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  • il y a 2 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Cyril Adriaens-Allemand revient sur les questions qui font l’actualité avec Laurent Panifous, ministre des relations avec le Parlement.

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Transcription
00:00Bonjour, bonjour à tous. Bonjour Laurent Parnifou.
00:04Bonjour.
00:05Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:07Vous êtes à un poste clé au gouvernement, ministre en charge des relations avec le Parlement.
00:11Ça veut dire que depuis votre nomination, vous travaillez avec Bercy, avec Matignon,
00:16jour et nuit, sur un compromis pour l'élaboration d'un budget.
00:19Or, il n'y en aura pas au 31 décembre.
00:22Est-ce que vous êtes capable de dire aux Français ce matin « On a échoué, j'ai échoué ».
00:26Écoutez, je ne sais pas si on peut appeler ça un échec.
00:29Nous avons déjà réussi à obtenir un budget pour la Sécurité sociale.
00:33Ce n'est pas un échec, mais vous n'avez pas réussi.
00:35C'était quand même une étape importante, conscient qu'il y avait une difficulté supplémentaire pour obtenir celui de l'État.
00:42Au cours de la fameuse commission mixte paritaire, les parlementaires, sénateurs et députés n'ont pas pu se mettre d'accord.
00:47Et oui, nous avons donc besoin d'un temps supplémentaire, donc quelques jours,
00:52pour faire en sorte que nous puissions avoir ce budget pour l'État.
00:55Mais je veux rappeler que la commission mixte paritaire pour le budget de la Sécurité sociale avait déjà elle-même échoué.
01:01Et en deuxième lecture, nous avions pu obtenir un vote sur le budget de la Sécurité sociale.
01:05Quelques jours ou quelques mois, Laurent Panifou, certains à gauche par exemple disent « On n'y arrivera pas dans les temps impartis ».
01:12Si, nous devons y arriver.
01:13La France doit avoir un budget au plus vite.
01:16Ça n'a pas été possible dans le temps qu'a donné la Constitution.
01:18Les parlementaires n'ont pas pu se mettre d'accord.
01:20Le gouvernement crée toutes les conditions possibles pour que nous ayons un budget le plus vite possible.
01:25Encore une fois, dans la commission mixte paritaire, il n'y a pas le gouvernement.
01:30Ce ne sont que les parlementaires qui doivent se mettre d'accord.
01:33Le gouvernement prend ses responsabilités.
01:36La loi spéciale sera adoptée ce soir pour se donner quelques jours supplémentaires.
01:40Vous êtes confiant, c'est une formalité ?
01:41La loi spéciale doit être une formalité.
01:44En revanche, l'obtention du budget, il y a encore un très gros travail à fournir.
01:47Et nous avons déjà commencé hier avec le Premier ministre.
01:49Alors, la loi spéciale, c'est ce que vous appelez le service minimum.
01:52C'est-à-dire que c'est pour, que les téléspectateurs comprennent bien, pour lever l'impôt, pour payer les fonctionnaires.
01:57Mais ça ne va pas beaucoup plus loin.
01:59Vous dites là, le gouvernement va reprendre un peu la main, va mettre du carburant dans la machine.
02:03Quelles sont vos marges de manœuvre lorsque vous allez reprendre les discussions dans cette, pas cette commission, mais dans le Parlement ?
02:11Écoutez, nous avons déjà commencé hier, avant-hier, c'est-à-dire à remettre autour de la table les acteurs, les responsables politiques.
02:17Et ensuite, sur le fond.
02:17Qui souhaitent trouver une solution.
02:19Sur le fond, pour dire les choses très concrètement, notre pays est en déficit, chacun le sait.
02:24Nous avons, à l'issue des travaux du Sénat, un texte qui est à 5,3% de déficit pour nos comptes publics.
02:30C'est beaucoup trop haut.
02:31L'objectif partagé.
02:32C'était 15,7% au début, sur le projet du gouvernement.
02:35Le gouvernement, avec une capacité à discuter pour trouver un compromis et monter jusqu'à 5% de déficit,
02:42qui est la cible partagée par les responsables politiques, qu'ils soient de gauche ou de droite.
02:46Nous sommes à 5,3% à ce stade.
02:48Ça veut dire 9 milliards d'écarts entre le texte qui est sorti du Sénat et la cible partagée de toutes et tous.
02:54Donc, sur ces 9 milliards, nous remettons autour de la table toutes les forces politiques qui cherchent une solution.
02:59Je ne vous parle pas, bien sûr, de celles et ceux qui souhaitent une situation plutôt chaotique ou l'inconnue.
03:03Mais il y en a beaucoup, à gauche, à droite, au centre, qui veulent trouver une solution.
03:06Et sur ces 9 milliards, il y a plein de façons différentes, finalement, de faire des efforts.
03:10Alors, justement, mission 9 milliards, donc, à trouver, pour passer de 5,3% à 5% de déficit.
