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Mardi 8 septembre 2026, retrouvez Capucine Berès (codirectrice, Galerie Berès) et Florence Berès (codirectrice, Galerie Berès) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission d'Art et Marché,
00:12l'émission qui vous ouvre les portes du marché de l'art.
00:14Et aujourd'hui, on parle d'une histoire de transmission.
00:18La galerie Bérès, spécialisée dans l'art impressionniste et moderne,
00:22est désormais portée par la troisième génération Florence et Capucine Bérès.
00:26Avec elle, nous allons parler de transmission, bien sûr, mais aussi de renouvellement
00:30et des défis auxquels sont confrontés les galeries aujourd'hui.
00:33C'est parti, c'est Arrêt-Marché.
00:38La galerie Bérès est une histoire de famille qui traverse trois générations.
00:43Fondée en 1952 par Huguette Bérès, puis développée par sa fille Anne-Isabelle à partir des années 70,
00:50elle est aujourd'hui portée par la nouvelle génération Florence et Capucine Bérès.
00:54Bonjour.
00:55Bonjour, Céville.
00:56Merci beaucoup d'être avec nous.
00:57Vous êtes donc toutes les deux directrices de la galerie maintenant.
01:00Florence, vous êtes présente depuis de nombreuses années et Capucine.
01:03Vous venez de rejoindre l'aventure il y a quelques mois.
01:07Tout d'abord, on va commencer par les origines de la galerie Bérès créée en 1952 par votre grand-mère.
01:14Ce qui est intéressant, c'est qu'elle vient alors du monde des livres anciens.
01:18Elle a fait ce choix singulier au tout début de l'estampe japonaise.
01:22Est-ce que vous saviez déjà si ce premier choix, c'était précurseur à l'époque de parler d'estampe
01:30japonaise ?
01:31C'était précurseur de parler d'estampe japonaise.
01:33C'est surtout un domaine qu'elle connaissait.
01:36Quand on s'engage dans cette voie, quelle qu'elle soit et quelle que soit sa spécialité, il faut faire
01:40quelque chose qu'on connaît.
01:41Elle avait pendant plusieurs années travaillé aux côtés de mon grand-père qui était dans les livres.
01:46Et lorsqu'ils se sont séparés, il a fallu qu'elle ouvre une nouvelle voie qui soit différente de celle
01:51des livres.
01:52D'où son choix d'aller vers les estampes japonaises qui était un domaine qui l'attirait énormément.
01:56D'accord. Et après, au fil des années, la galerie s'est particulièrement ouverte à plein de différents mouvements, des
02:03nabis, symbolismes, dessins français, avant-garde, etc.
02:06Comment est-ce que ça s'est construit, cette identité aujourd'hui ? Parce que là, vous ne faites plus
02:10d'estampe japonaise.
02:11Alors aujourd'hui, on ne fait plus d'estampe japonaise, encore une fois pour cette question de connaissance.
02:15Parce que la galerie, c'est énormément ouverte à l'art du XXe, tout ça.
02:20Mais le Japon et les nabis, par exemple, qui ont été longtemps, ils y portaient, moi, ma grand-mère, c
02:28'est indissociable.
02:29Tous ces artistes ont été extrêmement influencés par le Japon et ça a énormément influencé leur manière de peindre.
02:37Et vous, vous aviez une spécialité particulière quand vous êtes arrivée dans la galerie ?
02:43Arrivée dans la galerie. Moi, je suis née dans la galerie.
02:46J'ai fréquenté la galerie depuis mon plus jeune âge, donc j'ai toujours été baignée, imprégnée par tout ce
02:51que ça défend.
02:53Les nabis sont évidemment un de mes domaines de prodilection.
02:58C'est quelque chose que j'aime profondément.
03:00Mais nous avons ouvert également la galerie à beaucoup d'autres choses.
03:05Nous aurons d'ailleurs notamment une exposition autour du cubisme à la rentrée.
03:10Et notre domaine de connaissances va jusqu'à la fin du 20e.
03:16Surtout défendre ce que nous aimons, défendre notre regard, tout cela en essayant d'avoir un maximum de connaissances.
