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  • il y a 26 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Il est presque 22h, vous êtes dans BFM, grand soir, et nous avons le plaisir d'accueillir l'ancienne ministre
00:06et ancienne candidate à la primaire de la gauche, Ségolène Royal.
00:10Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir Laurent Geoffrin. Bonsoir. Bonsoir Victoria. Bonsoir Alice.
00:14Bienvenue sur ce plateau. On va commencer évidemment par l'actualité politique de cette journée, avant de parler dans un
00:21instant évidemment de la journée de mobilisation hier.
00:23Mais d'abord, le congrès du Rassemblement National, aujourd'hui, s'est tenu à Orléans, dans un climat particulier, sous
00:29haute sécurité, discours de Jordan Bardella et de Marine Le Pen.
00:34Et vous savez quoi ? À un moment, lorsqu'on préparait cette émission avec mon équipe, on s'est dit
00:37qu'il y avait un peu de Ségolène Royal dans le discours de Marine Le Pen. Écoutez.
00:42Pour reprendre ce beau proverbe indien, je ne suis ni l'aile droite, ni l'aile gauche, je suis l
00:49'oiseau.
00:49Je veux que les Français aient la certitude d'élire une femme, si vous me passez l'expression, qui ne
00:55sera pas l'homme d'un parti.
01:00À nous de réinventer celui qui vient, celui que nous allons bâtir, plus juste, plus beau, plus sûr et finalement
01:10plus fort.
01:15Pour conclure, l'espérance, je vous le dis, n'est pas une naïveté. Ce n'est pas la certitude que
01:21tout sera facile, mais celle que nous ne sommes pas condamnés à subir l'avenir et que nous avons le
01:28pouvoir de construire.
01:30Est-ce que vous entendez pourquoi on s'est dit qu'il y avait un peu de Ségolène Royal dans
01:34ce discours de Marine Le Pen ?
01:36Un peu, par l'affirmation de sa féminité, je pense. C'est la première fois d'ailleurs qu'elle le
01:43dit, qu'elle se revendique en tant que candidate femme par rapport à son parti.
01:48Elle reprend un certain nombre de concepts, je l'ai remarqué, même sur la jeunesse. Elle est à la limite
01:53de reprendre l'ordre juste.
01:54Elle n'ose pas trop, parce que c'est quand même maintenant très ségoléniste, si j'ose dire.
02:01Le lyrisme aussi ?
02:02Une forme de lyrisme, oui. Une forme de liberté, quoi. Une forme de liberté dans la prise de parole.
02:09Elle reprend aussi l'idée de la France tranquille, de la France en paix.
02:12Elle reprend la France tranquille.
02:14Donc discours plutôt réussi.
02:15La France tranquille.
02:17Qu'est-ce que vous avez retenu ?
02:18Après, vous le savez, les fondamentaux, évidemment, je suis à l'opposé de ces fondamentaux politiques.
02:25Mais je pense que, c'est pour ça d'ailleurs que j'étais candidate aux primaires,
02:29je pense que le fait d'être une femme va être un de ses avantages.
02:32Parce que quand on voit le monde de brutalité dans lequel on est,
02:37il y a un besoin de changement en profondeur des modes d'exercice du pouvoir.
02:41Je ne dis pas que toutes les femmes sont différentes dans le mode d'exercice du pouvoir.
02:45Mais il y a une dimension, je pense, féminine dont on a besoin aujourd'hui.
02:50C'était évident pour moi.
02:51En tout cas, dans la France telle qu'elle est aujourd'hui.
02:54C'était déjà évident en 2007.
02:55Et je crois que ça va constituer, hélas, un atout pour elle.
03:00Il a quand même fallu 3000 policiers tout autour de la ville pour encadrer ce congrès du Rassemblement national,
03:08encadrer aussi les rassemblements anti-RN qui se sont tenus, hier autorisés, non autorisés aujourd'hui.
03:15Et le maire d'Orléans, qui était tout à l'heure sur l'antenne de BFMTV, dit
03:19« Attention, attention à ce qui s'est passé ce week-end ».
03:22Ça s'est bien passé ce week-end midi.
03:24Attention, il va falloir que cette campagne présidentielle, elle puisse se tenir et il va plus loin.
03:29Écoutez.
