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  • il y a 4 minutes
Chaque week-end, l’émission pilotée par Pauline Revenaz avec à ses côtés Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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00:00Bonjour à tous, on va essayer de décrypter ensemble la mort de Quentin Deranque et ses suites judiciaires et politiques.
00:05Quentin Deranque, 23 ans, militant identitaire, lanché à mort jeudi dernier dans les rues de Lyon par des militants antifascistes,
00:11en marge d'une conférence de presse donnée à Sciences Po par l'eurodéputé LFI Rima Hassan.
00:16Hier, Lyon a été le théâtre de toutes les attentions sécuritaires.
00:19D'abord, la marche d'hier et les suites judiciaires de la mort de Quentin, sujet de Pierre-Louis Bousset.
00:27C'est sous les champs et les slogans que s'était lancée hier la marche pour Quentin Deranque.
00:33Parmi les participants, de très nombreux militants nationalistes et d'extrême droite.
00:38Un rassemblement sous haute tension, une semaine après la mort du jeune activiste identitaire.
00:44A ce stade de l'enquête, sept personnes ont été mises en examen et interrogées par les enquêteurs.
00:50« Deux d'entre elles refusaient de s'expliquer, sur les faits notamment.
00:54Les autres connaissaient leur présence sur les lieux.
00:57Et certains admettaient avoir porté des coups à Quentin Deranque ou et à d'autres victimes. »
01:05En revanche, tous contestent avoir eu l'intention de tuer le militant identitaire.
01:09Parmi les suspects, un nom retient particulièrement l'attention.
01:13Celui de Jacques-Élie Favreau, assistant parlementaire du député Raphaël Arnaud.
01:18Il est soupçonné de complicité de meurtre par instigation.
01:22Également parmi les suspects, un homme, Alexis C., déjà connu des services de police.
01:27Il avait été mis en examen en juin 2024 pour une affaire d'agression antisémite sur un adolescent.
01:33Sur les sept suspects, six sont mis en examen pour homicide volontaire et en cours jusqu'à 30 ans de
01:39prison.
01:40La famille de Quentin Deranque souhaite que les faits soient qualifiés du chef de meurtre en bande organisée.
01:46« Un, il y a eu des repérages, visiblement. Deux, il y a eu des complicités. Trois, il y a
01:50eu des repérages avec des individus en scooter qui cherchaient des personnes isolées.
01:55Quatre, il y a vraisemblablement utilisation de messagerie cryptée. »
01:59Si ce chef d'accusation est retenu par la justice, les suspects pourraient alors encourir la réclusion criminelle à perpétuité.
02:05– Alors avec nous, j'accueille en plateau Paul Conge, journaliste PJ de BFM TV.
02:10Merci Paul d'être avec nous.
02:11Jean-Yves Camus, directeur de l'Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean Jaurès.
02:16Merci d'être avec nous aussi.
02:17Et maître Christophe Carion-Martin, avocat de la famille Arambourou.
02:21Alors d'abord, Lyon, hier, théâtre de cette marche de l'ultra-droite organisée par des proches de Quentin Deranque.
02:29À quoi ça ressemblait, Paul ? Vous avez pu vous naviguer, si je puis dire, dans cette marche.
02:33Qu'est-ce qui vous a le plus frappé ?
02:35Et on rappelle en parallèle qu'il y a trois signalements qui ont été faits par la préfète de Lyon
02:40pour des saluts nazis et des insultes racistes.
02:43– Oui, absolument. C'est vrai qu'on a pu traverser la foule en long, en large et en travers.
02:47Ce qui frappait, c'est qu'il y avait beaucoup de petits groupuscules radicaux
02:52qui étaient reconnaissables vraiment à leur tenue vestimentaire.
02:55Ils étaient vêtus tout de noir, ils avaient des cachecoups remontés,
02:58parfois des casquettes, des cagoules aussi, des lunettes de soleil,
03:01mais pas de logo d'organisation visible.
03:03Ça, on pouvait en chiffrer, je pense, quelques centaines, peut-être un millier,
03:07mais la foule ne s'arrêtait pas à ça.
03:08Il y avait aussi vraiment même des familles qui étaient présentes.
03:10On a vu des personnes qui étaient à la messe auparavant aussi, en hommage à Quentin Deranque.
03:15– Il y avait un élu LR aussi, il faut le rappeler.
03:17– Il y avait aussi un élu LR, absolument.
03:18Et puis des Lyonnais dont on ne peut pas vraiment présupposer de l'appartenance politique.
03:22Ce qui fait qu'aussi la foule était estimée à 3200 personnes.
03:263200 personnes, c'est l'estimation sur la fourchette haute
03:28de ce que représente l'ultra-droite en France aujourd'hui.
03:31Donc ce n'était clairement pas toute l'ultra-droite.
03:32Ensuite, on peut quand même remarquer deux choses.
03:34C'est qu'on a aperçu quelques leaders, ou anciens leaders d'extrême droite.
03:37Par exemple, Yvan Benedetti, le fondateur de l'œuvre française,
03:41qui est un groupe pétainiste dissous après la mort de Clément Méric,
03:44un militant antifasciste tué cette fois par l'extrême droite.
03:46On a pu apercevoir aussi le leader néo-nazi Marc de Cacré-Valmenier,
03:51bien connu, qui a eu beaucoup de démêlés judiciaires.
03:53Et aussi un service d'ordre qui encadrait cette marche,
03:56qui était très offensif, notamment avec les journalistes.
03:59C'était le même service d'ordre à peu de choses près
04:01que celui du comité du 9 mai.
