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  • il y a 6 semaines
Ce jeudi 27 août, depuis la REF, Jérôme Tichit a reçu Paola Fabiani, vice-présidente du Medef, en charge de l'entrepreneuriat, Pierrick Merlet, journaliste de La Tribune, et Jean-François Nardot-Peyrille, président de la Fédération Réseau Entreprendre, dans l'émission La France a tout pour réussir sur BFM Business. Retrouvez l'émission le vendredi et le samedi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:03BFM Business, la France a tout pour réussir. Jérôme Tichit.
00:12Bonjour, bonjour et bienvenue dans la France a tout pour réussir.
00:15Chaque semaine, vous le savez, un concentré d'économie positive sur BFM Business.
00:19L'émission aujourd'hui a tout juste 10 ans et cette année encore, j'ai le plaisir d'ouvrir la
00:24saison avec deux émissions spéciales en direct de la REF.
00:27La rencontre des entrepreneurs de France organisée par le MEDEF à Roland-Garros.
00:32Le thème de cette REF 2026, c'est le courage, du courage il en faut pour les entrepreneurs, pour les
00:37entreprises.
00:38Cette première partie de l'émission est justement baptisée le courage d'entreprendre.
00:42On va en parler avec mes invités, tout d'abord Paola Fabiani, la vice-présidente du MEDEF en charge de
00:47l'entrepreneuriat, également PDG de l'entreprise Wisecom.
00:50On parlera bien sûr de l'état d'esprit des entrepreneurs, mais aussi de comment le MEDEF compte prendre part
00:55au débat politique.
00:57Autre invité, Jean-François Nardopéry, président de la fédération Réseau Entreprendre.
01:01Le Réseau Entreprendre qui fête cette année ses 40 ans, avec depuis 1986 20 000 entreprises créées ou reprises et
01:09plus de 200 000 emplois créés ou sauvegardés.
01:12Et puis désormais, vous le savez, les rédactions de BFM Business et de La Tribune sont sous la même marque
01:17chapeau du pôle économique BFM La Tribune.
01:19J'ai donc le plaisir d'accueillir pour ces émissions spéciales à la REF, Pierrick Merlet, journaliste à La Tribune
01:25en charge des sujets industrie.
01:27Bonjour Paola Fabiani.
01:29Bonjour.
01:30Merci d'être l'invité de cette émission de La France a tout pour réussir, émission donc de rentrée.
01:34Le temps passe très vite, il y a tout juste un an, sur ce même plateau, je vous recevais.
01:38Le Premier ministre s'appelait François Bayrou.
01:40L'économie française semblait peu ou prou plutôt pas trop mal résistée.
01:45Et puis en un an, on a changé de Premier ministre, en un an, on parle de plus en plus,
01:50non seulement évidemment de la dette,
01:52mais des défaillances d'entreprises en hausse, du chômage qui est aussi en hausse.
01:56Bref, il en faut du courage pour être entrepreneur en cette rentrée 2026.
02:01Alors oui, c'est le thème, comme vous l'avez dit de la REF, et oui, il en faut du
02:04courage.
02:04Et j'irais, oui, les entrepreneurs ont du courage et ne cessent pas de démontrer l'envie qu'ils ont
02:10et la motivation qu'ils ont d'entreprendre.
02:12Alors peut-être une parenthèse, pourquoi ce thème du courage à la REF ?
02:16REF qui a mobilisé à ce jour plus de 20 000 participants, c'est du jamais vu.
02:22Donc ça montre bien l'engouement pour la REF et la mobilisation des entrepreneurs.
02:26Le courage, le thème, trois niveaux.
02:28Le courage pour, effectivement, le courage des entrepreneurs.
02:32Le courage politique, on va sûrement en parler, avec une demande de lucidité de notre part par rapport aux politiques.
02:38Ce sera notamment parmi les questions qu'on aura lors du débat à 16h30.
02:44Et puis le courage aussi de faire ce qu'il faut pour la France.
02:48Donc lucidité et courage dans l'action, dans la continuité.
02:51Et quand vous dites faire ce qu'il faut pour la France, est-ce que vous mettez la stabilité fiscale
02:56?
02:57Qu'est-ce que vous mettez dans faire ce qu'il faut ?
02:59Parce qu'on voit plein de politiques, d'ailleurs il y en a certains qui sont là juste derrière nous.
03:04Est-ce que c'est l'instabilité qui pèse le plus dans cette rentrée 2026 sur les entrepreneurs ?