03:31Il faut arrêter d'emmerder la France silencieuse.
03:34La majorité, l'extrême majorité silencieuse de France.
03:39Parce qu'elle en a ras-le-bol.
03:41Vous savez, moi j'ai passé des jours aussi à calmer les uns et les autres
03:44pour éviter notamment que certains aient recours aux armes.
03:48Je le dis très clairement.
03:50Je dis « Attention, danger ».
03:51Et puis effectivement, quand on défend le pouvoir d'achat, c'est quand même fort de café.
03:56C'est en permanence, tous les samedis ou presque, de casser les pieds aux gens qui essayent de travailler.
04:03Il parle du climat plus global, évidemment, du mouvement de contestation,
04:07de la manière dont ça s'est passé, de la manière dont ça s'était encadré.
04:10Mais est-ce que vous entendez ce qu'il dit lorsqu'il dit qu'il faut arrêter d'emmerder la
04:13France silencieuse ?
04:14Pas du tout.
04:15Parce que je pense que la quasi-totalité des Français, aujourd'hui, sauf les ultra-riches,
04:21souffrent profondément de la crise du pouvoir d'achat.
04:25Et tous les parents ont compris ce que leurs enfants voulaient dire,
04:30ce que les étudiants, les lycéens voulaient dire.
04:32Et donc, il y a une solidarité très forte envers la jeunesse.
04:36Et c'est faute de n'avoir pas réglé ce problème du mouvement de lycéens
04:41qu'on a eu ensuite l'escalade dans les manifestations.
04:44Et par conséquent, gouverner, c'est gérer les problèmes les uns derrière les autres.
04:49Et d'ailleurs, le pouvoir a essayé de faire peur.
04:53Ensuite, on a dit, c'est les vacances scolaires.
04:55Après, il va pleuvoir, il y aura moins de monde dans la rue.
04:56Mais pas du tout.
04:58La manifestation a été puissante.
05:00Elle a été nombreuse.
05:01Elle a été silencieuse.
05:03Bien sûr, en fin de manifestation, il y a toujours des casseurs.
05:06Mais ça, ça existe depuis toujours.
05:08Et le pouvoir a changé de méthode.
05:11Le job a été fait hier ?
05:13Le job a été fait, mais surtout, il a changé de méthode.
05:16C'est-à-dire que les instructions données aux fonctionnaires de police et de gendarmerie
05:20ont été beaucoup moins brutales.
05:22La preuve, c'est que les habits des policiers ont changé.
05:28Et j'ai remarqué que ça n'avait pas été analysé.
05:31Parce que vous étiez, vous, dans la manifestation ?
05:32Non, mais je l'ai vue.
05:33Je n'y étais pas.
05:34Mais regardez, devant les lycées...
05:36Pourquoi vous n'y étiez pas, d'ailleurs ?
05:38Parce que je n'ai pas de service de sécurité et que je ne veux pas compliquer la tâche.
05:42Mais je suis très attentivement ce qui se dit et ce qui se fait.
05:46Et devant les lycées, il y avait des policiers avec des casques.
05:50Jamais je n'aurais cru, moi, en rentrant dans la vie politique,
05:52que je verrais un jour des policiers en achet comme s'il y avait une guerre
05:55devant les lycées en France.
05:57Jamais je n'avais pensé cela.
06:00Et aujourd'hui, vous avez vu, les policiers qui accompagnaient,
06:03comme ça se fait d'ailleurs dans d'autres pays européens,
06:05la manifestation, pour la sécuriser, ils n'étaient pas en casque.
06:09Ils étaient en calot.
06:12Et ce signe-là, c'est déjà une différence, vous voyez,
06:15par rapport à l'agressivité et aux instructions de violence
06:20qui sont données de peur.
06:23Et ce qui s'est passé devant les lycées, je pense,
06:25c'est une blessure profonde qui a expliqué ensuite
06:28la montée en puissance de la violence et des manifestations
06:31par solidarité des jeunes en particulier avec ce qu'ils ont vu,
06:34voire d'autres jeunes subir par rapport aux lycées.
06:38Et donc, et le fait qu'on a non seulement maintenant
06:43qu'il va y avoir des décisions sur l'éducation,
06:45alors que ça fait plusieurs jours que ça aurait dû être fait.
