Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro d'Hélène Roué pour débattre des actualités du jour.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1 Soir, 19h, 21h, Hélène Roué.
00:04Toujours avec mes chroniqueurs Alexandre Malafaille, fondateur de l'Institut Sinopia,
00:08et Arthur de Vatrigan, directeur de la rédaction du magazine L'Incorrect.
00:12Alors on accueille tout de suite Pierre-Maricev, directeur de l'Institut pour la Justice.
00:17Alors résumons. Bonsoir Pierre-Maricev.
00:21Bonsoir.
00:21Ça commence avec la loi sur la présomption de légitime défense des forces de l'ordre.
00:26C'est une loi qui a été votée démocratiquement le 7 juillet dernier.
00:29Quelques jours plus tard, une conférence de presse organisée par le syndicat de la magistrature
00:33aux côtés de la France Insoumise ou encore d'Assa Traoré a suscité la polémique.
00:38Le secrétaire national Stéphane Fichesseur estimait que le texte allait, je cite,
00:42« à l'encontre des normes internationales et constitutionnelles qui fondent notre État de droit ».
00:47Alors Pierre-Maricev, vous avez envoyé un courrier avec la Ligue des Libertés à Gérald Darmanin.
00:52Vous demandez la saisine du Conseil supérieur de la magistrature contre le syndicat national de la magistrature
00:58ainsi que contre son secrétaire national Stéphane Fichesseur que je viens de citer.
01:02Le courrier a été envoyé ce matin. Est-ce que vous avez déjà obtenu une réponse ?
01:08Sans surprise, pas de réponse pour le moment.
01:11Donc on attend, on a toujours le bénéfice du doute.
01:15Voilà, il faut garder l'espoir.
01:17D'autant que Gérald Darmanin se montre tout de même avoir une certaine poigne contre le syndicat de la magistrature.
01:24C'était le cas d'ailleurs d'Éric Dupond-Moretti.
01:26Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais il y a deux ans maintenant,
01:29Éric Dupond-Moretti avait dit lui-même, le syndicat de la magistrature, ce n'est pas la justice.
01:34Mais le problème, c'est qu'Éric Dupond-Moretti avait beau avoir un conflit avec le syndicat de la magistrature,
01:38il n'avait jamais eu le courage de faire ce qu'il faudrait que Gérald Darmanin fasse,
01:43ou que le prochain ministre de l'Égypte fasse,
01:45c'est-à-dire mettre un terme aux dérives du syndicat de la magistrature.
01:49Donc, on garde espoir.
01:51Alors, vous parlez d'outrance, notamment, du syndicat de la magistrature.
01:54Qu'est-ce qui, précisément, dans cette conférence du 16 juillet,
01:57dépasse, selon vous, le cadre normal de la liberté syndicale d'un magistrat ?
02:02Alors, que le syndicat de la magistrature, en l'occurrence dans la conférence de presse,
02:06appelle à signer une pétition contre une loi démocratiquement votée,
02:11alors qu'il n'est d'ailleurs pas encore entré en vigueur,
02:13puisque le Sénat ne s'est pas encore prononcé dessus.
02:15Donc, on est toujours en plein dedans.
02:18Donc, ça, ça nous gêne qu'il appelle à signer une pétition.
02:21Deuxièmement, qu'il s'inscrive dans...
02:23Vous l'avez peut-être vu, mais la gauche est en train de faire
02:25toute une séquence médiatique et communicationnelle
02:28sur cette loi, sur cette présomption de légitime défense des policiers
02:32lorsqu'ils tirent dans l'exercice de leur fonction.
02:34Je le rappelle, parce que le secrétaire général du syndicat de la magistrature
02:40nous dit, oui, il y a une certaine catégorie de la population,
02:42les forces de l'ordre, qui auraient un droit de tirer,
02:47que n'auraient pas les autres citoyens.
02:48Alors que, évidemment que non, c'est dans l'exercice de leur fonction.
02:51Vous prenez un policier, le soir, quand il rentre chez lui,
02:53il voit quelqu'un qui va commettre un délit,
02:56s'il lui tire dessus, il est traité comme un citoyen normal,
02:59tant qu'il n'est pas dans ses fonctions.
03:00Bref, donc, il y a toute une séquence médiatique
03:05portée principalement par la France insoumise,
03:07mais pas que, toute la gauche est dedans.
03:09Et puis à chaque fois qu'on voit, c'est ça qui est fascinant à gauche,
03:12c'est cette capacité à se coaliser.
03:14Et là, c'est ce qu'ils font, ils se coalisent.
