- il y a 1 semaine
Les informés du soir du 23 juin 2026
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00:0320h, 21h, France Info, les informés, Victor Mattais.
00:08Bonsoir et bienvenue sur France Info.
00:10A la une, ce soir, un record.
00:12Jamais il n'a fait aussi chaud en France.
00:14Le mercure doit encore monter cette nuit et demain.
00:17Près de 45 millions de Français dans une zone en vigilance rouge.
00:21A la canicule, le gouvernement déclenche un plan pour les hôpitaux.
00:24Peuvent-ils tenir dans la durée les fortes chaleurs
00:26qui nuissent aussi largement à la biodiversité et à l'agriculture ?
00:30Des spécialistes de ces deux questions seront avec nous, avec encore et toujours,
00:34des questions sur l'évolution et l'adaptation.
00:36C'est notre premier grand sujet dans ces informés.
00:39Une canicule historique le soir de l'entrée au Panthéon
00:42d'un historien résistant, combattant, Marc Bloch.
00:45Vous l'entendiez accompagné de sa femme Simone Vidal.
00:49Pourquoi ce choix d'Emmanuel Macron ?
00:50Que dit cette panthéonisation de notre présent à travers le parcours,
00:53l'œuvre et les actes de Marc Bloch ?
00:55On en débat dans une demi-heure.
00:56L'historien Fabrice Dalmeida nous rejoindra.
00:59Bonsoir Valérie Gass.
01:00Bonsoir.
01:01Chef du service politique de RFI.
01:03Bonsoir Christophe Jacubizine.
01:05Bonsoir.
01:05Directeur de la rédaction des Echos.
01:07Également avec nous, Emilio Mellet.
01:08Bonsoir.
01:08Bonsoir.
01:09Grand reporter au service politique de l'Humanité.
01:13Près de 40 degrés enregistrés à Paris aujourd'hui.
01:16La tour Eiffel a fermé plus tôt que prévu.
01:19C'est l'un des symboles de cette canicule.
01:20Il n'a jamais fait aussi chaud en France que ce mardi 23 juin.
01:2529,8 degrés en moyenne dans toute la France.
01:27Et des pics à près de 45 degrés dans le sud-ouest.
01:30Le record sera sans doute battu dès demain.
01:33Avec 58 départements placés en vigilance rouge à la canicule.
01:37Dans ce contexte, le Premier ministre annonce un renforcement de la mobilisation du système de santé.
01:41En activant, c'est une première dans notre pays, le plan Orsan au niveau 2 sur 4.
01:46Orsan pour organisation de la réponse sanitaire, épidémique et climatique.
01:51Ce qui permet notamment de déprogrammer des opérations si nécessaire.
01:55Sébastien Lecornu, avant cela, s'est exprimé ce matin lors d'une réunion de crise au ministère de l'Intérieur.
02:00On a évidemment une activité, sécurité civile, service sanitaire, service de soins, urgence qui est soutenue.
02:08Plus importante qu'à la même période de l'année dernière.
02:11Clairement liée évidemment à la canicule.
02:12Et pour moi, l'enjeu, fort des différentes crises qu'on a déjà eu à gérer,
02:15c'est de s'assurer qu'évidemment, on est en plan d'endurance pour l'hôpital.
02:18Et c'est en cela que les mesures de précaution doivent être prises.
02:20– Le gouvernement qui veut se montrer mobilisé, Valérie Gass, sur la santé,
02:25on l'entend avec bien sûr aussi le spectre, on peut dire, de la canicule de 2003.
02:30– Oui, tout ce qu'il ne fallait pas faire a été fait en 2003.
02:33Donc le gouvernement veut essayer de montrer qu'il est sur le coup, qu'il est mobilisé.
02:38Ça fait quand même deux périodes de canicule en quelques semaines.
02:41Donc la première fois, il a été pris un peu au dépourvu.
02:43Et là, on a quand même l'impression qu'il y a une réaction, une adaptation au fil de l
02:47'eau.
02:48Et on ne sait pas trop bien où on va.
02:49C'est d'ailleurs beaucoup reproché à Sébastien Lecornu et à ses ministres
02:53de ne pas se projeter au-delà de l'adaptation.
02:57Alors là, on parlait de ce plan pour l'hôpital, pour que le système de santé résiste,
03:01parce qu'on sait qu'il y a déjà eu plus de morts et qu'il va y en avoir.
03:05Donc on veut éviter la catastrophe.
03:07On sait bien que les organismes souffrent et qu'à un moment,
03:09cette forte chaleur, cette canicule qui dure, qui dure, qui dure des jours et des jours,
03:15ça va laisser des traces.
03:16Donc il faut en effet, premier plan, mettre le système de santé en capacité d'absorber
03:24et de prendre en charge les gens qui souffrent de la chaleur.
03:27Avec un gouvernement, on le disait, Emilio Mellet, sur le pont, réunion de crise.
03:31Après réunion de crise, elle s'enchaîne pour Sébastien Lecornu et ses ministres.
03:34Oui, en même temps, c'est une obligation au vu de la situation.
03:37Mais ce qui, moi, m'interpelle, c'est qu'on l'a dit, la canicule de 2003, ça fait 23
03:42ans.
03:43Ça fait des décennies que les scientifiques alertent sur la nécessité de s'adapter au réchauffement climatique.
03:51Et on a justement l'impression qu'à chaque fois, on est surpris d'une nouvelle canicule.
03:54Alors oui, il y a besoin de mesures d'urgence.
03:56Mais je traînais un petit peu sur les réseaux sociaux avant de venir.
04:00Et je voyais les commentaires, notamment de la génération climat, des militants écologistes,
04:03qui disaient qu'en fait, on en a marre d'avoir des politiques qui nous disent qu'il faut boire
04:07de l'eau et se mettre au frais.
04:08On a besoin de politiques d'adaptation.
04:10Maintenant, ça doit être ça, le débat.
04:11C'était la une de libération au début de semaine.
04:13Il faut politiser la canicule.
04:14Et on en est là.
04:15L'hôpital, comment on le prépare ?
04:17Eh bien, on ne le prépare pas avec des coupes budgétaires.
04:19Or, depuis que Macron est en poste, ça a été la réalité de l'hôpital public.
04:24J'écoutais tout à l'heure sur une radio concurrente un urgentiste, Mathias Wargon, qui témoignait,
04:30qui parlait que dans les couloirs de l'hôpital qu'il fréquentait, il faisait plus de 40 degrés.
04:36À quel moment on décide que ça devient une priorité ?
04:41La climatisation n'est pas la panacée et une réponse pour tout.
04:45Mais peut-être qu'il y a des priorités.
04:46En l'occurrence, les hôpitaux peuvent en constituer une.
04:48Donc, c'est peut-être le moment de passer à l'étape suivante.
04:52Cette étape cliquet où il n'y a pas de retour en arrière.
04:54On enclenche enfin cette transition écologique.
04:57Comment on gère ces vagues de chaleur, ces épisodes de canicule à l'hôpital ?
05:01Vous avez tous utilisé un mot qu'on n'avait pas le droit d'utiliser il y a quelque temps.
05:05C'est le mot adaptation.
05:07Parce qu'en fait, on a, et c'était très vertueux, la France et l'Europe considéraient
05:09qu'il fallait être à l'avant-garde de la lutte contre le réchauffement climatique.
05:12On est tous autour de cette table, d'accord, je crois.
05:14Et donc, il fallait montrer l'exemple.
05:16Sauf que, malheureusement, si le reste du monde ne vous suit pas, si l'Amérique ne vous suit pas,
05:21l'Amérique du Sud ne vous suit pas, ça ne sert pas à grand-chose.
05:23Parce que c'est évidemment un phénomène climatique mondial.
05:26Et c'est vrai qu'on a tardé, on a tardé, en France, à accepter de s'adapter.
05:31On s'est dit, on va freiner le réchauffement, donc pas la peine de s'adapter,
05:33puisqu'on va arrêter, c'est comme, vous savez, le Tchernobyl,
05:36comme on va arrêter le réchauffement à nos frontières, on n'aura pas besoin de s'adapter.
05:38– On se souvient notamment de la fameuse COP à Paris, bien sûr.
05:40– Exactement, exactement.
05:41Et ce qui était, encore une fois, ça allait dans le bon sens,
05:44sauf que vous ne pouvez pas le faire tout seul.
05:45Un continent seul, ou même deux, parce que les Chinois, finalement,
05:48se sont aussi un peu basculés, ne pouvaient pas arrêter le réchauffement climatique.
05:51Donc, effectivement, il faut adapter. Il y a un plan d'adaptation.
05:54Il a été voté, finalement, en France il y a quelques mois,
05:56mais un peu tardivement, effectivement.
05:58Et c'est vrai que depuis les dernières crises sanitaires,
06:00on a plutôt essayé de réduire nos émissions de CO2,
06:04sans se dire qu'à court et moyen terme,
06:06il faudrait peut-être aussi se préparer à un monde plus chaud.
06:08Et donc, effectivement, penser à un plan, peut-être, de climatisation,
06:12peut-être penser à des isolations des bâtiments
06:14qui ne soient pas contre le froid, mais aussi contre le chaud.
06:16On voit que de récentes et nombreuses aménagements de rénovation thermique
06:22étaient plutôt orientés sur la lutte contre le froid,
06:24pour baisser la consommation de chauffage,
06:26que sur la lutte contre le chaud.
06:28Il y a plein d'exemples de gens qui ont acquis des logements neufs,
06:32qui se rendent compte, en fait, que leur logement,
06:33il est très bien l'hiver, mais il est horrible l'été.
06:36Donc, tout ça fait partie, effectivement, d'une nécessité de s'adapter,
06:39malheureusement, à un monde qui se réchauffe inéluctablement.
06:43Et c'est vrai que je pense qu'en France, particulièrement,
06:45il y a aussi ce débat sur la clim.
06:46Vous vous souvenez-vous ?
06:47La clim, ce n'est pas bien, donc on ne climatise pas.
06:49Sauf qu'à un moment donné, et pour le coup,
06:51certains partis politiques commencent à le dire aussi,
06:53d'abord, un, la clim en France n'est pas si négative que ça,
06:56parce qu'on consomme une électricité complètement décarbonée,
06:59surtout en été.
07:00Donc, le travail, l'énergie qu'on consomme pour alimenter une climatisation
07:04n'est pas émetteur de CO2.
07:05Alors, on prend, effectivement, du chaud à l'intérieur
07:07pour le mettre à l'extérieur, mais globalement,
07:09on ne réchauffe pas la planète.
07:09Donc, peut-être qu'on a eu, effectivement, parfois des débats
07:13qui étaient un petit peu idéologisés.
07:16Quand on parle de l'économisation américaine,
07:18elle pollue, parce que d'abord, elle est massive
07:19et qu'ensuite, elle est issue d'une énergie fossile.
07:25Mais ce n'est pas le cas en France, c'était.
07:26Donc, peut-être qu'il faut, effectivement,
07:27arrêter d'idéologiser tous les problèmes
07:31et pragmatiquement de se mettre au travail
07:32et de s'adapter, effectivement, à ce réchauffement inéluctable.
