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  • il y a 18 minutes
Chaque week-end, l’émission pilotée par Pauline Revenaz avec à ses côtés le général François Daoust, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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Transcription
00:00Bienvenue si vous nous rejoignez dans l'affaire suivante. Ce dimanche, le général Daouz m'accompagne dans cette émission.
00:04Ravi de vous accueillir de ce côté de la table, le général.
00:06Bonjour.
00:07C'est une affaire totalement rocambolesque, digne d'un scénario de Polar.
00:10Un colis piégé qui vise une famille d'oligarques ukrainiennes, une chasse à l'homme ou plutôt une chasse à
00:16la femme et un assassinat en Ukraine.
00:18Qui est donc cette femme au chapeau, recherchée d'abord par toutes les polices, retrouvée assassinée en Ukraine ?
00:24Portrait signé Pierre-Louis Boussin.
00:28Presque deux semaines d'enquête, de découverte, de questions.
00:31Mais à ce stade, toujours pas de mobile concernant l'explosion du 29 juin à Monaco.
00:36Pas de certitude non plus sur le rôle précis joué par cette femme, Anastasia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans,
00:43soupçonnée d'avoir déclenché l'engin explosif ayant fait trois blessés, dont un oligarque, originaire d'Ukraine également.
00:50Sur ces images de vidéosurveillance, on aperçoit la suspecte près de la frontière avec la principauté,
00:55venu acheter une batterie externe chez un réparateur de téléphone, quelques heures seulement avant la détonation.
01:01Ça m'a un peu étonné du coup quand j'ai vu que c'était elle de la suspecte,
01:06parce que quand elle est rentrée, elle ne parlait pas du tout anglais déjà, elle avait un peu de mal
01:10et apparaissait totalement normale.
01:12La dernière image d'elle à Monaco, la voici, grimée en homme, coiffée d'un bob.
01:18Pendant plus d'une semaine, aucune trace d'elle.
01:20Anastasia Berezovska est finalement retrouvée morte en Ukraine le 7 juillet.
01:25Son corps porte des blessures par balle à la tête.
01:28Deux hommes sont arrêtés le même jour.
01:30Un ancien membre des forces de l'ordre et un employé du renseignement militaire ukrainien.
01:35Ils sont suspectés de meurtre.
01:38Il a été interpellé chez lui. J'étais d'ailleurs présent à ce moment-là.
01:42Des actes d'enquête ont été menés à son domicile, en l'occurrence une perquisition.
01:46Et en vertu de la procédure 28, il a été placé en détention.
01:52Selon la police, les deux hommes ont aussi effectué plusieurs virements bancaires au bénéfice d'Anastasia Berezovska
01:58et pourraient être impliqués dans l'explosion de Monaco.
02:01Le suspect travaillant pour le renseignement militaire ukrainien a reconnu le meurtre
02:05et dit avoir agi sans en informer ses supérieurs.
02:09Alors tout est mystérieux sur le plateau.
02:11Et avec plaisir, Cyril Gellipter, merci d'être avec nous.
02:14Docteur en histoire et expert en renseignement, Boris Carlamot, journaliste police-justice de BFM TV.
02:20Le plus frappant dans cette histoire, peut-être démarrons avec vous Boris,
02:23c'est l'épilogue ou c'est le déclenchement.
02:25Tout est incroyable, je le disais, depuis l'explosion de Monaco.
02:28Et Boris, vous avez eu la chance d'aller sur le lieu.
02:30Oui absolument. Nous sommes le 29 juin dernier, peu avant 21h.
02:34Il y a un individu qui va déposer un colis piégé en l'espèce un cabas
02:38sur le perron d'un immeuble du centre de Monaco
02:42à quelques dizaines de mètres de la frontière française et de la commune de Beau-Soleil.
02:45Et on va s'apercevoir sur les vidéosurveillances que cet individu porte un bob
02:49qui est en train de prendre la fuite direction la frontière française et la commune de Beau-Soleil.
