- il y a 7 semaines
SMART BOURSE du 7 septembre 2026, L’émission à l’écoute des marchés
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00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à 12h30 et à 17h30.
00:17Vous nous retrouvez en replay sur notre site bsmart.fr
00:21et vous pouvez également nous retrouver en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:28Au sommaire de cette édition, ce midi, l'Europe avance sans les Etats-Unis.
00:33Les indices restent fermés pour le Labour Day.
00:36Mais on revient sur l'escalade des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran après six mois de conflits.
00:42En réponse à des frappes de missiles iraniens visant sa marine,
00:47l'armée américaine a frappé trois pétroliers iraniens.
00:50Téhéran riposte à son tour en annonçant la mise en place d'une zone placée sous haute surveillance
00:56dans le détroit d'Hormuz.
00:58Le président du Parlement iranien a déclaré que l'ère des réponses proportionnées est révolue.
01:04Il a dit que les Etats-Unis doivent comprendre, avant qu'il ne soit trop tard,
01:08que les règles du jeu ont changé.
01:11Désormais, toute agression contre les intérêts et la sécurité de l'Iran
01:15recevra une riposte plus rapide, plus massive et plus douloureuse.
01:19De son côté, Donald Trump dit vouloir étrangler l'économie iranienne.
01:24Le président américain a même minimisé la situation en qualifiant le conflit de broutille.
01:30Et cette position est partagée par J.D. Vance,
01:33qui affirme qu'il n'irait pas jusqu'à parler de guerre.
01:37Pourtant, les impacts du conflit, eux, sont déjà là.
01:40Et depuis plusieurs mois, on va en parler avec notre invité dans un instant.
01:44Le baril de Brent, par exemple, tutoie aujourd'hui le seuil des 100 dollars
01:49alors qu'il était retombé autour de 80 dollars il y a un mois.
01:53Et dans ce contexte de crainte d'inflation, en lien avec la remontée des prix du pétrole,
02:00la Banque Centrale Européenne se réunit cette semaine et rendra sa décision monétaire ce jeudi.
02:06Si une hausse des taux est quasiment certaine, la vraie question,
02:09c'est de savoir s'il y aura d'autres hausses de taux d'ici la fin d'année.
02:13Et combien ? On suivra évidemment la communication de la Banque Centrale Européenne
02:18et de Christine Lagarde jeudi, donc à l'issue de la décision monétaire.
02:23Il faudra attendre encore quelques jours pour connaître la décision monétaire
02:27de la réserve fédérale américaine.
02:29Ce sera la semaine prochaine.
02:31Après un rapport sur l'emploi bien plus solide que prévu,
02:35les regards des investisseurs se tournent désormais vers les chiffres d'inflation
02:39qu'on attend vendredi.
02:40Ce sera une des dernières statistiques, mais pas la dernière.
02:44Et John Plassard vous en dira plus avant la réunion de la Réserve Fédérale.
02:48Aujourd'hui, une hausse des taux est pricée à environ 60% par le marché.
02:53Et puis on attend au-delà de ces deux décisions monétaires,
02:56les décisions monétaires de la Banque d'Angleterre,
02:58de la Banque Nationale Suisse et évidemment de la Banque du Japon.
03:02D'ailleurs, le Yen japonais a atteint son niveau le plus fort depuis février
03:07pour atteindre 154% face au dollar.
03:10Cette progression s'explique principalement par les anticipations croissantes
03:13d'une hausse des taux d'intérêt au Japon le 18 septembre.
03:17Le Nikkei a clôturé en hausse de 2% ce matin.
03:20En Chine maintenant, Pékin injecte 45 milliards de dollars dans les banques
03:25et les compagnies d'assurance afin de stimuler la croissance.
03:28Enfin, en Allemagne, l'extrême droite remporte largement la victoire en Saxe-Henalte
03:33et ça accentue la pression politique sur les conservateurs de Friedrich Merz.
03:39Attention tout de même, on rappelle que l'AFD ne dispose pas de la majorité
03:43et reste encore loin d'accéder au pouvoir à l'échelle nationale.
03:58Un invité avec nous tous les midis pour décrypter à chaud
04:03les tendances de la séance à la mi-journée et les enjeux pour la semaine.