04:03C'est une marche, une parade quasi paramilitaire
04:05qui a lieu tous les ans à Paris.
04:07Et on les a assez facilement reconnus.
04:09Ce qui frappe juste aussi beaucoup, c'est les slogans,
04:12c'est ce qui était entonné dans le mégaphone depuis le camion.
04:14Eh bien, il y avait des choses.
04:16Au départ, c'était des hommages à Quentin.
04:19C'était des, disons, des...
04:20Justice pour Quentin, hommage à Quentin.
04:23Il y a aussi LFI assassin, antifa assassin.
04:26Mais après, la nationalité a été beaucoup plus politique,
04:28enfin plus idéologique, j'ai envie de dire.
04:29On entendait un leader nationaliste révolutionnaire dire
04:33on va reprendre ce pays, on est chez nous, ce pays nous appartient.
04:37Il y a vraiment une vocation très politique derrière tout ça.
04:39et ça a créé vraiment un moment tout de même très tendu,
04:43à de nombreuses reprises, des moments très tendus dans la manifestation.
04:45Mais on le rappelle, il n'y a pas eu d'affrontement direct.
04:47La soirée a été calme.
04:49Il y a eu une interpellation à la marge.
04:50Des petites provocations à la marge de la manifestation.
04:53Paul, est-ce que...
04:54De très bonnes tenues sécuritaires.
04:55On a bien vu, nous, on a dit sur le plateau,
04:56on a dit, bon, c'est pas normal,
04:57les journalistes sont écartés, ils ne peuvent pas travailler.
05:00On a vu un type devant qui mettait en permanence,
05:03à visage découvert, sa main devant les caméras.
05:06Vous faites plein de manifs.
05:07Vous avez écrit un bouquin,
05:08Extrême-gauche, Extrême-droite.
05:10Est-ce que dans les autres manifs d'Extrême-gauche,
05:12ça se passe pareil ?
05:13Enfin, si, il n'y a pas de manif d'Extrême-gauche,
05:15mais quand l'Extrême-gauche est dans des cortèges,
05:18est-ce que c'est pareil ?
05:19Est-ce qu'on est quand même des journalistes ?
05:20Vous avez raison, la comparaison est intéressante.
05:22Pour le coup, là, ce cortège était relativement discipliné
05:25par rapport à une manifestation d'Extrême-gauche.
05:26Parce que quand on suit des manifestations d'Extrême-gauche,
05:28ou alors noyauté par l'Extrême-gauche,
05:30parce que c'est plutôt ça qui se passe,
05:31avec un black bloc qui se constitue à l'avant.
05:33En tête de cortège.
05:35Généralement, là, on est vraiment très très mal accueilli,
05:37voire violenté, voire agressé.
05:39Ça, c'est arrivé, ça m'est arrivé personnellement,
05:40et c'est arrivé à beaucoup de confrères.
05:42Donc là, pour le coup, autant effectivement
05:44le service d'ordre était particulièrement véhément envers nous,
05:47autant on n'a pas été agressé physiquement.
05:48Alors, Jean-Yves Camy, qu'est-ce qui vous a frappé,
05:49vous, dans les images d'hier ?
05:51Est-ce que vous pouvez nous aider à comprendre
05:53la géographie et Lyon ?
05:54Est-ce que c'est un terreau connu de l'ultra-droite en France ?
05:57Alors, c'est un terreau connu depuis le début des années 2010
06:02pour être un lieu de conflictualité violente.
06:06Donc des deux côtés, des deux pas.
06:07Avec des faits répertoriés relativement fréquents,
06:12y compris l'usage d'armes blanches,
06:16avec des condamnations qui sont régulièrement prononcées,
06:19avec des dissolutions de mouvements
06:21qui ont aussi été prononcées contre des groupes d'ultra-droite
06:26et contre d'ailleurs un groupe d'ultra-gauche.
06:30Mais moi, je fais très attention à ne pas essentialiser une ville.
06:34Je rappelle tout de même qu'à la tête de cette ville,
06:36il y a un maire de gauche,
06:37qu'avant celui-ci, c'était un autre maire de gauche,
06:42Gérard Collomb,
06:43et qu'à l'époque où Michel Noir dirigeait la ville,
06:46Michel Noir était parmi les gens de son camp politique,
06:50l'un de ceux qui montaient au créneau le plus fort
06:54contre, à l'époque, le Front National.
06:57Donc faisons attention.
07:00Il y a quelque chose que je n'arrive pas très bien à discerner,
07:03c'est est-ce qu'à un moment donné,
07:04dans le traitement policier, administratif,
07:08de cette montée en violence,
07:10il y a eu, ou pas,
07:13une sorte de...
07:15un loupé qui a empêché
07:19que quelque chose vienne
07:22stopper le passage à l'échelon supérieur.
07:24C'est une...
07:25Est-ce qu'à un moment, vous sentez la bascule ?
07:27Vous dites, est-ce qu'il y a eu un moment où on n'a pas vu quelque chose ?
07:29Il y a une époque où vous voyez ça ?
07:30Vous parlez d'un engrenage, pour bien comprendre.
07:32Non, je ne parle pas d'un engrenage.
07:33Vous savez, il faut se mettre quelque chose dans la tête de manière définitive.
07:36Dans une démocratie libérale,
07:38les deux radicalités politiques ne seront jamais éradiquées.
07:42Bon, ça c'est un constat de...
07:44C'est pour cela qu'il y a un gros malentendu
07:46sur l'effet d'une dissolution.