02:55Il y a trois personnes qui vont être blessées dans l'explosion de ce colis.
02:59Il y a eu une véritable honte de choc puisque l'explosion a été entendue à des dizaines et des
03:04dizaines de mètres
03:06de l'endroit où l'on se trouvait là.
03:07Et puis donc on va vite s'apercevoir, un peu plus de 48h, 53h si ma mémoire est bonne,
03:12que cet individu, cet homme, finalement c'est une femme.
03:15C'est une femme qui a fait des repérages en amont.
03:17Les jours précédents l'explosion et le jour même, elle va repérer cette famille.
03:21Ce soir-là, elle va suivre la famille, elle va la devancer.
03:24Elle va attendre que la famille pénètre dans l'immeuble.
03:26Et à ce moment-là, à l'aide d'une télécommande, elle va déclencher l'engin explosif.
03:31L'enfant de 13 ans va pénétrer dans l'immeuble.
03:33C'est pour ça qu'il sera le moins blessé, entre guillemets.
03:35Et puis c'est au moment où la compagne de l'oligarde passe que la bombe explose.
03:39Puis cette femme va prendre la direction de la France.
03:41En fuite, l'Italie, remonter jusqu'à l'Allemagne.
03:44Pourquoi l'Allemagne ? Parce qu'elle est domiciliée là-bas.
03:45Et de là, une fiche est mise jusqu'à ce qu'on retrouve sa trace.
03:49C'était le 6 juillet dernier.
03:52Non pas en Europe, mais en Ukraine.
03:54Elle aura été retrouvée morte près de Kiev.
03:56Alors moi, honnêtement, j'ai quelques questions à poser.
04:00Parce qu'on dit que la justice a besoin de temps, que les enquêtes sont compliquées.
04:04Là, nous sommes dans une enquête internationale.
04:07Nous avons des services dont on ne sait pas trop qui fait quoi et pour qui.
04:12Et on arrive déjà, le procès est terminé.
04:15On a trouvé la victime.
04:17Tout est ficelé.
04:18Est-ce qu'on ne nous a pas donné un paquet cadeau face à tout le monde ?
04:22En nous disant, ben voilà, c'est terminé, circulé, il n'y a plus rien à voir.
04:25Que c'est un peu plus compliqué que ce qu'on en a vu.
04:28Alors, pour précision, là en fait, c'est en quelque sorte une audience, entre parenthèses, préliminaire.
04:33C'est-à-dire que, et c'est toujours le maintien en détention, je crois que c'est deux, trois
04:37mois.
04:37Et dans deux, trois mois, on va revenir en fait avec un nouveau procès pour décider s'il faut...
04:42C'est comme ça que les Ukrainiens procèdent.
04:44Je le vois dans les décisions de justice ukrainienne.
04:47Mais comme vous, j'ai un doute.
04:48Comme vous, j'ai un doute énorme sur cette affaire.
04:50Car l'un des interpellés, qui n'est pas seulement officier du renseignement militaire ukrainien,
04:56c'est un officier de l'unité A2772.
04:59C'est-à-dire, c'est le centre d'entraînement des forces spéciales ukrainiennes.
05:01C'est quand même un peu un profil un peu différent.
05:04beaucoup plus opérationnel pour justement mener des opérations spéciales.
05:07Il nous dit, j'ai agi sans en informer ma hiérarchie dans mon coin.
05:12Excusez-moi, mais c'est en violation complète de toutes les procédures
05:17mises en œuvre par les forces spéciales, peu importe, ukrainiennes, françaises.
05:21Au contraire, vous êtes impliqué dans une telle affaire, vous vous rendez compte à votre hiérarchie.
05:26Mais je voyais aussi qu'il chargeait son comparse.
05:28Beaucoup.
05:28Alors, il faut rappeler le profil de la première victime.
05:32Qui est cet homme visé à Monaco ?
05:34Vadim Ermolaïf.
05:36Pourquoi est-ce qu'il était visé ?