06:49Et donc, la question que se posent les Français,
06:51qui rejoint peut-être ce que dit le maire d'Orléans,
06:54c'est est-ce que ça aurait pu être différent ?
06:57Est-ce que la France pourrait être paisible ?
06:59Est-ce que la France pourrait être tranquille ?
07:02Est-ce qu'il pourrait y avoir de l'ordre juste ?
07:04Oui, bien sûr, parce que les lycéens étaient en mouvement
07:08depuis deux ans contre Parcoursup.
07:11Ils ont été ignorés, ils ont été méprisés.
07:14Donc retard, retard à l'allumage.
07:16Retard à l'allumage et non prise de conscience.
07:18Demain, il y a une réunion avec les lycéens,
07:20le Premier ministre, ou une prise de parole
07:22du ministre de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur.
07:26Que doit-il dire ?
07:27Il doit d'abord affirmer un objectif politique.
07:31Bien sûr, il y a les décisions techniques sur Parcoursup, etc.
07:34Mais ce n'est pas ça.
07:35Ce qui est attendu, ça va bien au-delà.
07:38C'est quoi ce qui est attendu ?
07:39C'est qu'enfin, le pouvoir politique reconnaisse
07:42que dans un pays, ce qui est le plus important,
07:45c'est l'avenir de la jeunesse.
07:47Moi, si je fais encore de la politique,
07:49c'est parce que je me dis qu'on n'a pas le droit
07:51de laisser un pays dans un tel état dégradé
07:54aux générations qui viennent.
07:56C'est ce que j'ai écrit dans mon dernier livre.
07:58Je les appelle la génération dépossédée.
08:00Et avec tout ce qu'on leur a repris,
08:02il y a une angoisse de ces jeunes.
08:04Et quand les lycéens se mettent en mouvement,
08:07ils remplacent le gouvernement.
08:08Ils font quelque chose d'utile.
08:10Parce qu'ils rappellent que l'éducation,
08:12c'est la priorité des priorités.
08:14Mais ils veulent quand même des réponses concrètes.
08:17Ils attendent des gestes concrets.
08:19Ils attendent l'abrogation de Parcoursup.
08:21Ils attendent des profs en plus.
08:23Ils attendent des locaux rénovés.
08:24Ils réclament 10 milliards d'euros.
08:27Est-ce qu'ils sont susceptibles de les obtenir,
08:31à votre avis ?
08:31Est-ce que ça suffira à faire taire la colère ?
08:33Je pense, oui.
08:34S'il faut répondre à ces demandes.
08:37Mais c'est dans un accord global.
08:39Vous savez, ça serait un mépris supplémentaire
08:41que de penser qu'en leur jetant comme ça
08:43quelques os s'arranger,
08:45on va régler le problème.
08:46Ça ne suffira pas.
08:46Non, mais je pense que la reconnaissance politique,
08:48ils ont eu raison.
08:49Il faut leur dire, vous avez eu raison
08:52d'occuper les lycées.
08:53On ne vous avait pas entendu avant.
08:55Et on a eu tort de vous envoyer la police.
08:58On a eu tort de vous réprimer.
09:00On a eu tort de vous mettre 8 000 lycéens en garde à vue.
09:03Plus que deux casseurs.
09:058 000 lycéens en garde à vue.
09:06Ça veut dire qu'aujourd'hui, vous avez 8 000 adolescents
09:09qui vont être traumatisés à vie.
09:10d'avoir subi ce qu'ils ont subi.
09:13Donc reconnaître...
09:13Mais ce n'est pas ce qu'a fait le président de la République
09:15vendredi.
09:15Il les a reçus.
09:16Il leur a dit, vos revendications sont légitimes.
09:18Oui, mais il les a...
09:19On va faire une refonte de Parcoursup.
09:20On va répondre concrètement à vos revendications.
09:24Si c'est fait, ça va dans le bon sens.
09:26Mais ce que je vous dis, c'est plus profond.
09:28C'est plus politique.
09:29C'est de leur dire qu'en fait, qu'ils ont eu raison
09:31et que le pouvoir s'est trompé.
09:33Dans son indifférence et dans sa brutalité,
09:35le pouvoir s'est trompé.
