Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 22 heures
Aujourd'hui, c'est au tour du Lieutenant-Colonel Franck Maillard, sapeur-pompier, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01RMC, face aux grandes gueules.
00:04Face aux grandes gueules aujourd'hui, le lieutenant-colonel Franck Maillard, le sapeur-pompier.
00:09Bonjour mon colonel.
00:10Bonjour.
00:11Merci d'être là parce qu'on voudrait en savoir plus sur ce qui se passe en ce moment
00:14du côté de la forêt de Fontainebleau en région parisienne avec un feu très spectaculaire, inédit.
00:22Rendez-vous compte, on voit des Canadaires sur la Seine, c'est inimaginable.
00:28Des Canadaires et des Dachs, venir sur la région parisienne, c'est improbable.
00:33Pour autant, on s'y était préparé parce que figurez-vous qu'il y a quelques années,
00:37on avait anticipé cette possibilité et donc on avait défini une zone pour ces fameux
00:42écopages sur la Seine, donc on y était quand même un peu préparé.
00:46Oui, alors ce qui se passe quand même est d'une ampleur inédite.
00:50Tout d'abord, le feu n'est toujours pas maîtrisé, il n'est pas fixé.
00:52Il est loin d'être maîtrisé.
00:53Il y a encore des flancs parce que le feu se développe sur différents flancs,
00:58flancs droits, flancs gauches et sur au moins l'un des flancs,
01:01la situation n'est pas maîtrisée.
01:03Il est encore en train de se développer, effectivement.
01:05Alors c'est vrai que l'un des problèmes, c'est l'absence de chemin d'accès.
01:12Les pompiers ont du mal à évoluer ?
01:14Complètement.
01:15Dans les massifs du sud de la France, il y a de la DFCI,
01:18c'est la Défense de la Forêt contre l'incendie.
01:21Donc ce sont des chemins qui sont prévus pour le gabarit de nos camions citerne de feu de forêt.
01:25Là, sur la forêt de Fontainebleau, c'est plutôt des balades équestres,
01:29c'est plutôt des balades pédestres.
01:30Il y a les rochers aussi, les fameux rochers de Montréal.
01:31Il y a les rochers, oui.
01:32Là, on est sur le massif des 25 bosses,
01:35donc très escarpés, très difficiles pour nos sapeurs-pompiers.
01:38Et effectivement, pour y engager des camions et du personnel,
01:42ils vont passer de nombreuses heures délicates.
01:45Parce qu'on n'a jamais imaginé avoir à faire face à un tel incendie ?
01:49Il y a quelques jours, c'est la Sologne qui brûlait.
01:52On a eu dans le Cher, le Loir-et-Cher, le Loir-et, la Sologne qui a brûlé.
01:56On ne s'imaginait pas non plus qu'elle allait brûler un jour.
01:58Et quand on a vu arriver un dash dans le 18, dans le Cher,
02:03effectivement, c'est la première fois.
02:05Combien de pompiers engagés ?
02:07Alors là, actuellement, à peu près 400, 4 à 500 pompiers.
02:10Et puis, paradoxalement, ce sont nos collègues du sud de la France
02:13que l'on allait renforcer tous les ans,
02:15qui viennent cette fois-ci nous renforcer.
02:17C'est les Bouches-du-Rhône, c'est l'Hérault,
02:20c'est le 84 qui viennent également.
02:24Donc, une colonne complète qui monte sur Paris.
02:27Tout à l'heure, Laurent Nunes, qui était sur place,
02:29le ministre de l'Intérieur parlait d'un feu d'origine volontaire.
02:33Ça veut dire quoi ?
02:34Alors en fait, vous savez que 9 feux sur 10 sont d'origine humaine,
02:39malheureusement.
02:41soit le travail des agriculteurs, soit des mégots,
02:45soit...
02:45Et donc là, en l'occurrence, par rapport à la simultanéité des feux,
02:50hier, en cette fin d'après-midi,
02:52le procureur mène effectivement...
