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  • il y a 4 mois
Ce vendredi 19 juin, la source de l'incroyable capacité d'adaptation des marchés actions face au conflit en Iran a été abordée par François Monnier, directeur de la rédaction d'Investir, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Bonjour François, directeur de la rédaction d'Investir.
00:04Avec vous, on va revenir un petit peu sur la réaction des marchés ces derniers jours.
00:08Tout va bien, le pétrole est sous les 80 dollars, l'Eurostock 50 est sur un record historique.
00:12Je vous voyez, mine de rien, depuis le début de l'année, on est à plus 9.
00:14L'Eurostock n'a pas à rougir face au S&P 500, qui est à plus 10,5%.
00:21Comment vous regardez un petit peu ce qui se passe ?
00:24Les marchés, depuis des semaines, se disent « non, mais le conflit, il va bien réussir à s'apaiser ».
00:29Aujourd'hui, dit Devons, « non, mais finalement, je ne vais plus en Suisse ».
00:32Bon, le pétrole ne bouge pas, les marchés actions progressent.
00:34Bref, le scénario optimiste demeure encore et toujours.
00:37Absolument, on a la confirmation d'abord que les marchés sont capables de progresser,
00:41même pendant une période de conflit, pendant une guerre.
00:44Ça, on a une multitude de statistiques qui ont montré que le marché actions
00:48a une capacité d'adaptation remarquable, exceptionnelle.
00:52On a eu des records à Wall Street.
00:53Et quand on regarde même en Europe, depuis le conflit,
00:57on a eu quand même un marché qui a progressé.
00:59Le stock Europe 600 a progressé de 1%.
01:02Si vous rajoutez les dividendes, on est à près de 3%.
01:04Donc, le marché tient bien.
01:06Les histoires, les grandes tendances persistent, voire même accélèrent.
01:13La plus grande tendance, bien sûr, c'est sur les semi-conducteurs.
01:16Et l'IPO de SpaceX et les prochaines IPOs,
01:20introduction en bourse de Tchad GPT avec OpenAI, avec Cloud et Anthropik,
01:26ça milite pour toujours injecter de l'argent dans la fabrication
01:30de toutes les infrastructures liées à l'intelligence artificielle.
01:33Et donc, ça va bénéficier au secteur des semi-conducteurs.
01:35Donc, les scénarios qui prévalaient avant le conflit
01:41ont même été renforcés depuis.
01:44Donc, toujours un engouement très, très fort sur la tech.
01:47Et c'est la tech, finalement, qui fait monter le marché.
01:50Donc, ça, c'est un mouvement extrêmement puissant
01:53qui se vérifie parce que les publications des résultats
01:56ont montré que cette croissance des acteurs des semi-conducteurs
01:59était extrêmement rentable.
02:01Et ces acteurs des semi-conducteurs sont capables aussi
02:03de continuer à racheter les actions.
02:05Nvidia va racheter près de 80 milliards de dollars d'actions.
02:09Donc, bien sûr, ça milite toujours pour un engouement extrêmement puissant.
02:12Donc, finalement, les grands courants sont toujours là.
02:16Il faut quand même surveiller un petit peu le comportement de l'énergie
02:19parce que, vous l'avez rappelé, les cours du pétrole ont fortement reflué.
02:24Elles ne sont maintenant plus vraiment très, très loin
02:26des cours qu'on ne pouvait observer avant la guerre.
02:2910 dollars. On n'est qu'à plus de 10 dollars.
02:30Voilà. Donc, ça allait plutôt très, très vite.
02:34On voit que les compagnies pétrolières, elles, en revanche,
02:37n'ont pas encore entamé leur reflux.
02:39Donc là, en termes d'allocation de portefeuille,
02:43autant, nous, chez Investir, on est extrêmement confiants
02:46et on a même plutôt envie de continuer à surpondérer,
02:50à renforcer le secteur des semi-conducteurs.
02:52Autant sur l'énergie, il faut plutôt sous-pondérer.
02:56En tout cas, il n'est pas trop tard pour prendre ses bénéfices
02:58parce que, finalement, un cours d'une compagnie pétrolière,
03:01ce n'est que le reflet des cours du pétrole.
03:04Avec, parfois, un temps de latence, où on anticipe,
03:07où on a un temps de retard.
03:09Mais là, ce qu'on peut voir, c'est qu'il y a véritablement
03:11un temps de retard de la part du secteur de l'énergie.
03:15Et donc, ce secteur à l'énergie devrait,
03:17si les cours du pétrole restent à ces niveaux-là,
03:19voire même si elles continuent de baisser.
03:22Parce que, nous, notre scénario, c'est que les cours du pétrole
03:24vont continuer encore de baisser
03:25et que, d'ici la fin d'année, il est possible
03:27qu'on ait même des cours inférieurs aux cours
03:29que l'on pouvait observer avant le début du conflit.
03:32parce qu'on est sur une production qui est massive.
03:36Et donc, il faut plutôt être extrêmement prudent
03:38sur l'égard de l'énergie.
03:41Donc, finalement, on a des convictions
03:43qui restent imperturbables.
03:45Le reflux des cours du pétrole valide aussi
03:48le fait que le marché a encore de la puissance pour monter
03:51parce que ça retarde la hausse des taux de la Fed.
