- il y a 14 heures
Lundi 6 juillet, Hedwige Chevrillon a reçu Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, Patrick Martin, président du Medef, et Marie-Ange Debon, PDG du groupe La Poste, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business, présentée par Stéphanie Coleau. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présentent le 18-19, Stéphanie Collomb.
00:08Soyez les bienvenus dans le 18-19. Ce soir, nous allons revenir sur les rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
00:16Elles se sont clôturées samedi après d'intenses débats au milieu de nombreux participants,
00:21dont beaucoup de personnages politiques années présidentielles obligent.
00:27Edwige Chevrillon a pu y interroger trois acteurs majeurs.
00:31D'abord, Patrick Pouyanné a accordé un entretien exclusif à BFM Business.
00:34Le patron de Total Energy s'est exprimé sur la réouverture du détroit d'Hormuz,
00:39le prix de l'énergie, l'avenir des raffineries en France, le grand plan d'électrification
00:44et sur la récente décision de la justice qui condamne le groupe à prendre en compte les émissions de CO2
00:50de ses clients.
00:51Vous l'entendrez dans moins de cinq minutes.
00:54Patrick Martin était aussi au micro d'Edwige Chevrillon.
00:56Il a présenté le projet de MEDEF pour redresser la France.
00:59Il réagit aussi aux réformes du marché du travail lancées en Allemagne,
01:02aux coûts du travail en France, à l'entente entre les partenaires sociaux.
01:07Et puis, il formule des propositions face à la vague de désindustrialisation française et européenne.
01:12On verra tout cela à 18h30.
01:14Enfin, à 18h45, vous entendrez Marie-Ange Debon, la nouvelle présidente de La Poste,
01:20qui est venue présenter son récent plan stratégique
01:22et explique comment elle entend transformer le groupe confronté à un changement de son modèle.
01:27Mais d'abord, c'est le journal avec Erwan Maurice.
01:33Bonsoir Erwan.
01:34Bonsoir Stéphanie.
01:35Bonsoir à tous.
01:36Et l'Assemblée nationale repousse aujourd'hui largement la motion de censure contre le Premier ministre.
01:41Cette motion a été portée par les députés écologistes qui reprochent au gouvernement
01:45d'avoir aggravé les vulnérabilités du pays face au changement climatique.
01:49Un vote qui a divisé la gauche.
01:50La majorité des députés du PS ont refusé de s'y associer.
01:54Le gouvernement dénonce une motion de posture politique.
01:57L'exécutif qui réunira demain un nouveau comité d'alerte sur les finances publiques.
02:02Aucune mesure ne sera prise, dit le ministre des Comptes publics,
02:05qui ne veut pas prendre le risque de braquer le PS.
02:07Et les socialistes comptent proposer un contre-budget d'ici fin août au plus tard.
02:12Des dizaines de milliards de contrats, c'est ce que promet le secrétaire général de l'OTAN,
02:19Marc Routteux, afin de renforcer les capacités de défense de l'Alliance.
02:22Les alliés européens et le Canada ont dépensé l'an dernier 20% de plus pour leur défense.
02:27Les annonces auront lieu demain à Ankara où se tient le sommet.
02:30La souveraineté technologique de l'Europe qui doit aussi se renforcer avec cette opération.
02:34Thalès va racheter l'entreprise franco-belge de drones marins Exail.
02:38Trois jours seulement après l'échec des négociations avec Safran,
02:42l'opération valorisera Exail 3,9 milliards d'euros.
02:45Son PDG Raphaël Gorgé sera l'invité de Good Morning Business demain à 7h35.
02:49Dans l'actualité des entreprises, toujours, le groupe Casino dévoile deux propositions
02:54diamétralement opposées pour restructurer sa dette d'1,4 milliard d'euros.
02:58L'une portée par Daniel Kretinsky, l'autre par ses créanciers.
03:01Le conseil d'administration doit désormais examiner ces deux scénarios
03:05afin d'arrêter ce mois-ci les termes de la modification du plan de sauvegarde.
03:09Plus de détails dans notre édition de 19h.
03:12L'autorité de la concurrence donne son feu vert au passage de 167 magasins au champ en intermarché.
03:18Le gendarme français de la concurrence estime que ce changement de bannière
03:22ne menace ni le marché de l'approvisionnement ni les supermarchés à l'échelle locale.
03:25Et puis Microsoft annonce la suppression de 4800 postes avec effet immédiat,
03:31décision liée pour un tiers à la restructuration d'Xbox qui enregistre des résultats décevants.
03:36Le reste des postes supprimés concerne les équipes commerciales.
03:39Le groupe prévient dans la foulée que 1600 postes supplémentaires
03:43pourraient à nouveau être supprimés l'an prochain chez Xbox.
03:4618h01, les marchés.
03:49Avec vous Antoine Larigaudry, bonsoir.
03:51Bonsoir Ewan, bonsoir Stéphanie.
03:52Bonsoir Antoine.
03:53Et c'est du rouge ce soir à la Bourse de Paris.
03:55Oui, alors qu'on avait terminé la semaine tambour battant avec un certain nombre de secteurs,
03:59on ouvre celle-ci par une baisse, moins 0,33%, 8479 points pour l'indice parisien.
04:05A noter une petite surperformance de la tech avec l'Euronext Tech Leaders qui gagne 0,05%,
04:10l'Eurostox 50 en petite baisse aussi, moins 0,23%.
04:13A noter que les titres qui ont le plus pesé, c'est ceux qui ont signé les meilleures performances
04:18en fin de semaine dernière, notamment ArcelorMittal qui a signé deux séances consécutives de forte hausse
04:22et qui là perd 2,9% à 56,96%.
04:26Et puis nos fameuses valeurs ennuyeuses, vous savez, les infrastructures,
04:29les valeurs de rendement, l'Eiffage, moins de 2,16%, 126,80%, 26,207% à 125,25%.
04:35Sinon, tir groupé à la baisse du secteur de la santé sur le SBF 120 avec Abivax,
04:39moins 4,5%, 128,90%, DBV Technologies moins 4% à 2,78% ou encore Médincelle moins 3,5
04:46% à 28,48%.
04:47En revanche, le secteur de la défense, lui, s'était bien comporté.
04:52Airbus qui a gagné 1,6% en 209,40€.
04:54Thalès, plus 1,22% à 241,10€.
04:57Thalès qui remporte un petit duel boursier avec Safran pour s'emparer d'Excel Technologies,
05:03le spécialiste des drones navals, Excel Technologies, qui s'aligne pas vraiment avec le prix de l'offre.
05:09On est quand même bien en dessous.
05:11Avec une hausse de 2,12%, Excel termine à 125,10€.
05:15Donc, il y a peut-être un petit peu de marge pour une amélioration éventuelle.
05:19Stellantis signe la plus forte hausse du CAC 40 à plus 1,97, 5,03€.
05:22Le CAC moins 0,33, 8479 points.
05:25Merci Antoine, merci Erwan.
05:27On vous retrouve à 19h pour le 19h éco.
05:31Dans un instant, l'entretien exclusif de Patrick Pouyanné avec Edwige Chevrillon
05:34depuis les rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
05:37Le choc économique et énergétique est-il derrière nous ?
05:40Quel avenir pour les raffineries en France ?
05:42Le patron de Total Energy fait le point dans un instant.
05:47BFM Business et la Tribune présentent
05:51le 18-19 Stéphanie Collot.
05:56Retour ce soir dans le 18-19 sur les rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
06:01BFM Business y a délocalisé son antenne en fin de semaine dernière.
06:05Patrick Pouyanné a accordé un entretien exclusif à Edwige Chevrillon,
06:09le patron de Total Energy.
06:11C'est exprimé sur la réouverture du détroit d'Ormouz,
06:15le prix de l'énergie, l'avenir des raffineries en France
06:19ou encore le grand plan d'électrification.
06:21Il réagit aussi pour la première fois, vous allez l'entendre,
06:24à la décision de la justice qui condamne le groupe à prendre en compte
06:27les émissions de CO2 de ses clients.
06:31On écoute Patrick Pouyanné au micro d'Edwige Chevrillon.
06:36Bonjour Patrick Pouyanné.
06:37Bonjour Edwige.
06:38Merci d'être avec nous.
06:40Beaucoup de questions à vous poser comme on peut imaginer.
06:42On sort d'une table ronde que nous avons animée
06:45qui était sur le...
06:47Est-ce qu'on va vers une hausse des coûts inexorable ?
06:50Hausse des coûts de l'énergie, évidemment, puisque vous êtes avec nous.
06:53Mais j'ai une première question.
06:54Est-ce qu'on peut faire un point sur où est-ce qu'on en est dans le détroit d
06:57'Ormouz,
06:58le fameux détroit d'Ormouz ?
06:59Est-ce que vous croyez dans cet accord américain-iranien ?
07:04Quelle analyse vous faites d'où vous êtes de la situation actuelle ?
07:07Moi, je crois à l'accord.
07:09C'est-à-dire que je crois profondément que le président des États-Unis
07:13ne veut plus refaire la guerre avec l'Iran.
07:14Il en est sorti.
07:15Je pense que les Iraniens se rendent compte que, eux aussi,
07:19pour diverses raisons, ils ont intérêt à restabiliser,
07:20surtout que la carotte qu'on leur a donnée dans l'accord,
07:22c'est quand même lever les sanctions,
07:24ce qui change beaucoup l'économie d'Iran.
07:26Bien sûr, il y a des détails à gérer,
07:28mais moi, je pense que je crois à la dynamique de l'accord.
07:30Le détroit d'Ormouz, il se réouvre.
07:32Ce n'est pas encore complètement fait.
07:34Le plus dur, en fait, c'est qu'on a pu sortir tous les tankeurs qui étaient bloqués.
07:39On en commence à en ramener.
07:41En fait, il faut qu'on convainque des armateurs d'avoir confiance
07:43parce que ce que les armateurs nous disent,
07:45oui, mais est-ce que vous êtes certain qu'on ne va pas se retrouver bloqué une nouvelle fois ?
07:48Moi, je pense que la dynamique est positive.
07:50Qu'est-ce qui se passe, du coup, sur les marchés ?
07:52En fait, c'est que les pays du Golfe avaient continué à produire
07:55et ont stocké autant qu'ils pouvaient du pétrole.
07:58Et du coup, ce pétrole, il faut l'évacuer, ils inondent le marché.
08:02Ils font des discounts importants, le prix du pétrole baisse.
