- il y a 1 jour
Ce mardi 25 août, Thibault Prébay, économiste indépendant, auteur, et Stéphane Déo, Senior Portfolio Manager chez Eleva Capital, se sont penchés sur le prix du baril du pétrole qui retombe sous les 90 dollars, l'initiative de Washington de cibler les partenaires commerciaux de l'Iran, la possibilité d'une "opération Twist" pour jongler la hausse des taux américains, les "7 Magnifiques" qui ont été dépassées depuis le 1er janvier, la croissance revisée à la hausse en Allemagne, ainsi que les taux qui donnent le ton sur les marchés, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Avec nos deux experts ce soir, ils viennent de nous rejoindre.
00:06Stéphane Déo, senior portfolio manager pour Eleva Capital.
00:09Bonsoir Stéphane.
00:10Bonsoir.
00:10Bienvenue Thibaut Prébet, en fil rouge.
00:12Rebonsoir Thibaut.
00:13Rebonsoir.
00:14Économiste et auteur de Démographie, la bombe tranquille.
00:18C'est aux éditions du Rocher.
00:19On est ravis de vous accueillir messieurs.
00:20Dans des marchés aujourd'hui un petit peu entre deux.
00:23Bon, Wall Street est en petite hausse, on va parler d'NVIDIA.
00:25On va parler des taux aussi, bien sûr, de la stratégie américaine face aux taux.
00:28Peut-être va-t-on vers une opération twist.
00:31Twist again.
00:32Oui, peut-être.
00:33Scott Bessent est en train de préparer les choses.
00:35Est-ce que ce serait forcément très positif ?
00:37D'abord, le pétrole se détend un peu.
00:39D'après le New York Times, Stéphane, les diplomates américains vont revenir dans la région du Golfe dès cette semaine.
00:44Les diplomates américains en avaient été évacués au printemps avec tous les bombardements, les menaces iraniennes sur leur vie.
00:49Là, ils vont revenir dès cette semaine.
00:51Donc, peut-être un peu moins de bombardements à venir, moins de menaces.
00:53Le pétrole se détend.
00:54On est à 88 dollars ce soir.
00:56Alors, peut-être, je pense que c'est le mot important.
00:58La dernière fois que j'ai eu le plaisir de venir sur ce plateau, c'était début juillet, si mes
01:02souvenirs sont bons.
01:03On était au 39e accord de paix annoncé par Donald Trump.
01:07Alors, je n'ai pas compté pendant mes vacances.
01:08Je suis désolé, ce n'est pas très professionnel.
01:10Mais bon, oui, les diplomates reviennent.
01:13Moi, je pense surtout que ce qui est intéressant, c'est si vous regardez le marché du pétrole, c'est
01:18100 millions de barils de jour, grosso modo, un petit peu plus.
01:20Mais je vous le fais à 100, comme ça, c'est un chiffre rond.
01:23Il y a 10 millions de barils de jour qui passent par le détroit d'Hormuz.
01:26En fait, on a réaiguillé une petite moitié par, vous savez, l'oléoduc qui passe sur la mer Rouge.
01:34Donc, on a gagné 5 millions de barils de jour.
01:37Vous avez des augmentations de production un peu partout.
01:39Vous gagnez un million par-ci, un million par-là.
01:42Finalement, le déficit, il est de 2 à 3 millions de barils de jour.
01:48Donc, je ne suis pas en train de vous dire que tout va très bien, Madame la Marquise, que la
01:51crise est finie, etc.
01:53S'il y a vraiment des destructions de capacités sur le Golfe, ça peut très vite s'envenimer, cette histoire
02:00-là.
02:01Mais en fait, on se stabilise sur du 80-90 dollars le baril.
02:05On était plutôt autour de 60 avant que Trump n'attaque l'Iran.
02:10Mais ce n'est pas une crise pétrolière dramatique.
02:13Sur les cours du pétrole, on est au même niveau qu'en 2019.
02:16Oui, c'est ça.
02:17Mais moi, ma théorie qui est plus fondamentale, c'est que le pétrole n'est plus une variable géopolitique aussi
02:25puissante qu'il l'était il y a 10 ans, il y a 20 ans, il y a 30 ans.
02:27Je vais juste vous donner un chiffre. Si vous regardez le PIB mondial depuis le début du siècle, il a
02:34progressé de mémoire de 50%.
02:36La consommation de pétrole a progressé de 10 à 20%.
02:39Donc, en fait, l'intensité en pétrole de la production a énormément baissé.
02:44Donc, une fois de plus, si vous mettez le pétrole à 100 ou à 200, évidemment, ça va faire mal.
02:49Mais l'économie mondiale est beaucoup moins sensible qu'elle ne l'a eu été au pétrole.
02:54Et donc, voilà, oui, il y a des négociations qui recommencent.
02:58Il y a très, très peu de tankers qui passent hors mousse.
03:03Seulement deux tankers ont franchi hors mousse hier.
03:05Deux.
03:05Et le vrai problème pour moi, ce n'est pas vraiment le pétrole, c'est le gaz.
03:09Les stocks de gaz sont au plus bas historique à ce moment de l'année.
03:13C'est le moment où on restocke normalement en Europe.
03:15Parce que, évidemment, on ne chauffe pas énormément.
03:18Donc, on ne consomme pas beaucoup de gaz.
03:20Donc, c'est le moment où on restocke.
03:22Si vous regardez les stocks, ils sont en train de progresser.
03:24Mais on est au plus bas depuis plus d'une décennie.
03:27Donc, ça veut dire qu'on va commencer l'hiver avec des stocks normalement bas.
03:32Si on a un hiver qui est un petit peu trop froid ou rude, là, on peut vraiment avoir un
03:37problème.
03:37Donc, pour moi, c'est plus le gaz qui me fait peur que le pétrole.
03:41Thibault, là-dessus, les cours du pétrole qui se détendent un peu.
03:44Alors, on peut s'en réjouir, mais en même temps, quand les cours du pétrole se détendent,
03:47les prix de l'essence, les prix du diesel, eux, ne se détendent pas.
03:49Parce qu'il y a des pressions sur le raffinage parallèlement qui font que,
03:53pour l'automobiliste, donc pour une partie de l'activité aussi,
03:55les baisses du pétrole n'ont aucun effet bénéfique.
03:58Comment vous regardez ça ?
03:58Parce qu'il y a un enjeu électoral aussi.
04:00Il y a des mid-termes qui approchent, des élections ici en France.
04:02Donc, voilà.
04:03L'économie est peut-être moins sensible, mais le consommateur reste un peu sensible, bien sûr.
04:07Oui, alors, bon, moi déjà, mon film préféré, c'est « Un jour sans fin » avec Bill Murray.
04:11Vous voyez ce film où Bill Murray revit tout le jour la même journée.
04:13C'est vrai que quand je vois les news, j'ai un peu l'impression de voir ça.
04:15C'est-à-dire que ça reprend les négois avec l'Iran, ça arrête, le pétrole remonte, le pétrole rebaisse.
04:19On a l'impression d'être dans une boucle spatio-temporelle.
04:21Et en fait, le seul sujet, c'est qu'il faut que ça s'arrête.
04:23C'est-à-dire qu'on comprend bien qu'aujourd'hui, la seule question qu'on a,
04:26c'est « Est-ce que le cours du pétrole à plus de 80 est un cours structurel ou conjoncturel
04:31? »
04:31Il était clair au début que c'était conjoncturel,
04:33donc ça justifiait des politiques monétaires qui n'en tenaient pas trop compte,
04:35et on l'appelait tous d'ailleurs de nos voeux.
