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Avec Pierre Gentillet, avocat

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##ACTU_DU_JOUR-2026-06-23##

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News
Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, Perico-Legas, Maud Koffler.
00:08Tandis que la justice affronte l'une de ses plus vives polémiques avec la gestion du cas Jérôme Barrella,
00:13on en parlait tout à l'heure, et la mort de la petite Liana, l'insuffisance et le laxisme semblent
00:17prospérer.
00:18Et ce n'est pas forcément une faute de moyens. On en parle avec l'avocat Pierre Gentillet sur Sud
00:22Radio. Bonjour Maître.
00:24Bonjour.
00:24Bonjour Pierre Gentillet, merci d'être avec nous en direct sur Sud Radio.
00:28Pouvez-nous d'abord nous rappeler les faits, exactement ce qui s'est passé dans cette affaire ?
00:33Alors, effectivement, c'est donc le 11 septembre 2025 à Argenton-sur-Creuse qu'un jeune homme a été sauvagement
00:43agressé.
00:44Donc Argenton-sur-Creuse, c'est dans le centre de la France, une petite commune de 4800 habitants.
00:47Département de l'Indre.
00:48De l'Indre.
00:49Sud du Béry.
00:50Département de l'Indre.
00:50On l'appelle le Béry Sud.
00:51Tout à fait.
00:52Tout à fait.
00:52Absolument.
00:53Dans la vallée de la Creuse.
00:55ville dans laquelle je suis d'ailleurs conseiller municipal d'opposition pour être très précis.
01:00Et donc, dans cette commune, le 11 septembre, un jeune homme de 15 ans a été violemment agressé.
01:06C'est-à-dire qu'il faut vous dire, Argenton-sur-Creuse, c'est vraiment une petite ville typiquement française,
01:12typiquement bérichonne.
01:13C'est une très très belle ville.
01:14On l'appelle, on surnomme la Venise du Béry.
01:16Donc, tout incite à la quiétude.
01:18Seulement, voilà, ce jour-là, un jeune homme a été passé à tabac, frappé, mis au sol, jeté dans la
01:25Creuse.
01:25On lui a volé son téléphone.
01:27On a filmé la scène.
01:28Et après, il a été transporté dans un espace fermé.
01:32Je crois que c'était dans une maison ou un appartement.
01:34Il a été séquestré.
01:35Donc, il a été battu, violenté.
01:37Il en a pris pour 11 jours du TT.
01:39Et finalement, il a réussi à s'échapper.
01:42Et les deux agresseurs ont été formellement identifiés et jugés par le tribunal de Châteauroux.
01:49Et le jugement est tombé il y a peu de temps.
01:52Et effectivement, ce jugement...
01:54Moi, je m'y suis exprimé sur les réseaux sociaux là-dessus, déjà en tant qu'aussier municipal et aussi
01:57en tant que français.
01:58Ce jugement, effectivement, je le trouve, et la famille aussi d'ailleurs, profondément scandaleux.
02:05Il faut savoir que le...
02:06Je ne sais pas si vous voulez que je parle du jugement, mais la condamnation...
02:09D'abord, ce genre de...
02:12On est presque sur du criminel.
02:15C'est passible de quelles sanctions au code pénal ?
02:19Oh, c'est plusieurs...
02:20Alors, vous me posez une colle, mais en tout cas, c'est plusieurs années de prison.
02:24Je crois de mémoire que c'est, selon les faits aggravants, entre 3 et 7 ans de prison.
02:30Les faits ont été constitués, avérés ?
02:32Ah oui, oui, complètement.
02:33Complètement, complètement, complètement.
02:35Oui, absolument, absolument.
02:36Comment on explique ce jugement ?
02:40Alors, même s'il peut y avoir à un moment donné une forme de laxisme, ce qu'on dénonce depuis
02:43si longtemps,
02:44et une considération que les victimes, souvent, là, j'allais dire, c'est non négociable.
02:49C'est non négociable.
02:50J'ai pris des éléments qui sont sortis dans la presse à propos de ce jugement et sur la motivation.
