- il y a 6 minutes
Chaque week-end, l’émission pilotée par Philippe Gaudin avec à ses côtés Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:00On le connaît d'abord pour son CV de grand flic, ex-patron de la BRI pendant les attentats de 2015,
00:04aujourd'hui chef de la brigade des mineurs, Christophe Molmy, un talent d'écrivain,
00:08qu'il exerce un talent d'écriture, qu'il exerce depuis plusieurs années.
00:11Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:13Voici ce petit objet.
00:15Racontez-nous d'abord l'histoire de ce nouveau livre, parce que oui, Brulez-tout, c'est pas votre premier livre.
00:19Pour ma part, j'avais beaucoup aimé l'ancien, comme un papillon, avec une très belle couverture bleue, celui d'avant.
00:24Mais celui-ci, racontez-nous Brulez-tout.
00:26Alors celui-ci, c'est le sixième, comme un papillon, c'était un roman noir,
00:30et j'ai voulu revenir au Polar, j'avais commencé par le Polar,
00:33et briguer ce prix que tous les flics qui écrivent rêvent.
00:39Et bien le voilà, il est pour vous le prix du Kénézorpheur.
00:41J'en suis ravi.
00:42Et bien écoutez, c'est une affaire de flics un peu classique,
00:46mais je voulais quand même une histoire, l'arène, ce qu'on appelle le fond de l'histoire un peu moderne,
00:51et en particulier exploiter le fond des réseaux sociaux.
00:55– La nouvelle criminalité via les réseaux sociaux, c'est ça ?
00:58– Cette nouvelle criminalité, et surtout ce domaine que les policiers, dernièrement, ont dû découvrir,
01:03puisqu'il y a eu de fortes accélérations.
01:06Moi, je suis flic depuis un peu plus de 30 ans,
01:08à l'arrivée d'Internet, et puis ensuite des réseaux sociaux.
01:10Maintenant, il y a l'IA, donc il faut qu'on s'adapte, la PJ s'adapte.
01:13Mais ça me paraissait être une histoire intéressante,
01:16surtout que si vous agrégez ça à des mouvements populaires qu'on a connus,
01:21comme les Gilets jaunes par exemple, le Capitole aux Etats-Unis,
01:23l'idée c'était, est-ce qu'on peut déployer la population,
01:28est-ce qu'on peut la pousser à commettre des actes, y compris contre l'État,
01:32via les réseaux sociaux derrière lesquels on peut se cacher ?
01:34C'est ça le fond de l'histoire.
01:35– Très bien. Dominique, vous avez aimé ?
01:37– Ah non, je ne vous ai pas salué.
01:38– Dominique, vous voulez tout ?
01:39– Comment ?
01:40– Vous avez aimé ?
01:41– Oui, j'ai bien aimé, j'aime bien les formules,
01:44et je voulais vous poser la question,
01:46est-ce que vous, parce qu'il y a des formules,
01:47quand même des vraies formules de flics,
01:48en fait, il y a l'impression que c'est du Marshall,
01:50c'est du Marshall au cinéma, mais c'est du molmi dans l'écriture,
01:54mais c'est un peu le même...
01:55Est-ce que ces phrases, de temps en temps, vous les notez ?
01:58Moi, je note des phrases sur mon téléphone,
01:59que j'entends dans la rédaction.
02:00Est-ce que vous notez des phrases comme ça ?
02:02– Non.
02:03– Tout est dans votre tête ?
02:05– Oui, alors les dialogues, c'est facile,
02:07parce que c'est le quotidien, finalement,
02:08les dialogues des flics et des voyous,
02:09nous on aille dedans.
02:10– Oui, mais vous pourriez prendre des petites notes,
02:12nous on a bien les secrets de fabrication,
02:13vous pourriez prendre des petites notes à côté.
02:15– Non, je prends des notes sur le déroulé de l'histoire,
02:17des intentions, une scène, par exemple,
02:19qui s'impose à moi, ça oui.