03:16Il y a des dizaines d'associations, de syndicats,
03:20de partis politiques qui sont main dans la main dans cette opération.
03:24Eh bien, nous, de voir un syndicat de magistrats être main dans la main
03:31avec des partis politiques comme la France insoumise, etc.,
03:35ça nous pose un problème.
03:37D'autant qu'on a aussi dans ce magma, je ne les ai pas cités,
03:39mais on a le comité Traoré,
03:42qui est aussi dans cette opération de communication,
03:45et qui, évidemment, lui, appelle à des manifestations.
03:50Enfin, on n'est pas loin de l'appel à la sédition.
03:53Arthur Devatrigan a un magistrat, ne devrait pas dire ça, selon vous ?
03:57Oui, le problème, c'est que le syndicat de la magistrature
03:59s'est fait amputer de la honte à la naissance,
04:02quoi, dès sa création, on se rappelle tous de la phrase d'Osval Bodo
04:06qui expliquait très bien que, en fait, le syndicat n'était pas là
04:09pour faire de la justice, mais pour faire de la politique,
04:10et qu'il fallait changer la justice pour changer la société.
04:14Et que c'était, je crois qu'il était à Marseille à l'époque,
04:17qu'il n'avait jamais été ni condamné, ni suspendu, ni rien.
04:22Et pourtant, c'était un juge.
04:24Donc, ça remonte dès la création.
04:26Et c'est vrai que là, bon, se dire qu'un syndicat de magistrats
04:30qui s'affiche avec la PDG d'une PME familiale spécialisée dans la délinquance,
04:33c'est un peu étrange, en effet.
04:36Mais bon, le cirque Traoré nous habitue à beaucoup de choses.
04:39C'est ainsi, mais c'est vrai que Gérard Darmanin,
04:41il faudrait peut-être lui rappeler de trois choses,
04:42notamment lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.
04:45Vous vous rappelez de l'opération Wambouchou,
04:46alors je ne sais plus, c'était la 1 ou la 2,
04:49à Mayotte pour démanteler ?
04:50Eh bien, il y a eu un juge qui avait stoppé
04:54par une décision nette du tribunal, donc à Mayotte.
04:57Et cette juge l'avait fait à la demande du syndicat de la magistrature
05:00qui avait fait un communiqué, en tout cas,
05:02qui avait envoyé une lettre deux semaines avant,
05:04une semaine avant, pour expliquer qu'il ne fallait absolument pas
05:06que ce démantèlement ait lieu.
05:08Parce qu'évidemment, ça s'opposait aux droits humains,
05:10et on connaît toute la chanson.
05:11Et le juge avait stoppé l'opération Wambouchou
05:14sur laquelle lisait beaucoup Gérard Darmanin,
05:16notamment pour communiquer.
05:18Donc, sachant l'homme rancunier,
05:20on va peut-être lui rappeler s'il l'a oublié,
05:21que voici les faits du syndicat de la magistrature à son endroit,
05:25et que ça serait bien de faire deux-trois choses.
05:27Mais le problème, c'est, rappelez-vous,
05:28si le mur des cons, qui est quand même l'affaire scandaleuse.
05:31Tout le monde s'en souvient.
05:32Le syndicat de la magistrature,
05:35le conseil supérieur de la magistrature,
05:36n'avait prononcé aucune sanction.
05:38Oui, c'est ça.
05:38Aucune sanction.
05:40Et même le président du syndicat de la magistrature de l'époque
05:43avait été nommé, peu de temps après,
05:45vice-présidente d'un grand tribunal.
05:47Oui, c'est ça.
05:48Le risque est là, en fait, Pierre-Marie.
05:50C'est-à-dire que vous demandez la saisine
05:51du conseil supérieur de la magistrature,
05:52mais en fait, même si Gérald Darmanin
05:54répondait favorablement à ce courrier,
05:56en fait, concrètement,
05:57quelles sanctions vous espérez, là, aujourd'hui ?
06:01Je ne sais pas.
06:02Alors, la sanction que nous demandons,
06:04elle s'appliquerait au secrétaire général
06:06du syndicat de la magistrature,
06:08puisque le conseil supérieur de la magistrature
06:09juge des personnes, des magistrats.
06:13Et donc, nous, ce qu'on espère,
06:14la moindre sanction serait déjà énorme.
06:17Parce que, comme l'a dit Arthur Devatrigan,
06:18on n'a pas eu de sanctions sur le mur des cons.
06:20Oui, 5 à 6 sanctions par an seulement,
06:22c'est rien du tout.