02:54Il y a une enquête qui est en cours,
02:55mais c'est bizarre.
02:56Il y a plusieurs départs de feu
02:59qui laissent penser que quelqu'un a allumé volontairement ces feux
03:03à divers endroits ?
03:04Alors la proximité immédiate avec les autoroutes,
03:06la 6 à 5, laisse supposer, comme on le voit souvent,
03:09un mégot négligemment jeté...
03:12On lance au bord des routes, oui.
03:13Évidemment.
03:14Et d'autres feux dans le massif qui semblent plus suspects, effectivement.
03:18Mais ce qui fascine, c'est quoi ?
03:20C'est la pyromanie ?
03:21Est-ce qu'il y a l'intérêt de mettre le feu à Fontainebleau ?
03:24Alors quand c'est les mégots...
03:26Non, pas les mégots, les mégots c'est accidentel,
03:28mais là vous dites si c'est volontairement...
03:29C'est quelqu'un qui n'aime pas du tout Fontainebleau.
03:32Fontainebleauphobie.
03:33C'est quelqu'un qui...
03:34Mais vous savez, pour beaucoup de personnes,
03:37beaucoup de personnes viennent assister à nos interventions,
03:40ils sont derrière nous pour voir les flammes.
03:42Oui, il y a une fascination.
03:42Regardez les images derrière vous, c'est impressionnant.
03:45Donc il y a la fascination du feu.
03:46Probablement.
03:47Il y a même eu des pompiers pyromanes dans l'histoire.
03:49Oui, il y en a eu, malheureusement, on le déplore,
03:51mais on a 250 000 pompiers chez nous,
03:55donc on a un peu tout le panel de la population française
03:58et on doit avoir des pyromanes, malheureusement.
04:00Question sur les moyens,
04:01parce que tout à l'heure on s'est interrogé, Jean-Loup.
04:03Quels sont les moyens que vous aimeriez avoir en plus,
04:06dont vous auriez besoin en plus ?
04:10Là, actuellement, on va faire un point après cette saison.
04:13On a des moyens aériens qui sont prépositionnés
04:16sur l'ensemble de la France.
04:18Aujourd'hui, malheureusement, notre flotte,
04:20qui était composée d'une douzaine de canadaires
04:22et autres d'âches, il doit y en avoir huit,
04:24étaient tous sur le pourtour méditerranéen,
04:26avec les feux qui se développent dans toute la France.
04:29Cette répartition fait qu'on a un avion par-ci,
04:33un avion par-là,
04:34et quand il y a un feu,
04:36on n'a plus la même force de frappe
04:37qu'on ne l'avait dans le sud de la France.
04:38Donc il faudrait plus de canadaires
04:40avec une répartition géographique différente ?
04:42Alors, je ne suis pas persuadé
04:43que ce soit le canadaires le plus adapté.
04:45Sur le Loiret, hier,
04:46ce sont des hélicoptères
04:47qui ont fait un travail remarquable,
04:49avec une espèce de petite piscine
04:50qui délivre à chaque fois
04:521000 litres d'eau
04:53sur des zones très compliquées d'accès,
04:55comme à la montagne
04:56ou comme c'est le cas aussi sur Fontainebleau.
04:59Et ça peut être tout aussi efficace.
05:00C'est la particularité française, d'ailleurs.
05:02On n'a pas que des canadaires aussi.
05:04Alors, on loue une flotte.
05:06Alors, on a les dashes
05:07qui ont une grosse capacité.
05:08Souvent, eux, déversent du retardant.
05:10Vous avez ce produit rouge
05:11qui stoppe normalement les flammes.
05:13Et puis, on loue des hélicoptères
05:15bombardiers d'eau
05:16qui sont aussi répartis judicieusement
05:19et qui sont également
05:20une force de frappe importante.
05:22Dites-moi, ce chiffre est quand même impressionnant,
05:24celui qui a été donné justement
05:25par Nunez tout à l'heure.
05:2632 000 hectares
05:28parcourus depuis le début de l'année
05:30en France.
