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  • il y a 7 semaines
La galerie Berès, c’est une histoire de famille qui se transmet depuis trois générations. Fondée en 1952 par Huguette Berès, puis développée par sa fille Anisabelle à partir des années 1970, elle est aujourd’hui entre les mains de la troisième génération, Florence et Capucine Berès, qui poursuivent à leur tour cette aventure familiale.

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Transcription
00:04La Galerie Béresse est une histoire de famille qui traverse trois générations.
00:09Fondée en 1952 par Huguette Béresse, puis développée par sa fille Anne-Isabelle à partir des années 70,
00:15elle est aujourd'hui portée par la nouvelle génération Florence et Capucine Béresse.
00:20Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.
00:22Vous êtes donc toutes les deux directrices de la Galerie maintenant.
00:26Florence, vous êtes présente depuis de nombreuses années et Capucine,
00:28vous venez de rejoindre l'aventure il y a quelques mois.
00:32Tout d'abord, on va commencer par Les Origines, la Galerie Béresse créée en 1952 par votre grand-mère.
00:39Ce qui est intéressant, c'est qu'elle vient alors du monde des livres anciens
00:43et elle a fait ce choix singulier au tout début de l'estampe japonaise.
00:48Est-ce que vous saviez déjà si ce premier choix, c'était précurseur à l'époque de parler d'estampe
00:55japonaise ?
00:56C'était précurseur de parler d'estampe japonaise, c'est surtout un domaine qu'elle connaissait.
01:01Quand on s'engage dans cette voie, quelle qu'elle soit et quelle que soit sa spécialité, il faut faire
01:05quelque chose qu'on connaît.
01:06Elle avait pendant plusieurs années travaillé aux côtés de mon grand-père qui était dans les livres.
01:11Et lorsqu'ils se sont séparés, il a fallu qu'elle ouvre une nouvelle voie qui soit différente de celle
01:16des livres.
01:17D'où son choix d'aller vers les estampes japonaises qui était un domaine qui l'attirait énormément.
01:22D'accord. Et après, au fil des années, la galerie s'est particulièrement ouverte à plein de différents mouvements,
01:28des nabis, symbolismes, dessins français, avant-garde, etc.
01:32Comment est-ce que ça s'est construit, cette identité aujourd'hui ?
01:34Parce que là, vous ne faites plus d'estampe japonaise.
01:37Alors aujourd'hui, on ne fait plus d'estampe japonaise, encore une fois pour cette question de connaissance,
01:41parce que la galerie s'est énormément ouverte à l'art du XXe, tout ça.
01:45Mais le Japon et les nabis, par exemple, qui ont longtemps été portés par ma grand-mère, c'est indissociable.
01:55Tous ces artistes ont été extrêmement influencés par le Japon, et ça a énormément influencé leur manière de peindre.
02:02Et vous, vous aviez une spécialité particulière quand vous êtes arrivée dans la galerie ?
02:08Arrivée dans la galerie. Moi, je suis née dans la galerie. J'ai fréquenté la galerie depuis mon plus jeune
02:14âge,
02:14donc j'ai toujours été baignée, imprégnée par tout ce que ça défend.
02:19Les nabis sont évidemment un de mes domaines de prodilection, c'est quelque chose que j'aime profondément,
02:25mais nous avons ouvert également la galerie à beaucoup d'autres choses.
02:30Nous aurons d'ailleurs notamment une exposition autour du cubisme à la rentrée.
02:36Et notre domaine de connaissances va jusqu'à la fin du XXe.
02:41Surtout défendre ce que nous aimons, défendre notre regard, tout cela en essayant d'avoir un maximum de connaissances.
02:48Quand vous dites que vous êtes née dans la galerie, du coup, c'est vrai que pour vous, c'était
02:51une évidence
02:51de continuer de perpétrer ce qui vous a été offert par les générations d'expérience ?
02:59Je n'ai jamais imaginé faire autre chose, en fait.