05:37Et qui a voulu l'assassiner ?
05:38C'est ça la question qu'il faut se poser au départ, avant de remonter en Ukraine.
05:42Alors, on va aller en Ukraine, parce que la clé du mobile se trouve nécessairement en Ukraine.
05:46Cyril Amoursky, vous êtes le correspondant de BFM TV.
05:49Quels sont les éléments dont vous disposez dans cette enquête ?
05:52Et qu'est-ce que vous savez de plus sur les auteurs de l'assassinat de cette femme au chapeau
05:57dont on parle depuis quelques instants en plateau ?
06:00Alors, ce qu'on sait, c'est qu'effectivement, il y a deux personnes qui ont été arrêtées.
06:03Il s'agit de deux suspects différents.
06:04Le premier, c'est un employé, un ancien employé du SBU, donc les services secrets ukrainiens.
06:09Et il y a également une autre personne qui a été interpellée.
06:11C'est quelqu'un qui travaille toujours, en tout cas jusqu'à son arrêt,
06:14dans les renseignements militaires ukrainiens, comme cela a été rappelé par vos deux invités.
06:20Et ce qu'on sait aussi, c'est que le corps a été retrouvé le 6 juillet.
06:24Elle aurait été tuée le 3 juillet, deux jours seulement après avoir pu revenir en Ukraine.
06:28Rappelons que le crime a été commis le 29 juin.
06:31Deux jours plus tard, elle a pu traverser la frontière ukrainienne.
06:34Elle est placée sur la liste d'Interpol le lendemain, le 2 juillet.
06:39Son corps est retrouvé le 6 et elle est assassinée le 3.
06:42On la retrouve dans une petite commune qui est dans la région de Kiev.
06:46Il s'appelle Yuriv.
06:47Et comment on a fait pour retrouver ce corps ?
06:49Justement, le procureur, la police a interrogé les deux suspects et ils ont montré la route qu'ils ont prise,
06:54avec notamment une BMW noire pour pouvoir aller chercher la victime.
07:00Ils l'ont assassinée pendant une conversation et puis ensuite, pas très loin du lieu du crime, ils l'ont
07:05enterrée.
07:05On ne sait pas exactement qui, pour rentrer le crime, a été commis.
07:09Ce qu'on sait, c'est qu'apparemment, il a été commis effectivement sans que la hiérarchie n'ait été
07:13prévenue.
07:13En tout cas, c'est ce qui a été annoncé pendant la phase préliminaire du jugement des deux suspects.
07:20Et par rapport à Yermolayev, si vous me permettez, c'est un profil en réalité qui est assez commun.
07:26C'est une personne qui a fait sa fortune, notamment lors des années 90, des années 2000 en Ukraine.
07:31Quelqu'un qui a fait beaucoup d'argent, notamment dans des projets immobiliers dans sa ville natale de Dmitro.
07:35Il a construit énormément de centres commerciaux, de Gratel par exemple.
07:39Et en fait, en 2019, il a décidé d'abandonner la nationalité ukrainienne pour accepter la nationalité chypriote.
07:44Il s'est ensuite exilé à l'étranger, notamment à Monaco.
07:48Et il a été placé sur la liste de sanctions ukrainiennes, donc de son propre ancien pays, en 2023.
07:53Parce qu'en réalité, après 2014, après l'annexion de la Crimée,
07:57un business qu'il possédait sur la péninsule, qui produisait du vin, a continué à faire du business, à faire
08:03des affaires.
08:03Et cela s'est encore renforcé à partir de 2018, des territoires occupés.
08:06Mais pour autant, ce n'est pas une cible, disons, classique pour les Ukrainiens,
08:11tout simplement parce que ce n'est pas un profil qui était très connu.
08:14Ce n'était pas un profil qui était médiatisé.
08:15Il était peut-être connu à Dmitro et dans la région de Dmitro.