07:50Une dissolution, c'est un coup de pied dans la fourmilière,
07:53ça écarte des gens, généralement du second cercle,
07:55c'est embêtant financièrement,
07:57c'est embêtant pour les leaders,
07:59mais si on fait le bilan des groupes dissous
08:01et qu'on regarde est-ce qu'ils se sont reconstitués ou pas,
08:04oui, dans la majeure partie des cas,
08:06ils se sont reconstitués.
08:07Et on ne peut pas y faire grand-chose,
08:09d'abord parce que les peines qui punissent le délit de reconstitution
08:12et les dissous sont des peines légères
08:14et non dissuasives.
08:15Alors là, pour qu'on comprenne bien,
08:16vous voulez pointer quelle dissolution ?
08:18Parce qu'il y a la dissolution de la jeune garde
08:20en juin 2025.
08:22Paul, je parle sous votre contrôle.
08:23Je parle des dissolutions de l'ultra-droite en particulier,
08:25qui en fait n'ont pas...
08:26Il y en a eu huit dissolutions,
08:28donc on poussule l'ultra-droite depuis 2019,
08:30depuis Génération Identitaire,
08:31il y en a eu une floraison d'autres ensuite,
08:33il y a eu les remparts,
08:34il y a eu Lyon Populaire...
08:35Les remparts, c'est à Lyon, c'est ça ?
08:36Absolument.
08:37Les remparts, les Lyon Populaires,
08:38il faut quand même, dans une certaine mesure,
08:41reparler de la dissolution de l'œuvre française en 2013,
08:44parce qu'à l'époque,
08:46un certain nombre des dirigeants de l'œuvre française,
08:48dont certains qu'on a vu réapparaître hier,
08:50sont lyonnais,
08:51de la conurbation lyonnaise.
08:54Donc ça les a téniètes aussi.
08:57Mais à un moment donné,
08:59je vous dis,
09:00on ne peut pas empêcher des gens
09:03de continuer à se reformer.
09:05Et on n'a pas en France,
09:06et ça c'est assez regrettable,
09:09de dispositifs
09:11qui permettent d'accompagner
09:13les militants
09:15des deux familles politiques radicales
09:17vers la sortie.
09:19Donc une fois que la dissolution est prononcée...
09:22Non, avant.
09:23Ah, avant.
09:23Avant, en Scandinavie,
09:25en Allemagne,
09:25en Grande-Bretagne,
09:26il existe ce qu'on appelle
09:28des programmes EXIT.
09:29Un programme EXIT,
09:30c'est un programme qui repose
09:32sur le fait qu'à un moment donné,
09:34un généralement jeune
09:37prend contact et dit,
09:39bon, voilà,
09:39moi je pense que là,
09:41c'est le moment que je sorte.
09:43Mais on ne sort pas comme ça,
09:44on ne rend pas comme ça
09:45des liens qui sont politiques,
09:47mais qui sont aussi des liens
09:48de sociabilité.
09:49Donc c'est un accompagnement
09:50à temps plein.
09:51C'est un accompagnement
09:52à retourner à une vie normale
09:55en dehors de la radicalité.
09:56Est-ce que ça marche ?
09:57Ça marche pas mal.
09:58Ça marche d'ailleurs,
10:00ça s'applique à tous les militants radicaux,
10:02y compris les islamistes radicaux.
10:04Alors là, c'est plus compliqué.
10:05Est-ce que c'est de la déradicalisation ?
10:07C'est ça ?
10:07Écoutez, pour moi,
10:08l'important,
10:10c'est la neutralisation
10:12du potentiel violent.
10:13Ensuite,
10:13ce que les gens continuent
10:14à penser dans leur tête
10:15et dans leur salon...
10:17Ça leur appartient ?
10:18Ça leur appartient,
10:19mais l'essentiel,
10:20c'est d'arrêter la violence
10:23qui peut mener à l'extrême
10:25que l'on vient de voir.
10:26Je connais des gens
10:27qui sont réellement sortis,
10:28qui ont fait un travail
10:30de retour sur eux-mêmes,
10:31d'analyse de leur engagement,
10:33qui ont pris conscience
10:34des raisons
10:35qui les avaient menées là.
10:36J'arrive,
10:36ça se passe pas simplement
10:37en vieillissant,
10:38en grandissant ?
10:39C'est pas des...
10:39Un peu comme des voyous
10:40qui un jour font d'une famille
10:42et puis changent de vie ?
10:43Alors c'est un des facteurs,
10:45effectivement,
10:46la fondation d'une famille,
10:48le mariage,
10:49l'accession aussi
10:51à un poste
10:52où on se dit
10:52bon,
10:52j'ai des perspectives de carrière,
10:54je vais peut-être pas quand même
10:54les saboter définitivement.
10:57Et puis,
10:57des fois,
10:58c'est aussi une réflexion,
10:59une vraie réflexion
11:00avec des gens qui se disent
11:00je me suis trompé en fait.
11:03Je suis pas du côté normal
11:05de la barrière.
11:06Mais si on ne fait pas
11:08un effort
11:09pour encadrer cela
11:10parce que ça nécessite
11:11un suivi administratif,
11:14psychologique,
11:14ça nécessite de sortir
11:16y compris géographiquement
11:17les gens de ce milieu,
11:19de les aider
11:20à avoir un emploi.
11:22Ça nécessite effectivement
11:23de leur fournir,
11:24de les aider
11:25à trouver un emploi
11:26qui leur assure
11:27des puissances.