03:10Alors on a mené une étude qui a réuni le plus grand nombre de répondants, de chefs d'entreprise.
03:17Plus de 65 000 chefs d'entreprise qui ont répondu à cette étude qui vient de sortir.
03:20Évidemment avec le MEDEF et qui nous donne finalement les attentes des chefs d'entreprise et l'illustration.
03:27Dans les attentes, il y a évidemment la stabilité et le fait de garder le cap.
03:33Il y a aussi la simplification qui est une vieille attente.
03:36Mais il y a aussi la réduction des taxes.
03:38Je rappelle qu'on est dans une partie des entreprises les plus imposées au monde.
03:43Taxe à la fois sur le travail, donc c'est à la fois pour les entreprises mais aussi pour nos
03:47salariés.
03:47Et puis taxe sur la fiscalité. Et puis derrière, effectivement, réduction de la dette et baisser les dépenses.
03:54Ce sujet de la dette. Donc effectivement, un certain nombre d'attentes.
03:58Et derrière, des propositions du MEDEF parce que le MEDEF ne s'arrête pas à dire ce qui ne va
04:03pas.
04:03Derrière, on a formulé beaucoup de propositions et donc on est très en attente des politiques par rapport à nos
04:09propositions.
04:09On reviendra sur vos propositions dans quelques instants.
04:12Pierre-Écq Merlet, bonjour. On parlait de l'instabilité fiscale.
04:15Le sujet, il a été abordé ces derniers jours, notamment par Roland Lescure.
04:21Il a donc parlé du maintien de cette surtaxe sur les profits des grandes entreprises.
04:27Effectivement, Roland Lescure était un petit peu l'invité phare de la matinée à la REF.
04:31Et il a dit plusieurs choses.
04:32Tout d'abord, il a proposé au patron qui était face à lui sur le cours Philippe Châtrier un pacte
04:39de stabilité.
04:39C'est-à-dire qu'il s'est engagé à ne pas alourdir la fiscalité sur les entreprises dans le
04:44cadre du budget 2027.
04:46Il a aussi proposé, enfin, il s'est engagé à un maintien du crédit impôt recherche qui est l'outil
04:52phare pour les industries françaises,
04:54notamment pour abaisser le coût du travail de leurs ingénieurs.
04:58Et par contre, il a aussi évoqué cette fameuse surtaxe sur le profit des grandes entreprises.
05:03Il a émis le souhait de vouloir l'abaisser.
05:06Mais il a bien dit que dans le contexte actuel de réduction, en tout cas de tenter de réduire le
05:11déficit public,
05:12c'était un engagement qui serait peut-être difficile d'avoir sur cette année 2027.
05:16Car il a dit que la priorité de cette année 2027, en tout cas de ces mois à venir, sera
05:21d'avoir un budget pour l'année 2027.
05:23Et il a donc aussi parlé du maintien, c'était un sujet très attendu du pacte d'Utreil.
05:28Tout à fait, voilà. Pacte d'Utreil maintenu, CIR maintenu, pacte de stabilité en résumé.
05:33C'est la proposition du gouvernement aux entrepreneurs à l'AREF.
05:38Et aussi une petite annonce sur un outil de soutien à l'investissement sur la modernisation de l'outil productif.
05:45Et puis Sébastien Martin était ce matin, le ministre de l'Industrie,
05:48qui était ce matin dans la matinale présentée par Brigitte Boucher sur BFM Business.
05:52Il a bien confirmé qu'il n'était plus question de la suppression totale de la CVAE, l'impôt de
05:57production.
05:58Oui. De toute façon, on le sait, dans l'état actuel des choses,
06:01c'est presque impossible de réduire la fiscalité sur les entreprises.
06:06Ça serait manqué de raison, j'ai envie de dire.
06:09Parce que même si c'était la promesse de Sébastien Lecornu,
06:14c'était sa promesse économique quand il a été nommé à Matignon.
06:16Non, il voulait reprendre la baisse engagée par sa prédécesseur Elisabeth Borne,
06:21qui avait été entrepris, je crois, à partir de 2022.
06:24Mais on le sait aujourd'hui, le contexte économique national empêche pour le moment
06:29le gouvernement Lecornu de reprendre cette trajectoire.
06:32Paola Fabiani, une réaction à toutes ces annonces ou aux choses qui vont se passer.