02:57Selon l'avocat des deux délinquants, ici, puisque ce sont des délinquants, maintenant, en tout cas, jusqu'à ce qu
03:05'il y a quand même un appel de la décision,
03:07la justice a, semble-t-il, considéré la personnalité.
03:11Vous savez qu'en France, en droit pénal, c'est ce qu'on appelle le principe de personnalisation de la
03:15peine.
03:15Et donc, on a considéré, finalement, que ces gens-là avaient gagné en maturité.
03:20C'est ce qui a été dit, notamment par l'avocat, des deux adolescents qui étaient condamnés,
03:26et qu'il y avait peu de chances de récidive.
03:29Et, en fait, vous voyez, finalement, tout ça a contribué à un jugement qui est purement scandaleux,
03:35et qui rend flou de désespoir à la famille, et puis aussi toutes les personnes qui s'interrogent sur la
03:40justice en France.
03:42Les magistrats de Châteauroux ne sont pas connus, en particulier, il y a eu d'autres affaires.
03:46Ce n'est pas un tribunal qui est connu pour une gauchisation de ces jugements.
03:51Je n'ai pas d'informations de ce type-là.
03:53Non, non, non, je ne veux pas entrer là-dedans.
03:55Mais vous savez, je pense que ce n'est pas propre à Châteauroux, ce qui se passe.
03:57C'est vraiment propre, malheureusement, et à Argenton, même si c'est Châteauroux qui juge,
04:01c'est propre, malheureusement, à toute la France.
04:03C'est-à-dire qu'on enferme de moins en moins, parce qu'on a un taux de détention, un
04:06taux d'incarcération qui est, je crois, super, à 125%, 127%.
04:12Bien sûr.
04:12C'est tout à fait considérable.
04:14Et puis aussi, il y a quand même une idéologie, malheureusement, qui infuse beaucoup dans les magistrats,
04:19et qui tend à considérer que ce qui compte, ce n'est pas de punir, c'est de réhabiliter.
04:25Vous voyez ?
04:25Et de ce point de vue-là, certains magistrats considèrent que la prison, c'est le facteur criminogène.
04:30Ce qui est complètement aberrant, puisque ça signifierait qu'à la fin, si on pousse jusqu'au bout du bout,
04:34souvenez-vous que c'est Christiane Taubira qui poussait cette idée-là, il faudrait finalement supprimer la prison.
04:41Donc finalement, pour citer quand même un peu la peine, parce que je pense que là, j'ai quand même
04:44beaucoup avancé sur le tout le teasing,
04:46mais il faut quand même dire qu'à la fin des fins, après tout ce qu'ils ont fait,
04:51après avoir, je le rappelle, battu, violenté, séquestré un adolescent, humilié, filmé, jeté dans la creuse,
04:57donc la rivière qui passe à Argenton, ils ont été condamnés il y a quelques jours,
05:01à cinq mois de prison, intégralement assortis du sursis.
05:05Vous rendez compte l'image ? Le message que l'on envoie à d'hypothétiques délinquants, criminels ou agresseurs,
05:12on leur dit, la justice française, pour avoir commis un tel acte, qui est quand même gravissime,
05:17parce qu'à un moment donné, ça aurait pu être beaucoup plus, j'allais dire, beaucoup plus tragique,
05:21je ne dirais pas que la vie était en cause, mais bon, ça aurait pu mal tourner,
05:26et bien pour avoir commis ce genre de crime, vous vous en tirez avec cinq mois, avec sursis,
05:31mais l'image est catastrophique, le message est terrifiant.
05:36Mais bien sûr, et vous savez, en plus, je peux vous aussi vous parler un peu des coulisses,
05:40parce que moi, il se trouve que j'ai rencontré des membres de la famille de ce jeune homme,
05:45je me souviens notamment du grand-père, parce qu'il se trouve qu'à ce moment-là,
05:48effectivement, il y avait une campagne municipale à Argenton, et que j'avais avancé cette thématique de l'insécurité,
05:53et il me racontait que son fils était traumatisé, à tel point qu'il ne sortait plus de chez lui.