06:23Très peu de sanctions tous les ans.
06:25Et puis, Arthur Devatrigan a aussi rappelé
06:28l'affaire Bodo,
06:29qui est effectivement le point de départ
06:30de ces dérives.
06:31C'est-à-dire qu'on a un magistrat
06:32qui dit aux jeunes magistrats
06:34« N'agissez plus comme des juges impartiaux,
06:37mais rétablissez l'équilibre
06:38dans votre monde fantasmé,
06:41déséquilibré,
06:42de méchants capitalistes
06:45hommes blancs de plus de 50 ans.
06:47Remettez le curseur au milieu. »
06:50Eh bien, effectivement,
06:51c'est de là que tout vient le problème.
06:52C'est qu'on a eu cette déclaration-là,
06:55politique et scandaleuse,
06:56et extrêmement gênante.
06:57Je pense qu'aujourd'hui,
06:58plus aucun ordre du syndicat
06:59n'oserait la faire en public,
07:00parce qu'il était allé vraiment très loin.
07:03Mais là où Arthur Devatrigan a raison,
07:05c'est qu'il n'y a pas eu de sanctions
07:06à ce fait fondateur.
07:08La droite avait essayé,
07:10la droite, le ministre,
07:11je crois que c'était le canuet à l'époque,
07:14il a essayé de sanctionner
07:16le syndicat de la magistrature,
07:17ce magistrat-là,
07:18et que s'est-il passé ?
07:19Une opération de communication
07:21avec l'ensemble de la gauche,
07:22comme ce à quoi on assiste,
07:25sur l'histoire de la présomption
07:26de l'église de défense,
07:26et au final,
07:27ils ont fait une tellement forte pression
07:29sur le ministre de la Justice
07:30qu'il ne s'est rien passé du tout.
07:32Et donc,
07:32c'est un peu le péché originel.
07:34Donc, la moindre sanction
07:36serait déjà un début
07:39de quelque chose.
07:40Pierre-Marie Sèvres,
07:41juste pour qu'on comprenne bien,
07:42pour que les auditeurs
07:43évidemment comprennent bien,
07:44que pèse en fait
07:45le syndicat de la magistrature
07:46quand on regarde l'intégralité
07:48des magistrats de France ?
07:49Est-ce que c'est une très grosse proportion
07:51ou est-ce que c'est une minorité bruyante ?
07:53Est-ce que,
07:53pouvez-vous nous dessiner ce schéma-là ?
07:56Oui,
07:57alors c'est une trop grosse proportion,
07:59si vous voulez,
07:59à mon avis,
07:59mais c'est une proportion,
08:01alors on va dire,
08:02il y a trois grands syndicats
08:04dans la magistrature.
08:05Il y a l'USM,
08:06qui est le syndicat majoritaire,
08:07qui est un syndicat,
08:08on va dire,
08:09de gauche,
08:10de centre-gauche pendant longtemps,
08:11qui a plutôt viré à gauche
08:12puisqu'aujourd'hui,
08:13il s'associe beaucoup
08:14avec le syndicat de la magistrature,
08:15qui ont fait beaucoup
08:15de communiqués de presse communs.
08:17Donc l'USM fait à peu près
08:19un peu plus de la moitié des voix
08:20aux élections professionnelles,
08:22sachant qu'on a à peu près
08:23la moitié des magistrats
08:24qui vont vraiment voter
08:25aux élections professionnelles.
08:26Donc l'USM,
08:27on peut dire qu'il représente
08:27à peu près un quart
08:28de la magistrature.
08:30On a ensuite
08:31le syndicat de la magistrature
08:32numéro 2,
08:33qui fait historiquement
08:34à peu près un tiers des voix
08:35qu'il a un petit peu baissé
08:37aux dernières élections.
08:37Il a fait 25%
08:40aux commissions d'avancement
08:41il y a quelques mois,
08:41il y a deux, trois mois.
08:42Et puis on a un troisième.
08:43Donc le syndicat de la magistrature,
08:45bon voilà,
08:45je ne vous fais pas un dessin,
08:47on sait tous ce que c'est.
08:48On en parle absolument.
08:49Voilà.
08:49Et le troisième syndicat,
08:51qui est un syndicat
08:52plutôt récent
08:52et qui fait des très beaux scores,
08:54qui a une belle dynamique,
08:55qui est un syndicat
08:55plutôt centre-droit,
08:56on va dire,
08:58que dirige Béatrice Brugère,
09:00qui lui fait,
09:01bon,
09:01il a beau avoir
09:02une bonne dynamique,
09:03il fait,
09:04quand il dépasse 10%,
09:05c'est plutôt un bon score.