02:21Mais il y a un gros travail de préparation en amont
02:23pour structurer l'histoire, les sous-histoires,
02:25il y a trois histoires dans une histoire, en réalité,
02:27incarner les personnages,
02:29avoir une fiche sur les personnages,
02:31pour vraiment les incarner.
02:32Là, on revoit Colline,
02:34qui est un personnage qui était déjà apparu dans le passé,
02:35que certains lecteurs m'avaient demandé,
02:37auquel je suis attaché.
02:38– Ah, c'est une demande de lecteur,
02:40vous ressuscitez Colline à la demande de vos lecteurs ?
02:42– Oui, parce que les deux derniers romans,
02:44c'était des romans noirs,
02:45mais certains lecteurs sur des salons disaient
02:46« Oui, mais quand est-ce que Colline va revenir ? »
02:49Donc, il faut écouter aussi les lecteurs,
02:51qui d'ailleurs, j'ai découvert,
02:52sont surtout des lectrices.
02:53La majorité des lecteurs de Polar sont des lectrices.
02:55– Oui, marrant.
02:56– Et voilà, donc…
02:57– Vous savez que pour nos faits d'entrée et d'accusés,
02:59en tout cas, nos histoires criminelles,
03:01quand ils nous arrivent de nous déplacer,
03:03pour présenter « Faites entrer l'accusé en province »,
03:05on l'a fait à Bastia il y a un mois,
03:06il y a énormément de femmes
03:08qui s'intéressent à cette matière criminelle.
03:10– Que cherche-t-elle ?
03:11– Pareil pour les livres.
03:14– Et puis, un personnage féminin,
03:15c'est l'air du temps aussi,
03:16puisque la police a beaucoup changé,
03:17tant mieux.
03:18Donc, c'était intéressant de voir,
03:20de vieillir dans la boîte,
03:22prendre de la maturité,
03:23une jeune enquêtrise,
03:25qui, cette fois-ci,
03:26a quand même un peu plus d'épaisseur
03:27que dans les premiers romans.
03:28– Et malgré ce chaos numérique,
03:30les réseaux sociaux,
03:31la déstabilisation,
03:32la meilleure arme, finalement,
03:33c'est l'instinct.
03:35– Oui, ça reste quand même.
03:35– C'est ça la morale de l'histoire.
03:37– Oui, parce qu'il y a aussi,
03:38en fond,
03:39pas l'affrontement,
03:40mais le choc qu'il y a parfois
03:43entre les vieilles méthodes
03:44à l'ancienne
03:45et les nouveaux moyens
03:47dont vous parliez tout à l'heure,
03:48l'ADN, la PTS,
03:50l'IA dont on a discuté.
03:52Mais ça reste un boulot d'homme,
03:54enfin humain, j'entends.
03:55– Oui, oui, j'entends.
03:56– Donc, il faut avoir de l'instinct,
03:57de l'intuition.
03:58En effet, il y a un vieux flic
03:59dans l'histoire
04:00qui prouve, à un moment,
04:02qu'il ne suffit pas
04:02d'avoir des outils
04:03de rapprochement criminel,
04:04mais il faut aussi sentir les affaires.
04:06– Oui, surtout pour les plus vieux.
04:08– Et alors, le soir de la remise
04:08du prix de l'IQA des Orfèbres,
04:09j'avais la chance d'y être.
04:10Vous avez raconté,
04:11un peu avec votre pull-up,
04:12parce qu'on sait que
04:13vous n'êtes pas très bavard.
04:14– Pourquoi je n'y étais pas ?
04:14– Comment vous êtes devenu...
04:16Tu ne pouvais pas.
04:16– Comment vous êtes devenu flic,
04:18ou plutôt ce qui vous a donné envie
04:19de plonger dans ce métier PJ
04:21et raconté pour nos spectateurs,
04:23ça démarre en fait avec des livres
04:24et avec votre père ?
04:25– L'écriture, oui.
04:26Mon père qui lisait
04:26Simon, Borniche.
04:28Donc petit, j'ai lu
04:30les livres de mon père.
04:31Et puis, j'entendais parler
04:33au repas de famille,
04:34j'entendais parler de Broussard,
04:35de Pellegrini,
04:36tous les anciens
04:37qui avaient neutralisé Messerine.