11:27C'est-à-dire que ces gens-là,
11:28ils ne bossent pas ?
11:29Est-ce qu'il y a des profils type ?
11:30Est-ce qu'on peut essayer
11:31de brotter un contrat ?
11:33Si, si, attendez,
11:34ils travaillent,
11:35mais ils travaillent.
11:36Mais l'objectif,
11:37c'est aussi de les sortir
11:38du travail dans la mouvance.
11:40C'est-à-dire qu'à un moment donné,
11:41si vous voulez,
11:42la mouvance produit
11:43un nombre incalculable
11:44de vendeurs
11:45des marques de vêtements
11:47dont on a parlé tout à l'heure.
11:49Bon,
11:49il faut sortir du micro-milieu
11:50si vous devenez tatoueur.
11:51Ce qui est un truc
11:52assez fréquent aussi.
11:54Et que vous continuez
11:55à avoir des clients
11:56qui appartiennent,
11:57peut-être pas majoritairement,
11:59mais en grande partie
11:59à votre mouvance
12:00et qui viennent se faire tatouer
12:01des trucs assez particuliers.
12:04Il faut, à un moment donné,
12:05vous permettre
12:06de sortir du truc.
12:07Parce que sinon,
12:08vous êtes pris
12:08dans un réseau de sociabilité
12:11dont vous avez énormément
12:12de mal à sortir.
12:13Parce que ces gens
12:14sont aussi en recherche
12:15de sociabilité.
12:17Et quand est-ce que
12:18commence le point de bascule ?
12:19Quand est-ce que ces jeunes,
12:20ils entrent dans ces idéologies-là ?
12:22Est-ce que c'est dès le collège,
12:23dès le lycée,
12:24il y a des points d'entrée
12:26qu'on a repérés ?
12:27C'est très variable.
12:28C'est très variable.
12:29Vous avez des gens
12:30qui rentrent tôt,
12:32dès l'adolescence,
12:33ou du moins,
12:34la période du jeune adulte.
12:37Et vous avez ce phénomène
12:39extrêmement intéressant
12:40des personnes
12:41ayant dépassé
12:43la cinquantaine,
12:43voire plus,
12:44qui se retrouvent
12:46engagées
12:46dans un certain nombre
12:47de groupes
12:48dont les actions
12:49ont déjà été
12:51judiciarisées,
12:52notamment
12:53les barjoles,
12:55notamment les faux,
12:57voire le monsieur
12:58qui détenait
12:59à Châteauroux
12:59un véritable arsenal
13:00et qui avait 78 ans.
13:01Je rappelle que
13:02lorsqu'à Bayonne,
13:03un homme tire,
13:04il est décédé aujourd'hui,
13:07un homme tire
13:07il y a quelques années
13:08sur deux chibannies
13:10qui sont paisiblement
13:12devant la mosquée
13:12de Bayonne.
13:14Petit 1,
13:14il a 82 ans.
13:16Petit 2,
13:16il a fait de la politique.
13:17Et petit 3,
13:19quand la BRI intervient,
13:20il tire.
13:22Ce qui dénote
13:24quand même
13:24un degré
13:25de détermination
13:28qu'on ne trouve pas
13:29nécessairement
13:29à cela.
13:30Ça, ça nous amène
13:31mettre à l'affaire
13:32Arambourou.
13:34Donc,
13:35on en parlait,
13:36on la met dans
13:37toutes ces affaires
13:37de l'extrême droite.
13:39C'est un meurtre
13:39de l'extrême droite.
13:39Alors, on va le rappeler
13:40d'abord,
13:41Federico Arambourou,
13:42il a été abattu
13:42par deux militants
13:43d'ultra-droite
13:44sur le boulevard
13:45Saint-Germain.
13:45C'était le 19 février 2022.
13:47Et vous,
13:47vous défendez
13:47la famille
13:47de Federico Arambourou.
13:49Et moi,
13:49pardon maître,
13:50avant de vous laisser répondre,
13:50moi,
13:51je dis depuis des jours
13:52sur ce plateau
13:52que pour moi,
13:53ce n'est pas un meurtre raciste,
13:55que c'est un meurtre de,
13:56pardon pour l'expression,
13:58de gars qui ont bu,
14:01qui ont picolé,
14:02qui s'embrouillent
14:03à 4-5 heures du matin
14:05et que c'est malhonnête
14:10pour moi
14:10de mettre ça
14:11dans des crimes racistes.
14:13Alors que les crimes racistes
14:13existent en France.
14:14On est vraiment clairs là-dessus.
14:16Alors,
14:16je ne me trompe,
14:17je ne me trompe pas.
14:17Qu'est-ce que j'ignore du dossier ?
14:19Qu'est-ce que je dois en apprendre ?
14:21Alors,
14:21je suis l'avocat d'abord
14:22de Sean Legarty
14:23qui était l'associé
14:23et ami de Federico Martino-Rambourou.
14:26Mais je représente aussi,
14:27parce que la défense est commune,
14:30la famille aujourd'hui
14:31et mon confrère Yann Le Bras,
14:33ma consoeur Véronique Massy,
14:34avec qui nous travaillons
14:35sur ce dossier.
14:38L'affaire de Federico Martino-Rambourou,
14:40un peu peut-être
14:40comme ce que découvriras
14:42l'affaire ici,
14:43c'est qu'elle va y avoir
14:44plusieurs temps.
14:45Il y a à voir,
14:46effectivement,
14:46ce que vous dites,
14:47et ce qui est repris
14:48notamment par d'autres personnes,
14:49qu'il y a une bagarre de bar.
