est un des deux les plus performants,
19:29si vous êtes dépassé.
19:30Donc, je pense qu'on va avoir très, très vite la réplique d'Anthropique.
19:34Après ça, et donc, je pense que tous ces nouveaux modèles vont générer encore une vague d'investissements
19:39et d'investissements en infrastructures supplémentaires,
19:41et que ça nous donne peut-être la visibilité, on va dire, sur ces thématiques pour l'année qui vient.
19:46Mais après ça, oui, c'est une vraie question.
19:48Il y a un moment donné où on voit qu'il y a quand même des protestations sur le plan
19:51environnemental aussi,
19:53et que l'IA, finalement, c'est à l'origine d'un boom boursier,
19:57mais aussi, quelque part, beaucoup de gens qui détestent l'IA,
20:00et finalement, peut-être que c'est des questions qui auront des impacts business, finalement,
20:05mais pas maintenant.
20:06Je pense qu'avec ces deux nouveaux modèles, on a gagné, en tout cas, six mois, un an, certainement,
20:10de visibilité sur les investissements en infrastructures,
20:13mais pour le plus long terme, ça pose question.
20:15Après, à court terme, il y a pas mal de titres qui se sont plutôt repliés pendant l'été,
20:19avec des révisions en hausse, plutôt des attentes,
20:22sur tout ce qui est câbles, électrification, et autres sujets de ce genre,
20:26et qui retrouvent des valorisations avec des révisions en hausse qui sont à nouveau plus attractives.
20:30John, on va revenir aux fondamentaux sur l'IA, sur la tech américaine.
20:33Il y avait deux publications qui étaient très attendues.
20:35Alors, Oracle, le géant présidé par Larry Ellison,
20:40et puis Adobe, dans les logiciels.
20:43Alors, il y a Boire et à manger dans ces publications.
20:45Et si on regarde bien la réaction en bourse,
20:48bon, on a une hausse d'Oracle, mais bien loin de ce que ça a pu donner en avant-marché.
20:52On était en hausse de plus de 5%, là, on est à 2,14% sur le court cash.
20:57Et Adobe, qui menaçait de s'écrouler, lui, au contraire, revient sur ses points d'équilibre.
21:01On n'a qu'une petite baisse, à moins 0,3%.
21:03Enfin, globalement, c'était le jour pour annoncer de bonnes nouvelles, finalement.
21:07Oui, tout à fait.
21:08On a vu Oracle, ce qui est important, je dirais, au-delà du message d'Oracle.
21:13On sait que ça accélère dans la partie cloud.
21:15C'est parti par la demande liée à l'intelligence artificielle.
21:19Bon, évidemment.
21:20Moi, ce qui m'intéresse ici, c'est les chiffres.
21:22Ils ont signé plus de 30 milliards de dollars de nouveaux contrats cloud dans l'intelligence artificielle
21:28et ils ont un carnet de commandes de 664 milliards de dollars.
21:34Vous avez entendu ça, 664 milliards de dollars de carnet de commandes, c'est absolument délirant.
21:40Le mot est bien choisi.
21:41Et puis, il y a un truc aussi qui est très intéressant ici, c'est le point financier.
21:48Vous avez le flux de trésorerie disponible négatif qui ressort à 5,4 milliards de dollars
21:55alors qu'on attendait en négatif 9,6.
21:58Donc, c'est meilleur.
21:59Et donc, ici, on est dans une situation qui devient, et attention à l'utilisation,
22:05je suis peut-être fatigué en fin de semaine, mais une situation qui devient de plus en plus saine.
22:10Alors, on n'y est pas encore, mais on est dans cette situation-là.
22:13Si on prend Adobe, évidemment, ça dépasse les attentes du troisième trimestre
22:19avec un chiffre d'affaires qui est nettement au-dessus,
22:21une demande pour des produits liés à l'intelligence artificielle qui soutiennent l'activité.
22:27Mais on a un marché qui est un peu refroidi, alors un tout petit peu, vous avez dit,
22:33on est quasiment à zéro, on est quasiment stable, sur des prévisions,
22:36puisque l'objectif de chiffre d'affaires est légèrement en dessous des attentes.
22:41Donc, ce n'est pas une catastrophe, mais on voit qu'il y a toujours de la demande
22:45pour l'intelligence artificielle.
22:47Et je reviens, je m'excuse, je me répète, mais sur ce carnet de commandes de Oracle
22:52de 664 milliards de dollars, c'est absolument fou.
