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  • il y a 4 minutes
Aujourd'hui, c'est au tour de Bruno Le Maire, ancien ministre de l'Économie, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:01R.M.C. Face aux grandes gueules
00:06Faut-il parler de faillite de l'État ?
00:08On va poser la question à Bruno Le Maire qui est avec nous,
00:11l'ancien ministre de l'économie, qui revient avec ce livre
00:12le temps d'une décision d'édition Gallimard.
00:14Bonjour M. Le Maire.
00:15Bruno Le Maire, est-ce que votre ancien collègue
00:18Gérald Darmanin aurait dû présenter sa démission ?
00:21Non.
00:24C'est pas une chasse à l'homme qu'il faut,
00:26c'est une refondation de la justice.
00:28Charles Darmanin a fait son travail,
00:30il a présenté ses excuses,
00:32avec, je trouve, des mots très justes,
00:35face à une affaire qui est traumatisante pour le peuple français.
00:40N'importe quel père de famille, j'en suis un,
00:43ne peut que regarder avec effroi
00:45la faillite de l'État et la faillite de la justice dans cette affaire.
00:50Donc je crois que la chasse à l'homme est la pire des solutions.
00:53En revanche, qu'il faille refonder la justice,
00:56oui, c'est ça le vrai sujet.
00:57Il y a quand même, dans cette affaire, des responsabilités individuelles.
01:00On parle peut-être de certains procureurs,
01:02de gendarmes qui n'ont pas fait, semble-t-il, leur travail.
01:05Bien sûr.
01:06Il faut examiner les responsabilités,
01:08mais en profiter cette fois-ci pour réellement refonder la justice,
01:10parce que ce n'est pas la première fois
01:11qu'il y a des manifestations,
01:13qu'il y a des critiques, qu'on ne dit plus jamais ça,
01:15et il ne se passe jamais rien derrière.
01:17Donc il faut faire des choix.
01:19Moi, j'en propose quatre pour la justice française.
01:22Le premier choix, c'est celui de la responsabilité des magistrats.
01:26Lorsqu'il y a une faute, il doit y avoir sanction,
01:29exécution de ces sanctions contre les magistrats
01:31qui n'ont pas rempli leurs devoirs,
01:33dont le premier est celui de protéger nos compatriotes,
01:36en particulier les plus faibles,
01:37c'est-à-dire les enfants.
01:39Le deuxième pilier que je propose,
01:41c'est une transformation qu'on paie de notre politique pénale.
01:44Que nous retrouvions une autorité du garde des Sceaux
01:48sur les procureurs.
01:49Que nous mettions fin...
01:51Il faut supprimer la loi Taubira, alors.
01:52Il faut supprimer la loi Taubira de 2013,
01:54permettre aux gardes des Sceaux
01:55de donner des instructions réelles aux procureurs,
01:59au magistrat du siège, au magistrat du parquet,
02:01pour qu'il y ait réellement une politique pénale dans notre pays,
02:04parce qu'il faut savoir de quoi on parle.
02:05On dit qu'il y a une politique pénale,
02:06on envoie des circulaires.
02:08Ce n'est pas des circulaires qu'il faut,
02:10c'est des instructions du ministre de la Justice
02:14au procureur représentant l'État,
02:16de façon à ce qu'il y ait dans notre pays
02:18une vraie politique pénale,
02:20avec des priorités clairement définies.
02:22J'en vois deux.
02:22Les enfants, les mineurs,
02:24priorité absolue,
02:25et le trafic de stupéfiants.
02:28Troisième pilier pour refonder cette justice,
02:30c'est les moyens.
02:32Malgré tout,
02:33quand on regarde l'état de la justice en France,
02:35même si en l'espèce,
02:36ça n'est pas une affaire de moyens,
02:37on le voit bien,
02:38mais quand on voit qu'il y a trois procureurs
02:40pour 100 000 habitants en France,
02:41alors qu'il y en a 11 en moyenne en Europe,
02:43quand on voit l'état des tribunaux,
02:44quand on voit le manque de modernisation,
02:47l'absence d'utilisation de l'IA,
02:48le fonctionnement en silo,
02:50tout ça doit être transformé en profondeur.
02:52qui ont augmenté sous la présidence Macron,
02:54mais pas suffisamment ?
02:55Ils n'ont pas suffisamment augmenté,
02:56mais on peut rendre hommage au président de la République
02:59d'avoir sur le régalien,
03:01que ce soit sur le ministère des Armées,
03:03sur la défense,
03:04sur la justice,
03:04sur la police,
03:05renforcer enfin l'état régalien.
03:18Il faut avoir le courage de dire
03:19que l'on fera moins sur l'état Providence,
03:23qu'il y aura moins de redistribution sociale
03:25et qu'il y aura plus de force de l'état.
03:28Mon combat,
03:29donc plus de régalien et moins de social.
03:31Arrêtons de faire croire aux Français,
03:33puisque nous sommes dans un moment
03:34qui précède une campagne
03:35où il va falloir poser des débats très sereinement.
03:38Arrêtons de faire croire aux Français
03:39qu'il y aura toujours plus de redistribution,
03:41toujours plus d'allocations sociales
03:43et que dans le même temps,
03:44on pourra renforcer les moyens militaires
03:46face à la menace russe
03:47ou renforcer les moyens de la justice
03:49pour garantir que les procédures
03:52soient exécutées plus rapidement.
03:54Parce que c'est un mensonge.
03:55Et que quand on regarde la situation aujourd'hui
03:58de nos finances publiques,
03:59il y a des choix à faire.
04:00Je les avais proposés
04:01quand j'étais ministre des Finances.
04:02Personne n'a voulu me suivre
04:04sur la réduction d'un certain nombre
04:05de prestations sociales
04:06et de la place de l'état Providence.
04:08Donnez-nous un exemple,
04:08parce qu'on dit toujours
04:10qu'il faut faire des économies,
04:11mais on a du mal à entrer dans le détail.
04:12Une prestation sociale
04:13qu'il faut supprimer ou raboter ?
04:15Je donne un exemple très concret.
04:17J'ai doublé la franchise sur les médicaments.
04:19Ça rapporte beaucoup d'argent.
04:20Je pense qu'on peut aller encore plus loin
04:22sur le prix des médicaments
04:23pour réserver à ceux qui sont réellement malades
04:25la protection sociale
04:26et la protection de l'État
04:29et pour les médicaments de confort
04:31ou les médicaments du quotidien,
04:33accepter qu'il y ait une franchise
04:34qui soit plus élevée.
