- il y a 4 mois
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Alexandre Peyrout revient sur les questions qui font l’actualité avec Laurent Jacobelli, ministre délégué chargé de l'Europe.
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00:02Bonjour à tous et bonjour Benjamin Haddad.
00:04Bonjour.
00:04On va revenir sur le G7 qui s'est clôturé hier, mais avant cela, on va parler de ce qui
00:08s'est passé hier soir à Versailles.
00:09Signature surprise du protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis, sous les yeux d'Emmanuel Macron, visiblement
00:14ravi.
00:16Est-ce que c'est ça l'image finalement des mandats d'Emmanuel Macron, des succès à l'international et
00:20parfois plus de contestations au plan national ?
00:22Je pense que ça montre effectivement le rôle diplomatique qui a été joué par la France et par le président
00:26de la République.
00:26Il faut s'en réjouir. On a eu hier ce dîner important avec le président américain et puis surtout cette
00:32avancée, c'est une bonne nouvelle.
00:33Ça avait été souhaité par la France, la signature de cet accord qui permettra notamment la réouverture sans péage du
00:40détroit d'Ormousse.
00:40On a bien pu lui dérouler le tapis à rouge finalement.
00:42Mais au fond, regardez, on peut être fier, on a des lieux extraordinaires comme le château de Versailles.
00:49Et là, l'objectif, c'est d'avoir un dialogue diplomatique avec le président des États-Unis et puis surtout
00:53de défendre les intérêts de la France.
00:54C'était dans notre intérêt que cet accord soit signé.
00:57Donc on a la réouverture du détroit d'Ormousse qui aura aussi d'ailleurs un impact, bien sûr, sur le
01:00prix des carburants.
01:01Donc c'est une bonne nouvelle pour les Français et qui va ouvrir maintenant une séquence diplomatique de 60 jours
01:06dans laquelle nous devons trouver un accord sur la question du nucléaire, sur laquelle je rappelle que la France a
01:11une expertise, une histoire.
01:12Est-ce que dans tout ce dîner, au moins, Donald Trump a levé ses menaces de sanctions sur les vins
01:18français ?
01:18Parce que sinon, on se demande pourquoi est-ce qu'on a fait tout ça.
01:19Alors, mais vous l'avez vu, ça a été dit par le président de la République, entre alliés, on ne
01:24doit pas se faire des menaces de ce type.
01:26On doit parler des questions économiques.
01:28C'est d'ailleurs l'objet du G7, du G20 bientôt, des déséquilibres économiques de façon structurée au sein d
01:34'un dialogue,
01:34mais pas effectivement en faisant des intimidations.
01:37Et je voudrais revenir quand même, si vous le permettez, sur le fond.
01:38On va revenir sur le G7 parce que vous parliez du G7 à l'instant.
01:41Ce dîner, il avait lieu juste après la clôture du G7.
01:44Emmanuel Macron parle de succès pour ce sommet.
01:46Il manquait quand même quelques sujets qui fâchent, non ?
01:49La guerre à Gaza et au Liban, la question difficile de l'intelligence artificielle ?
01:54Alors, non, parce que les sujets que vous venez de mentionner ont été, au contraire, à la table des négociations.
01:57L'intelligence artificielle, Donald Trump, il ne s'est pas engagé.
02:00Sur la question du Liban, vous avez vu, ça fait partie de l'accord qui a été signé aussi entre
02:03les États-Unis et l'Iran.
02:05Et donc, nous travaillerons aussi avec les autorités libanaises pour qu'elles puissent recouvrer l'intégralité territoriale du pays
02:11et notamment à travers le soutien aux forces armées libanaises pour travailler au désarmement du Hezbollah.
02:16Sur la question de l'intelligence artificielle, vous avez raison, j'étais hier à Vivatec.
02:19On voit aujourd'hui que la course à l'innovation, à l'intelligence artificielle, c'est devenu un enjeu de
02:23puissance et de souveraineté.
02:25Le président de la République a plaidé pour une régulation encadrée de l'intelligence artificielle,
02:31notamment pour protéger les mineurs.