04:08John Plassard est avec nous aujourd'hui, associé et responsable
04:11de la stratégie d'investissement pour la banque Cité Gestion.
04:13Bonjour.
04:15Bonjour Pauline.
04:16Alors John, bienvenue dans un monde où, selon l'Iran,
04:20l'ère des réponses proportionnée est révolue.
04:22Le conflit au Moyen-Orient s'intensifie, les prix du pétrole ne cessent de progresser.
04:27Le baril de Brent, je le disais en introduction, se rapproche désormais des 100 dollars.
04:32Comment les investisseurs réagissent-ils aujourd'hui, John ?
04:36Écoutez, d'abord, il faut rappeler, vous l'avez dit très clairement,
04:39les commentaires du gouvernement américain minimisent ce qui se passe,
04:42mais vous l'avez dit, on est proche des 100 dollars.
04:44Donc ça remet clairement le risque inflationniste au centre de l'échiquier, au centre du marché.
04:49Donc ça, c'est important, quoi qu'on en dise, parce que c'est l'effet réel.
04:54Et évidemment, les prix à la pompe, notamment, sont en train de progresser,
04:58toujours en Europe et aux États-Unis.
05:00Alors, ce qui est assez intéressant de remarquer, ce qui est un peu différent des anciennes crises,
05:06c'est qu'on n'est pas encore dans une logique de panique.
05:09On est plutôt dans une logique de réduction progressive du risque de la part des investisseurs,
05:16avec évidemment les secteurs énergétiques qui bénéficient naturellement de la hausse du pétrole.
05:22Et puis à l'inverse, vous avez le secteur du transport, de l'industrie, de la consommation,
05:26qui sont pénalisées par la hausse des coûts.
05:29Alors, évidemment, si on veut regarder la moitié du verre vide,
05:36eh bien le véritable risque serait que le Brent reste durablement au-dessus des 100 dollars.
05:43Parce qu'on a déjà eu ce prix depuis le début de la crise au Moyen-Orient,
05:47mais on est directement, on est repassé en dessous.
05:51Donc, si vous voulez, l'aspect psychologique n'a pas été véritablement fort.
05:56Donc, je dirais que le véritable choc géopolitique deviendra un véritable choc macroéconomique
06:05si et seulement si on reste durablement au-dessus des 100 dollars.
06:09Il faut juste rappeler une dernière chose, Pauline,
06:11c'est qu'on a vécu avec un prix du baril qui était en dessous des 100 dollars pendant assez
06:18longtemps.
06:18Il faut rappeler que les crises dans les années 70, les deux crises pétrolières,
06:22on était nettement au-dessus des 100 dollars et ça avait impacté.
06:26Et ça avait notamment, ça s'était transformé par des récessions.
06:29Oui, donc pour l'instant, si je comprends bien, les risques restent quand même assez maîtrisés.
06:34En revanche, le prix du pétrole a un impact assez significatif sur l'inflation.
06:39On va en parler.
06:41La Réserve fédérale se réunit la semaine prochaine.
06:44Est-ce que vous pensez que dans ce contexte,
06:46alors il n'y a pas que le pétrole évidemment, John,
06:48mais dans ce contexte, est-ce qu'une hausse des taux de la Réserve fédérale est inévitable selon vous ?
06:54Non, je ne pense pas.
06:55Et vous l'avez dit très justement avant,
06:57vous avez le marché, le consensus qui parie sur 60% de probabilité de hausse de taux
07:02la semaine prochaine, mais on n'est pas encore dans les zones où on ne peut pas inverser la tendance.
07:10Je dirais souvent qu'on est sur les 90%, par exemple, comme pour la BCE dont on va parler,
07:14mais sur la BCE, on est à plus de 90% de probabilité de hausse.
07:19Mais je dirais qu'évidemment, le rapport de l'emploi de vendredi passé,
07:22meilleur qu'attendu, c'est paradoxal,
07:24mais meilleur qu'attendu, ça a renforcé le camp favorable à une hausse.
07:29Donc, on est dans une situation un peu différente que d'habitude.
07:33C'est-à-dire que même si la Fed devait monter ses taux de seulement 25 points de base,
07:38eh bien, elle ne devrait pas craindre immédiatement de casser le marché du travail.
