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  • il y a 39 minutes
Ce mardi 28 juillet, l'énorme essor des investissements boursiers dans le domaine de l'IA a été abordé par Jean-Marc Daniel et Étienne Bracq dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On parle des montants faramineux en effet levés en bourse en Chine, aux Etats-Unis, dans l'IA,
00:04les conséquences aussi sur le secteur des semi-conducteurs,
00:07on parle toujours, ça fait des mois qu'on en parle de cette bulle IA, qu'en est-il, qui
00:12commence ?
00:13Moi je veux bien, parce que moi je suis plutôt enclin à penser qu'effectivement il y a énormément d
00:22'excès
00:22et que oui on a une bulle, on a une bulle pourquoi ?
00:25On a une bulle d'abord parce que les valorisations intègrent aujourd'hui des scénarios
00:31qui sont des scénarios plus que parfaits et sur un horizon assez long,
00:35c'est-à-dire qu'en gros on pense que la demande va continuer à exploser,
00:39on pense que les marges vont rester très élevées, que la concurrence finalement n'aura aucun effet sur les prix,
00:45que les clients continueront d'investir massivement, à l'horizon de 5 ou 10 ans,
00:50est-ce que ce n'est pas un scénario un peu trop optimiste ?
00:53Deuxième inquiétude, les investissements augmentent quand même beaucoup plus vite que les revenus
00:57et ça, c'est quoi ? C'est 350 milliards cette année, si vous prenez les gros Microsoft, Amazon, Alphabet,
01:04Meta, etc.
01:06On ne sait pas vraiment quand est-ce que tous ces investissements seront rentabilisés.
01:12Encore plus inquiétant et qui n'existait pas vraiment dans les bulles précédentes,
01:16c'est cette interconnection et cette circularité finalement entre tous les acteurs du système.
01:23C'est-à-dire qu'ils investissent tous les uns chez les autres, s'achètent mutuellement des services
01:28et on a donc une espèce d'opacité et d'effet émulsion comme ça qui fait que tout ça paraît
01:35un peu artificiel.
01:37On est emballé par la logique, la peur de manquer, qui concerne à peu près tous les clients.
01:43Les gains de productivité de tout ça, on ne les voit pas vraiment encore dans l'économie réelle.
01:48Et puis la dernière constatation qu'il faut faire, c'est que toutes les grandes révolutions industrielles,
01:55quand vous avez combiné finalement des rêves absolument fous,
02:01souvent des quantités d'argent extrêmement disponibles,
02:05ce qui a été le cas avec les taux d'intérêt quasiment nuls qu'on a eus pendant des années,
02:08vous aboutissez systématiquement à des bulles sur des technologies qui ont assuré des promesses
02:15complètement délirantes et qui après se sont avérées effectivement.
02:18Ça a été le cas sur les chemins de fer où il y a eu des investissements totalement délirants,
02:24une bulle incroyable.
02:25Bon, la bulle a éclaté, ça n'a pas empêché les chemins de fer de se développer.
02:29Même chose pour l'électricité, même chose pour Internet.
02:32Donc c'est une logique qui est presque inhérente à l'âme humaine finalement, vous voyez.
02:37Et donc oui, objectivement, moi je pense qu'il y a quand même une bulle dans ces domaines-là.
02:42Etienne ?
02:43Non, je ne suis pas du tout d'accord.
02:44Alors au cas par cas, on peut trouver peut-être certaines sociétés
02:46qui affichent des niveaux de valorisation totalement délirants.
02:50Mais quand vous regardez la croissance des profits, elle est là,
02:53vous avez quand même un consensus qui s'attend à une hausse des profits aux États-Unis de 26%
02:58pour le S&P 500.
02:59Donc ça, c'est pour l'indice large.
03:01Si on regarde certaines GAFAM, on va avoir cette semaine une croissance des profits de plus de 30%.
03:05En tout cas, c'est ce qui est attendu.
03:07Et souvenez-vous, la semaine dernière, Alphabet, c'est Google, croissance du résultat opérationnel.
03:12Donc on enlève l'exceptionnel, la participation dans Anthropique et dans certaines startups, etc.
03:1740 milliards de profits en l'espace de trois mois.
03:20À Paris et même en Europe, on n'a pas de boîte qui font 40 milliards en 12 mois.
03:23Eux, ils arrivent à faire ça en l'espace de trois mois.
03:26C'est 30% de plus que l'an dernier.
03:28Quand on regarde en bourse la performance de ces GAFAM, elle n'est pas spectaculaire.
03:33Si vous regardez Microsoft depuis le début de l'année, moins 17%, moins 25% depuis le record.
03:37Amazon est stable depuis le début de l'année.
03:39Idem pour Alphabet.
03:40Meta, moins 8% depuis le 1er janvier.