04:37Et ça commence à ressembler à un truc un peu structurel,
04:40donc avec des salaires qui augmentent,
04:41donc une boucle qui peut s'enclencher, peut-être pas très fort, mais un petit peu.
04:44Et donc, en fait, notre sujet aujourd'hui, c'est « Est-ce qu'on arrête cette journée ? »
04:47Ou « Est-ce qu'on la refait encore tous les jours ? »
04:49Ça, c'est important.
04:50Pour le pari des mi-termes, je pense que c'est déjà cramé maintenant.
04:53Trump, en plus, maintenant, a un peu abandonné ses narratifs,
04:55donc ça devient un peu ridicule.
04:56Je vous rappelle qu'il a quand même expliqué
04:58qu'il taxait massivement la viande étrangère,
05:01que ça serait génial pour tout le secteur aux États-Unis,
05:04et que c'est les étrangers qui paieraient les droits de douane.
05:08Et là, ensuite, il vient de dire qu'il a enlevé les droits de douane sur la viande
05:10pour que ce soit moins cher.
05:11Donc il y a quand même un moment où, même quand Trump dit un truc à son contraire,
05:15et que tout le monde dit évidemment pour le coup que c'était inflationniste,
05:17ça commence à être difficile.
05:18On voit d'ailleurs qu'il est à nouveau favori pour perdre les deux chambres,
05:22si je peux me permettre.
05:23Donc la situation, à mon avis, elle est un peu cramée pour les mi-termes.
05:25Aujourd'hui, on le sait.
05:26Les gesticulations de Scott Bessent ou d'autres sont assez problématiques.
05:29Donc je pense que le sujet n'est plus là.
05:31Le sujet est maintenant.
05:32Est-ce que la crise d'Ormouse, qui est quand même maintenant bien larvée,
05:35dans des proportions assez fortes,
05:36parce que les distances pour un deal sont plus significatives que ce qu'on a connu,
05:40est-ce que c'est quelque chose qui va devenir structurel
05:42et devenir un vrai problème pour les banques centrales ?
05:44On a parlé sur les sujets de la dette française,
05:46du coût de rémunération des dépôts.
05:47Enfin, il y a plein d'éléments qui, avec ces taux monétaires,
05:50que tout le monde veut voir baisser,
05:51si cette crise ne se règle pas, ce n'est pas bon.
05:53Donc je pense que le sujet va rester là.
05:55Je crois que pour les mi-termes, ça commence vraiment à sentir le pâté.
05:57Bon, dans un mois, Xi Jinping sera en visite aux Etats-Unis, justement.
06:01Alors, il y a des sanctions, de nouvelles sanctions annoncées contre l'Iran et leurs partenaires,
06:04mais dans ces sanctions, jamais la Chine, hier soir, n'a été citée par Scott Bessent,
06:07parce qu'il faut garder quand même un minimum de bonnes relations.
06:10C'est dans un mois, le 24 septembre,
06:11que Xi Jinping rencontrera Donald Trump à Washington.
06:16Vous citiez les taux.
06:17C'est vrai que l'été a été marqué par une forte hausse,
06:20une forte pression, une forte tension obligataire.
06:22Le 10 ans américain, actuellement, est à 4,65.
06:24Le 30 ans, toujours sur des plus hauts de quasiment 20 ans.
06:27Scott Bessent, d'après pas mal de rumeurs qui circulent dans le marché,
06:30est en train de préparer ce qu'on appelle une opération twist.
06:33Bon, non, mais c'est de la vraie ingénierie financière.
06:36Ça peut marcher au moins à court terme, l'opération twist.
06:38Est-ce que ça peut être, on va dire, le bon outil au bon moment, d'après vous,
06:42pour calmer la flambée obligataire ?
06:44Alors, ça peut marcher.
06:46Opération twist, pour expliquer un petit peu,
06:48c'est pas si compliqué que ça, même si le nom est barbare.
06:51Il va racheter de la dette à long terme américaine.
06:55Donc, en rachetant la dette à long terme, il va faire baisser les taux longs.
06:58Alors, évidemment, comme il n'a pas l'argent puisqu'il y a un déficit,
07:01il faut qu'il emprunte sur le court terme.
07:03Donc, ça, c'est ce qu'on appelle opération twist.
07:05Du coup, vous aurez moins d'obligations à long terme.
07:08Du coup, les investisseurs vont se battre pour les avoir.
07:10Donc, les taux vont baisser.
07:12Et donc, vous faites baisser les taux longs,
07:14mais au détriment, en fait, d'une dette qui va être de plus en plus à court terme.
07:18Donc, il faut refinancer très vite.
07:19Donc, plus volatile.
07:20Donc, beaucoup plus volatile.
07:21Et puis, avec les taux, pour vous donner juste un ordre de grandeur,
07:24la dette française a une maturité moyenne de quasiment 9 ans.
07:28Donc, ça veut dire que quand les taux montent, évidemment, ça fait mal,
07:30mais très, très lentement parce qu'il faut plus de 9 ans
07:34pour avoir tout refait.
07:37Aux Etats-Unis, c'est moins de 5 ans maintenant.
07:39Donc, ça tourne très, très, très vite.
07:43Opération twist.
07:45Ça avait marché en 2011.
07:46C'est la Fed qui avait lancé l'opération twist.
07:47Oui, mais c'est la Fed.
07:48Ça avait calmé l'étau.
07:50Oui, sauf que la Fed, il y a un petit détail qui est important.
07:53C'est que le bilan de la Fed, il est infini.
07:55C'est-à-dire que vous pouvez faire autant que vous voulez.
07:57Puis elle crée de la monnaie, quoi.
07:59Oui, c'est pour ça.
08:00C'est pour ça.
08:00Comme elle crée de la monnaie, elle peut étendre le truc autant qu'elle veut.
08:04Donc, quand elle dit « j'arrive », vous savez qu'en face de vous,
08:07vous avez un joueur.
08:08C'est comme si vous jouiez au poker avec quelqu'un qui n'a pas de limite sur sa banque.
08:12Donc, vous ne pouvez pas aller en face.
08:15Quand Bessent annonce quelque chose...
08:17Le trésor.
08:17La Fed, le trésor.
08:18C'est le trésor.
08:19Du coup, le trésor, ce n'est pas lui qui imprime la monnaie.
08:22Donc, ce qu'il fait, c'est qu'il est en train de trouver une solution de liquidité.
08:27Alors que pour moi, le problème fondamental, c'est que la trajectoire de la dette
08:31et la trajectoire du déficit ne sont pas tenables.
08:33Donc, vous avez un problème de solvabilité, c'est-à-dire de crédibilité.
08:37Et on sait très bien, quand vous faites ça,
08:40on l'a vu avant l'euro avec la Banque de France.
08:43Alors, je vous parle d'un temps que les moines de 20 ans ne peuvent pas connaître.
08:46Mais la Banque de France disait « je vais défendre le franc contre le benchmark ».
08:49Première réaction du marché, c'est « ah oui, jusqu'où ? »
08:52Et vous testez.
08:53Et donc, vous attaquez.
08:54Et jusqu'au moment où il n'y a plus de « Dutchmark » dans les coffres de la Banque
09:00de France.
09:00Et on faisait d'évaluation sur d'évaluation.
09:02Et je pense que c'est la même chose qui va se passer avec cette opération Twist.