03:23Quand vous dites que vous êtes née dans la galerie, du coup, c'est vrai que pour vous, c'était
03:25une évidence de continuer,
03:28de perpétrer ce qui vous a été offert par les générations expérieures ?
03:32Je n'ai jamais imaginé faire autre chose, en fait.
03:37J'aimais passer mes samedis à la galerie, j'aimais suivre maman là où elle allait, faire ses expositions.
03:45J'ai eu la chance d'ailleurs, plus jeune, d'assister justement à l'arrivée des collectionneurs,
03:52aux discussions autour des objets.
03:55À l'époque, je ne me rendais pas du tout compte à quel point c'était une chance,
03:58mais ça m'a intrinsèquement marquée.
04:02Donc oui, effectivement, ça a pour moi été une évidence.
04:05On a toujours été entourée d'art, de tableaux.
04:08Maman, j'étais une femme passionnante et passionnée.
04:10Donc votre mère, c'est Anne-Isabelle.
04:11Anne-Isabelle, exactement.
04:13Et vraiment, pour nous, on a été baignés dedans depuis toute petite, en fait.
04:17C'est comme Oblix, on était tombés dans la potion de l'art dès toute petite.
04:21Parce que donc, par quoi, avant de rejoindre votre sœur,
04:25vous avez, vous, repris la galerie Montanari de votre père, si je comprends bien ?
04:30Moi, mon parcours était un peu atypique.
04:33Moi, je voulais un peu peut-être me dissocier en me disant, je vais faire autre chose.
04:37Donc vous, vous vous êtes posé la question, alors, contrairement à Florence.
04:40J'aimais passionnément l'art, mais je voulais faire autre chose.
04:44Donc j'ai fait des études.
04:45Après, j'ai travaillé chez un commissaire prise d'or pendant quatre ans.
04:47Et après, quand papa est parti assez rapidement,
04:50ça a été une évidence pour moi de reprendre sa galerie de cadres,
04:54de cadres anciens, car c'était vraiment une galerie
04:58qui a vraiment créé par amour pour maman aussi,
05:00parce qu'il a vraiment développé cette galerie pour venir en France
05:03pour être à côté de maman.
05:05Donc oui, ça a été une évidence et je suis très heureuse.
05:07En tout cas, ce métier de galerie, ça coule vraiment dans vos veines ?
05:11Oui, ça, oui. En fait, on tombe dedans.
05:13Et là, alors, pourquoi est-ce que vous avez souhaité rejoindre votre sœur ?
05:16Comment ça se passe ces deux premiers mois, c'est ça ?
05:19Oui, oui.
05:19Deux premiers mois dans la galerie Bérès ?
05:21C'est très peu le mois que je suis ici.
05:23Alors, ça se passe plutôt très bien.
05:24C'est très chouette de travailler avec sa sœur,
05:26surtout que j'apprends tous les jours à ses côtés.
05:30Elle me fait confiance, elle m'a vraiment incorporée dans la galerie assez rapidement.
05:35Donc ça, c'est quelque chose... Je suis très contente.
05:39On a toujours collaboré ensemble, puisque l'encadrement de la galerie
05:42se faisait surtout aussi par mes cadres anciens.
05:46Oui, parce que la galerie Montanarie, c'est une galerie de cadres anciens.
05:49Et donc forcément, il y avait déjà des ponts qui étaient créés.
05:52Il y avait déjà énormément d'échanges, énormément de discussions.
05:56C'est vrai qu'on a la spécificité à la galerie de toujours encadrer nos œuvres,
06:01réencadrer nos œuvres avec des cadres anciens ou modernes,
06:06mais avec quelque chose qui nous correspond et qui sublime l'objet.
06:09Et bien évidemment, on a toujours collaboré avec la galerie Montanarie.
06:14Donc Capucine a toujours vu passer les œuvres de la galerie dans son atelier.
06:19Et nous, nous avons toujours vu les cadres.
06:21Donc voilà, on a grand plaisir à collaborer ensemble au sein de la galerie Béresse.
06:26Mais ça fait des années qu'on travaille ensemble autour des œuvres d'art.
