- il y a 7 semaines
SMART BOURSE du 7 septembre 2026
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00:01Générique
00:10Un invité avec nous tous les midis pour décrypter à chaud les tendances de la séance à la mi-journée
00:17et les enjeux pour la semaine.
00:20John Plassard est avec nous aujourd'hui associé et responsable de la stratégie d'investissement pour la banque site et
00:25gestion. Bonjour.
00:27Bonjour Pauline.
00:28Alors John, bienvenue dans un monde où selon l'Iran, l'ère des réponses proportionnée est révolue. Le conflit au
00:35Moyen-Orient s'intensifie, les prix du pétrole ne cessent de progresser.
00:39Le baril de Brent, je le disais en introduction, se rapproche désormais des 100 dollars. Comment les investisseurs réagissent-ils
00:46aujourd'hui John ?
00:48Écoutez, d'abord il faut rappeler, vous l'avez dit très clairement, les commentaires du gouvernement américain minimisent ce qui
00:53se passe mais vous l'avez dit, on est proche des 100 dollars.
00:56Donc ça remet clairement le risque inflationniste au centre de l'échiquier, au centre du marché. Donc ça c'est
01:02important, quoi qu'on en dise, parce que c'est l'effet réel.
01:06Et évidemment, les prix à la pompe notamment sont en train de progresser toujours en Europe et aux États-Unis.
01:12Alors, ce qui est assez intéressant de remarquer, ce qui est un peu différent des anciennes crises, c'est qu
01:18'on n'est pas encore dans une logique de panique.
01:21On est plutôt dans une logique de réduction progressive du risque de la part des investisseurs avec évidemment les secteurs
01:30énergétiques qui bénéficient naturellement de la hausse du pétrole.
01:34Et puis à l'inverse, vous avez le secteur du transport, de l'industrie, de la consommation qui sont pénalisés
01:39par la hausse des coûts.
01:41Alors évidemment, si on veut regarder la moitié du verre vide, eh bien le véritable risque serait que le Brent
01:51reste durablement au-dessus des 100 dollars.
01:55Parce qu'on a déjà eu ce prix depuis le début de la crise au Moyen-Orient, mais on est
02:01directement, on est repassé en dessous.
02:03Donc, si vous voulez, l'aspect psychologique n'a pas été véritablement fort.
02:08Donc, je dirais que le véritable choc géopolitique deviendra un véritable choc macroéconomique si et seulement si on reste durablement
02:20au-dessus des 100 dollars.
02:21Il faut juste rappeler une dernière chose, Pauline, c'est qu'on a vécu avec un prix du baril qui
02:27était en dessous des 100 dollars pendant assez longtemps.
02:30Il faut rappeler que les crises dans les années 70, les deux crises pétrolières, on était nettement au-dessus des
02:36100 dollars et ça avait impacté.
02:38Et ça avait notamment, ça s'était transformé par des récessions.
02:41Oui, donc pour l'instant, si je comprends bien, les risques restent quand même assez maîtrisés.
02:46En revanche, le prix du pétrole a un impact assez significatif sur l'inflation.
02:51On va en parler.
02:53La Réserve fédérale se réunit la semaine prochaine.
02:56Est-ce que vous pensez que dans ce contexte, alors il n'y a pas que le pétrole évidemment, John,
03:00mais dans ce contexte,
03:02est-ce qu'une hausse des taux de la Réserve fédérale est inévitable selon vous ?
03:06Non, je ne pense pas.
03:07Et vous l'avez dit très justement avant, vous avez le marché, le consensus qui parie sur 60% de
03:13probabilité de hausse de taux la semaine prochaine.
03:16Mais on n'est pas encore dans les zones où on ne peut pas inverser la tendance.
03:22Je dirais souvent qu'on est sur les 90%, par exemple comme pour la BCE dont on va parler.
03:26Mais sur la BCE, on est à plus de 90% de probabilité de hausse.
03:31Mais je dirais qu'évidemment, le rapport de l'emploi de vendredi passé, meilleur qu'attendu, c'est paradoxal,
03:36mais meilleur qu'attendu, ça a renforcé le camp favorable à une hausse.