04:35Ça rapporte des milliards d'euros.
04:36Et je peux vous citer d'autres exemples
04:38sur les jours de carence,
04:42sur les congés maladies,
04:43sur un certain nombre de sujets
04:45sur lesquels nous devrons réduire
04:47les dépenses de l'état social
04:49pour renforcer l'état
04:51qui protège les citoyens
04:52et notamment, je le redis,
04:53les plus faibles, les enfants.
04:54Enfin, quatrième pilier,
04:56il faut simplifier la procédure pénale
04:57parce que vous voyez bien
04:58qu'aujourd'hui,
04:59parce que vous avez une procédure pénale
05:02dans lesquelles il y a encore
05:03des cas de nullité
05:04qui se multiplient
05:05parce qu'il manque une virgule ici
05:06ou il manque un document là.
05:08Simplifier la procédure pénale,
05:09c'est aussi permettre aux magistrats
05:11de faire mieux leur travail.
05:12Voilà les quatre piliers que je propose.
05:14Une responsabilité claire des magistrats,
05:17l'état qui reprend la main
05:19sur les procureurs
05:21et sur la politique pénale,
05:22des moyens pour que les choses
05:23aillent plus vite
05:24en acceptant que l'état régalien,
05:26l'état qui protège,
05:27soit aujourd'hui la priorité absolue
05:29et une simplification de la procédure.
05:31Bruno, je vais y réagir.
05:33Oui, parce que moi,
05:34ôtez-moi d'un doute,
05:34mais ce n'était pas votre homonyme
05:35qui a été au pouvoir
05:36pendant toutes ces années.
05:37Moi, j'ai un vrai sujet.
05:38Vous nous dites là,
05:39moi, je vous entends,
05:39vous dites,
05:39vous avez proposé plein de choses,
05:40vous n'avez pas écouté.
05:41Pourquoi vous êtes resté ?
05:42Parce que là, aujourd'hui,
05:44vous êtes le dépositaire d'un bilan
05:46et le bilan en France,
05:46il est catastrophique.
05:48Là, on voit la justice,
05:49mais les services sociaux,
05:49c'est pareil.
05:50On voit les hôpitaux,
05:51c'est pareil,
05:51l'éducation, c'est pareil.
05:52Et là, vous venez,
05:53vous nous expliquez
05:53que vous auriez fait autrement.
05:55Pourquoi vous ne l'avez pas fait ?
05:56Et quand les proposés sont
05:57des dépositions,
05:57pourquoi vous n'êtes pas parti ?
05:58Moi, j'ai bien peur
05:59que pendant l'année qui vienne,
06:00on voit tous les dépositaires
06:02du bilan Macron
06:02venir nous voir en disant
06:03« Mais moi, si je suis allé jeter à la plage,
06:04je n'aurais pas fait ça.
06:05Attal a commencé,
06:06Edorffé, il va nous faire la même.
06:07Moi, je ne comprends pas.
06:08Et quand moi, je vous dis ça,
06:09je le dis calmement,
06:10je pense que d'autres,
06:11vous le diraient peut-être différemment.
06:12Et moi, ce que je vois,
06:13c'est qu'aujourd'hui,
06:13il y a 60 millions de personnes
06:14qui vont vous dire la même chose.
06:15Je ne comprends pas
06:16ce que vous êtes en train
06:16de nous expliquer
06:17parce que vous avez été au pouvoir,
06:18parce que vous êtes
06:19le ministre de l'économie
06:19qui aujourd'hui nous explique
06:20qu'il faut faire des économies
06:21que vous n'avez pas faites.
06:22Moi, je peine à comprendre.
06:24Alors moi, j'entends bien les discours,
06:25mais je ne vois pas du tout
06:25ce que vous êtes en train
06:26de nous raconter.
06:26– Alors, je vais essayer
06:27de vous expliquer.
06:27– Bruno répond à Bruno.
06:29– Avec le même calme,
06:30parce que les brunos
06:31sont des gens calmes.
06:32– Oui, c'est ça.
06:32– Vous vous exprimez calmement.
06:33– En général.
06:34– J'ai été en général,
06:35mais en particulier aussi en l'espèce.
06:37J'ai été ministre de l'économie
06:39et des finances.
06:40J'ai été ni Premier ministre,
06:42ni Président de la République,
06:43ni des fonctions
06:44qui couvrent l'intégralité
06:45de l'action de l'État.
06:47Donc, j'assume tout le bilan
06:48du ministre de l'économie
06:50et des finances.
06:51On va revenir sur le bilan.
06:52Enfin, je rappelle que pendant 7 ans,
06:53on a quand même réussi
06:54à créer 2,6 millions d'emplois
06:55dans le pays,
06:56relancer l'industrie.
06:57Il y avait des choses
06:57qui étaient positives.
06:59Ensuite, sur les comptes publics,
07:01nous avons protégé,
07:03lorsqu'il le fallait,
07:04Covid et inflation.
07:05Et ensuite,
07:06quand il a fallu revenir
07:07à la normale,
07:07là, les choses se sont un peu gâtées
07:08parce qu'il n'y a pas de consensus
07:10qui se soit dégagé
07:11entre les partis politiques
07:12et l'Assemblée nationale
07:13pour revenir sur les boucliers
07:15tarifaires,
07:16sur les protections.
07:17Puis ensuite,
07:18dissolution
07:18et fin du redressement
07:20des comptes publics.
07:21Voilà l'histoire.
07:22C'est les Français
07:23qui la jugeront.
07:24Mais je veux simplement
07:27rappeler
07:27que la conviction
07:29qui est la mienne
07:29que j'ai défendue
07:30pas depuis des années,
07:31depuis des décennies,
07:32car malheureusement,
07:33ça fait plus de 30 ans
07:34que je suis dans la vie politique,
07:36malheureusement ou heureusement,
07:37mais en tout cas,
07:38j'ai défendu toujours
07:39les mêmes convictions.
07:40Si vous voulez
07:41un État régalien fort,
07:43de la justice qui fonctionne,
07:45des armées qui sont en mesure
07:46de nous protéger
07:47face à la menace russe,
07:48des policiers qui interpellent
07:49lorsqu'il y a le bordel
07:51dans la rue
07:51suite aux affaires du PSG,
07:53aux matchs du PSG,
07:54où la honte succède
07:56à la gloire du PSG.
07:57Vous devrez faire des choix.
