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- #faceapierrelellouche
Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.
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00:00Et comme tous les jeudis, votre rendez-vous sur l'actualité internationale avec Pierre Lelouch.
00:05Bonjour Pierre.
00:06Bonjour Pierre.
00:06Alors on commence par une date importante, demain 11 septembre 2026, ça fait 25 ans déjà.
00:12Voilà, et 25 ans qui ont changé le monde, parce que cette affaire a amené l'époque des guerres sans
00:19fin.
00:20Elle a d'abord amené la guerre en Afghanistan, qui a été royalement perdue 20 ans après,
00:25puisque les Américains s'en sont retirés en 2021, nous avant on y était aussi, l'OTAN aussi.
00:32De cette guerre d'Afghanistan, on est passé ensuite à la guerre d'Irak en 2003.
00:38Là aussi, catastrophe, puisque la victoire militaire n'a pas été suivie d'une stabilisation politique.
00:45Au contraire, et à partir de là, il s'est passé deux choses.
00:49Les sunnites minoritaires en Irak ont fabriqué Daesh, d'abord en Irak, puis dans le Levant.
00:55C'est-à-dire au milieu de la Syrie, rappelez-vous Raqqa et rappelez-vous Mossoul, la proclamation de l
01:03'État islamique en 2014.
01:05Donc voilà, dix ans après, on était en plein Daesh.
01:08Et puis côté chiite, puisque l'Iran et l'Irak sont voisins, mais sont tous les deux la majorité chiite,
01:16il s'est passé que l'Iran est devenu le propriétaire de la région.
01:19Donc l'affaiblissement de l'Irak a fait monter l'Iran, qui en a profité pour constituer ce qu'ils
01:26ont appelé l'arc de résistance.
01:29Donc Iran, Irak, Syrie, Liban.
01:34Et en plus, vous ajoutez les Houthis au sud et Gaza, et vous avez un encerclement d'Israël,
01:40qui a ensuite causé les guerres que vous savez.
01:43– Le Liban malgré lui, hein ?
01:44– Bien sûr.
01:45– C'est une colonisation de…
01:46– Bien sûr.
01:47– Et puis entre-temps, vous avez eu les révoltes arabes de 2011-2012,
01:50donc des massacres monstrueux, plusieurs centaines de milliers de morts en Syrie,
01:55et la guerre continue.
01:56Donc qu'est-ce qui s'est passé après ?
01:58Il s'est passé le 7 octobre, où le Hamas armé et financé par l'Iran a déclenché cet énorme
02:05pogrom
02:05qui a conduit à la guerre à Gaza, qui est toujours là,
02:08qui a affaibli l'Iran pendant un moment, au Liban, en Syrie.
02:12En Syrie, il y a eu le changement de régime, puisque Taïch a été remplacé.
02:16L'ancien Al-Shara, l'ancien djihadiste, est devenu président.
02:19Donc l'Iran a été affaibli.
02:21Il a perdu une partie de ses tentacules.
02:25Mais c'est ça qui a conduit Américains et Israéliens à attaquer le 28 février dernier.
02:30Donc on est rentré dans un autre cycle de guerre.
02:32– Qui va durer combien de temps ? Parce que là, vous me parliez de 20 ans.
02:35Pour l'Afghanistan, ça peut être aussi long ?
02:37– Oui, et en plus, là, il y a une dimension absolument essentielle.
02:43C'est que non seulement il y a une bombe atomique en préparation en Iran,
02:45mais il y a une deuxième bombe atomique qui est la prise de contrôle du détroit d'Ormuz
02:50et peut-être même de Bab el-Mandab par les alliés autistes.
02:53Et donc, on a coupé l'approvisionnement, tenez-vous bien,
02:56de 25% de l'énergie dont l'humanité a besoin tous les jours.
03:01– C'est l'énergie, donc pas que le carburant, c'est-à-dire le carburant, le gaz.