05:30On a connu des années
05:31aussi compliquées,
05:32mais cette année,
05:33elle est vraiment...
05:34Et on n'est que le 12 juillet,
05:36enfin, le 13 juillet, c'est-à-dire que...
05:38Oui, et quand vous rajoutez en plus
05:40la canicule,
05:41parce qu'au-delà des incendies,
05:44nos pompiers sont également
05:45en première ligne pour la canicule
05:47parce qu'on a des malaises,
05:48on a des personnes qui font des malaises
05:49sur la voie publique et chez elles.
05:52Il y a des rêves partis aussi ?
05:53Oui, j'ai vu ça, oui,
05:54dans l'ouest de la France.
05:56Vous n'êtes pas quand même ?
05:57Pour l'instant, ça se passe bien.
05:59Pour autant, oui,
06:00c'est rajouter un risque.
06:02Non, mais pardon, je dis ça
06:03parce qu'on a annulé, par exemple,
06:04les balles de pompiers à Paris.
06:05Oui, c'est une première.
06:07Je n'ai jamais connu ça,
06:08c'est assez exceptionnel.
06:09Moi, pardon, ça m'a choqué.
06:10Comment vont faire les gens pour Pêchaud ?
06:13Déjà, comment vont faire Charles pour Pêchaud ?
06:15Non, mais ça m'a choqué
06:16parce que c'est quand même...
06:19C'est une fête populaire,
06:20les balles de pompiers,
06:21c'est gratuit,
06:22et puis c'est quelque chose,
06:23c'est une tradition française
06:23et on supprime ça
06:25alors que c'est très encadré
06:26dans des casernes,
06:27alors qu'on laisse
06:28une rêve partie se dérouler.
06:30Je trouve que les messages
06:30quand même sont envoyés.
06:33Qu'est-ce qu'on craignait
06:33avec le balle des pompiers ?
06:35Alors, c'était en partie lié
06:36avec la consommation d'alcool
06:38sur la voie publique.
06:38Oui.
06:39Même s'il avait été prévu
06:41de ne pas délivrer d'alcool
06:43dans les balles,
06:44mais après, c'est une décision.
06:45Vous pensez qu'il fait trop chaud
06:46pour boire, c'est ça ?
06:47Je pense qu'aussi,
06:48à un moment donné,
06:48on est en vigilance rouge.
06:49Vous savez, quand on est en vigilance rouge,
06:51météo, orage,
06:52les gens ne sortent pas.
06:53Là, on doit prendre des précautions,
06:55éviter que les gens
06:56ne fassent des malaises.
06:57Je pense qu'on a aussi un rôle...
06:58Parce qu'ils ont souvent plus chaud
07:00sincèrement chez eux.
07:02Parce que là,
07:02il y a le balle des pompiers,
07:03c'est le soir.
07:03C'est le soir et dehors,
07:04dans la cour de la caserne.
07:05À la limite,
07:05dehors, dans la cour de caserne
07:07à 22h, 23h,
07:08on est peut-être mieux
07:08que chez soi.
07:10Moi, ça m'a surpris
07:11comme décision.
07:12Et puis, il faut aussi penser
07:13qu'ils sont amenés
07:13à intervenir
07:14et il faut préserver...
07:16Là, actuellement,
07:17on a beaucoup de sapeurs-pompiers
07:17de Paris
07:18qui sont sur le feu
07:19de Fontainebleau.
07:20Et à ce titre,
07:21c'est aussi pour qu'ils
07:22puissent se reposer.
07:23Fatima et de Bounoua.
07:24Alors, Fatima,
07:25qui n'aime pas les pompiers,
07:26nous l'a dit tout à l'heure,
07:27elle a dit
07:28s'il y a bien une profession
07:28que je déteste,
07:29c'est les pompiers.
07:30Comme souvent.
07:30Ils disent ça
07:31parce que c'est l'inverse.
07:32Donc, d'abord,
07:34merci, bravo.
07:35Et l'inverse,
07:36ce que je disais à Olivier,
07:37c'est que j'aime beaucoup
07:38les pompiers.