07:59Et je l'ai toujours dit.
08:01Oui, mais ce que dit Bruno Poncet,
08:02c'est que vous êtes comptable
08:04du bilan de la présidence Macron
08:06qui va s'amener.
08:07Mais je rappelle
08:07que nous avons engagé
08:08des économies sur...
08:09Vous avez soutenu pour la campagne,
08:10vous avez été un des ministres importants.
08:12Mais je suis totalement comptable
08:13du bilan économique et financier.
08:16Et totalement responsable
08:17de 2017 à 2024.
08:19Qu'est-ce que vous regrettez ?
08:19Mais exactement ce que dit
08:21monsieur avec justesse,
08:23et ce que vous dites là,
08:24c'est que nous ne soyons pas
08:24allés plus loin.
08:25C'est un des éléments...
08:27Toujours plus,
08:27toujours plus de la même chose.
08:28Pourquoi vous n'avez pas pu aller plus loin ?
08:29C'est vrai que c'est une bonne tactique.
08:31Ce n'est pas toujours plus
08:32la même chose,
08:32chère madame.
08:33C'est être capable
08:34de réinventer l'État français
08:36pour qu'il fonctionne.
08:37En 10 ans,
08:39apparemment en 10 années,
08:40ça n'a pas suffi.
08:40Non, bien sûr que ça n'a pas suffi.
08:42Mais sur la politique économique,
08:44sur la politique industrielle,
08:45sur l'emploi,
08:46depuis 40 ans,
08:47regardez les chiffres,
08:48jamais le chômage
08:49n'a été aussi bas,
08:50jamais nous n'avons
08:51autant réindustrialisé.
08:52Il est montré à 8% monsieur le maire.
08:53Mais madame...
08:57Les investissements étrangers,
08:58je comprends que vous saluez
08:59souvent d'ailleurs
09:00en grande pompe,
09:01Choose France, etc.,
09:02les investissements étrangers
09:03sur la question industrielle,
09:04ce sont souvent des extensions
09:06de sites logistiques,
09:07des centres de recherche
09:09et développement
09:09qui sont quand même
09:10créateurs de très peu
09:11d'emplois ouvriers.
09:12Donc, il faut quand même le dire.
09:14Et par ailleurs,
09:15sous votre mandat
09:17et sous votre présence,
09:19la France a quand même battu
09:20des records historiques
09:20de déficit commercial.
09:21On en est à 160 milliards d'euros
09:24de déficit en 2022
09:25quand l'Allemagne,
09:26elle, arrivait
09:27dans la même situation
09:28critique de l'Europe
09:29à faire 80 milliards
09:31d'excédents.
09:32Donc, moi,
09:32je veux bien
09:33que vous avez essayé
09:34de tout faire
09:35et que vous êtes comptable
09:36mais qu'en fait,
09:37il fallait faire
09:37encore plus
09:38de la même chose
09:39mais alors encore plus
09:41de 900 milliards
09:42de dettes publiques
09:43en plus.
09:44Moi, je ne sais pas
09:45où alors on va
09:45dans ce cas-là.
09:46Ce sont des chiffres.
09:47Je ne nous sommes pas compris
09:49dans vos chiffres,
09:50pardon de le dire,
09:51notamment ces emplois industriels
09:52sont faux.
09:53Ah non ?
09:53Moins 20 000 emplois industriels,
09:54c'est pas faux, non ?
09:552024,
09:56on ne va pas faire
09:57une quale de chiffres ici,
09:58ça va ennuyer nos auditeurs.
09:59Il y a eu plus de 122 000
10:01emplois industriels.
10:03Et s'il y a une chose
10:03que l'on peut mettre
10:04à notre actif,
10:05c'est que pour la première fois
10:06depuis 40 ans,
10:07on ouvrait plus d'usines
10:08qu'on en fermait.
10:09Ça, ce sont des faits.
10:11Donc, c'est la preuve
10:11que cette politique
10:12de l'offre
10:13qui soutient les entrepreneurs,
10:14qui soutient les ouvriers,
10:15qui soutient les salariés,
10:16qui soutient l'industrie,
10:17ça donne des résultats.
10:18En revanche,
10:18ce que je veux bien reconnaître,
10:20c'est que ce qui a manqué
10:21dans notre action,
10:22qui doit être fait maintenant
10:23de toute urgence
10:24et dont je parle dans le livre,
10:26c'est restaurer un État fort.
10:28Ce qui veut dire,
10:29un,
10:30éliminer tout ce qui aujourd'hui
10:32est du gras dans l'État,
10:33tout ce qui ne permet pas
10:33à l'État
10:34de fonctionner correctement.
10:35Les agences,
10:36les autorités administratives indépendantes,
10:37les commissions...
10:38Personne ne le fait
10:39parce que c'est impossible à faire.
10:40On a l'impression que
10:42c'est tellement ancré chez nous
10:44cette culture de l'État
10:45qui s'occupe de tout
10:46et du coup,
10:47parfois,
10:47s'occupe mal des choses.
10:49On ne peut pas y revenir
10:50parce que ce que vous dites,
10:51très bien,
10:51mais d'autres le disent,
10:52mais quand vous êtes aux affaires,
10:53ça ne se passe pas.
10:54Je suis désolé,
10:55on avait commencé à supprimer
10:56un certain nombre de procédures.
10:58Nous avions divisé par deux
10:59le nombre de CERFA,
11:00ces fameux certificats
11:01qui font remplir pour tout.
11:02On a créé de nouvelles agences,
11:03on a créé de nouveaux conseils.
11:05Comme ministre de l'économie
11:06et des finances,
11:07avec la loi Pacte,
11:08avec la suppression des CERFA,
11:09nous avançons la bonne direction.
11:11Je vous dis simplement
11:11qu'il faut aller plus vite,
11:12Est-ce que l'administration
11:12n'est pas plus forte
11:13que les politiques en France,
11:14surtout ?
11:15L'administration semble avoir
11:16beaucoup plus de pouvoir que vous.
11:17Elle est plus forte.
11:18Moi, je ne rejette jamais
11:19la faute sur l'administration.
11:20C'est les politiques
11:20qui sont responsables,
11:21c'est les politiques
11:21qui sont élus.
11:22Et lorsqu'il y a un rendez-vous politique
11:23et que vous demandez
11:24le soutien au peuple français,
11:26s'il vous donne quittus
11:27pour avancer dans cette direction,
11:28vous le faites.