02:33C'est le même travail que nous faisons, vous savez, sur la question des plateformes de réseaux sociaux
02:36et en disant aussi qu'à un moment, il faut qu'il y ait un dialogue entre alliés.
02:39Parce que si on ne veut pas derrière que ce soit aussi la Chine, le vainqueur sur ces sujets-là,
02:43on a intérêt à avoir un dialogue entre démocratie.
02:46Et puis après, on a vu des avancées majeures, je pense, sur des sujets qui sont là aussi, dans nos
02:49intérêts.
02:50Je pense notamment à l'Ukraine.
02:51Rappelez-vous, il y a un peu plus d'un an, quand on a eu la rencontre entre le président
02:54Trump,
02:55le vice-président Vance et le président Zelensky, on nous avait dit
02:57« L'Ukraine va efforcer à la capitulation en 24 heures, les Européens ne seront pas autour de la table.
03:01»
03:01Justement, il y a eu un changement de pied de Donald Trump, vous alliez le souligner.
03:04Absolument, mais ça, c'est une initiative des Européens.
03:06Il va y avoir un nouveau train de soutien pour l'Ukraine.
03:10Comment est-ce qu'on va financer tout ça ? Je croyais que l'État français n'avait plus d
03:12'argent.
03:13Regardez, déjà, depuis plus d'un an, moi je voudrais quand même souligner
03:15que le soutien à l'Ukraine, aujourd'hui, il est assuré par les Européens,
03:19que ce soit sur le plan économique et sur le plan militaire.
03:21Parce qu'on dit aux Français, on ne peut pas vous aider à payer votre plein d'essence.
03:24Et l'Union européenne a contracté récemment un emprunt de 90 milliards d'euros
03:27pour pouvoir continuer à soutenir l'Ukraine.
03:30Nous l'avons finalisé, qui donnera de la visibilité aux Ukrainiens dans les prochaines années
03:33pour pouvoir continuer, notamment, à se défendre, à résister sur le terrain.
03:37Aujourd'hui, ce sont les Russes qui reculent sur le terrain.
03:39Et nous devons continuer à converger avec les Américains,
03:42notamment sur la question des sanctions.
03:43Et j'ai vu, quand j'ai essayé de être le président Trump,
03:45a aussi dit qu'il était prêt à reprendre les sanctions contre la Russie sur le plan énergétique.
03:49Nous adopterons bientôt, au niveau européen, le 21e paquet de sanctions
03:53qui va permettre, notamment, d'accroître la pression et de lutter contre la flotte fantôme.
03:56Vous savez ce qui est utilisé par la Russie pour contourner les sanctions en mer du Nord et en mer
04:01Baltique.
04:01Donc là encore, c'est cet effort diplomatique de la France
04:03qui a permis de réaligner les Européens, les Américains,
04:07dans le soutien à l'Ukraine face à la guerre d'agression de la Russie.
04:10Vous parliez de l'Union européenne,
04:11l'Union européenne qui, par son Parlement, a adopté hier un texte important
04:14qu'on appelle le règlement retour.
04:16C'est un texte qui durcit drastiquement la politique migratoire de l'Union européenne.
04:20Est-ce que vous êtes fier de son adoption ?
04:21Je crois que le gouvernement soutenait ce texte.
04:23Le gouvernement, non seulement le soutenait, mais c'était une demande de la France.
04:26Y compris d'avoir eu les voix de toute l'extrême droite pour adopter ce texte.
04:30Écoutez, moi je regrette la façon peut-être qu'il a été adopté,
04:32mais la vérité, c'est qu'aussi, vous aviez toute une partie de la gauche
04:35qui a décidé de ne pas prendre part à cette négociation.
04:37Est-ce que ça ne dit pas que ce texte reprend les grands fondamentaux de l'extrême droite ?
04:40Non, fondamentalement, non, je vais vous dire pourquoi.
04:43Parce que le Rassemblement National, depuis des années, nous dit
04:45il faut sortir des textes européens, il faut tout faire.
04:48Marine Le Pen s'était opposée à ce texte.
04:50Lorsque la Commission européenne a proposé cette révision du règlement retour
04:53qui va nous permettre...