03:04– C'est le gaz et le pétrole, plus derrière, il y a aussi les intrants pour l'agriculture, etc.
03:09Donc voilà, ça, c'est le produit de ces 25 années de guerre,
03:15les guerres sans fin contre lesquelles Trump a été élu,
03:19et qu'il mène, puisque là, on est parti pour la gloire, en fait.
03:22– Qu'il mène et qu'il a du mal maintenant à, j'allais dire, à essayer de terminer,
03:26c'est-à-dire qu'il vit dans sa tête, il pense que ça va se terminer,
03:28en réalité, on est dans un temps long.
03:29– On est dans un temps long, chacun essaye d'étouffer l'autre,
03:32les Américains essayent d'étouffer l'économie iranienne,
03:35et les Iraniens essayent de prendre au collet l'ensemble des pays qui ont besoin de pétrole.
03:41Et cette affaire-là se branche sur l'autre guerre,
03:45qui a commencé en 2022, avec la fermeture du robinet du gaz russe,
03:49l'explosion du gazoduc par les Ukrainiens,
03:52et aujourd'hui, la guerre des raffineries,
03:54puisque les raffineries russes sont bombardées,
03:57que nous, on n'a pas non plus de raffinerie, notamment pour le gasoil,
04:01résultat des courses, les pompes sont à 2,40.
04:03– Et donc, du coup, les pompes sont à 2,40,
04:06et pour préciser aussi, c'est-à-dire qu'on a dû, certains pays européens,
04:10se retourner vers la Russie, notamment en gaz, parce que, justement…
04:15– On a essayé d'acheter aux Américains et aux Qataris,
04:18mais les Qataris sont fermés, le gros des productions…
04:22Donc là, on est arrivé à un moment…
04:24– Tout est lié.
04:25– Tout est lié, et surtout, tout est humainement lié.
04:28Ce n'est pas le Covid, ce n'est pas je ne sais quelle force El Niño.
04:33Non, tout ça, c'est l'enchaînement d'erreurs stratégiques,
04:37les unes qui s'emboîtent dans les autres,
04:39et au final, on a cette situation épouvantable, incompréhensible.
04:43On pourrait appeler ça une tenaille,
04:44ou bien on peut appeler ça le cercle de la folie.
04:46Vous avez des Occidentaux qui aident les Ukrainiens à attaquer les raffineries russes.
04:54On bloque les bateaux russes, plein de pétrole de la flotte fantôme,
04:58c'est normal, on est en guerre.
04:59Les Russes, qu'est-ce qu'ils font ?
05:00Ils tapent sur les malheureuses populations ukrainiennes.
05:02Et en plus, ils aident les Iraniens à attaquer les Américains.
05:06Donc au lieu de se parler, d'essayer de calmer le jeu,
05:10de trouver une solution pacifique aux deux conflits,
05:12c'est ça que devrait faire la France.
05:13Quand Macron parle de politique d'équilibre, s'il y a un équilibre à trouver,
05:17c'est bien de calmer le jeu et de désescalader,
05:19sinon ça risque d'amener des conséquences graves.
05:22Au Proche-Orient, on voit déjà qu'il y a de nouvelles alliances qui sont en train de naître,
05:26entre Israël et les Émirats d'un côté,
05:29l'Arabie Saoudite, la Turquie et le Pakistan de l'autre,
05:32l'éviction des Américains, on n'a plus confiance,
05:35et une éviction que l'on retrouve ensuite sur les marchés,
05:38parce que toute cette affaire a un impact sur les économies,
05:42et donc sur les dettes souveraines,
05:43parce que les gouvernements, ils sont coincés aujourd'hui.
05:45Regardez le gouvernement Lecornu, il ne sait pas quoi faire.
05:48Il n'y a pas un sou dans les caisses pour atténuer,
05:51prendre en charge une partie de ce pétrole, du coût du pétrole.