11:29C'est la responsabilité des politiques.
11:31En revanche,
11:32il faut savoir faire
11:33deux, trois choix prioritaires.
11:35Pas un de plus.
11:37Je dis que pour la prochaine
11:38élection présidentielle,
11:39une des priorités absolues
11:41sera de restaurer un État fort.
11:43Ce qui veut dire
11:43éliminer tout ce qui,
11:45aujourd'hui,
11:46ne fonctionne pas
11:47ou embourbe
11:48la capacité d'action de l'État,
11:50notamment les agences
11:51et les commissions.
11:52Deux, faire des choix prioritaires.
11:53Et je les assume,
11:54ces choix-là.
11:55Plus de régaliens,
11:57moins de redistribution.
11:58Et en troisième lieu,
12:00et croyez-moi,
12:00ce n'est pas forcément populaire,
12:01mais c'est indispensable
12:02si on veut tenir
12:03un discours de vérité
12:04aux Français.
12:04Et en troisième lieu,
12:05un principe de responsabilité.
12:07Lorsque vous avez fait une erreur,
12:08que ça n'a pas marché,
12:09vous êtes sanctionné
12:10et il faut que les ministres
12:12aient capacité d'action
12:13sur leur administration
12:14et sur leur fonctionnement.
12:16Mais ça veut dire
12:16que c'est le président de la République
12:17qui a empêché
12:18d'aller plus loin dans la réforme ?
12:20Non, c'est...
12:21Non, mais M. Le Maire,
12:22soyons...
12:22Ce n'est pas le président de la République,
12:24ce n'est pas Truc Muche,
12:25je ne sais pas...
12:26Si, parce que vous dites
12:26moi, j'aurais aimé aller plus loin.
12:28Vous avez dit oui,
12:29mais j'aurais aimé aller plus loin,
12:30plus fort.
12:31C'est la majorité qui n'a pas suivi.
12:32Ce sont des choix collectifs.
12:33Lorsque vous proposez,
12:34en janvier 2024,
12:36la suppression du bouclier tarifaire
12:37sur l'électricité,
12:38que je vais l'annoncer
12:38aux 20 heures de TF1
12:39en disant
12:39on ne peut plus payer,
12:40ça coûte trop cher
12:41et comme il y a moins d'inflation,
12:42ça n'est plus justifié.
12:43Est-ce qu'il y a un parti politique
12:45qui vous soutient ?
12:46Est-ce que le président
12:47vous soutient dans ces cas-là ?
12:48Oui, le président de la République
12:49en l'espèce m'a soutenu,
12:50mais est-ce qu'il y a un parti politique
12:52qui m'a soutenu
12:53lorsqu'il a fallu revenir
12:56sur les dispositifs de soutien
12:57pendant la période du Covid et de l'influence ?
12:59Quand on a drogué les gens
13:00ou quoi qu'il en coûte
13:01et que tout d'un coup
13:01on leur retire leur addiction
13:03et ils ne vont pas être sevrés
13:04du jour au lendemain,
13:05ce n'est pas un journal de 20 heures
13:06qui va les sevrer
13:07du quoi qu'il en coûte
13:07que vous avez décidé,
13:09M. Le Maire.
13:09C'est facile de dire
13:10qu'on les a drogués, madame.
13:12Et ce n'est pas vous.
13:13Non, non, mais pardon.
13:13Pardon, moi je veux bien tout entendre.
13:15On est ici pour parler en grande gueule
13:16puisque c'est le titre de l'émission.
13:18Moi je les ai vus,
13:18les commerçants,
13:19les boulangers,
13:20les hôteliers,
13:21les PME,
13:22l'aéronautique,
13:23l'automobile,
13:24Renault, Air France,
13:25qui seraient tous tombés
13:27avec des centaines de milliers
13:29de suppressions d'emplois derrière
13:31si on n'ait pas fait le quoi qu'il en coûte.
13:33Tous les jugements sont bons.
13:34Mais moi je peux vous dire
13:35que je défendrais
13:36avec la dernière énergie
13:37ce que nous avons fait
13:38pendant la crise du Covid,
13:39puis pendant la crise de l'inflation,
13:41puis pendant la crise de l'économie.
13:41Le problème c'est que ça a duré trop longtemps ensuite.
13:43Ça a duré trop longtemps bien sûr.
13:45Bien sûr qu'on aurait dû retirer plus vite.
13:47En revanche,
13:48sur ce qui a été fait
13:48au moment de la crise la plus violente
13:50depuis 1929,
13:52de la crise inflationniste la plus grave
13:53depuis les années 70,
13:55il fallait le faire.
13:56Mais Barbara,
13:57on a habitué les gens
14:00à tout d'un coup
14:01faire des chèques
14:02pas de millions,
14:03mais de milliards.
14:05Je vous raconte.
14:06Quand le prix de l'alimentation
14:08augmente de 20%
14:09sur la période 2022-2024
14:10pour nos concitoyens,
14:11et que vous convoquez
14:13régulièrement vous et d'autres
14:14les grands patrons
14:16de l'industrie agroalimentaire
14:18et que vous leur dites
14:18« Oh, baissez les prix ! »
14:19Eux, leur marge,
14:20elle a continué.
14:21Ils ont à plus 15% de marge
14:23les industries agroalimentaires.
14:24Pendant ce temps-là,
14:25c'est 20% d'inflation
14:26pour les produits de base,
14:27pour les Français.
14:27Pardon Madame,
14:28mais vous ne pouvez pas
14:29me reprocher tout et son contraire.
14:30Non, je ne vous reproche pas
14:31tout et son contraire,
14:32mais vous voyez bien
14:32que vous n'aviez pas la main
14:34sur cette question-là.
14:34Et ensuite, de me dire
14:35que nous n'avons pas assez protégé.
14:37Moi, je pense qu'on a protégé
14:38ce qu'il fallait,
14:39mais comme vous le dites très bien,
14:40quand il a fallu retirer,
14:42malheureusement,
14:42ça devient une habitude.
14:43Je raconte cette anecdote
14:44dans mon livre
14:45où j'essaye de me battre
14:46à l'Assemblée nationale
14:47pour retirer
14:49une aide financière particulière.
14:51Je suis battu
14:51et il y a un député socialiste
14:53qui m'envoie un petit mot.
14:54« Tu as été battu,
14:55c'est normal.
14:55Donner, c'est donner.
14:57Reprendre, c'est voler. »
14:58Eh bien non.