06:38Donc, vous voyez, des promesses, mais pas complètement en phase avec celles que vous espérez.
06:43Vous parlez très justement de la stabilité.
06:46Justement, on voit encore quand même une démonstration,
06:48pas forcément de stabilité dans les décisions.
06:51La CVAE, je le rappelle, devait être supprimée à plusieurs reprises,
06:54depuis plusieurs années.
06:55C'est toujours pas le cas.
06:57Donc, effectivement, parallèlement à ça,
06:59alors la surtaxe de l'impôt sur les entreprises devait être ponctuelle,
07:02pour rappel, l'an dernier.
07:04C'était une taxe ponctuelle, non une taxe définitive et récurrente.
07:07Mais le ponctuel dure souvent.
07:08Voilà, et le ponctuel dure.
07:09Alors, certes, ils annoncent une baisse, mais en tout cas, ils la maintiennent.
07:12Donc, effectivement, on a encore une fois des sujets de stabilité, de visibilité.
07:19Et c'est ça.
07:20Eh bien, j'aimerais rappeler un point, parce qu'effectivement,
07:23alors, on ne parle pas de réduction des dépenses, encore une fois.
07:25Donc, ça, c'est quand même...
07:26Moi, je veux remettre, si le BDF veut remettre ce sujet sur la table,
07:29comment réduisons-nous les dépenses ?
07:31Parce que là, on est en train de parler de taxes en plus.
07:33C'est le premier point.
07:34Et puis, le deuxième point, mais un point évident,
07:37ne cassons pas l'outil de production.
07:39Les entreprises-emplois, on voit les défaillances d'entreprises.
07:42On n'a jamais atteint ces niveaux de défaillances d'entreprises.
07:44On sait qu'on est dans un contexte économique,
07:46un contexte géopolitique difficile.
07:48On ne va pas parler de tout ce qui s'est passé cette année
07:50et de tous les bouleversements qu'ont subi les entreprises et les crises.
07:54Mais si on casse l'outil de production, c'est derrière directement un impact
07:57sur l'emploi et sur le pouvoir d'achat.
07:59Donc, ne cassons pas l'outil de production.
08:01Et effectivement, donnons de la visite aux entreprises, c'est ce qu'on demande.
08:05Et arrêtons de dire que des taxes sont ponctuelles alors qu'elles sont récurrentes.
08:08Tenons les engagements.
08:09Mais quand vous demandez l'instauration de la TVA sociale, c'est un impôt finalement ?
08:15C'est un impôt de plus ?
08:16Alors, ce qu'on demande avant tout, c'est de repenser le financement de la protection sociale.
08:23Parmi des pistes qu'on m'a proposées notamment, existe ce point.
08:27Mais pourquoi revoir le financement de la protection sociale et du modèle social ?
08:32Parce qu'il y a ce jour payé à 100% par les gens qui travaillent,
08:36par nos salariés et par les entreprises.
08:39Donc, effectivement, il est payé majoritairement par ces personnes-là.
08:42Et à ce jour, ça ne tient plus.
08:44Donc, on cherche à trouver des issues et des solutions pour trouver un modèle.
08:48Et on veut mettre sur la table le fait de revoir le financement du modèle social.
08:52Et dans la foire aux idées, qu'elles soient bonnes ou pas,
08:55François Hollande, dans quelques jours, se prononcera pour la retraite, pour l'âge légal à 63 ans.
09:01Édouard Philippe prône la réduction de la durée d'indemnisation du chômage à 12 mois pour les moins de 50
09:07ans.
09:08Est-ce que ça, c'est des pistes intéressantes pour le MEDEF ?
09:10Il faut voir les différentes pistes et comment elles se mettent en place sur la réduction de la dépense.
09:17Donc, effectivement, comment mettre en place la réduction de la dépense ?
09:20Et déjà, je dirais même, avant même les pistes, mettons le sujet sur la table.
09:24On parle de la dette, c'est une avancée, on en parlait peu, là on en parle,
09:30mais par contre, on ne parle pas tellement de réduction des dépenses, on parle plutôt d'augmentation des taxations.
09:34Je reviens vers vous dans un instant, mais je salue Jean-François Nardopéry, bonjour.
09:37Bonjour.
09:38Vous êtes le président de la Fédération Réseau Entreprendre.
09:40Je lisais dans les titres, vous avez fêté vos 40 ans, on en reparle dans un petit instant,
09:45mais vous représentez vraiment de très nombreux entrepreneurs,
09:49soit ceux qui s'engagent, soit ceux qui sont là pour reprendre, pour créer une entreprise.