03:15Quid de la surtaxe, par exemple, sur les bénéfices des grandes entreprises ?
03:194 milliards de rendement au départ, 6 milliards à la sortie de l'Assemblée, 0 au Sénat.
03:25Oui, c'est un très bon exemple. Et j'irais même au-delà, 8 milliards dans la copie du Premier ministre Barnier.
03:32C'était la proposition de budget de Michel Barnier.
03:35Alors, entre 0 et 8, comment est-ce que vous allez ajuster l'échelle pour venir mettre d'accord des socialistes et des personnes de la droite qui ne sont pas en accord ?
03:44Parce que je crois qu'il y a une volonté partagée, un constat partagé.
03:48C'est que les plus fortunés d'entre nous, parfois, doivent avoir un niveau de fiscalité qui est différent.
03:53La courbe s'écrase sur vraiment les plus fortunés d'entre nous.
03:57Et il y a un consensus sur le fait qu'on doit aussi convoquer ces gens-là pour participer à l'effort collectif qui est la baisse de la dépense publique.
04:03C'est quoi la bonne gradation aujourd'hui ?
04:04Cet outil en est un. Le gouvernement avait proposé 4 milliards, c'est-à-dire la moitié de ce qu'avait proposé le gouvernement Barnier.
04:13Il y a eu un amendement à 6 milliards et le Sénat, finalement, a tout ramené à zéro.
04:17On voit bien qu'il y a là-dessus. Je vous parlais de la cible des 9 milliards au début.
04:21Sur cette seule mesure, nous sommes de zéro à 8 milliards.
04:24Votre objectif, là, ce matin ? Parce que vous dites qu'il faut avancer.
04:27Le gouvernement dit qu'il n'y a pas une minute à perdre. C'est quoi votre objectif sur cette taxe ?
04:30Le gouvernement reviendra probablement sur un montant autour de 4 milliards, entre 4 et 6 milliards.
04:36Mais, encore une fois, le gouvernement ne fait que proposer.
04:39Ce sont les parlementaires qui doivent trancher ce sujet, comme nous l'avons fait sur le PLFSS.
04:42Le gouvernement n'est pas là pour imposer les choses. Le gouvernement est là pour créer les conditions d'un accord de compromis entre parlementaires eux-mêmes.
04:50Alors, ça reprend quand, exactement ? Le 5 janvier ?
04:52C'est la semaine du 5 janvier. Immédiatement, nous reprendrons le 5, exactement le 6, je ne sais pas.
04:57Mais, en tout cas, dès la semaine du 5 janvier, en commission, à l'Assemblée nationale,
05:02les députés vont devoir retravailler sur une nouvelle lecture du budget de l'État.
05:06Mais ce travail de compromis ne va pas attendre le 5 janvier.
05:09C'est pour ça qu'hier, avec le Premier ministre, la ministre des Comptes publics et le ministre de l'Économie et des Finances,
05:14nous avons reçu un certain nombre de forces politiques pour commencer ce travail de compromis.
05:20La gauche accuse la droite de ne pas faire de compromis. C'est ce que disait Olivier Faure à la sortie de matinée.
05:24Oui, et la droite doit accuser la chose d'à peu près la même chose.
05:27C'est normal. Ce sont des difficultés assez classiques dans le cadre du départ d'une nouvelle recherche de compromis.
05:33Nous avons vécu ces situations sur le PLFSS.
05:35Les uns et les autres sont dans des positions assez classiques.
05:38Ils défendent leur position. C'est normal.
05:40Mais nous, nous devons faire en sorte qu'à la fin...
05:42C'est encore possible. C'est encore votre table.
05:43Oui, bien sûr que c'est possible.
05:44Et nous devons, dans les quelques jours, dans les quelques semaines maximum,
05:48qui nous séparent de la fin du mois de janvier, obtenir ce budget.
05:52Et si les parlementaires n'y arrivaient pas, est-ce que vous prendriez vos responsabilités avec un 49-3 ?
05:56On a Bruno Rotaillot, Gérard Larcher, François Hollande, Elisabeth Borne, le Modem également, qui le réclame.
06:03Oui, beaucoup de responsables politiques le disent en off, ou même parfois en on, en 49-3.
06:08Mais moi, je vous réponds, 49-3 sur quoi ? Sur quel texte ?
06:10Et c'est bien ça le plus important.
06:12Le 49-3, c'est un outil...
06:13Avec les corrections, vous pourriez faire ?
06:14Écoutez, il n'y a que trois chemins.
06:15Ou le vote par les parlementaires, ou le 49-3 en engageant la responsabilité du gouvernement.
06:20Ça, les Français et les Français commencent à connaître.
06:22Ou les ordonnances qui seraient complètement inédites.
06:24Vous dites le 49-3, c'est impossible ?
06:26Je ne dis pas que c'est impossible, je vous dis juste que celles et ceux qui demandent le 49-3 ne disent jamais sur quel texte nous nous fondons.