04:54Finalement, ils l'ont voté.
04:55Oui, mais c'est pour ça qu'ils n'ont plus aucun logiciel.
04:57Moi je ne comprends pas.
04:57À l'inverse de certains de vos collègues.
04:59Il y a une partie de vos collègues de Renaissance.
05:01Est-ce que je peux essayer de terminer mes réponses, s'il vous plaît ?
05:03Déjà, il faut expliquer, parce qu'on parle de politique politicienne, c'est très sûr.
05:07J'allais expliquer simplement que ce texte va créer des centres de rétention
05:12hors des frontières de l'Union européenne.
05:14Il y a une de vos collègues Renaissance qui dit que ce texte, il passe une ligne rouge.
05:19Qu'est-ce que vous faites encore ensemble dans Renaissance
05:21si vous n'êtes même pas d'accord sur l'immigration ?
05:23Mais est-ce que vous croyez que ça intéresse une seule seconde les Français
05:26quand ils voient ce sujet ?
05:27Ah ben de savoir que vous n'êtes pas d'accord dans la même partie, je pense que oui.
05:29Les Français ne s'intéressent pas à la politique politicienne et à la tambouille du Parlement européen.
05:32Ce qu'ils voient, c'est ce qu'il y a dans la rue et comment on peut maîtriser nos
05:35frontières extérieures,
05:36contrôler l'immigration et faire exécuter les OQTF.
05:39Aujourd'hui, il y a 20% d'obligations de quitter le territoire européen
05:42qui sont exécutées sur le sol européen.
05:44Donc, ce texte, il va permettre de renforcer les mécanismes de rétention administrative,
05:49de faire du retour forcé à la norme, de pouvoir traiter en priorité les immigrés dangereux
05:54qui représentent un tourbre à l'ordre public,
05:56de pouvoir faire des fouilles administratives.
06:00Voilà, ça, ça renforce le pouvoir des États membres pour faire respecter leurs frontières,
06:06pour faire respecter le droit.
06:07Et moi, ce que je vois, c'est que Marine Le Pen avait dit initialement
06:10« C'est un texte mortifère, nous allons nous battre de toute notre force. »
06:13Et finalement, ces députés l'ont voté.
06:15Mais la question que je me pose, c'est que vous parlez des débats
06:18qu'on peut avoir au sein de notre famille politique, j'en conviens,
06:20mais que pense le RN ?
06:22Que pense le RN sur l'Europe aujourd'hui ou sur la Russie ?
06:24Que pense le RN sur l'immigration ?
06:26Que pense le RN sur les retraites ?
06:28Sur des sujets qui sont fondamentaux pour l'avenir de notre pays,
06:30il n'y a plus aucun logiciel et une contradiction totale.
06:33Vous êtes un ancien de l'UMP.
06:35Votre collègue Priska Tevno, pour 2027, elle dit
06:37« Je ne me vois pas faire campagne avec Bruno Retailleau ».
06:39Est-ce que vous, vous pourriez faire campagne pour Bruno Retailleau en 2027 ?
06:42Je vais vous le dire très simplement,
06:44moi j'ai toujours plaidé pour qu'on ait une alliance du centre et de la droite.
06:47C'est ce que nous avions fait, vous savez,
06:49on appelait ça le socle commun à un moment.
06:52Ça ne veut pas dire qu'on n'a pas des débats.
06:55C'est votre candidat Bruno Retailleau, ça veut dire ?
06:56Mais bien sûr que non.
06:57Alors c'est qui votre candidat, vous ?
06:58Attendez, mais moi je plaide pour que nous ayons un candidat unique.
07:03Mais qui ? Gabriel Attal, Édouard Philippe, Xavier Bercrand, David Vissner ?
07:06Mais parlons du fond.
07:07qui porte un projet de transformation et de réforme de notre pays,
07:11qui porte un projet d'autorité sur le Régalien.
07:14Mais encore une fois, là vous me faites de la politique politicienne,
07:15moi je vous parle de fond.
07:16Le prochain président de la République, c'est important quand même.
07:18Je vous parle de sujet de fond pour les Français.