08:04Mais ce qu'on voit aussi en même temps, au même moment,
08:08c'est qu'essence, diesel reste encore élevée
08:11parce que le pétrole, il va falloir 30-40 jours
08:14pour aller dans les raffineries, pour le transformer.
08:16Et en fait, les stocks d'essence, les stocks de diesel sont très faibles, sont bas.
08:20Donc aujourd'hui, on a en fait un produit pétrolier.
08:23Quand on prend le brut plus le raffinage, ça se vend 95-100 dollars du baril encore.
08:28Vous avez dit qu'on est en train d'en ramener.
08:30Ça veut dire quoi ? Vous êtes en train de refaire venir les tankers ?
08:32Aujourd'hui, mes équipes de trailing, les fameuses équipes,
08:36c'est elles qui gèrent nos flottes de pétroliers.
08:39Elles sont en train de signer les contrats
08:41et trouver des armateurs pour ramener des tankers dans le Golfe
08:44pour aller charger du brut en Arabie, au Qatar, en Irak
08:48et de façon à leur amener vers les raffineries du monde entier
08:52pour que le cycle se réinstalle.
08:54Mais il faut juste avoir en tête que les pétroliers, les tankers,
08:58ils n'étaient plus autour du Golfe.
08:59Ils étaient partis en Atlantique, en Brésil, en Afrique.
09:02Il faut les ramener, donc ça prend du temps.
09:05Et puis après, ils vont charger.
09:06Et après, il y a à peu près 30 à 40 jours pour atteindre la Corée et l'Asie.
09:10Donc ça prend un peu de temps, tout ça.
09:11Pour être sûr d'avoir bien compris, vous voulez dire qu'il va y avoir des tankers
09:14qui vont refranchir dans l'autre sens le détroit d'Ormuz ?
09:17Ça a commencé.
09:18Ça a commencé.
09:18Ça a commencé.
09:19Les tankers reviennent.
09:21Écoutez, alors il faut trouver simplement, alors c'est un coût.
09:23Est-ce que vous payez ?
09:24On ne paye pas l'Iran, on ne paye pas qui que ce soit.
09:26Ce qu'on paye, ce sont les armateurs.
09:28Parce que c'est l'offre et la demande.
09:29Comme pour aujourd'hui, il n'y a pas assez de tankers qui sont prêts à y aller.
09:34Eh bien, ceux qui l'acceptent, les armateurs grecs ou d'autres,
09:37ils nous demandent de payer plus cher pour le bateau.
09:39Donc c'est le bateau qui coûte plus cher.
09:41Donc il y a un partage.
09:43Mais en même temps, le partage se fait parce que comme de d'autres côtés,
09:46les pays producteurs, eux, ont des stocks pleins et veulent évacuer leur pétrole,
09:50ils font des discounts qui permettent d'absorber, je dirais, le surcoût des tankers pétroliers.
09:55Donc vous avez un partage de la marge pétrolière qui est différent, mais qui nous permet,
09:59oui, on reprend le chemin.
10:01Il faut que le système se réinstalle.
10:04Et donc nos équipes font partie.
10:07On est la plus grande compagnie internationale au Moyen-Orient.
10:10Et donc moi, j'ai besoin qu'ils aillent chercher le pétrole qu'on a produit et qu'on a
10:14stocké.
10:15Il faut qu'ils sortent pour qu'on a l'envoyé sur les marchés maintenant.
10:17Est-ce que ça veut dire, vous avez dit, ce qui est important pour les Iraniens, c'est la levée
10:20des sanctions.
10:20Ça veut dire que vous pourriez retravailler avec l'Iran, vous, Total Energy ?
10:27Aujourd'hui, les sanctions américaines sont levées.
10:29Les sanctions européennes ne seront pas levées.
10:32Donc tant que les sanctions européennes ne seront pas levées, Total Energy doit respecter les sanctions.
10:38Ce qui veut dire qu'il ne faudrait pas qu'il y ait d'employés européens impliqués,
10:42ce qui est un peu compliqué dans notre société.
10:44Donc on n'en est pas encore là.
10:46Mais la volonté, la dynamique de l'accord, si on veut la paix, il va falloir instaurer cette dynamique de
10:52l'accord.
10:52Alors après, tous les Américains ont mis un système où ils lèvent les sanctions par étapes,
10:57qui dépendent du progrès concret des négociations en cours.
11:01Mais aujourd'hui, en fait, les Américains ont libéré les sanctions sur le pétrole iranien.
11:06Donc des pétroliers malais, indonésiens, indiens peuvent aller le prendre et peuvent même payer en dollars.
11:12D'orénavant, ils n'ont pas le temps d'utiliser les cryptocurrencies ou je ne sais pas quoi.
11:16Aujourd'hui, les Américains ont autorisé cela.
11:18Est-ce qu'on va vers une évolution à la baisse du prix du pétrole et du brut ?
11:23On l'a vu baisser.
11:24Oui ? On l'a vu remonter ?
11:26Non, il est autour de 70 dollars.
11:29Honnêtement, je l'ai dit, il a baissé très vite parce que justement, on veut évacuer ces stocks.
11:34Donc, les pays producteurs sont prêts à faire des discounts.
11:37Mais d'un autre côté, la marge de raffinage est très élevée.
11:40Moi, je pense que le couple qui aujourd'hui est à 95, 90, 100 dollars,
11:44quand on fait la somme des deux, devrait retomber vers 80 dollars.
11:47Mais je ne le vois pas tomber plus bas.
11:48Parce qu'il faut quand même remettre tout ça en ordre et ça va prendre du temps.
11:50C'était ça, en fait, la question que je voulais vous poser ensuite.
11:54Prix de l'essence, prix du diesel, aujourd'hui, ça s'est établi entre 1,80 et 1,90.
11:59On n'a pas encore tout à fait les prix d'avant la crise.
12:01À mon avis, on en a encore jusqu'à la fin de l'année pour voir ce prix à 1
12:05,80.
12:051,80, c'est mieux que 2,30.
12:08En sachant que Total Énergie, c'était 1,99.
12:11Donc, on a fait notre travail, nous.
12:12Vous avez fait votre travail.
12:13Ça vous a coûté combien ?
12:14Vous avez dit que ça vous coûtait 200 millions d'euros.
12:17J'ai dit 200 millions d'euros au Parlement.
12:18Je n'ai pas changé d'envie devant des FM.
12:20Et d'autant plus que dans l'intervalle...
12:22Depuis, vous étiez le 15 juin à votre audition au Parlement.
12:25Donc, aujourd'hui, nous sommes un peu plus tard.
12:27Nous sommes début juillet.
12:28J'ai dit pour évaluer pour le trimestre.
12:30Par ailleurs, depuis, il y a eu l'accord qui est intervenu le 17 juin, si vous vous rappelez bien.
12:35Au soir, j'étais présent à Versailles.
12:37Donc, je l'ai vu, cet accord.
12:39Donc, il existe.
12:40Et donc, depuis, on a vu le pétrole baisser.
12:43Et donc, du coup, le plafond, aujourd'hui, en fait, on le maintient.
12:46Là où il est utile, c'est dans toutes les stations rurales de France.
12:49Il y a 1 200 stations.
12:51Parce que c'est des stations qui consomment peu d'essence.
12:53Donc, ils ont des stocks qui ont été achetés à prix cher.
12:56Donc, aujourd'hui, on pourrait avoir des stations dans les villes ou aux périphéries à 1,80, 1,90.
13:02Et des stations ruelles à 2,20, 2,30.
13:04Nous, on a décidé que toutes les stations rurales seraient à 1,99.
13:07Et en plus, sur les autoroutes, pour les grands week-ends des vacances, les congés, ça sera aussi à 1
13:12,99.
13:13Mais du coup, ça me coûte moins.
13:14Parce qu'en fait, dans la plupart des stations, dans les 2 000 autres stations non rurales, je dirais,
13:19le prix est naturellement, aujourd'hui, en dessous du 1,99.
13:22Donc, je n'ai pas de coût en ce moment.
13:23Qu'est-ce que vous en avez retiré comme enseignement de cette crise que vous avez vécue, qu'on a
13:27tous vécu, évidemment ?
13:29Est-ce que ça va changer votre stratégie vis-à-vis du Moyen-Orient ?
13:32Est-ce que vous êtes la première compagnie, je crois, pétrolière au Moyen-Orient ?
13:37Est-ce que vous allez peut-être vous concentrer sur d'autres, sur le Brésil, sur l'Afrique ?
13:43Est-ce que vous allez changer de stratégie ?
13:45Non, on ne va pas changer de stratégie.
13:46Une stratégie, c'est fait pour durer.
13:48On a un point fort au Moyen-Orient.
13:50On va maintenir notre point fort.
13:51Simplement, maintenant, on étudie avec les pays, et on ne va pas qu'étudier,
13:55il va falloir investir dans des tuyaux qui permettent de contourner le détroit d'Hormuz.
13:59Enfin, le détroit d'Hormuz va se réouvert, mais il nous faut absolument une alternative.
14:02D'ailleurs, c'est ce qui fera baisser l'idée de toute tentation d'aller prélever je ne sais pas
14:07quelle fille au détroit d'Hormuz.
14:10Il suffit qu'on ait des tuyaux qui contournent pour que le problème se réveille.
14:13Donc, il faut, ça c'est un défensable.
14:14Ça fait combien de kilomètres de gaz ?
14:15Ça dépend, mais je veux dire, à Abu Dhabi, redoubler le tuyau de Fougéra, c'est 400 kilomètres.
14:20Aller d'Irak en Syrie, c'est 2000 kilomètres.
14:24Vous savez, je vais vous raconter une petite histoire, juste un mot.
14:26Quand Total Energy a été créé, en 1924, on a fait une découverte de pétrole, nos ancêtres, en 1928, en
14:33Irak, à Kirkouk.
14:35Et nos ancêtres, à l'époque, ils ont construit un tuyau de Kirkouk à Bagnas en Syrie, les fameux 2000
14:41kilomètres,
14:41pour que ce pétrole arrive en France à la Mede, à côté de chez nous, là.
14:44A la Mede, c'est sur fosse.
14:46Donc, si on a fait ça en 1928 à 1934, on va être capable de le faire en 1926.
14:52Donc, je pense que cette affaire, on n'en avait pas besoin, on en a besoin, on va le faire.
14:56Après, la deuxième leçon stratégique, comme on l'a toujours fait chez nous, oui, il faut diversifier nos sources.
15:02C'est fondamental.
15:03Nous n'avons pas, même si le Moyen-Orient représentait 15% de mes productions, 15 à 20%, j'ai
15:09d'autres productions.