14:59On donne lorsque c'est nécessaire
15:00et lorsque la crise est passée,
15:02il faut pouvoir reprendre.
15:02Vous restez avec nous, Bruno Le Maire.
15:04Question encore à suivre.
15:05Le temps d'une décision.
15:06Le livre est aux éditions Gallimard,
15:07l'ancien ministre de l'économie
15:08fait face au GG.
15:10Il est 11h20.
15:11Vous êtes sur RMC
15:11et RMC Story.
15:27Nous sommes avec Bruno Le Maire,
15:28l'ancien ministre de l'économie.
15:30Il revient avec un livre,
15:31un livre sur son parcours politique
15:35enfin parcours politique
15:36ou plutôt ce que vous avez traversé
15:39en tant que ministre notamment.
15:41Les grandes décisions,
15:43les sommets,
15:43l'administration,
15:44le pouvoir.
15:45Vous racontez tout ça
15:46dans le temps d'une décision
15:47aux éditions Gallimard.
15:48Monsieur Consigny.
15:49Alors, je tiens à signaler
15:50à nos auditeurs
15:51qu'il s'agit d'un excellent livre.
15:54Bruno Le Maire écrit des bons livres
15:56et celui-là en est un autre,
15:58en est un nouveau.
15:59Je trouve que c'est bien écrit
16:00et je trouve qu'il y a beaucoup
16:01de choses intéressantes dedans
16:02et donc je veux que nos auditeurs
16:05le sachent.
16:06En même temps,
16:07je trouve que c'est un livre
16:10extrêmement français et européen,
16:13pas forcément dans le bon sens du terme.
16:15Je vais expliquer tout de suite pourquoi.
16:17C'est-à-dire que c'est une très bonne copie
16:22d'excellentes élèves.
16:23C'est une espèce de super rapport
16:24Mario Draghi.
16:25Vous savez,
16:26c'est ce rapport qui avait circulé beaucoup.
16:27Où on expliquait ce qu'il fallait faire en Europe.
16:29C'est un compliment
16:30parce que c'est un bon rapport.
16:31Alors voilà,
16:31que vous citez je crois d'ailleurs dedans.
16:33En tout cas,
16:34donc c'est génial en Europe,
16:36tout le monde sait ce qu'il faut faire.
16:38Mais quand il s'agit de faire,
16:39on a l'impression
16:40qu'il y a un peu moins de monde.
16:41Ça, c'est la différence
16:42que je verrais par exemple
16:43avec les Américains
16:44où j'ai l'impression
16:45qu'il y a plus de doueurs,
16:47comme on dit,
16:47de gens qui agissent.
16:49Et puis,
16:50là où je trouve que...
16:51Donc ça,
16:51c'est pour la partie européenne,
16:53c'est-à-dire
16:53on est devenu
16:54un continent
16:54d'éditorialistes quasiment.
16:57Et sur la partie française,
17:00vous voyez,
17:01vous identifiez
17:02beaucoup de causes
17:04macroéconomiques,
17:05c'est-à-dire
17:05il faut investir
17:06dans tel et tel domaine,
17:08l'intelligence artificielle,
17:09les semi-conducteurs,
17:11tel ou tel sujet industriel,
17:14etc.
17:14Bon.
17:15Et en même temps,
17:16vous citez
17:16parce que vous faites
17:17de la politique
17:18et donc vous êtes au contact
17:19des Français,
17:20des vrais Français,
17:22vous les citez.
17:23Et moi,
17:23j'ai le sentiment,
17:25et je ne le dis pas
17:25par démagogie,
17:26je le crois profondément,
17:27que les vraies solutions
17:29aux problèmes de la France
17:29et les vrais problèmes
17:30de la France,
17:31ils sont dans les citations
17:32des Français
17:32et pas tellement
17:33dans ces questions
17:35macroéconomiques.
17:35Donc par exemple,
17:36vous citez un boucher,
17:37un charcutier,
17:38qui n'arrive pas
17:38à trouver un repreneur.
17:40Et le gars s'énerve,
17:41il dit on a du chômage,
17:42il est impossible
17:42de trouver des charcutiers,
17:44il tempête contre les gens
17:45qu'il faut remettre au travail,
17:46il a trop de charges
17:47et il vous dit
17:48on subit beaucoup.
17:49Et bien ça,
17:50je veux dire ça,
17:50pour moi c'est ça
17:51le vrai sujet.
17:52C'est-à-dire que
17:52vous avez été
17:54dix ans ministre de l'économie,
17:56les charges n'ont pas baissé,
17:58les impôts n'ont pas baissé,
17:59le chômage a continué
18:02à coexister
18:03avec un problème
18:04d'offres d'emplois
18:05qui sont non satisfaites.
18:07Donc moi je pense
18:07que les solutions
18:08pour la France,
18:09elles sont très simples,
18:10c'est travailler plus
18:11et tronçonner
18:14ce qui permet aux gens
18:15de travailler moins
18:16ou de ne pas travailler
18:17comme les gens
18:18qui ne veulent pas
18:18devenir charcutiers,
18:19ce qui est un magnifique métier,
18:20n'en déplaise à Mme Rousseau
18:22et je me dis
18:23mais est-ce qu'au fond
18:25vous n'avez pas été
18:26embourbé dans la Macronie
18:27qui par idéologie,
18:30par essence
18:31est condamné au surplace,
18:32est-ce que Fillon
18:33n'aurait pas été
18:34un meilleur président
18:35parce que lui
18:36voulait 500 000 fonctionnaires
18:38en moins
18:39et donc est-ce que vous...
18:40Voilà,
18:40c'est une très bonne copie
18:41mais est-ce qu'il ne fallait pas
18:42agir quand vous étiez
18:43aux manettes ?
18:45Alors ça pour Fillon
18:45on ne saura jamais.
18:47D'abord merci
18:48sur les propos
18:49sur le livre.
18:51Le petit compliment.
18:52Exactement.
18:53Et c'est comme toujours
18:53qu'il y a un compliment
18:54en général.
18:55Non, non, mais que je pense vraiment.
18:56La politique à la fin
18:58pose le vrai sujet.
18:59Le vrai sujet
18:59c'est-à-dire le titre du livre
19:01c'est la décision politique.
19:03Pourquoi est-ce qu'il n'y a plus
19:04des décisions politiques
19:05à la hauteur des enjeux ?