05:56Et ils ont le choix entre augmenter les impôts,
05:59baisser les dépenses, ils ne savent pas baisser les dépenses.
06:01Donc tous les États sont en train de s'endetter massivement.
06:05Aujourd'hui, on est dans une situation,
06:07j'avais vu les chiffres,
06:112000 milliards d'euros d'intérêts sur la dette sont payés chaque année.
06:16Et sur les 38 pays développés de l'OCDE,
06:20une douzaine sont énormément endettés.
06:23On a même inventé un nouvel acronyme pour les plus endettés,
06:27les BIF, c'est Britannique, Italie et France, les plus adressés.
06:32Et donc la question c'est de savoir,
06:34et que tout le monde se pose,
06:35c'est combien de temps ça peut durer,
06:36et combien de temps ça peut durer à prêter aux États-Unis
06:39qui eux sont à 40 000 milliards de dollars de dettes.
06:48Donc ils empruntent à des taux d'intérêt extrêmement élevés, nous aussi.
06:51Il faut savoir que les emprunts à 30 ans,
06:55empruntés en ce moment par la France,
06:57c'est à 5,2%,
06:59les Allemands eux à 3,86%.
07:02Il faut savoir aussi que la France,
07:04elle emprunte cette année 310 milliards.
07:07310 milliards, c'est-à-dire plus que l'impôt sur le revenu et la TVA réunies.
07:13Donc voilà, des situations où on est en train d'être étouffé par les prix de l'énergie
07:19et étouffé par le poids du remboursement des intérêts de la dette.
07:22Et on a l'impression que le discours français-européen est toujours le même.
07:26C'est-à-dire qu'il est le même, et comme c'est le même,
07:29du coup c'est un peu comme un disque qu'on écoute beaucoup trop de fois,
07:32et il s'étiole un peu.
07:33C'est-à-dire qu'on a le même discours sur ce qu'on doit faire sur le conflit ukrainien,
07:38et comme vous l'avez très justement dit,
07:40il n'y a pas de discours sur le Moyen-Orient.
07:42On n'entend personne là-dessus.
07:43Personne.
07:45L'Europe n'est plus là,
07:47et les Américains sont en train de se retirer,
07:49même s'ils essayent de bloquer l'Iran,
07:53parce qu'ils ont compris que...
07:54Ils se retirent, parce que comme vous l'avez dit la semaine dernière,
07:56ils n'ont plus de munitions.
07:57C'est-à-dire que s'ils continuent à taper, ils n'auront plus de munitions,
07:59en croit de conflit majeur,
08:00si jamais tout d'un coup, il y a un conflit avec la Chine,
08:03par exemple, autour de Taïwan.
08:05Là, pour l'instant, on est dans des stratégies d'escalade.
08:07Les Ukrainiens escaladent en frappant les raffineries
08:10dans l'espoir de toucher le peuple russe,
08:12donc de faire tomber Poutine.
08:13Et Poutine tape sur les populations ukrainiennes
08:15qui vont vivre un hiver épouvantable,
08:17puisqu'ils sont en train de taper sur tous les centres d'énergie
08:20à l'intérieur de l'Ukraine.
08:22Et dans le Golfe, c'est pareil.
08:24Vous avez un régime iranien aux abois,
08:27qui sait qu'il ne peut pas gagner militairement,
08:29mais il faut qu'il se débarrasse des États-Unis.
08:31Et pour ça, il faut taper sur le gaz et le pétrole.
08:33Donc, ils sont en train de casser systématiquement,
08:36non seulement les bases américaines,
08:37mais surtout les champs de pétrole,
08:40les raffineries en Arabie, dans les Émirats,
08:44qui reçoivent l'essentiel des missiles.
08:45Aujourd'hui, ce n'est pas Israël qui reçoit les missiles iraniens,
08:48ce sont les voisins arabes.
08:49Tout ça pour empêcher qu'une seule goutte,
08:51comme ils disent, une seule goutte de pétrole,
08:53sorte du détroit d'armes.