15:09Et donc, on a pu assurer l'approvisionnement de la France, parce que maintenant, nous sommes le premier pays producteur
15:15de pétrole chez Total Energy.
15:16Dans notre portefeuille, c'est le Brésil.
15:17Et puis, l'Angola, le Nigeria, la Namibie.
15:20Et c'est pour ça qu'on continue à investir dans des nouveaux pays.
15:22Est-ce que vous voulez investir dans d'autres raffineries en France ?
15:25Ah non, ça, pas des raffineries en France.
15:27Non, ça, ça serait surprenant quand même.
15:29Non, mais je ne sais pas, ça pourrait être un désenseignement.
15:31Non, parce que, écoutez, attendez, non, la question, elle est face à celle-là.
15:35L'Europe a décidé qu'à partir de 2035, on devait sortir du moteur thermique.
15:40Une raffinerie, c'est quand même fait largement pour produire des carburants.
15:43Donc, nous, on était plutôt sur le thème, à quel rythme devons-nous faire décroître nos capacités de raffinerie ?
15:48On a fait des bioraffineries, puisque l'Europe nous dit utiliser les biocarburants.
15:52Les biocarburants, d'ailleurs, sont les grands vainqueurs, à mon avis, de cette crise.
15:55On va y penser de plus en plus.
15:56J'ai beaucoup de clients que je rencontre même ici.
15:58Au passage, la raffinerie de la Mede en Provence est une bioraffinerie et fait du biocarburant.
16:04La question qu'on doit se poser maintenant, c'est comment on fait pour assurer la sécurité d'approvisionnement du
16:09pays,
16:10votre question, et de l'Europe, tout en ayant décidé que le marché va décroître ?
16:16Ce n'est pas évident pour moi de maintenir des raffineries en circulation, en fonctionnement, si elles doivent être moins
16:21utilisées.
16:22Il va falloir qu'on ait un débat, et ça, ça renvoie profondément à quel est le prix de cette
16:26souveraineté.
16:27Combien les pouvoirs publics, combien la société est-elle prête à payer pour qu'on maintienne des raffineries qui seront
16:33moins utilisées,
16:35donc qui seront économiquement moins rentables, alors qu'on va vers l'électrique ?
16:41Il va falloir qu'on ouvre le débat, mais c'est le même débat dans toute la transition énergétique sur
16:45payer les capacités disponibles.
16:47C'est vrai pour l'électricité aujourd'hui. L'électricité, regardez ce qui s'est passé là, pendant les derniers
16:53jours.
16:54La canicule, quand il fait très chaud, il n'y a plus de vent.
16:58Le soleil, bizarrement, les cellules photovoltaïques fonctionnent moins bien.
17:02Bernard Fontana nous a expliqué qu'il a dû réduire 3 ou 4 centrales nucléaires parce que les rivières, on
17:08ne peut pas rejeter de l'eau trop chaude.
17:10Résultat, il fallait faire fonctionner les centrales à gaz.
17:12Heureusement qu'elles sont là, les fameuses centrales à gaz dont on nous dit qu'elles ne servent à rien.
17:15Mais pourquoi elles sont là ? Parce qu'on nous paye une rémunération de capacité.
17:19On nous paye pour maintenir ces centrales en fonctionnement.
17:23En fait, elles fonctionnent 30% du temps dans l'année, mais moi, j'ai des équipes qui sont là
17:27100% du temps.
17:28Donc, c'est ça qu'il va falloir imaginer.
17:30Pour les raffineries, c'est ça que vous dites ?
17:32Il faudra la même chose pour les raffineries ?
17:34Il faudra la même chose pour les raffineries, demain.
17:36D'accord, donc là, c'est un message envoyé au gouvernement.
17:38A tout le monde.
17:39La transition énergétique, ça suppose, c'est transition, de construire le système nouveau.
17:44Mais comme le système ancien en a encore besoin pendant des années, il va falloir rémunérer le système ancien.
17:50Sinon, moi, je ne suis pas payé pour faire tourner les raffineries 30% du temps.
17:54Ça, ça ne marche pas, je peux vous dire.
17:55D'accord, ok.
17:57Est-ce que, quand je vous disais changement de stratégique,
18:00vous n'avez pas complètement répondu à ma question sur le coût pour vous de recréer cette autre voie de
18:06passage du Détroit-Dormis ?
18:07Non, mais d'abord, ce n'est pas que pour nous.
18:09Ça se fera en partenariat.
18:10Les pays prennent ça en main.
18:12Un tuyau, je pense, un tuyau comme Kirkouk-Syris, si on parle de 5 à 6 milliards de dollars.
18:17C'est énormément d'argent aux gens qui m'écoutent.
18:19Dans le monde du pétrole, vu les investissements qu'on y fait chaque année,
18:23on peut les trouver.
18:24Ça ne sera pas le sujet.
18:25Il y aura beaucoup de fonds d'infrastructure qui vont être très heureux de financer ces projets.
18:29Et il y a la question aussi du gaz.
18:32Parce que du gaz, en fait, on entend un petit peu tout et son contraire.
18:34Lorsque j'avais posé la question il y a quelques jours à la patronne d'ENGIE,
18:37elle disait non, il n'y a pas d'inquiétude sur le gaz.
18:40Et puis en même temps, on nous a dit que les stocks étaient extrêmement bas.
18:44Ils n'avaient jamais été aussi bas.
18:45Où est-ce qu'on en est, quelle est la situation sur l'approvisionnement en gaz ?
18:49Les stocks européens sont effectivement bas, commencent à remonter.
18:53Par rapport aux saisons précédentes, on est plutôt bas.
18:55Ça peut se comprendre.
18:57Parce que pendant la crise, les prix du gaz sont montés haut.
19:01Et il y a une inconnue qui est...
19:02En fait, l'inconnue du marché du gaz, c'est à quel rythme le Qatar fournit 20% du gaz
19:09naturel des CAF mondiales.
19:11Il n'a pas encore redémarré complètement.
19:13Donc à quel rythme on va pouvoir produire au Qatar pour réalimenter le marché ?
19:16Le pari qu'on fait pas mal d'acteurs, je pense, c'est de se dire, si cette crise ne
19:20dure pas longtemps, les prix vont être plus bas.
19:23Donc on va stocker avec des prix plus bas.
19:26On verra.
19:29Je ne pense pas qu'il sera bon marché.
19:31Je ne pense pas qu'il ira très haut non plus.
19:32Voilà ce que je peux dire aujourd'hui.
19:33Donc juste pour conclure ce chapitre-là, Patrick Poyané, ça veut dire que vous êtes plutôt confiant sur le choc
19:39économique qu'on a connu.
19:40Vous dites qu'il est derrière nous, en fait, ou pas ?
19:43Je pense que oui.
19:44Je pense qu'honnêtement, je pense que profondément, la Maison-Blanche ne veut pas revenir dans ce conflit et fera
19:51tout ce qu'il faut.
19:51Je pense qu'il y a un autre acteur qui ne veut pas de la crise économique.
19:54C'est la Chine.
19:55La Chine a eu un comportement tout à fait étonnant pendant cette crise.
19:59Si le prix du pétrole, vous trouvez qu'il est monté très haut, mais 120 dollars, on aurait pu le
20:03voir à 200 dollars, ce que disaient les experts.
20:05On ne l'a pas vu à 200 dollars.
20:07Pourquoi ? Parce qu'on a découvert que la Chine a fortement réduit ses importations pour peser sur le prix
20:12du pétrole.
20:13En fait, le pays qui, en ce moment, fixe le prix du pétrole, c'est largement la Chine, qui importe
20:18beaucoup moins.
20:19Quand je dis qu'ils importent moins, ils ont importé 35% de moins que leur importation normale.
20:24Alors, à quel rythme vont-ils revenir dans leurs importations normales ? Je ne sais pas.
20:28Et si on essaye de comprendre la motivation de la Chine, je suis convaincu que c'est parce qu'ils
20:32n'ont pas envie d'une économie qui ralentit.
20:34C'est un pays exportateur.
20:35Et donc, oui, pour l'instant, je pense que la grande crise économique mondiale, je pense qu'on l'a
20:40évité.
20:41Elle est plutôt derrière nous.
20:42Si on regarde, on focus un instant sur l'Europe et sur la France.
20:45Il y a un grand plan d'électrification qui a été mené, annoncé en tous les cas par le président
20:50de la République et par le Premier ministre.
20:51Est-ce que vous vous dites que c'est une bonne chose, même si quelque part s'assit la branche
20:56sur laquelle vous êtes assis ?
20:59Et puis surtout, est-ce que c'est suffisamment compétitif pour faire face aux Américains qui ont un coût de
21:08Genel qui est trois fois moins élevé que le nôtre
21:10et qui ont des avantages compétitifs énergétiques qui sont très importants ?
21:14Le grand plan d'électrification, c'est une excellente idée et pour TotalEnergie aussi, parce qu'Edwige, comme vous le
21:19savez, ma stratégie, ce n'est pas que du pétrole et du gaz.
21:21C'est aussi de l'électricité.
21:23On a maintenant un segment électrique qui fait 10% de nos énergies, qui fera 20% dans cinq ans.
21:28Donc moi, tout ce qu'on peut faire pour électrifier la demande me convient, y compris en France.
21:32En France, on investit dans des énergies renouvelables et des centrales à gaz.
21:35Donc électricité égale TotalEnergie, alors moins que pour EDF, moins que pour d'autres, mais on aime bien.
21:41Je pense que c'est une bonne idée, c'est une énergie locale.
21:44La France a la chance parce qu'il y a eu des gens visionnaires dans les années 70.
21:48On a des ancêtres visionnaires qui ont construit un système électrique efficace.
21:53C'est un atout de la France.
21:54D'ailleurs, vous l'avez vu, pendant la crise, les Français ont bénéficié du prix de l'électricité le plus
21:59bas en Europe.
22:00Le plus bas.
22:01Pourquoi ?
22:01Mais parce qu'en fait, on a un trop-plein.
22:03On a une abondance d'électricité.
22:04Les centrales nucléaires fonctionnent, mais également beaucoup de renouvelables.
22:07Il faut les deux.
22:08Il ne faut pas opposer, c'était mon message, gardons tout, continuons.
22:11Quand il y a un trop-plein, on maintient le prix bas pour les Français.
22:16Et par ailleurs, on exporte sur les pays européens.
22:20Les voisins européens payent leur électricité en moyenne 30 euros du mégawatt plus cher.