03:02J'aimais passer mes samedis à la galerie, j'aimais suivre maman là où elle allait, faire ses expositions.
03:10J'ai eu la chance d'ailleurs, plus jeune, d'assister justement à l'arrivée des collectionneurs,
03:18aux discussions autour des objets.
03:21À l'époque, je ne me rendais pas du tout compte à quel point c'était une chance,
03:24mais ça m'a intrinsèquement marquée.
03:27Donc oui, effectivement, ça a pour moi été une évidence.
03:30On a toujours été entourée d'art, de tableaux.
03:33Moi, j'étais une femme passionnante et passionnée.
03:36Donc votre mère, c'est Anne-Isabelle.
03:37Anne-Isabelle, exactement.
03:38Et vraiment, pour nous, on a été baignées dedans depuis toute petite, en fait.
03:43C'est comme Oblix, on était dans la position de l'art, c'était toute petite.
03:47Parce que votre parcours, avant de rejoindre votre sœur, vous avez, vous, repris la galerie Montanari de votre père, si
03:55je comprends bien.
03:56Moi, mon parcours était un peu atypique.
03:58Moi, je voulais un peu peut-être me dissocier en me disant, je vais faire autre chose.
04:02Donc vous, vous avez posé la question alors, contrairement à Florence.
04:05J'aimais passionnément l'art, mais je voulais faire autre chose.
04:09Donc j'ai fait des études.
04:10Après, j'ai travaillé chez Saint-Commissaire-Priseur pendant quatre ans.
04:13Et après, quand papa est parti assez rapidement, ça a été une évidence pour moi de reprendre sa galerie de
04:19cadres, de cadres anciens.
04:21Car c'était vraiment une galerie qui a vraiment créé par amour pour maman aussi.
04:25Parce qu'il a vraiment développé cette galerie pour venir en France pour être à côté de maman.
04:30Donc oui, ça a été une évidence et je suis très heureuse.
04:32En tout cas, ce métier de galerie, ça coule vraiment dans vos veines ?
04:36Oui, ça, oui. En fait, on tombe dedans.
04:38Et là, alors, pourquoi est-ce que vous avez souhaité rejoindre votre sœur ?
04:42Comment ça se passe ces deux premiers mois, c'est ça ?
04:44Oui, oui.
04:45Deux premiers mois dans la galerie Bérès ?
04:46C'est le très peu de mois que je suis ici.
04:48Alors, ça se passe plutôt très bien.
04:49C'est très chouette de travailler avec sa sœur.
04:51Surtout que j'apprends tous les jours à ses côtés.
04:55Elle me fait confiance.
04:57Elle m'a vraiment incorporée dans la galerie assez rapidement.
05:00Donc ça, c'est quelque chose que je suis très contente.
05:04On a toujours collaboré ensemble, puisque l'encadrement de la galerie se faisait surtout aussi par mes cadres anciens.
05:11Oui, parce que la galerie Montanariste, c'est une galerie de cadres anciens.
05:14Et donc forcément, il y avait déjà des ponts qui étaient créés.
05:17Il y avait déjà énormément d'échanges, énormément de discussions.
05:22C'est vrai qu'on a la spécificité à la galerie de toujours encadrer nos œuvres, réencadrer nos œuvres avec
05:28des cadres anciens ou modernes,
05:31mais avec quelque chose qui nous correspond et qui sublime l'objet.
05:34Et bien évidemment, on a toujours collaboré avec la galerie Montanarie.
05:39Donc Capucine a toujours vu passer les œuvres de la galerie dans son atelier.
05:45Et nous, nous avons toujours vu les cadres.
05:46Donc voilà, on a grand plaisir à collaborer ensemble au sein de la galerie BRS.
05:51Mais ça fait des années qu'on travaille ensemble autour des œuvres d'art.
05:56Et j'imagine que c'est quand même une nouvelle étape ?
06:00C'est tout à fait une nouvelle aventure.
06:02C'est une aventure passionnante.