14:51Cette bagarre de bar,
14:52elle se fait au Mabillon.
14:53C'est la première séquente où ?
14:55La première séquente,
14:55au Mabillon,
14:56devant le Mabillon.
14:58Un café sur le boulevard Saint-Germain.
14:59Exactement.
15:00Et les videurs du Mabillon,
15:01les serveurs du Mabillon
15:02interviennent,
15:03c'est par...
15:04Fin de l'histoire.
15:05Ce qui aurait été l'idéal.
15:07Sauf que c'était
15:08sans la détermination,
15:10ni les menaces,
15:12ni la détermination
15:14de Loïc Le Priol,
15:16Romain Bouvier,
15:17qui vont partir
15:17à la recherche
15:19de Federico Martino-Rambourou
15:21et de Sean Eggerty,
15:22armés,
15:23et avec ce qui se passera
15:24derrière,
15:25c'est-à-dire
15:28la multitude
15:30de balles reçues.
15:31C'est-à-dire que les deux
15:32vont vider leur chargeur
15:33sur Federico Martino-Rambourou.
15:35Mais à quel moment
15:36ça devient raciste ?
15:38Il n'a jamais été question
15:39de raciste.
15:40D'accord, ok.
15:41Et un crime raciste,
15:43c'est une circonstance aggravante.
15:44D'ailleurs, le débat aujourd'hui
15:45est un peu difficile
15:46parce qu'on parle
15:47de mobile politique.
15:48Nous, avocats magistrats,
15:49le mobile politique,
15:50on n'en hérite pas.
15:52Il y a des circonstances
15:53aggravantes d'un homicide
15:54qui sont celles
15:55liées à la religion,
15:56au sexe,
16:00au racisme.
16:01Mais c'est tout.
16:02Le mobile politique
16:03dont tout le monde débat aujourd'hui,
16:04il n'existe pas en droit.
16:06Et finalement,
16:06le droit qui va devoir
16:08réparer cette affaire...
16:09Alors, juste une question...
16:10Le mobile raciste
16:11n'est pas ça.
16:12Ce qu'il y a eu, par contre,
16:13c'est que immédiatement,
16:14ce qu'a frappé tout le monde,
16:16c'est que les personnes
16:17qui étaient impliquées
16:19en termes d'auteurs...
16:22c'étaient des personnes
16:23qui avaient été,
16:23et je l'ai toujours dit,
16:24biberonnées,
16:26hôteses,
16:27d'extrême droite,
16:28ou de...
16:29Voilà.
16:29Écoutez-moi,
16:30on revient dans un instant...
16:32Non, pas de question,
16:32parce qu'on va partir en plus
16:33pour revenir dans un instant.
16:34Et on y revient.
16:35Parce qu'aujourd'hui,
16:35vous dénoncez une asymétrie
16:37entre la récupération politique
16:39aujourd'hui
16:39et le silence assourdissant
16:41il y a 5 ans,
16:41au moment de la mort
16:42de Fédérico Arambourou.
16:43On y revient dans un instant.
16:4613h30,
16:46bienvenue si vous nous rejoignez
16:47dans l'affaire suivante.
16:48On évoque avec
16:48Maître Christophe Cariou-Martin,
16:50avocat de l'associé
16:51de Fédérico Arambourou,
16:53la mort de cet ex-rugbyman argentin.
16:57C'était le 19 février 2022.
16:59Au regard de ce qui s'est passé
17:01depuis 8 jours
17:01et de la mort de Quentin Durant,
17:02vous dénoncez, vous,
17:03aujourd'hui,
17:04Maître,
17:04une asymétrie.
17:05Expliquez-nous pourquoi.
17:06Non, je dis que c'est monstrueux.
17:08Je dis que c'est monstrueux
17:09parce qu'un monstre,
17:09c'est ce qui n'est pas conforme
17:11et ça fait peur.
17:12Et ce qui est en train
17:12de se passer
17:13avec les deux pôles politiques
17:14qui essayent de mettre
17:17ce crime
17:18dans le cadre
17:19de la discussion,
17:21mais en fait,
17:23ça fait peur.
17:23Pourquoi ?
17:24Ce n'est pas conforme.
17:24Pourquoi ?
17:24Parce qu'en fait,
17:25les politiques,
17:26on leur demande d'agir.
17:28Et ça fait 4 ans,
17:29au moins,
17:30et même avant
17:30avec l'affaire de Clément,
17:32qu'ils n'agissent pas.
17:33Clément Amérique.
17:34Et nous,
17:35ça fait 4 ans
17:36qu'on demande,
17:36notamment,
17:37que les armes
17:38à poudre noire
17:39de catégorie D
17:40qui sont accessibles
17:41avec une simple présentation
17:42d'une pièce d'identité,
17:43alors que vous êtes fiché S,
17:45alors que vous avez
17:45un cassier judiciaire
17:46avec violences avec armes,
17:47alors que vous êtes
17:48en récidive,
17:50puissent être accessibles
17:51à tous.
17:52C'est une loi
17:53qui est simple à prendre.
17:54Le gouvernement
17:55a agi par arrêté
17:56sur les munitions
17:57et ne veut pas passer
17:59à la loi
18:00parce que,
18:01peut-être,
18:02il n'y aurait pas suffisamment
18:02de précédents.
18:03Ce qui, moi,
18:04me glace.
18:05Armes qui avaient été utilisées
18:06par un terroriste
18:07à Strasbourg.
18:07Armes à poudre noire aussi.