22:25C'est très bien.
22:26La France en produit plus.
22:27EDF, je pense, a battu des records d'exportation.
22:30Très bien pour la balance commerciale française.
22:32Donc moi, l'électrification, je souscris.
22:35Et ce n'est pas tiré contre toute l'énergie.
22:37C'est pour les Français.
22:39C'est pour ça que je recommandais au Parlement que dans les milieux ruraux, dans les campagnes, il faut s
22:45'équiper de véhicules électriques.
22:46Ils ont la capacité de charger chez eux à domicile.
22:49Donc il faut aller vers l'électrification.
22:51Il faut aller vers ça à condition de pouvoir financer.
22:56Financer sur le véhicule électrique.
22:58Il faut créer un marché de l'occasion de l'électrique.
23:00Et ça va prendre du temps.
23:00Ça, je suis d'accord.
23:01Vous avez dit dans ces tables rondes où vous étiez qu'il fallait en quelque sorte que le CO2, tout
23:09ce que rapportait le CO2, serve à financer l'industrie.
23:14Donc il fallait que la boucle ne soit pas bouclée.
23:16Expliquez-nous.
23:17L'Europe s'est caractérisée et différente du reste du monde parce qu'on a l'électionné de mettre un
23:21prix sur le CO2.
23:23Un industriel qui est émé paye 100 euros, 80 euros la tonne du CO2.
23:26Ce qui en soi, je le comprends, c'est un polluant.
23:29Et la meilleure façon de lutter contre la pollution, c'est de mettre un prix dessus.
23:33Simplement, aujourd'hui, on paye ses taxes et elles partent financer les déficits d'autres natures.
23:39Ce que je dis, c'est qu'on me pose la question CO2 et compétitivité de l'industrie industrielle, parce
23:43qu'aujourd'hui, on veut opposer les deux.
23:44On veut dire que pour que les industries européennes soient compétitives, il faut arrêter de taxer le CO2.
23:49Je dis non, il ne faut pas arrêter de taxer le CO2 parce que sinon, les énergies renouvelables et tout
23:53ça, vous oubliez.
23:54Il faut organiser le circuit pour que l'émetteur paye.
23:58Mais lorsqu'il fait des projets pour décarboner, pour baisser ses émissions, ce sont ses taxes qui lui financent ses
24:04projets.
24:04C'est ça qui manque aujourd'hui.
24:06C'est très important et c'est le moyen de réconcilier compétitivité de nos industries en Europe et taxation du
24:12CO2.
24:13A propos de CO2, il y a une semaine, Total a été condamné pour avoir enfreint ses devoirs de vigilance
24:18vis-à-vis des émissions de CO2.
24:20Première question, est-ce que vous allez faire appel de cette décision ?
24:22On n'a pas été condamné pour avoir enfreint de vigilance.
24:28Une petite goutte d'eau.
24:29C'était donc il y a quelques jours.
24:32On a été condamné parce que le rapport qu'on a publié, il lui manque un chapitre.
24:35On va faire pareil.
24:37Oui, on va faire appel.
24:38Vous allez faire appel de cette décision ?
24:40Bien sûr.
24:40Et pourquoi ?
24:41On va faire appel pour deux raisons.
24:42Qu'est-ce que vous contestez dans cette décision qui a été prise ?
24:44Qui est spécifique à la loi sur le devoir de vigilance.
24:47La première, c'est qu'il se trouve que le ministère public avait pris une position très forte.
24:51Pas à notre instigation.
24:53On a découvert cela pendant le procès.
24:54qui a remis un mémoire au début du procès pour dire que le climat n'était pas couvert par cette
24:59loi.
25:00Le juge décide que oui.
25:02Je pense que ça mérite un jugement par la Cour d'appel que de savoir si oui ou non, la
25:07loi sur le devoir de vigilance couvre le climat.
25:10Et le deuxième argument...
25:12Excusez-moi.
25:13Non, c'est la chaleur.
25:14D'Aix-en-Provence.
25:16Le deuxième argument qui est plus important, tout aussi important, c'est que la loi sur le devoir de vigilance
25:22avait été rédigée.
25:23Quand vous prenez les motivations, pour nous obliger à contrôler nos fournisseurs.
25:28Les fournisseurs amonts.
25:29Or là, le juge dit que ça concerne aussi nos clients.
25:33Ce n'est pas seulement pour Total Energy que c'est un problème, c'est pour toutes les entreprises.
25:37Quand une entreprise produit des armes, est-ce qu'elle est responsable du fait que ses clients vont utiliser leurs
25:44armes pour tuer quelqu'un ?
25:45Quand une entreprise produit des barres chocolatées, est-ce qu'elle est responsable du fait que ses clients vont devenir,
25:52entre guillemets, obèses ou je ne sais pas quoi ?
25:55C'est un vrai sujet.
25:57Or, là, le juge répond sur les duchés climat et clients.
26:01Nous, on pense, et pas seulement pour Total Energy, que nous devons faire appel, parce que c'est un sujet
26:06très important,
26:07de savoir dans quel cadre juridique nous opérons en France et les sociétés françaises opèrent.
26:11J'espère que le bon sens s'emportera dans cette affaire.
26:14Toute dernière question, Patrick Pouyanné.
26:16Vous avez dit, c'est simple, moi, c'est le quoi qu'il en coûte, ou alors je l'arrête
26:21si jamais on nous taxe sur les super profits.
26:25Est-ce que, si jamais, on a entendu le Premier ministre à Aix-en-Provence dire, attention aux entreprises, ne
26:31vous inquiétez pas quelque part.
26:32Il faut défendre l'outil de production.
26:34Si c'est quand même le cas, est-ce que ça veut dire que vous quittez la France ?
26:38Non, moi, je ne quitte pas la France et la France, je l'ai dit, à la chance d'avoir
26:41des patrons patriotes, on ne regarde pas cela.
26:43Et parce que je suis patriote, je conteste l'idée qu'il faut augmenter les taxes.
26:46Je pense que le sujet de la France, c'est la souveraineté.
26:48Lorsqu'on parle de souveraineté en France, ce n'est pas en faisant de l'inquisition fiscale.
26:52La souveraineté, ça consiste, au contraire, à être fier des entreprises françaises, à les renforcer, pour renforcer nos entreprises, pour
26:59investir.
26:59Et je ne parle pas pour les grandes entreprises, je parle pour les PME également.
27:03Ce n'est pas en pensant, en piquant dans leur poche, en augmentant les impôts, qu'on règle le problème.
27:07La France doit développer, on doit plus investir, on doit développer des emplois.
27:11Donc la réponse fiscale n'est pas la bonne réponse.
27:15Et au passage, d'ailleurs, dans le débat de remarque, les Français ont répondu, on préfère le 1,99 de
27:20Total Energy que les taxes.
27:21Et d'ailleurs, le gouvernement a dit, finalement, Total Energy est un bon acteur.
27:26Et je pense qu'on parle beaucoup de RSE.
27:29Je pense profondément que ce que nous avons fait dans cette crise, c'est la mettre en oeuvre, la RSE,
27:34la responsabilité sociale.
27:35Nous avons été responsables vis-à-vis de nos clients.
27:37Et j'en suis fier comme en suffirent les 35 000 employés de Total Energy.
27:41Merci beaucoup d'avoir été ici sur BFM Business.
27:44Merci beaucoup, Patrick Pouyanné.
27:45Voilà pour l'interview de Patrick Pouyanné au micro d'Edwige Chevrillon.
27:49Dans un instant, l'interview de Patrick Martin.
27:51Il était aussi au micro d'Edwige Chevrillon depuis les rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
27:56Il a présenté d'ailleurs le projet du MEDEF pour redresser la France.
28:01Vous l'entendrez dans un instant.
28:02A tout de suite.
28:04BFM Business et la Tribune présentent...
28:12On est de retour dans le 18-19 qui se poursuit donc avec l'interview de Patrick Martin.
28:20Depuis les rencontres économiques d'Aix-en-Provence, il a présenté les propositions du MEDEF pour le budget 2027.
28:28Il réagit aussi aux réformes du marché du travail lancées en Allemagne,
28:32au coût du travail en France, à l'entente entre les partenaires sociaux.
28:36Et il dresse aussi le bilan de santé des entreprises françaises.
28:41On l'écoute au micro d'Edwige Chevrillon.
28:44Bonjour Patrick Martin.
28:46Bonjour Edwige.
28:46Merci d'être là.
28:48Vous sortez d'une tête-à-tête avec Sophie Binet, la patronne de la CGT.
28:53Malheureusement, je n'ai pas pu écouter.
28:54Mais en même temps, j'imagine que ça a rajouté de la chaleur à la chaleur ambiante, non ?
29:00Non, pas un tête-à-tête, une controverse publique.
29:05Oui, oui, on a pris acte d'un certain nombre de désaccords, mais également quelques convergences.
29:10Aussi curieux que ça puisse paraître.
29:12On va y revenir, mais je voudrais savoir un peu, vous avez écouté le Premier ministre ici, Sébastien Lecornu,
29:18qui a quand même essayé de rassurer les entreprises, les chefs d'entreprise que vous représentez en tant que président
29:23du MEDEF.
29:25Il a promis qu'il ne fallait pas toucher à l'outil de production.
29:29Et vous-même, vous avez sorti votre propre rapport où vous disiez, tiens, nous, on a un projet pour redresser
29:36la France.
29:37J'ai envie de dire, est-ce que vous avez été convaincu par celui de Sébastien Lecornu,
29:41sachant qu'il y a un comité d'alerte, évidemment, sur les finances publiques ?
29:44Est-ce que vous l'avez convaincu de votre projet qui prend en compte une partie de capitalisation ?
29:52Je vais commencer d'abord par vous remettre un document fondateur et dis-je...
29:57Carte sur table, merci.
29:58Carte sur table, pourquoi ? Pas pour faire le malin, mais simplement pour vous confirmer que le MEDEF travaille
30:02et prend appui sur sa connaissance fine de la situation économique française et internationale.
30:09Donc, effectivement, on a produit des propositions pour les budgets 2027, mais au-delà,
30:15parce qu'on est convaincu que notre pays a encore les moyens de se redresser.
30:18Encore faut-il qu'il le fasse sans porter atteinte plus encore à sa capacité productive.
30:23Donc, on entend ce que dit le Premier ministre.
30:26On mesure, je mesure parfaitement, l'étroitesse de ces marges de manœuvre,
30:30que ce soit sur le plan budgétaire ou sur le plan parlementaire.