07:34Pour revenir à l'hôpital, Valérie Gass,
07:36Sébastien Lecornu et le gouvernement parlent
07:37d'une phase d'anticipation.
07:39L'idée, c'est d'éviter, si la canicule se poursuit,
07:43par exemple, cet été, de voir un hôpital à bout de souffle
07:46qui ne peut pas faire face.
07:47Oui, c'est s'organiser pour faire face.
07:50Et là, ce qui est un petit peu rassurant,
07:52c'est qu'on en est au niveau 2
07:53d'un plan qui comporte 4 niveaux.
07:55Ça veut dire qu'il y a encore une montée en puissance possible
07:57et que, petit à petit, le gouvernement essaye de faire en sorte
08:01d'être capable d'assumer.
08:03Mais c'est vrai que là, on a les deux temporalités.
08:05Il y a l'urgence, il y a la canicule qui dure
08:07et il y a la nécessité de prendre en charge les gens.
08:10Et puis, il y a les hôpitaux, il y a aussi les écoles
08:12où les enfants, ça devient un calvaire
08:13et plein de parents n'envoient même plus leurs enfants à l'école
08:16quand il n'y a pas des écoles qui ferment.
08:18Donc, oui, il y a une nécessité.
08:20Et l'hôpital, c'est vrai que c'est le plus saillant.
08:24Les gens malades dans des hôpitaux sans climatisation.
08:27Alors là, on en parlait, s'il y a bien un secteur
08:29dans lequel il faudrait qu'il y ait d'urgence
08:31des climatisations partout, c'est bien l'hôpital.
08:34Donc, oui, le gouvernement met en place ce plan
08:36pour se dire, si là, on est à la fin du mois de juillet,
08:40si au mois de juillet, si au mois d'août,
08:41il y a de nouveaux épisodes et qu'ils sont aussi forts,
08:44aussi denses, il faut qu'on puisse éviter
08:47ce qui s'est passé en 2003, toujours la référence
08:49de la catastrophe qui avait fait, je crois, 15 000 morts dans l'été.
08:53Avec l'idée, Emilio Mellet, pour le gouvernement,
08:55de dire que l'hôpital doit se coordonner
08:56avec, par exemple, les médecins de ville.
08:59Mais le problème, c'est que les médecins de ville
09:00aussi sont surchargés.
09:02En fait, dans ce genre de situation,
09:04c'est l'embolie partout.
09:05C'est là où c'est compliqué.
09:07Et c'est, encore une fois,
09:09pourquoi j'insistais sur les questions d'anticipation.
09:11On se retrouve à la mi-juin
09:13avec un gouvernement qui prend des mesures,
09:15là où peut-être, il aurait peut-être fallu
09:17l'anticiper dès cet hiver en présentant des plans.
09:19Parce qu'on le sait, de toute façon,
09:20ces canicules vont se multiplier.
09:23Et donc, c'est-à-dire que ça doit être un plan
09:24qui concerne à la fois l'hôpital public,
09:25mais aussi, effectivement, la médecine de ville.
09:28On a des gouvernants qui disent qu'il ne faut pas.
09:31Il faut éviter, justement,
09:33un afflux de patients à l'hôpital
09:35pour garder les cas les plus graves.
09:39Souvenez-vous, quand même, Emilio,
09:40notamment, parce que je ne veux pas politiser,
09:41mais pendant la présidence de François Hollande,
09:43on n'avait pas le droit de parler de climatisation.
09:45Et quand on parlait de climatisation,
09:46on se faisait traiter de fasciste.
09:48Et les Verts, qui étaient au gouvernement,
09:50refusaient qu'on climatise le pays
09:52parce qu'au nom des émissions de CO2
09:54potentielles de climatisation.
09:55Ce n'est pas vrai.
09:55Donc, à un moment donné,
09:56on ne peut pas dire que c'est ce gouvernement-là
09:57que je n'ai pas...
09:58Non, Christophe, il ne disait pas
09:59qu'il ne fallait pas climatiser le pays,
10:00il ne fallait pas climatiser l'entièreté du pays,
10:03qu'il fallait prioriser.
10:03Mais enfin, c'est quand même un peu tabou,
10:04la climatisation.
10:05Là, on est en 2026.
10:06En 2000...
10:07Enfin, franchement,
10:08je me souviens très très bien.
10:10Entre 2012 et 2017,
10:11c'était complètement tabou de dire
10:12qu'il fallait acheter une climatisation
10:14pour chez soi.
10:14Complément tabou pour des raisons idéologiques.
10:16Mais parce que ce n'est peut-être
10:17pas la meilleure des solutions.
10:18C'est une solution de court terme.
10:19Vous envoyez d'autres aujourd'hui
10:20à court terme ?
10:20Voilà, c'est une solution de court terme.
10:22Avec un débat, peut-être,
10:23on peut le rappeler aujourd'hui,
10:24qui concerne surtout,
10:26on va dire principalement,
10:27les espaces publics,
10:28les hôpitaux, les écoles,
10:29les bâtiments publics
10:30et pas forcément
10:30la climatisation individuelle.
10:33Là où on voit
10:34qu'il y a eu des coupes budgétaires
10:35dans MaPrimeRénov',
10:36il faudrait isoler prioritairement
10:38les logements.
10:39Et vous l'avez dit vous-même,
10:39Christophe, d'ailleurs.
10:40Et rassurez-vous,
10:41vous n'êtes pas un fasciste
10:41parce que vous aimez la clim.
10:44Les conséquences de la canicule
10:46sur les hommes, donc,
10:47et sur notre système de santé,
10:49des conséquences également
10:50sur la biodiversité.
10:52On va en parler.
10:53Bonsoir, Bruno David.
10:55Bonsoir.
10:55Ancien président du muséum
10:56d'histoire naturelle.
10:58Merci d'être avec nous
10:58sur France Info.
10:59Dans les informés,
11:01les animaux souffrent également
11:02de ces très fortes chaleurs.
11:03Quelles sont les espèces
11:04qui souffrent le plus en Europe ?
11:06Alors, on vient de parler
11:08d'une espèce.
11:08Homo sapiens
11:09qui souffre beaucoup
11:10et tout le reste du vivant
11:12souffre également,
11:13à part ceux qui vont vivre
11:14sous terre un petit peu profondément,
11:16dans des grottes
11:16ou dans les grandes profondeurs océaniques.
11:19Pour le reste,
11:20que ce soit des végétaux
11:21ou des animaux,
11:22tout le monde va souffrir.
11:23Alors, on peut assez facilement
11:24imaginer la souffrance
11:25des mammifères,
11:26qui sont comme nous,
11:27puisque nous sommes des mammifères,
11:28et qui ont besoin
11:30d'essayer de trouver
11:32un peu de fraîcheur.
11:33Et au-delà de la température
11:35elle-même,
11:35il y a une question
11:36de sécheresse également.
11:38Alors que nous,
11:39nous ne ressentons beaucoup moins
11:40parce que,
11:41simplement,
11:41on ouvre un robinet
11:42et on a de l'eau qui coule.
11:45La petite fouine
11:46ou le petit lapin,
11:48lui,
11:48il n'a pas d'eau qui coule
11:49à un robinet,
11:50il faut qu'il trouve à boire.
11:52Donc,
11:52il y a une sorte
11:52de double peine
11:53pour les animaux.
11:55Alors,
11:55ceci dit,
11:56tous les animaux,
11:56si on prend les animaux,
11:57ne sont pas à égalité
11:58devant une vague
12:00de canicules
12:01comme celle-ci.
12:03Ceux qui vont souffrir
12:04le plus
12:05sont ceux aussi
12:05qui vont souffrir
12:06de la dessiccation
12:06comme les amphibiens.
12:08Les reptiles
12:09vont plutôt moins souffrir.
12:11Les mammifères
12:11et les oiseaux
12:12vont pas mal souffrir.
12:13Les mammifères
12:14comme nous.
12:16Alors,
12:16d'autant plus
12:16que c'est la seconde
12:17canicule printanière
12:19en quelque sorte,
12:19même si là,
12:20on est tout à la fin
12:21du printemps
12:21et même au début
12:22de l'été largement.
12:24Néanmoins,
12:24on est à une période
12:25de l'année
12:26où il y a des jeunes
12:27qui sont au nid
12:27pour les oiseaux encore
12:29ou qui sont juste
12:30en train de s'envoler.
12:31Donc,
12:31il y a une fragilité
12:34temporelle
12:35de la biodiversité
12:36en ce moment
12:38particulièrement.
12:38Donc,
12:38tous ces animaux-là
12:39souffrent.
12:40Après,
12:40je pourrais vous en dire plus
12:41sur comment ils peuvent
12:42éventuellement chercher
12:43à s'adapter,
12:44notamment sur le long terme.
12:45Dites-nous justement
12:46effectivement
12:46cette adaptation
12:47des animaux
12:48de la biodiversité.
12:50Alors,
12:51si on est sur l'instantané,
12:53l'acclimatation instantanée,
12:55elle est très difficile.
12:56Il faut qu'ils arrivent
12:56à survivre.
12:57Il va y avoir
12:57des mortalités
12:58beaucoup plus importantes
12:59que des années
12:59avec moins de canicules
13:01ou sans canicules.
13:02Après,
13:03sur du plus long terme,
13:03ils vont bouger.
13:04Ceux qui ont la capacité
13:06de se déplacer
13:07de génération en génération
13:08vont migrer.
13:09Pour ne rien vous cacher,
13:11j'habite dans la métropole
13:12de Lyon
13:13et j'ai un jardin,
13:15j'ai la chance
13:15d'avoir un jardin
13:16et dans le jardin,
13:17j'ai déjà trouvé
13:18plusieurs cigales
13:20que je trouvais
13:21quand j'étais enfant
13:22dans la région
13:23de Montélimar.
13:25Donc,
13:26Montélimar est maintenant
13:27à Lyon
13:28en une trentaine
13:29ou une quarantaine
13:30d'années,
13:30j'exagère,
13:31peut-être une cinquantaine
13:31d'années même.
13:32J'ai des cigales
13:33à Lyon
13:33et elles sont bien installées.
13:35Elles ont eu la capacité
13:36de se déplacer,
13:37de migrer,
13:37de suivre le réchauffement
13:38climatique.
13:39Il y a des papillons
13:40qui suivent
13:41le réchauffement climatique.
13:42Il y a des oiseaux
13:42qui ont plus de mal.
13:44Il y a des études
13:44qui ont été faites
13:45au muséum notamment
13:47et à la Ligue de protection
13:48des oiseaux
13:49pour montrer
13:49à quelle vitesse
13:50les oiseaux remontaient
13:51vers le nord.
13:52Et en une vingtaine
13:53d'années de suivi,
13:55dans les années 2010-2020,
13:58ils sont remontés
13:59d'à peu près
14:0040 kilomètres
14:00alors que les papillons
14:01remontaient de 100 kilomètres.