07:39J'admire les pompiers.
07:40Elle voudrait que ses enfants
07:41soient pompiers.
07:41Non, mais oui.
07:43J'ai deux garçons.
07:43La dernière fois,
07:44je leur disais
07:45vous, vous aimeriez être pompier ?
07:47Je trouve qu'il y a une grandeur
07:48dans cette mission.
07:50Et je trouve ça très beau.
07:51Et je trouve qu'on parle
07:51très peu des pompiers
07:53où uniquement
07:54quand il y a des incendies
07:55comme ça,
07:56on vous invite...
07:56Majoritairement,
07:57ce sont des volontaires
07:58les sapeurs pompiers.
07:59Mais c'est vraiment...
08:00Je trouve qu'il y a
08:00une grandeur d'âme
08:01derrière ça.
08:01Et donc, moi,
08:02vous savez,
08:02je suis très sensible
08:03à la grandeur des petits,
08:05ceux qu'on invisibilise
08:06et qui font...
08:07La France tient sur ça,
08:08sur les infirmières,
08:10les aides-soignantes,
08:11les pompiers,
08:12les policiers,
08:13les profs,
08:13ceux qui sont sur le terrain
08:15au quotidien
08:15et où leur terrain,
08:18c'est ça.
08:18C'est de maintenir,
08:19c'est de guérir,
08:20c'est de protéger,
08:21de soigner au service des autres.
08:22Donc, vous avez vraiment
08:24toute mon admiration.
08:26Ma question,
08:26est-ce qu'il y a moins d'abus ?
08:29C'est-à-dire,
08:29pendant tout un moment,
08:30on disait que les gens
08:30appelaient les pompiers
08:31un peu pour rien,
08:33qu'il y avait des abus
08:34dans le fait d'appeler,
08:35non pas pour des incendies,
08:36mais pour un chat,
08:39un problème secondaire.
08:41Est-ce que vous avez constaté
08:42que les gens sont plus responsables,
08:44au moins en ce moment,
08:45ou pas du tout ?
08:46Alors, en fait,
08:47avant, il y avait la gratuité
08:48de toutes les interventions
08:49des sapeurs-pompiers.
08:50On a rendu certaines
08:51interventions payantes,
08:52je pense notamment
08:53aux destructions
08:53de nids de guêpes,
08:55de nids de frelons,
08:56les dégagements
08:56des personnes coincées
08:57dans les ascenseurs.
08:58Donc, ce qui fait
08:59qu'on est moins sollicité,
09:00mais on est souvent là
09:02en dernier recours.
09:03En fait,
09:03quand il n'y a pas de solution,
09:04une porte est claquée,
09:05il y a l'enfant
09:06à l'intérieur de l'appartement,
09:09le serrurier va venir
09:10au bout de 2-3 heures,
09:12donc c'est les pompiers
09:13et on sera là
09:14dans les 10 minutes
09:14avec la grande échelle
09:15et on va ouvrir la porte.
09:16Donc, c'est vrai
09:17qu'aujourd'hui,
09:18on claque des doigts
09:18et les pompiers sont là.
09:20Mais les mentalités
09:21ont changé.
09:21On ne nous appelle plus
09:22pour les mêmes futilités
09:24que ce qu'il y avait
09:25il y a encore quelques années.
09:27Donc, ça s'est arrangé.
09:28Ce qui a permis
09:29de changer les mentalités,
09:31c'est le fait de rendre payant.
09:33C'est quoi ?
09:33Donc, ça fait à peu près
09:34combien de temps ?
09:34Une dizaine d'années
09:35que ça a commencé à changer ?
09:36Ça fait une dizaine d'années,
09:37oui.
09:37Alors, le fait que ce soit payant
09:38et puis après,
09:39au niveau du centre
09:40de traitement de l'alerte,
09:41on sélectionne aussi.
09:42On essaye d'être plus attentif
09:44à la nature de l'appel.