04:38Ça ne s'est passé pas très loin
04:39de chez une de mes grands-mères.
04:40Donc j'ai baigné là-dedans.
04:42– C'est drôle.
04:42– Et puis ensuite,
04:44on rationalise ça.
04:45– On fait des études.
04:46– Bien sûr.
04:47Mais les premiers et moi,
04:48c'est la lecture.
04:49Et donc, c'est vrai
04:50qu'à un moment,
04:51je me suis dit
04:51si ça peut motiver des jeunes
04:53aussi à rentrer dans la boîte,
04:55la boucle sera bouclée
04:56et ça sera très belle.
04:57Et voilà.
04:58– Alors, est-ce que
04:59vous disiez tout à l'heure
05:00Broussard, Pellegrini,
05:01il y a eu Cancesse,
05:03Claude Cancesse,
05:05il y a eu les anciens Tours
05:06à la PJ Versailles,
05:08tous ceux qu'on a bien connus.
05:10Quand vous aurez,
05:11maintenant, il y a Molmi
05:11et quand vous aurez disparu ?
05:13Parce que bon,
05:14vous êtes en retraite dans 5 ans.
05:16– Un peu plus.
05:17– Je suis concerné,
05:18moi aussi,
05:18je suis beaucoup plus vieux
05:20que vous.
05:21Mais quand vous aurez disparu,
05:23est-ce que les jeunes
05:24vont garder,
05:26disparu en tout cas
05:26de la sphère policière ?
05:28Est-ce que les jeunes
05:29vont garder…
05:29– Il devient peut-être
05:30scénariste après.
05:31– Oui, oui,
05:32mais votre nouvelle vie,
05:33elle a déjà commencé
05:34avec les livres.
05:35Mais est-ce que vous pensez
05:35que les jeunes,
05:37toute cette science
05:38que vous avez, vous,
05:39de l'instinct,
05:40eh bien,
05:41ils l'auront ?
05:42Est-ce que ça se travaille ?
05:43Est-ce que ça existera encore ?
05:45Ou est-ce qu'on sera
05:46que dans ces trucs modernes ?
05:47Vous savez, quand les procs
05:48nous font des conférences
05:49de presse sur des affaires,
05:50Christophe,
05:50c'est toujours bon.
05:52Alors, l'ADN, machin,
05:52le téléphone à borné,
05:54le lecteur automatique
05:55de plaques d'immatriculation
05:56prouve que machin,
05:57est-ce qu'ils l'auront encore ?
05:58Ça ne suffit pas.
05:59Aujourd'hui, je suis en responsabilité
06:01de la brigade des mineurs.
06:02Les enquêteurs et des enquêtrices,
06:04d'ailleurs, pour l'essentiel,
06:05ont de l'instinct,
06:06travaillent de la matière humaine.
06:08Je n'étais pas dans le secret
06:09de l'enquête,
06:10mais sur l'affaire du Louvre
06:11qui a brillamment réussi la BRB,
06:12il ne suffisait pas
06:14de rapprocher des vidéos
06:15et de l'ADN.
06:17Il y avait un travail en amont aussi.
06:19Il faut la connaissance
06:19de la matière,
06:20il faut sentir la matière.
06:22Donc, des robots ne le feront pas.
06:23L'IA ne fera pas des enquêtes.
06:25Vous, à la brigade des mineurs,
06:26il y a combien de personnes
06:26autour de vous ?
06:28Une centaine d'enquêteurs.
06:29Et ça, il y a de l'instinct aussi
06:30sur ces dossiers-là, j'imagine,
06:32du tact, d'abord,
06:32de la délicatesse.
06:33Énormément, surtout pour le recueil
06:35de la parole des enfants.
06:36C'est un vrai, vrai sujet.
06:38Et de former, pour ça,
06:39il faut le sentir,
06:40il faut en avoir envie aussi.
06:41C'est un métier qu'il faut avoir
06:41envie de faire.
06:42Mais la PJ, de manière générale,
06:44c'est un métier qu'on ne fait pas
06:45par hasard.