09:07C'est que les fonds du trésor ne sont pas infinis.
09:13Donc, ça peut calmer la hausse des taux
09:16parce qu'en fait, il y avait un élément auto-entretenu.
09:18Alors là, c'est un peu technique.
09:20Mais les banques qui ont vendu, qui ont prêté des mortgages,
09:25c'est-à-dire des emprunts obligataires pour l'immobilier,
09:30quand les taux montent, elles doivent vendre des taux.
09:34Ce qui fait encore plus monter les taux.
09:35Donc, ça peut faire effet boule de neige.
09:37On a cassé cet effet boule de neige de manière temporaire.
09:40C'est très bien.
09:41Ça stabilise le marché.
09:42Mais on va vite atteindre le bout.
09:43Pour moi, c'est une solution de court terme.
09:46Le fondamental est entre-temps.
09:47Et ensuite, on aura abîmé la crédibilité entre-temps.
09:51Et fragiliser encore plus le marché obligataire américain
09:53en raccourcissant la duration.
09:56Il a émis la pression au banquier central
09:57avec une dette de plus en plus courte
09:58qui, du coup, devient de plus en plus significativement
10:01indexée au taux de la Fed.
10:02Ce que j'évoquais avant dans ce bullshit-omètre,
10:06c'est de dire, on a aujourd'hui quand même
10:07une dette qui, plus elle est courte,
10:08plus elle dépend de la banque centrale.
10:10Donc, plus la pression mise pour baisser les taux
10:12devient maximale.
10:13Parce que quand vous avez une dette à 30 ans
10:14et mise à des taux à l'époque très bas,
10:16c'est du velours sur la durée.
10:18Et quand vous dites, on va les racheter,
10:19soi-disant, pour une opération,
10:20c'est vrai qu'effectivement, comme je le disais,
10:21vous effacez 100 dettes brutes pour 60
10:23parce que les taux ont beaucoup monté.
10:26Donc, les cours sont plus bas.
10:27Donc, en termes de dette brute,
10:28vous effacez de la dette brute.
10:29Mais c'est un artifice comptable
10:30qui a un coût qui est très élevé,
10:32qui n'est pas très utile.
10:33Et surtout, dans une ère où,
10:35dès qu'on parle de rachat de dette,
10:36tout le monde pense quantitative easing, bazooka,
10:39en fait, c'est du vent, quoi.
10:41Oui, et vous disiez,
10:42les taux américains sont de plus en plus sensibles
10:43à ceux de la Fed.
10:44Donc, peut-être de plus en plus
10:45de pression politique à venir
10:46sur la Fed également.
10:47Bien sûr, et c'est un sujet.
10:49Et surtout, le problème, c'est qu'en vrai,
10:51quand vous avez une inflation qui reste un peu,
10:54que vous aviez eu de la dette très long terme
10:55qui n'est pas chère,
10:56la racheter, c'est totalement lunaire.
10:58Jamais un chef d'entreprise ferait ça.
10:59Jamais un chef d'entreprise dirait
11:00j'ai une dette très longue,
11:01donc je vais la racheter pour emprunter à trois mois.
11:03Ça n'a aucun sens.
11:04Donc, c'est vraiment un truc d'affichage,
11:05de cosmétique pour dire on fait quelque chose.
11:07Et d'ailleurs, les taux qu'on baissait sur l'opération
11:09ont remonté le lendemain.
11:10Donc, je veux dire,
11:10personne n'est dupe avec ce genre d'artifice.
11:12Comme le disait très justement Stéphane.
11:14Si c'est la Fed qui avait lancé une opération twist,
11:16là, vous auriez dit pourquoi pas.
11:17Le problème, c'est que c'est le trésor.
11:18Mais attention, quand c'est la Fed,
11:20la Fed, quand elle achète de la dette,
11:22elle donne de l'argent à quelqu'un.
11:23Ce quelqu'un se retrouve avec des dépôts excédentaires.
11:26Ces dépôts excédentaires, c'est de la monnaie.
11:27Il peut être investi.
11:29Donc, ça crée quelque chose qui change la donne.
11:31Quand vous dites,
11:32j'emprunte à trois mois,
11:34j'achète à 30 ans,
11:34tout ce qui reste sur le marché
11:35est totalement inchangé.
11:36Donc, il n'y a rien dans l'économie
11:37qui est impacté.
11:38En bougeant avec la monnaie,
11:40une banque centrale modifie
11:41la structure de l'économie
11:42en faisant ce que le trésor fait,
11:43il modifie juste sa structure de dette.
11:45Ça aurait été quoi la bonne solution alors ?
11:46Parce qu'ils ont une trajectoire
11:47de dérive budgétaire,
11:48dérive des dettes
11:49qui est assez hallucinante.
11:50Les Américains,
11:51il n'y a pas d'autre solution.
11:53Il y a d'autres solutions.
11:54Il y a des outils.
11:54Réduire le déficit.
11:55Oui, mais possible.
11:57Voilà, on est d'accord.
11:58Et du coup,
11:59vous avez une solution
12:01de court terme,
12:02de liquidité.
12:03Alors que les Américains
12:03ont besoin de financer leur armée.
12:06Et alors, ce qui est intéressant...
12:07Attention, les Américains,
12:08je vous rappelle,
12:09ils ne prélèvent pas d'impôts.
12:10Donc, ils auraient aussi la possibilité
12:10de prélever des impôts,
12:12ce qui est souvent une solution
12:12que nous, on connaît bien,
12:13on pourrait leur expliquer,
12:14pour pouvoir baisser le déficit.
12:16On pourrait aller,
12:16comme on avait fait auprès des Grecs,
12:17leur expliquer comment
12:18assainir leurs finances,
12:19c'est ça ?
12:20On pourrait le faire
12:20auprès des Américains.
12:21Alors, le problème,
12:22c'est que les Grecs
12:22avaient beaucoup de dépenses.
12:23Si vous regardez les dépenses
12:25aux États-Unis,
12:26il y a une partie
12:27qui s'appelle non-discretionary,
12:29qui est en fait
12:29tout ce qui est fonds de pension,
12:32etc.,
12:33auxquels ils ne peuvent pas toucher.
12:34C'est à peu près
12:35la moitié du budget.
12:36L'autre moitié du budget,
12:37c'est en fait
12:38les budgets des ministères.
12:40La moitié de ce truc-là,
12:42c'est la défense,
12:43qu'ils veulent augmenter.
12:44Donc, en fait,
12:45vous avez la moitié
12:46de la moitié
12:46sur laquelle vous pouvez
12:48commencer à couper.
12:49Et en fait,
12:49ils sont déjà à l'os.
12:50Enfin, ils ont coupé
12:52tout ce qu'ils pouvaient.
12:55Couper les dépenses
12:55aux États-Unis,
12:56pour moi,
12:57c'est...
12:57Alors, il y a d'autres pays
12:58que je ne citerai pas
12:59où il y a peut-être du gras.
13:01Non, mais le vrai sujet,
13:02il faut dire simplement,
13:03c'est qu'aux États-Unis,
13:03c'est un sujet de recettes.
13:04C'est-à-dire que Trump
13:05a fait des cadeaux fiscaux
13:06tout le temps,
13:07sans aucune raison,
13:08qui n'apportent aucune valeur
13:09parce qu'à ce niveau
13:10d'hyper-bas,
13:12il n'y a aucun ruissellement.
