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  • il y a 2 jours
(Republication d'une vidéo publiée le 7 janvier 2020)

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Transcription
00:00Et avec nous sur ce plateau, Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat de policiers Vigy. Bonjour.
00:05Bonjour.
00:05Merci d'avoir accepté notre invitation. Alors, malheureusement, les suicides dans les rangs de la police, ce n'est pas
00:09un phénomène nouveau.
00:11Entre 1996 et 2018, 1054 membres de la police nationale se sont donnés la mort et le taux n'a
00:18pas baissé en 2019.
00:20Les situations sont variées, les difficultés rencontrées sont multiples.
00:23Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi une explication qui tient à l'évolution de l'univers
00:28professionnel des policiers ?
00:30Il y a quelque chose de constant, c'est le management dans la police nationale, qui est une catastrophe depuis
00:34des années, malheureusement.
00:35On le dénonce depuis des années également.
00:38Nous avons un ministre qui a enfin reconnu au mois d'avril dernier que ce n'était pas que des
00:43problèmes personnels qui faisaient que nos collègues se suicidaient.
00:46Nous avons un directeur général de la police nationale qui a reconnu également sur un plateau de télé que ce
00:51n'était pas des conjoncturels, mais bien structurels, pour qu'on avait que se donnaient la mort.
00:57Malheureusement, malgré 70 suicides depuis que M. Castaner est ministre de l'Intérieur, malgré plus de 110 suicides depuis que
01:04nos directeurs généraux et directeurs de la police nationale,
01:08les seules mesures qui ont été prises, ça a été des barbecues conviviaux, organisés par note de service, sur son
01:15temps personnel, ce qui veut dire que les policiers ont besoin de temps pour se reposer en famille.
01:18On leur dit « on va encore vous priver du temps familial pour des barbecues conviviaux », avec le résultat
01:22qu'on connaît aujourd'hui malheureusement néant.
01:24La ligne anti-suicide de M. Castaner, 24h sur 24, il faut savoir qu'il n'y avait tellement pas
01:29d'argent et qu'il n'y avait aucune volonté de lutter contre le suicide,
01:32c'est que le premier appel d'offres, qui s'était terminé en juillet, n'avait pas trouvé preneur, tellement
01:36il n'y avait pas d'argent pour mettre en place cette ligne de téléphone 24h sur 24.
01:40Elle a enfin été mise en place, bon après c'est des problèmes à la marge, parce que ça ne
01:44va régler aucun problème en fait, tant qu'on n'aura pas réglé le problème structurel,
01:47le management qui pousse nos collègues à ce drame. Parce qu'il y a quelque chose qu'il faut savoir,
01:52c'est que les policiers ont un taux de suicide plus important que la population française,
01:55mais surtout c'est la tranche de population qui se suicide. En général, la population française, c'est des jeunes,
02:00ont moins de 25 ans,
02:01ou des personnes âgées plus de 60 ans. Dans la police, c'est des gens autour de 40 ans, en
02:05plein d'efforts professionnels, en plein de possessions de leurs moyens,
02:08qui n'ont normalement aucune raison de se suicider. Et c'est vraiment une anecdote particulière pour la police nationale.
02:12Alors on a bien compris votre ironie quant à la réponse du gouvernement qui n'est pas optimale, mais comment
02:20est-ce que vous expliquez, vous, cette hausse du nombre de suicides,
02:2459 agents qui ont mis fin à leur jour en 2019, contre 35 en 2018. C'est lié aussi à
02:31ce contexte de conflit social qui dure depuis maintenant plus d'un mois.
02:36On est aussi dans un contexte post-attentat. Tout ça fait aujourd'hui que les policiers sont épuisés ?
02:41Les policiers sont épuisés déjà depuis des années parce que nos effectifs n'augmentent pas réellement. Par contre, nos missions
02:46et notre surcharge de travail augmentent régulièrement.
02:49Nous avions déjà l'antiterrorisme qui était à gérer depuis les attentats de Charlie Hebdo. Et là, nous avons une
02:52contestation sociale à gérer sur le maintien de l'ordre
02:55pour assurer la sécurité de tous. Ce qui n'est en plus pas fait de façon très professionnelle au niveau
02:59de notre direction parce que ça nous épuise régulièrement.