30:33Mais on craint toujours, comme ça a été le cas, et malheureusement, ça s'est confirmé l'an passé,
30:37on craint que de nouveau des mesures soient prises au détriment de l'activité,
30:41au détriment de l'investissement et au détriment de l'emploi.
30:43Il ne vous a pas rassuré sur ce point-là ?
30:46Vous êtes comme Patrick Pouyanné, vous attendez de voir le projet de loi de finances ?
30:51Absolument, parce que ce n'est pas irrespectueux à l'égard du Premier ministre.
30:56Je respecte évidemment l'homme et la fonction.
30:58Mais quand Bercy nous dit, quand lui-même dit, il n'y aura pas de hausse d'impôts,
31:03on a un peu de bouteille, on sait très bien que la remise en cause d'un crédit,
31:07le crédit d'impôt recherche par exemple, ou les aides à l'apprentissage,
31:10ce ne sont pas à proprement parler des hausses d'impôts,
31:13mais à la fin des fins, ça se traduit quand même par une augmentation des prélèvements obligatoires
31:17pour nos entreprises, au même moment où la bataille économique internationale
31:21s'intensifie d'une manière invraisemblable.
31:23Je rappelle un milliard de déficit quotidien, un milliard d'euros de déficit quotidien de l'Europe
31:28à l'égard de la Chine.
31:30Si on a le moindre doute sur la brutalité de cette compétition
31:32et en regard la nécessité de soutenir les entreprises, moi je ne sais plus quoi dire.
31:37Est-ce que le chancelier allemand Frédéric Merz, qui a annoncé justement des réformes structurelles,
31:42qui a annoncé aussi des réformes sur les retraites, sur la capitalisation,
31:46est-ce que ça vous fait rêver ?
31:49Rêver non, parce que le chancelier Merz et sa coalition, incluant les socialistes allemands,
31:55prennent acte d'une situation économique de l'Allemagne qui est très fragile
32:00et dont on ne doit pas se réjouir, nous Français, parce que ça reste notre premier client, l'Allemagne.
32:04Mais de fait, on voit une forme de lucidité, de courage et de responsabilité
32:09dans les annonces de la coalition gouvernementale allemande.
32:12C'est ce qu'on appelle de nos voeux en France.
32:14Un des grands enjeux, ça sera évidemment autour des cotisations sociales,
32:17parce que derrière, c'est les cotisations sociales patronales des salariés qui financent les retraites.
32:23Il faut une baisse du coût du travail.
32:25Je ne sais pas si vous avez vu ce rapport de Rexécode qui montre que le coût du travail
32:30de la France en Europe reste quand même parmi les plus élevés,
32:34même si l'Allemagne est devant nous.
32:36Donc, est-ce que l'enjeu, il est uniquement sur les cotisations sociales,
32:41pour vous, à vos yeux, en tant que patron du MEDEF ?
32:43Cotisations sociales patronales, j'entends ?
32:44Alors, il y a deux sujets, bien évidemment.
32:46Il y a le niveau de la protection sociale, les retraites, le chômage, la santé.
32:51Et puis, il y a le financement de la protection sociale.
32:54Effectivement, nous, on a fait des propositions qui, à la fois,
32:56redistribueraient du pouvoir d'achat aux salariés en salaire net,
33:00permettraient à l'État d'économiser rien de moins que 35 milliards d'euros par an.
33:03Là où on nous accable, de manière très injuste, du fait qu'on recevrait des aides et des cadeaux à
33:10tire-larigots,
33:11on rendrait 35 milliards d'euros à l'État.
33:13Et puis, malgré tout, à hauteur de 16 milliards d'euros, on redonnerait des marges de compétitivité à nos entreprises.
33:18Nous, on met ça dans le panorama, sans faire de politique,
33:22mais parce qu'on est un acteur déterminant de la réussite du pays,
33:25et on veut remettre les choses en ordre pour que le pays se projette et assure à sa jeunesse un
33:30avenir.
33:31Le Premier ministre, il a appelé lors de ce discours ici,
33:34il a appelé en disant qu'il fallait vraiment que les partenaires sociaux discutent ensemble,
33:39qu'il fallait qu'on essaye de franchir cette guerre larvée entre les partenaires sociaux.
33:44Est-ce que vous êtes d'accord ? Vous êtes prêt à ça ?
33:46Il n'y a pas de guerre larvée.
33:48Pour autant, moi, je m'inquiète.
33:49Je le dis ainsi, que certaines organisations syndicales fassent dorénavant beaucoup plus de politique que de démocratie sociale.
33:55Je donne un exemple.
33:56Il y a plus de deux ans dorénavant que j'ai mis sur la table un certain nombre de thèmes
34:00pour discussion avec les partenaires sociaux.
34:02La jeunesse, le modèle productif, ça veut dire quoi ?
34:05Les effets de l'IA, les effets de la démographie, les effets du changement climatique,
34:09et enfin, le financement de la protection sociale.
34:13J'ai lu que Mme Léon était prête dorénavant à traiter de ces sujets avec nous.
34:18Si la démocratie sociale n'occupe pas son champ de légitimité, d'autres le feront à sa place.
34:24Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne option.
34:26Mais en même temps, on a le sentiment parfois, enfin, eux ont le sentiment que le MEDEF dit non à
34:31tout.
34:32Sur l'assurance chômage, sur tout.
34:34Mais je viens de vous administrer la preuve contraire.
34:36Il y a dorénavant plus de deux ans que j'ai posé ces sujets qui me paraissent,
34:39qui devraient à tous nous paraître extrêmement fondateurs.
34:42Fondateurs.
34:44Après, je conviens qu'il y a un certain nombre de sujets sur lesquels on est, nous, en accord avec
34:49nos convictions.
34:50C'est pas mal d'être en accord avec ces convictions.
34:52Là où nous avons décidé, non pas pour faire un geste politique,
34:58mais parce que ça nous paraît être une nécessité pour garantir les retraites complémentaires dans la durée,
35:02de ne pas les revaloriser pour 2026,
35:04l'État, un certain nombre de décideurs politiques qui, en offre, nous disent
35:08qu'il faudra traiter le sujet des retraites, n'ont pas désindexé ou même sous-indexé les retraites.
35:13On assume nos responsabilités.
35:14Mais comme je l'ai dit dans un excellent quotidien hier, c'est quand même pas à nous de faire
35:19le sale boulot systématiquement.
35:20Moi, je veux pouvoir discuter...
35:21Est-ce que j'allais vous dire comme question ? Vous avez le sentiment de faire le sale boulot ?
35:25En tout cas, on a le sentiment d'être cohérent et d'être courageux.
35:29Mais c'est quand même pas aux partenaires sociaux d'être systématiquement cohérents et courageux,
35:34et singulièrement au MEDEF, parce que c'est trop facile, après, de coller au MEDEF l'étiquette du père la
35:39rigueur.
35:39Nous, notre objectif, c'est de recréer de la dynamique économique,
35:43de créer des emplois, d'innover et de se remettre à niveau dans la compétition mondiale.
35:47Patrick Martin, on a le sentiment qu'il y a un peu de tension du côté du camp patronal.
35:53Lorsqu'on regarde, il y a le MEDEF, il y a l'UDP, et puis les artisans.
35:57Et puis maintenant, il y a les entrepreneurs.
35:59C'est comme ça que ça s'appelle la CPME, avec son dynamique dirigeant,
36:03qui a donc décidé, qui a fait un grand show au Parc des Princes,
36:06et qui a décidé de lancer à nouveau au mouvement les entrepreneurs.
36:10Il prend un peu votre place, en fait ?
36:12C'est un peu la guerre du patronat ?
36:14Écoutez, je ne sais pas si c'est son intention,
36:16mais en tout cas, ce n'est pas mon sujet.
36:18Précisément, toutes les circonstances lourdes qu'on vient d'évoquer ensemble
36:22imposent, au contraire, une unité patronale.
36:24Moi, mon objectif, ce n'est pas une petite guerre.
36:26Quand même, vous n'avez pas l'impression que c'est une petite pierre dans votre jardin ?
36:31Je n'y suis pas indifférent, mais alors, c'est franchement pas ma priorité.
36:34D'ailleurs, je dis à mes homologues de l'UDP et de la CPME,
36:39parce qu'elles s'appellent toujours la CPME, statutairement.
36:41Je leur dis, écoutez, on a d'autres chats à fouetter en ce moment
36:44que de se livrer à des petites querelles intestines.
36:48Avez-vous le sentiment ? Comment se portent les entreprises ?
36:50Parce qu'il y a deux phénomènes qui sont très forts.
36:53D'abord, la canicule.
36:54On voit qu'il y a une enquête très intéressante du cabinet CIA
36:58qui montre qu'en fait, il y a de nombreux, notamment l'industrie lourde,
37:02l'industrie lourde aussi européenne, souffre beaucoup de la canicule.
37:06Et que donc, ça met à l'arrêt, ça détruit les infrastructures.
37:09Est-ce que pour vous, c'est un sujet de préoccupation ?
37:11C'est un sujet de préoccupation et ce n'est pas d'aujourd'hui.
37:15Bien sûr qu'il faut qu'on accélère vers la décarbonation,
37:18mais il y a tout un volet qui n'a pas été suffisamment pris en compte
37:21et qui est celui de la protection, en quelque sorte,
37:24et des ménages et des entreprises.
37:25Pourquoi en est-on là ?
37:26Moi, je vois bien qu'on vide d'une partie de sa substance le programme France 2030,
37:31on vide d'une partie de sa substance financière, le fonds vert,
37:35parce qu'on est incapable de gérer nos finances publiques
37:39et d'enrayer la dérive invraisemblable des dépenses de fonctionnement.
37:42Ça se fait au détriment des investissements d'avenir,
37:45singulièrement contre les aléas climatiques qui deviennent extrêmement lourds.
37:50Les assureurs ont chiffré ce que ça pourrait coûter
37:52de ne pas se protéger de ces aléas climatiques,
37:55c'est par centaines de milliards.
37:56Donc économiquement, ça se reboucle.
37:58Mais il faut qu'on ait des politiques publiques
38:00qui soient cohérentes et qui s'inscrivent dans la durée.
38:03Avez-vous le sentiment qu'il y a une nouvelle vague de désindustrialisation
38:08qui nous menace au niveau européen,
38:10notamment beaucoup l'Allemagne, mais aussi beaucoup la France,
38:15parce qu'ils ont fait une révolution technologique
38:17que nous n'avons pas encore conduite,
38:19notamment dans l'intelligence artificielle, mais pas que,
38:21tout le monde le dit, y compris le patron d'EDF, Bernard Fontana,
38:26qui dit que c'est sûr qu'ils ont une avance technologique
38:29qui est supérieure à la nôtre.