13:13Donc, la réalité
13:14est qu'aujourd'hui,
13:14les États-Unis,
13:14juste, ont décidé
13:15de ne pas prélever d'argent,
13:16ce qui est quand même un sujet.
13:18Wall Street, en tout cas,
13:18aujourd'hui, est en hausse.
13:19Plus 0,15.
13:20Ça n'empêche pas les marchés
13:21d'être proches de leur record.
13:22Le S&P est à plus 0,15.
13:24Le Nasdaq à plus 0,4.
13:25Le CAC est stable aujourd'hui,
13:26quasiment à 8 500 points.
13:27Pourquoi on est encore
13:28aussi proche des records
13:28malgré ce marché obligataire ?
13:30Est-ce que ça peut durer
13:30malgré ce marché obligataire ?
13:33Parce que les bénéfices
13:34se sont très, très bien orientés.
13:35Si vous regardez
13:36les bénéfices du Nasdaq
13:37depuis le début de l'année,
13:38ils ont progressé
13:39beaucoup plus que le Nasdaq.
13:41Le Nasdaq est en retard, en fait.
13:43Paradoxalement,
13:45pour utiliser notre jargon,
13:46le Nasdaq a directé.
13:48C'est-à-dire que la valorisation
13:49a baissé.
13:50Il est moins cher.
13:50Il est moins cher
13:51qu'il était au 1er janvier.
13:53Et il est moins cher
13:54encore plus qu'au 1er janvier
13:55de l'année dernière.
13:56Il n'est pas cher ?
13:57Non, moi, je trouve
13:58qu'il n'est pas cher
14:00par rapport aux moyens historiques.
14:02Je n'ai pas d'accord.
14:05Pour une fois,
14:05on n'est pas d'accord.
14:07Développer Stéphane comme ça,
14:08Thibault pourra complètement
14:09vous dézinguer après.
14:10Bien sûr.
14:11Non, moi, je pense
14:12qu'il n'est pas cher
14:13parce qu'une fois de plus,
14:14il y a des perspectives
14:15de croissance
14:15qui sont assez élevées.
14:18Donc, je pense qu'une des erreurs,
14:21c'est qu'on compare les PE,
14:22puisque c'est la métrique
14:24qu'on utilise le plus souvent,
14:26au passé.
14:28Il y a deux choses qui changent.
14:30La première chose,
14:31c'est que les perspectives
14:31de croissance
14:32ont énormément progressé.
14:34Moi, je ne mets pas
14:35le même PE sur une entreprise
14:37qui a 10% de croissance
14:38et une qui a un ou deux.
14:40Ça, c'est le premier point.
14:41Et le deuxième point
14:42qu'on oublie souvent,
14:43c'est que les entreprises
14:46qui font des bénéfices
14:48le redistribuent
14:49beaucoup plus qu'avant.
14:51Si vous avez une entreprise
14:52qui fait un million,
14:54un milliard de bénéfices
14:55et qui dit
14:55j'en ai besoin,
14:56je vais les réinvestir
14:56dans mon business,
14:57ce n'est pas la même chose
14:58qu'une entreprise
14:59qui dit j'ai un million
15:00ou un milliard de bénéfices,
15:01je vous les rends
15:01parce que je ne sais pas
15:02quoi en faire.
15:03Et si vous avez ça...
15:04Vous dites qu'il y a des rentes,
15:05c'est les rachats d'actions
15:06qui atteignent des récords.
15:06C'est les rachats d'actions,
15:07c'est les dividendes,
15:08etc.
15:10Ce n'est pas du tout
15:10la même chose,
15:11ce n'est pas le même animal.
15:12Dans ce cas-là,
15:12moi, je suis prêt
15:13à mettre un PE plus élevé
15:15parce que ce ne sont pas
15:16des bénéfices
15:17qui vont être cramés
15:18sur de l'investissement,
15:19c'est des bénéfices
15:20qu'on me rend immédiatement.
15:21Donc, en tant qu'actionnaire,
15:23ce n'est pas du tout
15:24le même niveau
15:24de valorisation qu'avant.
15:32On a des marchés américains
15:33et européens d'autant plus.
15:34Qui ne sont pas chers.
15:34Qui sont chers,
15:38mais pas de manière...
15:40Non, parce que vous sentez
15:42la gifle et la riposte
15:43du tout.
15:44Du coup, vous modérez.
15:44Vous disiez que ce n'est pas cher.
15:45Non, vous disiez que ce n'est pas cher.
15:46Et puis, à l'instant,
15:47vous venez de dire
15:47que c'est cher,
15:48mais un peu moins que d'habitude.
15:49Oui, mais...
15:50Parce que vous savez que Thibaut
15:51va vous avoir un contrat.
15:52Non, ce que je veux dire,
15:52c'est qu'on n'est pas
15:54sur un niveau de valorisation.
15:56Il n'est pas stable
15:57sur ses appuis.
15:58On n'est pas sur un niveau
16:01sur des niveaux qui sont...
16:03On va appeler ça riches
16:05au-dessus de la moyenne.
16:06Mais on est sur la zone grise
16:08où pour moi,
16:08les valorisations
16:09sont à peu près
16:10là où elles doivent être.
16:11Grosso modo.
16:12Il n'y a pas d'aberration.
16:13Alors, vous allez toujours
16:14me trouver un palantir
16:15ou un truc comme ça
16:16avec des chiffres
16:17complètement idiots.
16:19Mais il y a toujours.
16:20Mais le marché
16:21dans son entièreté,
16:26pour moi,
16:26il n'est pas cher
16:27au sens où
16:28il n'y a pas
16:29des valorisations excessives.
16:31Et c'est là
16:32que Thibaut surgit,
16:33pas du tout d'accord ?
16:33Non, mais déjà,
16:34il n'y a rien d'idiot
16:35dans ce qui a été dit.
16:36Il y a débat et déo.
16:38Moi, ma logique,
16:38c'est de dire deux choses.
16:39C'est fan de déo.
16:40La première,
16:41c'est que j'ai un problème
16:42avec ce qu'on appelle
16:43les quality earnings,
16:44c'est-à-dire la qualité
16:44des résultats.
16:45Dire que les résultats
16:46augmentent beaucoup
16:46quand il y a une énorme partie
16:47qui est les revalorisations
16:49de valeurs dans SpaceX
16:50ou autres
16:50qui peuvent se péter la gueule,
16:52c'est un sujet.
16:53Ensuite, quand il y a
16:53une grande partie,
16:54en particulier des GAFAM
16:55qui prennent des positions
16:56dans des boîtes
16:56pour leur acheter
16:57des trucs d'IA
16:58avec lesquels les mecs
16:59prennent des positions
17:00dans les autres boîtes,
17:01il y a un côté très circulaire
17:02et d'une qualité plus faible
17:03que ce qu'on en avait avant.
17:04Et donc, quelque part,
17:05je trouve que la qualité
17:06de ces hauts spectaculaires
17:07de résultats
17:08ne sont pas saluées
17:09à juste titre par le marché
17:10parce qu'il y a quelque chose
17:11là-dedans
17:12qui n'est pas tout à fait
17:13la même chose.
17:14C'est-à-dire que du résultat,
17:14et là, je reviens
17:15à ce que disait Stéphane
17:16très justement
17:16qui est la génération de cash,
17:18ce n'est pas la même chose
17:19que du résultat fourni
17:20par quelqu'un
17:21qui vous achète
17:21des semi-conducteurs
17:22parce que vous avez participé
17:23à l'augmentation de capital
17:23pour qu'il puisse vous les acheter.
