00:00Europe 1 soir week-end, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
00:04Toujours en compagnie de Raphaël Stinville et Antonin André, on parlait de cette marche qui s'est fort heureusement déroulée
00:09dans le calme à Lyon, en hommage à Quentin,
00:13lynchée il y a une semaine en marge d'une conférence de Sciences Po, de Rima Hassan à Sciences Po.
00:18Je voulais vous faire écouter Emmanuel Macron qui est revenu ce matin depuis le salon de l'agriculture sur la
00:23mort de Quentin.
00:24J'appelle moi tout le monde au calme. Un moment de recueillement et de respect pour notre jeune compatriote qui
00:32a été tué, pour sa famille, ses proches.
00:35Et ça doit d'abord être cela. Et ensuite c'est un moment d'exigence et de responsabilité.
00:39Je tiendrai en début de semaine une réunion avec le Premier ministre et les ministres concernés pour faire un point
00:46complet sur l'ensemble des groupes d'action violente
00:49qui sévissent, qui ont des liens avec les partis politiques quels qu'ils soient. Maintenant il faut que tout le
00:53monde soit responsable.
00:54Dans la République, aucune violence n'est légitime. Dans la République, il n'y a que les forces républicaines qui
01:00peuvent agir.
01:01Parce qu'elles protègent et elles protègent un ordre républicain. Il n'y a pas de place pour les milices
01:05d'où qu'elles viennent. Voilà. Et là il faut être totalement intraitable.
01:09Antonin André, une réponse plutôt équilibrée de la part du chef de l'État ?
01:13Ce qui frappe chez Emmanuel Macron dans cette séquence, y compris dans sa réponse à l'Italie, c'est la
01:17façon dont il s'absout lui de toute responsabilité.
01:20Je veux dire, cet homme a pris la présidence de la République en 2017 avec un grand destin pour la
01:27France, une idée de rassembler tout le monde,
01:29d'avoir un projet positif sur des vertus positives, avec les responsables modérés, la modération en étendard.
01:37Et il laisse le pays dans un état de déliquescence, de fracturation politique, de montée des violences.
01:42Mais bon, il n'allait pas faire son examen de conscience là aujourd'hui.
01:45Ça a quand même commencé avec les gilets jaunes, si vous voulez.
01:47Donc, en fait, il y a une responsabilité très lourde du chef de l'État.
01:50Il devrait se dire, mais qu'est-ce que j'ai raté ? Qu'est-ce que j'ai loupé
01:53? Dans quel état je laisse le pays ?
01:54Je trouve qu'il a une façon de s'exonérer de ses responsabilités, en envoyant tout le monde aux ados,
01:58en disant que la violence est inacceptable, il faut être intraitable avec la violence.
02:00Oui, merci. C'est bien le moins de ce qu'on attend d'un président de la République.
02:03Je trouve qu'il y a un manque d'examen de conscience, de remise en question de ses propres choix
02:09et de sa responsabilité dans l'État du pays.
02:11Et un manque certainement d'empathie. Ce que je voulais dire par équilibré,
02:14il n'avait pas d'autre choix aujourd'hui que de jouer une forme d'apaisement et de proposer...
02:19Non, non, mais ça, je l'entends très bien, Stéphanie.
02:22Là où moi, je me distingue d'Antonin, c'est que je pense que c'est une réflexion éthérée.
02:29Et autant sur les grands principes, bien évidemment, qu'Emmanuel Macron a raison d'en appeler au calme,
02:35de rappeler que la force légitime revient à l'État et à l'État seul.
02:39Pour le reste, on a l'impression que se saisissant de ce drame,
02:44il parle de toutes les violences en politique,
02:48et qu'il accrédite l'idée qu'il y aurait une violence à l'extrême droite, à l'extrême gauche.
02:54Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, il y a bien sûr de manière résiduelle des milices d
03:00'extrême droite.
03:00Pour autant, ceux qui sont problématiques aujourd'hui,
03:04ce sont bien les antifas, ce sont bien la jeune garde,
03:07ce sont bien des mouvements qui gravitent autour de l'État.