09:46C'est le cas pour les interventions
09:47que l'on qualifie de diverses,
09:49interventions particulières,
09:50mais c'est également le cas
09:51pour le secours à personne.
09:52On est plusieurs sur le marché
09:54à intervenir pour le secours à personne.
09:56Il y a les ambulances privées,
09:57il y a les médecins,
09:58il y a les pompiers.
09:58Donc là, c'est pareil.
10:00Avant, pour le moindre problème
10:02à domicile,
10:02la douleur à la cheville,
10:03le mal de ventre,
10:04c'était les pompiers.
10:06Maintenant, c'est mieux filtré
10:07avec des centrales 18, 15, 112
10:11où là, on filtre les appels
10:13et on envoie le secours
10:13le plus adapté.
10:14C'est bien, donc ça fonctionne mieux.
10:16Ça fonctionne mieux, oui.
10:16Beaucoup mieux.
10:18Donc là, on est sur ce feu
10:20de Fontainebleau,
10:22mais il y a des feux.
10:22Je regardais la carte.
10:24D'ailleurs, on peut le suivre
10:25sur Internet.
10:26En temps réel, les incendies.
10:28Il y en a un peu partout en France.
10:30On parle beaucoup de Fontainebleau,
10:31mais il y en a beaucoup
10:31qui ne sont pas médiatisés,
10:35pas seulement dans le sud.
10:36Comment on fait pour répartir
10:37toutes les forces en présence ?
10:39Alors, n'oublions pas
10:40qu'on a deux feux majeurs
10:41dans la Drôme
10:42et puis dans les Péaux.
10:43Ils ne sont toujours pas finis.
10:46On a eu un feu important
10:47en Loire-Atlantique.
10:48Ça brûle également dans le Nord,
10:50dans le Pas-de-Calais.
10:50Enfin, toute la France est couverte.
10:51Donc on a, pour les moyens,
10:54comme pour les moyens terrestres,
10:56comme pour les moyens aériens.
10:57C'est une décision qui est prise
10:58au ministère de l'Intérieur
11:00de déplacer soit des moyens terrestres
11:02vers des secteurs les plus adaptés
11:04où ils vont pouvoir,
11:05à proximité d'un nœud autoroutier,
11:07converger vers des départements
11:08qui sont en danger.
11:10Et puis on a, sur Nîmes,
11:12notre centre national
11:13de coordination des moyens aériens.
11:16Et chaque jour,
11:16on positionne les engins
11:19un peu partout en France,
11:20à Châteauroux, à Angers,
11:21pour avoir un moyen
11:23le plus adapté rapidement.
11:24Question de charme.
11:25Non, là, à Fontainebleau,
11:27c'est quel pourcentage
11:29de la forêt
11:29qui a brûlé
11:31ou qui va brûler
11:32selon ce que vous pouvez estimer ?
11:34Là, ce matin,
11:36on était à 5-7%
11:38de la forêt,
11:40de la surface de la forêt,
11:41ce qui est quand même énorme.
11:43Le feu continue à se développer.
11:45On devrait, je pense,
11:45atteindre les 1 000 hectares.
11:47Il y a encore une centaine d'hectares
11:49qui sont menacés
11:50et sur lesquels
11:51on n'a pas forcément encore
11:52pu engager des moyens terrestres.
11:53Le feu va durer plusieurs jours ?
11:55Largement, oui.
11:56On est parti sur au moins une semaine.
11:57Au moins une semaine.
11:58Alors, attention.
11:59Vous pensez que
11:59quelle part de la forêt va disparaître ?
12:01Alors là, j'en ai aucune idée
12:02parce que ça,
12:02c'est grâce aux actions simultanées
12:04des pompiers sur le terrain
12:05et les moyens aériens.
12:07Donc, on va tout faire
12:08pour limiter au maximum.
12:09Mais entre l'extinction,
12:11le fait que le feu soit fixé
12:12jusqu'à ce qu'on ait des actions
12:14pour éviter que les petites fumerolles
12:17ne puissent repartir,
12:18redéclencher l'incendie,
12:20on est sur une dynamique
12:21à une semaine, au moins.
