- il y a 11 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste politique pour France TV, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00RMC, face aux grandes gueules.
00:04Elle est éditorialiste politique, c'est un visage familier pour les téléspectateurs sur France Télévisions.
00:09Elle s'appelle Nathalie Saint-Cricq, elle est aussi auteure de romans, la petite maire aux éditions de l'Observatoire.
00:14Bonjour Nathalie Saint-Cricq.
00:15Bonjour à tous, merci de m'accueillir.
00:18Avec plaisir. Nathalie, il y a quelques minutes, on discutait des dates choisies pour la prochaine présidentielle.
00:24Elles sont tombées, premier tour 18 avril, deuxième tour 2 mai.
00:28Bruno Retailleau est en colère parce que le 2 mai, pour lui, il estime que ce choix n'est pas
00:35neutre
00:35puisque la veille, il y aura les cortèges syndicaux qui seront bien sûr très politisés
00:40et qui seront défavorables aux candidats de la droite ou de l'extrême droite.
00:44Je crois que c'est toujours des mauvaises dates, soit c'est pendant les vacances, soit c'est le lendemain
00:48d'un week-end,
00:49soit c'est le lendemain d'un week-end comme c'est un dimanche.
00:51Je pense qu'il faut se calmer un peu, on risque d'avoir une année intense.
00:54Le 1er mai, certes, ça peut l'être pour de multiples raisons, mais il y a les syndicats, puis il
00:58y a l'extrême droite de l'autre côté.
00:59Bon, ben voilà, si on pouvait sortir des débats sur les dates des élections ou la clim, ça ne serait
01:04pas mal.
01:05Ce n'est pas un mauvais coup d'Emmanuel Macron.
01:07Il faut arrêter de voir sa main derrière et puis la canicule non plus, vous voyez.
01:11Ce n'est pas lui qui a voulu y avoir.
01:12Je ne sais pas si vous ne vous souvenez pas parce que vous êtes probablement trop jeunes.
01:15Mais en 1981, il y avait un titre, ça devait être l'événement du Géli qui avait titré « Vague
01:19de froid, Mitterrand responsable ».
01:21Donc l'idée qu'il y ait toujours quelqu'un qui tire les ficelles, me semble...
01:25Pourquoi vous avez une espèce de lassitude à dire « On peut sortir des débats sur l'élection présidentielle, la
01:29clim, pourquoi ? »
01:31Non, non, mais...
01:31Cette espèce de fatigue, là.
01:34Ce n'est pas du mépris ni de la fatigue, c'est que ça serait bien de prendre ça plus
01:37globalement.
01:38C'est-à-dire la clim, c'est passionnant le débat, mais après, on se demande où sont fabriqués les
01:43climatiseurs.
01:43On se rend compte que plus de 50%, c'est dans la zone Asie-Amérique.
01:47Et vous voyez, on globalise et on ne fait pas simplement un tout petit truc.
01:51Donc là, effectivement, le débat sur les dates.
01:53Je pense qu'il y a tellement de problèmes en France qu'on n'a pas de temps à perdre
01:56pour débattre des vrais sujets.
01:57Mais vous en avez couvert des campagnes présidentielles.
02:01Celle-là a-t-elle vraiment démarré ou est-ce qu'on est suspendu à la décision de justice la
02:06semaine prochaine ?
02:07Mardi prochain, on saura si Marine Le Pen peut être finalement la candidate du Rassemblement national.
02:12Alors, on est suspendu au 7 juillet.
02:13Moi, je serais larmes aux pieds à partir de 6h du matin.
02:16Enfin, tout le monde s'en fout, mais ça sera le cas.
02:19Non, je pense qu'il faut attendre un peu octobre.
02:21Je pense, mais peut-être je me trompe, qu'il va y avoir une sorte de reset en octobre grâce
02:25au sondage.
02:26C'est-à-dire qu'en gros, on va voir si ça bouge, si Édouard Philippe reste en tête, si
02:30Attal décolle,
02:31si Glucksmann bouge, si Hollande rentre.