14:03Qu'est-ce que ça veut dire
14:04alors qu'un papillon
14:04vole moins vite
14:05qu'un oiseau ?
14:06C'est simplement
14:06que les papillons
14:07de génération en génération
14:08ils bougeaient
14:08alors que les oiseaux
14:09avaient tendance
14:10à se reproduire
14:10là où ils étaient nés
14:11et ils bougeaient
14:12beaucoup moins bien.
14:13Donc, ils ont une fragilité
14:14plus importante
14:14que les insectes.
14:15Et est-ce que,
14:16Bruno David,
14:17ces canicules,
14:20liées à la biodiversité ?
14:22Vous parlez-vous
14:22d'une sixième extinction
14:24de masse
14:24de notre histoire
14:25à venir ?
14:27Oui, bien sûr.
14:27Ça fait partie de ça.
14:28Il y a des populations
14:29qui vont s'éteindre.
14:31Il y a des espèces
14:31qui vont être en capacité
14:33de se déplacer
14:33soit dans l'espace
14:34comme je l'expliquais
14:35mais également dans le temps.
14:37Dans le temps,
14:37ça veut dire
14:38que leur calendrier
14:39de reproduction
14:40au fil d'une année
14:41va éventuellement changer.
14:42C'est bien tenu
14:43pour la vigne.
14:44Les raisins sont matures
14:45trois semaines
14:46ou un mois avant
14:47de ce que c'était
14:49auparavant.
14:49il y a encore
14:5030 ou 40 ans.
14:51Donc on peut voir
14:52un déplacement temporel
14:54qui est une forme
14:55d'adaptation,
14:56un déplacement
14:57dans l'espace également,
14:58autre forme d'adaptation
15:00et puis il y a
15:00tous ceux,
15:01toutes les espèces
15:02qui ne sont pas en capacité
15:03de se déplacer.
15:04Si vous êtes un chêne,
15:06ce n'est pas facile
15:07de vous déplacer.
15:08Certes,
15:08vous allez produire des glands,
15:09il y a des écureuils
15:09qui vont prendre des glands
15:10qui vont les déplacer un peu
15:11mais ça ne va pas aller vite
15:13parce que votre taux de croissance
15:14est lent.
15:14Donc le temps
15:15que vous arriviez
15:16à un état adulte
15:17en capacité
15:17de produire des glands,
15:18et bien la migration
15:19des ceintures climatiques
15:21vous aura dépassé
15:22et vous serez foutu.
15:23Donc ça va exercer
15:25une pression
15:26très forte sur le vivant
15:27et ça peut véritablement,
15:29c'est une des causes majeures
15:30d'ailleurs,
15:31accélérer le processus
15:32de la sixième extinction
15:33de masse,
15:34sachant qu'il y en a eu
15:35cinq grands d'ailleurs
15:35depuis le début
15:37de l'ère primaire
15:37il y a 500 millions d'années.
15:39Bruno David,
15:39vous restez avec nous
15:40dans les informés,
15:41ancien président
15:41du muséum d'histoire naturelle.
15:43Je voudrais qu'on parle
15:44également des conséquences
15:45cette fois sur l'agriculture
15:46avec des cultures,
15:48maïs, céréales,
15:49haricots,
15:49détruites parfois
15:50en un instant seulement
15:51à cause de la chaleur.
15:52Je propose d'écouter
15:53Marie Schwab,
15:54elle est agricultrice en bio
15:55à Chantonnès,
15:56c'est en Vendée.
15:58On voit littéralement
15:59les végétaux grillés.
16:01En quelques minutes,
16:02la plante meurt littéralement.
16:04C'est très violent en fait,
16:05c'est très violent
16:06d'être témoin de ça.
16:08Voilà,
16:08la violence pour les professionnels
16:10face à cette sécheresse
16:11est claire.
16:12Bonsoir,
16:12Ignaki Garcia de Cortazar.
16:15Bonsoir.
16:15Directeur de l'unité
16:16Agroclim d'Avignon
16:18à l'Institut national
16:19de la recherche agronomique
16:21l'INRAE.
16:21Qu'est-ce que c'est
16:22que ce phénomène
16:22de sécheresse éclair
16:24que l'agroclimatologue
16:25Serge Zaka
16:26appelle aussi
16:27l'effet sèche-cheveux ?
16:29Alors,
16:29c'est un processus
16:31qu'on observe
16:32quand on a
16:33d'un côté
16:33des températures
16:34très élevées.
16:35D'autre part,
16:36on a aussi
16:37un déficit
16:38d'accès à l'eau.
16:39Ces dernières semaines,
16:41on a beaucoup moins
16:41d'eau à disponibilité
16:42et par contre,
16:43la plante,
16:43elle cherche à transpirer
16:45justement pour s'équilibrer
16:46pour pouvoir supporter
16:47ces fortes températures.
16:49Et en fait,
16:49c'est cette combinaison
16:50de tous ces facteurs
16:51plus en plus
16:52un soleil
16:53qui est particulièrement
16:55fort en ce moment
16:56qui génère
16:57un assèchement
16:58de la végétation
16:59très très rapide
17:00mais qui dépend aussi
17:01beaucoup de ces espèces
17:02et de leur fonctionnement
17:03interne.
17:04À partir de quelles températures
17:05les plantations justement
17:06ne peuvent-elles plus survivre ?
17:09Alors,
17:09il est très difficile
17:10de répondre à la question
17:11de façon générale
17:12parce qu'en fait,
17:13on va avoir des seuils
17:13et des réponses
17:14très différentes
17:14en fonction des espèces.
17:16On a des espèces
17:16qu'elles supportent mieux
17:17et même au sein d'une espèce,
17:19on va trouver
17:20des comportements différents
17:21entre les différentes variétés.
17:22On va avoir des comportements
17:24entre un sira et un grenage
17:25qui ne sont pas
17:26les mêmes comportements.
17:27Par contre,
17:28on pourrait dire
17:28que quand on commence
17:29à dépasser
17:30entre 30 et 35 verts,
17:31la plante
17:32et d'une manière générale
17:34toutes les plantes
17:35que l'on cultive,
17:36elle se retrouve déjà
17:37dans des situations
17:38qu'on appelle
17:38supra-optimales,
17:39c'est-à-dire
17:39qu'on a dépassé
17:41l'optimum
17:41du fonctionnement
17:42et donc on rentre
17:43dans une zone
17:44où dans les premières étapes,
17:47elle va essayer
17:47de ralentir son fonctionnement.
17:49À un moment donné,
17:50elle va arrêter
17:50son fonctionnement
17:51et éventuellement,
17:52si on dépasse
17:53un certain seuil,
17:53on va avoir
17:54une température létale,
17:56c'est-à-dire
17:56qu'elle peut
17:57complètement la détruire.
17:58Est-ce que le problème,
17:59c'est qu'une fois
18:00que les cultures
18:00ont grillé
18:01comme on l'entendait,
18:02elles auront du mal
18:03ensuite à repousser ?
18:05Alors,
18:06pour certaines cultures,
18:07oui,
18:07évidemment,
18:07en fait,
18:08tout ce qui est culture
18:09annuelle
18:09qu'on a semé
18:10et que finalement,
18:11la plante entière
18:12est morte,
18:13elle est détruite,
18:14là,
18:15il n'y aura pas
18:15de retour en arrière.
18:17Pour les autres plantes,
18:18les plantes qui sont pérennes,
18:20par exemple,
18:20et qui vont avoir
18:21un feuillage
18:21qui va sécher,
18:22on peut espérer,
18:25mon collègue
18:25qui a parlé juste avant
18:27concernant la forêt,
18:28on l'a vu aussi,
18:29on les voit
18:29dans les arbres,
18:30en fait,
18:30on peut avoir
18:30un vrai pouce qui arrive après
18:32parce que c'est aussi
18:33un mécanisme de défense
18:34qui utilise les plantes
18:35et les arbres
18:36pour se protéger
18:37de ces fortes températures
18:38et d'une perte massive d'eau,
18:40donc de mettre
18:40le feuillage en jaune,
18:41mais ce qui arrive après,
18:43c'est de pouvoir répartir.
18:45Les risques,
18:45c'est que quand ces événements
18:46arrivent à répétition
18:47et c'est ce que l'on est
18:48en train de vivre maintenant
18:49et ces dernières années,
18:51on peut se retrouver
18:52que la plante,
18:53elle épuie ses réserves
18:54qui lui permettent
18:55de pouvoir repartir chaque année
18:57et donc qu'après,
18:58un certain temps,
18:59elle puisse se retrouver
18:59vraiment dans des difficultés
19:00pour répartir une année de plus.
19:02Vous parliez de l'eau,
19:04moins de 10% des cultures,
19:06c'est ça,
19:06sont irriguées aujourd'hui ?
19:07Oui,
19:08la surface globale en France,
19:10c'est en grand partie
19:12parce qu'en fait,
19:13l'eau n'est pas forcément
19:14accessible partout
19:15et parce qu'on a développé
19:16aussi une agriculture
19:17qui est pluviale à la base,
19:19c'est-à-dire qu'elle dépend
19:20majoritairement de l'eau de pluie
19:21et effectivement,
19:23on peut se retrouver
19:24dans des situations
19:24comme celle-ci
19:25dans lesquelles
19:25on est dans son déficit.
19:27On l'avait commencé
19:28à observer cette année
19:29depuis le 1er avril
19:30qui est déjà
19:31on était dans son phase
19:31où on avait moins de pluie
19:33que prévu
19:34par rapport aux 30 dernières années.
19:36À celle-là,
19:36ça rajoute
19:37la canicule
19:38qu'on a eue
19:38il y a 3-4 semaines
19:39qui était déjà exceptionnelle
19:41même si on n'était pas
19:42dans les températures
19:43qu'on observe aujourd'hui.
19:44Et celle-ci,
19:45je te rappelle,
19:46en fait,
19:46elle est équivalente
19:47en termes
19:47des niveaux de température
19:50en pointe
19:50à celle qu'on a vécue
19:51l'année dernière
19:52au mois d'août
19:53mais avec des conséquences
19:54très différentes
19:54sur la végétation.
19:55On sait que le monde agricole
19:57souffre déjà énormément.
19:58Je me tourne vers vous,
19:59Christophe Jacubizine.
20:00Est-ce que ces canicules,
20:02ces épisodes de chaleur
20:03doivent conduire
20:03à une remise en question
20:05finalement aujourd'hui
20:05de notre modèle agricole ?
20:07Déjà,
20:08à court terme,
20:08on l'a dit,
20:09ça a des conséquences
20:09sur les récoltes.
20:11On sait déjà
20:11qu'on demande aux agriculteurs
20:13notamment de couper leurs achères
20:14pour éviter les incendies.
20:17On sait que la production
20:18des vaches
20:18va diminuer,
20:19les vaches laitières
20:20va diminuer
20:20parce qu'elles aussi
20:21sont en souffrance thermique.
20:24Tout ça va avoir
20:25une conséquence
20:25sur le volume
20:27de production
20:27de l'agriculture
20:28et le prix des produits.