08:54Donc, on est en une situation extrêmement bloquée des deux côtés.
08:58Avec une porte de sortie ?
09:00Honnêtement, je n'en vois pas.
09:02Sauf la raison.
09:03Si la raison finit par s'imposer,
09:05on va s'asseoir autour de la table et trouver une solution.
09:07Les seuls grands gagnants de tout ça,
09:09pour l'instant, c'est les Chinois.
09:11Parce que la crise énergétique en Europe,
09:13elle amène les gens à acheter des véhicules électriques.
09:15Et comme ils sont 10 ans d'avance,
09:17et qu'ils ont les batteries,
09:18on achète des véhicules électriques.
09:19Est-ce que vous ne pensez pas que les Chinois
09:21pourraient rentrer dans les négociations ?
09:22Les Chinois, c'est les partenaires économiques
09:24de à peu près tous les pays du monde.
09:25Est-ce que Xi Jinping ne pourrait pas taper du poing sur la table
09:28en disant, non, ça suffit,
09:30parce que vous allez tous en souffrir,
09:32et moi aussi, je peux bloquer l'exportation de terres rares,
09:37de chips, de semi-conducteurs ?
09:38Alors, ils doivent se voir.
09:39Vous savez qu'il y a un sommet.
09:41Trump s'y dit dans 8 jours.
09:44Les Chinois se plaignent qu'il n'est pas du tout préparé,
09:46donc je ne sais pas de quoi on va parler.
09:48Mais le moment est largement venu de calmer le jeu,
09:51d'essayer de trouver une situation.
09:52C'est une solution à ces deux conflits.
09:54Sinon, franchement, je crains que ça dégénère.
09:56Oui, ça, effectivement, c'est très, très préoccupant.
09:58En tout cas, ça dégénère déjà sur le plan économique
10:00parce que ça devient ingérable du diesel à 2,40
10:04pour des gens qui ont besoin d'une voiture pour travailler,
10:07ce qui est le cas du diesel et de la plupart de nos concitoyens.
10:10Mais c'est vrai dans toute l'Europe.
10:11C'est extrêmement dur.
10:12Oui, même si le gouvernement vous dit d'acheter des voitures électriques,
10:16mais l'électrification, voilà, ça a besoin aussi de passer...
10:19Sans parler du gaz qui vient d'augmenter de 6,5%.
10:22Voilà.
10:23Et puis pendant ce temps, en Europe, on a la situation à Ceuta,
10:26où là, c'est toujours très, très inquiétant.
10:29Et là aussi, il ne se passe rien.
10:31Alors d'abord, localement, on est à 10, 15 000 Marocains et Africains subsahariens
10:38qui sont restés.
10:40Ils sont, ils campent dans des conditions épouvantables sur les plages.
10:44Sur les 15 000, il y a à peu près 3 000 mineurs non accompagnés.
10:48Vous savez que Ceuta, c'est dans Schengen, avec un statut un peu particulier.
10:53Ça veut dire quoi ?
10:54Ça veut dire que les mineurs ne peuvent pas être expulsés.
10:57Et ça veut dire que les autres doivent avoir une autorisation pour aller en Espagne.
11:00Alors pour l'instant, Sanchez ne donne pas cette autorisation,
11:03mais c'est invivable pour les malheureux espagnols de Ceuta.
11:08On l'a vu, on le verra dans un documentaire encore ce soir à 21h là-dessus.
11:12Le maire de Ceuta a été hier au Parlement européen pour demander l'aide de l'Europe
11:16et l'aide d'un truc qui s'appelle Frontex.
11:18Je dis un truc parce que c'est censé être le garde-côte et le garde-frontière de l'Europe,
11:25plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de côte et de frontières terrestres.
11:29Pour ça, on a créé un corps qui s'appelle Frontex, il y a une vingtaine d'années,
11:34qui est doté d'un budget de 1,1 milliard d'euros.