12:23Ah oui, on sait déjà que ça va dire.
12:24Pendant une semaine,
12:25il y aura de la fumée
12:25sur Fontainebleau.
12:26Et ensuite, on surveille
12:27pendant combien de temps
12:28un feu qu'on a maîtrisé ?
12:30Alors après,
12:31c'est le rôle du commandant
12:32des opérations de secours
12:33d'effectuer des reconnaissances.
12:35Maintenant, on a les drones.
12:36Alors, c'est plus rapide
12:36pour avoir une vision globale
12:38avec des dispositifs infrarouges.
12:41Une fois qu'il n'y a plus de fumerolles,
12:42on désengage progressivement
12:44le dispositif
12:45et il risque d'y retourner régulièrement
12:47pour être sûr
12:48qu'il n'y ait pas de départ de feu.
12:49Ça, c'est clair,
12:50on y est pour au moins une semaine.
12:51Là, il y a le vent aussi.
12:53Oui, qui ne joue pas en notre faveur.
12:54C'est assez important,
12:56notamment en région parisienne.
12:57Ça, ça n'aide pas.
12:58D'ailleurs, pour la petite histoire,
13:00hier soir,
13:01juste après le départ de feu,
13:03les dâches sont venues
13:04sur le secteur
13:04et ont mis cette barrière
13:05de retardant
13:06pour stopper le front de flammes
13:08à proximité de maison.
13:10Et pour autant, avec le vent
13:11et le feu génère aussi un vent,
13:13génère son propre vent.
13:14Et on a eu ce qu'on appelle
13:16une saute de feu
13:16jusqu'à 400 mètres.
13:18Donc, c'est passé au-dessus
13:19de la barrière de retardant
13:20et 400 mètres plus loin,
13:21ça repartait.
13:22Donc, parfois,
13:23on peut être désemparé
13:23parce qu'on est survolé
13:24par ces débris incandescents
13:26qui vous reprennent derrière
13:28et du coup,
13:29il faut remettre en place
13:29ce dispositif.
13:30Ça, c'est compliqué.
13:31Vous parlez des maisons.
13:33Il y a beaucoup de personnes
13:34qui ont été évacuées.
13:35Écoutez, j'avais le bilan
13:37d'à peu près 1000 personnes
13:40évacuées de chez elles
13:41dans des salles communales.
13:43Donc là, les maires ont mis en place
13:44leur plan communal de sauvegarde.
13:46À quel moment
13:46elles pourront retourner chez elles ?
13:48Quel est le scénario possible ?
13:51Là, en fonction des risques de reprise.
13:53Là, actuellement, les axes sont bloqués
13:55pour faciliter le travail des pompiers
13:56pour que les camions
13:57puissent circuler librement.
13:59Donc là, elles vont rester,
14:00à mon avis,
14:00un jour ou deux, peut-être.
14:01Et ça, c'est pareil.
14:02C'est une décision du commandant
14:03des opérations de secours
14:04qui décidera du fait
14:06que la maison ne risque plus rien.
14:07On peut refuser
14:08de quitter son domicile.
14:10On l'entend toujours
14:10dans les reportages
14:11des gens qui disent
14:12« Non, moi, je préfère rester là
14:13pour sauver ma maison. »
14:15J'imagine que ça doit arriver souvent.
14:17J'ai plein d'exemples en tête.
14:18Dans les PO, encore récemment,
14:20les pompiers retournaient sur place
14:22pour se préoccuper des gens
14:23qui étaient restés.
14:24Alors, vous savez qu'on est quand même
14:25protégé dans sa maison.
14:26Sauf si on est sur un habitat
14:29en plastique, un bungalow,
14:30où là, on risque d'y rester.
14:32Mais quand on a une maison en dur,
14:34en fait, au lieu de fuir
14:35et d'avoir des drames
14:36comme on peut l'avoir en Espagne,
14:38parfois, il vaut mieux rester
14:39dans sa maison.