02:33Et si finalement, tout le monde n'est pas à 10, 12 ou quelqu'un, il va y avoir à
02:37mon avis une espèce de coup de chaud,
02:39là pour le coup, mais intellectuel, en se disant, on ne peut pas aller dans le mur comme ça avec
02:42des gens qui sont autour de 10.
02:44Et peut-être, ça c'est ma grande thèse, tout le monde se fout de moi, mon fils l'y
02:46compris.
02:48La personne qui arrive après, une personne qui pourrait mettre tout le monde d'accord et dire,
02:51écoutez, on vous a testé pendant trois mois, là on a attendu, ce n'est pas terrible ce que vous
02:55faites, il faut quelqu'un qui...
02:56Donc c'est en janvier, fin d'année.
02:58Non mais cette personne, pour qu'on comprenne bien cette personne,
03:01donc ça ne sera pas du côté de la France Insoumise, parce que là il y a un candidat Mélenchon,
03:05pas du rassemblement national, mais ça serait ce qu'on appelle le bloc central,
03:08une personne qui mettrait tout le monde d'accord,
03:10donc du centre-gauche au centre-droit, le droit de l'Émanuelle Macron en fait.
03:14Ce serait qui ?
03:15Non mais attendez, je pense qu'il y a des gens qui...
03:17Par définition, il y a des gens qui...
03:19On peut parler de... Sébastien Lecornu, je ne pense pas qu'il passe son temps à ne penser qu'à
03:23Matignon,
03:23il peut y avoir, même s'il dit le contraire pour l'instant, un Castex.
03:26Bon, voilà, un Castex, Lecornu, je vous ai dit déjà, je ne sais pas,
03:30il y a peut-être quelqu'un qui fera un peu plus consensus.
03:32Mais vous ne croyez pas au vote utile,
03:35qui ne sera pas peut-être un vote tellement emballant d'adhésion,
03:38mais il y a beaucoup de gens, enfin je ne sais pas si vous les rencontrez,
03:40moi je rencontre beaucoup de gens qui disent, moi je ne veux pas les extrêmes,
03:43je ne veux pas ni Mélenchon, ni Bardella.
03:46Donc ces gens-là, à un moment donné, peut-être qu'ils choisiront,
03:49ils regarderont les sondages, ils iront bon le mieux placé,
03:51c'est peut-être Édouard Philippe ou un autre.
03:53Il n'est pas emballant, mais quand même c'est mieux que les autres.
03:55Non, non, mais je crois totalement à ça au vote utile.
03:56Je vous dis simplement que si...
03:57C'est le premier tour, hein ?
03:58Mais dès le premier tour, bien sûr, on ne s'en va de sens,
04:00mais il faut qu'il y ait quand même quelqu'un qui ramasse suffisamment,
04:03qui recueille suffisamment d'adhésion,
04:04pour que le vote soit vraiment utile.
04:05Parce que si on fait tous du vote utile, genre on se dit,
04:07s'il y a 11, 12, 13, par exemple, dans les sondages,
04:10et que chacun de nous se dit, le vote utile, c'est celui-là,
04:12on risque d'avoir un seuil pour le deuxième tour qui est vachement bas,
04:15et ça peut ne pas être la personne pour laquelle on a voté utile.
04:18Il peut y avoir des surprises.
04:19Je pense qu'il faudrait que ça se creuse un peu l'écart.
04:21Et Mélenchon, Bardella, au second tour, vous y croyez ?
04:24J'essaie de ne pas y croire.
04:26Et France Télévisions va faire campagne pour Mélenchon
04:29contre le Rassemblement National ?
04:31Comme d'habitude, vous savez.
04:32C'est de l'humour, je mets une astérise,
04:34parce qu'en général, quand je dis quelque chose,
04:36ça peut me revenir en boomerang,
04:38donc je fais un petit peu attention.
04:39Non, non, mais ma question était un peu provoque
04:41suite à la commission sur l'audiovisuel public.
04:45On a tapé sur l'audiovisuel public,
04:48qualifié d'étendard de la gauche, etc.