06:46Et alors vous,
06:46pourquoi est-ce que vous écrivez ?
06:48Est-ce que c'est pour vous délester
06:49des souvenirs un peu trop lourds ?
06:51Est-ce que c'est une forme de purge ?
06:53Comment est-ce que vous voyez les choses ?
06:54Ce n'était pas très assumé au début,
06:55pour être sincère.
06:56J'ai écrit le premier il y a très longtemps,
06:58de façon assez laborieuse d'ailleurs.
07:00Mais pour moi,
07:02peut-être pour voir si je pouvais le faire.
07:03Et puis, parce que je ne trouvais pas
07:05de crédibilité dans les bouquins.
07:07Les bouquins sont souvent
07:08très, très bien écrits.
07:09Mais le fond,
07:11les mécanismes d'enquête
07:12sont souvent très loin de la réalité.
07:15Donc j'ai écrit ce premier livre,
07:16mais je ne l'ai pas envoyé
07:17à une maison d'édition.
07:18Non, non, c'est un de vos confrères
07:20journalistes un jour
07:21qui m'a dit
07:22« Mais tu devrais écrire. »
07:23Et j'ai dit « Mais j'ai écrit un truc. »
07:25Il m'a dit « Bah, fais voir. »
07:25Donc je lui ai envoyé.
07:26Mais j'ose pas.
07:27Vous avez dit au début « J'ose pas. »
07:28Oui, je ne l'avais pas spécialement envie.
07:29Donc je lui ai envoyé
07:30et il l'a lu.
07:31Et c'est lui qui l'a envoyé
07:31à la maison d'édition
07:32qui m'a appelé
07:33pour me proposer de l'éditer.
07:34C'est une belle histoire.
07:35Et puis comme le premier a marché,
07:36on lui dit « Il faut en refaire. »
07:37Et le déclic initial,
07:38quand vous vous mettez à écrire,
07:39c'est quoi ?
07:40C'est simplement
07:40envie de vous tester
07:42ou il y a un truc particulier
07:44où vous vous êtes dit
07:44« Il faut y aller. »
07:45Il faut un concept.
07:46Il faut un teaser.
07:47Il faut une histoire quand même.
07:48Et souvent, c'est une scène.
07:50Une scène qui s'impose à moi
07:51qui n'est pas nécessairement
07:52la fin ni le début.
07:52C'est une scène,
07:53une audition,
07:54une interpellation,
07:54quelque chose.
07:55Et après, ça se construit autour.
07:56Mais qui vous apparaît comme ça ?
07:58Oui.
07:58Alors après,
07:59je n'ai jamais incarné
08:00de policiers ni de voyous
08:02que j'ai connus.
08:02Mais je me suis aussi servi
08:03d'affaires que j'ai traversées
08:05ou des affaires d'autres collègues
08:08qui, bout à bout,
08:10aussi permettent
08:11de crédibiliser une histoire
08:12et de la tisser.
08:13Ça ne vous suffit pas au bureau ?
08:14Il faut que vous recontinuiez
08:15à la maison, c'est ça ?
08:16C'est un peu monomaniaque,
08:17je reconnais.
08:18Après, moi,
08:19je ne suis pas l'ambassadeur
08:20de la police judiciaire,
08:21mais j'ai à cœur aussi
08:22de montrer ce qu'est cette boutique
08:24sous des jours favorables.
08:27Je n'aime pas trop, moi,
08:28de voir systématiquement
08:29à l'écran,
08:30notamment,
08:30parfois dans les romans,
08:31des flics cassés,
08:33brisés, divorcés,
08:34cocaïnomans,
08:35alcooliques,
08:38bientôt disparus.
08:40Les journalistes sont pareils.
08:42Ce sont des gens
08:43plutôt lumineux,
08:43je trouve.
08:44Les collègues que j'ai
08:45autour de moi
08:46tous les jours
08:46sont souriants,
08:47ont une vie à côté.
08:49Et c'est un beau métier.
08:50Pour les jeunes,
08:51en tout cas,
08:51je suis un peu naïf,
08:52mais c'est un beau métier.