17:25Et, évidemment,
17:26par ces révalorisations
17:27de participation
17:28dans Anthropik,
17:29dans SpaceX, etc.
17:30Mon deuxième point,
17:31c'est que moi,
17:31je suis un peu surpris...
17:32Dans les cartes mémoires
17:33Sendisk,
17:33depuis le début de l'année,
17:34plus 500% à Wall Street,
17:35Dell, plus 244,
17:37Micron, plus 200.
17:38Mais tout ça, à la limite,
17:39quelque part,
17:39c'est un sujet
17:40par rapport d'emballement à l'IA
17:41qui est industriel,
17:42un peu excessif.
17:43Vous avez SKINX,
17:44Samsung,
17:45comme pareil.
17:45Mais, par exemple,
17:46quand vous parlez
17:47d'Anthropik,
17:48de chat de GPT,
17:49des participations des IA,
17:50là, il y a un truc
17:51très circulaire
17:52de Nvidia aussi
17:53qui est toujours
17:54un peu malsain en bourse.
17:55Mon deuxième point,
17:56c'est que je pense
17:57qu'on a changé
17:58de régime de liquidité.
17:59Et c'est là où
17:59je n'ai pas complètement d'accord
18:00avec ce que dit Stéphane,
18:01c'est qu'il y a quand même
18:02plein de boîtes américaines
18:03dans les GAFAM
18:03qui ont arrêté
18:04au dernier trimestre
18:05leur programme de rachat d'action,
18:07qui sont en train
18:07d'effondrer les dividendes,
18:08qui lèvent du capital
18:09par coût de 50,
18:1070,
18:1180 milliards,
18:12qui lèvent de la dette.
18:13Donc, le flux
18:13de retour à l'actionnaire
18:14qui était extrêmement positif
18:16est quand même
18:16en train de devenir négatif
18:18pour certains
18:19des très très gros poids
18:20du Nasdaq.
18:21Et donc, ça veut dire
18:22que le régime de liquidité
18:22qui était très excédentaire
18:24en renvoyant du cash
18:24devient à pleurs de capitaux.
18:26Et quand vous êtes
18:27dans ce cadre-là,
18:29sur le flux
18:29de rapport
18:30entre l'offre et la demande,
18:31quand vous avez tout le temps
18:32une offre
18:33qui fait face
18:35à une demande de capitaux
18:36des entreprises
18:36de plus en plus fortes
18:38en augmentation de capital,
18:39en levée de dette,
18:41en annulation
18:41de rachat d'actions.
18:42Et il y a aussi un sujet,
18:43c'est que ces boîtes
18:44de plus en plus
18:45payent énormément
18:46leur star de liens
18:47en actions gratuites,
18:48ce qui en fait
18:49fait que la levée d'actions
18:50qu'il y a eu parfois
18:50elle est utilisée
18:51pour payer des gars.
18:51Donc en fait,
18:52ce n'est pas du tout
18:52un retour à l'actionnaire
18:53parce qu'elle est immédiatement
18:54redonnée en dilution.
18:55Je trouve que c'est des éléments
18:56qui ont changé le régime
18:58et qui justifient
18:59des PEP plus bas
18:59parce que quand la liquidité
19:00est moins bonne
19:00et que le marché passe
19:02provisoirement,
19:02on parle peut-être
19:02de 18 mois vendeurs
19:04plutôt qu'acheteurs
19:05de capitaux,
19:06eh bien ça peut justifier
19:07des valeurs plus basses.
19:07Donc moi j'avoue
19:08que je ne suis pas surpris
19:09de voir un ASDAQ
19:10qui a un peu plus de mal
19:11parce que je pense
19:11qu'on a un sujet
19:12de qualité et de liquidité
19:13qui ne change rien
19:14à l'immense qualité
19:15de ces boîtes
19:15mais qui me laissent
19:16plus circonspect
19:17sur la possibilité
19:18d'un rebond plus élevé.
19:20J'étais gentil quand même.
19:21Oui, ça va,
19:21l'enseignement c'est.
19:23Je peux essayer
19:23de trouver une synthèse ?
19:26Si je vous dis non
19:27en deux secondes.
19:28Le gagnant-gagnant quoi.
19:30Il y a une espèce
19:32de truc circulaire
19:33effectivement
19:34où les GAFAM
19:36investissent
19:39dans des puces,
19:41ça revient,
19:41donc c'est extrêmement
19:43circulaire, etc.
19:44Sauf que
19:45dans cette espèce
19:46de machine à laver,
19:47il y a une déperdition
19:49qui se fait essentiellement
19:50sur les mémoires.
19:51C'est les SKINX,
19:52c'est les TSMC, etc.
19:54Qui eux par contre,
19:56c'est de l'argent
19:56qui sort de cette boucle,
19:58eux ont des marges
19:59qui sont indécentes,
20:00ont des free cash flow
20:01qui sont monstrueux,
20:03etc.
20:04Donc une fois de plus,
20:06il y a toujours,
20:08quelle que soit la théorie,
20:09il y a des contre-exemples.
20:10Et effectivement,
20:10Dans la tech,
20:11il y a une rotation.
20:11Vous parliez de machine à laver,
20:12il y a une rotation dans la tech.
20:13Oui, oui.
20:14En défaveur des 7 magnifiques
20:15et en défaveur des autres.
20:16Du coup,
20:16les GAFAM ont baissé
20:17et effectivement,
20:19si vous regardez
20:19la valorisation
20:20la plus pertinente
20:22pour la tech,
20:23c'est les flux de trésorerie.
20:25C'est est-ce qu'à la fin
20:26de la journée,
20:26je suis capable de rendre
20:27de l'argent à l'actionnaire ?
20:28Ça, pour les GAFAM,
20:29ça s'est effondré.
20:30Du coup,
20:30les PE ont plutôt eu tendance
20:33à baisser.
20:34Ça, c'est une histoire.
20:35Mais ça ne veut pas dire
20:35que tout le marché est comme ça.
20:37Vous avez de l'autre côté.
20:37Non, mais c'est vrai
20:38que les GAFAM,
20:38c'est un petit poids.
20:39Non, mais attends,
20:40le S&P Écoui Pondéré
20:41fait mieux que le S&P
20:42depuis cet été.
20:44Donc on a un élargissement
20:45des perfs quand même
20:45et des publications d'entreprises
20:47au-delà de la tech
20:47qui sont quand même
20:48assez rayonnantes.
20:49Ici aussi en Europe,
20:50on va en parler dans un instant
20:51parce qu'ici en Europe
20:51justement dans 12 minutes,
20:53ce sera la clôture.
20:54On entre dans la dernière
20:55ligne droite de cette séance.
20:56Figurez-vous.
20:57Et le CAC 40 à 12 minutes
20:58de la clôture
20:59est toujours stable.
21:00Vraiment une séance
21:00très indécise.
21:01Renault, lanterne rouge,
21:02perd un peu plus de 3%.
21:03Kering, Pernod Ricard
21:04aussi reculent.
21:05Et puis à la hausse,
21:06Legrand.
21:06On en parlait dans
21:07Valeurs Ajoutées,
21:07nos experts du jour
21:08chez Moneta AM
21:09sont très très positifs
21:10sur le potentiel de Legrand.
21:11Vous trouverez
21:12leur argumentaire en replay
21:13sur l'application
21:14BFBusiness.
21:15Cette séquence précise
21:16s'appelle Valeurs Ajoutées.