06:33Donc, on ne pourra pas économiser ce travail qui est celui du compromis et de la construction d'un texte.
06:39Un texte qui sera ou voté, ou passé en 49-3, ou par ordonnance.
06:43Mais si vous voulez, l'objectif, c'est le vote.
06:45Le vote du Parlement, on nous a dit avant le PLFSS que c'était impossible.
06:49À la fin, il y a eu un PLFSS voté.
06:51Nous redémarrons avec la même volonté.
06:53Sur la réforme des retraites, là, vous avez beaucoup moins de bras à moudre.
06:56C'est pour ça que c'est plus difficile, je suis d'accord avec vous.
06:58L'adoption du PLF est plus difficile parce qu'il y a moins d'objets politiques à l'intérieur qui permettent le compromis.
07:03C'était notamment avec la gauche.
07:04Et puis, c'est un marqueur politique, c'est-à-dire qu'on soutient ou pas le gouvernement.
07:06Je ne remets pas du tout en cause que la marche est plus haute pour le PLF que pour le PLFSS, pour le budget d'État que pour le budget de la Sécurité sociale.
07:13Mais ça reste possible.
07:14Mais parler de la manière dont il va être adopté, c'est essayer d'écarter le réel problème, c'est le fond.
07:19De quel texte ? Quel est le compromis ?
07:21Comment on répartit 9 milliards ?
07:22Baisse de recettes ?
07:24Ou alors, augmentation de la fiscalité, baisse des dépenses ou augmentation des dépenses, ce sont des vrais sujets de gauche ou de droite.
07:30Il nous reste deux minutes pour parler des agriculteurs.
07:32Vous êtes un élu d'Occitanie.
07:34Deux nouveaux cas de dermatose ont été détectés dans la région.
07:36Vous êtes élu de la région, les agriculteurs qui bloquent l'autoroute A64.
07:40On rendez-vous aujourd'hui avec le préfet.
07:41Vous dites aujourd'hui stop, rentrez chez vous.
07:43Non, non, je leur dis pas du tout ça.
07:45Je connais bien et beaucoup d'agriculteurs qui sont sur le blocage de l'A64.
07:49Et je veux saluer d'ailleurs leur comportement.
07:51C'est-à-dire la force de la défense de leurs convictions et la manière dont ils respectent les installations.
07:56Vous appelez toutefois à la fin des blocages.
07:58Oui, je pense qu'il serait bon qu'on puisse permettre aux Françaises et aux Français,
08:03ceux qui vivent dans ces territoires d'Occitanie, de pouvoir passer les fêtes normalement.
08:06Mais je comprends leur volonté de manifester leur colère.
08:09Vous savez, le monde agricole, il traverse depuis des années, de très nombreuses années, de multiples crises.
08:13La crise climatique, la crise sanitaire avec des maladies que l'on connaît.
08:17Et d'ailleurs une maladie exotique, la DNC, qui n'était pas chez nous il y a peu d'années.
08:19Et bien sûr les crises économiques avec des prix parfois de la viande, du lait,
08:23qui sont des prix trop faibles pour pouvoir faire vivre ces éleveurs, ces agriculteurs de manière digne.
08:29Il n'y a pas d'inquiétude sur le versement du fonds avec la loi spéciale par ailleurs ?
08:33Non, les éleveurs qui ont subi les abattages auront les subventions prévues versées.
08:41Mais on a urgence pour ce sujet aussi, pour l'accompagnement compé des agriculteurs.
08:45Parce qu'il ne s'agit pas d'accompagner seulement l'agriculteur qui a subi l'abattage de son troupeau.
08:50Il faut aussi, et un fonds d'urgence a été créé spécifiquement pour ça, accompagner celles et ceux qui sont autour et qui ont des pertes économiques.
08:57Dernière question Laurent Panifaux, certains agriculteurs de l'Orne tirent la sonnette d'alarme ce matin.
09:02Certaines carcasses de bovins contaminés ont dû être transportées de l'Occitanie vers la Normandie pour être détruites.
09:08Ils s'inquiètent d'une éventuelle contamination de leurs chepteliers. Est-ce qu'il y a un risque ?
09:12Écoutez, je peux comprendre qu'on craigne de voir arriver des carcasses qui ont pu être infectées.
09:18Elles ne le sont pas forcément toutes.
09:20Mais ce que je veux dire, c'est que les choses sont faites avec sérieux.
09:23Et les éleveurs, les agriculteurs de ce territoire doivent faire confiance au pouvoir public de faire en sorte que ce soit fait de manière à ce qu'il n'y ait absolument aucune contamination possible.
09:32Il faut être particulièrement rigoureux en la matière.
09:34Il est hors de question de déplacer un virus d'un territoire à l'autre.
09:38Donc, ils ont raison d'être vigilants, mais le gouvernement, les forces publiques font les choses correctement pour que ça n'arrive pas.
09:45Merci beaucoup.
09:46Merci à vous.
09:46Il faut être passé par les 4V ce matin.
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