04:51Donc c'est pour ça que je me permettrais la provoque.
04:53La commission était assez orientée.
04:56Moi, j'y suis passée, donc je ne dis pas ça simplement au vu de l'extérieur.
04:59Parce qu'en gros, ce qui les intéressait,
05:02c'était plus les anecdotes people,
05:04avec les salaires des animateurs ou des choses comme ça,
05:06sur le vrai fond, ça aurait été intéressant de faire une commission.
05:09Je pense qu'on est passé un peu à côté,
05:11et que surtout, on n'a pas écouté les réponses des dirigeants.
05:15Après, vous savez, la privatisation du service public,
05:18j'ai bien reposé des questions derrière,
05:20aussi bien du côté de M. Ciotti
05:23que du côté de M. Mardella ou Mme Le Pen.
05:25Ce n'est pas leur premier but.
05:27Donc je pense que tout ça, ça va se créer.
05:28Oui, mais Alain faisait référence à cette accusation récurrente.
05:32On aurait un service public de l'audiovisuel
05:35qui aurait un biais qui serait marqué à gauche.
05:37Il ne reflèterait pas l'opinion publique des Français dans sa diversité.
05:43On tend vers quelque chose de correct et d'objectif,
05:46et il y a des choses qui ne le sont pas, bien évidemment.
05:48Donc il y a un correctif à faire.
05:50Il y a un correctif à faire dans plusieurs domaines, bien sûr.
05:53Mais ce n'est pas en gros comme on le dit.
05:56Comment vous l'expliquez, qu'on est plus à gauche dans le service public ?
06:01Je ne sais pas si c'est qu'on est plus à gauche.
06:03Je sais qu'il y a quelques fois des démarches de dénonciation
06:07qui sont plus militantes.
06:09Mais je n'ai pas eu la...
06:10En tout cas, moi, pour ce qui me concerne,
06:12on ne m'a jamais relu un papier en 10 ou 15 ans.
06:16Je ne pense pas que je sois qualifié ni de gauche ni de droite
06:18parce que je me fais engueuler des deux côtés.
06:20C'est bon signe.
06:21C'est bon signe.
06:22C'est signe qu'on a fait long feu, je ne sais pas.
06:25Mais en tout cas, honnêtement, pour voir les jours...
06:27Je dirigeais le service politique.
06:28Je n'ai jamais été obligé de rectifier avec quelqu'un.
06:31Aussi, une fois, quelqu'un m'avait mis dans un sujet.
06:34Le président des riches, comme synonyme d'Emmanuel Macron.
06:37Et je lui dis, tu es un peu engagé, ce genre de choses ?
06:39On ne va pas l'appeler le président des riches
06:41puisque c'est une appellation qui est contrôlée par LFI.
06:46Mais honnêtement, je n'ai pas l'impression,
06:47quand je regarde la télé,
06:49d'être devant une chaîne engagée.
06:51Il est hors de question qu'on fasse campagne pour qui que ce soit.
06:54Il n'y aura pas de campagne.
06:55Du coup, CNews, c'est marqué à droite.
06:59Est-ce qu'il faut fermer CNews ?
07:01Non, mais pourquoi fermer ?
07:03Pourquoi fermer des chaînes ?
07:04Certaines le demandent.
07:05Moi, je pense simplement qu'il faut contrôler un peu...
07:08Mais je parle de la politique étrangère, là.
07:10Parce que, pour le coup, les opinions, on a le droit d'en avoir.
07:13Et une chaîne qui s'intitule
07:14« Tant qu'on ne trompe pas les clients, ça va ? »
07:17C'est-à-dire qu'on dit CNews, on sait ce qu'on regarde.
07:19À partir de là, c'est vrai que certains commentaires,
07:21notamment sur la guerre en Ukraine,
07:23et en considérant en gros que c'est les Ukrainiens les agresseurs,
07:26ça, je trouve que c'est problématique.
07:28Mais tant qu'il s'agit d'opinion...
07:30C'est-à-dire que CNews serait sous influence étrangère ?
07:34Bon, il faut écouter, regarder les éditos et écouter les papiers
07:37ou les interventions de Xenia Federovia.
