Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Ce lundi 27 juillet, la menace d'une suppression de 100 000 postes dans le secteur de l'automobile allemande a été abordée Étienne Bracq et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Le débat ce matin est face à le Chypre. Il y a Étienne Braque. Nous allons parler de l'automobile
00:04allemande,
00:05plus particulièrement avec ce vaste plan d'économie chez Volkswagen qui est très caractéristique de la situation en ce moment.
00:10100 000 postes menacés, c'est ça Étienne ? Est-ce que c'est le début de la fin de
00:13l'automobile allemande ?
00:14La question se pose très clairement. Souvenez-vous, vendredi matin, Volkswagen a revu à la baisse ses objectifs pour cette
00:20année.
00:21Il prévoit 50 000 suppressions de postes. Un autre plan de 50 000 suppressions de postes serait sur les rails.
00:26Aujourd'hui, lundi, vous avez Porsche qui devrait annoncer 5 000 suppressions de postes d'après la presse allemande
00:33avec une situation qui est très compliquée pour l'ensemble de ces constructeurs. Pourquoi ? Parce que ces dernières années,
00:39ils ont très largement profité de l'essor de la classe moyenne en Chine, le marché chinois qui était de
00:44loin très rentable.
00:46Et puis là, dernièrement, vous avez des constructeurs chinois qui sont montés en gamme et donc des chinois qui n
00:51'achètent plus
00:52des marques allemandes et européennes, mais des marques chinoises. Alors, ce n'est pas propre au secteur automobile.
00:57Vous avez LVMH qui va publier ce soir. Ça sera intéressant de voir avec Kering et Hermès également cette semaine
01:01comment ça se passe en Chine, sachant que le consommateur chinois se tourne de plus en plus sur des produits
01:05locaux.
01:06Mais c'est vraiment un tournant. Et d'ailleurs, souvenez-vous, c'était une nouvelle marquante il y a 6
01:10mois de ça.
01:10La voiture la plus vendue en Chine sur le segment au-delà des 100 000 dollars n'était pas une
01:16Mercedes,
01:17n'était pas une BMW, n'était pas une Audi. C'était la voiture Maestro S800 signée par Huawei.
01:23Et ça, franchement, c'était vraiment un tournant majeur. C'est-à-dire que même sur l'ultra luxe, aujourd
01:27'hui, la Chine domine.
01:28On est peut-être sur un plus bas avant un rebond. Valeo disait la semaine dernière sur ce plateau
01:33que l'automobile européenne était en train de se réinventer. Alors, vous faites votre cravate,
01:37mais j'aimerais bien savoir ce que vous en pensez, Emmanuel Lechypre.
01:40Oui, moi, je pense qu'il ne faut pas vendre trop vite la peau de l'industrie automobile allemande.
01:45D'ailleurs, on est dans une industrie qui est quand même assez cyclique.
01:49Et ce qui est paradoxal, souvent, c'est qu'on a affaire à des très grands groupes
01:54qui tombent très bas, mais qui se redressent assez vite.
01:56Il faut rappeler que Volkswagen, à la fin des années 90, a connu une crise qui était à peu près
02:00similaire
02:00à celle qu'on connaît aujourd'hui, avant que ça redevienne un des plus grands constructeurs du monde.
02:04Ensuite, oui, effectivement, il y a cette inversion de tendance par rapport à la Chine
02:10qui était un gros client et qui devient maintenant un gros pourvoyeur de voitures.
02:14Mais la Chine, ça n'est pas tout le marché mondial.
02:17Les constructeurs chinois, comme aucun constructeur, ils ne gagneront pas partout.
02:22Et effectivement, on a des capacités pour leur résister.
02:27Le haut de gamme, ça reste quand même une force allemande dans le monde entier.
02:30Les constructeurs allemands, ils ont toujours des atouts extrêmement importants
02:34sur leur ingénierie, sur la sécurité, sur la qualité de fabrication, etc.
02:39Donc, ils ont quand même des savoir-faire que peu de gens ont.
02:43Et puis, oui, l'industrie allemande, elle est en train de changer de modèle.
02:47Alors, c'est à l'allemande.
02:48C'est-à-dire que les inflexions de trajectoire en Allemagne, c'est tous les 20 ans.
02:54La dernière fois, c'était au début des années 2000, quand il y a eu toutes les lois sur le
02:59marché du travail
03:00pour relancer le pays après l'unification qui avait pas mal dégradé la compétitivité.
03:06Et bien là, l'industrie allemande, aujourd'hui, elle est en train de prendre ce virage.
03:09Un virage qui fait qu'on se rend compte que dans l'industrie automobile,
03:15on fabrique de moins en moins des voitures, mais de plus en plus des produits logiciels, finalement.
03:19Et ça, c'est pareil, ça c'est un virage que l'industrie allemande et que l'industrie européenne sont
03:24en train de prendre.
03:25Alors oui, ça va encore sans doute prendre un peu de temps,
03:29mais on peut quand même espérer des jours meilleurs pour l'industrie automobile allemande et européenne.
03:33Grâce à l'IA, grâce aux processeurs, j'allais dire.
03:39Tout ça, les semi-conducteurs, effectivement, Étienne.
03:41Mais le problème, c'est que là-dessus, la Chine a une avance considérable.
03:44Quand vous voyez que certains modèles chinois arrivent à recharger de 20 à 80%,
03:49voire même un peu plus en l'espace de 10 minutes,
03:51là-dessus, les constructeurs automobiles allemands ne savent pas encore faire sur la partie voiture autonome.
03:57C'est une réalité en Chine, ça ne l'est pas du tout en Europe.
03:59Elle arrive, Valéo a dit qu'elle arrivait.
04:01Oui, mais en tout cas, quand vous voyez qu'en Chine, vous avez des voitures qui conduisent toutes seules dans
04:05les rues,
04:05ce n'est pas encore le cas chez nous.
04:07Et puis, il ne faut pas oublier qu'on a un marché qui est de plus en plus polarisé
04:11entre le low cost d'un côté et l'ultra premium de l'autre.
04:14Alors, c'est une bonne nouvelle pour Mercedes et certains constructeurs allemands,
04:17mais ça l'est beaucoup moins pour certains segments qui sont sur du milieu de gamme.
04:21Et aujourd'hui, c'est ce segment qui souffre.
04:22L'avenir nous le dira, si vous aviez raison, Étienne Braque.
04:25Merci à tous les deux, messieurs, pour ce débat.
Commentaires

Recommandations