18:09Et je crois que
18:09certains de journalistes
18:11présents ici
18:11savent l'utilisation
18:12de ces armes à poudre noire,
18:13notamment dans ces crimes-là.
18:15Et ça,
18:16c'est ce qui n'est pas conforme.
18:17Aujourd'hui,
18:18arrêtez de parler,
18:19arrêtez de vous opposer,
18:20agissez,
18:21empêchez le futur.
18:22Nous, en justice,
18:23en avocat,
18:24en magistrat,
18:24on récupère
18:25tous ces malheurs.
18:26Vous croyez
18:26que la mère de Fédérico
18:28et la mère de Clément,
18:29si elles se rencontrent un jour,
18:30elles vont dire quoi ?
18:31La mère de Quentin,
18:32elles vont dire quoi ?
18:32Elles vont parler des armes ?
18:33Elles vont parler de quoi ?
18:35Elles vont dire
18:35pourquoi j'ai perdu un fils ?
18:37On entend bien.
18:38Donc c'est vraiment ça,
18:39c'est arrêtez de parler.
18:40Ça fait peur,
18:41ça fait peur à tous les Français.
18:42Ils en ont marre.
18:45Bien sûr,
18:45vous allez vous battre
18:46pour les municipales,
18:47bien sûr,
18:47vous allez vous battre
18:48pour les législatives
18:49et les présidentielles,
18:50mais agissez,
18:52protégez nos enfants.
18:53Vous pensez que les politiques
18:54vous entendent, maître ?
18:55Je ne sais pas,
18:56ça fait 4 ans
18:56qu'on ne fera pas
18:57toutes les portes.
18:58Payot Dufo,
19:00le député,
19:02le porte aujourd'hui
19:02sa proposition de loi
19:03qui était portée avant
19:05par Florence Lasserre.
19:06par Léonore Carrois.
19:09Ce qui montre bien
19:10que c'est une problématique
19:11qui est transpartisane.
19:13Mais il faut s'en sévire.
19:14Ce qu'il faut éviter,
19:15c'est qu'on sait
19:16qu'il y a des pensées
19:18et je ne suis favorable
19:19à la liberté d'expression,
19:20à la liberté d'association,
19:21il n'est pas question
19:22d'y toucher.
19:22D'accord ?
19:23Je suis avocat,
19:24je milite pour l'État de droit,
19:26pour la démocratie.
19:27Par contre,
19:27la matérialité,
19:29la matérialité
19:30de la violence,
19:32on peut l'éviter.
19:33Et la matérialité
19:34de la violence,
19:34on l'évite comment ?
19:35Peut-être en modifiant
19:38l'organisation
19:39des manifestations
19:39où on laisse
19:40aux manifestants
19:41le soin
19:42de choisir
19:43leur propre ordre
19:44de sécurité.
19:45Ce qui,
19:46là,
19:47au lieu de mettre
19:47les gens dos à dos,
19:48les met face à face.
19:49Face à face,
19:49il y a des morts.
19:50Et puis,
19:51il y a ces armes
19:52qui sont accessibles
19:52par tous
19:53et qui font partie
19:54aussi d'un endoctrinement
19:55et qui font partie
19:56de ce qui est distribué
19:57dans certains groupuscules
19:59comme comment s'armer
20:00légalement.
20:00Quand vous parlez d'armes,
20:02vous dites qu'il y a des gens
20:02qui connaissent sur le plateau.
20:03Moi,
20:03je connais ça par cœur.
20:04Et je n'avais jamais
20:05vraiment réfléchi
20:06à cette question.
20:07Effectivement,
20:08de temps en temps,
20:08on entend parler.
20:09C'était une arme
20:10à poudre noire.
20:12Strasbourg,
20:12le terroriste,
20:13l'affaire Arme Moroux,
20:14aidé.
20:15Et en fait,
20:16il y a des armes,
20:16pour ceux qui nous écoutent,
20:17qui sont détenues légalement,
20:18catégorie B,
20:19par des gens qui sont
20:20dans des clubs de tir.
20:21Et puis,
20:21il y a des armes
20:21qui s'achètent,
20:22des armes à poudre noire.
20:23On les charge de la poudre,
20:24on met un plomb,
20:26on ferme avec un opercule.
20:28Et donc,
20:28ça,
20:28effectivement,
20:29c'est pas mon livre.
20:29Aujourd'hui,
20:29il y a des reproductions
20:30d'armes historiques
20:31dont les brunettes
20:31sont à travers 1900
20:32qui sont fabriquées
20:33en 2023-2025,
20:34disponibles,
20:35qui tuent.
20:35Vous avez des démonstrations
20:36sur les réseaux sociaux
20:37de savoir comment
20:38on les fonctionne.
20:39Donc,
20:40agissez,
20:40prenez cette loi.
20:41Il y a un trou
20:42dans la raquette,
20:43c'est monumental.
20:44OK.
20:45Paul Conge,
20:46voulais rajouter quelque chose ?
20:47Non,
20:47pas spécialement
20:48sur cette question-là,
20:49mais en tout cas,
20:49il y a une petite distinction
20:52que faisait Dominique
20:52tout à l'heure
20:53entre crime raciste
20:54et crime d'extrême droite.
20:55À vrai dire,
20:55c'est pas parce qu'un crime
20:56est raciste
20:56qu'il est automatiquement
20:57d'extrême droite.
20:58C'est ça,
20:58on en est d'accord.
20:59Et qu'on peut juste compter
21:00les crimes d'extrême droite
21:01sans forcément se baser
21:02sur la composante raciste.