09:53Vous êtes donc au cœur et vous prenez le pouls de ces entrepreneurs, vous en êtes un vous-même.
09:59C'est quoi l'état d'esprit des entrepreneurs tels que vous les représentez aujourd'hui ?
10:03Alors, effectivement, Réseau Entreprendre, c'est une communauté de 15 000 chefs d'entreprise
10:07qui accompagne tous les ans presque 2000 nouveaux créateurs ou repreneurs d'entreprise.
10:12Donc, nous sommes effectivement en contact direct.
10:15Et je partage complètement ce qui vient d'être dit tout à l'heure.
10:18L'attente, que ce soit pour nos adhérents, mais principalement pour nos nouveaux entrepreneurs,
10:22ils ont besoin de lisibilité, ils ont besoin de continuité et ils ont besoin d'être soutenus dans ce qu
10:28'ils font sur la durée.
10:29La reprise d'une entreprise comme la création, ça se prévoit.
10:33Ce sont des choses qui doivent s'inscrire dans le temps.
10:35Et l'instabilité ou l'incertitude, c'est vraiment l'ennemi de la reprise ou de la création d'entreprise
10:41parce que tout devient fragile et tout peut remettre en cause cette création et reprise d'entreprise.
10:47Aujourd'hui, nos presque 2000 lauréats créent plus de 12 000 emplois par an.
10:52Donc, c'est extrêmement significatif.
10:54Mais nous avons besoin de stabilité.
10:56Nous avons besoin de quelque chose qui est compréhensible et d'un engagement, vous le disiez tout à l'heure,
11:01qui va durer dans le temps parce que l'engagement du créateur ou du repreneur, lui, s'inscrit dans le
11:06temps.
11:06Donc, le monde ne peut pas complètement changer autour de lui.
11:09Il faut qu'il y ait des bases solides et compréhensibles.
11:12Et dans ce que vous entendez du débat présidentiel qui se lance,
11:15il y a des choses qui vous surprennent, il y a des choses qui vous plaisent, il y a des
11:18choses qui vous agacent ?
11:20Alors, qui m'agacent, je ne sais pas.
11:22Mais en tout cas, il y a une musique de fond, effectivement, par rapport aux entrepreneurs.
11:27Nous, on considère que les gens qui entreprennent ou qui reprennent aujourd'hui,
11:31ceux qui viennent vers nous à Réseau Entreprendre, sont des gens, vous le disiez tout à l'heure,
11:35qui sont courageux, qui vont mettre du temps, qui vont mettre leur énergie,
11:39qui vont mettre leur vie au service d'une nouvelle entreprise ou d'une reprise.
11:43Et quelque part, je pense que ça demande, de la part du monde politique et de l'économie,
11:52ça demande du respect.
11:53Donc, il faut effectivement qu'ils soient considérés.
11:56Et qu'ils soient considérés, ce qu'on pense à Réseau Entreprendre,
11:58c'est que les entreprises sont la solution à notre problème.
12:02Ce n'est pas la problématique.
12:03Donc, il faut favoriser ces entreprises, il faut favoriser ces créations et ces reprises.
12:09Et on constate, ça répond aussi à votre question,
12:13c'est que malgré le contexte global, il y a toujours, et de plus en plus à Réseau Entreprendre,
12:20nous avons de plus en plus de personnes qui viennent pour être accompagnées dans la création ou la reprise.
12:25Ça veut dire que cet élan, cette envie de créer, cette envie de participer à l'économie et au territoire,
12:30elle est toujours présente et elle est de plus en plus forte.
12:33Simplement, il ne faut pas la détruire, il ne faut pas la décourager.
12:36Il faut au contraire l'accompagner, comme on le fait à Réseau Entreprendre,
12:38en mettant des accompagnateurs à leur côté.
12:41Mais il faut aussi que nous ayons un contexte, encore une fois, compréhensible et lisible sur du moyen et long
12:47terme.
12:47Et le nombre de défaillances d'entreprises qui repart à la hausse,
12:51on est à plus de 70 000 sur une année glissante.
12:54Est-ce que vous le ressentez aussi, vous, dans votre activité ?
12:57On le ressent avec un très fort effet d'amortissement, puisque à Réseau Entreprendre, depuis des années,
13:02le taux de pérennité des entreprises accompagnées est au-dessus de 90 %.