06:05Et je pense que, malheureusement, notre maman nous a quittés il n'y a pas longtemps.
06:12Et on a la même volonté de continuer cette histoire familiale.
06:16Et on a la même volonté d'être ensemble, puisque c'est ça qui est le plus important, c'est
06:20la famille.
06:21Et si on peut mixer la famille et la passion du métier, c'est quelque chose qui est formidable.
06:26Et comment est-ce que vous avez discuté d'un nouveau souffle que vous voulez donner ?
06:30Donc c'est toujours assez difficile quand même de garder bien l'héritage, bien sûr.
06:34Mais de se rester quand même à jour, s'adresser aux nouveaux collectionneurs, renouveler tout ça.
06:41Il y a plein de choses qu'on ne peut pas changer.
06:42Par exemple, l'ADN de la galerie avec le côté qualité.
06:48Vraiment, on est très sensible sur la qualité des œuvres choisies, sur l'encadrement, sur l'histoire à provenance aussi.
06:55Il y a des choses qu'on ne change pas.
06:57Oui, c'est des fils conducteurs.
07:00Et Florence, qui a plein de belles idées, a créé des choses.
07:04Parce que l'ADN de la galerie, bien sûr, au-delà de la provenance, c'est des choses qu'on
07:10ne peut pas remettre en question quand on est galeriste.
07:12Comment est-ce que vous la définiriez, cette ADN ?
07:14Un regard.
07:15Mais d'abord, je tiens quand même à apprécier quelque chose.
07:18Aujourd'hui, la galerie a un nouveau souffle avec une troisième génération.
07:23Mais je ne viens pas d'arriver dans une maison que je ne connais pas.
07:25Ça fait 25 ans que je développe mon regard, que j'achète, que je fais des collections.
07:33Et donc, si vous voulez, on va plus que renouveler, ce qui n'est pas vouloir tout changer, on va
07:38simplement continuer à avancer.
07:40La galerie des Rès, c'est une galerie qui avance depuis 70 ans.
07:43Aujourd'hui, je n'arrive pas, Capucine nous rejoint, mais on continue une histoire et on essaye de faire avancer
07:50les choses.
07:51Donc, effectivement, ce qui ne changera pas, c'est les critères de qualité, l'exigence d'avoir toujours le premier
08:00choix.
08:02Après, certains artistes nouveaux verront une façon de faire dialoguer les œuvres, peut-être des accrochages plus épurés, une façon
08:09de présenter les choses.
08:11Mais on ne va pas tout révolutionner.
08:13En tout cas, vous sentez votre sentiment, vous vous faites confiance, en plus vous portez le nom quand même.
08:22Vous vous faites confiance dans ce regard que vous voulez transmettre.
08:24Parce qu'il peut y avoir des galeristes qui peuvent créer leur galerie et se dire, voilà, nous, on ne
08:29va faire que de la photo.
08:31Vous vous laissez la liberté de suivre votre regard.
08:35C'est ce qu'on a toujours fait, oui, ne pas s'enfermer dans une époque, effectivement, mais savoir défendre.
08:43Après, juste, la seule limite, en fait, c'est votre domaine de connaissance.
08:47C'est la seule limite que vous devez vous imposer.
08:50Mais si vous estimez, vous pouvez faire dialoguer des œuvres qui ont plusieurs décennies d'écart, le tout.
08:57Et voilà, me faire confiance, je ne sais pas.
09:00Plutôt que de me dire, est-ce que de me faire confiance, je préfère me dire que je continue à
09:02avancer et que j'essaye de faire les choix auxquels je crois.
09:06Ça fait 25 ans, déjà, quand je fais ça et que j'ai contribué à certaines collections avec des collectionneurs.
09:14Donc, on va essayer de continuer dans ce sens-là avec un nouveau regard aujourd'hui.
09:18Est-ce que vous savez déjà si vous avez une complémentarité dans vos casquettes de co-directrice ?
09:24Je pense qu'oui, en tant que soeur, on est complémentaires.
