00:00Alors aujourd'hui, Emmanuel Macron a fait son discours aux armées, il dit que l'engagement a été tenu.
00:06Est-ce que c'est un effet en trompe-l'œil, Georges Fenech ?
00:08Moi j'ai du mal, je suis désolé, mais j'ai un peu de mal avec notre président de la
00:14République
00:14dès lors qu'il notamment parle aux armées, parce que je garde ma souvenir cruelle, amer,
00:22la manière dont il avait congédié et humilié devant les troupes un certain général de Villiers.
00:28Et à partir de là, si vous voulez, d'avoir affirmé avec cet autoritarisme un peu enfantin,
00:33je suis votre chef, je suis votre chef, à dix mois maintenant de son départ,
00:37les réunir comme ça dans la cour de l'hôtel Brienne en plein canard, je dirais, alors qu'eux ils
00:42étaient à l'ombre.
00:43Et ces troupes, c'est vrai qu'elles ont le mérite de résister à toutes les températures.
00:47Et puis il y a quelque chose de, je le dis très franchement, le ressenti, vous me demandez,
00:53le fait d'invoquer l'histoire, ça restera dans l'histoire,
00:58les moyens colossaux que nous avons mis depuis 2017 dans le budget militaire,
01:05incontestablement, le budget militaire a progressé,
01:08puisqu'il est arrivé à 64 milliards d'euros, c'est incontestable.
01:12Mais, pour le reste, quid, par exemple, de cette fameuse défense européenne
01:19que M. Macron a toujours considéré comme étant quelque chose de réaliste ?
01:24On n'a même pas été fichus de faire le scaf, l'avion de combat fait du futur.
01:27Il en a parlé d'ailleurs.
01:28Avec nos amis allemands.
01:29Avec nos amis allemands.
01:31Et puis, franchement, quand je pense au recul de la France dans le monde,
01:37même du point de vue militaire, nous étions présents à l'Afrique, au Tchad, partout, nous n'y sommes plus,
01:42et Dieu sait pourtant si nous avions des forces barcanes, des forces serbanes, etc.,
01:47qui ont protégé la France, d'ailleurs, du terrorisme en provenance du Sahel.
01:53Donc, voilà, j'ai du mal à entendre ce discours du président de la République
01:57qui n'a plus de majorité et qui annonce comme ça, avec beaucoup, je dirais, d'arrogance,
02:04« Vous avez ma confiance. »
02:06Mais est-ce que les Français ont encore confiance dans le président
02:09qui, lui, dit avoir confiance dans ses troupes ?
02:11Voilà, bon, tout ça, à vous dire, un sentiment un peu de gêne dans la forme.
02:15Et puis, dans le fond aussi, même si incontestablement,
02:18il y a eu un rattrapage du budget militaire.
02:22Eh bien, je vais vous gêner encore plus, parce que je vous propose d'écouter Emmanuel Macron.
02:26L'an dernier, à cette même place, je demandais d'aller plus vite, d'aller plus fort.
02:30Je demandais donc d'accélérer encore cet effort de défense
02:33et fixer pour objectif d'avancer à 2027 l'ambition initialement prévue pour 2030
02:40d'atteindre un budget de 64 milliards d'euros pour nos armées.
02:4464 milliards d'euros en 2027, c'est en 10 ans.
02:48Un doublement du budget des armées.
02:50Nous l'avons chaque année tenu à l'europrès et ce sera fait.
02:54Oui, l'engagement a été tenu.
02:56Les faits sont là et l'histoire jugera.
02:59Jean-Claude, est-ce que c'est un point positif du bilan d'Emmanuel Macron ?
03:03En a-t-on trouvé un ?
03:05Celui-ci, on ne peut peut-être pas lui contester.
03:08C'est l'heure des bilans.
03:09Il va, j'imagine, en faire plusieurs.
03:12Sur la défense, je partage tes réticences en matière de défense européenne.
03:18Qui dirigera ?
03:20Qui sera le patron ?
03:21C'est extrêmement compliqué à imaginer.
03:23Néanmoins, grâce au général,
03:25et ça n'a pas été remis en cause par le président actuel,
03:29on a quand même une défense nucléaire
03:31qui fait que ça nous met dans une situation de protection qui est très forte.
03:37Mais, la manière dont se battre,
03:39la manière dont on va engager nos forces
03:42est en train de changer du tout au tout,
03:45avec l'arrivée des drones notamment.
03:47Et il y a, c'est vrai,
03:48et sur ce point, on ne peut pas le contester,
03:50il y a un budget important
03:53qui a été alloué à l'armée française.
03:57Et j'espère, encore une fois,
03:59qu'on va aller au bout.