03:03On nous dépouille dans tous les sens avec les résultats qu'on connaît sur le terrain malheureux aussi bien pour
03:07mes collègues que pour les manifestants.
03:09Donc effectivement, la gestion, la mauvaise gestion des effectifs de police à cause du contexte général en France a fait
03:15qu'amplifier ce qui était déjà existant dans la police.
03:18Donc en fait, on aurait pu avoir une direction à la hauteur qui mette des choses en place en disant
03:22« il y a un contexte particulier, on va accompagner les personnels ».
03:25Ça a été, au contraire, on va faire exploser les heures supplémentaires. En plus, avec quelque chose de cynique de
03:30la part de notre ministre
03:31qui a payé les heures supplémentaires, une partie des heures supplémentaires en fin d'année, mais moins cher que l
03:35'heure travaillée normalement.
03:36Ce qui veut dire que l'année prochaine, cette année, 2020, la loi de finances a prévu moins de 2400
03:40effectifs pour la police nationale et on les comprend.
03:42D'un point de vue financier, il faut mieux nous exploiter jusqu'au bout et nous épuiser, quitte à nous
03:46faire faire commettre des fautes professionnelles.
03:48Voilà. Et la dernière chose, du coup, comme il n'y a aucune réaction de notre ministre, nous nous avons
03:52déposé plainte à l'image de France Télécom au mois de septembre dernier.
03:55Alors, un mot à présent, si vous le voulez bien, de la réforme des retraites. Une réunion entre les syndicats
04:00de police et le gouvernement est prévue dans la journée.
04:04Le 31 décembre, cette intersyndicale a adressé un courrier à Emmanuel Macron au sujet de la clause d'antériorité. Qu
04:10'est-ce qui suscite votre mécontentement ?
04:13Déjà, on n'est pas associé avec les gens qui vont aller négocier pour nous. Je rappelle que M. Yves
04:17Lefebvre, que vous avez cité tout à l'heure, M. Castaner s'était vanté de pouvoir rester en place et
04:21ne démissionnerait pas grâce au soutien de ce syndicat.
04:23Donc, en fait, on est dans un jeu de théâtre où ils vont aller faire des mimiques. Non, nous, ce
04:28qu'on voudrait, c'est un régime des retraites revu pour tout le monde et on y gagne tous.
04:31Parce que si jamais, c'est ce qui se passe à chaque fois, il y a une réforme, on gagne
04:33quelques avantages. On est en train de nous jeter des miettes, des petits nonos.
04:37Et finalement, dans quelques mois, on va nous les enlever en disant que tant que tout le monde a été
04:40divisé, on va redistruire tout ce qu'on a construit.
04:43Et M. Macron a été très clair dans ses voeux. Il ne veut pas de régime des recoratoires. Il ne
04:46veut pas de système remis en place. Il veut bien qu'on vienne discuter à sa table pour qu'on
04:50reparte avec le projet initialement prévu.
04:52Donc, en fait, pour le moment, c'est une catastrophe. Et il y a une catastrophe également. La seule chose
04:56qui a été sauvée, c'est-à-dire qu'on nous dit pour certaines missions, on aura le droit de
04:59partir en avance à la retraite.
05:00Mais finalement, si le système de retraite à point a été mis en place comme c'est fait dans certains
05:05d'autres pays, c'est par rapport à la pénibilité de chaque travail qui permet de partir plus ou moins
05:08tôt à la retraite.
05:09Et quand le système de retraite à point est mis en place, par exemple dans les pays du Nord où
05:13ce n'est pas forcément... ça ne fonctionne pas très bien, mais en tous les cas, il y a marqué
05:17chacun prend sa retraite quand il veut en fonction des points qu'il a accumulés.
05:19Il n'y a pas d'âge pivot. Et en France, on se bat un petit peu comme d'habitude.
05:22On prend tout ce qu'il y a de plus mauvais à droite et à gauche pour le mettre en
05:24France.
05:25Et on se retrouve avec des gens lésés partout.
05:28Merci Alexandre Langlois d'être venu réagir sur notre plateau. Je rappelle que vous êtes secrétaire général du syndicat de
05:32policiers Vigie.
05:33Merci à vous.
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