Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
(Republication d'une vidéo publiée le 10 janvier 2020)

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Nous sommes avec Maître Thierry Valla, avocat au barreau de Paris. Maître, bienvenue.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être ici. Vous reprochez donc à la ministre de la Justice son manque de soutien ?
00:09Ah, c'est plus qu'un manque de soutien. On a vraiment le sentiment d'être méprisé, de ne pas
00:13être entendu, voire même pas écouté du tout.
00:16Le dialogue est au point quasiment mort. Donc les 70 000 avocats de France sont aujourd'hui à l'arrêt.
00:23C'est tout à fait inédit, vous l'avez rappelé. 100% des barreaux de France sont aujourd'hui en
00:28grève et en tout cas celui de Paris jusqu'au 14.
00:30Donc c'est complètement inédit pour préserver notre système autonome qui, je le rappelle, ne coûte absolument pas un centime
00:37au contribuable.
00:38Il est solidaire puisque nous reversons 100 millions d'euros par an au système...
00:44Avec votre caisse excédentaire.
00:45Avec notre caisse qui est très très bien gérée. Il y a 3 milliards de réserves.
00:48Donc on imagine que, bien évidemment, ça attise les convoitises du gouvernement pour le reverser ailleurs.
00:53On a un système qui est tout à fait paritaire. Les femmes et les hommes sont traités de manière identique.
00:58Et on a un système qui est pérenne. Donc on n'a vraiment aucune raison de rentrer dans ce régime
01:04général.
01:05Alors que nous ne demandons rien. Et donc nous demandons vraiment au gouvernement, pour reprendre les mots de Glabier Hautin
01:10l'autre jour,
01:10que le gouvernement nous foute la paix aux avocats.
01:13Franchement, on a un système qui, si on a bien compris, parce que les textes sont très très flous, encore,
01:18on nous demanderait de cotiser, alors qu'on cotise aujourd'hui 14%, on doublerait les cotisations pour arriver à 28%.
01:23C'est totalement insupportable pour la majorité des petits cabinets qui sont quand même la majorité du tissu des avocats
01:30en France.
01:30Et pour avoir une retraite qui, aujourd'hui, est un peu plus de 1400 euros par mois, pour la descendre
01:34à 1000 euros.
01:35C'est totalement déraisonnable.
01:36— Donc vous cotiserez plus et vous gagnerez moins. — Pour avoir moins. C'est avec une incertitude complète.
01:41Un projet de loi, on nous dit qu'il y a une négociation. Le projet de loi a d'ores
01:44et déjà été transmis au Conseil d'État.
01:46Ce sont des manières de négocier qui me semblent particulièrement singulières.
01:49— Vous le rappeliez, les négociations sont en poids morts. Depuis octobre, aucune réunion n'a eu lieu avec la
01:54chancellerie.
01:55— On sait que les représentants du... Alors nous n'avons pas de syndicat. Enfin, il y en a. Mais
01:59c'est le CNB, donc Mme Ferralchul,
02:03qui représente les avocats lors des discussions. Il y a eu des amorces. Mais en tout cas, aujourd'hui, force
02:09est de constater
02:09qu'il n'y a pas vraiment de dialogue. Et en tout cas, les avocats sont totalement maîtrisés.
02:14Ce qui s'est passé à Caen hier est hautement symbolique. Pour voir Mme Belloubet devant un amoncellement de robes
02:19jetées par les confrères,
02:20c'est complètement, là aussi, inédit. Ce matin, la même chose s'est passée à Lille.
02:24Donc pour que des avocats en viennent à jeter la robe, qui est quand même hautement symbolique, c'est vraiment
02:29notre...
02:30— C'est une profession qui est très rarement en grève. — On l'est jamais. On l'est jamais.
02:34C'est l'intérêt du client qui prévaut.
02:36Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on peut faire ? Alors on bloque le système en demandant systématiquement des renvois.
02:41Je vais encore au tribunal tout à l'heure, au Batignolle, pour demander encore un renvoi lors d'une audience.
02:46Bon. Mais c'est totalement insupportable. Il y a un manque de moyens pour la justice endémique.
02:51C'est là-dessus qu'il faudrait déjà aussi travailler. Des manques de moyens matériels, des manques de moyens humains
02:56pour qu'une justice sereine pour le justiciable soit rendue, dont les avocats ne sont qu'une des parties prenantes.
03:01— Donc aujourd'hui, vous êtes solidaires avec tous les grévistes qu'il y a dans la rue.
03:04— Nous sommes totalement solidaires. D'ailleurs, il y a eu un appel à participer aux manifestations, tant du 9
03:08aujourd'hui que du 11 samedi.
03:10Et donc nous y serons, bien évidemment, pour porter notre message. Les avocats ne doivent pas être méprisés comme ils
03:14le sont aujourd'hui.
03:15— Il y a une assemblée générale mensuelle du Conseil national des barreaux qui doit avoir lieu vendredi.
03:20Est-ce que vous en attendez beaucoup ?
03:22— Tout dépendra du message qui va être relayé par le gouvernement. Aujourd'hui, on est au point mort.
03:28Donc qu'est-ce qui pourrait arriver ? C'est une prolongation de la grève. Donc aujourd'hui, tous les
03:32avocats y sont prêts.
03:33— Justement, le nouveau haut-commissaire aux retraites a déclaré que les pilotes d'avions vont accepter d'entrer dans
03:41le cadre universel,
03:42pas les avocats, donc pas vous. Or, le gouvernement a un mandat clair. Construire un système universel, on a l
03:48'impression que les négociations sont complètement fermées.
03:50— On a l'impression d'un dialogue de sourds. Absolument. On en est bien là. Pourquoi casser un système
03:55qui, aujourd'hui, fonctionne bien
03:56et qui ne coûte rien à l'État et aux contribuables ? J'avoue que nous trouvons ça particulièrement étonnant.
04:01— Thierry Vella, merci d'avoir été avec nous. Je rappelle que vous êtes avocat au Barreau de Paris. Merci.
04:07— Merci.
04:07— Merci.
04:07— Merci.
04:08— Merci.
Commentaires

Recommandations