04:01Mais, encore une fois,
04:03il ne faut pas se raconter l'histoire.
04:05La défense européenne,
04:06même si nous aurons demain
04:0820 ou 25 ou 26 pays
04:10dits des coalisés
04:12qui ont pris l'engagement d'aider l'Ukraine
04:15par tous les moyens,
04:16notamment financiers,
04:17mais pas seulement.
04:19C'est une réalité.
04:21La défense européenne
04:24ressemble un petit peu à quelque chose
04:27quand on lui parle de l'Ukraine.
04:29ça ne va pas suffire.
04:31Je ne sous-estime pas pour autant
04:33la menace russe,
04:34on verra bien ce qui va arriver,
04:35mais je doute franchement
04:36qu'après le succès en Ukraine,
04:39le président Poutine soit prêt
04:41à nous rentrer dedans.
04:42Ça m'étonnerait beaucoup.
04:43Néanmoins, on a,
04:45avec les réticences américaines aujourd'hui,
04:48à faire face à un défi
04:50extraordinairement complexe,
04:51bâtir une défense européenne
04:54qui tienne la route,
04:55qui financièrement existe,
04:57vis-à-vis des Etats-Unis notamment,
04:59encore une fois,
05:00c'est possible.
05:01Mais qui va la commander ?
05:03Dans quelles circonstances
05:04on pourra dire
05:05ok, on va intervenir
05:06dans tel ou tel secteur
05:09de l'actualité européenne ?
05:11C'est quelque chose
05:12de très compliqué.
05:13Nous sommes de vieux pays.
05:14On n'est pas, hélas, l'Amérique.
05:17Nous sommes des vieux pays
05:18qui parlons des langues différentes
05:20et on aura beaucoup de mal
05:21à bâtir une vraie défense européenne.
05:24Je souhaite de tout cœur me tromper
05:25parce que ce serait un signe
05:27très positif.
05:28Je ne suis pas sûr, hélas,
05:29que ce sera aussi facile
05:30de le faire que de le dire.
05:32Je voulais recueillir votre avis
05:33également sur cette phrase
05:35« La France et l'Europe prêtes
05:36à défendre la liberté et le droit
05:37au prix du sang s'il le faut ».
05:40Comment vous analysez
05:40cette phrase, Georges Fenech ?
05:41Là aussi, si vous voulez,
05:44il nous a habitués,
05:45malheureusement, le président
05:47à une menace
05:49d'une guerre imminente
05:50qui serait à nos portes.
05:52C'est tout juste
05:53si les plaintes des Russes
05:54ne seraient pas
05:55au bord des Champs-Élysées.
05:57Souvenez-vous,
05:58lorsqu'il nous promet
06:00un kit de survie
06:02en cas d'attaque nucléaire,
06:03on était tous terrorisés.
06:05Ou quand il envoie son SEMA,
06:07le chef d'état-major des armées,
06:09nous dire
06:10qu'il va falloir payer notre sang.
06:13Sacrifice de nos enfants.
06:14Il y a toujours une phrase
06:16de trois ou deux
06:16dans les discours.
06:18Voilà, c'est ce côté-là
06:19qui est un peu gênant.
06:20Et là, il récidive encore
06:22en parlant du sang,
06:23mais le sang de qui ?
06:24De nos militaires,
06:25c'est-à-dire ceux qui sont
06:26dans des théâtres extérieurs,
06:27mais il y en a de moins en moins,
06:28même s'il y en a encore.
06:29Ou le sang des Français,
06:31c'est-à-dire qu'est-ce qu'on va rétablir
06:32une armée de conscriptions ?
06:34Je ne sais pas ce qu'il veut dire exactement.
06:36Non, moi je suis très critique
06:38à l'égard de la politique
06:40en matière de défense.
06:42Pour moi, malgré l'augmentation budgétaire,
06:45elle ne rassure pas aujourd'hui
06:46dans le contexte international
06:48qui est le nôtre.
06:49Et la manière d'avoir géré
06:50en plus le conflit au Moyen-Orient
06:52en envoyant se promener
06:54notre Charles de Gaulle
06:56et venir et repartir et revenir,
06:58on ne sait pas ce qu'on a fait exactement.
06:59Personne n'a très compris.
07:01Le délire de Dormouze
07:01est toujours bloqué.
07:04On a l'impression
07:05de ne pas avoir été ni informé
07:07de quoi que ce soit,
07:08ni avoir pu agir
07:09en quoi que ce soit.
07:10Nous sommes, en réalité,
07:12pardon du mot,
07:13nous sommes spectateurs
07:14de notre destinée.
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