06:31Et j'imagine que c'est quand même une nouvelle étape ?
06:35C'est tout à fait une nouvelle aventure.
06:37C'est une aventure passionnante.
06:39Et je pense que malheureusement, notre maman nous a quittés il n'y a pas longtemps.
06:47Et on a la même volonté de continuer cette histoire familiale.
06:51Et on a même volonté d'être ensemble, puisque c'est ça qui est le plus important, c'est la
06:55famille.
06:55Et si on peut mixer la famille et la passion du métier, c'est quelque chose qui est formidable.
07:01Et comment est-ce que vous avez discuté d'un nouveau souffle que vous voulez donner ?
07:05Donc c'est toujours assez difficile quand même de garder bien l'héritage, bien sûr, mais de se rester quand
07:11même à jour, s'adresser aux nouveaux collectionneurs, renouveler tout ça.
07:15Il y a plein de choses qu'on ne peut pas changer.
07:17Par exemple, l'ADN de la galerie avec le côté qualité.
07:23Vraiment, on est très sensible sur la qualité des œuvres choisies, sur l'encadrement, sur l'histoire de la provenance
07:30aussi.
07:30Il y a des choses qu'on ne change pas.
07:32Oui, c'est des fils conducteurs.
07:33Des fils conducteurs.
07:35Et Florence, qui a plein de belles idées, a créé des choses.
07:39Parce que l'ADN de la galerie, bien sûr, au-delà de la provenance, c'est des choses qu'on
07:44ne peut pas remettre en question quand on est galeriste.
07:46Bien sûr.
07:47Comment est-ce que vous la définiriez, cette ADN ?
07:49Un regard.
07:50Mais d'abord, je tiens quand même à préciser quelque chose.
07:53Aujourd'hui, la galerie a un nouveau souffle avec une troisième génération.
07:57Mais je ne viens pas d'arriver dans une maison que je ne connais pas.
08:00Bien sûr.
08:00Ça fait 25 ans que je développe mon regard, que j'achète, que je fais des collections.
08:07Et donc, si vous voulez, on va plus que renouveler, ce qui n'est pas vouloir tout changer, on va
08:13simplement continuer à avancer.
08:14La galerie des Rès, c'est une galerie qui avance depuis 70 ans.
08:18Aujourd'hui, je n'arrive pas, Capucine nous rejoint, mais on continue une histoire et on essaye de faire avancer
08:25les choses.
08:26Donc, effectivement, ce qui ne changera pas, c'est les critères de qualité, l'exigence d'avoir toujours le premier
08:35choix.
08:36Après, certains artistes nouveaux verront une façon de faire dialoguer les œuvres, peut-être des accrochages plus épurés,
08:43une façon de présenter les choses, mais on ne va pas tout révolutionner.
08:47En tout cas, vous sentez votre sentiment, vous vous faites confiance, en plus vous portez le nom quand même.
08:56Vous vous faites confiance dans ce regard que vous voulez transmettre.
08:59Parce qu'il peut y avoir des galeristes qui peuvent créer leur galerie et se dire, voilà, nous, on ne
09:04va faire que de la photo.
09:06Vous vous laissez la liberté de suivre votre regard.
09:10C'est ce qu'on a toujours fait, oui, ne pas s'enfermer dans une époque, effectivement, mais savoir défendre.
09:18Après, juste la seule limite, en fait, c'est votre domaine de connaissance.
09:22C'est la seule limite que vous devez vous imposer.
09:25Mais si vous estimez, vous pouvez faire dialoguer des œuvres qui ont plusieurs décennies d'écart, le tout, et voilà,
09:33me faire confiance, je ne sais pas.
09:34Plutôt que de me dire, est-ce que je me fais confiance, je préfère me dire que je continue à
09:37avancer et que j'essaye de faire les choix auxquels je crois.
09:40Ça fait 25 ans, déjà, quand je fais ça et que j'ai contribué à certaines collections avec des collectionneurs.
09:49Donc, on va essayer de continuer dans ce sens-là avec un nouveau regard aujourd'hui.
09:53Est-ce que vous savez déjà si vous avez une complémentarité dans vos casquettes de co-directrice ?