03:42Il n'y a que Apple qui est sur un plus haut, 25%.
03:44On en parlera dans 20 minutes.
03:46C'est devenu la plus grosse capitalisation mondiale devant Nvidia.
03:49Donc le marché, il est prudent.
03:50Il n'est pas du tout dans une phase d'euphorie.
03:52Pourquoi ? Parce qu'il s'inquiète non pas des profits, mais des capacités d'investissement à juste titre.
03:57Parce qu'au final, si vous prenez tous les acteurs, c'est 700 milliards qui vont être dépensés cette année
04:02dans l'intelligence artificielle.
04:04Avec, oui, des entreprises qui lèvent de la dette.
04:06Mais c'est plutôt une bonne nouvelle.
04:07Le marché fait son job.
04:08Il y a un an, tout le monde disait, vous ne vous rendez pas compte, ces boîtes, elles rachètent à
04:11tour de bras des centaines de milliards d'actions.
04:13C'est totalement inutile.
04:14Ça ne sert à rien.
04:15Ils ne savent pas quoi faire de leur argent.
04:16Là, c'est bien.
04:17Ils gagnent de l'argent.
04:18Et cet argent, ils l'investissent.
04:19Voilà, Emmanuel Lechypre.
04:20Que rajouter à cela ?
04:23Effectivement, à court terme, on peut se satisfaire de tout ça.
04:26La réalité, c'est qu'en général, on achète en bourse des profits, pas les profits d'aujourd'hui.
04:32On achète les profits de demain.
04:34Or, moi, ce qui m'inquiète, c'est ça.
04:36L'intelligence artificielle générative, par exemple, qui est au cœur de tout ça.
04:39On voit bien que la trajectoire, elle n'est pas soutenable à terme.
04:42C'est-à-dire que quand vous voyez ce que cette industrie va devoir consommer comme énergie, etc.,
04:48vous vous dites que ce n'est pas une trajectoire qui est possible.
04:50Donc, il va y avoir d'autres développements, sans doute de l'intelligence artificielle, qui vont intervenir,
04:55qui seront sans doute moins consommateurs d'énergie, etc.
04:58Moi, je trouve qu'on a aussi tendance à largement surestimer les positions acquises.
05:05C'est-à-dire que qu'est-ce qui dit qu'il n'y a pas des boîtes qui, demain,
05:08vont venir disrupter tout ça ?
05:10Et en quoi on n'est pas en train, finalement, d'accorder une trop grande confiance à tous ces acteurs
05:15qui seront peut-être, demain, détrônés par des technologies qui viendront même, peut-être, d'ailleurs,
05:20quand vous voyez, par exemple, les capacités de production ou d'innovation des entreprises chinoises,
05:27puisque cette nuit, on a encore eu des chiffres faramineux en Chine sur une introduction en bourse.
05:34Donc, voilà, qu'est-ce qui vous dit que, demain, ces acteurs seront encore les acteurs phares du marché ?
05:39Moi, il me semble qu'on fige un peu trop la situation aujourd'hui.
05:45Etienne, pour finir ?
05:46L'absent, malheureusement, c'est l'Europe, puisqu'on peut peut-être dire qu'il y a une bulle aux
05:49États-Unis,
05:50mais en Europe, malheureusement, on a très peu de valeur.
05:52Et à la tech, à SML, oui, peut-être, mais aujourd'hui, tout se joue du côté de la Chine.
05:57CXMT qui devient la plus grosse boîte chinoise en bourse continentale, en Chine continentale.
06:01Du côté des États-Unis, ça lève des milliards tous les semaines, ou presque, sur ce segment de l'IA.
06:06Et l'Europe, malheureusement, est absente, parce que c'est vrai qu'il n'y a pas assez d'investissement,
06:12et on n'arrive pas à construire de grands géants européens.
06:15Donc, la Chine a bien compris qu'elle devait réduire sa dépendance aux acteurs américains,
06:19et elle le fait plutôt bien, quand nous, en Europe, on a beaucoup de promesses, beaucoup d'ambitions,
06:24mais malheureusement, on n'arrive pas à avoir les acteurs pour se passer des GAFA.
06:27Merci, messieurs. Un dernier mot, Emmanuel ?
06:29C'était la même chose au moment de la bulle Internet qu'Étienne n'a pas connue.
06:33Mais il y avait effectivement ce déséquilibre majeur entre ce qui se passait aux États-Unis
06:38et ce qui se passait en Europe.
06:40Et je vous rappelle que le Nasdaq s'est quand même très largement effondré,
06:46évaporé presque même au moment de l'éclatement de la bulle Internet.
06:49Merci beaucoup, messieurs.
06:50C'était Face à le Chypre à retrouver ce débat sur notre appli, sur notre site en replay, évidemment.

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