19:06Alors nous,
19:07je peux me permettre
19:07on en a pris des difficiles
19:08quand j'ai pris
19:09les décisions politiques
19:10sur la fiscalité en 2017
19:13avec la baisse de l'impôt
19:14sur les sociétés,
19:15le prélèvement forfaitaire unique,
19:16la suppression de l'impôt
19:17sur la fortune,
19:18tout ça n'est pas très populaire
19:19mais j'ai tenu bon
19:20pendant 7 ans ce cap.
19:22À subsister l'IFI.
19:22Mais ce cap a tenu bon
19:24pendant 7 ans
19:24jusqu'en 2024
19:25où on a fait une surtaxe IS,
19:27on a réaugmenté des impôts.
19:28Donc nous avons pris des décisions
19:30y compris,
19:30je le raconte dans le livre,
19:31des décisions difficiles.
19:32Taxer les gens du numérique,
19:34les Google, Amazon, Facebook
19:36et autres Microsoft,
19:37c'est se prendre Trump
19:38bille en tête
19:39et comme je le raconte
19:41dans le livre,
19:41Donald Trump bille en tête,
19:43ce n'est pas forcément simple.
19:44Mais la question que vous posez
19:45est la seule vraie question politique.
19:47Quand est-ce que
19:48les responsables politiques
19:50reprennent le goût,
19:52le sens de la décision ?
19:54Et donc,
19:55ce n'est pas avec une assemblée
19:56sans majorité par exemple.
19:57Oui mais,
19:58je donne l'exemple
19:59des comptes publics.
20:00Tout le monde
20:01fourmille de propositions
20:02sur ce sujet
20:03en disant
20:03il faudrait faire ceci,
20:04il faudrait faire cela.
20:05Il faut une procédure
20:06qui soit complètement nouvelle.
20:07Il faut pour que
20:08des décisions fortes
20:10soient prises
20:10sur les comptes publics
20:12que le ministre des Finances
20:14puisse nommer
20:15l'intégralité
20:16de ses directeurs
20:16et sous-directeurs
20:17et que ça ne passe plus
20:18par le conseil des ministres,
20:19qu'il ait autorité totale
20:20et directe
20:21sur son administration.
20:22Il faut qu'il ait un droit
20:23de veto
20:23contre les propositions
20:24de dépenses supplémentaires
20:25de ses collègues
20:26du gouvernement.
20:27Il faut en troisième lieu
20:28raccourcir la procédure budgétaire
20:30qui dure deux ou trois mois.
20:31Je propose qu'elle dure
20:32quinze jours ou trois semaines
20:33comme c'est le cas
20:34en Grande-Bretagne
20:34pour qu'on aille vite.
20:36Et enfin,
20:36dernier élément clé,
20:37il faut qu'on réduise
20:39strictement
20:39le droit d'amendement
20:40des parlementaires
20:41puisque les parlementaires
20:42ne proposent que
20:42des dépenses supplémentaires.
20:44Donc réduisons
20:45le droit d'amendement
20:46des parlementaires,
20:46on réduira aussi
20:48les propositions
20:49de dépenses.
20:50Justement,
20:51vous évoquiez
20:52les Trumps,
20:53je crois que
20:54quand vous discutez
20:57avec Janet Yellen
20:58notamment
20:58et que vous lui parlez
20:59de l'inflation...
21:00De qui il s'agit ?
21:01C'est une personne
21:02de la ministre
21:03de la...
21:03Voilà.
21:04Et qui évoquait
21:06la question
21:06de l'Inflation Reduction Act
21:08donc de Trump
21:09et vous vous en plaignez
21:10et elle vous répond
21:11à juste titre,
21:12vous n'avez qu'à
21:13faire pareil.
21:14Donc justement,
21:15faire pareil,
21:15la décision,
21:16est-ce que dans votre livre
21:18quand même en filigrane
21:19on a ça ?
21:20C'est-à-dire que
21:21dans cette diplomatie
21:22aujourd'hui des carnivores
21:23et de l'économie
21:24et des grands carnivores,
21:25des grands carnassiers,
21:27Trump,
21:27Poutine,
21:28Xi,
21:28Modi,
21:29etc.
21:30L'Europe,
21:31ce n'est même pas
21:31des herbivores,
21:32c'est des brontosaures,
21:33c'est-à-dire qu'en plus
21:34c'est des dinosaures.
21:35Mais excusez-moi,
21:36M. Macron,
21:36c'est votre président,
21:38c'était la diplomatie
21:39des salons,
21:40c'est la diplomatie
21:40du verbe,
21:41c'est je m'écoute parler,
21:42je m'écoute parler,
21:43la souveraineté européenne,
21:44la souveraineté européenne,
21:45tout ce verbe-là,
21:47ce verbe verbeux,
21:48c'est lui qui fait
21:49qu'il n'y a pas de décision.
21:50Donc moi,
21:50je veux bien entendre
21:51que vous n'y êtes pour rien,
21:52mais vous l'avez soutenu.
21:53À aucun moment,
21:54quelqu'un est venu
21:55et lui dire
21:55ça suffit maintenant,
21:56on agit au lieu de parler.
21:58Et quand même en filigrane,
21:59vous la critiquez,
22:00cette politique
22:01de la diplomatie de salon
22:02et du blablabla.
22:04Donc aujourd'hui,
22:05c'est ça la réalité.
22:05Alors regardons l'avenir,
22:07je partage hélas
22:07votre constat.
22:08J'aime bien la formule
22:09des brontosaures.
22:10Soit l'Europe se réveille,
22:12change radicalement de politique,
22:14soit elle sera bouffée
22:14tout crue
22:15par la Chine
22:16et par les Etats-Unis.
22:18Je pèse mes mots.
22:18Elle sera bouffée
22:19tout crue.
22:20Et l'Inde aussi ?
22:20Je donne un exemple
22:21et l'Inde aussi
22:22et d'autres encore.
22:24J'en ai un exemple très concret,
22:25c'est l'industrie automobile.
22:26Vous voyez bien
22:27que comme les Chinois
22:28subventionnent massivement
22:29leur industrie automobile,
22:31soit vous mettez
22:32des tarifs douaniers,
22:33je peux le dire,
22:34je l'ai fait.
22:35Je suis le seul ministre
22:35de l'économie
22:36qui a réussi à imposer
22:37des tarifs douaniers
22:38à 37%
22:39sur les véhicules électriques chinois.
22:41Il faut les porter à 100%.
22:42Il faut une vraie préférence européenne.