13:06Néanmoins, on sent cette difficulté et nous sentons aussi, justement, ce besoin d'accompagnement.
13:12Il n'a jamais été aussi fort.
13:13En fait, le monde économique fait que, pour créer aujourd'hui, il faut être accompagné.
13:20C'est un discours qui passe de plus en plus.
13:22Et nous, on dit, ne restez pas seuls.
13:24Le chef d'entreprise ne doit pas être seul, et encore moins le nouveau chef d'entreprise.
13:27Il faut être entouré, il faut être accompagné.
13:29Et à Réseau Entreprendre, c'est ce que l'on offre de manière bénévole et totalement désintéressée.
13:33Vous êtes tous les deux des chefs d'entreprise.
13:35C'est avec votre casquette de chef d'entreprise que je vous interroge.
13:38Vous avez créé un réseau de centres d'appels.
13:42Vous avez le choix, depuis le début, fait le choix de ne pas délocaliser.
13:46Est-ce que ça reste tenable, en 2026, de ne pas aller faire les centres d'appels en Afrique du
13:51Nord ou dans d'autres pays ?
13:53Est-ce que ça, ça reste valable, dans un contexte, vous le disiez, où il faut financer le modèle social,
13:59économique ?
14:00Est-ce que ça, ça reste valable ?
14:03Je suis profondément optimiste.
14:05Je vais vous dire, on va tout faire pour.
14:07En tout cas, on en a la motivation, l'envie.
14:09On s'est créé en 2005 en France, en plein cœur de grande ville.
14:15Et maintenant, on est sur toute la France.
14:17On est en train de développer des entreprises adaptées.
14:19On fait plein de choses.
14:21Parce que je pense qu'être entrepreneur, aujourd'hui, c'est aussi contribuer au bien commun et participer au développement
14:27de nos territoires.
14:28Donc, c'est vraiment important pour nous.
14:30Je pense que le centre d'appel est un très bon levier, un très bon tremplin pour un certain nombre
14:37de métiers.
14:38Avec notamment l'arrivée de l'IA que nous, on embrasse et qu'on essaie d'intégrer.
14:44Parce que c'est une montée en gamme de nos métiers.
14:46Parce que vous dites, l'IA, ça n'écrase pas les métiers, ça les réinvente.
14:49Voilà. En fait, pour nous, ça permet de gérer les tâches répétitives.
14:54Et par contre, derrière, de concentrer nos équipes, de montant en gamme notre métier sur des tâches à beaucoup plus
15:00forte valeur ajoutée.
15:01C'est notre vision de l'IA.
15:02Et l'IA a un phénomène intéressant.
15:05C'est qu'il vient concurrencer directement, notamment, les coûts de main d'œuvre plus bas sur des tâches à
15:13moins de valeur ajoutée, plus automatiques.
15:16Et donc, effectivement, l'IA est aussi un modèle de relocalisation en France.
15:20Je sais que dans votre émission, vous êtes très impliqué dans la réindustrialisation.
15:23J'adore ça.
15:24L'IA est un axe.
15:25Et nous, on travaille beaucoup aussi au sein du MEDEF sur la réindustrialisation.
15:29Si je l'applique, si j'extrapole le modèle du centre d'appel, c'est intéressant.
15:33Et ça peut permettre, en fait, de justement venir monter en gamme les métiers, devenir plus compétitif.
15:38Et finalement, peut-être relocaliser en France.
15:41On va parler, justement, de l'industrie en France, Pierrick.
15:44Avec la sortie de la version semestrielle du baromètre Trendéo, c'était hier soir.
15:50Qu'est-ce qui ressort ?
15:51Alors, le bilan, il est mitigé selon les chiffres, en fait.
15:54Il est très mitigé.
15:55C'est-à-dire qu'au premier abord, si vous le regardez de manière très superficielle, très rapidement, vous dites,
16:00bon,
16:00plus 5600 emplois nets annoncés au premier semestre 2026, c'est-à-dire le solde entre les emplois créés et
16:06détruits.
16:07Donc ça, c'est plutôt positif.
16:09Vous gagnez 51 usines et vous avez un record d'investissement annoncé de 209 milliards d'euros sur le premier
16:15semestre.
16:16Maintenant, on va rentrer un peu plus dans le détail.
16:205600 emplois créés, ils sont surtout dans les usines existantes.
16:25C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le cabinet Trendéo qui a fait cette étude le constate, il y a
16:30une panne de nouveaux projets créateurs d'emplois.