08:53C'est un métier de service public
08:54au service des autres.
08:56Je trouve que c'est
08:56un très beau métier,
08:57donc il faut le faire ressortir.
08:58Et pourtant,
08:59c'est plus difficile
09:00qu'avant de trouver des policiers.
09:01Et encore plus en police judiciaire,
09:03parce que la procédure a changé,
09:05parce qu'on leur casse les pieds,
09:06parce qu'on leur demande
09:07de passer plus de temps
09:08à faire de la paperasse
09:08qu'à poser des questions
09:10aux personnes
09:10et qu'elles en fassent elles.
09:11Parce que la justice
09:12n'est pas toujours très sympa
09:13avec la police.
09:13Donc,
09:14comment est-ce qu'on motive
09:15les jeunes
09:15pour les faire revenir en PJ ?
09:17Parce qu'ils n'ont pas de week-end,
09:18comme nous journalistes d'ailleurs,
09:20parce que ça tombe n'importe quand
09:21et qu'il faut interrompre tout ce qu'il y a.
09:22Il reste quand même beaucoup,
09:23beaucoup de jeunes
09:24qui sont appelés
09:25par cette profession.
09:27Il y a une vraie vocation.
09:28Moi, je me rappelle,
09:28après 2015,
09:29on avait beaucoup de jeunes
09:30qui voulaient rentrer dans la police
09:31et dans les services spécialisés.
09:33En PJ,
09:33on a encore des collègues,
09:35j'ai des files d'attente,
09:36moi,
09:36pour rentrer la brigade des mineurs.
09:38Ça attire encore.
09:39Alors après,
09:39c'est plus compliqué,
09:40c'est plus comme avant.
09:41Mais en fait,
09:41quand j'ai commencé,
09:42moi,
09:42c'était déjà plus comme avant qu'avant.
09:43Donc,
09:43il faut continuer à avancer.
09:45Voilà,
09:45il faut s'adapter aussi à la société,
09:47à la manière de travailler
09:48qui n'est plus la même.
09:49Tout ça,
09:49c'est vrai.
09:50Mais ça reste un service.
09:51L'APJ reste un service attractif.
09:52Et la réforme de l'APJ,
09:53vous en pensez quoi, vous ?
09:54J'étais à l'APP,
09:55donc j'y ai échappé.
09:58Ouf, alors.
09:58C'est ça ce que vous dites ?
09:59Non, pas du tout,
10:00mais je ne l'ai pas vu de l'intérieur.
10:02Ça complique les procédures ou pas ?
10:04Je ne sais pas.
10:05Franchement,
10:05c'est difficile.
10:06Je ne veux pas me défausser,
10:07mais je n'ai pas été impacté
10:08par la réforme
10:09mais je ne l'ai pas vécu de l'intérieur,
10:10donc je ne peux pas vraiment
10:11vous en parler.
10:12Et moi,
10:12parce que j'aime bien
10:13les secrets de fabrication,
10:14vous écrivez quand ?
10:15Vous écrivez comment ?
10:16Vous écrivez sur un petit carnet ?
10:17Vous écrivez sur votre ordinateur ?
10:18Et qui est votre premier lecteur ?
10:20Alors,
10:21d'abord,
10:21je mets longtemps en principe.
10:23Les deux derniers sont chevauchés
10:24pour des raisons factuelles,
10:25mais je mets à peu près deux ans
10:26pour écrire un livre en moyenne.
10:28Donc,
10:28il y a un gros travail
10:28en préparation d'avant.
10:29Oui, j'ai compris.
10:30Des fiches.
10:31Des fiches
10:31et de faire ce qu'on appelle
10:32le séquencier,
10:39écrivez ces fiches personnages
10:40aussi,
10:40ça vous aide.
10:41Et après,
10:43un chapitre,
10:44parfois,
10:44il me faut deux heures
10:45et parfois,
10:45il me faut 15 jours.
10:46En moyenne,
10:47ça me prend une demi-heure,
10:49trois quarts d'heure,
10:49une heure par jour.