08:18Mais globalement, le pays n'en avait pas beaucoup entendu,
08:20ne serait-ce que dans une enquête qui s'appelle le Bataillon Monaco.
08:23C'est le surnom que l'on donne justement à ces exilés riches
08:26qui ont décidé de vivre à l'étranger et non pas combattre ou bien contribuer à l'effort de guerre.
08:30Mais du grand public, c'était globalement une personnalité.
08:32Enfin, c'est une personnalité qui est franchement méconnue.
08:35– Alors, général, il y a quoi comme mobile possible sur la table ?
08:38On nous parle d'un mobile personnel, on parle de criminalité organisée
08:43ou on parle d'ingérence ? Qu'est-ce qui est possible ?
08:45– Eh bien, je dirais les trois, tout simplement.
08:48– Les trois mots généraux.
08:48– Exactement, les trois mots généraux.
08:50Parce qu'on voit avec le fait de continuer de faire des affaires avec les Russes
08:55à travers la prescrite là-bas.
08:58Et on veut punir, on veut récupérer, on veut montrer.
09:03Est-ce que c'est une action gouvernementale ?
09:05Est-ce que c'est une action isolée ?
09:07Est-ce que c'est une action mafieuse pour récupérer les intérêts ?
09:12Et qui pourrait être aussi, après tout, on peut aller même au-delà
09:15de la frontière ukrainienne.
09:17Et il y a des oligarques russes qui seraient très intéressés
09:19pour récupérer les business de Crimée et dans les territoires occupés.
09:24Donc on voit bien qu'on est dans une nébuleuse d'intérêts, de motifs,
09:29à voir s'il y a un petit peu de motifs politiques, nationals derrière, pourquoi pas.
09:34Mais là-dessus, on sent bien que ces intérêts, peut-être que suivant lors de l'enquête,
09:43bien la crypto-monnaie et les paiements de la victime,
09:48qui n'a été finalement qu'un petit soldat, un pion, qui vite a été éliminé,
09:54pourront apporter quelque chose.
09:55Mais ça, spécialistes au renseignement pour nous le dire.
09:58Oui, parce qu'il y a des virements en crypto-monnaie,
10:00des auteurs présumés vers cette femme au chapeau, c'est ça ?
10:03C'est ça, et c'est comme ça que les enquêteurs disent qu'ils seraient remontés.
10:08Je dis en passant qu'ils seraient remontés aussi vite.
10:10Alors, ça ne m'étonne pas complètement.
10:11Vous avez de grosses guéguerres entre le SBU d'une part,
10:15le contrat supérieur ukrainien, et le GOUR, le renseignement militaire.
10:17Nous l'avons vu même au début du conflit.
10:19Si vous vous souvenez de cette personne qui participait aux négociations,
10:23qui s'appelait Kyriev, côté ukrainien,
10:28qui était contrôlée par le renseignement militaire ukrainien,
10:32et qui a été abattue, car considérée comme traître, par le SBU.
10:36Je ne sais pas si vous vous souvenez de cette affaire.
10:38Sur les motifs, je veux de reconnaître que moi-même, je patauge.
10:41Ah, c'est honnête de le reconnaître.
10:43Je préfère le dire, parce que j'ai du mal à comprendre.
10:45Je veux dire, effectivement, Irma Laïef n'était pas le plus gros des poissons,
10:51la cible la plus importante.
10:54Autre motif possible, éventuel, faire peur, justement,
10:57à ces Ukrainiens qui se sont enfuis,
11:00ce qu'on appelle le bataillon de Monaco.
11:01Vous avez des hommes d'affaires, des hommes politiques aussi.
11:03Vous avez des anciens hommes politiques qui sont partis s'installer
11:06dans le sud de la France, du côté de Monaco,
11:10qui ont acheté depuis très longtemps, soit étant passant,
11:13des résidences là-bas, parfois avec de l'argent pas très propre.