21:17Legrand,
21:17ça tombe bien,
21:18est en tête du CAC
21:19aujourd'hui,
21:19gagne 2,5%.
21:20Puis il y a Exocence aussi
21:21qui confirme un contrat
21:23à 20 millions d'euros
21:24avec l'armée américaine.
21:25Figurez-vous,
21:25un groupe français
21:26choisi dans la défense
21:27par l'armée américaine.
21:28Eh bien Exocence gagne 2%
21:29ce moment-là.
21:30Paris à 61,20€.
21:31Il faut continuer
21:31dans la défense, Stéphane,
21:32pour la suite de l'année
21:33et nos défenses françaises
21:35ou on est plutôt
21:36sur le haut de la vague ?
21:37Moi, je pense qu'on est
21:38plutôt sur le haut de la vague
21:39pour deux raisons.
21:40La première raison,
21:41c'est qu'il y a de plus en plus
21:43des questions sur les budgets,
21:45en particulier en Allemagne.
21:47Donc en fait,
21:47on s'attendait
21:48à ce qu'on ait
21:48une visibilité absolument extraordinaire
21:50sur les revenus
21:51de ces boîtes-là.
21:52C'est un petit peu plus compliqué.
21:53Et ensuite,
21:54il y a une vraie question
21:54de technologie.
21:56C'est le cas en particulier
21:56en Allemagne.
21:57Vous savez,
21:57la star absolue,
21:58c'était Rheinmetall
21:59qui fait des tanks.
22:01Petit à petit,
22:01on se dit que peut-être
22:02les tanks,
22:03ce n'est pas le truc
22:03le plus utile
22:04dans les guerres futures.
22:06Et donc,
22:07il y a une vraie question
22:08de technologie
22:08et sur quoi on investit.
22:11Après,
22:11Exocyn,
22:11c'est une très très belle entreprise.
22:13Nous,
22:13on en a eu,
22:14à un moment donné,
22:14on n'en a plus.
22:16Dommage pour aujourd'hui.
22:18Il y a certaines technologies
22:19qui vont être absolument centrales.
22:23Et donc,
22:24il faut faire très attention.
22:26C'est du stock spécifique.
22:28SpaceX,
22:28vous gardez en portefeuille ou pas ?
22:29Vous l'aimez bien ?
22:30On en a plus.
22:30Ah, vous l'avez plus ?
22:31C'est vous alors,
22:32la vente de SpaceX ?
22:33Oui,
22:33c'est moi qui ai tout fait baisser.
22:35Non,
22:36on l'a acheté.
22:36C'est dommage
22:36parce qu'il annonce un calendrier
22:38quand même
22:38pour développer l'IA.
22:39Elon Musk affirme
22:40que les premiers satellites
22:41d'IA de SpaceX
22:42équipés de plus NVIDIA
22:43exactement seront pour l'année prochaine.
22:45Oui,
22:45l'année prochaine.
22:46Non,
22:46la façon dont je vois NVIDIA,
22:47c'est qu'il fallait aller
22:48à l'offre initiale
22:50parce qu'il n'y en avait pas assez.
22:52Du coup,
22:52ça allait monter.
22:53Par contre,
22:54derrière,
22:54vous avez tous les employés
22:55de SpaceX
22:56qui,
22:56alors je ne me souviens plus
22:57quelle était la date exacte,
22:58pouvaient vendre.
22:59Et donc,
23:00au contraire,
23:01vous passez d'une pénurie de papier
23:02à une surabondance de papier.
23:04On est en plein dedans
23:05pour l'instant.
23:06Après,
23:06il y a un pari à faire
23:07à moyen terme.
23:08Moi,
23:08je suis plutôt optimiste.
23:09Non,
23:10je vois Thibaut qui grimace
23:11toujours pas de pari.
23:12Non,
23:13moi,
23:13je suis d'accord
23:13avec tout ce qu'a dit Stéphane
23:14jusque-là.
23:15Donc,
23:15on était bon,
23:15mais moi,
23:16j'ai un problème,
23:16si vous voulez,
23:17c'est que quand on est analyste,
23:18il y a une réalité,
23:19c'est qu'il ne faut pas l'oublier,
23:20il y a des sociétés
23:21qui peuvent faire
23:21des énormes croissances
23:22de chiffre d'affaires
23:23avec très peu de consommation de cash,
23:25en particulier dans les services.
23:27Une boîte comme Netflix,
23:27par exemple,
23:28s'il y a un nombre d'abonnés
23:29qui double d'un coup,
23:30ils n'ont pas besoin
23:31de recruter deux fois plus,
23:32etc.
23:33Une société industrielle lourde,
23:35ce qui est le cas de SpaceX,
23:36quand on veut construire
23:39des navettes,
23:40etc.,
23:41ça coûte énormément d'argent.
23:42Et donc,
23:42les besoins de capitaux propres
23:44pour être capables
23:45de générer la croissance
23:47qui est attendue,
23:47qui est totalement délirante,
23:49c'est des montants à lever
23:50absolument colossaux.
23:51Et donc,
23:51je pense qu'il y a,
23:52dans les objectifs de performance,
23:54un oubli de la dilution
23:56qui est nécessaire
23:56et qui va être monstrueuse,
23:57surtout vu le cash burn
23:59de la partie d'IA,
24:00si on veut pouvoir financer ça.
24:01C'est-à-dire que j'ai un gros doute
24:02sur cette boîte
24:02parce que je pense
24:03que le marché
24:04ne se rend pas compte,
24:05à force de parler que de tech
24:06tout le temps,
24:07de besoins en capital
24:09de sociétés purement industrielles.
24:10Et on oublie parfois
24:11que Meuse,
24:12c'est quand même spécialisé
24:13dans des sociétés industrielles,
24:14que Tesla a eu besoin
24:15de beaucoup de capital
24:15et que quelque part,
24:17ce n'est pas du tout
24:17la même structure
24:18de bilan,
24:19de besoins
24:20que le reste des GAFAM.
24:22Et donc,
24:23je trouve que,
24:23évidemment,
24:24le gars est un génie
24:24qui fait des trucs incroyables,
24:25mais je pense que le marché
24:27espère des croissances
24:28qui ne sont pas du tout faisables
24:29sans apport de capitaux
24:30monstrueux.
24:31Pour la suite,
24:31Thibault,
24:32plutôt l'Europe
24:33ou les États-Unis ?
24:33Il se trouve qu'en Europe,
24:34on a donc des signaux
24:35plus favorables en Allemagne.
24:36La croissance du deuxième trimestre
24:37a été légèrement révisée
24:38à la hausse.
24:39L'Allemagne exporte davantage
24:41vers l'Europe,
24:41notamment.
24:41Et puis,
24:42l'indice IFO
24:42qui mesure le moral des patrons
24:43est un plus haut
24:44depuis le début de la guerre
24:45en Iran,
24:45là-bas en Allemagne.
24:47Plutôt l'Europe
24:48ou le Wall Street ?
24:49Moi,
24:50je suis impressionné
24:50par le parcours des bourses
24:51sur ce début d'année
24:52avec des nouvelles
24:52que je trouve compliquées
24:53et un grand versement
24:54de l'offre de capitaux
24:54où tout le monde veut lever.
24:56Et donc,
24:57à ces niveaux de valo,
24:58je suis plutôt prudent
24:59globalement sur tout.
25:00D'accord.
25:01Même sur l'Europe.
25:02D'accord.