07:42Question, Nogéjé, Abel Bouilly...
07:44Parce qu'il y a le livre, si il faut en parler.
07:45Barbara Lefebvre et Fatima, qui se lancent ?
07:48Barbara ?
07:48Sur le livre.
07:49Vas-y, ou Nathalie Saint-Cricq, ou vas-y.
07:51Non, non, moi, je pense que ce serait bien qu'on parle du livre,
07:54parce que votre livre, justement, il aborde des sujets
07:55qui sont des sujets tout à fait actuels,
07:58étant donné le thème même du livre...
08:00La Petite Mère, aux éditions de l'Observatoire.
08:01La Petite Mère, donc on ne va pas raconter l'histoire.
08:03C'est un roman, hein ?
08:04C'est un roman, bien sûr.
08:05Alors, déjà, la première question,
08:06est-ce que c'est inspiré d'un fait réel ?
08:08Tout à fait.
08:08Voilà.
08:09Alors, il faut peut-être expliquer...
08:10Il faut que tu pitches le livre.
08:12Oui, rapidement.
08:12C'est un grand ténor du barreau à la retraite
08:16qui a fait sa carrière,
08:18ou en tout cas a fait sa grande notoriété
08:20sur l'acquittement d'une mère
08:22qui s'est accusée,
08:24enfin, qui s'est accusée, plus ou moins,
08:26d'avoir enterré son enfant,
08:28mais en réalité...
08:28La complicité, puisque c'est son conjoint
08:31qui était une espèce d'une brute épaisse
08:33qui a enterré l'enfant,
08:34et elle le recontacte de nombreuses années plus tard,
08:37et en fait, c'est toute l'ambiguïté de...
08:40Elle lui dit, il faut clore l'affaire.
08:41Voilà.
08:42Il lui demande clore quoi.
08:43Clore quoi, voilà.
08:44Et il revisite l'enquête du passé,
08:48au regard de ce qu'elle va lui dire,
08:50ou ne pas lui dire,
08:51et c'est tout le nœud de relation
08:53entre tous ces gens qui sont chacun
08:54un peu sous emprise de quelqu'un,
08:56elle de lui, lui de sa mère,
08:59donc il y a toujours un...
09:00C'est ce qu'on appelle un thriller psychologique.
09:02C'est ce que j'ai tenté de faire, exactement.
09:05Et c'est plutôt réussi,
09:06alors justement parce que vous avez exploré
09:08cette ambiguïté de la frontière
09:10entre la victime et l'héroïne,
09:12c'est-à-dire justement cette femme,
09:15cette nadege,
09:15qui est elle-même aux prises
09:17d'une enfance très difficile,
09:19etc.,
09:19et qui se présente donc finalement
09:20comme victime,
09:21et en réalité,
09:22qui est beaucoup plus complexe que ça,
09:23et qui finalement,
09:25sans dévoiler la fin,
09:27montre que la victime,
09:29elle n'est pas toujours parfaite.
09:30Et justement,
09:31quelle est la façon,
09:32vous en tant que journaliste justement,
09:33parce que vous le critiquez quand même
09:35un petit peu en creux dans le livre,
09:36la façon dont les médias,
09:37et parfois même la justice,
09:38ont la capacité justement
09:40à s'extraire de cette vision
09:41de la femme est forcément une victime,
09:44la mère est forcément plus ou moins
09:46innocente et victime,
09:47alors qu'en réalité,
09:48il peut y avoir une complexité
09:49qui peut la rendre
09:50non seulement toxique,
09:51mais meurtrière.
09:52Je pense que dans tout,
09:54il n'y a pas qu'en tant que journaliste,
09:55il n'y a pas qu'en tant que tout,
09:55ne pas prendre les choses
09:56de façon frontale,
09:58en se disant,
09:59en se racontant des histoires,
10:00en croyant ce qu'on a envie de croire.