07:43Parce qu'à la base, vous savez, lorsqu'on monte les taux,
07:46on a envie, entre guillemets,
07:48et ça a été dit par plusieurs responsables de Réserve fédérale,
07:52que le taux de chômage monte un peu,
07:54comme ça, il y a moins de demandes et l'inflation baisse.
07:56On n'est pas dans cette situation-là.
07:59La véritable question, c'est évidemment l'inflation et plus l'emploi.
08:05Et ça, c'est une autre question.
08:06Oui, donc, les chiffres CPI d'inflation américaine seront publiés ce vendredi.
08:13C'est une des dernières statistiques clés que va regarder Kevin Noir
08:18chez la Réserve fédérale avant de prendre peut-être sa décision
08:22sur une hausse des taux ou sur un statu quo.
08:24Est-ce qu'il y a d'autres stats qu'on aurait oubliés
08:27et dont il faudrait parler, John ?
08:30Alors, oui, le CPI de vendredi, évidemment,
08:32il sera probablement déterminant.
08:34Mais je dirais une chose qui est souvent,
08:36lorsque vous regardez le Beige Book,
08:39vous savez, c'est le livre,
08:40et c'est le cas de travail,
08:43qui est publié deux semaines avant la réunion de la Fed,
08:45eh bien, vous avez plusieurs régions des États-Unis
08:48qui vous expliquent et qui parlent souvent des prix à la production.
08:51Et les prix à la production, ce sera publié,
08:54c'est un chiffre qui sera publié aussi cette semaine
08:56et seront publiés jeudi.
08:57Donc, paradoxalement, je pense que les chiffres de jeudi
09:00seront beaucoup plus importants que les chiffres de vendredi
09:03parce que les prix à la production sont beaucoup moins volatiles
09:07que le CPI.
09:09Le CPI, en fonction de l'évolution du prix du baril,
09:12eh bien, peut monter, baisser assez fortement d'un mois à l'autre.
09:15Mais les prix à la production prennent beaucoup plus de temps
09:18parce que vous avez les entreprises, notamment,
09:20eh bien, qui tentent de fixer leurs contrats
09:23sur plusieurs mois, voire sur une année.
09:25Alors, évidemment, c'est ces deux chiffres qu'on va regarder,
09:28c'est ces deux chiffres, pour sûr,
09:30qui vont déterminer ce que va faire la Réserve fédérale américaine
09:33la semaine prochaine.
09:34Bon, on sera attentifs, effectivement,
09:35à ces deux chiffres, jeudi, vendredi,
09:37pour les rendez-vous principaux de cette semaine
09:40qui feront sûrement, donc, bouger les anticipations
09:43de hausse des taux de la Réserve fédérale
09:45la semaine prochaine.
09:46En attendant, cette semaine, une autre banque centrale est attendue.
09:50Il s'agit, évidemment, de la décision monétaire
09:52de la Banque Centrale Européenne.
09:54Donc, vous l'avez dit, John,
09:5590% de chance que la BCE monte ses taux d'un quart de point jeudi.
10:02Qu'est-ce qu'on attend, du coup, de cette réunion ?
10:03Qu'est-ce qu'on va regarder ?
10:05Et à quoi on va faire attention ?
10:07Peut-être, notamment, sur la communication de Christine Lagarde
10:10lors de la conférence de presse.
10:13Je dirais que c'est un peu frustrant.
10:15Pourquoi ? Parce qu'on sait que la Banque Centrale Européenne
10:17va monter ses taux.
10:18Donc, ce n'est pas une surprise.
10:19Donc, tout le monde a les yeux, évidemment,
10:22rivés pour la prochaine hausse de taux,
10:27voir combien y aura-t-il de hausse de taux
10:29jusqu'à la fin de l'année.
10:31C'est ça qui est un peu frustrant.
10:32On a l'impression, ici, sur cette hausse de taux,
10:35et je rappelle quand même que l'inflation
10:37n'est pas aussi forte en Europe qu'elle est, aux États-Unis,
10:39que la Banque Centrale Européenne veut absolument éviter
10:43leur erreur de politique monétaire,
10:46parce que c'en était une en 2022,
10:48en relevant les taux beaucoup trop tardivement.
10:51Alors, je dirais qu'on est dans une situation
10:53où c'est une espèce d'assurance, cette hausse,
10:57sur les effets inflationnistes du pétrole et de l'énergie
11:00dont vous venez de parler.