09:06D'accord.
09:07Et donc ça,
09:07c'est sur la moitié seulement
09:09des magistrats qui votent.
09:11Donc en fait,
09:11le syndicat de la magistrature,
09:13il représente,
09:14il y a à peu près
09:148000 magistrats.
09:16Moi,
09:16j'avais entendu
09:17qu'il y a une dizaine d'années,
09:18il y avait à peu près
09:181000 membres.
09:20Donc, voilà,
09:20on est à peu près de 15%.
09:22Ça reste une minorité,
09:23mais le problème,
09:24c'est que c'est une minorité
09:25qui est la seule
09:27à avoir le droit
09:28d'ouvrir sa bouche.
09:29Vous prenez à l'UNM,
09:30par exemple,
09:31nous,
09:31on a fait une étude
09:31sur l'UNM
09:32à l'Institut pour la Justice,
09:33on s'en est rendu compte,
09:34en fait,
09:34il est impossible
09:35quand on veut dire
09:37quelque chose
09:38qui n'est pas de gauche,
09:39on n'a pas le droit
09:39de le dire.
09:40Les jeunes magistrats,
09:41on en connaît,
09:42nous,
09:42on a beaucoup de contacts
09:43chez les magistrats,
09:44donc là,
09:44en ce moment,
09:45on a plusieurs contacts
09:46qui sont à l'UNM
09:47en ce moment,
09:47qui nous disent,
09:48on ne peut pas dire
09:50quoi que ce soit
09:51qui ne soit pas de gauche,
09:52on ne peut pas le dire
09:53sur le...
09:53Ce qui ne veut pas dire
09:54que les magistrats
09:57qui ne sont pas de gauche
09:58sont ultra minoritaires.
09:59Non, mais...
09:59Mais ils n'ont pas le droit
10:00de parler.
10:01C'est ça,
10:01ils ont la main mise
10:02un peu sur la nouvelle génération,
10:03c'est vrai que c'est compliqué.
10:04Pierre-Marie Sève,
10:05Alexandre Malafa,
10:05il y a une question pour vous.
10:06Oui,
10:07c'est pour bien comprendre
10:08le problème auquel on est confronté
10:09parce que,
10:10bien sûr,
10:10il y a beaucoup de syndicats
10:11et dans la fonction publique,
10:12il y a beaucoup de syndicats
10:13à part,
10:14je dirais,
10:14chez les policiers
10:16et chez les militaires,
10:18mais là,
10:18on a vraiment laissé s'installer
10:20un syndicat
10:20qui est un syndicat politisé,
10:23idéologique,
10:24dès le départ.
10:25Comment est-ce qu'on a pu,
10:26vous connaissez l'histoire
10:27de ce syndicat de la magistrature,
10:29comment est-ce qu'on a pu laisser faire ça
10:30et pas dès le départ
10:31essayer de contenir
10:32parce que là,
10:32pour le coup,
10:33on a quand même le sentiment
10:33d'un système
10:34qui est très bien ancré,
10:36qui doit évidemment avoir
10:37un pouvoir de nuisance
10:38sans quoi on se serait attaqué
10:39à lui depuis longtemps.
10:41Comment on a pu laisser
10:42cette espèce d'exception
10:44au sein de la fonction publique ?
10:45C'est aberrant.
10:46Je comprends qu'on défende
10:48chacun dans son corps,
10:50son métier,
10:50sa corporation,
10:51les moyens,
10:52le statut, etc.
10:53Mais là, c'est autre chose.
10:54Là, on est dans une approche
10:56totalement politique
10:56de son métier
10:57et c'est totalement contraire
10:58aux règles de...
10:59C'est comme si demain,
11:00n'importe qui dit
11:01« Moi, je veux exprimer
11:02ma religion au sein de l'État,
11:03après tout, pourquoi pas ? »
11:04Mais non, on est laïcs,
11:05on devrait être effectivement neutres
11:06sur un plan politique.
11:07Ça paraît aberrant quand même,
11:08cette exception.
11:09Pierre Marisev ?
11:10Oui, alors, effectivement,
11:11pour ça, il faut comprendre,
11:12il faut regarder l'histoire
11:13du syndicat de la magistrature.
11:15Au moment où le syndicat
11:16de la magistrature se crée,
11:17donc en juin 68,
11:18il n'y a pas de syndicat
11:20dans la magistrature.