07:20Qu'est-ce qu'on fait pour la sécurité et l'autorité ?
07:22Qu'est-ce qu'on fait pour réformer ?
07:23Est-ce qu'on continue à porter une voix ambitieuse
07:25sur la scène européenne et sur les questions internationales ?
07:28Ça c'est un sujet sur lequel je pense que nous avons
07:30des choses à apporter, des choses à offrir
07:32au sein de ma famille politique.
07:34Je suis, vous le savez, membre de Renaissance,
07:36mais que nous avons intérêt aussi à travailler avec les autres.
07:38Parce que la fragmentation, la division,
07:40ce sera le meilleur cadeau à faire à Jean-Luc Mélenchon
07:42et à Jordan Bardella.
07:44Donc vous dites à tous, petit monde, 200 ans ou quoi ?
07:46Moi j'en souhaite, j'ai fait partie de ceux qui ont signé
07:48une lettre avec Maude Brejon et d'autres
07:50appelant à un rassemblement,
07:52qu'il y ait une procédure pour sélectionner
07:54un candidat de rassemblement,
07:56derrière un projet, encore une fois, de transformation ambitieuse,
07:58ce que je ne veux pas,
07:58et je me battrai de toutes mes forces
08:00pour ne pas laisser une alternative mortifère
08:02entre l'extrême gauche et l'extrême droite
08:04déterminer l'avenir de mon pays.
08:05– Une dernière question pour terminer,
08:07on a appris hier que le concert que voulait organiser
08:09la France Insoumise pour la fête de la musique
08:11était interdit par le préfet de police de Paris.
08:14Est-ce que ça n'est pas un peu disproportionné
08:16d'interdire une manifestation comme celle-ci ?
08:19– Mais pas quand cette manifestation
08:21peut représenter un trouble à l'ordre public.
08:22– Hier, il y a eu à peu près la même chose à Strasbourg,
08:24il n'y a pas eu de risque.
08:25– Mais pas quand vous voyez des invités.
08:28– C'était la même chose à Strasbourg hier soir,
08:30il y avait les mêmes invités.
08:30– La question aurait pu se poser aussi à Strasbourg.
08:33– Il n'y a pas eu de problème.
08:33– Le préfet est en charge de faire respecter l'ordre public
08:37et quand vous avez des chanteurs,
08:39quand vous avez des artistes
08:40qui ont tenu par exemple des propos antisémites
08:42sur Rachel Kahn qui promeuvent la violence,
08:46et bien effectivement la question se pose.
08:47Et à un moment, moi je vois que la France Insoumise
08:49aujourd'hui fait de son projet,
08:51ce qu'on appelle la Nouvelle France,
08:52un projet au fond d'effacement de notre identité.
08:55Le maire de Saint-Denis qui, il y a quelques jours, disait
08:57c'est légitime de siffler la Marseillaise.
08:59Non, ce n'est pas légitime de siffler la Marseillaise.
09:00– C'est un propos qui vous a choqué.
09:01– Mais bien sûr que ça m'a choqué,
09:02mais ce n'est pas légitime de siffler la Marseillaise.
09:03– Il explique, je précise les propos si vous voulez bien.
09:05– Et c'est irresponsable pour un élu de la République.
09:07– La France se déshonore par ses actes à l'international,
09:08c'est un droit à la réplique populaire.
09:10– La France ne se déshonore pas.
09:12– Elle ne se déshonore jamais la France ?
09:13– Non, mais la France ne se déshonore pas.
09:15Et puis, de toute façon, au-delà de ça,
09:17quand on est un élu de la République,
09:19on ne siffle pas la Marseillaise, on la respecte.
09:21On respecte les symboles de la République.
09:23On respecte le drapeau, on respecte la Marseillaise,
09:25on respecte les institutions.
09:26On peut avoir un débat politique sur notre rôle à l'international,
09:31mais ce n'est pas le rôle ici d'un élu de la République.
09:33– Merci beaucoup Benjamin Haddad d'avoir été notre invité ce matin.
09:36Bonne journée à vous, bonne journée à tous
09:38et merci de votre fidélité cette semaine.
09:39À bientôt.