20:30Ensuite,
20:30à moyen et long terme,
20:31c'est vrai que
20:33comme de la même manière
20:34qu'on vient d'entendre
20:35que les animaux
20:36s'adaptaient
20:37effectivement
20:37à cette augmentation
20:38des températures
20:39en migrant
20:40pour ceux qui peuvent
20:41plus vite vers le nord
20:42ou pour les insectes
20:43aussi en progressant
20:44vers le nord,
20:45il y aura la même chose
20:46pour les récoltes.
20:47On sait déjà
20:47que la vigne,
20:48la limite de la production
20:50viticole augmente
20:51considérablement en or.
20:51On commence à faire du vin
20:52au Royaume-Uni
20:54et donc évidemment
20:55pour les cultures
20:56ce sera la même chose.
20:56Les cultures
20:57que avant étaient
20:57les arbres routiers
20:58vont progresser
21:00dans le nord de la France.
21:01Il y a toute une série
21:02de transformations
21:03et ce qui est assez spectaculaire
21:05c'est comme avec les animaux,
21:06c'est le rythme,
21:07la vitesse
21:08de cette augmentation
21:09des températures
21:10et de cette transition
21:11qui fait que
21:12de nombreuses espèces
21:13n'ont pas le temps
21:13de s'adapter.
21:14Emilio Mellet.
21:16En effet,
21:16les canicules,
21:17il faut arrêter
21:17de les penser
21:18comme des accidents.
21:19Maintenant,
21:19c'est la nouvelle donne
21:19y compris pour le monde agricole
21:21qui doit de toute façon
21:23s'adapter
21:23et il s'adapte déjà
21:24moins vite en réalité
21:25que l'augmentation
21:27des températures.
21:28Il faut aussi les intégrer
21:29dans le risque agricole
21:29par exemple.
21:30Par exemple,
21:31c'est aussi une nécessité
21:33de diversifier
21:34les cultures,
21:36de planter des haies,
21:38d'avoir des systèmes
21:38d'irrigation
21:42qui soient moins gourmands
21:45moins gourmands en eau.
21:47C'est repensé
21:48des nouvelles associations.
21:51Ça s'appelle
21:52l'agroécologie.
21:53On voit que le gouvernement
21:55sur ses sites internet
21:56le promeut peut-être
21:56en acte un peu moins
21:58puisqu'il co-dirige
22:00son ministère
22:01avec le syndicat majoritaire
22:02qui est la FNSEA
22:03et qui n'est a priori
22:04plutôt dans l'agroindustrie
22:06que dans l'agroécologie.
22:09Mais ça devient vital
22:10aussi pour les consommateurs.
22:12C'est-à-dire qu'une fois
22:14que les canicules
22:15atteignent les rendements,
22:16de toute façon,
22:17ça a des conséquences
22:17aussi sur le prix,
22:19sur la qualité
22:19de ce qu'on mange
22:20et sur les prix.
22:20Il y a une étude
22:21de la revue
22:23Environmental Research Letters
22:24qui détermine
22:25qu'à chaque fois
22:26que les températures
22:26sont normalement élevées,
22:28il y a systématiquement
22:29une augmentation
22:30des prix alimentaires
22:31qui peut aller jusqu'à 300%
22:32par exemple sur les salades
22:33en Australie
22:34après les crues
22:35ou 100% sur le café Robusta
22:37venant du Vietnam.
22:38Tout ça a des conséquences
22:39et je voudrais quand même
22:39terminer mon propos
22:42en parlant des travailleurs
22:43parce qu'en fait
22:43s'il y a une adaptation
22:44qui est nécessaire,
22:45c'est aussi pour les travailleurs.
22:46La Dares affirme
22:47que les maraîchers
22:48et les viticulteurs
22:49pour ne citer qu'eux
22:50sont les travailleurs
22:51les plus exposés
22:52aux chaleurs
22:53après ceux qui travaillent
22:54dans les travaux publics.
22:57Et donc voilà,
22:58c'est aussi une nécessité
22:59pour les travailleurs.
23:00Valérie ?
23:00Oui, l'agriculture
23:01va devoir s'adapter
23:02en effet
23:03sur les changements de culture
23:04certainement
23:05dans certaines régions
23:06et ça va aussi reposer
23:07à une problématique
23:08qui est politique
23:09et qui est un peu irritante,
23:11c'est celle de la gestion de l'eau
23:12et du fait
23:14de pouvoir conserver l'eau
23:15quand elle tombe du ciel
23:16pour pouvoir irriguer
23:18après les cultures.
23:20Et donc on va revenir
23:21sur ces histoires
23:21de méga-bassines
23:22dans lesquelles
23:23les agriculteurs
23:24veulent conserver l'eau
23:25et on a su
23:25tous les problèmes politiques
23:28que ça a pu
23:30susciter.
23:31Donc on est aussi
23:32avec cette situation-là,
23:35avec des belles batailles politiques
23:36qui s'engagent
23:37parce qu'en effet
23:38il faut à la fois adapter
23:39et à la fois aussi
23:41permettre aux agriculteurs
23:42de disposer de l'eau.
23:43Comment est-ce que c'est
23:44avec ces méga-bassines
23:45ou d'autres systèmes ?
23:46En tout cas,
23:47c'est une question
23:47qui doit être posée.
23:48Et à tous les agriculteurs
23:50parce que c'était
23:51l'un des principaux problèmes
23:51que posaient
23:52les associations environnementales
23:53et une partie
23:54des syndicats progressistes
23:56du monde agricole,
23:57c'était que ces méga-bassines
23:57elles profitaient justement
23:58à une minorité
23:59d'agriculteurs irrigants
24:01et pas à l'ensemble.
24:02C'était une confiscation
24:03en fait d'un bien commun
24:04et c'était tout le sujet
24:05justement de ces méga-bassines
24:06et là où le gouvernement
24:07plutôt que d'essayer
24:07d'entendre cette contestation
24:09a préféré mettre
24:10les moyens de l'État
24:11pour défendre
24:11des intérêts privés.
24:12Et tous les agriculteurs
24:13Ignaki Garcia
24:14des Cortazars
24:15voient aussi
24:15avec ces aléas climatiques
24:16et ces épisodes
24:18de canicule notamment
24:19leur revenu
24:20largement impacté aujourd'hui ?
24:22Oui, je confirme
24:23ce qui a été dit
24:24déjà en plateau.
24:25En fait,
24:25un des principaux problèmes
24:26que l'on retrouve
24:27c'est d'une part
24:28les dégâts
24:28que ça va générer
24:29sur les cultures
24:29ce qui va être
24:31au niveau du cycle
24:32de développement
24:32et de croissance
24:33des fruits,
24:34des graines
24:35et là les récoltes
24:36qui sont en cours
24:36plus les fruits
24:37qui sont en récolte
24:38jusqu'à la fin de l'été
24:40ils vont être impactés
24:41par ces températures élevées
24:42mais en plus
24:43on a des effets
24:44des pics de production
24:45parce qu'en fait
24:46ce type d'événements
24:47et les fortes températures
24:48que l'on a vécues
24:49ces dernières semaines
24:50accélèrent
24:51le développement
24:52et la croissance des fruits
24:53et on se retrouve
24:55avec des périodes
24:56de récolte
24:56très courtes
24:57et donc on se retrouve
24:58avec beaucoup de produits
24:59sur le marché
25:00et finalement
25:01beaucoup d'offres
25:02avec une demande
25:02qui parfois
25:03est limitée
25:04et donc une baisse
25:05des prix
25:05et des revenus
25:06pour les agriculteurs
25:07je voudrais ajouter aussi
25:09peut-être que pour les animaux
25:10et à l'élevage
25:11on a aussi des problématiques
25:12qui sont en train d'émerger
25:13de manière importante
25:14par rapport
25:15à des niveaux
25:15de mortalité
25:16par rapport
25:17à des niveaux
25:17de confort
25:18par rapport
25:19à des températures
25:19trop élevées
25:20qui diminuent
25:21la productivité
25:22et donc finalement
25:23on retrouve aussi
25:24ce type de problème
25:25dans les élevages
25:26à travers toute la France
25:27et notamment
25:28dans la région
25:28touchée actuellement
25:29Bruno David
25:30vous êtes toujours avec nous
25:31en ce qui est un président
25:32du muséum d'histoire naturelle
25:33justement sur les conséquences
25:35pour tous ces animaux d'élevage
25:38Écoutez
25:38les animaux d'élevage
25:39ou les plantes
25:40de culture
25:41sont soumises
25:43à la même chose
25:44que les animaux sauvages
25:45et les plantes sauvages
25:45donc c'est pas
25:47c'est pas très étonnant
25:48on peut peut-être
25:49les aider un tout petit peu plus
25:50que les animaux sauvages
25:51ou les plantes sauvages
25:52en les arrosant
25:53en faisant des traitements
25:54en essayant
25:55de les mettre
25:56dans les meilleures conditions possibles
25:57mais c'est vraiment
25:58la même chose
25:58donc on a
25:59ça nous revient
26:00un petit peu
26:01comme un boomerang
26:01c'est-à-dire
26:02qu'on génère
26:03ce changement climatique
26:04il nous arrive dessus
26:05en tant qu'espèce humaine
26:06et il nous arrive dessus
26:07à travers nos productions
26:09agricoles au sens large
26:10et il impacte en plus
26:11la biodiversité sauvage
26:13qui est une nouvelle épée
26:14de Damoclès
26:15qui est au-dessus de nos têtes
26:16parce que si les écosystèmes
26:18naturels se trouvaient
26:18totalement déstabilisés
26:20par ces canicules
26:21on pourrait basculer
26:22dans des modes
26:23de fonctionnement
26:24de planète
26:25qui seraient pas forcément
26:26aussi sympathiques
26:27pour l'espèce humaine
26:28Merci beaucoup Bruno David
26:29ancien président
26:30du muséum d'histoire naturelle
26:32merci d'avoir été avec nous
26:34merci aussi à vous
26:34Iñaki Garcia
26:35des Cortazor
26:36je rappelle
26:36directeur de l'Unité Agroclim
26:38d'Avignon
26:39c'est à l'Institut National
26:40de la Recherche Agronomique
26:41l'INRAE
26:42merci à tous les deux
26:43d'avoir été dans les informés
26:45la seconde partie arrive
26:46dans un instant
26:47restez avec nous
26:4820h et 31 minutes
26:49sur France Info
26:54L'Info Emmanuel Langlois
26:56Encore une journée caniculaire
26:58avec plus de 90%
26:59de la population
27:00soumise à des chaleurs extrêmes
27:02la France vit ce mardi