09:27On se pose des questions, on essaie d'avancer ensemble.
09:31Tout ce qui est connaissance, encore, des tableaux, Florence, il y a beaucoup plus.
09:36Mais moi, j'ai peut-être d'autres idées.
09:38D'autres idées de communication, d'autres idées pour accrochage.
09:41Et tout ça, on discute ensemble et ça me permet un peu d'avancer.
09:44Justement, là, vous ouvrez une nouvelle exposition autour du cubisme.
09:48Exactement.
09:48Vous voulez nous en dire quelques mots ?
09:49Comment vous avez travaillé ensemble dessus ?
09:53Justement, cette exposition autour du cubisme, elle s'appelle « Au-delà du cubisme ».
09:58Et c'est exactement ce qu'on cherche à montrer.
10:01Ça va avec la nouvelle ligne, d'ailleurs, de la galerie Beres.
10:05Ce sont des artistes qui se sont beaucoup inspirés du cubisme, mais qui ont justement été au-delà,
10:12qui ont su faire traverser les frontières.
10:16Il y avait énormément d'échanges avec, par exemple, Ferra et Angibou avaient énormément d'échanges avec Ardegon Soffici,
10:23qui lui défendait le futurisme en Italie.
10:26Ils n'ont pas cloisonné le cubisme.
10:28C'était un départ et avec lequel ils sont allés beaucoup plus loin.
10:33Ils ont amené la couleur dans le cubisme.
10:36Ils ont fréquenté énormément d'artistes de cette époque, Severini, Picasso, Bodigliani.
10:44Il y avait des courants très novateurs.
10:45C'est vraiment une avant-garde du XXe siècle qui ne cloisonne pas, mais qui, au contraire, s'intéresse à
10:52toute forme d'art.
10:53D'ailleurs, Ferra, les trois artistes, Ferra, Survage et Angibou, ont collaboré et largement diffusé avec Apollinaire les Soirées de
11:03Paris,
11:03qui était une revue très importante, où intervenaient tous les artistes de l'époque,
11:08mais qu'ils soient artistes peintres, mais également écrivains, également poètes.
11:14Donc, ça va exactement avec la lignée de la Galerie Béresse.
11:17Ne pas cloisonner sur une époque ou un mouvement, mais au contraire, s'ouvrir à d'autres choses et écouter
11:25les influences qu'on peut avoir.
11:27Et aujourd'hui, maintenant qu'il y a beaucoup de challenges, de défis avec le marché de l'art,
11:32comment est-ce que vous voyez peut-être le défi principal de vos années à venir à la tête de
11:38la Galerie Béresse ?
11:40Alors, je pense que de toute façon, bien sûr, il y a Internet, il y a IA, il y a
11:43Instagram, il y a beaucoup de ventes aux enchères.
11:48Chaque potentiel collectionneur peut accéder à plus de 1000 tableaux par jour, s'il le souhaite.
11:53Mais voir un tableau sur un écran, ce n'est pas du tout la même chose que faire voir à
11:56la Galerie.
11:57Donc, nous, en fait, notre objectif principal, c'est justement de faire venir les gens dans notre galerie,
12:03de voir nos œuvres, qu'ils admirent, et pouvoir en fait donner envie aux gens.
12:09Voilà, ce côté présentiel, c'est très important.
12:12En plus, vous qui avez cet œil du regard du cadre, ça joue quand même énormément.
12:17Il y a quand même très peu de tableaux qui sont encadrés sur Internet.
12:20Complètement, et ça change complètement, ça change complètement.
12:22On sublime vraiment, sans vraiment changer l'œuvre, on sublime, mais la voie tech est vraiment encore plus belle.
12:28Capucine Béresse, merci beaucoup d'avoir été avec nous.
12:31Et Florence Béresse, vous êtes toutes les deux co-directrices désormais de la Galerie Béresse.
12:35Et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis. C'était Arrémarché.
12:38Merci.

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