22:55C'est dingue, effectivement.
22:57Alors, c'est vrai qu'Oracle est un peu off the radar,
23:01parce que ça reste une entreprise très particulière.
23:05Tiens, on va peut-être s'intéresser à ce qu'a lancé Adobe,
23:08dans le sens où, tout l'été, on a quand même eu tout le secteur des logiciels
23:14qui s'est un peu rebiffé, en disant, par les chiffres, par les prévisions,
23:18par la stratégie, à l'image de Salesforce, ou même chez nous,
23:22Soprasteria, les Capgemini, etc.
23:24Non, non, non, non, mais l'IA ne va pas nous disrupter,
23:26elle ne va pas nous tuer.
23:27Au contraire, on travaille super bien avec elle,
23:30et regardez nos carnets de commandes.
23:31Et ça, c'est du sonnant et du trébuchant.
23:33On a tout un secteur qui a dit,
23:36votre histoire de assassination et de...
23:40les logiciels vont se faire pulvériser par l'IA.
23:43Tout ça, c'était des bêtises,
23:44et il faut reconstituer la valeur perdue.
23:46Et c'est un peu aussi ce qu'est en train de nous expliquer Adobe.
23:50Oui, mais alors, la grosse difficulté là-dedans,
23:52c'est qu'on sait très bien que dans toute cette phase
23:53d'implémentation de l'IA, etc.,
23:55on sait très bien que c'est du business en plus.
23:56Mais en fait, la question, c'est quand même la valeur terminale,
23:59et c'est comment on se projette à un horizon plus long, en fait.
24:01Et ce n'est pas simplement, surtout,
24:03quand vous avez des variations qui sont élevées.
24:05Donc, quand vous avez des variations qui ne sont pas très chères,
24:06vous pouvez prendre le pari en espérant qu'à court terme,
24:09sur des bonnes nouvelles,
24:10notamment dans les SS2I,
24:11qui effectivement, les SS2I en Europe,
24:13qui bénéficient quand même...
24:14Quand vous arrivez à 10% de free cash flow,
24:16de rendement du free cash flow,
24:17c'est que vous n'avez plus de valeur terminale.
24:18Donc là, il y avait des choses qui pouvaient être tentées.
24:20Bon, dans le logiciel,
24:22quand vous êtes sur des multiples
24:23qui peuvent être parfois très élevés,
24:25attention, parce que c'est quand même...
24:26Ce qui compte, c'est vraiment ce qui va se passer dans 5 ans, dans 10 ans,
24:29et pas forcément la phase actuelle,
24:30où oui, c'est bon,
24:31mais ça ne répond pas forcément à la question.
24:33Quant à Adobe,
24:34alors, elle n'est pas chère, c'est clair,
24:36mais elle est un peu quand même,
24:38en tout cas, à la tête des investisseurs,
24:40une forme d'AI loser ultime,
24:42dans le sens où ce n'est pas une boîte de logiciels qui a...
24:45Enfin, les sociétés de logiciels,
24:47ce n'est pas juste du code.
24:49Donc, il y a la capacité à être insérée dans une infrastructure,
24:52vous n'allez pas remplacer SAP,
24:53même si vous pouvez copier le logiciel,
24:54ce n'est pas pour autant que vous allez remplacer SAP.
24:57Donc, ce n'est pas forcément le cas d'Adobe.
24:59Donc, ils ne sont pas vraiment critiques au sein de l'infrastructure,
25:04ils ne sont pas protégés par des barrières commerciales,
25:06comme peuvent être certains autres logiciels.
25:08Donc, c'est vrai que, à tort ou à raison,
25:10le marché le voit quand même comme une société
25:12qui sera immanquablement disruptée.
25:14Et donc, c'est vrai qu'on est à 10% de rendement
25:16des flux de trésorerie,
25:18mais malgré tout, je serai quand même un peu prudent.
25:22Adobe ou Adobe,
25:23moins 0,15%, on est à 248,45 euros.
25:26C'est vrai, c'est une société qui souffre depuis le début de l'année
25:28et qui perd 29%.
25:30John, je voulais absolument parler d'un sujet
25:32duquel on n'a pas eu le temps de parler hier,
25:35mais c'est The Boring Company.
25:37C'est la mère des sociétés ennuyeuses, finalement,
25:40celles dont on parle tout le temps chez nous en Europe,
25:42où elles sont légions,
25:44les sociétés qui s'occupent d'infrastructures,
25:46de BTP, de contracting, etc.