27:04sa plus chaude journée
27:05jamais enregistrée
27:06depuis les débuts relevés
27:08dérelevés en 1947
27:10annonce ce soir
27:10Météo France
27:11plus de la moitié du pays
27:13restera placé demain
27:14mercredi en alerte rouge
27:1558 départements au total
27:174 de pluie
27:18ce qu'aujourd'hui
27:19des records absolus
27:20ont à nouveau été battus
27:22ce mardi à Bordeaux
27:23à Rennes
27:23à Angers
27:24ou à Caen
27:24à Paris
27:25où 427 places
27:26d'hébergement d'urgence
27:27canicules sont ouvertes
27:29ce soir
27:30annonce la mairie
27:31en pleine période
27:33de chaleur
27:34un incendie de végétation
27:35est toujours en cours
27:35ce soir dans le sud
27:36de l'Aveyron
27:37le feu a pris dimanche
27:39en fin d'après-midi
27:39il y a deux jours donc
27:41les flammes ont parcouru
27:42environ 35 hectares
27:43dans une zone escarpée
27:45et difficile d'accès
27:46par ailleurs
27:4760 hectares
27:48ont été détruits
27:49dans un incendie
27:50toujours pas maîtrisé
27:51lui non plus
27:51dans le Lot et Garonne
27:53les habitants
27:54proches du village
27:55de Bousses
27:56sont appelés ce soir
27:57par les autorités
27:58à se confiner
28:00conséquence encore
28:01de cette vague de chaleur
28:02qui joue les prolongations
28:03la tour Eiffel
28:04a fermé ses portes
28:05dès 16h ce mardi
28:06au lieu de
28:07minuit 45
28:08en temps normal
28:09à cette saison
28:10le Louvre
28:11le musée le plus visité
28:12au monde
28:12fermera lui ses portes
28:13deux heures plus tôt
28:14de mercredi à samedi
28:15enfin le Mont-Saint-Michel
28:16conseille aux visiteurs
28:17de reporter leur venue
28:19en raison de la canicule
28:21j'ajoute que la circulation
28:23différentielle
28:24sera maintenue demain matin
28:25dès 6h
28:26dans le centre-ville de Marseille
28:27à cause
28:28de la persistance
28:29d'un épisode
28:30de pollution de l'air
28:31même restriction
28:32à Avignon
28:32ralentissement
28:33et suppression
28:34de trains
28:35demain
28:35dans les transports
28:36en commun
28:37francilien
28:37dans le reste
28:38de l'actualité
28:39par 271 ois
28:40contre 202
28:41les députés
28:42approuvent ce mardi
28:43une réforme constitutionnelle
28:44qui vise à accorder
28:45une autonomie à la Corse
28:47le texte gouvernemental
28:48prévoit notamment
28:49d'accorder à l'île
28:50des pouvoirs réglementaires
28:51et législatifs supplémentaires
28:53le texte doit maintenant
28:55passer l'épreuve
28:56du Sénat
28:56à l'étranger
28:58l'agence maritime
28:59de l'ONU
29:00annonce le début
29:00de la mise en oeuvre
29:02du plan d'évacuation
29:03pour plus de 11 000 marins
29:04encore bloqués
29:05dans la région du Golfe
29:07à cause de la fermeture
29:08du détroit d'Hormuz
29:09au début
29:09de la guerre
29:10au Moyen-Orient
29:11et puis un détour
29:12par le mondial
29:13de football
29:14le mondial 2026
29:15et le Portugal
29:16qui mène désormais
29:174 à 0
29:17face à l'Ouzbékistan
29:19à Houston
29:19au Texas
29:20grâce notamment
29:21tout à l'heure
29:21à un doublé
29:22de Ronaldo
29:25France Info
29:2620h
29:2721h
29:27France Info
29:29les informés
29:30Victor Maté
29:31Avec ce soir
29:32Valérie Gass
29:33chef du service politique
29:34de RFI
29:35Christophe Jacubizine
29:36directeur de la rédaction
29:38des Echos
29:38Emilio Mélet
29:39grand reporter
29:39au service politique
29:40de l'humanité
29:42et Fabrice Dalmeida
29:43qui nous rejoint
29:44bonsoir Fabrice
29:45bonsoir Victor
29:46notre historien maison
29:47ici à France Info
29:48pour parler ensemble
29:50d'un autre historien
29:51qui fut également
29:52résistant
29:53combattant
29:54écrivain
29:54c'est Marc Bloch
29:55bien sûr
29:56qui fait son entrée
29:57ce soir au Panthéon
29:58en compagnie
29:59de son épouse
29:59Simone Vidal
30:01cérémonie à suivre
30:01à partir de 21h
30:03édition spéciale
30:04sur France Info
30:05bonsoir Paul Barcelone
30:07bonsoir Victor
30:07vous êtes en direct
30:08du Panthéon à Paris
30:10comment est-ce qu'elle va
30:10se dérouler
30:11cette cérémonie ?
30:13alors les derniers préparatifs
30:14sont en cours
30:15grand soleil
30:16vous l'imaginez
30:17sur le fronton
30:18du Panthéon
30:19aux grands hommes
30:19la patrie reconnaissante
30:21le tapis blanc
30:23qui cerne
30:24cette rue soufflot
30:25ici dans le 5ème arrondissement
30:26de Paris
30:27a été dressé
30:28nettoyé
30:29il y a encore quelques instants
30:30beaucoup d'invités
30:31sont d'ores et déjà
30:32en place
30:33bien souvent
30:33à l'ombre
30:34là encore
30:35vous l'imaginez
30:36début de cette cérémonie
30:37dans 30 minutes
30:38à partir de 21h05
30:40quand deux cénotafes
30:42recouverts du drapeau
30:43bleu blanc rouge
30:43vous savez
30:44ce sont ces cercueils
30:45sans les corps
30:46vont remonter
30:47jusqu'ici
30:48jusqu'au parvis
30:49du Panthéon
30:49je vous signale
30:50qu'à l'intérieur
30:51de ces cénotafes
30:52il y a des objets symboliques
30:54notamment une copie
30:55de médaille militaire
30:56un poème écrit
30:56par Marc Bloch
30:58à sa femme
30:58Simone Bloch
30:59qui va elle aussi
31:00symboliquement
31:01entrer au Panthéon
31:02ce soir
31:02bien que son corps
31:04n'ait jamais été
31:05retrouvé
31:06cérémonie
31:07organisée en différents
31:08tableaux
31:08pour retracer la vie
31:10de Marc Bloch
31:10l'historien
31:11l'écrivain
31:12avec ce célèbre ouvrage
31:13ouvrage de référence
31:15L'étrange défaite
31:16sur la défaite
31:17de 1940
31:18pendant la seconde guerre mondiale
31:19au programme
31:20ce soir
31:21de cette cérémonie
31:22probablement
31:23sur un ton
31:23très solennel
31:24très grave
31:24l'acteur
31:25Jacques Gamblin
31:26qui lira un texte
31:27la chanteuse
31:28Anne Sila
31:29aussi
31:29avant bien sûr
31:30le traditionnel discours
31:32d'Emmanuel Macron
31:33dont on guettera
31:35évidemment
31:35Victor
31:36les messages
31:37politiques
31:38peut-être
31:38les messages
31:39cachés
31:39puisqu'il s'agira
31:41probablement
31:42il faut rester prudent
31:43de la dernière
31:44cérémonie de panthéonisation
31:45avant que
31:46le chef de l'État
31:47ne quitte le pouvoir
31:48c'est sa sixième
31:49cérémonie
31:49ici au Panthéon
31:50Merci Paul Barcelone
31:52en direct du Panthéon
31:53à Paris
31:54je me tourne vers vous
31:55Fabrice d'Almeida
31:56historien
31:57qui était finalement
31:58Marc Bloch
31:59parce que beaucoup de Français
32:00découvrent
32:01ou vont découvrir
32:01même ce soir
32:02son parcours
32:03à l'occasion
32:03de cette panthéonisation
32:04Paul l'a assez bien décrit
32:05on pourrait presque dire
32:06comparé aux autres grands
32:09qui sont rentrés
32:09récemment au Panthéon
32:11que c'est peut-être
32:12le moins connu de tous
32:13mais en même temps
32:14c'est une figure
32:15qui traduit
32:16magnifiquement
32:17le XXe siècle
32:19les grands débats
32:20qui continuent encore aujourd'hui
32:21d'agiter la société française
32:22l'engagement
32:23en politique
32:24l'éducation
32:25la vérité
32:26le débat sur la vérité
32:27on a tout un questionnement
32:28sur les fake news
32:29aujourd'hui
32:29et bien lui
32:30il a écrit
32:31au lendemain de la guerre
32:32un livre sur les fausses nouvelles
32:33et les rumeurs de guerre
32:34parce que précisément
32:35comme soldat
32:36il avait entendu
32:37parfois ses camarades dire
32:38Berlin a été bombardé
32:40par les Russes
32:41c'est vrai
32:41c'est faux
32:42que croire
32:43les Allemands font des massacres
32:44absolument abominables
32:45ils enlèvent des enfants
32:46est-ce que c'est vrai
32:47est-ce que c'est faux
32:48voilà
32:48donc il avait travaillé
32:49déjà des questions
32:50qui sont très importantes
32:51dans notre époque
32:51et il a été quand même
32:53c'est sans doute
32:54un des points clés
32:55de sa biographie
32:57pendant la deuxième guerre mondiale
32:59juif
33:01pourchassé
33:01il rentre dans la clandestinité
33:03et il est une figure
33:05éminente de la résistance
33:06dans la région lyonnaise
33:07puisqu'il est un des coordinateurs
33:09du mouvement frontière
33:10donc c'est un peu tout ça
33:11juif d'origine alsacienne
33:13non pratiquant
33:14effectivement
33:14d'une famille
33:15d'Alsace
33:16on peut rappeler
33:17on l'a dit
33:18avec Paul Barcelone
33:19prof d'histoire
33:20à la Sorbonne
33:21et effectivement
33:22résistant pendant
33:22la seconde guerre mondiale
33:23oui avec plein
33:24d'aspects différents
33:26dans sa biographie
33:27mais ce qui est très important
33:28c'est qu'il faut essayer
33:28de les lier
33:29parce que sa famille
33:31a accepté
33:31parce qu'il y a eu
33:32tout un débat
33:33une fois qu'Emmanuel Macron
33:34a eu l'idée
33:35il a fallu que son conseiller
33:36Bruno Roger Petit
33:37prévienne la famille
33:38il y a eu un débat
33:38dans la famille
33:39qu'est-ce qu'on fait
33:39est-ce qu'on accepte
33:40est-ce que c'est une instrumentalisation
33:41est-ce que l'homme
33:42est plus grand
33:43que la panthéonisation
33:45par un chef d'état
33:46qui pourrait lui être
33:48finalement collé
33:49et en fait
33:49ils ont accepté
33:50après avoir consulté
33:51des historiens
33:51parce qu'ils pensent
33:52que l'homme
33:53est effectivement
33:53plus grand
33:55que simplement
33:55une cérémonie
33:56pourquoi ce choix
33:57de la part d'Emmanuel Macron
33:58et Emilio Mellet ?