10:03Quand on voit un cas parfait,
10:05un fait divers,
10:05on se dit,
10:06c'est affreux,
10:06elle a fait ci,
10:07il a fait ça,
10:08tout de suite,
10:09on a une espèce de sens
10:10de pensée affective
10:12et de décryptage affectif
10:14du phénomène.
10:15Moi, je pense que dans la vie,
10:16les choses sont infiniment plus compliquées.
10:18Je vous donne toujours
10:19le même exemple,
10:20d'un tueur en série,
10:21on va faire un micro-trottoir
10:22chez les voisins,
10:23il disait,
10:23il allait acheter son pain tous les jours
10:24ou alors il y avait un char.
10:26Super.
10:27Il était sympathique.
10:28Et je suis partie de cette histoire
10:29qu'on m'a raconté
10:30parce que les protagonistes
10:33n'avaient l'air de rien.
10:35Quand je dis n'avaient l'air de rien,
10:36ce n'est pas méprisant,
10:37ça ne veut pas dire
10:37qu'ils étaient pas bon.
10:37Des anonymes,
10:38des kidames.
10:38Oui, des gens comme vous et moi.
10:40Des gens qui ont l'air
10:41d'avoir rien qui dépasse.
10:43Ni très méchant,
10:44ni très gentil,
10:45ni très violent,
10:45ni très doux,
10:46ni très intelligent,
10:46ni très bête,
10:47ni très volontaire.
10:48Voilà.
10:49Et ces gens-là,
10:50momentanément,
10:51peuvent se transformer
10:51en des sortes de monstres
10:53avec quelque chose
10:54qui dépasse la moyenne,
10:56qui dépasse la moyenne
10:56dans la dureté,
10:58dans la capacité
10:58à se venger,
11:01à anticiper
11:01des actions mauvaises.
11:04Donc,
11:05je trouve ça toujours
11:06absolument fascinant.
11:07Donc,
11:07quand on est journaliste,
11:08je pense,
11:08pour revenir et atterrir,
11:09ce sera votre réponse,
11:11que dès qu'on vous montre
11:12quelque chose,
11:13il y avait un reportage
11:14d'autre jour à la télévision,
11:15c'est une famille
11:16qui dit
11:17« Oh là là,
11:18on a du mal
11:19à finir le mois »
11:20et à un moment donné,
11:22ils disent
11:23la taxe foncière,
11:25c'est dur
11:26avec la taxe foncière.
11:27Et je me dis,
11:28le journaliste
11:29aurait dû demander
11:29« Mais attendez,
11:29si vous payez
11:30une taxe foncière,
11:31c'est que vous êtes propriétaire.
11:32Si vous êtes propriétaire,
11:33ce n'est pas que vous avez
11:34un si faible niveau de vie.
11:36Parce qu'enfin,
11:37on ne paye pas
11:37de taxe foncière.
11:37Donc,
11:38je veux bien
11:38que les gens me disent
11:39« On est très malheureux,
11:40mais je voudrais
11:41qu'on montre
11:41leur faille d'impôt
11:42et qu'on ne se limite pas
11:45à ce qu'on voit,
11:46qu'on aille chercher derrière
11:47ce qui peut se produire. »
11:49Abel Sy,
11:49Fatimaïde Bounoua.
11:50Ce qui est intéressant
11:51et ce que j'ai beaucoup aimé
11:52dans le livre,
11:53moi,
11:53j'ai été torturé psychologiquement,
11:55très honnêtement.
11:57Mais ça m'a fait du bien,
11:58ça va.
11:58Ah bon,
11:58ben alors,
11:58c'est pas fait.
11:59Parce que c'est un livre
12:00vraiment qui parle
12:01de la culpabilité,
12:02la manipulation
12:03et le rapport au doute aussi.
12:05Le doute qui peut être positif
12:07parce qu'il nous permet
12:07de rester dans l'humilité.
12:10Ici,
12:10le doute nous ravage
12:11en réalité.
12:12Mais moi,
12:12j'avais deux questions.
12:13Pourquoi avoir pris
12:14la thématique de l'infanticide
12:15qui est encore un tabou
12:16dans la société ?
