00:00Pour en parler, nous sommes avec François Asselineau, président de l'UPR.
00:04Bonsoir François Asselineau, merci d'être avec nous en direct sur RT France.
00:08Fin d'un feuilleton, presque fin on peut le dire, de trois ans et demi.
00:14Donc d'un feuilleton interminable, un vote historique.
00:17Quelle est votre réaction ce soir ?
00:19D'abord c'est une réaction de grande joie et aussi de remerciement au peuple britannique,
00:24qui est un très grand peuple.
00:25Vous savez, pendant trois ans et demi, on a expliqué au peuple d'Europe,
00:28et en particulier aux Français, que c'était extrêmement compliqué de sortir de l'Union Européenne.
00:32La preuve, les Britanniques n'arrivaient pas à sortir par le Brexit.
00:37Et moi je disais, lorsque l'on m'interrogeait là-dessus,
00:39je disais que ce qui est difficile, ce n'est pas de sortir de l'Union Européenne,
00:43c'est d'obtenir que ceux qui ont été battus par le suffrage universel acceptent le verdict des urnes.
00:49C'est exactement ce qui s'est passé pendant trois ans.
00:51Madame Theresa May, qui à l'origine était contre d'ailleurs le Brexit,
00:54s'est laissé dominer par des factions à l'intérieur du Parlement britannique,
00:58avec des députés, y compris des députés conservateurs,
01:01qui en fait refusaient le référendum, le résultat du référendum de juin 2016.
01:06Je rappelle que Boris Johnson, écoutez bien, est arrivé le 24 juillet comme Premier ministre,
01:12moins de six mois après, cinq mois et demi, le 9 janvier 2020,
01:17il obtient 330 députés qui votent pour l'accord,
01:21donc désormais il n'y a plus quoi ?
01:22Il n'y a plus que le vote de la Chambre des Lords qui est quasiment acquis,
01:24c'est une formalité, et le Royal Assent, c'est-à-dire l'assentiment royal,
01:29et le Brexit va avoir lieu le 31 janvier 2020,
01:33donc il a fallu cinq mois et demi pour en sortir.
01:36On a sous-estimé Boris Johnson, c'est vrai que tout le monde ne pariait pas sur lui.
01:42Les grands médias tenus par l'oligarchie ont tenu à le présenter comme un dingue,
01:46comme quelqu'un d'incompétent, comme quelqu'un d'extrémiste, et si et si,
01:49j'en sais quelque chose.
01:51Moi aussi, depuis 12 ans, bientôt 13 ans que j'ai créé l'UPR,
01:54les grands médias du système m'ont présenté comme un dingue, un extrémiste, etc.
01:59Boris Johnson, en fait, est un peu, si j'ose dire, la réincarnation de Winston Churchill,
02:03qui à l'origine d'ailleurs avait été présenté de la même façon.
02:05Alors il a une certaine originalité, mais il est en train de mener sa barque très très bien,
02:09et il est en train de montrer au peuple d'Europe qu'il y a une vie après l'Union
02:16européenne.
02:16Et on peut le voir sur au moins trois grands sujets, si vous me le permettez.
02:19Premièrement, en matière sociale, c'est un Brexit social.
02:23Il a décidé d'augmenter de 6,2% le SMIC, alors que nous, on traîne en France un SMIC
02:29qui augmente à peine au niveau de l'inflation.
02:34Deuxième sujet, c'est un Brexit vert, c'est-à-dire qu'il a annoncé que les subventions
02:42versées prétendument par Bruxelles, mais en fait versées par la Grande-Bretagne à l'Union européenne,
02:47vont aller aux agriculteurs britanniques.
02:49Mais ces subventions vont aller de plus en plus vers une agriculture respectueuse des terroirs,
02:54une agriculture raisonnée, une agriculture bio.
02:57Et puis, le troisième facteur, c'est les services publics, puisque M. Boris Johnson a décidé
03:04de mettre le paquet, notamment sur le service de santé, réhabiliter les hôpitaux publics,
03:11et puis aussi les services, par exemple, de chemin de fer, avec la nationalisation d'une ligne de chemin de
03:18fer.
03:18C'est-à-dire qu'il prend le contre-pied, en fait, de toutes les directives de l'Union européenne.
03:21On peut même ajouter depuis 48 heures une nouvelle cerise sur le gâteau, c'est en matière diplomatique.
03:27Quatrième sujet. Qu'est-ce qui s'est passé ?
03:29Il s'est passé, vous avez vu, le président des États-Unis, Donald Trump, avait menacé
03:33que les États-Unis allaient bombarder 52 sites culturels du plus haut intérêt culturel de l'Iran,
03:38ce qui est absolument scandaleux, contraire à toutes les conventions internationales de l'UNESCO
03:42ou de patrimoine mondial de l'humanité.
03:44La Commission européenne a refusé de condamner cette déclaration scandaleuse de Donald Trump,
03:52alors que Boris Johnson, que l'on prétendait par ailleurs inféoder aux États-Unis,
03:56a dit que si les États-Unis faisaient ça, ce serait un crime de guerre.
04:00C'est-à-dire que même en matière de diplomatie,
04:02Boris Johnson est en train de montrer que le Brexit est en train de libérer les véritables.
04:06Mais François Asselineau, pourtant, c'est avec Donald Trump, sans doute.
04:09On le sait, le président américain n'attendait que ça,
04:11ce Brexit pour faire un bel et grand accord avec le Royaume-Uni.
04:16C'est de là certainement qu'il va venir un salut assez réciproque.
04:19On va voir. Maintenant, il va y avoir moins d'un an,
04:21puisque le 31 décembre 2020, Boris Johnson a décidé que l'accord de libre-échange
04:25avec le reste de l'Union européenne devrait avoir lieu.