33:59c'est une bonne question
34:01parce qu'il y a un mot
34:02qui est absent
34:02par exemple
34:03de beaucoup des débats
34:04c'est que c'est un antifasciste
34:05par exemple
34:05Marc Bloch
34:06c'est un résistant
34:08mais le mot antifasciste
34:09c'est un mot important
34:10pour sa famille
34:10un homme de gauche aussi
34:11qui avait été engagé
34:12auprès de la SFIO
34:14et de Jaurès
34:14avant la première guerre mondiale
34:18le chef de l'état
34:19je crois
34:20a décidé
34:21de ne pas saucissonner
34:22la vie de Marc Bloch
34:25de le prendre en bloc
34:26c'est le jeu de mots
34:26qui court à l'Elysée
34:28qui a été utilisé
34:30par les proches
34:31du chef de l'état
34:32c'est d'essayer
34:33d'embrasser
34:34ce que nous expliquait
34:35M. Dameda
34:35justement toute sa vie
34:37à la fois
34:39de penseur
34:39d'historien
34:41c'est quelqu'un qui a révolutionné
34:42aujourd'hui la façon
34:43de faire l'histoire
34:43de ce qu'on appelle
34:44l'histoire totale
34:46de prendre tous les champs
34:48de la vie
34:49mais en même temps
34:50ce résistant
34:51qui disait lui-même
34:53qu'il était très très laïque
34:55et qui refusait
34:58de mettre en avant
35:00ses origines
35:00sauf face à un antisémite
35:02et les antisémites
35:03il les a plus que croisés
35:04puisque c'est ceux
35:06qui l'ont tué
35:07grand patriote
35:08Valérie Gasse
35:09mais pas nationaliste
35:10voilà
35:10comment se définissait aussi
35:12Marc Bloch
35:14on l'a dit
35:14sixième panthéonisation
35:16de la part
35:16d'Emmanuel Macron
35:18pourquoi ce goût
35:20de la panthéonisation
35:21chez le chef de l'état
35:22parce que ça lui permet
35:23de faire passer
35:24beaucoup de messages
35:25ça lui permet aussi
35:26de laisser une trace
35:27parce que ces cérémonies
35:29qui ont évolué
35:30qui se sont sophistiquées
35:32chorégraphiées
35:32au fil de
35:33à chaque fois
35:34c'est un spectacle
35:35presque
35:36cette arrivée
35:37des cercueils
35:38ou des cénotaphs
35:39on peut citer
35:40on ne l'a pas fait
35:40Simone Veil
35:41Joséphine Baker
35:42Maurice Genevois
35:42Missa Kémé Manouchian
35:44et bien sûr
35:45Robert Badinter
35:46il y a peu
35:46il y a peu
35:47le dernier en 2025
35:48donc c'est vraiment
35:49dans le bilan
35:50d'Emmanuel Macron
35:51ça restera
35:52comme des moments
35:53importants
35:54et à chaque fois
35:55il y a toujours
35:56un rapport
35:57entre le passé
35:58ce qu'incarnaient
36:00les panthéonisés
36:01et bien sûr
36:02ce qui se passe
36:02actuellement
36:03et c'est sûr
36:04ce soir
36:05Emmanuel Macron
36:06va encore jouer
36:06sur le passé
36:08et le présent
36:09et puis
36:10chacune de ces personnalités
36:12incarnait quelque chose
36:14c'est qu'est-ce que c'est
36:15qu'être français
36:16et donc c'est le message
36:17qu'Emmanuel Macron
36:19a essayé de délivrer
36:20au fil
36:20de ses choix
36:22et c'est vrai
36:23que
36:24là
36:25Marc Bloch
36:26c'est en effet
36:27à la fois
36:28l'historien
36:29donc c'est le lien
36:29au passé
36:30intellectuel
36:31c'est le juif
36:32mais en même temps
36:33laïc
36:34c'est le résistant
36:35il y a énormément
36:36d'aspects
36:37de sa personnalité
36:38de son parcours
36:39de sa vie
36:40qui résonne
36:42pour le président
36:42et qu'il veut faire
36:43résonner auprès
36:44des français
36:44Emmanuel Macron
36:45chaque fois qu'il a prononcé
36:47des discours
36:47dit mémoriel
36:48ce qu'il a essayé
36:49de vanter
36:49c'est ses héros français
36:51donc
36:52et là
36:52on a encore
36:53la personnalité
36:54le personnage
36:55du héros français
36:56qui vient compléter
36:57les autres
36:58une Joséphine Bakker
36:59qui a choisi
36:59d'être française
37:00lui
37:01qui a défendu
37:04cette nationalité
37:05et la république
37:07donc voilà
37:08c'est un petit peu
37:09c'est par petites touches
37:10Emmanuel Macron
37:116 panthéonisations
37:12en effet
37:12c'est au niveau
37:13de François Mitterrand
37:14avec plus de panthéonisés
37:15parce que certains couples
37:16ont été réunis
37:17dans l'entrée au panthéon
37:19il y a un récit
37:20du quinquennat
37:21qui se fait
37:21à travers
37:22des panthéonisations
37:22Marc Bloch
37:23qui s'était engagé
37:24dans la résistance
37:24à plus de 50 ans
37:26il avait 6 enfants
37:27il n'avait pas forcément
37:28le profil
37:29on va dire
37:29typique
37:30pour s'engager
37:31qu'est-ce qu'il nous dit
37:32justement
37:32Marc Bloch
37:33de ce que l'on vit
37:34de notre époque actuelle
37:35Christophe Jacubizine
37:35et d'ailleurs
37:36je parle sur le contrôle
37:36de Fabrice
37:37mais c'est vrai
37:37qu'au début
37:38pendant la période
37:39d'occupation
37:40il a bénéficié
37:40au départ
37:41d'une forme
37:41de statut
37:42un peu particulier
37:42un peu dérogatoire
37:43par rapport
37:44aux autres français
37:46de confession juive
37:47parce qu'il était connu
37:48parce que c'était
37:49un historien reconnu
37:50il avait créé
37:50la revue Les Annales
37:51et que ça lui a permis
37:53effectivement
37:53pendant un court moment
37:54d'échapper
37:55à certaines répressions
37:57et en fait
37:57quand il a senti
37:58que de toute façon
37:59il fallait faire bloc
38:00pardon encore
38:01pour ce jeu de mots
38:01il l'a fait
38:02et effectivement
38:04quand on parlait
38:04de patriotisme
38:05il est mort
38:06sous la mitraille
38:08de la Gestapo
38:09et il a crié
38:10vive la France
38:10après avoir été torturé
38:11exactement
38:12donc
38:15et en même temps
38:16il était très européen
38:17je pense que c'est ça
38:18vous avez raison
38:18dans les choix
38:20que d'Emmanuel Macron
38:21il y a une volonté
38:23de raconter
38:23une histoire française
38:24et là
38:25dans ses analyses historiques
38:27comparatives
38:27quand vous parliez
38:28de son analyse
38:29des fake news
38:30on dit ça aujourd'hui
38:31mais à l'époque
38:32c'était effectivement
38:32des rumeurs
38:33des fausses tout balles
38:34il avait distingué
38:34plusieurs catégories
38:35et il expliquait comment
38:36d'un pays à l'autre
38:37une même histoire
38:38était vue différemment
38:39et il était profondément
38:40malgré
38:42évidemment
38:43la guerre contre l'Allemagne
38:44profondément
38:47bien sûr
38:47il est mort
38:49avant que l'Europe
38:49ne se construise
38:50mais on voyait
38:51que ce n'était pas
38:51une hostilité
38:54c'était un patriotisme
38:55d'inclusion
38:56et non pas d'exclusion
38:58il est formé
38:58il est formé d'ailleurs
38:59en Allemagne
39:00au moment
39:01avant
39:02où il commence sa thèse
39:03avant même
39:03de commencer sa thèse
39:04tout jeune agrégé
39:05il va à Leipzig
39:06on est avant
39:07la première guerre mondiale
39:08il découvre
39:09cette Allemagne
39:10il va être d'ailleurs
39:11dans la suite
39:11de sa carrière
39:12très influencé
39:13par des professeurs britanniques
39:15de Cambridge
39:15d'Oxford
39:16mais aussi par des professeurs allemands
39:18on ne va pas citer les noms
39:19parce que ça en fait beaucoup
39:20mais qui ont vraiment
39:22imprégné l'idée
39:23que par exemple
39:23quand il fait l'histoire du Moyen-Âge
39:25l'histoire rurale française
39:26par exemple
39:27et bien il doit faire
39:28l'histoire de la botanique
39:29il doit faire l'histoire économique
39:30et sociale
39:30donc il doit croiser
39:32effectivement les approches
39:33et c'est la grande force
39:34de cette école
39:35qui a été la gloire française
39:37qu'on appelle
39:37l'école des annales
39:38Fabrice Almeida
39:39beaucoup de résistants
39:40dans ses entrées au Panthéon
39:41de la part d'Emmanuel Macron
39:42on a cité
39:43Joséphine Baker
39:45Missac Manouchian
39:46aujourd'hui Marc Bloch
39:47on peut s'attendre
39:48de la part du chef de l'État
39:50à un discours justement
39:51sur l'esprit de résistance
39:53aujourd'hui en France
39:54en 2026
39:55oui en tout cas c'est une facette
39:56qu'il a beaucoup utilisée
39:58pour les autres
39:58sans doute va-t-il revenir là-dessus
40:00puisque c'est un des débats
40:02de notre société
40:03c'est un débat très actuel
40:04mais c'est vrai que
40:05pour un historien comme moi
40:07voir entrer un historien au Panthéon
40:09il n'y en a pas
40:09il n'y en avait pas avant lui
40:10il y avait des écrivains
40:11comme Dumas
40:12qui ont une fibre historique
40:14mais
40:14un historien de profession
40:15un historien de métier
40:16c'est quelque chose d'important
40:18et parce qu'aussi derrière
40:19il y a l'histoire
40:20comme
40:21comment dire
40:22discipline
40:23qu'on apprend à l'école
40:24qu'on apprend au collège
40:25qu'on apprend au lycée
40:26et c'est avec elle
40:28que rentre au Panthéon
40:29quelque chose
40:29comme l'esprit critique
40:30qui est au coeur
40:31de la discipline
40:32telle que Marc Bloch
40:33l'avait conçue
40:34donc il y a quelque chose
40:35je dirais
40:35d'important
40:36dans la pédagogie quotidienne
40:38et d'ailleurs
40:38il y a un engouement
40:39chez les jeunes
40:39beaucoup sont attendus
40:40ce soir pour cette cérémonie
40:41au Panthéon
40:42d'autres ont étudié
40:43que ce soit au lycée
40:44au collège
40:45ou même à l'université
40:46Marc Bloch
40:46justement dans la perspective
40:47ce soir
40:48de cette panthéonisation
40:49Emilio Mellet
40:50Oui parce que c'est une personnalité
40:52on le disait en préambule
40:53qui est assez peu connue
40:56Emmanuel Macron
40:57à travers lui
40:57veut raconter quelque chose
40:58j'aimerais pouvoir vous dire
41:00qu'à travers cette panthéonisation
41:01les panthéonisations
41:02c'est
41:02dis-moi qui tu panthéonises
41:04je te dirais qui tu es
41:05c'est plutôt
41:05dis-moi qui tu panthéonises
41:06qui tu prétends vouloir être
41:09ce fameux esprit de résistance
41:11aujourd'hui
41:11je le trouve moi très incarné
41:12par sa famille
41:13par notamment
41:14Suzette Bloch
41:15et sa petite fille
41:17ancienne journaliste
41:18à l'AFP
41:18mais elle n'est pas seule
41:19qui justement
41:21se sont élevées
41:21contre la présence
41:22de l'extrême droite
41:23lors de cette
41:25panthéonisation
41:25justement
41:26parce que
41:27le parti du Rassemblement
41:29est fondé par
41:30disent-il