12:17Le rapport de la femme
12:19à l'infanticide aussi
12:20est dans ce rapport
12:21où la vérité peut être
12:22un mensonge quand même
12:23basé sur la vérité.
12:24Le mensonge peut être
12:25une vérité quand même
12:26basée sur le mensonge.
12:28D'où la torture psychologique.
12:29Pourquoi l'infanticide ?
12:31Et deuxième question,
12:32est-ce que vous nous avez
12:33délivré un ouvrage
12:35pour nous permettre
12:36d'explorer
12:37votre univers littéraire
12:38ou pour nous permettre aussi
12:39de réfléchir
12:40sur nos contradictions
12:41humaines ?
12:43Je vais commencer
12:43par la dernière.
12:45Je l'ai fait
12:46parce que j'ai trouvé
12:46l'histoire passionnante.
12:47C'est aussi plus bête
12:48que ça,
12:48plus terre à terre.
12:50J'aime bien raconter
12:50des histoires.
12:51Quand je fais de la politique,
12:52je ne raconte pas des histoires
12:53au sens de n'importe quoi.
12:54Mais j'aime bien
12:56le principe du...
12:57quand je suis allée chercher
12:58sur Clémenceau
12:59son histoire d'amour,
13:00j'aime bien raconter
13:01comme on fait aux enfants
13:02le soir.
13:03Donc,
13:04je ne veux pas donner
13:05de leçons.
13:06Je ne suis pas en mesure.
13:07Et en plus,
13:08chacun tirera les leçons
13:09ou pas.
13:09Ça,
13:10c'est le premier point.
13:12La première question,
13:13effectivement,
13:14je trouve que c'est
13:16assez de rentrer
13:17dans la psychologie
13:18des gens
13:18et de les faire douter.
13:21C'est à peu près
13:21la première chose
13:22qu'on doit faire.
13:23Douter de tout.
13:25pas être blasé,
13:26mais quand on vous présente
13:27une vérité,
13:28se demander
13:29si on a été trompé,
13:30si on s'est trompé soi-même,
13:32si on a dit des choses.
13:33Donc,
13:33je trouve que c'est
13:34un ressort passionnant.
13:35Et vous,
13:36journaliste politique,
13:37c'est ce que vous avez
13:38toujours fait
13:38en tant que journaliste politique ?
13:39Douter de tout ?
13:40Douter de tous les politiques,
13:41de ce qu'ils racontent ?
13:42Non,
13:43parce que quand j'étais jeune,
13:43je le doutais moins.
13:44Mais en voyant à l'usage,
13:46je doute tout le temps.
13:47C'est l'expérience.
13:48Non,
13:48mais je n'aime pas
13:48qu'on me raconte des salades.
13:51Je n'aime pas
13:54maintenant.
13:54Pourtant,
13:55c'est beaucoup de com' aujourd'hui.
13:55Oui,
13:56je sais bien.
13:56Mais j'essaie justement
13:58d'essayer de décrypter
13:59et de ne pas prendre tout ça,
14:00de ne pas avaler
14:01comme ça
14:02tout ce qu'on peut me raconter
14:03et de la fréquentation
14:05de tous ces braves gens,
14:07de voir la part de fake
14:09et la part de cinéma
14:10qu'on fait,
14:11qu'on nous fait.
14:12Et finalement,
14:13c'est quoi la réponse ?
14:13Elle est grande.
14:15C'est quoi ?
14:15C'est 90% de cinéma ?
14:16Écoutez,
14:17vous savez,
14:18je n'aime pas dire tout le temps,
14:20moi dans le temps,
14:21mais nous,
14:22il n'y avait pas Twitter
14:22quand on a commencé.
14:23C'est-à-dire qu'il n'y avait pas
14:23les réseaux sociaux.
14:24C'est-à-dire que
14:25quand un homme politique
14:26disait quelque chose,
14:27il le disait à l'AFP
14:28ou à RTL,
14:29à RMC,
14:29peu importe,
14:30et c'était vérifié
14:31par les journalistes.
14:32Maintenant,
14:32ils communiquent eux-mêmes.