16:33Autrement dire, il y a une panne de projets d'usines en France.
16:3551 sur le papier, ça peut sembler intéressant, un bon chiffre, 51 nouvelles usines en 6 mois.
16:41Mais c'est le plus bas niveau enregistré depuis 2009.
16:45On n'a jamais eu un aussi mauvais premier semestre en création d'entreprise.
16:50Donc il y a une décélération des créations d'usines, mais il y a un maintien des fermetures d'usines.
16:57Donc en fait, le solde négatif de moins 40, il est surtout lié à une décélération des ouvertures plutôt qu
17:02'à une accélération des fermetures.
17:03Pour revenir sur le chiffre des 209 milliards...
17:06C'est les investissements, ça.
17:07Voilà, des 209 milliards d'investissements, 42% concernent des data centers.
17:12Si on rajoute tout ce qui est énergie, gestion des déchets nucléaires, on monte à 76%.
17:17Et dans ces 209 milliards d'euros d'investissements annoncés, seulement 7% concernent l'industrie manufacturière.
17:24Donc il y a encore un peu de travail.
17:25On est loin des 14, 15, 20% même qui avaient été annoncés au pic post-Covid 2021-2022,
17:33où ça concernait davantage l'industrie manufacturière en France.
17:35Alors il y a des initiatives quand même en faveur des territoires, on en parlait, et de l'industrie.
17:41C'est le cinquième axe de France 2030 régionalisé.
17:44Ça a été annoncé au mois de juillet, donc avec un fonds qui est doté de 100 millions d'euros.
17:49C'est cofinancé par l'État et par les régions.
17:51C'est ça. En fait, l'idée, c'est qu'on le sait, en France, on a un retard sur
17:55la robotisation,
17:56sur l'automatisation des outils de production.
17:58Et donc ça a un impact aussi sur l'assimilation de l'intelligence artificielle dans les entreprises,
18:06parce qu'elles ne collectent pas de la bonne manière leurs données,
18:09ou elles ne collectent pas de la donnée.
18:12Et donc quand on leur parle d'IA, pour eux, c'est loin.
18:15C'est un idéal intouchable pour eux.
18:17Donc il y a un enjeu, avant de parler d'IA, il y a un enjeu de modernisation de l
18:21'outil de production en France.
18:22On le sait, on est deux fois moins robotisés.
18:24Nos usines françaises sont deux fois moins robotisées que les usines allemandes.
18:28Et l'objectif, c'est donc d'accompagner, je crois, 2000 entreprises, plutôt des petites entreprises.
18:33TPE, PME et ETI de taille modérée.
18:36C'est une bonne chose quand même.
18:38Il y a des bonnes choses dans les initiatives prises, soit par l'État, soit par les collectivités territoriales.
18:43Oui, effectivement, et comme le disait Jean-François sur le réseau Entreprendre,
18:47nous, on travaille ensemble et conjointement sur la transmission des entreprises.
18:51Parce qu'effectivement, vous le citiez très justement,
18:54la transmission notamment dans le secteur industriel et dans les territoires,
18:57on parlait de TPE, PME, c'est un sujet clé au MEDEF.
19:00Au sein même de ma commission entrepreneuriale que je préside, c'est un sujet clé.
19:03Alors il y a la fiscalité, on parlait du TREI avant,
19:06mais on parle aussi de comment faciliter cette transmission et cette reprise.
19:10On voit qu'il y a une vraie volonté,
19:11et c'est l'un des axes de la réindustrialisation,
19:13en tout cas de la non-perte de savoir-faire,
19:16parce qu'on annonce quand même plus de 600 000 entreprises en 2030 sans repreneurs.
19:21Donc il y a un sujet très industriel et très territorial.
19:23Il y a un sujet de souveraineté, c'est-à-dire qu'au-delà de transmission,
19:27dans ce lot de 500 000 entreprises à transmettre d'ici 2030,
19:31beaucoup concernent des savoir-faire très particuliers sur le nucléaire,
19:34sur l'aéronautique, le spatial, la défense.
19:36Et c'est demain, on pourrait avoir des trous dans la raquette sur nos filières
19:40et dépendre d'acteurs étrangers,
19:41parce que ce sont des TPE, des PME de 20, 30 personnes
19:44qui ne trouvent pas de repreneurs,
19:45soit dans le cercle familial, soit dans le cercle des salariés,
19:48notamment les SCOP.
