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00:02Le Carrefour de l'Info sur Arabel
00:08Et dans votre Carrefour de l'Information, dans le cadre du festival Quartier Vivant
00:12qui invite les Bruxellois et les Bruxelloises à réinventer un petit peu leur quartier.
00:16Autrement, une association escarbécoise incarne d'ailleurs parfaitement cet esprit, la Marmite.
00:20Nous recevons aujourd'hui Stéphanie qui est salariée de l'ASB des Marmites.
00:24Bonjour.
00:25Bonjour.
00:25Merci d'être avec nous sur Arabel.
00:27Alors, avant d'aller dans le détail, nous parler un petit peu de Marmite et ASBL.
00:33Quelle est votre principale mission ?
00:34Oui, donc à Marmite, on a été fondé il y a deux ans.
00:39C'est l'initiative de plusieurs personnes qui se sont rencontrées
00:43et qui voulaient vraiment créer un projet autour de l'alimentation.
00:46Et la particularité, c'est aussi autour du lien social.
00:49Donc c'était mélangé les deux.
00:50Et donc du coup, on a un restaurant participatif et solidaire.
00:54Donc participatif, c'est-à-dire que tout le monde est bienvenu en cuisine,
00:56et solidaire, parce qu'on est appris conscients de la problématique.
01:00En fait, quel a été un petit peu l'élément déclencheur, le déclic ?
01:03Vous vous êtes dit un jour, bon, tiens, ça c'est important, il faut le faire.
01:06On s'est basé sur un modèle déjà existant, qui est le modèle de Comme à la Maison,
01:10qui est un autre restaurant participatif et solidaire à Etterbeck,
01:13qui a été un des premiers à Bruxelles,
01:15et qui a organisé des sessions d'information,
01:17et donc qui a été un peu notre trame de base, en fait.
01:19Alors, à qui s'adressent, disons plus concrètement, toutes vos activités,
01:23et quel est un petit peu le profil des personnes que vous touchez essentiellement ?
01:26En fait, on s'adresse à tout le monde, c'est vraiment notre objectif,
01:29c'est la mixité, c'est de se dire, on peut tous se réunir à table,
01:31peu importe d'où on vient, nos moyens,
01:33avec ce que permet le prix conscient.
01:37Et on observe qu'à table, on a vraiment une vraie mixité.
01:41En cuisine, on va avoir plutôt des personnes qui sont isolées,
01:44ou avec des problèmes de santé mentale,
01:46ou qui ont besoin de s'occuper un peu dans la journée.
01:48On a parlé donc du cadre du festival Quartier Vivant,
01:51vous étiez présente d'ailleurs lors de cet événement à Scarbeck,
01:55c'était fin mai.
01:56Que représentait un petit peu cet atelier cuisine pour vous ?
02:00Alors, pour nous, c'est un classique,
02:01en fait, on organise régulièrement des ateliers de cuisine,
02:04en fait, notre cuisine est ouverte,
02:05là, l'idée, c'était de l'ouvrir dans le cadre d'un festival,
02:08dans le cadre d'un événement, aux participants.
02:10Pour être honnête, on a eu peu de participation,
02:12par contre, on a eu beaucoup de participation pour aider,
02:13après, sur le bar, la tenue du bar,
02:15donc c'était aussi quelque chose d'autre.
02:16C'était chouette.
02:17Est-ce que cet atelier de cuisine apporte quelque chose,
02:20disons, de différent, d'autres formes d'aide alimentaire
02:23que ne peuvent pas s'offrir ?
02:25Nous, on ne se considère pas comme faisant partie de l'aide alimentaire,
02:28même si, concrètement, c'est ce qui va se passer.
02:31Ce que ça apporte de différence, c'est la fierté du faire ensemble,
02:34c'est la fierté de « c'est moi qui l'ai fait »,
02:37et c'est la découverte de cuisines autres,
02:39de nouvelles rencontres, de personnes que vous n'auriez peut-être pas forcément côtoyées.
02:43Donc, il y a tout ça qui fait un super mix
02:45et qui fait qu'en dehors du fait qu'on a cuisiné,
02:47où on mange, il y a tout un tissu social qui se crée,
02:51qui est vraiment super chouette.
02:52Alors, dans quel quartier de Bruxelles-Lois vous êtes actif,
02:55et pourquoi ces quartiers en particulier ?
02:57Alors, principalement Scarbeck, puisqu'on est vraiment implanté à Scarbeck depuis le début.
03:02On a occupé une première occupation temporaire,
03:05et là, on est dans une seconde, qu'on doit quitter fin septembre.
03:08Et toujours dans le même quartier, le quartier de la Reine.
03:10C'est un quartier qui est assez mixte, culturellement,
03:13au niveau aussi, on peut avoir des personnes qui sont des employés de bureau,
03:16qui viennent manger, comme des personnes...
03:19En fait, on en a une vraie mixité, ça, ça nous touchait.
03:22Et puis, on a eu aussi un appui, quand on a lancé la Marmite,
03:24on a eu un appui de la Commune, via le CLAD,
03:27qui était la caisse qui promeut l'alimentation durable.
03:31Et que ça, ça nous a aidés, c'est au même moment.
03:33Donc, il y avait un vrai appui.
03:34Alors, justement, le nerf de la guerre pour pas mal d'ISBL, ce sont les sous.
03:39Comment se finance Marmite ?
03:42Entre subsides publics, dons privés, partenariats,
03:44comment ça fonctionne un petit peu ?
03:45Je ne vais pas vous le cacher, c'est compliqué.
03:48Comme pour toutes les associations en ce moment, particulièrement.