11:38Alors pour vous donner une idée, les Américains, ils dépensent 200 milliards d'euros
11:43pour contrôler leurs frontières et gérer la question migratoire.
11:46C'est un rapport de 1 à 200.
11:49Ajoutez à ça qu'il y a un désaccord entre les Européens sur les missions de Frontex.
11:54Est-ce que c'est quelque chose qui accueille les migrants et après on fait le taxi,
11:58on les ramène jusqu'à les côtes européennes ?
12:01Ou bien est-ce que c'est quelque chose qui les repousse ?
12:04Il y a eu un directeur français qui s'appelle Fabrice Leggeri,
12:08qui a essayé de faire son métier, c'est-à-dire de repousser vers la Libye et vers la Turquie.
12:15Il a été viré.
12:16Il a été remercié, oui.
12:17Le gouvernement français n'a rien dit.
12:19Aujourd'hui, il est député à Rennes, mais il fait l'objet de poursuites par la Ligue des droits de
12:23l'homme
12:24pour torture et crime contre l'humanité, excuser du peu.
12:27Donc, il y a un vrai sujet autour des missions de cette agence Frontex.
12:33Il y a un autre sujet sur la situation intérieure en Espagne,
12:36puisque Sanchez malgré tout résiste à cause de...
12:40Sans majorité, sans soutien.
12:41Oui, mais avec le soutien des indépendantistes basques et à Barcelone des...
12:48Des Catalans.
12:49Des Catalans.
12:51Donc, lui, il est là.
12:52Mais la seule bonne nouvelle dans cette histoire, c'est que l'Europe commence à évoluer
12:56sous l'impact de deux femmes, Mélanie en Italie et Mme Frédéric Sen au Danemark.
13:01Toutes deux viennent d'écrire la commission.
13:04Elles sont aux antipodes politiquement.
13:06Mais elles ont écrit un truc qui mérite d'être cité, si j'arrive à le trouver, j'espère.
13:15En tout cas, c'est effectivement deux personnes.
13:18Une de la droite dure italienne, de Fratelli d'Italia.
13:22Voilà.
13:23Et Mme Frédéric Sen qui est à la tête d'un gouvernement socialiste.
13:26Socialiste danoise.
13:26Nous venons d'horizons politiques très différents, écrive-t-elle.
13:31Nous ne sommes pas d'accord sur tout, mais nous n'acceptons pas l'immigration hors contrôle en Europe
13:38avec ses conséquences en matière de criminalité, de pression sur nos services publics
13:42dont les gens les plus modestes font les frais.
13:44Et elles ajoutent, nous sommes fiers de l'héritage chrétien de l'Europe et nous voulons le protéger.
13:50Nous attendons de ceux qui viennent s'installer dans nos pays qu'ils respectent nos valeurs
13:54et ne cherchent pas à nous imposer leur mode de vie que nous ne partageons pas.
13:58Donc, ça commence à bouger, y compris dans la gauche nordique.
14:03Et j'espère qu'on va bouger sur, on n'est pas encore là, sur le fameux pacte asile-immigration
14:09qui consiste à trouver des points, des hubs de ré-export, si j'ose dire, de ces populations en situation...
14:16Même si...
14:16Mais pour l'instant, il ne se passe rien.
14:18La seule chose qu'on a trouvée du côté de Mme van der Leyen, c'est 200 millions d'euros
14:22à donner aux Marocains
14:24et Marocains qui sont, bien sûr, totalement innocents dans cette affaire.
14:29Oui, c'est de l'ironie, évidemment. Je dis ça pour certains qui ne suivraient pas l'humour le louche.
14:33L'humour noir, bien sûr.
14:34L'AFD arrive au pouvoir dans un land, j'allais dire, qui est un des plus pauvres d'Allemagne.
14:43On est dans l'ex-RDA et là, le peuple a voté.
14:47Et déjà, on parle d'une extension éventuelle de l'AFD à toute l'Allemagne.
