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  • il y a 2 heures
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:00On en vient à ces commémorations, dix ans après l'attentat de Nice, chauffeur de camion qui avait foncé sur
00:07la foule, sur la promenade des Anglais après le feu d'artifice.
00:1086 morts, dont 15 enfants, 400 blessés. Bonjour Stéphane Herbst.
00:15Bonjour.
00:16Merci d'être en direct avec nous ce matin. Vous étiez sur place ce 14 juillet avec vos deux enfants
00:23et avec votre épouse Rachel qui n'a pas survécu.
00:27Elle avait 39 ans et on pense à elle ce matin. Depuis, vous coprésidez l'association Promenade des Anges.
00:33Et votre parti pris ce matin, Stéphane Herbst, c'est de dire que vous avez le sentiment d'avoir été
00:39une victime oubliée, le sentiment d'avoir été l'attentat au rabais.
00:42En comparaison par exemple avec les victimes du 13 novembre à Paris, c'est ça que vous voulez dire ?
00:47Oui, alors ce n'est pas une victime oubliée parce que je suis une victime parmi les victimes de l
00:51'attentat.
00:51C'est surtout que les victimes de l'attentat et l'attentat dans sa globalité sont complètement oubliées depuis une
00:58dizaine d'années, depuis 8 ans plutôt.
01:00La dernière fois qu'on a eu la visite d'un président et d'un officiel entre guillemets, c'était
01:05en 2017 avec la venue d'Emmanuel Macron,
01:08puis l'année suivante avec Éric Dupond-Moretti.
01:11Puis ensuite, il y a eu un réel désintérêt de toutes les commémorations et au-delà des commémorations de tous
01:16les combats qu'on porte.
01:19Aujourd'hui, il y aura des commémorations retransmises en direct sur toutes les chaînes avec la présence du président de
01:25la République.
01:25C'est un pas important ?
01:27Oui, oui, c'est un pas important.
01:28Moi, je l'avais rencontré le 11 mars lors de la journée nationale et il m'avait garanti qu'il
01:33venait pour les commémorations.
01:35Je l'avais rappelé aussi que c'était l'attentat, les commémorations d'attentat 2017, c'est les premières de
01:39son mandat et les 10 ans, ce sera les dernières de son mandat.
01:42Donc je pense qu'aussi pour lui, ça revêt une importance assez particulière, une symbolique aussi assez particulière.
01:46Comment allez-vous aujourd'hui, Stéphane ? Qu'est-ce qu'il reste 10 ans après ?
01:51C'est la question à proposer, comment ça va ?
01:55Disons qu'on continue de survivre.
01:58On s'est dit, les premiers jours après l'attentat, on va essayer de survivre au quotidien, de faire les
02:04actions quotidiennes, l'inscription des enfants à l'école, le travail, etc.
02:07Et puis on s'aperçoit avec le temps, on met un pied devant l'autre et on continue d'avancer
02:11sans trop le vouloir parce qu'en fait, il y a le quotidien qui prend le dessus.
02:15Vous êtes happé par les contraintes quotidiennes.
02:19Puis on se retourne au bout de 10 ans, on s'aperçoit qu'on a fait un chemin.
02:22Ce n'est pas un chemin qui est parfait, ce n'est pas le plus beau, mais bon, on se
02:25dit qu'il a le mérite d'exister.
02:27Puis on a poussé nos enfants, on a fait grandir nos enfants et je pense que c'est l'essentiel.
02:30Vos enfants qui avaient 7 et 12 ans à l'époque, si je ne fais pas d'erreur, comment est
02:36-ce qu'ils ont grandi avec ça ?
02:39C'est une enfance, c'est aussi une adolescence vraiment particulière.
02:44Déjà, c'est une éducation monoparentale dans un cadre de contexte de deuil, donc ce n'est jamais facile.
02:50Et puis on vient rajouter en surenchère le contexte de l'attentat avec les atrocités, les horreurs que vous imaginez,
02:58dont je ne parlerai pas forcément.
02:59Mais voilà, c'est au-delà d'avoir perdu un parent, c'est l'avoir perdu dans un attentat au
03:04milieu de dizaines d'autres victimes dans une scène d'atrocité extrême.
03:09Donc oui, ça a été très difficile, notamment l'adolescence de ma fille.
03:13Aujourd'hui, elle a 22 ans et c'est une jeune fille assez épanouie, je trouve.
03:16Elle pourrait avoir beaucoup plus mal tourné, entre guillemets.
03:20Mon fils, lui, il a 17 ans et c'est un peu pareil.
03:25On s'est dit qu'on n'a pas le choix, il faut qu'on avance et je pense qu
03:29'on a un côté résident assez fort.
03:31Je ne sais pas, ça vient peut-être du caractère ou de notre façon d'agir depuis l'attentat.
03:37L'implication aussi, je pense, dans l'association qui a été assez importante et qui leur a montré aussi ouverte
03:42une certaine voie.
03:44Merci beaucoup pour votre témoignage ce matin, Stéphane Herbes, et pour cette résilience dont vous faites part.
03:51Et vous vous serrez les coudes entre victimes au sein de votre association, puisque vous co-présidez cette association qui
03:56s'appelle Promenade des Anges,
03:58l'association de victimes.
04:00Vous serez ce soir sur la Promenade des Anglais pour les commémorations qui seront présidées par le président de la
04:06République.
04:06Merci à vous.
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