41:30et à raison
41:31à mon sens
41:32les vérités
41:33des Waffen
41:33qui ont tué
41:38Marc Bloch
41:39et on a vu
41:40d'ailleurs la réaction
41:41cet après-midi
41:41de l'extrême droite
41:42qui a été extrêmement
41:43virulente
41:44à son propos
41:45pour essayer
41:46de se dédouaner
41:47l'Elysée
41:48se dédouane
41:49se cache
41:49vous faites allusion
41:50à la phase d'armes
41:51qu'il y a eu
41:51entre Jordan Bardala
41:52et Jean-Luc Mélenchon
41:52notamment
41:53et Jean-Philippe Tanguy
41:54a directement interpellé
41:55Suzette Bloch
41:56voilà
41:57il y a même
41:57Laure Lavalette
41:58qui a saisi
41:59l'ARCOM
42:01voilà
42:01on voit
42:02de quel côté
42:03aujourd'hui
42:04est l'esprit
42:04de résistance
42:05elle est
42:06à mon sens
42:07donc du côté
42:08de cette famille
42:09avec Valérie Gass
42:10l'oeuvre
42:10et la pensée
42:11de Marc Bloch
42:11qui ont été souvent utilisées
42:12voire parfois
42:13on l'entendait
42:13récupérées
42:14par les responsables politiques
42:15passe d'armes
42:15à distance aujourd'hui
42:17entre Jordan Bardala
42:18et Jean-Luc Mélenchon
42:19le patron du RN
42:21qualifiant
42:22l'étrange défaite
42:23on ne l'a pas encore cité
42:23mais le livre
42:24le plus célèbre
42:24de Marc Bloch
42:26de réquisitoire implacable
42:27contre le cynisme
42:28l'égoïsme
42:28et l'aveuglement
42:29d'une partie
42:30des élites françaises
42:30qui ont conduit
42:31notre pays
42:31à l'abîme
42:32en 1940
42:33c'est ce que dit
42:33Jordan Bardala
42:34réaction de Jean-Luc Mélenchon
42:35ceux qui ont conduit
42:36notre pays à l'abîme
42:37c'était ceux qui criaient éclair
42:38plutôt que le front populaire
42:40en voyant donc
42:41ce que disait Emilio Mellet
42:42le leader d'extrême droite
42:43aux racines de son parti
42:44et au Front National
42:45On a la campagne présidentielle
42:47qui s'immisce
42:49dans la panthéonisation
42:50de Marc Bloch
42:51et on voit
42:51les deux adversaires
42:52qui essayent d'utiliser
42:53en effet
42:54d'instrumentaliser
42:55ce qu'était Marc Bloch
42:56chacun à sa manière
42:58pour envoyer
42:59des messages aux Français
43:00et oui
43:00on est dans la récupération
43:03C'était déjà le cas
43:03avec Manouchin
43:04Manouchin avait déjà eu
43:05ce débat qui se posait
43:06sur la présence
43:06de Marine Le Pen
43:07Marine Le Pen a dit
43:08qu'elle ne viendrait pas
43:09d'ailleurs ce soir
43:10Oui
43:12mais peut-être que finalement
43:14ça fait partie des choses
43:16en effet ça provoque des débats
43:17ça fait des prises de position
43:18et puis les Français
43:19regardent ça
43:20et se font leur opinion
43:21mais c'est vrai
43:22qu'à ce moment
43:24de moins d'un an
43:25avant l'élection présidentielle
43:27était évident
43:28et avec en effet
43:29les réticences de la famille
43:30qui a fait savoir
43:31qu'elle ne voulait pas
43:31de représentants
43:33du Rassemblement National
43:34à cet hommage
43:35il était évident
43:36qu'il y allait avoir
43:38des réactions
43:39et des antagonismes
43:41qui allaient parler
43:42bon là on a
43:43Bardella
43:43Mélenchon
43:44le match
43:45qui se joue
43:46sur cette panthéonisation
43:48Christophe
43:49C'est vrai que ce thème
43:50de la défaite des élites
43:51et pourquoi la France
43:52arrive à la veille
43:54de la guerre mondiale
43:54dans un état
43:55de déliquescence morale
43:56et politique
43:57est exploité par les deux extrêmes
43:59que ce soit l'extrême droite
43:59ou l'extrême gauche
44:00il faut quand même se rappeler
44:01que celui qui se lève
44:02à ce moment là
44:02c'est quand même
44:03le général de Gaulle
44:04donc il faut aussi
44:05on peut aussi faire des leçons
44:06aux deux extrêmes
44:07sur la nature
44:09de ceux qui se sont levés
44:09contre le fascisme
44:10On peut parler
44:11de ce livre
44:13L'étrange défaite
44:14qui a été
44:15on va dire
44:15popularisé
44:16ou rendu
44:17très connu du grand public
44:18seulement dans les années 90
44:19en France
44:20Oui il est publié
44:21plus tôt
44:21il est publié
44:22au lendemain de la guerre
44:23mais c'est vrai
44:24et d'ailleurs
44:24on lui donne son titre
44:25à ce moment là
44:26L'étrange défaite
44:26alors que Marc Bloch
44:27au départ
44:28l'avait intitulé
44:29tout simplement
44:29témoignage
44:30parce que l'idée du livre
44:31c'est vraiment
44:32de donner un témoignage
44:33à chaud
44:33sur la défaite
44:34de 1940
44:35c'est-à-dire
44:36sur ces trois semaines
44:36terribles
44:37de mai-juin
44:38où lui
44:38qui vient de reprendre
44:40du service
44:41lui ancien combattant
44:42de la grande guerre
44:42capitaine
44:43aux états de service
44:44magnifique
44:44il a commencé
44:45comme simple sergent
44:46il s'est hissé
44:47au grade de capitaine
44:48quatre citations
44:49à l'ordre de son régiment
44:50médaille de guerre
44:52pour lui
44:53et il reprend du service
44:54en 39
44:55il faut imaginer le truc
44:57et il se trouve
44:58face à une armée allemande
44:59qui écrase
45:00l'armée française
45:01en trois semaines
45:01il parle d'ailleurs
45:02quand il parle
45:03de la guerre
45:04il parle de la retraite
45:05avant tout
45:05comme il l'avait fait
45:06d'ailleurs en partie
45:07au début de la première
45:08guerre mondiale
45:08et il donne comme responsable
45:11et c'est ça
45:11qui est intéressant
45:12c'est pas du tout
45:13les mêmes responsables
45:14que donne Vichy
45:14pour Vichy
45:15la responsable
45:15de la défaite de 40
45:16c'est le front populaire
45:18ce sont les juifs
45:19ce sont les élites françaises
45:22de gauche
45:22qui ont oublié
45:23de réarmer la France
45:24ce qui est totalement faux
45:25mais pour lui
45:26les responsables
45:27d'abord les premiers
45:28ce sont les gros militaires
45:30ce sont les officiers
45:31d'état-major
45:32qui n'ont rien compris
45:33qui n'ont pas compris
45:34la guerre qu'ils devaient mener
45:35qui ont voulu mener
45:36une guerre de 1900
45:371914-1918
45:39alors qu'on était en 1940
45:40et les allemands
45:41eux menaient la guerre de 40
45:42donc voilà
45:43c'est très intéressant
45:44parce que
45:44ce texte après a été
45:45très employé
45:46il y a quelques phrases
45:47qu'on retrouve tout le temps
45:48comme sur
45:50ce qui fait vibrer
45:51les français
45:51par exemple
45:52le sacre royal
45:54ou la fête de la fédération
45:55et la fête de la fédération
45:57donc c'est quelques citations
45:58qu'on utilise souvent
45:59mais le texte en lui-même
46:01est une
46:01je dirais
46:02un petit bijou
46:04d'esprit critique à chaud
46:06c'est-à-dire que
46:07moi j'ai insisté
46:08sur le côté militaire
46:09par exemple
46:09mais Marc Bloch
46:10s'il était là
46:10il me dirait
46:10mais Fabrice
46:11tu oublies tous les chapitres
46:12où je parle
46:13de l'économique
46:13du social
46:14de la préparation
46:15de l'industrie
46:15des techniques
46:16du pacifisme
46:17du pacifisme
46:19de ce que la gauche
46:20pacifiste a fait
46:21etc
46:21donc il me dirait
46:21évidemment
46:22c'est multifactoriel
46:23parce qu'il est bloc
46:24et c'est justement ça
46:25qui est passionnant dans ce livre
46:26quand on veut se donner la peine
46:28de le dire
46:28en se disant
46:29qu'est-ce que je peux en tirer
46:30comment je vais m'en servir
46:31et bien justement
46:32ce qu'il vous dit
46:33c'est avant tout
46:34ayez un esprit large
46:35en éveil
46:36et cherchez jusqu'au bout
46:37les multiples causes
46:38qui peuvent créer un facteur
46:39un livre qu'il a été retrouvé
46:40enterré dans le jardin
46:41qu'il avait caché
46:43enterré dans le jardin
46:44Émilie Malet
46:45non mais c'est en cela
46:46qu'on peut aussi
46:47malgré tout
46:48remercier Emmanuel Macron
46:49de donner
46:50cette
46:53vous savez quoi
46:55je veux même vous dire
46:55le meilleur bilan
46:56d'Emmanuel Macron
46:57en l'occurrence
46:57c'est sur les panthéonisations
46:59j'ai beaucoup travaillé
47:01sur celle de Missac Manouchian
47:02c'est un discours magnifique
47:04au panthéon
47:04je ne doute pas
47:05que ce soir
47:06Emmanuel Macron
47:07arrive à rendre hommage
47:08à Marc Bloch
47:08dans tous les domaines
47:10de façon
47:12assez
47:14juste
47:14parce que c'est ce qu'il sait faire
47:16le problème
47:16c'est plutôt le rapport
47:17d'Emmanuel Macron
47:17à l'histoire
47:18le paradoxe
47:19entre ces panthéonisations
47:20et le discours
47:21qui peut tenir par ailleurs
47:22sur Pétain
47:22ce grand soldat
47:23ou d'autres
47:25mais en l'occurrence
47:25sur les panthéonisations
47:26c'est peut-être
47:27le meilleur bilan
47:27c'est les six personnalités
47:29enfin les six panthéonisations
47:31parce qu'il y a plus
47:31que six personnalités
47:33elles ne souffrent
47:33d'aucune remise en cause
47:36elles sont absolument consensuelles
47:37et c'est là
47:38d'ailleurs un des débats
47:38qu'il peut y avoir
47:39sur la potentielle panthéonisation
47:41c'est une des rumeurs
47:42de Gisèle Halimi
47:43et là où l'Elysée
47:45nous répond
47:46c'est une demande aussi
47:48de personnalité
47:50y compris
47:50notamment
47:51du fils
47:51d'un des fils
47:53de Gisèle Halimi
47:54Serge Halimi
47:56mais la réponse
47:57de l'Elysée
47:57c'est
47:57ah non
47:58elle n'est pas assez
47:58consensuelle
47:59aujourd'hui
48:00voilà
48:00en gros
48:01il y a les nostalgiques
48:02de l'Algérie française
48:03qui pourrait ne pas être satisfait
48:05et donc il faut plaire à tout le monde
48:06moi je pense que c'est pas ça
48:07c'est au contraire
48:08les personnes qui incarnent
48:09les valeurs de la République
48:09et jusqu'ici
48:10en l'occurrence
48:12ces choix se sont avérés justes
48:13Fabrice Dalmaïda
48:14on le disait
48:14six panthéonisations
48:15mais plus de personnalités
48:17concernées effectivement
48:18puisque plusieurs couples
48:20sont entrés
48:20en même temps
48:21et c'est encore le cas ce soir
48:22ils ne rentrent pas seuls
48:23Marc Bloch
48:24c'est vrai que là-dessus
48:25on peut dire
48:25il y a eu un accident
48:26dans l'histoire
48:27c'est qu'au début du 20ème siècle
48:28il y a Marcelin Berthelot
48:29qui rentre au Panthéon
48:31mais qui rentre avec sa femme
48:32et pourquoi ?