09:37Et donc, il faut reconnaître que le pouvoir s'est trompé
09:39et que les lycéens, quand ils se sont mis en mouvement,
09:42c'est eux qui avaient raison.
09:43Puisqu'il n'y avait pas de réponse en face.
09:45Vous savez, il y avait eu huit ministres de l'Éducation en dix ans.
09:48Ça veut dire le mépris qu'il y a à l'égard de ce ministère.
09:51Ça veut dire que les gens utilisent ce ministère
09:53comme un marche-pied ensuite pour avoir autre chose.
09:55Ce n'est pas sérieux.
09:56Mais c'est quand même important ce que vous dites
09:58sur le rôle des forces de l'ordre lors de ces manifestations.
10:01J'ai l'impression que vous essayez de dresser
10:03les forces de l'ordre contre les jeunes.
10:05Et même si ça s'est mal passé à certains moments,
10:09qu'il y a eu des blessés des deux côtés,
10:10les forces de l'ordre,
10:11elles sont là avant tout pour sécuriser ces manifestations.
10:14Elles ne sont pas là pour se faire des lycéens.
10:16On est d'accord ?
10:16Les forces de l'ordre sont là pour sécuriser.
10:18Vous avez raison.
10:19Mais elles n'ont pas sécurisé les manifestations.
10:22Mais hier, elles l'ont été.
10:23Elles ont dispersé.
10:23Non, mais je parle des lycées,
10:25de ce qui s'est passé devant les lycées.
10:26Parce que c'est ça, la blessure initiale.
10:28Vous pensez que ça, ça a été le tournant ?
10:30C'est ce qui a nourri la manifestation suivante.
10:34Que les jeunes ont été très solidaires entre eux.
10:36Ils n'ont pas supporté de voir les violences.
10:39Ils n'ont pas supporté de voir des gamins de 14 ans
10:41se faire passer des menottes.
10:43Contrairement d'ailleurs à ce que la loi permet de faire.
10:45Ils n'ont pas supporté de voir des hommes policiers
10:47faire des clés d'étranglement sur des jeunes filles.
10:50Ils n'ont pas supporté.
10:51Ça, c'est la première fois qu'on voit ça en France.
10:55Parce que les policiers, ça les met aussi en difficulté.
10:59Ils ne sont pas forcément heureux, vous savez,
11:01d'avoir des instructions comme celle-ci,
11:02de disperser, ça pourrait être leurs enfants.
11:04On leur dit disperser les lycéens devant les lycées.
11:08Au lieu de dire aux lycéens, on vous entend,
11:10on vous avait raison, on va vous sécuriser,
11:12on va vous protéger, vous.
11:13Donc on ne vous envoie pas des policiers
11:15arnachés et casqués et avec des armes
11:18de désencirclement.
11:19On ouvre les lycées, on fait une assemblée générale
11:22pendant trois jours, on fait discuter les lycéens,
11:24on les écoute, on les entend.
11:26On fait un grand débat, par exemple ?
11:28C'est dans les lycées qu'il fallait ouvrir.
11:30Il fallait ouvrir chaque lycée.
11:31Et il ne fallait pas envoyer les forces de l'ordre
11:33pour disperser les lycéens, pour les matraquer.
11:35Car c'est ça l'instruction qui a été donnée.
11:36Vous dites que la blessure est profonde
11:38et vous expliquez pourquoi, selon vous.
11:40Mais si on essaie d'avancer un peu
11:41et si on essaie d'imaginer comment ces manifestations
11:45pourraient s'arrêter,
11:46comment les lycéens pourraient reprendre le chemin des cours,
11:49parce que c'est ce qu'on leur souhaite à tous,
11:50dans des conditions évidemment améliorées.
11:54Qu'est-ce qu'il faut dire demain, concrètement ?
11:56Est-ce qu'il faut commencer par la suppression de Parcoursup ?
11:59Et si oui, quelle doit être l'étape d'après ?
12:01Vous vous feriez quoi ?
12:02Il y a deux choses à faire.
12:03D'abord, j'aurais déjà agi.
12:05Qu'est-ce que j'aurais fait déjà ?
12:06J'aurais diminué les taxes sur l'essence.
12:09Parce que quand vous écoutez les manifestants
12:11et quand vous écoutez les Français,
12:13ça c'est l'angoisse, c'est la question du pouvoir d'achat.