22:45Mais les Chinois
22:45ils sont en train
22:46d'installer des usines
22:47en Turquie,
22:47en Hongrie.
22:48Ils passent un accord
22:49avec Stellantis
22:50qui va faire fabriquer
22:51les voitures chinoises.
22:52Est-ce que vous croyez
22:52que si les 27 Etats membres
22:54avec 450 millions
22:56de consommateurs
22:57étaient capables
22:58de parler d'une seule voix
22:59et plutôt que de défiler
23:00les uns et les autres
23:01séparément devant
23:02M. Xi Jinping,
23:03l'empreuve de Chine,
23:04pour dire
23:05une seule
23:06voix.
23:07C'est pas vrai.
23:08Un de 7 Etats
23:10450 millions
23:10de consommateurs
23:11qui disent
23:11vous n'avez plus accès
23:12au marché européen.
23:13Mais chaque pays a ses intérêts
23:14M. Le Maire.
23:15Chaque pays a ses intérêts économiques.
23:16Quoi est-ce que les intérêts économiques
23:17de l'Allemagne
23:17c'est les mêmes que nous ?
23:18Non.
23:18Vous avez totalement raison.
23:20On sort de l'Europe
23:21telle qu'elle est ou pas ?
23:22Totalement raison
23:22sur le fait que nos intérêts
23:24quand on les regarde
23:24au niveau national
23:25ils peuvent être divergents
23:26mais collectivement
23:28notre intérêt
23:29est de nous protéger
23:30face aux surcapacités
23:32industrielles chinoises
23:33et face aux tarifs douaniers
23:34américains.
23:35Si les Européens
23:36ne sont pas capables
23:37de comprendre ça
23:37ils seront dévorés
23:39tout cru.
23:40Je reviens juste
23:41sur la industrie automobile
23:42il faut des tarifs douaniers
23:43et il faut une vraie préférence européenne.
23:45Regardez ce qui a été voté
23:46sur la préférence européenne
23:47ça me révolte.
23:49La préférence européenne
23:49elle est ouverte
23:50Vous alimentez
23:51le Rassemblement national
23:52avec ce que vous dites
23:53M. Le Maire ?
23:54Je dis que nous avons
23:56mais vous savez
23:57mon sujet n'est pas
23:58Rassemblement national
23:59où elle est fine
23:59mon sujet
24:00c'est la France
24:01et ce qu'on peut proposer
24:02aux Français.
24:03Il faut des tarifs douaniers
24:04et il faut une vraie préférence européenne
24:05c'est-à-dire pas une préférence européenne
24:06qui soit élargie
24:07à la production industrielle
24:08au Vietnam ou au Canada.
24:09Mais puisque vous parlez
24:10de la présidentielle
24:11on va vers un second tour
24:12Mélenchon Bardella ?
24:13On y va tout droit ?
24:14Aujourd'hui oui
24:15on y va tout droit
24:15je ne pense pas être
24:16une grande pitié
24:17en annonçant ça.
24:19Je dis
24:20posons clairement
24:21les enjeux
24:22comme on l'a fait
24:23sur la justice
24:23refonder la justice
24:24comme je l'ai fait
24:25sur l'état régalien
24:26un état fort
24:27ce qui suppose
24:28de faire des économies
24:29sur l'état
24:30qui redistribue
24:30des prestations sociales
24:31une Europe qui protège
24:33et qui assume
24:34une vraie révolution mentale
24:35pour protéger ses frontières
24:37et ses intérêts
24:37à l'économique.
24:38mais est-ce que vous ne pensez pas
24:38que les Français n'ont pas envie
24:40de donner un grand coup de balai à ça ?
24:41Il y a eu finalement
24:42du dégagisme en 2017
24:43un dégagisme soft
24:45incarné par Emmanuel Macron
24:46qui a renvoyé
24:48les vieux partis traditionnels
24:49de droite et de gauche
24:50dans l'opposition
24:52et est-ce qu'on ne va pas vivre
24:53là un dégagisme plus dur
24:55qui sera soit incarné
24:57par Bardella ou Le Pen
24:58soit par Mélenchon ?
25:01C'est sûr que quand on voit
25:02le rassemblement
25:02de Jean-Luc Mélenchon
25:04hier
25:04et la foule
25:05qu'il a su rassembler
25:07quand vous voyez
25:08les sondages
25:09qui veulent malgré tout
25:10dire quelque chose
25:11sur le rassemblement national
25:12où vous dites
25:12voilà on est en train
25:13d'être pris en étau
25:14entre deux forces extrêmes
25:16qui vont aller s'affronter
25:18il n'y aura de place
25:18pour personne d'autre
25:20comment vous desserrez les taux
25:21moi je ne suis pas commentateur
25:23je suis acteur
25:24comment vous desserrez les taux
25:24et pour moi
25:25la seule façon
25:26de desserrer les taux
25:27c'est de proposer
25:27des choix clairs
25:29et radicaux aux français
25:31en assumant ces positions
25:32quand je vous dis
25:33qu'il faut revenir
25:33sur la loi de 2013
25:34de Mme Taubira
25:35pour dire qu'il faut
25:36une chaîne de commandement
25:37dans la justice
25:38et un ministre de la justice
25:39qui donne des instructions
25:40aux magistrats
25:40c'est une position claire
25:42quand je vous dis
25:42qu'il faudra réduire
25:43leur redécution sociale
25:46vous êtes pour le programme
25:47de François Fillon en 2017
25:48je suis pour
25:49de la clarté
25:51de la volonté
25:52de la détermination
25:54qui l'incarne
25:54au niveau européen
25:56non mais qui l'incarne
25:57aujourd'hui
25:58cette volonté
25:59vous mais avant l'incarnation
26:00vous savez
26:01je vois des courses
26:03de petits chevaux
26:04entre les uns
26:05et les autres
26:05et je vois beaucoup
26:06de mollesse
26:07dans les propositions
26:08beaucoup de confusion
26:10dans les propositions
26:11Edouard Philippe
26:12et les confusions
26:13ça donne quoi
26:14ça donne des français
26:15qui se disent
26:16bah tout ça
26:16c'est pas très
26:17clair
26:17ça me convainc pas
26:18ils n'assument pas
26:19leur position
26:20j'assume mes positions
26:21y compris sur des sujets
26:22difficiles
26:23comme la redistribution sociale
26:24parce que je pense
26:25que rien n'est plus important
26:26aujourd'hui
26:26face au désordre du monde
26:27que d'avoir une armée forte