25:48Et The Boring Company,
25:50la société ennuyeuse par excellence,
25:52celle d'Elon Musk,
25:54celle qui creuse des trous,
25:55celle qui fabrique les...
25:57On en a parlé pendant très longtemps,
25:58on n'en parle plus du tout,
25:59mais les Hyperloop,
26:00les trains à haute vitesse souterrains.
26:03Eh bien, ça lève des capitaux, cette affaire.
26:063 milliards de dollars de nouveaux fonds,
26:08c'est désormais valorisé à 23 milliards de dollars.
26:12Voilà qui fait sensation,
26:15au milieu de toutes ces levées de fonds
26:16dont on parle,
26:17dont on se gargarise toute la journée
26:18et qui concernent surtout l'IA, la tech, etc.
26:23Voilà, c'est la revanche des valeurs ennuyeuses.
26:27Oui, tout à fait.
26:28Et on l'avait presque oublié, cette valeur.
26:29On n'en parlait plus de l'Hyperloop.
26:31Eh bien, là, on a un tour de table,
26:34vous l'avez dit,
26:343 milliards avec les Émirats arabes unis.
26:36On a des grandes entreprises,
26:38des grands fonds comme Sequoia, notamment,
26:40qui ont mis de l'argent dedans.
26:42Et on a des capitaux qui vont permettre
26:45de financer plus de 150 kilomètres
26:48d'infrastructures de transport souterrain
26:50aux Émirats arabes unis.
26:53Et on a un projet qui s'appelle le Dubai Loop.
26:56Ce n'est pas un gag,
26:57c'est quelque chose qui est en train de se faire.
26:59On a aussi aux États-Unis un projet à Nashville.
27:03Et puis, on se souvient aussi,
27:05Elon Musk, il avait dit, il n'y a pas très longtemps,
27:07alors je ne sais pas à quelle heure de la journée
27:09ou de la nuit, il l'avait dit,
27:10mais il avait dit que potentiellement,
27:12on pourrait avoir un tunnel qui passe,
27:14non pas sous la Manche,
27:15mais sous l'Atlantique,
27:17pour relier l'Europe aux États-Unis.
27:19Alors, évidemment, c'est un fantasme,
27:22et je ne pense pas qu'on le verra de nos propres yeux,
27:26mais c'est une société qui, potentiellement,
27:30pourrait retrouver à un moment ou à un autre
27:32le giron de SpaceX,
27:34parce que c'est effectivement la partie infrastructure
27:37qui manque, entre guillemets, à SpaceX.
27:41C'est du très concret,
27:42et ça fonctionne toujours.
27:44Alors, ça n'a pas la croissance attendue,
27:46il y a eu quelques loupés là-dessus,
27:49et puis, les valorisations qui, à l'époque,
27:52donnaient de borrowing company
27:54avec une valorisation au-delà des 50 milliards de dollars,
27:58on commence à redevenir un petit peu plus prudent,
28:01si je peux me permettre,
28:02mais quelque chose qu'il faut regarder aussi,
28:06surtout sur des investissements de projets très concrets.
28:09Mais voilà, une étiquette de prix,
28:10finalement, peut-être un petit peu plus raisonnable.
28:12Il nous reste 20 secondes, Olivier Deroyer,
28:15nos compagnies ennuyeuses en Europe aussi.
28:18Les actifs tangibles, c'est un terme qui marche.
28:20Ce qu'on voit quand même en ce moment,
28:21le retour, c'est que les sociétés allemandes,
28:23notamment dans le domaine de la construction,
28:24ça y est, l'argent commence à arriver
28:25dans la construction en Allemagne,
28:27les projets arrivent.
28:28Donc ça, on en parlait beaucoup il y a un an et demi,
28:29maintenant ça arrive.
28:30Bon, voilà, pas oublier nos compagnies ennuyeuses,
28:33ces sociétés ennuyeuses,
28:35le BTP, l'infrastructure, etc.
28:37qui sera à l'œuvre, bien entendu,
28:40ces prochaines décennies.
28:41Merci d'avoir été à l'écoute de ce USA Today,
28:45dernier de la semaine.
28:46On se retrouve évidemment lundi.
28:48Et d'ici une minute, Guillaume Sommerer me rejoint
28:51et on commence BFM Bourse.
28:52A tout de suite.
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