12:15C'est incompréhensible que le gouvernement n'ait pas encore baissé de 50 centimes,
12:20je le redis, sur chaque litre d'essence,
12:22pour ramener l'essence à 1,70€.
12:24Les Espagnols l'ont fait.
12:26Il y a des mesures qui ont été prises, qui pourraient prendre effet.
12:28Mais ça c'est symbolique.
12:30Les gens n'en peuvent plus de payer.
12:32Ils choisissent entre remplir le réservoir ou manger.
12:35Et tous ceux qui nous gouvernent,
12:37tous ceux qui nous gouvernent, ne payent pas leur essence.
12:39Ils ne sont jamais confrontés à la carte bleue qui se vide
12:43et sur lesquelles ensuite il faut choisir entre manger
12:46et mettre de l'essence dans son moteur.
12:47Aucun ne paye leur essence de ceux qui nous dirigent.
12:52Et donc, cette question du pouvoir d'achat, elle est cruciale.
12:55Je suis sûre qu'immédiatement,
12:57l'attention des manifestations serait retombée.
13:01Deuxièmement, il faut réunir l'ensemble de la grande distribution
13:04et leur dire, vous allez bloquer et remettre à un niveau d'avant l'inflation
13:08100 produits de première nécessité alimentaire et d'hygiène.
13:13Pour qu'il y ait une respiration et un soulagement,
13:17en plus on s'approche de la fin de l'année,
13:19on s'approche des fêtes de Noël.
13:21Les gens n'ont plus aucune visibilité,
13:23maintenant même à trois mois.
13:24Ils ne savent même plus quel budget ils vont pouvoir consacrer
13:28pour faire des cadeaux de Noël à leurs enfants.
13:29Il faut se rendre compte de ça.
13:31Et ceux qui n'ont jamais connu les difficultés de fin de mois,
13:34ils ne peuvent pas se rendre compte de ce que ça représente.
13:37Et donc, les lycéens, ils sont dans des familles.
13:40Donc les lycéens, ils subissent aussi la crise du pouvoir d'achat.
13:43Ils voient leurs parents en difficulté.
13:45Ils voient qu'ils ne peuvent plus accéder aux loisirs.
13:48Car aujourd'hui, il y avait beaucoup de jeunes, d'ailleurs,
13:50dans les manifestations qui disaient,
13:51mais on n'arrive même plus à accéder aux loisirs.
13:53Tout est lié, c'est sûr.
13:55Mais sauf que ces lycéens, demain, ils vont s'adresser aux premiers ministres
13:58et ils vont demander des mesures pour eux, Laurent Joffrin,
14:00sur ce que peut faire le gouvernement, ce qu'il peut dire demain.
14:04Il peut faire beaucoup de choses,
14:05mais le problème, c'est qu'il va harguer de son manque d'argent.
14:12Tout ce que vous dites est tout à fait bel et bon,
14:14et ça va dans le bon sens.
14:16Mais comment on fait pour payer tout ça ?
14:19Il faut trouver de l'argent.
14:20Parce que la situation financière,
14:24qui a été instaurée à la suite de neuf ans de Macronisme,
14:29c'est quand même responsable.
14:30La situation financière est désastreuse.
14:32Donc il faut trouver un moyen,
14:34il faut de nouvelles recettes,
14:36où il faut couper dans des dépenses existantes.
14:38On ne peut pas augmenter le déficit.
14:40On est à 5%.
14:41Si on dépasse les 5%,
14:43on prend le risque de déclencher une crise financière.
14:46Je ne dis pas que ça se produira, j'espère que non.
14:48Mais on prend le risque.
14:49Donc vous dites comme à la main tout à l'heure
14:51qu'on est dans une impasse, une impasse politique.
14:53Non, ce n'est pas une impasse.
14:54Non, je parle plus de Laurent Geoffrin.
14:56La première chose que je fais,
14:57c'est de récupérer les 100 milliards de fraude fiscale
15:00avec l'intelligence artificielle.
15:02Pourquoi est-ce qu'il y a des Français qui sont honnêtes,
15:04qui payent leurs impôts,
15:05et d'autres qui se permettent de frauder l'impôt ?
15:08Il y a 100 milliards de fraude fiscale.