38:30Du coup, qu'est-ce qui se passe ?
38:32C'est que soit vous avez des transferts technologiques chinois
38:34dans nos industries, soit vous avez des rachats,
38:38soit il n'y a plus d'industrie, il y a des PME
38:40qui mettent là-haut et des entreprises,
38:41qui mettent la clé sous la porte.
38:42Non, je partage évidemment cette analyse.
38:44C'est la raison pour laquelle le MEDEF,
38:46en tant que tel et par son organisation européenne Business Europe,
38:49est très en flèche sur les enjeux de préférence européenne
38:53auprès de la Commission, auprès du Parlement.
38:54Mais de manière raisonnée, j'ai rappelé à Sophie Binet tout à l'heure
38:59que 20% des emplois français étaient tournés vers l'exportation.
39:02Donc, ce n'est pas doute ou rien.
39:04Il faut, le temps qu'il faudra, des mesures de protection.
39:07Ça vient d'entrer en vigueur pour notre sidérurgie, par exemple.
39:11Mais l'essentiel, et c'est le rapport Draghi,
39:13auquel le MEDEF a largement contribué,
39:15il faut remettre l'économie européenne à niveau.
39:17Il faut réorganiser le marché de l'épargne
39:20pour flécher l'épargne européenne et française
39:22très abondante vers l'investissement productif, l'innovation.
39:27Et puis, la mère de toutes les batailles,
39:28et vous savez que j'en fais mon leitmotiv,
39:31c'est la jeunesse.
39:32Il faut qu'on investisse en France beaucoup plus sur les compétences,
39:35sur l'orientation, et que singulièrement,
39:38on règle ce scandale français auquel beaucoup sont indifférents,
39:42c'est-à-dire un taux de chômage à plus de 20%,
39:43il est à 3% en Suisse pour les jeunes.
39:46Un taux d'emploi à 35%, c'est 51% en Allemagne,
39:4975% aux Pays-Bas, et tout le monde s'en fout.
39:52Le MEDEF ne s'en fout pas,
39:53parce que ça règle les problèmes de financement
39:55de la protection sociale, de tensions de recrutement,
39:57ça règle des problèmes de logement,
39:59ça règle tous les problèmes, c'est ça la priorité.
40:01De ce point de vue-là, c'est sûr que raboter,
40:04sérieusement raboter l'apprentissage,
40:06a été une grosse erreur, non ?
40:07Mais c'est une énorme mannerie.
40:10Moi, je suis très clair, et depuis l'origine,
40:11il faut sanctionner durement les fraudes quand elles existent.
40:14Il faut faire quelques ajustements
40:16quand il y a des effets d'aubaine.
40:18Mais ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain.
40:20La Suisse, j'évoquais le taux de chômage des jeunes en Suisse,
40:223,2%.
40:2370% de chaque classe d'âge passe par l'apprentissage.
40:27Des dirigeants de très grandes entreprises suisses,
40:29dans la banque, mais dans l'industrie également,
40:31sont passés par l'apprentissage.
40:33Il faut faire de la jeunesse d'une manière générale,
40:35de l'apprentissage,
40:37de la réforme des lycées professionnels,
40:38une grande cause nationale.
40:39Ça réglerait l'essentiel de nos problèmes.
40:43Je reviens un instant sur cette vague de désindustrialisation.
40:46Qu'est-ce que peut faire l'Europe ?
40:47Il y a effectivement la préférence européenne.
40:49Encore qu'on en connaît,
40:51les modalités, on ne peut pas dire
40:53que ça convient à tout le monde dans tous les cas,
40:54parce que c'est vrai qu'il y a une notion extrêmement large
40:56de ce qu'on appelle l'Europe.
40:58On va même très très loin.
41:00Mais Patrick Martin,
41:01est-ce que pour vous,
41:02il faut mettre des barrières,
41:04un droit de douane,
41:05il faut mettre une taxe sur le CO2 ?
41:07Qu'est-ce qu'il faut faire, concrètement ?
41:09Il faut rétablir des conditions d'équité.
41:11Oui, mais c'est quoi ?
41:12D'équité concurrentielle,
41:13d'équité environnementale,
41:14et donc, au cas par cas,
41:15mettre des mesures réglementaires,
41:17dont douanières,
41:18pour, le temps qu'il faudra,
41:20rétablir le fameux level paying field.
41:22Ça n'est pas par hasard que,
41:23président le B7,
41:25le miroir patronal du G7,
41:27je suis arrivé à faire signer une déclaration commune,
41:29y compris de la part de nos homologues américains,
41:32pour dire,
41:33il faut rétablir des règles du jeu
41:35loyales,
41:36stables,
41:37transparentes,
41:37dans le commerce international.
41:38Et ça peut passer,
41:39effectivement,
41:40temporairement,
41:41par des mesures de protection.
41:42Mais ça n'a aucun sens,
41:44les mesures de protection,
41:45si en parallèle,
41:46on ne réaccélère pas
41:47pour se remuscler
41:49économiquement et technologiquement.
41:50Et quels sont les secteurs
41:51qui ont été le plus touchés ?
41:52La chimie européenne,
41:54on sait que la chimie,
41:54aux françaises,
41:55elle est laminée.
41:56Quels sont les secteurs
41:57qui ont été le plus touchés ?
41:58Alors, je confirme la chimie,
41:59en précisant que la chimie,
42:00on pense aux majors de la chimie
42:02qui sont affectés,
42:03mais il y a beaucoup de PMI
42:04dans la chimie.
42:05Énormément.
42:05Il y a bien sûr l'automobile,
42:07il y a les énergies renouvelables.
42:09Et puis,
42:10du côté américain,
42:11cette fois-ci,
42:11évidemment,
42:12tout le secteur du digital,
42:14de l'intelligence artificielle.
42:15Donc,
42:15on est pris en sandwich,
42:16pour ne pas dire en étau,
42:18entre les Etats-Unis
42:19et la Chine,
42:20alors que l'Europe,
42:21la France ont encore
42:22des moyens extraordinaires.
42:23Encore faut-il les mobiliser.
42:25Allez,
42:26pour conclure quand même,
42:27là,
42:28vis-à-vis de Sébastien Lecornu,
42:29vous allez avoir le Premier ministre,
42:30vous allez avoir quoi
42:31comme attitude ?
42:31D'abord,
42:32est-ce qu'il a été intéressé ?
42:35Est-ce qu'il a lu ?
42:36Est-ce qu'il a fait des commentaires
42:38sur votre carte sur table
42:39et sur votre plan choc ?
42:42Alors moi,
42:42je ne fais pas partie
42:43de ceux,
42:44de mon point de vue,
42:44trop nombreux
42:45qui révèlent
42:46la teneur
42:47d'échanges confidentiels.
42:48Je peux vous dire
42:48qu'on a des échanges privés,
42:49en tout cas.
42:50Je peux vous dire
42:51qu'on a une qualité de dialogue
42:52tout à fait normale.
42:54Est-ce qu'il a lu
42:55nos dernières propositions ?
42:56Il ne me l'a pas dit,
42:57mais je sais que d'autres
42:58les ont lus.
42:58D'ailleurs,
42:59il y a eu,
42:59y compris de la part
43:00du ministre de l'Économie
43:01et des Finances,
43:02un commentaire
43:03plutôt positif.
43:04Ici même,
43:05ici même,
43:05c'était sur le bateau.
43:07Absolument,
43:07retraite par capitalisation,
43:08il vous a dit oui,
43:09le Premier ministre ?
43:10Non,
43:10mais retraite par capitalisation,
43:12moi,
43:12mon premier enjeu,
43:13c'est de crever les baudruches.
43:14Parce que les mêmes
43:14qui vocifèrent en disant
43:16moins vivants,
43:16il n'y aura pas de retraite
43:17par capitalisation,
43:18je pense à certains syndicats,
43:20gèrent eux-mêmes
43:20les retraites
43:21par capitalisation
43:22du public.
43:22Donc,
43:23n'en faisons pas
43:23une affaire de principe.
43:24Ensuite,
43:25on voit très bien,
43:26notamment pour financer
43:27le rebond productif
43:29et technologique
43:29de l'Europe,
43:30qu'on va devoir drainer
43:31des capitaux très importants.
43:32C'est un moyen de le faire.
43:34Ça n'est pas qu'un enjeu
43:35de financement des retraites.
43:36Ok.
43:37Confiant,
43:37inquiet pour 2027 ?
43:40À ce jour,
43:40encore confiant,
43:41mais il nous tarde quand même
43:42que les candidats
43:43sortent du bois
43:44il y a encore 10 mois,
43:45on est peut-être
43:45dans la cadence,
43:46et prennent ce parti
43:47du courage,
43:48de la responsabilité.
43:49Moi, je pense que nos concitoyens,
43:51quoiqu'en disent
43:52un certain nombre
43:52d'enquêtes d'opinion,
43:54mais d'autres disent le contraire,
43:55savent que nos régimes sociaux
43:56vont voler en éclats,
43:58savent que la priorité,
43:59c'est le pouvoir d'achat
44:00et que pour générer
44:01du pouvoir d'achat,
44:01il faut de la croissance,
44:03il faut de l'investissement,
44:04il faut investir
44:05sur les compétences.
44:06Donc, je crois beaucoup
44:07au bon sens des Français.
44:08Le bon sens des Français,
44:09ça sera votre mot de conclusion.
44:10Merci beaucoup,
44:11Patrick Martin.
44:12Merci.
44:12Patrick Martin,
44:13au micro d'Edwige Chevrillon,
44:14qui recevait aussi
44:15Marie-Ange de Bon
44:16lors des rencontres économiques
44:17d'Aix-en-Provence,
44:18la nouvelle présidente
44:19de La Poste
44:20est venue présenter
44:20son nouveau plan stratégique
44:24pour le groupe.
44:25Écoutez.
44:26Bonjour, Marie-Ange de Bon.
44:28Bonjour, Edwige Chevrillon.
44:29Merci d'être avec nous ici,
44:31avec cette chaleur.
44:33C'est votre première interview
44:34depuis que vous êtes présidente
44:36de La Poste.
44:37C'est un moment important.
44:38Vous étiez venue, évidemment,
44:40auparavant à BFM Business.
44:42Une première question,
44:43parce que là,
44:43vous avez une actualité
44:43très chargée.