03:09Il rejoint la gauche, il met dos à dos...
03:11Alors même qu'aujourd'hui, ces groupuscules de l'ultra-droite
03:17n'ont aucun lien organique, notamment avec l'ERN.
03:20Et la prise de parole aujourd'hui de Jordan Bardella était intéressante.
03:23Il a expliqué que si d'aventure il devait accéder à l'Élysée,
03:27l'une de ses premières décisions serait de dissoudre tous ces mouvements de l'ultra-gauche
03:33en passant par l'ultra-droite.
03:35C'était bien pour souligner le fait qu'aujourd'hui, l'ERN a fait le ménage,
03:40a fait le ménage et a coupé avec ces groupuscules
03:44qui finalement ont empoisonné l'histoire politique récente de notre pays.
03:49Et là où je vous rejoins, Emmanuel Macron parle aussi de légitimité,
03:53de la violence légitime.
03:55Alors ça, c'est quand même l'apanage de la gauche.
03:57Antonin André qui reprend, vous savez, l'historien Marbré,
04:02sous prétexte qu'on puisse, contre le fascisme, agir en prévention.
04:06Non, la violence légitime, telle qu'il l'emploie à mon avis,
04:09c'est la notion de violence légitime de la police et des forces républicaines.
04:12C'est la violence légitime pour protéger la République et la démocratie.
04:15Je pense que c'est dans ce sens qu'il cite la violence légitime.
04:18Ce que je voulais vous dire, c'est que les antifas, quand on les écoute,
04:20ils estiment qu'ils ont le droit à la violence,
04:23sous prétexte qu'il faudrait qu'on pas un fascisme comme dans les années 30.
04:27Je ne pense pas que Emmanuel Macron cherche à créditer la violence légitime
04:29sur le même registre que l'ultra-gauche.
04:30D'ailleurs, Jordan Bardella est d'accord avec vous.
04:33Écoutez ce qu'il dit.
04:35La violence d'ultra-gauche, on la connaît, on la connaît depuis des années.
04:37Et sans doute, ce type d'artefact et de réunion de couloir
04:41est là très certainement pour dissimuler la responsabilité morale
04:45du président de la République dans l'explosion de la violence d'extrême-gauche
04:47et d'ultra-gauche dans notre pays.
04:49Je vous rappelle que lors des dernières élections législatives,
04:51M. Macron a retiré ses candidats au second tour
04:53pour appeler à utiliser, par la voix notamment de M. Attal,
04:56les bulletins de vote de la France insoumise
04:57pour empêcher le Rassemblement national d'obtenir une majorité.
05:00Donc, ils ont une responsabilité dans la prolifération de la violence.
05:03Ils ont contribué à ouvrir les portes de l'Assemblée nationale
05:05à des dizaines de députés d'extrême-gauche
05:07qui prônent la violence,
05:09multiplient les outrances et les provocations
05:11et les injurent contre nos forces de l'ordre
05:12à chaque fois qu'ils en ont l'occasion
05:14et sont les promoteurs non pas d'un débat républicain
05:17et démocratique serein,
05:18mais d'une violence qui n'a pas sa place dans notre République.
05:20– Castainville, vous vouliez réagir ?
05:23– Oui, moi je pense qu'on pourrait aller même plus loin
05:25que Jordan Bardella
05:26parce qu'Emmanuel Macron, il n'a eu de cesse,
05:29notamment à chacune de ses élections
05:30et de ses face-à-face avec Marine Le Pen,
05:34de ressusciter le théâtre de l'antifascisme.
05:37Souvenez-vous, à chaque fois,
05:39il s'est rendu au radours sur glane
05:41comme si finalement, à travers ses déplacements de campagne,
05:45il voulait désigner l'ennemi
05:47et nazifier Marine Le Pen.
05:49Donc c'est le premier finalement qui a,
05:52en tout cas, il a aussi contribué
05:54à antagoniser
05:55et à rendre possible
05:57que des jeunes s'investissent
06:00dans des forces comme les antifas
06:02et autres mouvements d'extrême-gauche.
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