06:00Donc vous avez d'un côté des gens qui vont pouvoir sortir les mains dans les poches,
06:04avec cinq mois de prison, avec sursis, c'est-à-dire, traduisons, pas de prison,
06:09et de l'autre côté, un gamin qui est traumatisé, mais traumatisé.
06:14Évidemment, les condamnés étaient connus, comme on dit,
06:18des services de police ou de la justice, ou pas à votre connaissance ?
06:20Pas à ma connaissance, pas à ma connaissance, non, pas à ma connaissance.
06:23Donc souvent, quand c'est la première fois, il y a généralement une mesure d'indulgence, quand c'est la
06:27première fois.
06:28Il y a une autre raison, il y a une autre raison à cela, c'est que les deux étaient
06:31mineurs,
06:32je crois qu'ils avaient entre 16 et 18 ans, mais enfin, ils encouraient des vraies peines de prison,
06:36c'est-à-dire qu'aujourd'hui, la difficulté, si vous voulez, se pose au niveau du tribunal des enfants,
06:42c'est-à-dire que dès l'instant que l'on juge des mineurs, vous savez qu'en France,
06:44le droit pénal des mineurs est un droit à part, qui est régi par une ordonnance,
06:48qu'on appelle l'ordonnance de 1945 relative à la justice pénale des mineurs.
06:54Le principe, malheureusement, c'est que l'on enferme quasiment jamais des mineurs.
07:02Alors que, je pense qu'il faut dire les choses, les mineurs de 1945 n'ont plus rien à voir
07:08avec les mineurs d'aujourd'hui.
07:10C'est évident que le niveau de violence, le niveau de sauvagerie infuse de plus en plus et de plus
07:16en plus jeunes.
07:17Donc si on ne condamne pas même, si vous voulez, ne serait-ce que, je vais parler à la place
07:21de la famille,
07:22parce que je ne suis pas leur avocat, mais ne serait-ce qu'à même cinq mois de prison,
07:25mais ferme, avec, ça c'est prouvé, des courtes peines,
07:29eh bien, elles permettent d'enclencher un effet dissuasif.
07:32Parce que, imaginez-vous, ces gens sont sortis, les mains dans les poches sans condamnation,
07:39alors qu'ils ont littéralement traumatisé et violenté un enfant qui en a eu pour quand même douze jours d
07:44'ITT.
07:44Pierre Gentilier, un autre tribunal, aurait pu tout à fait appliquer une sanction beaucoup plus grave,
07:49y compris, est-ce que c'était possible de prison ferme, vu la gravité ?
07:53Bien sûr, bien sûr, absolument, absolument que c'était possible de prison ferme.
07:56Ils encouraient plusieurs années de prison ferme, et d'ailleurs, dans les propos qui ont été relatés par la presse,
08:02ils étaient soulagés parce qu'ils craignaient, les délinquants condamnés ici à du sursis,
08:09ils craignaient la prison ferme.
08:11Donc c'est vous dire le message qu'on leur envoie, ces gens-là.
08:14Est-ce que la famille et la victime ont fait appel à votre connaissance ?
08:18Alors oui, bien sûr, ils ont fait appel, et ils ont déclaré effectivement qu'ils étaient très en colère,
08:24et qu'ils ne comprenaient pas, évidemment.
08:27Pour eux, c'est totalement un manque de respect, et c'est honteux.
08:33La cour d'appel concernée, c'est celle d'Orléans, me semble-t-il.
08:36Quels seront les délais de procédure ?
08:39Oh, alors ça c'est une bonne question, mais je pense qu'à mon avis, on n'aura pas de
08:42réponse avant au moins un an.
08:44Oui, d'accord.
08:45Au moins un an.
08:47Pour autant, on voit bien Pierre Gentillet, les images du lendemain de Marche PSG à Paris,
08:52montrent que la jeunesse n'empêche pas la violence,
08:56et que des actes d'une extrême violence, qu'on impute souvent à des majeurs,
09:01sont aujourd'hui commis par des enfants qui commencent à 13, 14 ou 15 ans.
09:05On voit cette personne qui a été assassinée dans le Sud-Est,
09:09a été agressée par un enfant de 15 ans, me semble-t-il.