44:45Vous venez de présenter
44:46votre stratégie.
44:48Vous avez mis votre patte
44:51sur l'avenir de La Poste,
44:52puisque vous succédez
44:53à Philippe Boal
44:53qui avait son propre plan.
44:55Vous avez fait un deuxième.
44:56Et puis, il y a eu un rapport
44:59parlementaire
45:00qui a été fait
45:00sur la notion
45:01de service public.
45:02C'est quoi La Poste aujourd'hui ?
45:04Je vous repose la question.
45:05C'est quoi La Poste aujourd'hui,
45:06Marie-Ange de Bon ?
45:08La Poste, c'est une entreprise
45:09qui est très aimée des Français,
45:11qui est très aimée
45:12de ses clients.
45:14Ça, c'est les éléments de langage.
45:15D'accord.
45:15Non, non, non.
45:16C'est vrai.
45:16C'est vrai.
45:17Je crois que c'est vraiment
45:17un capital de confiance
45:18que La Poste a.
45:20Mais La Poste,
45:20ce que je voulais aussi souligner,
45:22c'est que La Poste
45:23est aussi très mal connue
45:24de ses clients,
45:25puisque peu de gens savent
45:26qu'elle est 45% internationale,
45:29qu'elle est à 75%
45:31une entreprise
45:32qui travaille
45:32avec des clients professionnels,
45:34alors qu'on est
45:35en même temps aussi
45:36une marque très grand public.
45:38Donc, c'est...
45:39Moi, La Poste d'aujourd'hui,
45:41c'est des actifs,
45:43ses positions commerciales,
45:44le colis, c'est 54%,
45:46le courrier, c'est 15%.
45:47J'aimerais bien
45:48qu'on refasse un peu
45:48les chiffres
45:50de ce qu'est La Poste aujourd'hui.
45:53Là, vous en avez décliné
45:54un ou deux.
45:54Parce que c'est vrai
45:55qu'il y a une évolution
45:56absolument colossale
45:57dont on n'a pas forcément
46:00mesuré l'ampleur.
46:01Notamment sur la chute
46:02du courrier,
46:03l'évolution du colis.
46:04Vous pouvez nous faire
46:05une petite fiche
46:07cinélectique sur La Poste ?
46:08La Poste,
46:08c'est trois grands métiers
46:09aujourd'hui.
46:10Un grand métier
46:12autour de la logistique
46:13qui est le courrier
46:14et le colis.
46:15Le colis,
46:16aujourd'hui,
46:16c'est 54%,
46:17avec une grande présence
46:18en Europe,
46:19puisque nous sommes
46:19le numéro 2 du colis
46:21en Europe,
46:21ce qui n'est pas toujours
46:22très connu.
46:23Numéro 1 en France
46:25avec nos trois marques,
46:26Colissimo,
46:26Chronopost,
46:27DPD.
46:28Ça, c'est un des grands métiers.
46:29Le deuxième grand métier,
46:32c'est le pôle financier.
46:33Là aussi,
46:34pas forcément toujours connu.
46:35La Banque Postale,
46:36bien sûr,
46:36mais la CNP
46:37qui est dans le périmètre
46:39du groupe depuis 2022.
46:41Donc,
46:41un des très gros assureurs
46:43français.
46:44Assureurs,
46:45par exemple,
46:45si vous empruntez
46:46un crédit immobilier,
46:48l'assurance emprunteur,
46:50il y a des grandes chances
46:50que ce soit de la CNP.
46:51La CNP,
46:52c'est un peu
46:52vos petits joyaux.
46:53C'est ce qui gagne
46:54vraiment de l'argent.
46:55Oui,
46:56parce qu'on a aussi
46:57un pôle numérique
46:58qui est en croissance
47:00avec parfois
47:01un outil
47:02que beaucoup,
47:03beaucoup de Français
47:04connaissent,
47:05tous ceux qui ont
47:05des enfants en collège,
47:06Pronote.
47:0618 millions
47:07d'utilisateurs de Pronote.
47:09C'est toutes les notes
47:10des collégiens.
47:11Voilà,
47:12donc La Poste
47:12est en effet
47:14une entreprise
47:14qui s'est beaucoup transformée.
47:17Dimension internationale,
47:1845%.
47:19Donc le deuxième pays,
47:20c'est le Royaume-Uni.
47:21On est aussi présents
47:22au Brésil,
47:23un grand pays pour nous,
47:24pour la CNP,
47:25mais aussi pour le colis.
47:26Donc une transformation
47:27assez significative.
47:29Soin d'or,
47:30marque grand public,
47:32entreprise bien connue
47:32des Français.
47:33Oui,
47:34mais en même temps,
47:34on a l'impression
47:35que vous,
47:37vous venez quand même
47:37du privé,
47:38mais que votre souhait,
47:39c'est que La Poste
47:40devienne une entreprise
47:41à part entière
47:41et non plus un service public.
47:43C'est ça l'évolution
47:44naturelle de La Poste
47:45désormais ?
47:46Alors en fait,
47:48les métiers
47:48dits concurrentiels
47:49de La Poste,
47:50ils se sont construits
47:51sur ces missions
47:51de service public.
47:52Donc ces missions
47:52de service public,
47:53c'est notre culture,
47:56c'est nos gènes,
47:57c'est aussi ce qui,
47:57en France,
47:58fait notre différence.
48:00Mais aujourd'hui,
48:01c'est vrai que ce sont
48:01les activités concurrentielles
48:02qui financent
48:03les missions
48:03de service public.
48:04Donc moi,
48:05j'essaye de compter
48:06sur nous-mêmes.
48:07Il faut que les postiers
48:08comptent sur eux-mêmes
48:09et donc on développe
48:10nos activités concurrentielles
48:11pour aussi continuer
48:12de financer nos missions
48:12de service public
48:13qui sont, on le sait,
48:14sous-financées par l'État.
48:15Oui,
48:16sous-financées,
48:16on va y revenir
48:17parce que justement,
48:18c'était une des conclusions
48:19de ce rapport rédigé
48:21notamment par Jean-René Cazeneuve
48:24qui a été publié
48:25il y a quelques jours
48:26et qui dit
48:27qu'il y a un problème
48:27de financement
48:28parce que l'État
48:29ne finance plus justement
48:30ces missions
48:30de service public.
48:31Juste la chute du courrier,
48:33vous pouvez nous rappeler
48:33la chute abyssale
48:35du courrier ?
48:36C'est vrai.
48:37On faisait 15 milliards
48:39de lettres
48:40il y a une dizaine d'années.
48:41On en fait 5 aujourd'hui
48:43donc divisé par 3.
48:44C'est très significatif.
48:45Et nous,
48:46à l'horizon du plan
48:47que vous avez indiqué
48:48que j'ai présenté
48:49cette semaine
48:50qui s'appelle
48:51Réussir ensemble
48:52Ambition 2031,
48:53on l'envisage à 3 milliards.
48:54Donc encore une baisse.
48:56Tous les ans,
48:57on perd 10% à peu près
48:58de volume.
48:59Ce qui ramenait
49:00au chiffre d'affaires
49:00est colossal
49:01parce que
49:02quelle entreprise
49:03perd 500 millions
49:04de chiffres d'affaires par an ?
49:05C'est pour ça
49:05que la poste
49:06a des grands défis
49:07et qu'elle s'est déjà
49:08très bien transformée,
49:09qu'elle a déjà
49:10assumé cette baisse
49:11mais qu'on en a encore
49:12devant nous.
49:13Oui,
49:13il y en a encore devant vous,
49:14c'est clair.
49:14Et puis derrière,
49:15la question à la clé,
49:16c'est évidemment
49:17quel avenir pour le réseau
49:19des postes françaises.
49:21Il y en a partout.
49:21Il y en a dans
49:22moins de petits villages.
49:23Il y a ces boîtes jaunes,
49:24il y a les bureaux de postes
49:26aussi dans des petits bourgs,
49:29on va dire.
49:30Et en même temps,
49:31il y a une logique budgétaire
49:33mais il y a aussi
49:34une logique politique
49:35territoriale,
49:36c'est-à-dire que
49:36tout le monde est attaché
49:38à son bureau de poste.
49:39Oui,
49:40alors nous...
49:4017 000 bureaux de poste.
49:42On a 17 000 points de contact
49:43mais en fait
49:44qui sont en partie
49:44aussi des points
49:46en partenariat,
49:48en partenariat
49:48avec des communes
49:49ou en partenariat
49:50avec des commerçants.
49:51Et c'est un de nos
49:53axes de transformation,
49:55c'est qu'aujourd'hui
49:56on a commencé
49:57à travailler
49:58avec,
49:58on a 3 500 commerçants
49:59avec lesquels
50:00nous travaillons
50:01et où vous pouvez
50:02trouver tous les services
50:03postaux
50:04chez ces commerçants.
50:06Ce qui fait que
50:06à la fois
50:07vous avez des horaires
50:08d'ouverture
50:08qui souvent sont
50:09plus étendus
50:09pour les gens,
50:10une boulangerie
50:11qui ouvre à 7 heures
50:12du matin,
50:12vous pouvez aller chercher
50:13votre lettre commandée
50:14si elle est partenaire
50:14de la poste.
50:16C'est aussi
50:17un flux additionnel,
50:18vous faisiez référence
50:19à des zones
50:20plus isolées
50:21ou des zones rurales
50:22qui perdent
50:23des services publics.
50:24Nous,
50:24nous maintenons le service
50:25en faisant des partenariats
50:27gagnants-gagnants
50:28avec des relais commerçants
50:29et ont tout type.
50:30On peut faire une épicerie,
50:32on peut faire une boulangerie,
50:33on peut faire un pressing,
50:34une grande surface.
50:35Donc,
50:36on a vraiment
50:37ce développement de service
50:38qui est très tourné
50:40vers le client.
50:40Mais est-ce que ça permet
50:41d'équilibrer votre réseau
50:42ou non ?
50:43De toute manière,
50:44il faudra s'attendre
50:45à une restructuration
50:45du réseau
50:46et une restructuration
50:48du nombre de postés.
50:49En tous les cas,
50:50voilà,
50:51est-ce que vous avez
50:51votre plan stratégique ?
50:53Vous l'avez dit ?
50:54Alors,
50:54on travaille évidemment
50:55sur cette transformation.
50:56D'abord,
50:56on a des départs naturels,
50:58bien sûr,
50:58des gens qui partent
50:59à la retraite.
51:00Non remplacés.
51:01Non remplacés potentiellement.