19:49Et je rappelle que Sandra Gandouin, chaque semaine,
19:52a une émission consacrée à la transmission sur BFM Business.
19:55Jean-François Nardo-Péry, je reviens à ses 40 ans du réseau Entreprendre
19:58qui ont été fêtés, c'était au début juillet, c'était à Lille.
20:02C'était quoi les messages principaux de ce 40e anniversaire ?
20:05On était dans le regard un peu nostalgique ?
20:08Est-ce que vous vous projetez sur les prochaines années de l'accompagnement,
20:12puisque c'est le cœur de Réseau Entreprendre ?
20:14Alors, bien évidemment, nous projetons sur l'avenir,
20:17sur ce que nous faisons aujourd'hui et surtout sur ce que nous allons faire demain.
20:20Ça a été dit à l'instant.
20:21Aujourd'hui, on a un axe important sur les reprises d'entreprises
20:24avec tout ce que cela comporte, vous le disiez, en termes de souveraineté,
20:28en termes d'équilibre économique et aussi en termes d'aménagement du territoire
20:31parce que ces entreprises, entre 5, 15, 20, 50 salariés que nous accompagnons,
20:38sont le maillage économique de nos territoires.
20:41Il y a un vrai enjeu, effectivement, sans repreneurs
20:43et sans repreneurs correctement accompagnés.
20:45Il risque de ne pas y avoir de reprise, en tout cas pas de reprise pérenne.
20:48Donc, c'est un de nos axes, effectivement, que l'on prend.
20:52Les 40 ans ont aussi été l'occasion pour réaffirmer nos valeurs.
20:57Nous avons la chance d'avoir eu un créateur en 1986, André Mullier,
21:02qui a eu cette vision, en disant cette phrase que nous utilisons toujours,
21:06qui n'est absolument pas dépassée, qui est pour créer des emplois, créons des employeurs.
21:10Ce que nous faisons toujours, et toujours dans cette bienveillance et ce bénévolat,
21:14qui, à mon sens, aujourd'hui, prend encore plus de valeur et concerne encore plus de monde.
21:19Aussi bien côté accompagnateur que côté, je le disais tout à l'heure, des chefs d'entreprise,
21:24nouveaux chefs d'entreprise qui doivent être accompagnés.
21:26Le monde est devenu complexe, incertain, et nous avons un réflexe, j'allais dire,
21:32normal de survie de chefs d'entreprise, d'échange, de pouvoir échanger sur les bonnes pratiques.
21:40Tout ça pour pérenniser et pour fiabiliser nos entreprises, tout simplement.
21:43Donc, nous sommes vraiment dans la continuité de ce qui s'est fait pendant 40 ans,
21:48avec une large ouverture, évidemment, sur tout ce que l'on fait aujourd'hui,
21:51sur ce que l'on va faire demain, sur tout ce qui nous intéresse.
21:53Je l'ai dit, plus de 20 000 entreprises créées ou reprises depuis 1986.
21:57Quelques beaux succès, très emblématiques.
22:01On peut parler des Jeans 1083, de Michel et Augustin, Mano Mano, de Wikazza.
22:07Et c'est des locomotives un peu pour toutes les entreprises que vous accompagnez ?
22:11C'est ça. Les entreprises que nous accompagnons sont toutes des entreprises à potentiel.
22:15C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ces entreprises qui peuvent se créer avec un nombre limité d'emplois,
22:20mais avec un beau potentiel de développement,
22:22pareil, lorsque nous accompagnons une reprise,
22:25c'est évidemment pour pérenniser l'entreprise qui est reprise,
22:28mais toujours avec cette envie que l'on donne à nos lauréats,
22:31d'aller vers une croissance, d'aller développer,
22:34que ce soit à l'international ou en local,
22:36d'aller vers de nouveaux produits,
22:38d'intégrer effectivement les nouveaux outils,
22:40d'intégrer l'IA.
22:41La force de Réseau Entreprendre,
22:42c'est de valoriser, de donner envie,
22:45d'ouvrir des perspectives à l'ensemble des lauréats que nous accompagnons.
22:48C'est important ce que vous dites parce qu'on le voit avec le plan France 2030,
22:51on s'est beaucoup focalisé sur les nouvelles usines,
22:54sur l'attractivité de la France pour capter des gros projets,
22:57des gigafactories.