11:21Et il y avait
11:22l'Union fédérale des magistrats
11:24qui était une espèce
11:25d'association professionnelle
11:26comme dans la gendarmerie,
11:27ce genre de choses.
11:28Donc, il était l'image
11:29de ce que d'ailleurs
11:30les citoyens attendraient
11:31d'un syndicat de magistrats.
11:33Et au début,
11:34quand le syndicat
11:35de la magistrature naît,
11:35il a une image
11:36un peu très moderne.
11:39C'était mai 68,
11:40juin 68,
11:41c'était très moderne,
11:42c'était des petits jeunes
11:42qui étaient d'ailleurs
11:44un petit peu...
11:46ils étaient là
11:46pour amuser la galerie,
11:48si vous voulez.
11:49Donc, voilà,
11:50ils avaient des actions
11:51un peu symboliques
11:52dans lesquelles ils disaient
11:52oui, on ne veut pas
11:53de hiérarchie.
11:54Ce n'était pas méchant au début.
11:56C'était très jeune,
11:57on va dire.
11:57Et en fait,
11:58donc là,
11:59c'était les 4-5 premières années.
12:00Et puis assez rapidement,
12:01le syndicat de la magistrature
12:02a été pris en main
12:03par des éléments
12:05un peu plus militants,
12:07professionnels,
12:07issus à l'époque
12:08du Parti Socialiste.
12:09Donc, des magistrats
12:11qui étaient professionnels
12:11de la politique par ailleurs,
12:12en tout cas,
12:13qui se professionnalisaient.
12:14Et puis, il y a eu
12:15donc une décennie,
12:16la décennie des années 70,
12:17durant lesquelles
12:18il y a eu un fort affrontement
12:19avec le pouvoir
12:20gaulliste ou giscardien,
12:22dans lesquels
12:22le syndicat de la magistrature,
12:24grâce à la puissance
12:25de la gauche,
12:26la gauche est spécialiste
12:28du militantisme.
12:29Donc, elle a des liens
12:30avec les journaux,
12:31elle a des liens avec...
12:32Donc, c'était Le Monde,
12:33principalement,
12:33qui est historiquement
12:34l'allié du syndicat de la magistrature,
12:36mais aussi le Nouvel Observateur,
12:37Libération, etc.
12:39On a les partis politiques
12:40qui se mobilisent.
12:41Et donc,
12:42ils ont réussi
12:43à maintenir une pression
12:45forte,
12:46très forte,
12:46sur la droite
12:47et sur le pouvoir
12:48dans les années 70.
12:50Et puis, en 81,
12:51on a fini,
12:52d'ailleurs,
12:53la décennie 70
12:54sur un très fort affrontement
12:55qui était autour
12:56de la loi Sécurité-Liberté,
12:57portée par Alain Perchit,
12:58le ministre de la Justice
12:59de l'époque,
12:59qui était un extraordinaire
13:01ministre de la Justice,
13:02que l'Institut pour la Justice
13:02est un petit peu
13:03notre idole.
13:05Et donc,
13:06ils finissent par
13:06un affrontement
13:07très très dur
13:08dans lesquels
13:08la loi est finie
13:09par être votée,
13:10la loi Sécurité-Liberté,
13:11mais après,
13:12de grosses, grosses difficultés
13:13dans la rue,
13:14des grosses manifestations
13:15menées par le syndicat
13:16de la magistrature.
13:17Et en 81,
13:19eh bien là,
13:19le syndicat peut s'installer.
13:20Et depuis,
13:21c'était impossible
13:22parce qu'il a tellement installé,
13:24il s'est installé
13:24dans le paysage,
13:26il a peuplé
13:26tous les cabinets ministériels
13:28de Mitterrand
13:28dès 1981,
13:30du ministère de l'Intérieur,
13:32de la Défense,
13:32le Premier ministre,
13:33le ministère de la Justice,
13:34évidemment.
13:34Donc,
13:35c'est devenu
13:36une force très très puissante
13:37dans les tribunaux.
13:38Il est devenu imbougeable.
13:39Voilà,
13:39et aujourd'hui,
13:41personne n'a eu le courage
13:42en tout cas
13:43de retourner au combat
13:45avec ce syndicat
13:46de la magistrature
13:46et donc,
13:46il vit dans l'impunité
13:47à laquelle nous assistons tous.
13:49Eh bien,
13:50très grand merci
13:50Pierre-Maricef,
13:51directeur de l'Institut
13:52pour la Justice.
13:53Merci à mes débatteurs
13:54Alexandre Malafaille.
13:55Merci à Arthur de Vatry.
Commentaires

Recommandations