51:03Mais nous avons aussi,
51:04c'est la force de la poste,
51:05une grande capacité.
51:07Je dis souvent,
51:07la poste,
51:08c'est le plus grand
51:08ascenseur social de France
51:10parce qu'on est capable
51:11d'organiser
51:12des parcours de mobilité.
51:13Vous avez des gens
51:14qui commencent apprentis.
51:15Je faisais une tournée
51:18de facteurs hier à Aix
51:19et je salue
51:21la jeune directrice
51:22d'établissement
51:23qui se marie aujourd'hui.
51:24Elle a commencé apprentie.
51:25Dix ans après,
51:26elle est encadrante
51:27avec beaucoup de personnel
51:29sous ses ordres.
51:30Donc, voilà,
51:31cette capacité
51:32à faire bouger
51:34les personnels,
51:35à leur offrir
51:35des perspectives de carrière,
51:37c'est une grande
51:37déforce de la poste.
51:38Oui, mais Marie-Ange de Bon,
51:40quand même,
51:40dans ce plan
51:41de restructuration,
51:43pardon,
51:44j'ai un lapsus,
51:45dans ce plan stratégique
51:46que vous avez présenté
51:47de transformation,
51:48vous avez envisagé
51:51le nombre
51:52de relais de poste,
51:53de points de poste
51:54de combien
51:55à horizon 2031 ?
51:56La loi de 1990
51:59dit 17 000 points.
52:00On va rester
52:01à 17 000 points.
52:02Mais par contre,
52:03on fera sans doute
52:04bouger les catégories.
52:05J'essaye aussi
52:06d'avoir des partenariats
52:07avec d'autres services
52:08publics.
52:10Nous accueillons
52:11dans nos bureaux de poste
52:12500 maisons France Service.
52:14L'idée,
52:14c'est probablement
52:15il y en a 2800 en France.
52:17Juste 500 sont
52:18dans des bureaux de poste.
52:19On peut aller plus loin
52:20dans ce partenariat
52:21entre les France Service
52:22et la poste.
52:24Donc, voilà,
52:25c'est de faire du partenariat
52:26avec les collectivités locales
52:28et du partenariat
52:28avec les commerçants.
52:29Et pour le nombre
52:30de postiers ?
52:31Alors,
52:32le nombre de postiers
52:33partent à la retraite
52:345 000 à 6 000 par an.
52:36Il y a combien
52:37de postiers aujourd'hui ?
52:3855 000 facteurs.
52:40150 000 personnels
52:42du groupe de poste
52:43en France.
52:44220 000 au total.
52:45Oui.
52:46Et sur ces 55 000 facteurs,
52:49il en restera combien
52:50en 2031 ?
52:51Aujourd'hui,
52:52on a 39 000 tournées
52:55faites par ces facteurs.
52:57il y a quelques années,
53:00on en avait 54 000.
53:01Donc, vous voyez,
53:02la poste s'est déjà
53:03beaucoup transformée
53:03par le passé.
53:05Probablement,
53:05on aura encore
53:07une baisse de nos tournées.
53:09L'objectif, évidemment,
53:10c'est aussi de ralentir
53:11la baisse du courrier
53:12et de l'écrit.
53:15on pousse aussi.
53:16Parce que si tout le monde
53:17accélère la mutation
53:19de l'écrit
53:20vers le digital,
53:21y compris nos ministères,
53:22parce que notre premier client,
53:23c'est le ministère
53:23de l'économie et des finances
53:25en France,
53:26dans les services publics.
53:31Si tout est digitalisé
53:33et qu'on ne préserve pas l'écrit,
53:34l'accélération de la baisse
53:35sera plus vite.
53:36Mais pour l'instant,
53:36nous,
53:37on est confiants
53:37d'avoir un réseau
53:38encore mutualisable
53:40à 3 milliards de courriers
53:41en 2031.
53:42C'est un premier client là.
53:43Merci.
53:44D'accord.
53:45Oui,
53:46encore les déclarations.
53:48Ministère de la justice aussi.
53:50C'est pour ça que maintenant,
53:51quand on ouvre sa boîte aux lettres,
53:52il n'y a que des mauvaises nouvelles.
53:54Vous avez aussi
53:54des courriers d'entreprise
53:56parce que l'entreprise,
53:57c'est 95% du courrier,
54:00c'est un courrier d'entreprise
54:00aujourd'hui.
54:01Entreprise ou administration.
54:03Marie-Ange de Bon,
54:03vous avez présenté,
54:04vous en avez dit un mot,
54:05mais peut-être que vous pouvez
54:05nous dire un peu
54:06quelles sont les grandes options
54:07stratégiques de votre plan
54:09que vous avez présenté
54:10il y a quelques jours ?
54:12C'est vraiment de capitaliser
54:13sur tous les atouts de la pause.
54:15Vous m'avez donné
54:15l'opportunité
54:16de les rappeler.
54:17Donc nous,
54:18on travaille sur un plan
54:19où on repart
54:20à la conquête client.
54:21C'est le premier axe
54:22du plan.
54:23On a un patrimoine
54:25incroyable de clients.
54:26Je vous prends
54:26la banque par exemple.
54:28La banque,
54:29nous avons 18 millions
54:30de comptes.
54:32Sur ces 18 millions
54:33de comptes,
54:34probablement autour
54:35de 8-9 millions
54:36sont actifs.
54:36donc on a la possibilité
54:39d'être beaucoup plus
54:39à la conquête
54:40sur ces clients.
54:41Donc c'est le premier axe,
54:42la satisfaction client,
54:44la qualité de service.
54:45Évidemment,
54:46on travaille sur la performance.
54:48Encore une fois,
54:49je vous le disais,
54:49nos missions de service public,
54:50elles sont aujourd'hui
54:51financées par les activités
54:52concurrentielles.
54:53Donc il faut à la fois
54:54qu'on soit plus performant
54:55sur nos activités concurrentielles
54:57et aussi sur nos missions
54:58de service public.
54:59Et puis,
55:00tous les programmes
55:01classiques d'une entreprise
55:02qui travaille
55:03à l'amélioration
55:04de sa performance
55:05autour des achats,
55:06de la réduction
55:07de ses foyers de perte,
55:08ses processus.
55:09Et on a 10 milliards
55:10d'investissements prévus
55:12sur la durée du plan,
55:13donc industriel
55:14et numérique,
55:15nos infrastructures numériques.
55:17Donc c'est avec
55:17tous ces briques,
55:18normalement,
55:19qu'on arrivera
55:20à notre équation
55:20qui est 40 milliards
55:21de chiffres d'affaires
55:22à l'horizon 2031
55:24avec une dette
55:26qui sera en réduction.
55:28C'est un programme
55:28qui est ambitieux
55:29mais atteignable.
55:30Juste,
55:31on va revenir
55:31sur la question
55:32de la dette
55:32et puis aussi
55:33de ce que l'État
55:34devrait vous financer
55:35justement pour ses missions
55:36de services publics
55:36et ne finance pas,
55:38enfin finance que partiellement.
55:41Sur l'international,
55:42vous avez commencé
55:43cette interview
55:43Marie-Ange de Beau
55:44en disant
55:44la poste aujourd'hui
55:45c'est 45%
55:46à l'international.
55:48Est-ce que votre ambition
55:49c'est de franchir
55:49la barre des 50% ?
55:51Et où ?
55:53Où ?
55:54Vous avez dit l'Allemagne,
55:55vous avez dit l'Angleterre,
55:56la Grande-Bretagne ?
55:57Alors comme on a de l'ambition
55:58en France et internationale,
56:00je pense que ça ne se déformera
56:01pas de manière très très forte
56:04à l'horizon 2031
56:05et que la part de l'international
56:07aura,
56:07je vais faire croître les deux,
56:09c'est ça l'objectif.
56:10Mais c'est vrai que
56:11dans notre croissance,
56:12le colis est un élément
56:14de croissance fort,
56:15notamment parce que se développe
56:16beaucoup le hors-domicile,
56:18que le e-commerce
56:20va continuer de se développer.
56:21Il est très très développé
56:23au Royaume-Uni,
56:23qui est un très grand pays
56:24pour nous,
56:24on est un très gros opérateur
56:26de colis au Royaume-Uni,
56:30positif,
56:30très rentable.
56:32On va continuer de développer
56:33le hors-domicile
56:34avec les consignes
56:35qui donnent pour les clients
56:37une souplesse additionnelle
56:38d'horaire.
56:39Dans plusieurs pays,
56:40la Pologne,
56:41c'est un grand pays pour nous,
56:42on fait un milliard
56:42de chiffre d'affaires en Pologne,
56:43donc on va essayer de travailler
56:44à la fois notre pilier français,
56:46notre pilier colis
56:48à l'international
56:49et banque finance,
56:50puisque la CNP
56:52est très présente au Brésil,
56:53par exemple.
56:54Acquisition vue ?
56:55Aujourd'hui,
56:56on est très concentré
56:57sur la croissance organique.
56:58D'accord,
56:58donc pas tellement d'inquisition.
57:01Ce rapport dont je parlais
57:02des parlementaires,
57:03dernière question,
57:04en fait,
57:04c'est pour préparer
57:05une nouvelle loi postale
57:06qui peut justement
57:07remettre en cause
57:07ce fameux chiffre
57:08des 17 000 points de poste,
57:13boîte aux lettres,
57:14j'allais dire,
57:14ou bureau de poste.
57:15Est-ce que pour vous,
57:17c'est quelle échéance ?
57:19Alors,
57:20une prochaine loi postale,
57:21nous,
57:21on essaye de fonctionner
57:24sans trop prendre en compte
57:26les calendriers électoraux.
57:28Vous avez raison,
57:29c'est la pédance.
57:30On compte sur nous-mêmes.
57:31Donc,
57:31on n'a pas épuisé
57:33la capacité à nous transformer
57:34dans le cadre législatif actuel.
57:37Donc,
57:37dans les 2-3 ans qui viennent,
57:39je pense qu'on a encore
57:39beaucoup de transformations possibles
57:41sans avoir besoin
57:43d'une loi postale.
57:44Voilà pour l'interview
57:45de Marie-Ange Debon,
57:46la patronne de La Poste
57:47au micro d'Edwige Chevrillon
57:48depuis les rencontres économiques
57:50d'Aix-en-Provence.
57:51Tout de suite,
57:52c'est le 19h éco
57:52présenté par Erwan Maurice.
57:54Très bonne soirée
57:55sur BFM Business.
57:58Le 18-19
57:59sur BFM Business.
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