14:33C'est ce qui a été formulé
14:34d'ailleurs et formalisé
14:35par Jean-Luc Mélenchon
14:36qui est,
14:37c'est mon média,
14:37je dis ce que je veux
14:38et les gens le captent
14:39sans qu'il y ait de filtre
14:40de vérification
14:41ou de quoi que ce soit.
14:42Donc,
14:42effectivement,
14:43puisqu'on maîtrise tout,
14:44on fait de la com'
14:45plus qu'on l'information.
14:46Fatima ?
14:47Vous commencez votre livre
14:48par une citation,
14:49qui est très belle d'ailleurs,
14:51« Mettre des souvenirs faux
14:52sur les vrais
14:53jusqu'à ce que les vrais
14:54en crèvent ».
14:55Ma question,
14:56c'est quels vrais souvenirs,
14:57vous,
14:58vous avez voulu
14:59faire crever
15:00ou faire mourir
15:01sous les masques fictifs
15:03de Maître Jean,
15:04Nadège et Richard.
15:06Qu'est-ce qui se cache
15:07derrière cette histoire-là ?
15:08Il se cache probablement
15:09d'une façon idéalisée
15:10qu'on a de revisiter
15:12son enfance
15:12ou de revoir
15:14ce qu'on a pu connaître
15:15ou les gens
15:15qu'on a pu rencontrer
15:17pour que ce soit supportable.
15:19Je faisais une émission
15:19dans le temps
15:20qui s'appelait
15:20Quand j'étais petit
15:21sur l'enfance des gens
15:22et ils me racontaient
15:23une enfance rêvée.
15:25Ils me racontaient
15:25que leur mère les aimait
15:26beaucoup,
15:27qu'il n'y avait pas de problème.
15:28On me racontait
15:29des belles histoires aussi
15:30et je me rendais compte
15:31souvent après l'émission
15:32que ça clochait.
15:34Il y en a un qui est sorti
15:35en me disant
15:35« Mais ma mère,
15:35elle n'était pas comme ça,
15:36c'était faux le coche.
15:37Elle était méchante.
15:38Je préférais mon frère.
15:41Et j'essaie de voir
15:42dans l'idéalisation
15:43qu'on peut avoir
15:44chacun de notre parcours
15:45où les gens
15:45qui se reconstruisent
15:46une biographie,
15:47vous savez,
15:47à la fin de leur vie,
15:48ils racontent des trucs.
15:49C'est-à-dire qu'ils servaient
15:50le café dans une radio
15:51et tout d'un coup,
15:51il y a quelqu'un
15:52qui lui a dit
15:52« Va faire le flash ! »
15:53C'est comme ça
15:53qu'ils sont devenus
15:54des grands journalistes.
15:55J'aime bien casser tout ça.
15:57C'est toujours la même chose.
15:57J'essaie de casser
15:58les apparences
16:00et je me l'applique aussi à moi.
16:02Justement,
16:03vous cassez un peu
16:03l'apparence
16:05du ténor du barreau
16:06avec le personnage
16:08justement de l'avocat
16:09Jean-Yves ?
16:09Vas-y, vas-y.
16:11Parce qu'il est assez complexe.
16:12Il y a cette espèce
16:13de vanité
16:14de l'avocat d'Assise,
16:15etc.
16:16Et justement,
16:18vous qui les avez fréquentés,
16:20vous qui les fréquentez,
16:21ces ténors
16:21de barreau d'Assise,
16:22comment est-ce que finalement
16:23ils se nourrissent
16:24aussi des affaires
16:26qu'ils traitent,
16:27souvent médiatisées
16:28et qui vont construire
16:30pas seulement leur fortune
16:31mais aussi
16:31leur légende ?
16:33Et est-ce que
16:34ces personnages
16:35sont pas parfois
16:37je dirais pas
16:39enfin ils ont
16:40pas un caractère
16:41vraiment
16:41de carnassier
16:43et de vampire
16:44des affaires
16:45qu'ils traitent
16:45et sur lesquelles
16:46finalement ils vont
16:47s'en servir
16:47comme marche-pied.