09:11Mais, vous savez, je pense qu'il va falloir m'en poser la question de la réforme de l'ordonnance
09:18des mineurs,
09:19du statut des mineurs et de la majorité pénale.
09:23Moi, personnellement, je suis favorable à ce que la majorité pénale ne soit plus à 18 ans, mais à 16
09:29ans,
09:29pour faire en sorte qu'un mineur, sur le plan civil de 16 ans et demi, soit majeur sur le
09:35plan pénal.
09:38Ce qui signifie qu'il ne serait pas jugé par un tribunal pour enfants qui, je vous le dis,
09:42ne condamne quasiment jamais, et en tout cas jamais, c'est le principe, à de la prison pour une première
09:47condamnation.
09:48Donc, je suis partisan de ce que les mineurs soient désormais jugés pleinement, pénalement,
09:57sans excuse de minorité, bien évidemment, dès l'âge de 16 ans.
10:01Je pense qu'il faut qu'on en arrive à ce sujet politique, si on veut que les choses avancent,
10:05parce que sinon, tout ça est une boucle temporelle, on va encore revivre le même drame.
10:09Là, on parle d'Argenton, parce qu'aujourd'hui, c'est Argenton,
10:11mais demain, ce sera Poitiers, après-demain, parce que c'est tous les jours, en réalité.
10:15C'est tous les jours, parce que là, c'est la presse qui en parle.
10:18Donc, quand ce sujet ne sera posé politiquement, il y a une élection présidentielle,
10:21j'espère que ce sujet arrivera dans les débats, dans les rédactions, et enfin, au Parlement.
10:26Il est vrai qu'Argenton-sur-Creuse n'est pas une ville qui inspire l'inquiétude,
10:31on disait au sud du Bélire, entre la Brène, pas loin de Gargillet,
10:36cette vallée de la Creuse, si chère à Georges-de-Centre, c'est un pays...
10:38C'est la France profonde, réelle, apaisée.
10:41Voilà, c'est le Val-de-Loire.
10:43Et pourtant, l'insécurité galope là-bas.
10:46Et pourtant, l'insécurité galope là-bas.
10:48Vous savez, il y a ce fait-là, mais j'avais aussi, notamment pendant la campagne,
10:52alerté sur l'explosion, sur l'explosion depuis un peu moins d'une dizaine d'années,
10:57des faits de violence.
10:58Je ne parle pas des cambriolages, je parle des atteintes aux personnes,
11:01je parle aussi des viols.
11:03Donc, l'image idyllique de cette France paisible, cette France refuge,
11:08que les Français ont redécouvert pour partie, sans doute, au moment du Covid,
11:12je pense qu'il faut qu'on fasse attention, parce qu'elle est en train de s'étioler très sérieusement.
11:16L'icône est en train de rayer.
11:18Mais on vous sait vigilants sur le sujet, Pierre Gentouillet.
11:22Et on aura évidemment l'occasion d'en reparler avec vous sur Sud Radio.
11:24Merci d'avoir été en direct, nous avons témoigné.
11:26Merci à vous, merci pour votre invitation.
11:27Vous restez avec nous, car nous allons parler d'Afrique.
11:30Nous allons parler de France-Afrique, qui était à un moment donné,
11:34les relations entre la France et l'Afrique, qui étaient un élément important de la République,
11:37des relations internationales et de la puissance de la France.
11:39Aujourd'hui, cette relation, c'est d'élite.
11:41Et je reçois le colonel Père du Jong, co-auteur avec Frédéric Lejean d'année,
11:45qui s'appelle Out of Africa.
11:47Le jeu de mots est évident avec le film, effectivement, nous dégageons de l'Afrique.
11:50Les coniques du divorce franco-africain, vous restez avec nous.
11:52Vous nous appelez au 0826-300-300.
11:55Zacharias attend votre appel.
11:56Vous pourrez discuter avec le colonel Père du Jong, donner votre avis sur, voilà,
11:59est-ce que la France doit retrouver sa place en Afrique,
12:02ou est-ce que c'est définitivement perdu ?
12:04Et nous n'aurions plus la zone d'influence qui fut si importante pour les relations internationales.
12:100826-300-300, à tout de suite sur Sud Radio.
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