11:17Et soit étant passant, Irma Laïef, effectivement,
11:19apparaissait dans des affaires, enfin, des call centers,
11:21son fils qui a été mis en cause, qui a été extradé,
11:23si je comprends bien, vers un des Pays-Bas, je crois,
11:25que l'Estonie, mais je ne suis pas sûr.
11:27Enfin, il y avait effectivement beaucoup de louches.
11:29Mais même sur ces...
11:30Il y a beaucoup de louches, vous dites.
11:32Oui.
11:32Boris Carlamath, qu'est-ce que peut faire la justice désormais ?
11:35Et notamment à Monaco, le procureur journal a tenu une conférence de presse.
11:39Absolument.
11:39Donc il y a désormais une coopération entre le parquet général ukrainien
11:42et les autorités monégasques.
11:44Il y a eu des premiers rendez-vous, des premiers échanges éléments.
11:46Mais désormais, tout se passe en Ukraine.
11:47Monaco n'a pas la main, forcément, à ce qui se passe sur le territoire ukrainien.
11:51On va rappeler qu'il y a eu une coopération européenne,
11:54avec notamment l'appui de plusieurs services de police judiciaire français,
11:57à savoir le SIPJ des Alpes-Maritimes
11:59et la police technique et scientifique de Marseille.
12:01Ce sont ces policiers marseillais qui ont procédé au relevé,
12:05aux constatations sur place.
12:06Donc voilà, il y a plusieurs services français, allemands, ukrainiens et monégasques
12:10qui sont désormais à la recherche du moins d'indices
12:14qui permettraient d'avoir un début d'explication.
12:15Alors il y a quelques jours, une source proche du dossier a indiqué à BFM TV
12:19bien qu'il y avait deux pistes sur la table.
12:20L'ingérence, forcément, et puis la criminalité organisée.
12:24On va rappeler que lorsque la bombe est déclenchée,
12:27c'est au moment où la femme, la compagne, pardon,
12:29la compagne de l'oligarque passe.
12:31Donc il existe un petit doute.
12:32Est-ce cette femme-là, Anna Nazobina, qui était visée, finalement ?
12:36Ou est-ce la famille ou l'oligarque ?
12:38On n'en est qu'au début des investigations.
12:39On va reprendre la direction de Kiev,
12:40parce que Cyril Amorski a sans doute une remarque ou une question à nous soumettre.
12:45Je pense que la plupart des choses ont déjà été mentionnées,
12:48mais ce qui interpelle aussi, c'est que finalement,
12:49à ce stade, nous avons encore plus de questions que de réponses.
12:52On a trouvé deux suspects, mais pourquoi ces deux personnes-là ?
12:55Pourquoi aussi rapidement ?
12:56Et surtout, comment est-ce qu'elle a réussi, Anastasia Berezovska,
12:59à franchir toutes ses frontières européennes
13:01et ensuite franchir la frontière entre un pays européen et l'Ukraine ?
13:05Je rappelle que, par exemple, lorsque vous voulez rentrer depuis la Hongrie
13:07ou depuis la Pologne ou depuis un autre État de l'Union européenne en Ukraine,
13:10vous devez forcément déposer vos empreintes, tout simplement.
13:14Donc il y a plusieurs questions à ce niveau-là.
13:16Comment elle a fait pour rentrer ?
13:17Comment est-ce qu'on n'a pas pu l'interpeller entre-temps ?
13:19Alors évidemment, il y avait la notice rouge qui a été émise le lendemain,
13:25en fait, de son arrivée sur le territoire ukrainien.
13:27Mais pourquoi elle a commis ce crime ?
13:29Comment est-ce qu'elle a fait pour être préparée de façon aussi professionnelle ?
13:32Et surtout, quel est vraiment l'intérêt de cibler Yarmolaïev ?
13:36On l'a mentionné, il y avait donc cette affaire
13:38de gros projets de construction dans la ville de Nipo et dans la région,
13:42mais cela ne pose pas vraiment de problème.
13:44Ensuite, il y avait la question de son business qui a été sanctionné en Crimée.