16:48Je fais exprès
16:50d'utiliser le terme
16:50marche-pied
16:51car vous comprendrez
16:52l'allusion à laquelle
16:53je fais par rapport
16:53à M. Dupond-Moretti
16:54qui avait parlé
16:55de se servir de Lola
16:57comme d'un marche-pied.
16:58Donc lui,
16:59je pense qu'il s'est souvent
17:00servi des affaires
17:01comme d'un marche-pied
17:01pour sa propre carrière.
17:02Qu'est-ce que vous pensez
17:02de M. Dupond-Carrie ?
17:03Non, pas le mien
17:05pas mon avocat à moi
17:06parce que mon avocat à moi
17:07il n'est pas un avocat de niche
17:09les avocats de niche
17:10c'est quelqu'un
17:10qui prennent
17:11toutes les femmes battues
17:12et qui se mettent en avant
17:13en faisant
17:13ou qui font tous les narcos
17:15et qui en profitent
17:16pour en rajouter.
17:17Le mien c'était
17:17un de la vieille époque
17:19qui buvait
17:20qui fumait
17:20qui mangeait
17:21qui aimait bien les femmes
17:22et qui s'est occupée
17:24de cette petite
17:25parce qu'elle lui rappelait
17:25une fille
17:26qu'il n'avait pas eue.
17:26Un dernier mot
17:28Nathalie Saint-Crick
17:28vous êtes l'épouse
17:29de Patrice Duhamel
17:30la mère de Benjamin
17:30la belle-sœur d'Alain
17:33comment on se désintoxique
17:34des Duhamel
17:35qui sont
17:35vous allez partir en cure
17:37de désintoxication
17:39D'abord moi je ne m'appelle
17:40Pat Duhamel
17:41j'ai gardé mon nom
17:42et deuxièmement
17:43c'est lourd
17:45c'est très lourd
17:46mais bon
17:46qu'est-ce que vous voulez
17:47que je fasse ?
17:48Mais vous pourriez écrire
17:49une autobiographie ?
17:52Non mais où on irait
17:53dans ces secrets-là
17:54sans le perdre ?
17:55On s'en fout
17:55excusez-moi
17:56moi je suis persuadée
17:57qu'on s'en fout totalement
17:57Ah non mais ça va
17:59moi je...
18:00Et que répondez-vous
18:01à ceux qui critiquent
18:01les Duhamel en disant
18:03ils sont partout...
18:04Je critique
18:04je dis...
18:05C'est revenu plein pot
18:07ces derniers temps
18:07Benjamin
18:08Benjamin
18:09les Népo bébé
18:10Attendez
18:11Je suis d'accord
18:13je peux comprendre les gens
18:14je leur explique
18:14ce que je dis toujours
18:15même si c'est inefficace
18:16qu'ils ont fait des études
18:18qu'ils ont passé
18:19des entretiens d'embauche
18:19et que c'est pas moi
18:20qui ai casé mon fils
18:22à BFM
18:22quand il y était
18:23parce qu'on est allé chercher
18:24sur LCI
18:26je réponds que
18:27si les gens
18:28si on est d'une famille
18:29c'est de l'endogamie
18:30d'accord
18:30mais d'un autre côté
18:32les gens qu'on fréquente
18:33on fréquente plutôt
18:34des journalistes
18:34donc on rencontre des journalistes
18:35on peut se marier
18:36avec des journalistes
18:37ça peut arriver
18:37comme des médecins
18:39je ne dirai jamais
18:40à Jean-Luc Mélenchon
18:41que son gendre
18:42est député à l'Assemblée Nationale
18:43dans une circo
18:44qui lui a été attribuée
18:45parce qu'elle était bonne
18:46que Mme Chikirou
18:47est également députée
18:49et que sa fille
18:50a travaillé avec lui
18:51et que son ancien garde du camp
18:53M. Delogu
18:54a eu sa circonscription
18:54dans les bouches du Rhône
18:56donc je ne les accuse pas
18:57de travailler en famille
18:57Merci Nathalie Saint-Cric
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