26:29une police forte
26:30Edouard Philippe
26:31il assume pas
26:32une politique pénale
26:32qui soit suffisamment claire
26:33Edouard Philippe
26:34une fois que nous aurons
26:36posé ce constat là
26:38et bien nous verrons
26:38qui sera le mieux
26:39à même de l'incarnation
26:40Edouard Philippe
26:40il est trop confus
26:41il va pas assez loin
26:42vous n'allez pas
26:43arriver à m'entraîner
26:44sur le terrain
26:45extraordinairement glissant
26:48des biens et des mauvais points
26:50distribués
26:50aux uns et aux autres
26:51dire qu'il fallait être clair
26:53maintenant il faut être clair
26:54y compris dans les
26:55il faut être clair aussi
26:57allez Bruno
26:57il faut être clair
26:58de la clarté
26:59il faut être clair
27:00sur les idées
27:01tous les autres étaient au pouvoir
27:02donc avant de vous nous raconter
27:03ce que vous voulez
27:03mais à part Eren et les filles
27:05tous les autres étaient au pouvoir
27:06depuis 9 ans
27:07donc ça veut dire qu'aujourd'hui
27:08tous les autres incarnent
27:09le bilan de Macron
27:10que vous trouvez désastreux
27:11vous aussi
27:11alors vous en faites partie
27:12moi je trouve que aujourd'hui
27:13vous êtes en train de rajouter
27:14une pierre à l'édifice
27:15qu'on est en train de construire
27:16et les filles Eren d'un côté
27:17je vais être très clair avec vous
27:21je trouve qu'il y a
27:22dans ce que nous avons fait
27:23plein de bonnes choses
27:24notamment dans les secteurs
27:26qui étaient les miens
27:26sinon je ne me permettrais pas
27:28d'avoir des propositions
27:29et il y en a d'autres
27:30sur l'apprentissage
27:32sur l'éducation
27:34qui était très bonne
27:35il y a un apprentissage aujourd'hui
27:35où on ne met plus d'argent
27:36dans l'apprentissage
27:37moi je regarde
27:38je regarde ensuite
27:39ce qui est proposé
27:39d'un côté comme de l'autre
27:41je vois la violence
27:42de monsieur Mélenchon
27:43je vois la violence de les filles
27:45au passage moi je n'ai jamais appelé
27:46à voter pour les filles
27:46jamais, jamais, jamais
27:48notamment en législatif de 2024
27:50j'ai toujours dit
27:51que toutes les extrêmes
27:52étaient aussi dangereuses
27:53l'une comme l'autre
27:55il n'y a pas de moindre mal
27:55en politique
27:56un mal est un mal
27:57LFI comme le RN
27:59ça n'arrangera pas
28:00les affaires des français
28:01j'essaye de voir
28:02lucidement
28:03ce que nous avons loupé
28:04parce qu'évidemment
28:05que nous avons loupé des trucs
28:06si on n'avait pas loupé des trucs
28:07on n'en serait pas là
28:08forcément
28:09on n'aurait pas
28:11autant de difficultés
28:13sur quoi vous pourriez faire
28:13un mea culpa alors ?
28:15Et le premier mea culpa
28:16c'est l'incapacité que nous avons eue
28:18à rétablir les finances publiques
28:20bien sûr
28:22j'ai proposé
28:23à partir de 2024
28:25des propositions
28:26des économies
28:27une loi de finances rectificative
28:29on avait commencé à s'engager
28:30bing
28:31le coup près
28:32dissolution
28:33tout ça
28:34oublié
28:34bon bah c'est forcément
28:36vous partez
28:37vous ne pouvez pas dire
28:37regardez j'ai laissé les choses
28:39dans l'état formidable
28:39c'est la bêtise présidentielle
28:41du deuxième quinquennat
28:42donc il faut savoir reconnaître
28:44ces erreurs
28:45je veux dire
28:45si on dit
28:46on a tout bien fait
28:47moi je vous dis
28:48en réponse à ce que disait
28:49madame tout à l'heure
28:50qui était juste
28:51la transformation de l'état
28:52et on le voit
28:53dans cette affaire de justice
28:54on le voit
28:55dans la question
28:56de la sécurité
28:57au quotidien
28:58de nos compatriotes
28:59la transformation fondamentale
29:01de l'état
29:01qui aurait supposé
29:02d'abandonner
29:02des pans entiers
29:03de son action
29:04pour se concentrer
29:05sur ce qui est attendu
29:06par les gens
29:06on l'a pas fait
29:07c'était le projet
29:08on l'a pas fait
29:09David Lysnard
29:10ça peut marcher ou pas ?
29:12le maire de Cannes
29:15contrairement à ce que
29:16dit tout le monde
29:16c'est Bruno Le Maire
29:17plus il y a
29:20de têtes nouvelles
29:21qui font des propositions
29:23qui défendent des idées
29:24mieux c'est pour le débat démocratique
29:25on est dans un moment
29:26moi j'entends tout le monde dire
29:27il faut qu'il y ait un seul candidat
29:28vous serez candidat
29:29il faut qu'il y ait un seul candidat
29:31mais non
29:31il faut qu'il y ait plein d'idées
29:33mais alors
29:33est-ce qu'il y aura Bruno 2017
29:362027
29:37nous sommes en juin
29:39le débat d'idées doit s'ouvrir
29:41et tout cela est beaucoup proto
29:42mais je dis surtout
29:44que cette obsession
29:44d'avoir un candidat unique
29:46dès le mois de juin
29:46alors qu'il n'y a pas d'idées
29:48et pas de vision
29:49de long terme du pays
29:49c'est complètement con
29:51ce qu'il faut
29:52c'est d'abord avoir
29:52un vrai débat d'idées
29:53savoir ce qu'on veut pour le pays
29:54où on veut emmener les français
29:55et puis après on verra
29:56qui sera le mieux placé
29:57merci Bruno Le Maire
29:58et je conseille tout le chapitre
29:59sur l'intelligence artificielle
30:01ce que vous appelez
30:01le labyrinthe technologique
30:02où vous dites
30:03nos démocraties sont en danger
30:05et si on ne se réveille pas
30:06nous serons des vassaux
30:07des Etats-Unis
30:08et de la Chine
30:08et ce sera terminé
30:10pour l'Europe et nos démocraties
30:11merci Bruno Le Maire
30:13le temps d'une décision
30:14aux éditions Gallimard
30:14merci de passer par l'EGG
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