09:58Je pense que oui.
09:59En tant que soeur, on est complémentaire.
10:02On se pose des questions, on essaie d'avancer ensemble.
10:06tout ce qui est connaissances encore des tableaux, Florence, il y a beaucoup plus.
10:11Mais moi, j'ai peut-être d'autres idées, d'autres idées de communication, d'autres idées pour l'accrochage.
10:15Et tout ça, on discute ensemble et ça me permet un peu d'avancer.
10:19Justement, là, vous ouvrez une nouvelle exposition autour du cubisme.
10:22Exactement.
10:23Vous pouvez nous en dire quelques mots ? Comment vous avez travaillé ensemble dessus ?
10:26Je te laisse parler.
10:27Mais justement, cette exposition autour du cubisme, elle s'appelle Au-delà du cubisme.
10:32Et c'est exactement ce qu'on cherche à montrer.
10:35Ça va avec la nouvelle ligne, d'ailleurs, de la Galerie Beres.
10:40Ce sont des artistes qui se sont beaucoup inspirés du cubisme, mais qui ont justement été au-delà,
10:46qui ont su faire traverser les frontières.
10:51Il y avait énormément d'échanges avec, par exemple, Ferra, Angibou,
10:56il y avait énormément d'échanges avec Ardegon Soffici, qui lui défendait le futurisme en Italie.
11:00Ils n'ont pas cloisonné le cubisme, c'était un départ et avec lequel ils sont allés beaucoup plus loin.
11:08Ils ont amené la couleur dans le cubisme, ils ont fréquenté énormément d'artistes de cette époque,
11:15Severini, Picasso, Bodigliani.
11:19Il y avait des courants très novateurs, c'est vraiment une avant-garde du XXe siècle
11:23qui ne cloisonne pas, mais qui au contraire s'intéresse à toute forme d'art.
11:28D'ailleurs, les trois artistes, Ferra, Survage et Angibou, ont collaboré et largement diffusé avec Apollinaire
11:37les Soirées de Paris, qui était une revue très importante,
11:40où intervenaient tous les artistes de l'époque, mais qu'ils soient artistes peintres,
11:45mais également écrivains, également poètes.
11:48Donc, ça va exactement avec la lignée de la Galerie Béresse.
11:52Ne pas cloisonner sur une époque ou un mouvement,
11:56mais au contraire s'ouvrir à d'autres choses et écouter les influences qu'on peut avoir.
12:02Et aujourd'hui, maintenant qu'on...
12:03C'est vrai qu'il y a beaucoup de challenges, de défis avec le marché de l'art.
12:07Comment est-ce que vous voyez peut-être le défi principal de vos années à venir
12:11à la tête de la Galerie Béresse ?
12:14Alors, je pense que de toute façon, bien sûr, il y a Internet, il y a IA, il y a
12:18Instagram,
12:19il y a beaucoup de ventes aux enchères.
12:23Chaque potentiel collectionneur peut accéder à plus de 1000 tableaux par jour, s'il le souhaite.
12:28Mais voir un tableau sur un écran, ce n'est pas du tout la même chose que faire voir à
12:31la Galerie.
12:32Donc nous, en fait, notre objectif principal, c'est justement de faire venir les gens dans notre Galerie,
12:37de voir nos œuvres, qu'ils admirent et pouvoir donner envie aux gens.
12:45Ce côté présentiel, c'est très important.
12:47En plus, vous qui avez cet œil du regard du cadre, ça joue quand même énormément.
12:51Il y a quand même très peu de tableaux qui sont encadrés sur Internet.
12:54Complètement.
12:55Et ça change complètement.
12:56Ça change complètement.
12:56On sublime vraiment.
12:58Sans vraiment changer l'œuvre, on la sublime.
13:00Mais la voix taquée est vraiment encore plus belle.
13:03Capucine Bérès, merci beaucoup d'avoir été avec nous.
13:05Et Florence Bérès, vous êtes toutes les deux co-directrices désormais de la Galerie Bérès.
13:09Merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
13:11C'était Arrémarché.
13:13Merci.
13:14Merci.
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