- il y a 7 heures
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Avec Maître Christine Cerrada, avocate en protection de l'enfance
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NewsTranscription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, Péricault-Légas, Maud Coffleur.
00:07C'est à la fois le grand tabou et le triste feuilleton de ces derniers mois.
00:11Le périscolaire fait face à ses propres défaillances en matière de recrutement et de vigilance.
00:15Les affaires de violences sexuelles sont nombreuses, les solutions le sont moins.
00:19Et dans ce raffût médiatique, la voix des parents et des enfants eux-mêmes peine à se faire entendre.
00:23Nous recevons Maître Christine Serrada, avocate en protection de l'enfance, pour en parler et pour alerter.
00:28Bonjour Maître.
00:29Bonjour.
00:29Bonjour Maître, merci d'être à l'antenne de Sud Radio en direct avec nous pour parler de ce sujet
00:33à la fois épineux et douloureux.
00:35A l'heure à l'heure où le maire de Paris, Emmanuel Gréloir, il semble s'activer, il a dit
00:39que c'était le sujet durant la campagne,
00:41y compris puisqu'il était interpellé par Mme Rachida Dati, et arrivé en prenant ses fonctions, il dit ça, ça
00:46va priorité absolue.
00:48Deux aspects du problème, déjà, rappelez-nous comment on a pu en arriver là, c'est quand même gigantesque dans
00:53un pays comme la France.
00:55Deuxièmement, est-ce que les déclarations qui sont faites par les responsables politiques, et en l'occurrence le maire de
01:00Paris,
01:00est-ce qu'elles sont suivies d'effets très concrets et très efficaces ?
01:05Alors comment on a pu en arriver là, c'est un petit peu compliqué à dire, en tout cas, il
01:09est certain qu'on a voulu changer un petit peu le rythme scolaire,
01:13on a voulu que le périscolaire ait beaucoup de place dans les écoles françaises, à partir de là, il a
01:18fallu faire des embauches très importantes,
01:20sur Paris, quand on est passé à 4 jours et demi de temps scolaire, et bien il y avait plus
01:25de périscolaire,
01:26il fallait donc faire une embauche peut-être un petit peu précipitée, et on a baissé effectivement les seuils de
01:31demande pour que des animateurs soient pris en masse dans les écoles,
01:35et on est arrivé véritablement à embaucher peut-être un petit peu n'importe qui, puisque le prérequis est simplement
01:41un BAFA,
01:42c'est-à-dire un brevet très simple à obtenir, qui prend quelques jours en réalité, et cette main-d
01:47'oeuvre finalement précaire,
01:49qui est un turnover énorme, c'est un point d'entrée effectivement un petit peu de n'importe qui dans
01:54l'enceinte scolaire.
01:55Ça ne concerne que le primaire, on est bien d'accord ?
01:57Oui, ça concerne maternelle et élémentaire, donc quand même des enfants de 3 à 11 ans, et puis surtout énormément
02:02d'enfants,
02:03puisque c'est à peu près 100 000 enfants dans le public, qui ont affaire au périscolaire, qui n'est
02:08pas obligatoire,
02:09mais qui est finalement un recours que font massivement les parents qui travaillent, donc la plupart des enfants, 90%, ont
02:15accès au périscolaire, et ils passent du temps.
02:18Et c'est un dispositif qui relève exclusivement des municipalités ?
02:21Absolument, c'est un dispositif qui est géré par la ville, à travers le Dasco,
02:25qui est la direction des affaires scolaires.
02:27Puisque l'on sait que les 3 niveaux scolaires en France sont dirigés, le primaire par les municipalités,
02:32on le sait pour les cantines scolaires, les collèges par le département, et les lycées par la région.
02:36Donc là, l'autorité municipale, j'allais dire, elle fait un appel d'offre,
02:40elle ouvre l'engagement pour les périscolaires,
02:42et vous dites qu'il y a juste un petit examen au moment de passage,
02:45mais c'est quand même la porte ouverte à des gens qui, se sachant prédateurs,
02:49se disent mais quelle aubaine de pouvoir approcher des enfants.
02:52Tout à fait, puisque le prérequis est un BAFA, donc quelque chose qu'on a très très facilement,
02:56et encore, il n'est pas obligatoire.
02:58Il y a un entretien, avec des questions tout à fait attendues,
03:01auxquelles ces gens-là savent parfaitement répondre,
03:03et ensuite, il y a une petite mise en situation d'un jour ou deux,
03:06un petit stage ou de rien du tout.
03:08Il est certain que les pédocriminels, eux, ils sont au contact des enfants, c'est évident,
03:12et ils recherchent les secteurs dans lesquels le niveau de surveillance va être très très faible,
03:17et véritablement, le périscolaire offre toutes ces possibilités.
03:19Ils savent cacher leur jeu ou non, quand ils viennent ?
03:22Ils ne savent montrer pas de blanche, si je peux permettre l'expression ?
03:25Oui, de toutes les manières, ils savent le faire.