21:03Alors,
21:03simplement,
21:04moi,
21:04dans le temps qui nous est imparti,
21:05on a parlé des gens
21:06qui avaient défilé hier,
21:07j'aimerais qu'on parle
21:07des gens qui sont incarcérés
21:09après la mort de Quentin Deran.
21:10Qu'est-ce que vous pouvez
21:11expliquer à ceux
21:11qui ignorent leur pédigré
21:13comment on définit
21:14la jeune garde,
21:15groupuscule d'extrême gauche
21:16qui a été dissoute
21:17en juin 2025
21:18et dans ceux
21:18qui ont été incarcérés,
21:20combien appartiennent
21:21à la jeune garde, Paul ?
21:22D'accord,
21:22alors très clairement,
21:23la jeune garde,
21:24c'est une organisation,
21:24un groupuscule,
21:25on va dire,
21:25antifasciste
21:26qui est née en 2018 à Lyon,
21:28notamment sous l'impulsion
21:28de Raphaël Arnaud
21:29qui à l'époque
21:30est militant antifasciste
21:31et pas encore député
21:32de la France insoumise.
21:33Au plus haut,
21:34cette organisation
21:35rassemble 200 personnes
21:36avec des antennes
21:37à Paris,
21:38à Strasbourg
21:38et donc essentiellement
21:39à Lyon.
21:40Elle est engagée
21:41depuis quelques années
21:41dans des confrontations
21:42directes avec des groupes
21:43d'extrême droite,
21:45des violences de rue,
21:46notamment.
21:46On a aussi d'autres affaires
21:47qu'on a évoquées
21:48sur cette antenne.
21:50Bruno Rotaillot a souhaité,
21:51la ministre de l'Intérieur
21:52l'année dernière,
21:53a souhaité la dissoudre.
21:54Elle a été dissoute,
21:55maintenant il y a un recours
21:56qui est pendant
21:57devant le Conseil d'État.
21:59Les avocats
22:00de cette organisation
22:00veulent revenir
22:02sur cette dissolution.
22:02Il a bien compris qu'avec
22:03s'il venait de se passer,
22:03et le recours il est joué.
22:04Ça paraît compliqué aujourd'hui.
22:06De fait,
22:07on a effectivement
22:08parmi les personnes
22:08mises en cause
22:09dans le meurtre
22:10de Quentin de Ranck,
22:11on a au moins
22:13identifié 4 personnes
22:14qui gravitent
22:15dans la mouvance
22:16de la jeune garde.
22:17Bien sûr,
22:19le collaborateur parlementaire
22:20du député Raphaël Arnaud,
22:22Jacques-Élif Favreau.
22:23Il y en a 3 autres
22:24qui appartiennent
22:26ou qui ont été proches
22:28de ce groupe.
22:28Celui qu'on a vu
22:29dans ce sujet,
22:30Alexis C,
22:30il en fait partie ?
22:31Alexis C,
22:32il en fait partie,
22:32tout à fait.
22:33Jean-Yves Camille,
22:34en quoi c'est symptomatique
22:35de notre époque ?
22:35Cette violence
22:36et cette exaspération
22:37des deux camps ?
22:38Est-ce qu'il y a deux Frances
22:39qui s'affrontent finalement ?
22:40L'ultra-gauche
22:41et l'ultra-droite
22:41ou est-ce que c'est
22:42beaucoup trop schématique
22:43de dire ça ?
22:43Alors,
22:44c'est un peu schématique
22:45de dire ça
22:45parce que si on additionne
22:46les deux mouvances
22:47par rapport à nos 68 millions
22:48d'habitants,
22:49on est au marge politique.
22:51On n'est pas non plus
22:52dans un contexte
22:53de stratégie de l'attention
22:54à l'italienne
22:55années 70,
22:56années 80
22:57parce que la situation
22:59géopolitique
22:59n'est pas la même
22:59pour des quantités
23:00de raisons
23:01qui seraient trop long
23:02d'expliquer ici.
23:03Mais on a clairement
23:04deux mouvances
23:05qui considèrent
23:09que l'adversaire
23:10ne fait pas partie
23:11de la même maison en France.
23:13C'est-à-dire que
23:14ces gens considèrent
23:15que l'autre est un ennemi,
23:17il n'est pas un concitoyen
23:18qui a des opinions
23:19diamétralement opposées.
23:21Il est l'autre ?
23:22Il est l'autre.
23:24Chacun a son mode d'anathème.
23:27Vous êtes des gauchistes
23:29woke,
23:30alter-mondialistes.
23:31Vous êtes des nationalistes
23:34fascistes,
23:35la bâtiment,
23:35etc.
23:36Mais ces gens,
23:37très clairement,
23:38ne considèrent plus
23:39que le débat politique
23:40dans ce pays
23:41doit se régler
23:43uniquement par la voix
23:44des urnes.
23:44Ça me fait penser
23:45à un slogan
23:45qui a été entonné hier
23:46pendant la manifestation.
23:47J'entendais
23:48Mélenchon anti-France.
23:50Et ça a vraiment écho
23:51à ce qu'on est en train
23:51de se dire.
23:52On considère donc
23:52que l'adversaire
23:53ne fait pas partie
23:54de la même communauté politique
23:55de la même nation.
23:57De la même communauté humaine.
23:59De la même communauté humaine.
24:00Parce qu'à un moment donné,
24:01moi j'ai connu
24:02une forme de violence
24:03qui était codifiée
24:05et où il n'était pas question,
24:07je crois,
24:08chez les protagonistes
24:11d'attenter à la vie
24:12d'un homme,
24:13de tuer un homme.