03:41Donc on est dans une situation un peu différente que d'habitude.
03:45C'est-à-dire que même si la Fed devait monter ses taux de seulement 25 points de base,
03:50eh bien elle ne devrait pas craindre immédiatement de casser le marché du travail.
03:55Parce qu'à la base, vous savez, lorsqu'on monte les taux, on a envie, entre guillemets,
04:00et ça a été dit par plusieurs responsables de Réserve fédérale,
04:04que le taux de chômage monte un peu, comme ça il y a moins de demandes et l'inflation baisse.
04:08On n'est pas dans cette situation-là.
04:10La véritable question, c'est évidemment l'inflation et plus l'emploi.
04:17Et ça, c'est une autre question.
04:18Oui, donc les chiffres CPI d'inflation américaine seront publiés ce vendredi.
04:25C'est une des dernières statistiques clés que va regarder Kevin Noir chez la Réserve fédérale
04:31avant de prendre peut-être sa décision sur une hausse des taux ou sur un statu quo.
04:36Est-ce qu'il y a d'autres stats qu'on aurait oubliées et dont il faudrait parler, John ?
04:41Alors oui, le CPI de vendredi, évidemment, il sera probablement déterminant.
04:46Mais je dirais une chose qui est souvent, lorsque vous regardez le Beige Book,
04:51vous savez, c'est le livre, et c'est le cas, de travail,
04:54qui est publié deux semaines avant la réunion de la Fed,
04:57eh bien vous avez plusieurs régions des États-Unis qui vous expliquent
05:01et qui parlent souvent des prix à la production.
05:03Et les prix à la production, ce sera publié,
05:06Tachy, qui sera publié aussi cette semaine et seront publiés jeudi.
05:09Donc paradoxalement, je pense que les chiffres de jeudi seront beaucoup plus importants
05:13que les chiffres de vendredi parce que les prix à la production sont beaucoup moins volatiles que le CPI.
05:21Le CPI, en fonction de l'évolution du prix du baril,
05:24eh bien peut monter, baisser assez fortement d'un mois à l'autre.
05:27Mais les prix à la production prennent beaucoup plus de temps
05:30parce que vous avez les entreprises, notamment,
05:32eh bien qui tentent de fixer leurs contrats sur plusieurs mois, voire sur une année.
05:37Alors évidemment, c'est ces deux chiffres qu'on va regarder,
05:40c'est ces deux chiffres pour sûrs qui vont déterminer
05:43ce que va faire la Réserve fédérale américaine la semaine prochaine.
05:46Bon, on sera attentifs effectivement à ces deux chiffres,
05:48jeudi, vendredi, pour les rendez-vous principaux de cette semaine
05:52qui feront sûrement donc bouger les anticipations de hausse des taux
05:56de la Réserve fédérale la semaine prochaine.
05:58En attendant, cette semaine, une autre banque centrale est attendue.
06:01Il s'agit évidemment de la décision monétaire de la Banque centrale européenne.
06:06Donc vous l'avez dit, John, 90% de chances que la BCE monte ses taux d'un quart de
06:12point jeudi.
06:13Qu'est-ce qu'on attend du coup de cette réunion ?
06:15Qu'est-ce qu'on va regarder ?
06:17Et à quoi on va faire attention ?
06:19Peut-être notamment sur la communication de Christine Lagarde
06:21lors de la conférence de presse.
06:25Je dirais que c'est un peu frustrant.
06:27Pourquoi ?
06:27Parce qu'on sait que la Banque centrale européenne va monter ses taux.
06:30Donc ce n'est pas une surprise.
06:31Donc tout le monde a les yeux, évidemment, rivés pour la prochaine hausse de taux.
06:38On va voir combien y aura-t-il de hausse de taux jusqu'à la fin de l'année.
06:43Et c'est ça qui est un peu frustrant.
06:44On a l'impression ici sur cette hausse de taux,
06:47et je rappelle quand même que l'inflation n'est pas aussi forte en Europe qu'elle est aux États
06:51-Unis,
06:52que la Banque centrale européenne veut absolument éviter leur erreur de politique monétaire,
06:58parce que c'en était une, en 2022, en relevant les taux beaucoup trop tardivement.