04:27Sinon, il n'y aura pas d'accord.
04:29Et à ce moment-là, ce seront les règles de l'OMC qui s'appliqueront.
04:31Mais moi, je suis très confiant pour la suite des événements.
04:33Et vous savez, je vais le dire à tous les spectateurs qui nous regardent.
04:38Madame Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne,
04:42s'est rendue à Londres pour rencontrer Boris Johnson.
04:45C'est déjà un signal.
04:47Ça montre que le Royaume-Uni, premier grand pays sortant de l'Union européenne,
04:51montrant l'avenir,
04:52eh bien, les autorités, comment dirais-je, de la Commission européenne font le déplacement.
04:58Et quand vous avez regardé, si vous avez un peu de finesse psychologique,
05:01quand vous regardez Boris Johnson d'un côté,
05:04Ursula von der Leyen de l'autre,
05:06vous avez un peu l'impression d'un quelqu'un qui reçoit,
05:09qui se rencontre dans un parloir de prison.
05:12Et Ursula von der Leyen est la prisonnière.
05:14Et Boris Johnson est libre.
05:16Il y a une joie, il y a un regard lumineux,
05:18il y a une joie qui émane de Boris Johnson,
05:21un peuple et un Premier ministre qui retrouvent sa liberté d'action,
05:24alors que Mme von der Leyen, on voit qu'elle est là,
05:27elle est contrainte par toute l'architecture dictatoriale
05:30de la Commission européenne et des institutions européennes.
05:33Alors nous, nous restons néanmoins français.
05:35Est-ce qu'on doit craindre cette nouvelle ?
05:38Est-ce qu'il va y avoir des conséquences néfastes pour la France,
05:41notamment économiques, avec ceux qui commercent avec le Royaume-Uni ?
05:44Alors en matière économique, je ne crois pas beaucoup,
05:46parce que vous savez, les Britanniques voudront toujours acheter du cognac ou du Bordeaux,
05:49et les Français voudront toujours vendre du Bordeaux ou du cognac au Royaume-Uni,
05:52et puis les Français voudront toujours acheter du whisky,
05:54et puis les Britanniques voudront toujours nous en vendre.
05:56Alors je le scématise, bien sûr.
05:59Mais il y a des échanges inter-entreprises,
06:00ça ne va pas s'arrêter comme ça.
06:02Pareil pour les échanges, les transports aériens, tout ceci-là.
06:06Ça va devenir plus compliqué quand même en termes de...
06:07Non, non, je vous assure, on a beaucoup...
06:09Je suis convaincu que, à part peut-être pendant 15 jours, 3 semaines de difficultés,
06:14je suis convaincu que tout ceci va bien se passer.
06:16D'ailleurs, je vous signale qu'il ne va rien se passer le 31 janvier,
06:18ou plus exactement le 1er février,
06:21puisque les réglementations de l'Union européenne vont continuer à s'appliquer
06:23pendant un an jusqu'à la conclusion d'un nouvel accord de libre-échange.
06:27Alors là où, effectivement, on a du souci à se faire,
06:29c'est que les Britanniques, maintenant, ne vont plus rien verser à l'Union européenne.
06:33Or, ils étaient des contributeurs nets, et pas de rien,
06:35d'au moins 10, 12 milliards d'euros.
06:37Et bien ça, il va falloir que ce sont les pays restants
06:39qui vont devoir faire leur devoir.
06:41C'est-à-dire que nous, la contribution de la France à l'Union européenne,
06:44qui est déjà de l'ordre de 9 à 10 milliards d'euros chaque année en plus,
06:48que l'on donne en plus de ce que l'on reçoit,
06:50va peut-être monter à 11, 12 milliards d'euros.
06:53C'est-à-dire qu'on va être encore plus ponctionnés
06:55pour combler le manque à gagner par le départ du Royaume-Uni.
07:01L'accord qui a permis d'en arriver là,
07:03est-ce qu'il est équitable pour l'Europe, notamment ?
07:07Alors, c'est un accord qui comporte des spécificités
07:09que nous, nous n'aurions pas.
07:10Il y avait ce fameux problème du backstop irlandais
07:12que nous, nous n'aurions pas.
07:13En revanche, nous, nous aurions un problème
07:15que n'avaient pas les Britanniques, c'est la sortie de l'euro.
07:17Mais ce qui est vrai, c'est qu'on pourrait toujours trouver un meilleur accord.
07:22Mais ce qui est vrai, c'est que l'accord qu'avait signé Mme Theresa May,
07:24en fait, c'était un faux accord.
07:26En fait, le Royaume-Uni restait, pieds et poings liés dans l'Union Européenne,
07:29ad vitam et éternam.
07:30Ce qu'a réussi Boris Johnson, c'est qu'il a réussi à faire,
07:33même si Nigel Farage aurait souhaité une rupture plus franche,
07:36je pense que Boris Johnson, il a parfaitement mal le vrai.
07:40Il a un accord qui est un vrai accord,
07:42c'est-à-dire que le 31 janvier à 23h, heure de Londres,
07:45à minuit, heure de Paris et de Berlin,
07:47eh bien, le Royaume-Uni aura maintenant la faculté
07:50de prendre ses propres lois,
07:51de décider sa propre diplomatie,
07:53d'augmenter le SMIC,
07:54de mettre de l'argent dans les services publics,
07:56de renationaliser,
07:57bref, de faire un bras d'honneur
07:59à la dictature européiste,
08:01qui est en train d'ailleurs d'enflammer la France,
08:03comparer les situations sociales en France
08:05et au Royaume-Uni.
08:07Et vous aurez tout compris.
08:09Merci beaucoup François Asselineau
08:10d'avoir été avec nous en direct sur RT France.
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