14:39Une fois que le feu est passé,
14:41en fait, on est protégé.
14:43Malgré les fumées ?
14:44Oui, malgré les fumées.
14:45Malgré les fumées.
14:46C'est la stratégie
14:46que l'on met en place
14:48dans des points sensibles,
14:49dans les feux à forte dynamique.
14:51Parfois, il faut mieux rester chez soi
14:52que d'essayer de prendre la route
14:53et sur l'exemple.
14:54C'est sur ordre, en fait.
14:55Là, quand les services publics,
14:57les forces vous disent de partir,
14:59c'est qu'ils ont estimé
14:59que c'était dangereux.
15:00Donc, il ne faut pas se poser de questions.
15:02Parfois, on n'a pas suffisamment
15:04de moyens pour protéger
15:05tous les points sensibles.
15:06Et là, on demande aux gens
15:08de rester chez eux.
15:08Et celui qui refuse de partir,
15:10vous avez les moyens
15:10de le contraindre
15:11ou c'est lui qui décide ?
15:13Souvent, on les contraint,
15:14mais il y a des moments
15:14où on est tellement pris par le feu
15:16que la négociation
15:17n'est plus possible.
15:18Donc, suivant la vulnérabilité
15:20de la personne,
15:20on peut parfois l'emmener de force,
15:22mais il y a des moments
15:23où on ne peut pas aller au-delà
15:24et on laisse les gens sur place.
15:25C'est assez exceptionnel.
15:27Une dernière question.
15:28Il a beaucoup plu cet hiver.
15:30Donc, la végétation
15:31est très présente.
15:32Et malheureusement,
15:33c'est ça aussi qui brûle.
15:35C'est-à-dire qu'il y a
15:35plus de choses à brûler.
15:36Oui.
15:37Et puis, en plus,
15:38on a vu avec les tempêtes,
15:39on a parfois des branches
15:40qui sont tombées.
15:41Alors, la forêt de Fontainebleau
15:42semble bien entretenue.
15:44Par contre, on a pas mal
15:44de massifs en France
15:45où ce n'est pas le cas.
15:46Et donc, on a toute cette
15:47strate arbustive
15:49qui est en mauvais état,
15:50qui brûle bien
15:51et dans laquelle
15:52on a du mal à s'infiltrer.
15:53C'est comme des ronces.
15:54Donc, faire rentrer des pompiers
15:55dans les ronces,
15:56c'est impossible.
15:57Oui, les Landes,
15:57c'était très mal entretenu.
15:58C'est ce qu'on avait dit.
15:59Alors, à l'époque,
16:00les Landes étaient mal entretenues
16:03et donc les pompiers...
16:04Tu veux dire quoi,
16:04mal entretenu ?
16:05En fait, les pompiers
16:06avaient du mal à rentrer
16:07dans les massifs.
16:09Pour autant,
16:10ils avaient des voies d'accès
16:11et c'est ce qui fait peut-être
16:13défaut aujourd'hui
16:15que dans les Landes,
16:16il y a des grands chemins
16:18qui séparent les parcelles
16:19et au moins, là,
16:21ça permet d'éviter
16:21la propagation
16:22d'une parcelle à l'autre.
16:23Là, ça semble vite
16:24se propager d'une parcelle
16:25à l'autre à Fontainebleau.
16:26Merci, mon colonel,
16:27d'être venu,
16:29colonel Franck Maillard,
16:30pour nous raconter
16:31ce qui se passe en ce moment
16:32en région parisienne.
16:33C'est totalement inédit.
16:34Des Canadaires
16:34qui viennent prendre de l'eau
16:35sur la Seine,
16:36ça, on ne pouvait pas le penser.
16:38Malheureusement,
16:39c'est le monde actuel
16:40et ça va sans doute
16:41se reproduire
16:42dans les étés qui viennent.
16:44Malheureusement, je pense.
16:45On a changé d'époque.
16:46Comme on dit, merci
16:47et en tout cas,
16:48d'être venu face au GG.
Commentaires

Recommandations