10:50Donc,
10:50regardez la télé,
10:51il y a toujours des temps faibles.
10:53Vous écrivez la nuit ?
10:54Qui vous lit, oui.
10:55Oui,
10:55beaucoup plus le soir
10:56que la journée.
10:57Le téléphone ne sonne pas,
10:58on est tranquille.
10:58La journée, pardon,
10:59mais vous avez un travail.
11:01Absolument.
11:01Mais même quand j'ai du temps,
11:03la journée...
11:03J'ai oublié.
11:04Excusez-moi,
11:05il dirige la voie.
11:05On ne reçoit pas le policier,
11:06on ne reçoit l'écrivain.
11:07Même pendant les vacances,
11:08la journée,
11:08je ne suis pas très inspiré,
11:09c'est plutôt le soir.
11:11Et donc,
11:12j'ai appris que ça ne servait à rien
11:14d'essayer de se discipliner.
11:15Enfin,
11:15pour moi,
11:15certains auteurs se mettent
11:16le matin à 6 heures,
11:17par exemple,
11:18tous les jours,
11:18ils écrivent.
11:19Ah oui,
11:19c'est ça.
11:19Quand je n'ai pas d'inspiration,
11:20c'est mauvais,
11:21donc je ne m'en t'aide pas,
11:23je laisse.
11:24Et mon premier lecteur,
11:25c'est mon éditrice,
11:26en fait.
11:26Ah oui ?
11:27Mon éditrice historique
11:28à la Martinière,
11:30Marie Leroy,
11:31qui systématiquement
11:32a relié déjà
11:33le travail en amont
11:34et ensuite,
11:35il n'y a qu'elle
11:35qui le relie.
11:37Du Batacan,
11:37vous en avez mis un peu
11:38dans vos livres
11:39ou vous êtes interdit
11:40de le faire
11:40comme vous avez du mal
11:41à en parler ?
11:42Non,
11:42mais je n'ai pas voulu.
11:43D'abord,
11:43je n'avais pas envie
11:44d'écrire un livre
11:45et de gagner de l'argent
11:46avec ça.
11:47Je ne ressentais pas
11:47le besoin,
11:49mais j'avais quand même,
11:49on parlait de romans noirs
11:51dans La Fosse aux âmes
11:52et j'avais besoin
11:53de sortir quelque chose
11:54quand même.
11:54Je voulais surtout que...
11:56C'est un peu intime
11:58mais mon meilleur ami
11:58a été tué.
12:00En fait,
12:00le personnage
12:01porte le même prénom
12:02et il survit à l'attaque.
12:05Là aussi,
12:05c'est un peu naïf.
12:06Et puis ensuite,
12:07il fallait une histoire.
12:10Donc,
12:10il y a une histoire
12:11qui se déroule.
12:12Mais c'est un peu cathartique
12:14quand même,
12:14l'écriture,
12:15parfois.
12:16Il y a des choses
12:16qui ressortent
12:17sur des opérations
12:18que j'ai eu à connaître.
12:19Il y a des sentiments
12:20qui ont besoin d'expécuter.
12:21Mais plus j'avance
12:22dans l'écriture,
12:23plus je m'éloigne
12:24en fait,
12:24du piquet,
12:25de ce que j'avais besoin
12:25de sortir.
12:26Celui-ci,
12:27pour le coup,
12:27est totalement fictionnel.
12:29Je n'avais pas besoin.
12:29Les dialogues sont super.
12:30On a beaucoup aimé
12:31les dialogues.
12:32Vous dites,
12:32je ne voulais pas gagner
12:33de l'argent
12:33avec le Bataclan.
12:34Vous gagnez de l'argent
12:35avec vos livres ?
12:36Un peu ?
12:36On gagne toujours.
12:37Alors celui-ci,
12:38oui, j'espère.
12:39Celui-ci,
12:39il est primé.
12:40Attendez,
12:40il n'est pas encore vendu.
12:41Non, mais il est primé
12:42donc ils ont fait
12:42un gros premier tirage.
12:43Il a très bien commencé.
12:44On a un peu d'argent
12:45quand on écrit des livres
12:46comme ça ?