03:54Ça a mis dans une position extrêmement confortable
03:57le nouveau patron de la Fed
04:00parce que s'il n'y avait pas eu cet accord,
04:04s'il n'y avait pas eu ce repli assez spectaculaire
04:07des cours du pétrole,
04:08peut-être qu'il aurait été contraint
04:10pour assurer une crédibilité et augmenter ses taux
04:12comme l'a fait par erreur la Banque Centrale Européenne.
04:16Et donc là, finalement, on sait qu'on n'aura pas de hausse de taux non plus
04:19en juillet et ça renvoie en septembre.
04:22Mais en septembre, d'ici là, il va se passer probablement très longtemps.
04:24Est-ce que c'est l'heure de la rotation sectorielle
04:25où cette rotation sectorielle a déjà eu lieu ?
04:28Vous parliez de secteur énergétique.
04:30Typiquement, Total a déjà perdu 10-12 %
04:33depuis son plus haut du printemps dernier.
04:36On voit le secteur du tourisme,
04:37les Marriott, les Accor, les Hilton
04:39qui ont déjà repris 10-15 %.
04:41Donc, c'est vrai qu'en fait, cet accord,
04:43il a déjà été en partie joué par la Bourse.
04:46Oui, en partie, mais pas totalement.
04:48Il y aura probablement...
04:50Parce que ce qu'on voit, c'est que, comme vous dites,
04:52l'accord a généré une rotation.
04:54Mais finalement, il y a eu très peu d'impact sur les taux longs.
04:58Sur les taux...
04:59Quand on regarde les taux des États à 10 ans, à 15 ans, à 20 ans, le 30 ans,
05:03on est toujours sur des taux qui restent quand même assez robustes.
05:07Parce que là aussi, on ne change pas de scénario.
05:10On pense quand même qu'on est sur une tendance plutôt inflationniste.
05:14On a énormément de besoins dans l'intelligence artificielle.
05:17On vient d'en parler.
05:18On a énormément de besoins dans l'électrification.
05:21On a énormément de besoins d'adaptation au dérèglement climatique.
05:25Donc, finalement, on a des montants et des montagnes d'investissements
05:28qui sont juste impressionnantes, extrêmement même, qui peuvent faire peur.
05:34Et puis, on a toujours aussi des montagnes de déficit et de dettes de la part des États.
05:38Donc, quand vous êtes prêteur, vous voulez une garantie.
05:42Et puis, surtout, vous avez le choix de savoir à qui vous avez prêté.
05:45Et donc, finalement, vous réclamez des taux de rendement, des taux d'intérêt extrêmement élevés.
05:49Donc, cette tendance de fond de dire que, quel que soit le contexte,
05:53on va avoir des taux quand même qui sont extrêmement robustes à long terme,
05:56ça milite là aussi pour une rotation sectorielle en défaveur des utilities.
06:00Parce que les utilities, leur valorisation dépend des taux longs.
06:05Et donc, finalement, les utilities, ce qu'on appelle les producteurs d'électricité, par exemple,
06:09eh bien, eux, devraient quand même souffrir de ce contexte.
06:13Donc, la rotation devrait être en défaveur des pétrolières, de l'énergie,
06:17en défaveur des utilities.
06:20Donc, là, ce sont les deux secteurs qui devraient, je pense, souffrir dans les semaines et les mois à venir.
06:26Donc, nous, chez Investir, on conseille plutôt de s'alléger, de prendre ses bénéfices sur tout ce qui est utilities
06:31et, bien sûr, sur l'énergie qui, pour le coup, a fortement monté
06:34et qui devrait plutôt fortement baisser dans les semaines à venir.
06:37Et quelle poche vous renforcez en dehors de la poche ?
06:40On l'a compris, il y a toutes les valeurs, notamment...
06:42Là, il faut marcher sur deux pieds, sur deux jambes.
06:48On a, bien sûr, les semi-conducteurs.
06:49Vous savez, il y a les multiples de valorisation qui sont extrêmement élevés.
06:52On parle de 40, 50 fois sur des ASML.
06:55Mais on trouve toujours des belles opportunités.
06:58Micron Technologies, c'est des PER de 18 fois.
07:00Donc, là, on est vraiment sur encore des vraies opportunités d'achat.
07:04Et puis, à l'opposé, vous avez le secteur de la banque qui...
07:09Qui s'est repris, là, dernièrement.
07:10Qui s'est repris, mais on a toujours des niveaux de valorisation extrêmement faibles
07:13avec des rendements extrêmement forts.
07:15Donc, c'est ces acteurs qui sont capables de distribuer des dividendes sympathiques.
07:19Il y a un petit peu de consolidation en Europe.
07:21Donc, ça ne fait pas de mal à ce secteur-là.
07:23Donc, en Europe, on renforce sur la partie banque, donc l'approche value.
07:29Et puis, la croissance, les semi-conducteurs.
07:31Et c'est vrai que quand on regarde ces thématiques croissance,
07:35c'est vraiment les semi-conducteurs qui captent toute la croissance.
07:37Parce qu'aucun secteur n'est capable de les suivre en ce moment.
07:42Donc, on a vraiment ce besoin de renforcer semi-conducteurs et banques dans le contexte actuel.
07:47et de réduire sur tout ce qui est énergie utilitise.
07:50L'exemple, c'est BNP Paribas, qui est depuis cette semaine sur un record historique.
07:55Le titre est au-delà des 101 euros.
07:57Merci beaucoup.
07:58François Monnier nous a accompagné ce matin, directeur de la rédaction d'Investir,
08:01pour débréifier un petit peu cette semaine qui, une nouvelle fois,
08:04très instructive sur les marchés.
08:05Merci.

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