25:02Et qui surprend positivement
25:04aussi sur les publications
25:04des entreprises.
25:05Alors,
25:05c'est vrai qu'il y a la BCE...
25:06Beaucoup d'effets énergie aussi.
25:07Comment ?
25:07Beaucoup d'effets énergie aussi,
25:08quand même.
25:09Oui,
25:10mais d'accord.
25:11Mais on pourrait se dire
25:12avec la hausse des prix de l'énergie,
25:13la fermeture des Trois-Dormouz,
25:14etc.,
25:14l'Allemagne va souffrir.
25:15Non !
25:16On a une croissance allemande
25:17qui repart un petit peu.
25:18Il y faut au plus haut
25:19depuis le début de la guerre,
25:20Stéphane.
25:21C'est un bon signal.
25:21Mais c'est ce qu'on disait au début.
25:22Je pense que le choc pétrolier
25:24est beaucoup,
25:24beaucoup moins négatif
25:26qu'il aurait eu été
25:27il y a 10 ans,
25:28il y a 20 ans,
25:28il y a 30 ans.
25:29Et puis,
25:30je pense qu'il y a un autre effet.
25:31Vous savez,
25:31il y a la relance budgétaire allemande.
25:33Tout le monde disait
25:33que ça va être fantastique
25:34en 2026,
25:35vous allez voir.
25:36Comme d'habitude,
25:37il y a du retard à l'allumage.
25:38C'est exactement ce qu'on a vu
25:40pendant le Covid
25:40avec GenEU,
25:42tous les fonds européens
25:43qui ont été débloqués.
25:45Le temps que ça passe
25:47dans les tuyaux,
25:47que ça arrive dans l'économie réelle,
25:49il faut 6 mois,
25:50un an au moins.
25:52Donc, en fait,
25:53quand vous regardez
25:54un petit peu dans le détail,
25:55il y a beaucoup de fonds
25:56qui ont été débloqués
25:57déjà du budget allemand,
25:59mais sur des choses
25:59qui n'impactent pas vraiment
26:01l'économie
26:01ou qui sont périphériques.
26:04Sur l'activité,
26:05c'est plutôt
26:06sur la deuxième moitié
26:07de cette année
26:07et début d'année prochaine
26:08où là,
26:09on va avoir le gros de la vague.
26:11Donc, moi,
26:11j'ai un peu l'impression
26:12que tout le monde
26:12s'est excité
26:13sur le budget allemand.
26:14On se dit
26:14c'est génial.
26:15On n'a pas vu
26:17l'impact arriver,
26:19donc tout le monde
26:19a oublié ça.
26:20En fait,
26:21il n'y aura pas d'impact.
26:22C'est juste que
26:23l'échéancier était différent.
26:25Donc,
26:26je ne suis pas complètement étonné
26:27par l'IFO.
26:29Et le meilleur est à venir,
26:30donc a priori.
26:30Moi,
26:31j'ai plutôt tendance
26:32à être optimiste
26:33sur l'accélération
26:35à court terme.
26:36Oui,
26:37si la BCE relève ses taux,
26:38vraiment 10 secondes
26:38sur la BCE
26:39parce qu'on a déjà
26:39beaucoup parlé des taux,
26:40si elle les relève
26:41en septembre,
26:41ce qui est l'anticipation,
26:42ce sera grave
26:42ou finalement
26:43pas si grave que ça ?
26:4425 BP,
26:45vous mettez ça
26:45dans un modèle économique
26:47canonique,
26:48ça vous enlève 0,1%
26:49de croissance
26:49trois trimestres plus.
26:51Ce qui est la croissance
26:52de l'Allemagne
26:53récemment,
26:55paraît beaucoup,
26:55mais ce qui devrait
26:55se donnerait que dalle.
26:57C'est la marge d'erreur.
26:59Si c'est 25 BP,
27:01même pas mal.
27:02Et ici en France,
27:02pendant ce temps,
27:03la présidentielle qui approche,
27:04on sent que la campagne
27:05est en train de véritablement
27:06démarrer,
27:06le 10 ans français ce soir
27:07se détend un peu
27:07à 4,06.
27:08Tiens,
27:08il y a une proposition
27:09de Bruno Le Maire,
27:10ça faisait longtemps
27:10Bruno Le Maire,
27:11il est en train de vouloir
27:12participer à tous ces débats
27:13et il propose pour aider
27:16l'Europe à accélérer
27:17son intégration,
27:18la mise en oeuvre
27:19du rapport Draghi,
27:19il propose une Europe
27:21à six.
27:23Non,
27:23mais l'idée est intéressante.
27:24France,
27:25Allemagne,
27:26Espagne,
27:27Italie,
27:27Pays-Bas
27:28et j'imagine
27:28Belgique ou Portugal,
27:30je ne sais pas.
27:31Une Europe à six,
27:33à deux vitesses
27:33pour essayer au moins
27:34d'accélérer l'intégration.
27:35C'est vrai qu'à 27,
27:36c'est plus difficile.
27:37L'idée n'est pas inintéressante,
27:38Thibaut ?
27:39Oui,
27:39après,
27:40c'est toujours un problème
27:40de la pression aussi
27:41que c'est aussi une solution
27:42pour ne pas avancer sur le reste,
27:43de rechanger à chaque fois
27:44le scope quand on n'y arrive pas.
27:45C'est assez compliqué
27:47d'envisager ça.
27:48Il y a déjà assez de réunions.
27:49Je comprends l'idée,
27:50mais je pense qu'il y a des urgences
27:51que soit traité le sujet
27:53de l'Irlande,
27:53le sujet de plein d'éléments
27:55de la zone
27:56qui sont problématiques.
27:58Je ne sais pas.
27:59Je me demande
27:59dans quelle mesure
27:59une intégration parcellaire
28:00n'est pas aussi
28:01d'accepter l'idée
28:02de moins avancer
28:03sur l'intégration globale.
28:04Je suis partagé.
28:06Stéphane ?
28:06Il y a une disposition
28:07dans le traité européen
28:08qui permet de faire ça
28:10explicitement.
28:12C'est un vieux serpent de mer.
28:13Si vous vous souvenez,
28:14pendant la crise grecque,
28:15il y avait une question
28:16d'émettre des obligations européennes
28:18et puis évidemment,
28:19c'est tombé à l'eau.
28:20Et puis,
28:21il y avait un projet
28:21entre quelques États
28:23et puis,
28:25moi,
28:25je suis assez dubitatif
28:26parce que ça ne marche jamais,
28:27parce que vous vous retrouvez
28:28dans un petit club.
28:29Ceux qui sont exclus du club,
28:31évidemment,
28:32vous tirent dans les pattes
28:33parce qu'ils ne sont pas
28:33dans le club.
28:34Le sixième état,
28:34ce serait la Pologne.
28:35C'était la Pologne,
28:36ou pas la Belgique,
28:37pas la Pologne.
28:38Là, on se voit
28:39la géopolitique.
28:40Si vous voulez,
28:41la théorie de ce genre de choses,
28:42c'est qu'on se met
28:42à cinq ou six.
28:43On fait quelque chose,
28:44ça marche et du coup,
28:45tout le monde va avoir
28:46tendance à se réagréger
28:48et donc,
28:48on va retrouver tout le monde
28:49parce que ça marche.
28:50Oui, surtout que ça tient
28:52particulièrement
28:52de mauvaise volonté.
28:54Historiquement,
28:55ça n'a jamais marché.