14:52Alors, il a voté, le peuple, et il a voté à 80%.
14:56Donc, ce n'est pas un vote de rejet, c'est un vote d'adhésion avec une majorité très importante
15:02pour l'AFD à 44%.
15:04La CDU s'est effondrée de 20 points et il leur manque deux ou trois voix pour former un gouvernement.
15:11D'ailleurs, il n'est pas exclu qu'il trouve un deal, tenez-vous bien, avec un groupe d'extrême
15:15-gauche,
15:15qui est dirigé par une femme qui s'appelle Sarah Wagenknecht.
15:20Et dans ce cas-là, il pourrait être au pouvoir.
15:22D'ici là, il y a deux autres élections du côté Est dans les 15 jours qui viennent.
15:27Donc, on va voir si l'AFD confirme.
15:30Mais il est clair que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
15:34C'est-à-dire, une situation économique difficile pour les Allemands, comme pour nous,
15:39même si elle est meilleure là-bas, mais les gens souffrent.
15:41Vous avez une politique migratoire que les gens ne supportent plus.
15:45Des gouvernements de coalition qui ne donnent rien.
15:47C'est ça.
15:47En Allemagne, ils travaillent en France.
15:49Vous avez vu ce qu'a dit la CDU.
15:50On a peut-être mal expliqué nos réformes, dit le chancelier Mertz.
15:54Mais vous savez, le macronisme n'est pas très différent de ça,
15:56puisqu'on a trouvé à l'intérieur du même gouvernement, des gens de droite et des gens de gauche,
16:00ça donne des coalitions à l'Allemande, et à la fin, ça fait monter les extrêmes.
16:03C'est tout ce que ça fait.
16:04Quand vous mettez la droite et la gauche ensemble, quelque part,
16:07vous empêchez une opposition raisonnable, donc vous fabriquez des extrêmes.
16:11Oui, mais en attendant, le cordon ou le front républicain allemand n'a pas fonctionné.
16:15Voilà. Et alors, moi, je voudrais quand même vous citer ce que...
16:19Alors, vous savez qu'en France, on a beaucoup hésité sur la réaction par rapport à cette élection.
16:25Il y a quelqu'un qui ne sait pas lui gêner, il s'appelle Trump, et il dit ceci.
16:29Le parti populiste allemand vient d'avoir une sacrée soirée de victoire.
16:33Enfin, ils en ont marre de cette politique d'immigration totalement horrible,
16:37qui a vraiment fracassé l'Allemagne.
16:39Ils se lèvent, en lettres majuscules, et ne les supporteront plus.
16:43M.G.G.A. Make Germany Great Again.
16:47Donc, vous avez le soutien des Américains à l'extrême droite allemande.
16:51Donc, c'est un chaos assez complet.
16:55On en revient au début de notre conversation, où on parlait des États-Unis.
16:59Après, c'est le président américain, et on connaît son mode de communication.
17:04Il y a trois jours, il disait que la lune était américaine.
17:10Il y a quatre jours, il barrait le lac Ontario, il disait que c'est le lac américain.
17:15Il y a cinq jours, il sortait une pièce de 1$ à son effigie, avec la coiffure très spéciale
17:23de Donald Trump.
17:25Enfin, rien n'arrête Donald Trump, qui maintenant, d'ailleurs, propose de l'argent aux électeurs.
17:305 000 dollars aux électeurs, s'ils gagnent les élections.
17:33Elle n'est pas belle, celle-là. On n'y avait pas pensé.
17:35Mais est-ce que vous êtes étonné, Pierre ?
17:38Disons que je suis inquiet, parce qu'il est en train de dériver de plus en plus vers du grand
17:42n'importe quoi.
17:43Et il est quand même assis sur la première force militaire du monde.
17:46Mais l'argent, j'allais dire, c'est très commun aux États-Unis.
17:50On parle d'argent dans les conversations courantes, etc.