22:58Mais aujourd'hui, la majorité de notre potentiel de réindustrialisation,
23:02la majorité de notre potentiel de création de valeur en France
23:04se trouve dans le tissu, dans les territoires,
23:07dans le tissu industriel existant,
23:08les PME, les TPE,
23:10qui sont souvent sous les radars,
23:11qui ont des petits projets de 10, 20, 30 emplois,
23:13à 2, 3 millions d'euros,
23:15qui ne sont pas des montants insurmontables
23:17par rapport à des projets à 1, 2 milliards,
23:20qui parfois sont très compliqués à financer,
23:22pour le coup, dans ce contexte actuel.
23:24Maola, Fabiani.
23:26Effectivement, sur la transmission reprise,
23:28une bonne nouvelle,
23:29et qui vient tout à fait en écho à ce que vous disiez,
23:32c'est qu'effectivement,
23:33vous savez, chaque année, au moment de Go Entrepreneur,
23:35on mène un sondage sur l'envie de créer une entreprise,
23:38maintenant, on a aussi l'envie de reprendre.
23:40Et cette année, pour la troisième année consécutive,
23:43le pourcentage de personnes souhaitant reprendre une entreprise
23:46est en hausse.
23:47Et il est en hausse,
23:48et c'est important,
23:49sur toutes les catégories de population et tous les âges.
23:53Donc, finalement, c'est à la fois reprendre,
23:55c'est apporter sa petite pierre à l'édifice,
23:57souvent peut-être dans son territoire,
23:59et en même temps, c'est peut-être une seconde vie.
24:02Donc, il y a un vrai sujet là-dessus.
24:03Et puis, le deuxième point que je voudrais compléter,
24:04c'est, vous parliez de l'IA,
24:05parce que c'est le sujet dans l'industrialisation,
24:08le MEDEF a organisé, vous savez,
24:10le Tour de France de l'IA,
24:13pour recruter autour de tous ces MEDEF territoriaux,
24:15les 120 MEDEF territoriaux,
24:17les idées, les initiatives et inspirer.
24:19Il va relancer un second Tour de France de l'IA sous peu,
24:22avec un niveau supérieur très important.
24:25C'est à partir de quand ?
24:262027.
24:28Une toute dernière question,
24:29je crois qu'il nous reste à peu près une à deux minutes.
24:31Je reviens sur les propos de Patrick Martin,
24:33qui disait,
24:34si on nous met un président,
24:36une présidente Rennes ou un président LFI,
24:38on fera avec.
24:40Est-ce que c'est la position du MEDEF ?
24:42Est-ce qu'elle est partagée ?
24:43Vous parlez de plus de 20 000 entrepreneurs.
24:45Est-ce qu'elle est partagée par les entrepreneurs
24:47qui sont présents ici à Roland-Garros ?
24:50Alors, effectivement, oui,
24:52on respectera évidemment le choix des électeurs.
24:55Par contre, bien évidemment,
24:56on engagera le débat et la discussion
24:58avec nos propositions,
25:00nos lignes rouges.
25:01Et puis, on sera là
25:02pour être aux côtés des entrepreneurs
25:04et des dirigeants
25:04pour défendre nos positions.
25:05Il nous reste 30 secondes à chacun.
25:07Je commence avec vous.
25:09La question que je pose souvent,
25:10est-ce qu'encore la France a tout pour réussir
25:11en cette rentrée 2026, Paola ?
25:14En tout cas, la France,
25:15les entrepreneurs ont envie de réussir.
25:16Même question à vous,
25:17Jean-François Nardot-Péry.
25:18Oui.
25:19Nous avons cette volonté,
25:21nous constatons chez les créateurs repreneurs,
25:23cette volonté de réussir,
25:24d'aller de l'avant
25:24et de mettre de l'énergie
25:26pour continuer à avoir ce tissu économique fort
25:28et cette souveraineté nationale.
25:30Eh bien, merci à tous les trois
25:31de participer à cette première émission
25:32en direct de l'AREF à Roland-Garros
25:34de la France a tout pour réussir.
25:35Pierre-Éric Merlet,
25:36je vous garde avec moi
25:37pour une deuxième émission
25:38dans quelques instants,
25:39toujours sur BFM Business.
25:41Une émission plus axée,
25:42encore plus sur l'état de notre industrie
25:44en cette rentrée 2026.
25:46Bonne journée
25:46et à tout de suite sur BFM Business.
25:50La France a tout pour réussir
25:52sur BFM Business.

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