12:47Une maison d'édition,
12:48on vous donne en moyenne
12:488-10% brut.
12:52Donc oui,
12:52on gagne un peu d'argent
12:53mais ce n'est pas le moteur
12:54en fait.
12:54Bien sûr, évidemment.
12:55Plus la charge de travail
12:56que ça représente,
12:57on ne s'en réchit pas avec ça.
12:58J'ai une question personnelle
12:59à vous poser,
13:00j'y vais.
13:02Pourquoi vous avez deux alliances ?
13:03Alors il y en a une,
13:03je sais,
13:04parce qu'on salue
13:04Mme Molmy au passage
13:05qu'on connaît.
13:06Donc bonjour.
13:08Et là, c'est la police ?
13:11C'est quoi ?
13:11Non, pas du tout.
13:12C'est elle aussi.
13:13C'est qu'on était jeunes.
13:14Elle m'avait offert
13:15une bac de fiançailles
13:16donc je l'ai gardée.
13:18Et l'autre ?
13:19L'autre, c'est l'Alliance.
13:19C'est la même.
13:20L'Alliance et la bac de fiançailles.
13:22C'est à l'ancienne.
13:23Ah d'accord.
13:24Je ne vais surtout pas dire
13:24le contraire de toute façon
13:25ici mais non,
13:26les deux, c'est elle.
13:28En toute intimité.
13:29Merci de nous répondre
13:30à des questions comme celle-ci.
13:31Est-ce que vous l'avez déjà
13:32en tête ?
13:33Parce que là,
13:33celui-là,
13:34il est accouché,
13:34si je peux dire,
13:35il est plus chaud.
13:35Alors j'ai deux concepts.
13:37Je suis en train de discuter
13:38avec l'éditrice.
13:39On finalise l'idée.
13:41Je les écrirai les deux,
13:42je pense,
13:43mais je ne sais pas
13:43dans quel ordre.
13:44Mais oui,
13:44j'ai déjà commencé à travailler
13:46mais il faudra...
13:46Donc en fait,
13:47on ne s'arrête plus là.
13:48Et après ça,
13:50du scénario,
13:51ça vous plairait
13:51d'écrire des scénarios ?
13:52On verra quand je serai
13:53à la retraite.
13:54Vous ferez un peu en dème.
13:57Dans minimum 8 ans.
13:59Mais arrête de vous
14:00vouloir le mettre à la retraite.
14:01Je continue à travailler.
14:02Il me voit beaucoup plus vieux
14:03que jeune fille.
14:04Non, non, non,
14:04ce n'est pas vrai.
14:05Moi, je continue à travailler
14:06jusqu'à plus soif.
14:09Bon.
14:10Merci en tous les cas
14:10d'être venu nous voir.
14:11Christophe Molmy,
14:12on le rappelle.
14:12Bruit le tout prix
14:13du Quai des Orphèves 2026.
14:14Ça peut être un cadeau de Noël ?
14:15Vous l'avez déjà lu ?
14:17Il faut le faire circuler.
14:19Dominique, nous on se retrouve.
14:19Il y a d'ailleurs
14:19une petite inscription dessus.
14:20Je ne sais pas
14:21si ça veut dire PR.
14:23PR, c'est moi.
14:23Pauline Revena.
14:24C'est ça.
14:25C'est mon nom.
14:25Donc ce n'est pas le mien.
14:26Parce que moi,
14:26je ne veux pas qu'on lui pique son livre.
14:29Je ne veux pas qu'on lui pique son livre.
14:29Je l'ai dédicacé le vôtre.
14:30Vous l'avez perdu ?
14:31Non, je l'ai.
14:31Je l'ai,
14:32mais je ne l'ai pas ici.
14:33Bon, merci en tous les cas
14:33Christophe Molmy
14:34d'être venu de Dominique.
14:35On est content de vous avoir reçu.
14:36Oui, nous on se retrouve.
14:36Vous n'êtes pas facile à inviter.
14:39C'est un homme très pris
14:40et par ailleurs,
14:41il a un gros boulot.
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