07:03Alors je dirais qu'on est dans une situation où c'est une espèce d'assurance,
07:08cette hausse, sur les effets inflationnistes du pétrole et de l'énergie dont vous venez de parler.
07:13Donc on va regarder, évidemment, la hausse de taux,
07:17et on va essayer de déduire s'il va y avoir une nouvelle hausse de taux en cette fin d
07:24'année.
07:24Alors le consensus dit non, mais Deutsche Bank, par exemple, dit qu'il y aura une hausse en décembre.
07:29Mais je crains une nouvelle fois que Christine Lagarde nous dise qu'elle est totalement dépendante des données,
07:37c'est-à-dire data dependency, et que le seul choix qu'on devra faire,
07:42ce sera à travers les prochaines statistiques économiques.
07:45Oui, donc on attend de voir sur la Banque centrale européenne,
07:49c'est sûr, deux banques centrales, la Fed, la BCE, deux manières complètement différentes de gérer tout cela.
07:56John, il nous reste une minute, qu'est-ce qu'on va regarder cette semaine ?
07:59Alors on a déjà évoqué pas mal de choses à regarder, les PPI, l'inflation, la BCE.
08:04Est-ce qu'on est attentifs à d'autres grands rendez-vous cette semaine ?
08:09Je dirais que, vous savez, on parle beaucoup d'intelligence artificielle.
08:13On n'en a pas parlé aujourd'hui, donc je lance un mot,
08:15on a vu ce qu'on attend en termes de statistiques, on en a parlé,
08:18mais vous savez, OpenAI, celui qui a fabriqué, d'une certaine manière, ChatGPT,
08:25lance son nouveau modèle, va lancer bientôt son nouveau modèle,
08:28et son nouveau modèle demande encore plus d'implication de la part de ses partenaires.
08:34Et donc on l'a vu depuis la fin de la semaine passée,
08:37lors de l'annonce du lancement de ce nouveau modèle,
08:41que le secteur des semi-conducteurs notamment,
08:45et on l'a vu ce matin en Asie et aujourd'hui en Europe notamment avec ASML,
08:50est potentiellement en train de redonner ce qu'on appelle une deuxième patte de haut.
08:55J'ai failli dire une deuxième vie, mais ce n'est pas le cas,
08:58parce que ça vit toujours l'intelligence artificielle et ça va continuer.
09:01Mais on a l'impression qu'on a un engouement peut-être nouveau
09:04qui est en train de nous montrer que, en fait, l'intelligence artificielle évolue.
09:09Et on n'avait pas cette impression lors de la publication des résultats,
09:12ou en tout cas le consensus ne l'avait pas,
09:14et là on a l'impression qu'il y a un après ChatGPT,
09:18c'est-à-dire un après modèle qu'on a actuellement.
09:20On va avoir entrepris, qu'on va avoir d'autres entreprises,
09:23et je trouve ça très intéressant pour cette thématique.
09:26Donc ce qu'on surveillera, pour être très concret cette semaine,
09:29c'est l'inflation, et surtout le PPI jeudi aux États-Unis,
09:32et tous les commentaires des entreprises concernant potentiellement
09:37cette nouvelle patte de hausse sur l'intelligence artificielle
09:41et surtout sur les secteurs, les semi-conducteurs.
09:44Merci beaucoup John Plassard, vous êtes associé et responsable
09:48de la stratégie d'investissement pour la Banque Cité Gestion.
09:52Merci beaucoup d'avoir été à nos côtés.
09:55On se retrouve ce soir à 17h30.
09:57D'ici là, on vous rappelle que l'Europe avance seule sans Wall Street aujourd'hui.
10:02Il n'y aura plus de statistiques de premier plan avant la fin de la séance.
10:06Juste un mot du PIB en zone euro.
10:09On a pris connaissance de la troisième lecture pour le deuxième trimestre
10:14et la croissance progresse de 0,6% sur la période, donc en troisième lecture.
10:19Merci à tous, on se retrouve ce soir à 17h30.
10:21Sous-titrage Société Radio-Canada
10:24Sous-titrage Société Radio-Canada