48:33parce qu'en fait
48:34Marcelin Berthelot
48:35est mort de chagrin
48:36une heure après
48:37le décès de sa femme
48:38et donc à l'époque
48:39ce grand savant
48:40ça avait été quelque chose
48:42de très important
48:43de le récompenser
48:44mais il y avait une telle émotion
48:46autour de sa disparition
48:47qu'on a fait rentrer le couple
48:48et c'était resté
48:49un peu une anomalie
48:50et il faut attendre en fait
48:51les panthéanisations récentes
48:52pour que les femmes
48:54et les hommes
48:54rentrent ensemble
48:56au Panthéon
48:57et c'est ce qui s'est passé
48:58avec Madame Curie
48:58c'est ce qui s'est passé aussi
49:00avec
49:01avec Simone Veil
49:03Antoine Veil
49:03voilà exactement
49:04qui est rentré
49:05avec sa femme
49:06Méliné et Missac Manoukian
49:07où il y avait
49:08alors c'est ça
49:09et là encore
49:10on y arrive
49:11alors il y a une dimension
49:12qui est quand même
49:12très symbolique
49:13c'est qu'en fait
49:13on ne déplace pas les corps
49:15donc c'est ce qui permet
49:16au fond de réunir
49:18et Paul Barcelone
49:18le rappelait tout à l'heure
49:19le corps de Simone Vidal
49:20Simone Bloch
49:21la femme de Marc Bloch
49:22n'a de toute façon
49:23elle n'a pas été retrouvée
49:25c'est une des anomalies
49:27de l'histoire
49:27mais bon
49:30cette entrée symbolique
49:31ensemble
49:32montre aussi
49:33quelque chose
49:33de notre société
49:34c'est à dire que
49:34on voudrait faire rentrer
49:36davantage de femmes
49:37au Panthéon
49:37et c'est vrai que
49:38toute l'histoire
49:39depuis la révolution
49:41depuis 1791
49:42lors de la première
49:43panthéonisation
49:44il y a eu énormément d'hommes
49:45et donc il y a une volonté
49:46de corriger
49:47comme on peut
49:47et puis en même temps
49:49ça montre quand même
49:50quelque chose
49:50dans les milieux enseignants
49:52le couple ça existe
49:53et d'ailleurs
49:54si vous entendez souvent
49:55des vieux professeurs
49:56qui parlent à la retraite
49:56ils font un discours
49:58très souvent
49:59il y a ce long passage
50:00où ils remercient leur femme
50:01pour tout ce qu'elle a fait
50:02pour eux
50:03et en général
50:04c'est pas que des tâches matérielles
50:06c'est souvent
50:07la première collaboratrice
50:08intellectuelle
50:09et c'était le cas
50:09pour Marc Bloch
50:10puisque Simone Vidal
50:11discutait avec lui
50:12c'était son premier
50:14sparring partner
50:14pour discuter
50:16de ses idées
50:16avant son grand compagnon
50:18qu'il faut citer
50:18parce que
50:19si on n'a rien compris
50:20à Bloch
50:20si on ne cite pas
50:21avant Lucien Fèvre
50:22avec lequel ils fondent
50:23il faut expliquer peut-être
50:24Lucien Fèvre
50:25c'est un grand historien
50:26ils se rencontrent
50:27tous les deux
50:27au moment de leur mutation
50:29à Strasbourg
50:30et ils vont créer
50:31cette grande revue
50:32Les Annales
50:32qui devient une école historique
50:34qui est l'école historique française
50:35peut-être la plus connue au monde
50:37et donc ces deux hommes
50:38ont un projet
50:39d'histoire totale
50:41et d'histoire
50:42justement
50:43c'est-à-dire
50:44de ne pas parler que d'histoire
50:45mais aussi d'économie
50:46de sociologie
50:46Exactement
50:46parce que
50:47les marxistes
50:48ont commencé
50:49à poser un débat
50:50sur les structures
50:51économiques et sociales
50:52et eux
50:52ils ne sont pas marxistes
50:53mais ils comprennent
50:55l'utilité
50:55d'introduire
50:56l'histoire économique
50:56et sociale
50:57dans le grand portrait
50:59de ce qui fait
51:00avancer les sociétés
51:01et ce sont
51:02les mentalités
51:03et c'est un des aspects
51:04clés chez Marc Bloch
51:05c'est l'histoire des mentalités
51:06et chez Lucien Fèvre aussi
51:08Et pour compléter
51:09sur sa femme
51:09elle relisait
51:10notamment attentivement
51:11tous ses manuscrits
51:12c'était sa première lectrice
51:15Christophe Jacubizine
51:16on le disait tout à l'heure
51:17sans doute
51:17la dernière panthéonisation
51:19d'Emmanuel Macron
51:20n'est peut-être pas
51:20au bout de nos surprises
51:21Je ne suis pas sûr
51:22en fait
51:22parce qu'il reste quand même
51:23encore presque un an
51:24et ça m'étonnerait
51:25que le président
51:25ne fasse pas plaisir
51:26une nouvelle fois
51:26il y avait certains
51:27qui ont commencé
51:28d'ailleurs à circuler
51:29je ne sais pas
51:29si Fabrice a des informations
51:30vous avez des informations
51:31je peux vous en donner
51:33non mais c'est vrai
51:33qu'on avait parlé
51:34de Gisèle Halimi
51:37lorsqu'on avait questionné
51:38il y avait l'hypothèse
51:39de Léon Blum
51:40il y avait celle
51:41de Pierre Mendès France
51:42également
51:43et de Samuel Paty
51:44c'est aussi
51:45un des noms
51:46qui pourrait
51:46ça va être un débat
51:47de la présidentielle
51:48a priori
51:48parce que certains
51:50sont pour
51:51comme Edouard Philippe
51:52et d'autres moins
51:54voilà
51:54ce sera le mot de la fin
51:55ce soir
51:57avant la cérémonie
51:58Fabrice d'Almeida
51:59vous allez rester
52:00bien sûr
52:00sur France Info
52:01ce soir
52:02pour nous faire viser
52:03cette cérémonie
52:04moi j'avais peut-être
52:04une petite chose
52:04à rajouter
52:05c'est sur les couples
52:07peut-être que là
52:08on parlait de ce que
52:09ça montrait d'Emmanuel Macron
52:10peut-être que ça montre
52:11aussi quelque chose
52:12d'Emmanuel Macron
52:13d'avoir voulu
52:13faire entrer des couples
52:15alors on parlait
52:15des femmes qui accompagnent
52:16leur mari
52:16mais il y a aussi
52:18ce mari qui accompagne
52:19sa femme Simone Veil
52:20qui était la première
52:21panthéonisée
52:22d'Emmanuel Macron
52:23c'est peut-être pas un hasard
52:23et c'est là
52:24qu'il y a eu
52:25en effet
52:26la volonté de aussi
52:29sanctuariser
52:29une belle histoire
52:30d'amour
52:30ce qui a été le cas
52:31entre Simone Veil
52:32et son mari
52:32ça s'est poursuivi
52:34par la suite
52:35donc peut-être
52:35que ça dit aussi
52:36quelque chose
52:37de ça
52:37d'Emmanuel Macron
52:38Veil la plus populaire
52:39des panthéonisés
52:40voilà
52:40on s'arrêtera là
52:41cette fois
52:41moins que quelqu'un
52:42veut rajouter
52:43quelque chose
52:44à nouveau
52:44Christophe Jacques
52:45Kubizine
52:45à la une des échos
52:46demain
52:46c'est une manchette
52:47spéciale dédicace
52:48pour Emilio
52:49puisqu'on rend hommage
52:50à cette grande réforme
52:51des retraites en Allemagne
52:52qui était adoptée
52:52enfin qui en voie
52:53d'être adoptée
52:54par vraiment
52:54l'ensemble des parties
52:55c'est la retraite
52:58par capitalisation
52:58obligatoire pour tous
52:59en complément
53:00de la répartition
53:01et le report
53:02de l'âge de départ
53:03en fonction de la durée de vie
53:04et notamment
53:05la suppression de la retraite
53:06anticipée à 63 ans
53:07mais je ne vais pas le convaincre
53:08ce soir
53:09est-ce que la une de l'UMA
53:10va faire plaisir
53:10à Christophe Jacques
53:11Kubizine
53:11évidemment
53:11j'allais répondre
53:12moi aussi
53:12j'ai été un cadeau
53:13pour Christophe Jacques
53:13Kubizine ce soir
53:14justement sur
53:15ces climato-sceptiques
53:16qui sont les verpés
53:17de la clim
53:17qui peut être
53:18une solution ponctuelle
53:19mais pas
53:19mais pas
53:21mais pas
53:21général
53:21généralisé
53:22généralisable
53:23peut-être
53:24donc voilà
53:25j'imagine que
53:26Christophe Jacques
53:26Kubizine
53:27ouvrira l'humanité
53:27demain matin
53:28voilà l'UMA
53:29les échos
53:29le match
53:30du mardi soir
53:31dans les informés
53:32merci à tous
53:32merci Valérie Régas
53:33Fabrice Dalmey
53:34vous restez bien sûr
53:35sur France Info
53:36on l'a dit
53:36pour suivre cette
53:37panthéonisation
53:39édition spéciale
53:39à suivre tout au long
53:40de la soirée
53:41les informés
53:42reviennent demain matin
53:43à 9h
53:43très bonne soirée à tous
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