17:53Donc le fait d'offrir de l'argent, après tout, et connaissant cette particularité de Trump...
18:00C'est la première fois quand même qu'en démocratie...
18:02Mais est-ce qu'il va le faire ?
18:04Il est capable de le faire.
18:05Est-ce que vous ne pensez pas que c'est de la com, juste ?
18:075 000. Imaginez aujourd'hui Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ou Édouard Philippe dire
18:12« Je vous donne 5 000 euros si vous votez pour moi. »
18:14Ça passe par où d'ailleurs, vous qui savez ?
18:17Ça, c'est autre chose.
18:19Au Japon, par exemple, les candidats distribuent des enveloppes avec du cash quand ils font du porte-à-porte.
18:26Ils donnent de l'argent.
18:26Mais ça, c'est quand on fait la campagne.
18:29Mais il y a aussi des levées de fonds dans les campagnes, ça existe partout.
18:32Mais là, cette façon de dire « je vous offre de l'argent si vous me lisez », c'est...
18:37C'est incroyable.
18:39On est quand même dans le disruptif.
18:42Il nous reste deux minutes pour parler de l'actualité, cher Pierre.
18:47Effectivement, aujourd'hui, on est donc dans une situation où tout est lié,
18:51où la dette, vous avez dit, la France emprunte sur 30 ans à 5, sur 20 ans...
18:56À 4, 25 à 10 ans, oui.
18:58À 4, 25 à 10 ans et à 5 à 30 ans.
19:01Donc, on est quand même sur des...
19:03Non, mais c'est catastrophique.
19:03Quand vous pensez qu'avec le niveau record d'impôts que nous avons, record absolu en Europe,
19:10on est obligé d'emprunter 310 milliards, c'est-à-dire plus que ce que nous rapporte l'impôt,
19:16ou à peu près autant que l'impôt survenu et la TVA.
19:20Donc, avec tout ce qu'on prend aux Français dans leur poche pour payer l'entretien du système,
19:25il nous en manque à peu près autant.
19:28Donc, on est en train d'aller...
19:29Mais c'est pas ça, à un moment donné, ça va s'arrêter ?
19:30Si vous voulez, ce qui s'est passé, c'est que la dette, elle a déjà doublé depuis 5 ans.
19:35Entre 2020 et 2026, maintenant, on est à 77 milliards d'euros de remboursement de l'intérêt de la dette.
19:42Je sais.
19:43C'est-à-dire plus que, largement plus que le budget de la défense,
19:47ou presque autant que tout le régalien du pays.
19:50Et on va monter à 126 milliards dans 5 ans, au point où on en est.
19:54Donc, on va être dans une trappe où il ne restera rien pour investir.
20:00On aura juste assez d'argent, on va lever assez d'impôts pour payer les fonds de pension
20:04et les gens qui nous achètent nos bons du trésor.
20:09Et là, on tombe dans une trappe de blocage qui est mortifère pour un pays comme la France.
20:14Et la semaine prochaine, vous m'expliquerez pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à s'attaquer à la
20:18dépense.
20:19Est-ce qu'on s'attaque toujours aux recettes ?
20:20On prend, on prend, on prend, la dépense, ah ça c'est le sacro-saint.
20:24Une fois que c'est écrit, c'est gravé dans le margue, on a tamponné, on dirait ça, on ne
20:29touche plus.
20:30Oui, et ça c'est un des grands problèmes de la France.
20:35D'abord, c'est le déni de ne pas voir que tout ça a dérivé depuis 50 ans.
20:40Et puis le déni devant la nécessité de faire des réformes.
20:43On se cache, on trouve des bouts de ficelle d'impôts un peu par droit.
20:47Et puis ça ne règle rien.
20:49Merci beaucoup Pierre.
20:50A la semaine prochaine.
20:51Très bonne soirée sur CNews dans un instant, c'est Punchline avec Laurence Ferrer.
20:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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