03:26C'est en ça, justement, que j'ai été un petit peu étonnée par la phrase du maire,
03:29qui disait qu'un pédocriminel ne l'est que lorsqu'il passe à l'acte,
03:33ce qui voudrait relever d'un fatalisme total,
03:36parce qu'au contraire, c'est une façon de déresponsabiliser complètement l'État et la ville,
03:41que de dire qu'il ne l'est que lorsqu'il passe à l'acte,
03:43alors qu'au contraire, il faut mettre l'action sur la prévention et sur les signaux faibles,
03:48sur les comportements à risque,
03:50avant de dire qu'il n'était pas le jour d'avant.
03:52Ça, c'est vraiment une phrase qui montre qu'on comprend mal la criminalité et le profil de ce type
03:58de prédateur.
03:58Vous imaginez un ministre de l'Intérieur qui dirait
04:00qu'on était au risque à partir du moment où on passe à l'acte,
04:03donc qu'on ne fait pas de prévention, qu'on ne cherche pas à le prévenir ?
04:05Oui, je crois que ça a été une phrase, une tautologie un petit peu imprudente,
04:09mais qui ne veut pas dire grand-chose, il faut surtout pacifier.
04:11On nous annonce en permanence qu'on a déjoué un certain nombre d'attentats chaque année,
04:14mais dans la pédocrinialité, tant qu'il n'est pas passé à l'acte, il n'est pas soupçonnable, c
04:18'est hallucinant.
04:19Conclusion, Emmanuel Grégoire dit qu'il va prendre le taureau par les cornes.
04:22Vous êtes dubitative ou vous lui accordez une certaine confiance ?
04:26Je pense qu'il est tout à fait obligé,
04:28parce que l'école paraissait un sanctuaire jusqu'à il y a assez peu de temps.
04:33Les parents comptent sur les mesures qui vont être prises,
04:37et je pense que certaines mesures sont très très simples.
04:40Par exemple, élever le niveau de qualification de manière à professionnaliser ce secteur,
04:46que ce ne soient pas des personnels qui ne sont pas des vrais professionnels,
04:50puisque 70% des animateurs sont, comme je l'ai dit, des vacataires,
04:53qui ont donc juste un simple bafat ou même pas,
04:55donc on ne peut pas considérer que ce soit des professionnels.
04:58Donc élever ce niveau-là et faire un contrôle évidemment continu,
05:01savoir écouter également la parole des parents,
05:04parce que je pense que les parents se sont véritablement confrontés à une véritable omerta,
05:09mais ça ce n'est pas non plus tellement étonnant,
05:11parce que dans d'autres secteurs de la protection de l'enfance,
05:14les parents restent souvent assez peu écoutés,
05:17et évidemment savoir recueillir la parole des enfants,
05:20sachant que les enfants ne vont pas non plus parler en temps réel.
05:23Donc ces propositions devraient être accompagnées aussi de mesures de bon sens.
05:27On voit des écoles, par exemple, aux Pays-Bas,
05:29où tout est transparent, les endroits où on se lave les mains, etc.,
05:32à part les toilettes.
05:34Or, en France, effectivement,
05:35vous savez que des animateurs ont la charge d'amener des enfants tout petits aux toilettes,
05:39ce qui est un lieu de passage à l'acte assez fréquent.
05:42Je pense qu'il y aurait des mesures comme ça qui ne seraient pas très très compliquées.
05:46Et puis enfin, en tant qu'avocat,
05:47je ne peux pas m'empêcher de dire que les parents doivent attaquer la ville de Paris.
05:51Ils ne doivent pas hésiter,
05:52parce qu'il y a vraiment une non-dénonciation de ces maltraitants.
05:54Ah oui, vous engagez les familles à prendre une position,
05:57à faire une démarche officielle.
05:58Je pense que c'est ça qui va donner quelque chose,
06:02que ça ne reste pas impuni,
06:04que ça ne reste pas des non-lieux.
06:06On peut toujours faire quelque chose quand il y a un non-lieu.
06:08Il faut vraiment faire quelque chose sur le plan civil ou pénal.
06:11Je le conseille aux parents.
06:12On a déjà remarqué qu'il n'y a que ce type de procédure
06:15qui fait changer les choses.
06:17Et puis il faudrait évidemment une justice à la hauteur,
06:20c'est-à-dire pas ce laxisme qu'on constate malheureusement
06:23sur tout ce qui est les crimes et les délits contre les enfants.
06:27Il faudrait vraiment taper fort.
06:29Je pense que ça, ça pourrait être quelque chose qui aiderait énormément.
06:33Maître Serrada, est-ce que vous considérez
06:35que nous sommes dans le cas de figure très précis
06:37où s'il n'y avait pas une médiatisation assez forte,
06:39si les médias ne s'emparaient pas de cette information,
06:42on n'en saurait pas autant
06:43et surtout l'évolution du dossier ne serait pas aussi rapide ?