24:14Des bagarres politiques
24:15il y en avait régulièrement.
24:17C'est une très vieille tradition.
24:19Et c'est quand la bascule
24:20pour vous ?
24:21C'est une bascule générationnelle.
24:25C'est une bascule générationnelle.
24:27Avec la fin des mouvements
24:30d'extrême-gauche traditionnels.
24:32Je rappelle quand même
24:33que dans les années 70-80,
24:36la gauche prolétarienne,
24:37mouvement maoïste,
24:39décide à un moment donné,
24:40après quelques faits d'armes
24:41comme l'enlèvement du DRH
24:43de la Régie Renault,
24:43par exemple,
24:45que non, finalement,
24:47il ne faut pas passer
24:48à la violence homicide.
24:50On est sur un trajet inverse
24:52de ce qui s'est passé en Italie.
24:54Et puis,
24:55du côté de l'extrême-droite d'alors,
25:00on avait des gens
25:01qui étaient motivés
25:02très largement
25:03par l'anticommunisme,
25:05par le climat de l'époque,
25:07par le fait que c'était quand même
25:08dans les universités
25:09tout ce qui était à gauche
25:11qui tenait le haut du pavé.
25:13Et eux étaient plus marginaux.
25:15Et puis, à un moment donné,
25:16ces gens ont eu
25:18des parcours professionnels,
25:19des parcours de vie
25:20qui a fait sortir
25:21la plupart d'entre eux
25:22du circuit.
25:23Jean-Yves,
25:24est-ce que vous diriez
25:25que l'extrême-gauche d'aujourd'hui,
25:26elle est l'héritière
25:27des maoïstes,
25:29des trotskistes,
25:29des communistes révolutionnaires
25:30ou d'actions directes
25:31ou de l'héritière de qui ?
25:33Ou de personnes ?
25:33Non.
25:34Elle est comme ça
25:35parce qu'elle est de société
25:35sur une fausse liste intellectuelle
25:38qui nuit énormément
25:39à la cause
25:40qu'elle prétend incarner
25:42et à la cause
25:42de la révolution sociale
25:44qu'elle prétend incarner.
25:45C'est de considérer
25:45que le fascisme est partout.
25:47C'est-à-dire que finalement,
25:48Mme Pannot disait tout à l'heure,
25:50la République s'est construite
25:51contre le fascisme.
25:52Alors, est-ce que
25:53le maréchal de Mac Mahon
25:54était fasciste ?
25:55Parce que la République,
25:55c'est quand même...
25:56Elle n'a peut-être pas
25:56les références.
25:57Elle n'a pas les références.
25:58Non, mais si des membres
25:59de la représentation nationale
26:01n'ont pas ce type de références
26:02que pour ma part,
26:03j'ai appris dans le secondaire,
26:06il y a quand même
26:07un problème énorme
26:08de déperdition de connaissances
26:10et de déperdition de sens.
26:11Le fascisme,
26:12je ne dis pas qu'il n'existe plus,
26:14il est marginal.
26:15Nous ne vivons pas
26:16dans un pays occupé
26:17par l'armée nazie
26:18et personne ne risque sa vie
26:20en décollant nocturnement
26:21une affiche
26:22ou en taguant quelque chose.
26:24On n'est pas à l'époque
26:25de l'affiche rouge.
26:26Mais il y a, me semble-t-il,
26:28chez certains esprits,
26:29chez certains esprits,
26:30une manière de se sentir
26:31orphelin de cette période.
26:33C'est-à-dire que finalement,
26:34ces gens voudraient être
26:35des héros de la résistance.
26:36Ils ne sont que de petites frappes.
26:38Merci.
26:38Merci beaucoup
26:39pour vos éclairages,
26:40vos analyses,
26:40tous les trois.
26:41Merci beaucoup
26:42pour clôturer cette discussion.
26:44Sachez que la France
26:45va convoquer l'ambassadeur américain,
26:48c'est ce qu'annonce
26:48le ministre des Affaires étrangères,
26:49pour un tweet.
26:50Tweet que vous allez lire
26:51à l'instant.
26:52L'extrémisme violent de gauche
26:53est en hausse
26:54et son rôle dans la mort
26:55de Quentin Durand
26:56démontre la menace
26:57qu'il représente
26:57pour la sécurité publique.
26:59Résultat,
27:00cet ambassadeur
27:00est convoqué lundi
27:01au Quai d'Orsay.
27:03Écoutez le ministre
27:04des Affaires étrangères.
27:05Nous allons convoquer
27:07l'ambassadeur des États-Unis
27:08en France
27:09puisque l'ambassade
27:10des États-Unis en France
27:11a fait un commentaire
27:12sur ce drame
27:13dont je rappelais tout à l'heure
27:14qu'il concerne
27:15la communauté nationale.
27:16Nous refusons
27:17toute instrumentalisation
27:19de ce drame
27:20qui endeuille
27:21une famille française
27:23à des fins politiques.
27:25Nous n'avons aucune leçon
27:27s'agissant de la violence
27:29en particulier
27:29à recevoir
27:30de l'international réactionnaire
27:32et les analyses
27:33de la vie politique,
27:35de la place
27:37qui occupe la violence
27:38et des violences
27:38plus généralement.
27:39Nous nous les servons
27:40nous-mêmes
27:41avec assez de verbes
27:42et nous ne permettons pas
27:43que d'autres nous les servent.
27:44de l'international réaction
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