28:56Là où c'est intéressant,
28:57c'est que son idée
28:58d'Europe à six,
28:59l'Europe plus intégrée
29:00à six,
29:01inclurait donc l'Allemagne,
29:02bien sûr, l'Italie,
29:03l'Espagne,
29:05la Pologne.
29:06Alors ça,
29:07il y a quelques années,
29:08la Pologne,
29:08on aurait rigolé.
29:09Non, non, aujourd'hui,
29:09le PIB par habitant de la Pologne
29:10est sur le point de dépasser
29:11celui de la France.
29:12Géopolitiquement,
29:13on sait le poids de la Pologne
29:14et c'est peut-être
29:14une des meilleures armées d'Europe.
29:16Le poids de l'Europe de l'Est
29:17et de la Pologne,
29:17la question de croître.
29:19Tout ça se reflète aussi.
29:20On aura l'occasion d'y revenir.
29:22Dernière question
29:22avant d'entrer dans un instant
29:23dans la Data Room.
29:24C'est une question
29:25que nous a posée
29:25il y a quelques jours
29:26un auditeur
29:27mais qui rebondit aussi
29:28sur un article de Bloomberg
29:29aujourd'hui
29:30sur l'impact des canicules
29:31en Europe sur la bourse.
29:33Si on va vers des étés
29:34de plus en plus torrides
29:35à l'image de celui
29:36qu'on vient de vivre
29:36qui, c'est vrai,
29:37était vraiment particulier
29:38et chacun l'a vécu
29:38cette fois-ci dans sa chair
29:39jusqu'aux entreprises.
29:41Les publications
29:41des entreprises
29:42de deuxième trimestre
29:43ont montré une occurrence
29:45des thèmes liés
29:46à la hausse des températures
29:46jamais vues en plus de 10 ans.
29:48C'est-à-dire que les entreprises
29:48ont communiqué
29:49sur les hausses de température
29:50les pénuries d'eau
29:50comme jamais elles ne l'avaient fait
29:51en au moins 10 ans
29:52ici en Europe.
29:53C'est peut-être le début
29:54d'un vrai sujet boursier.
29:55Est-ce que vous vous dites
29:56que c'est le début aussi
29:57d'un game changer
29:57dans les allocations
29:58à ce qui vient de se passer cet été
30:00dans les choix d'investissement
30:01des Européens ?
30:03Un choix d'allocation
30:04peut-être pas
30:05mais c'est vrai
30:05qu'il y a des implications
30:06importantes.
30:07C'est De Castry
30:07qui avait dit
30:08qu'un monde
30:09à 2,5 degrés
30:10n'est pas assurable.
30:12Donc vous allez avoir
30:13effectivement des problèmes
30:14pour les assurances.
30:16Pour l'instant
30:16on est à 1,5 je crois à peine.
30:17Oui, 1,5
30:18d'après les derniers chiffres.
30:20Donc oui, oui
30:21c'est très clairement
30:23un problème
30:24et ce n'est pas uniquement
30:25la canicule
30:25c'est ce que vous avez dit
30:26c'est des pénuries d'eau
30:27c'est le Rhin au plus bas
30:28il y a ça
30:29donc c'est les transports
30:31c'est l'agriculture
30:32on parlait du prix du pétrole
30:34d'augmentation des prix
30:35vous risquez d'avoir
30:36une deuxième vague
30:37avec les prix alimentaires
30:38qui vont progresser
30:40donc on commence
30:41enfin là on est sur des niveaux
30:43où on commence à avoir
30:43l'impact économique
30:44de manière non négligeable.
30:47Bloomberg cite
30:48certains secteurs
30:49qui pourraient
30:49alors pour le coup
30:50entre guillemets
30:51profiter de ces nouveaux besoins
30:52liés aux canicules
30:53par exemple refroidir
30:54les systèmes électriques
30:55il y a des air électriques
30:56encore une fois
30:56pourquoi pas dans l'agriculture
30:58pour mieux résister
30:59aider les plantes
30:59à mieux résister
31:00aux variations extrêmes
31:00les OGM davantage
31:02les BASF et compagnie
31:03qui sont cotés en bourse
31:04c'est controversé
31:05mais c'est peut-être
31:06une idée
31:06Moi je trouve ça
31:06et pardonnez-moi
31:07obscenes
31:08c'est-à-dire qu'on est en train
31:09de crever
31:09il faut appeler un chat un chat
31:10on va se retrouver
31:11avec une agriculture
31:12qui peut mourir
31:13avec des agriculteurs
31:14qui n'ont déjà
31:14même pas parfois
31:15un revenu vital
31:16qui vont se retrouver
31:17face à des pertes énormes
31:18on a des zones
31:19où la vie peut devenir
31:20à certains moments
31:21difficile voire dangereuse
31:23et donc j'avoue que le sujet
31:24doit pas être un sujet
31:26boursier
31:26comment on gagne du fric
31:27comment on en perd moins
31:28on s'en fout
31:28le sujet est régalien
31:29c'est-à-dire comment l'état
31:31se démerde
31:32pour gérer les urgences
31:33dans le bon ordre
31:33et trouver des solutions
31:35qui peuvent être diplomatiques
31:37sur la Chine
31:37ou les Etats-Unis
31:38qui sont en réalité
31:38aujourd'hui
31:39ceux qui émettent le plus
31:39parce que ça se joue pas
31:40sur ce qu'on fait chez nous
31:42malheureusement
31:42en revanche
31:43comme on est des consommateurs
31:44de ces pays
31:45on est en mesure aussi
31:46d'impacter
31:47voilà
31:47mais je pense que
31:48sur des catastrophes
31:50le gain potentiel boursier
31:51au-delà de l'aspect éthique
31:53est tellement faible
31:53par rapport aux pertes potentielles
31:54parce qu'on voit jamais venir
31:55ce qui peut se passer
31:56qu'il vaut mieux
31:57traiter ça d'une logique
31:59étatique
32:00diplomatique
32:00ou autre
32:01et par l'innovation aussi
32:02quand même
32:02on va pas tous se mettre
32:03la tête dans le sable
32:04en disant
32:04c'est affreux
32:04il va falloir innover aussi
32:06et investir
32:07Thibaut
32:07ça passera par
32:08c'est un sujet qui peut
32:09prendre des heures et des heures
32:10investir je sais pas
32:11c'est-à-dire qu'aujourd'hui
32:12quand on investit dans l'IA
32:15objectivement à l'instant T
32:15jusqu'à ce qu'on ait
32:16des solutions majeures
32:17on fait plus de mal à la planète
32:18qu'on ne fait de bien
32:19donc le problème de l'innovation
32:20c'est toujours pareil
32:21moi j'aime bien
32:21quand on parle de progrès
32:22quand on parle d'innovation
32:23on sait toujours pas
32:24si ça va être bien ou pas
32:24la réalité c'est qu'aujourd'hui
32:26la crypto ça a été
32:27beaucoup de contributions
32:28au réchauffement climatique
32:29pour aucune utilité
32:30pour lutter contre
32:31donc moi je suis pas contre
32:32dire que l'innovation
32:33a de l'intérêt
32:34et qu'il y a des solutions techniques
32:35on pense à la capture de carbone
32:36qu'on espère etc
32:37et qu'à ce stade
32:38il faut quand même faire un peu gaffe
32:39parce que
32:39beaucoup de choses
32:40qu'on met là derrière
32:41sont plutôt négatives
32:42pour le climat
Commentaires