11:02Donc, on va regarder, évidemment, la hausse de taux,
11:05et on va essayer de déduire s'il va y avoir
11:10une nouvelle hausse de taux en cette fin d'année.
11:13Alors, le consensus dit non,
11:14Deutsche Bank, par exemple, dit qu'il y aura une hausse en décembre,
11:17mais je crains une nouvelle fois
11:20que Christine Lagarde nous dise
11:22qu'elle est totalement dépendante des données,
11:25c'est-à-dire data dependency,
11:27et que le seul choix qu'on devra faire,
11:30ce sera à travers les prochaines statistiques économiques.
11:33Oui, donc, on attend de voir sur la Banque Centrale Européenne,
11:37c'est sûr, deux banques centrales, la Fed, la BCE,
11:40deux manières complètement différentes de gérer tout cela.
11:44John, il nous reste une minute.
11:46Qu'est-ce qu'on va regarder cette semaine ?
11:47Alors, on a déjà évoqué pas mal de choses à regarder,
11:51les PPI, l'inflation, la BCE.
11:52Est-ce qu'on est attentifs à d'autres grands rendez-vous cette semaine ?
11:57Je dirais que, vous savez, on parle beaucoup d'intelligence artificielle.
12:01Alors, on n'en a pas parlé aujourd'hui, donc je lance un mot,
12:03on a vu ce qu'on attend en termes de statistiques,
12:05on en a parlé.
12:06Mais, vous savez, OpenAI,
12:09celui qui a fabriqué, d'une certaine manière,
12:12ChatGPT, lance son nouveau modèle,
12:14va lancer bientôt son nouveau modèle,
12:16et son nouveau modèle demande encore plus d'implication
12:20de la part de ses partenaires.
12:22Et donc, on a vu depuis la fin de la semaine passée,
12:25lors de l'annonce du lancement de ce nouveau modèle,
12:29que le secteur des semi-conducteurs, notamment,
12:33et on l'a vu ce matin en Asie,
12:34et aujourd'hui en Europe, notamment avec ASML,
12:38est potentiellement en train de redonner
12:41ce qu'on appelle une deuxième patte de haut.
12:43J'ai failli dire une deuxième vie,
12:45mais ce n'est pas le cas,
12:46parce que ça vit toujours l'intelligence artificielle,
12:48et ça va continuer.
12:49Mais on a l'impression qu'on a un engouement,
12:51peut-être nouveau,
12:53qui est en train de nous montrer
12:54qu'en fait, l'intelligence artificielle évolue.
12:57Et on n'avait pas cette impression,
12:58lors de la publication des résultats,
13:00ou en tout cas, le consensus ne l'avait pas,
13:02et là, on a l'impression qu'il y a un après-ChatGPT,
13:06c'est-à-dire un après-modèle qu'on a actuellement.
13:08On va avoir entreprique,
13:09on va avoir d'autres entreprises,
13:11et je trouve ça très intéressant pour cette thématique.
13:14Donc, ce qu'on surveillera,
13:15pour être très concret cette semaine,
13:17c'est l'inflation,
13:18et surtout le PPI, jeudi, aux États-Unis,
13:20et tous les commentaires des entreprises
13:23concernant, eh bien, potentiellement,
13:25cette nouvelle patte de hausse
13:28sur l'intelligence artificielle
13:29et surtout sur les secteurs,
13:31les semi-conducteurs, pardon.
13:32Merci beaucoup, John Plassard.
13:34Vous êtes associé et responsable
13:36de la stratégie d'investissement
13:38pour la banque CIT et Gestion.
13:40Merci beaucoup d'avoir été à nos côtés.
13:43Eh bien, on se retrouve ce soir à 17h30.
13:45D'ici là, on vous rappelle que l'Europe avance seule,
13:48sans Wall Street aujourd'hui.
13:50Il n'y aura plus de statistiques de premier plan
13:53avant la fin de la séance.
13:54Juste un mot du PIB en zone euro.
13:57On a pris connaissance de la troisième lecture
14:00pour le deuxième trimestre,
14:02et la croissance progresse de 0,6% sur la période,
14:06donc en troisième lecture.
14:07Merci à tous.
14:08On se retrouve ce soir à 17h30.