06:47Oui, je suis absolument persuadée
06:48que quand les médias mettent le nez là-dedans,
06:51ça arrive en plein jour
06:52et que sinon, effectivement, c'est traité en interne,
06:55c'est traité de façon hiérarchique et encore,
06:57les signalements ne sont pas faits,
06:59les parents ne sont pas informés.
07:00Il y a une omerta en plus spécifique à ce processus.
07:04Il faut que les médias s'emmêlent de la même manière
07:06que quand dans les foyers on a vu qu'un enfant pouvait se faire tondre
07:09et qu'il y a eu une vidéo,
07:11les médias s'en sont mêlés,
07:13des juges des enfants ont réagi
07:14et il se passe des choses.
07:15C'est quand même terrible d'être dans un pays dans lequel,
07:17si quelque chose n'est pas médiatisé,
07:19il n'existe pas.
07:20On en est vraiment à ça.
07:21On aura beau critiquer les médias,
07:22s'ils ne sont pas là,
07:23je pense que la démocratie est directement atteinte
07:26et la protection des vulnérables.
07:27Si des solutions efficaces n'aboutissaient pas,
07:30est-ce que vous pensez que c'est le principe même du périscolaire
07:33qui pourrait être mis en cause ou un peu bousculé ?
07:35Je pense que le périscolaire,
07:37on n'a pas vraiment le choix,
07:38mais on a tout à fait le choix d'engager de vrais professionnels,
07:41de mettre des diplômes d'État qui veulent vraiment dire quelque chose
07:45et il y a des brevets d'État qui sont véritablement professionnalisants
07:49et avec une certaine éthique à la base,
07:51tandis que là, le BAFA,
07:52non, le BAFA,
07:53il n'est pas possible d'engager des gens qui n'ont qu'un BAFA
07:57ou même pas un BAFA.
07:58Quand on regarde comment obtenir un BAFA en quelques heures,
08:01comment est-il possible de confier nos enfants
08:04à des gens qui ont fait des examens,
08:06qui se passent en quelques heures,
08:07dans lesquels les prérequis sont absolument ridicules ?
08:10Comment les parents peuvent faire confiance ?
08:11Sachant que les parents, eux,
08:13ils s'arrêtent à la grille des écoles,
08:14ils n'ont pas le droit d'aller plus avant,
08:16ils confient leur enfant finalement à l'inconnu.
08:18Vous imaginez la réaction des parents
08:20qui avaient une confiance aveugle dans l'institution scolaire
08:23et qui se retrouvent à voir que vraiment,
08:25n'importe qui peut accéder au périscolaire.
08:28Or, le périscolaire,
08:29c'est énormément d'heures d'enfants
08:31qui passent,
08:32c'est quelquefois même égal au temps scolaire,
08:34dans les écoles.
08:35Donc, cette mise en danger,
08:36elle existera tant qu'on aura des seuils de recrutement
08:39qui sont ce qu'ils sont.
08:40Maître Serrada,
08:41est-ce que vous considérez qu'à un moment donné,
08:43peut-être que c'est l'État qui devrait intervenir
08:44et que cette sélection des animateurs du périscolaire
08:48ne soit plus confiée aux collectivités locales,
08:50mais à une autorité de l'État,
08:51le ministère de l'Éducation nationale ?
08:53Est-ce qu'on pourrait en arriver là,
08:55à un moment donné ?
08:55On pourrait en arriver là,
08:56mais je pense que ce qui serait plus simple,
08:57c'est que la ville demande un diplôme d'État.
08:59S'il demande un diplôme d'État,
09:01à mon avis,
09:01il y a une grande partie des problèmes
09:02qui peuvent disparaître.
09:04Et je pense aussi qu'après,
09:06il y a un protocole,
09:07entre guillemets,
09:08peut-être à l'américaine à appliquer,
09:09ou comme aux Pays-Bas,
09:10comme je le disais,
09:11c'est-à-dire pas un éducateur
09:13qui est seul avec des enfants,
09:14pas des lieux qui sont vraiment fermés,
09:17et s'observer peut-être un peu les uns les autres,
09:19parce que dans ces dossiers,
09:20les parents ont quand même constaté
09:23que lorsque quelque chose s'était passé,
09:25un éducateur avait été signalé en interne
09:27par des collègues
09:28qui lui trouvaient des gestes bizarres,
09:30une attitude bizarre.
09:31Et tout ça, ça ne se savait pas,
09:32c'était géré en interne.
09:33Il y a même des affaires
09:34dans lesquelles c'était sous enquête
09:36depuis un an et demi,
09:37et les parents ne le savaient pas,
09:38continuent à confier leurs enfants.
09:40C'est absolument insupportable.
09:41Merci Maître pour cet avis,
09:43ce coup de gueule,
09:43qui à mon avis participera
09:44à l'évolution de ce dossier,
09:46et nous gardons contact
09:47parce que nous aurons besoin
09:48de savoir évidemment
09:49si ce malaise scolaire perdure
09:53ou si on a pris les dispositions
09:55nécessaires et courageuses
09:56qu'il faut telle que vous le suggérez.
09:57Merci d'avoir été à l'antenne de suite.
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