15:10Mais ça, ça peut être très rapide.
15:12Il n'y a pas de volonté politique pour lutter contre ça.
15:14Donc à partir de là, on a déjà 100 milliards à redistribuer.
15:19Car ce que voient les jeunes aussi...
15:20Ça paraît simple comme ça, quand on vous écoute.
15:22Oui, mais vous savez, souvent, c'est les idées les plus simples,
15:25de bon sens et les plus opérationnelles,
15:28je pense, qui sont les plus efficaces.
15:30Et deuxièmement, quand on dit,
15:31mais baisser les taxes sur les 100, ça coûte cher.
15:33Mais non, il y aurait beaucoup moins de faillites.
15:35Il y aurait beaucoup moins d'angoisse.
15:37Il y aurait beaucoup moins de stress.
15:38Il y aurait beaucoup moins de gens qui mettent la clé sous la porte
15:41parce qu'ils ne peuvent plus payer l'énergie.
15:43Et là, on arrive à l'hiver.
15:45Attention, les prix du gaz et les prix de l'électricité ont augmenté.
15:49Les gens vont chauffer comment ?
15:51Donc, mesure pour l'essence, mesure sur les produits de première nécessité.
15:56Et par contre, je suis désolée, mais...
15:57Lutte contre la fraude fiscale.
15:58Sur les lycées, je n'ai toujours pas ma réponse.
16:01Parce que c'est demain, c'est dans quelques heures, là.
16:03Sur les lycées, la décision symbolique,
16:05c'est bien sûr de suspendre Parcoursup.
16:07Mais il faut remplacer par quelque chose.
16:09Parce qu'il faut préparer toute l'année universitaire
16:12et l'année post-bac pour les inscriptions dans les prochaines universités.
16:19Mais pour suspendre Parcoursup, c'est indispensable
16:21parce que ça a focalisé tout.
16:23Mais ça aurait pu être fait il y a deux ou trois ans déjà.
16:25Parce que la souffrance par rapport à Parcoursup,
16:27elle ne date pas d'aujourd'hui.
16:29Donc, par quoi on remplace Parcoursup ?
16:32C'est ça qu'il faut mettre tout de suite les gens au travail.
16:35Et rapidement.
16:36Et la question de fond,
16:38c'est quels vont être les métiers de demain ?
16:41C'est ça, redonner une espérance et une joie de vivre aux jeunes.
16:44C'est de travailler avec eux,
16:46avec les mutations,
16:48avec la volonté de réindustrialiser la France,
16:51avec la question des industries
16:53dans le secteur de la croissance verte,
16:56puisqu'on a des défis climatiques à relever
16:58sur les incendies, sur les inondations.
17:00Parce qu'il y a ça aussi qui angoisse les gens.
17:03Comment est-ce qu'on relève le défi sur ces deux sujets ?
17:06En construisant des industries qui sont capables
17:08de maîtriser les inondations, c'est possible,
17:11et de construire des avions pour éteindre les incendies.
17:13Par exemple, il y a des filières de développement économique
17:16qui sont liées à la crise climatique
17:18qu'il faut absolument développer.
17:21Madame Royal, il faut bien pour cela,
17:23puisqu'on a entendu beaucoup d'étudiants parler de Parcoursup,
17:25mais surtout du principe de la sélection.
17:27Pour faire ce que vous dites,
17:28il faut orienter des étudiants vers cela.
17:29Il faut donc sélectionner, rediriger.
17:31C'est-à-dire qu'il y a des étudiants
17:32qui ne veulent pas faire ça,
17:33qui voulaient faire autre chose en priorité,
17:34et qui iront dans ces filières-là
17:36parce qu'un logiciel,
17:37qui s'appelle Parcoursup ou autre chose,
17:39les aura orientés vers ces études-là.
17:41Qu'est-ce que vous dites
17:42sur ceux qui critiquent le principe de sélection
17:44dans les études,
17:45qui disent « j'aimerais arriver dans ces études-là
17:47parce que, simplement, j'en ai envie ? »
17:49Mais tout dépend de ce qu'on met derrière sélection,
17:51vous voyez ?
17:52Parce que là, une fois de plus,
17:53les catégories plus, plus, plus,
17:55elles ne vont pas dans Parcoursup.