13:47Ça, par contre, c'est un sujet qui est compliqué,
13:49mais disons que ça n'en fait pas non plus une cible prioritaire.
13:52Malheureusement, il y a de nombreux autres profils de personnes qui ont continué
13:56à commercer avec la Russie ou bien en territoire occupé.
13:58Ensuite, il y a effectivement la question des call centers,
14:00mais ça n'en fait pas non plus une cible prioritaire.
14:03Et si on parle des motifs politiques, Yarmolaïev n'est pas quelqu'un
14:05qui est particulièrement connu pour ses prises de position,
14:08pour son soutien à un tel ou tel profil politique.
14:11C'était vraiment quelqu'un qui était dans le milieu des affaires,
14:13mais de ce qu'on sait, ce n'était absolument pas quelqu'un
14:14qui avait un positionnement pro-russe ou quoi que ce soit.
14:16Donc vraiment, on ne sait pas à quel niveau est-ce que c'est un règlement de compte.
14:20On pense maintenant, désormais, avec le profil des suspects,
14:23que c'est quand même une affaire, disons, ukrainienne.
14:25Mais est-ce que c'est quelque chose de lié directement à l'État ukrainien
14:28ou bien est-ce qu'il s'agit d'une action mafieuse criminelle ?
14:31Pour l'instant, on n'a vraiment pas la réponse à ce niveau-là.
14:34Ce que disent les suspects, c'est qu'ils n'avaient absolument pas informé leur hiérarchie.
14:37Maintenant, une fois de plus, on a eu tous ces éléments
14:39de façon vraiment très subite et très rapide.
14:41Donc il y a encore plus de questions que de réponses.
14:43Merci beaucoup Cyril. J'ai une question pour vous.
14:46– Bonjour Cyril, j'ai une question.
14:47Par hasard, si tu as eu à suivre le jugement de maintien en détention
14:55des deux personnes interpellées, et aussi, qu'est-ce qu'ils ont dit sur les raisons ?
15:00Est-ce qu'ils ont parlé des raisons ?
15:02Pourquoi ils ont décidé de commanditer l'attentat ?
15:07Et s'ils en ont parlé eux-mêmes de l'attentat de Monaco, je parle ici.
15:12– Alors je n'étais pas présent au tribunal le lendemain de leur arrestation.
15:15Par contre, ce qu'ils ont expliqué, une fois de plus, c'est qu'ils n'ont pas donné de
15:18raison précise.
15:19Ce qu'ils ont expliqué, c'est que leur hiérarchie n'était pas au courant.
15:22Ils ont réagi de façon indépendante.
15:25Effectivement, ils ont organisé des paiements via des moyens de crypto-monnaie.
15:28Et ensuite, ils ont raconté comment ils l'ont tué, en fait, cette femme.
15:32Ils l'ont d'abord retrouvée dans une maison dans la ville de Biorot,
15:35que d'ailleurs, ce n'est pas très loin de là où je me trouve en ce moment.
15:37Ensuite, ils ont récupéré cette femme dans une BMW de couleur noire.
15:41Et quasiment 40 minutes plus tard, en transport,
15:44ils l'ont déposée dans une petite commune qui s'appelle Yuriv,
15:48qui est également dans la région de Kiev.
15:50Et après une conversation, ils ont décidé de l'assassiner.
15:53Et puis, ils l'ont enterré vers le même lieu.
15:55– Merci.
15:56– Juste rapidement, les crypto-monnaies,
15:58ils les ont versées avant qu'elles reviennent en Ukraine
16:00ou une fois son retour, juste après l'attentat ?
16:04Je n'ai pas accès à cette information,
16:06mais peut-être que Boris en sait plus que moi.
16:08– C'est avant.
16:08– Avant.
16:09– Merci, merci beaucoup à tous pour vos lumières.
16:12On suivra ce dossier avec beaucoup d'attention.
16:13Vous avez compris, il y a plus de questions que de réponses
16:15à l'heure où on se parle.
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