17:57Les enfants des hyper-riches
17:59ou des classes de l'élite, là,
18:01qui nous gouvernent,
18:02ils ne vont pas dans Parcoursup, eux.
18:04Comment ils échappent à Parcoursup ?
18:06Vous savez comment ils échappent à Parcoursup ?
18:08Les enfants des familles hyper-privilégiées,
18:10ils vont faire un an à l'étranger.
18:12Ils vont faire un an à Londres
18:13parce que les parents ont les moyens
18:14de payer les logements,
18:16les universités privées,
18:17ils vont aux États-Unis,
18:17et après, ils reviennent
18:19dans les meilleures écoles françaises
18:21sans passer par Parcoursup.
18:23Donc, quand on dit après aux jeunes
18:25« on va vous sélectionner », etc.,
18:27ils savent qu'il y a une sélection sociale
18:29qui se fait.
18:30Et en même temps,
18:31il faut bien sûr choisir et sélectionner
18:33puisqu'il n'y a pas un nombre de places illimitées.
18:37Mais si vous proposiez aux jeunes
18:39des métiers attractifs,
18:42ils iraient dans ces métiers attractifs ?
18:44Je suis désolée,
18:45il y a des métiers attractifs
18:46dans le domaine de l'écologie,
18:49du développement durable
18:50et de la réponse à la crise climatique,
18:52y compris dans le domaine industriel,
18:54où les jeunes seraient enchantés
18:56d'aller dans ces filières-là.
18:57Il faut les revaloriser, ces filières.
18:59Je suis obligée de vous poser la question,
19:01Ségolène Royal,
19:02vous ne croyez pas qu'il y a des gens
19:03qui vous regardent et qui se disent
19:04« mais elle parle des Français privilégiés,
19:06dont les enfants vont faire des études à l'étranger,
19:09ne font pas par pause ? »
19:10Vous ne pensez pas qu'il y en a qui se disent
19:11« mais en fait, elle, elle en fait partie ? »
19:13Non, moi j'étais boursière.
19:15Et vos enfants ?
19:16Non plus, ils sont dans le service.
19:18Non, pas du tout, ils sont à l'école publique,
19:20pas du tout.
19:21Ils ont travaillé beaucoup à l'école publique,
19:25ils sont rentrés dans des professions
19:26qu'ils ont choisies en travaillant beaucoup,
19:28par leurs propres moyens,
19:30et dans le public, non, bien sûr.
19:31Mais ma question, c'est est-ce qu'il faut
19:33opposer les uns aux autres ?
19:35Est-ce qu'on a vraiment le bon sens en ce moment ?
19:37Ceux qui peuvent échapper à Parcours Sub,
19:38tant mieux pour eux.
19:39Mais ce que je veux dire par là,
19:40c'est que quand on s'en prend que à ceux
19:43qui sont victimes de la sélection,
19:45on dit « vous, on va vous sélectionner »,
19:46ben non, on va vous sélectionner,
19:49mais on va aussi vous donner une perspective d'avenir,
19:51on va vous donner aussi un beau métier,
19:54et d'ailleurs dans l'artisanat,
19:55il y a une revalorisation des métiers manuels.
19:57Pourquoi ?
19:58Parce que justement, il y a des métiers intellectuels,
20:00enfin dits intellectuels,
20:01qui vont être concurrencés par l'intelligence artificielle,
20:04et on voit des réorientations, même de cadres supérieurs,
20:09vers des métiers créatifs,
20:11et c'est ça.
20:12C'est-à-dire qu'il faut montrer aux jeunes
20:15qu'il y a des perspectives
20:16et tracer des grandes filières industrielles
20:20ou de services,
20:22ou dans les métiers de la santé,
20:23ils vont évoluer considérablement.
20:25Les métiers de la santé,
20:26il y aura des débouchés dans ce domaine.
20:28Et on aura l'occasion d'en reparler,
20:30on verra ce qui est dit notamment demain
20:31à ces lycéens.
20:32On parlera aussi, bien sûr,
20:34on se reverra peut-être
20:34pour ces futures journées de mobilisation,
20:37puisqu'il y en aura une autre samedi prochain.
20:38Merci d'avoir été avec nous,
20:40c'est Golan Rael, dans BFM Grand Soir.

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