03:51On a un tiers de nos revenus qui vient de nos ressources propres,
03:55c'est-à-dire la vente de nos repas, les événements qu'on peut organiser.
03:57Et deux tiers qui proviennent de financements externes,
04:01donc des subsides, des financements...
04:03On recherche aussi des fondations.
04:07Là, nos subsides s'arrêtent fin septembre.
04:10Donc, il y a une vraie question qui se pose par rapport au futur de la Marmite.
04:13Et on est en recherche assez active d'argent.
04:17Oui, d'argent, le problème de portefeuille.
04:19Il y a aussi les problèmes sur le terrain.
04:21Qu'est-ce que vous rencontrez comme souci financier, logistique ou humain sur le terrain quand vous travaillez ?
04:26Alors, sur le côté logistique, on n'a plus de lieu aussi à partir de mi-septembre.
04:33Donc là, on est aussi en recherche active.
04:35Donc, on a quand même beaucoup de grosses problématiques.
04:37Mais ça, c'est une des questions principales.
04:39Et sur la question humaine, en fait, je trouve qu'on...
04:44En termes de bénévoles, de personnels sur le terrain.
04:48En vrai, et donc là, c'est un vrai appel, on serait ravis d'avoir un collectif engagé.
04:53On a beaucoup de personnes qui ont aussi une vie assez prenante
04:55et qui ne peuvent pas toujours se libérer du temps pour être moteurs aussi de l'association.
04:59Et nous, ce qu'on voudrait, c'est que l'ASBL ne soit pas juste tenue par des salariés,
05:02mais que ce soit vraiment un projet qui soit géré par des personnes qui considèrent que c'est le leur,
05:07en fait.
05:07Oui, voilà, ça illustre bien tout le travail que font pas mal d'ASBL et souvent avec des moyens limités.
05:12La précarité alimentaire dans notre capitale s'aggrave.
05:16Vous l'observez sur le terrain directement ?
05:18Oui, on l'observe. La participation financière baisse.
05:22On a de plus en plus d'habitués aussi qui viennent avec peu de moyens.
05:25On le sait. La taille des assiettes grandit.
05:29Et on a fait une enquête récemment.
05:32Un tiers des personnes qui viennent nous voir sont des personnes qui vivent seules.
05:36Et un tiers des personnes sont sous le seuil de pauvreté.
05:38Donc c'est quand même énorme.
05:40Et en fait, la pauvreté a doublé en 10 ans.
05:45Donc c'est énorme.
05:46Alors, travailler autour de la nourriture dans des quartiers multiculturels, on le sait,
05:50c'est aussi composé avec des cultures, des traditions très différentes.
05:55Comment vous vous y prenez ? Parfois, il y a peut-être la barrière du langage.
05:58Il y a la barrière de la langue.
06:00Là, dernièrement, on a fait un repas avec SSN qui est Support Solidarity Soudan.
06:06On a fait la cuisine soudanaise avec une personne qui était soudanaise mais qui ne parlait pas français ni anglais.
06:13On s'est coupé.
06:14On s'est coupé, on avait les interprètes.
06:16Et au final, c'est vrai que c'est un langage commun, la cuisine.
06:18Et il y a également, oui, en fait, la partie de la langue, finalement, n'est pas tellement l'obstacle.
06:23La partie culturelle, finalement, c'est plutôt quelque chose de riche, c'est quelque chose de chouette.
06:27Et c'est ce qu'on met en avant tous les premiers dimanches du mois, d'avoir un repas qui
06:30soit avec une proposition culinaire autre que celle belge classique.
06:34Et également, en fait, on est un restaurant végétarien.
06:37Et ça permet aussi d'aplanir certaines difficultés par rapport à Cacher, Port.
06:42Oui, voilà.
06:43Alors, vous ne travaillez pas seul.
06:45Avec quel partenaire institutionnel vous collaborez ?
06:48Je pense aux communes, aux CPS, aux associations, par exemple.
06:51La commune, je vous parlais du CLAD.
06:53On a eu aussi un soutien de la commune qui, avec ses moyens limités, essaie de nous aider.
06:58On a bossé avec le CPS, mais pareil, là, les moyens sont vraiment très limités en ce moment.
07:04On travaille avec d'autres assos, notamment, par exemple, le CEDAS, qui est pour les primo-arrivants, qui apprennent le
07:11français, qui organise des ateliers chez nous.
07:13On travaille avec d'autres associations qui placent des personnes qui sont soit isolées, soit des écoles spécialisées, qui cherchent
07:19des endroits où mettent les personnes dont elles s'occupent, pour qu'elles puissent être actives dans la journée.
07:24Donc, on a quand même un large panel.
07:27Et puis, on travaille aussi avec l'Arpente pour la partie culturelle.
07:30On organise des événements culturels, souvent le jeudi soir, autour de, principalement, des conférences gesticulées une fois par mois.
07:35On est aussi en lien avec la Maraude de Bruxelles, donc, pour redistribuer.
07:39Donc, on a quand même beaucoup de partenaires, c'est assez chouette.
07:41Alors, Stéphanie, si vous devez vous juger ou jauger votre travail, quels, disons, résultats concrets vous pouvez mesurer après quelques
07:49années d'existence ?
07:50Alors, ça fait deux ans, donc on a encore des bébés.
07:54Et aussi, il y a une grande différence, c'est qu'on a eu une année où on avait juste
07:56ouvert un jour par semaine.
07:58Et là, depuis un an, depuis qu'on est à Marbray, on a ouvert quatre jours et demi par semaine.
08:02Donc, on a quand même énormément augmenté notre capacité d'accueil.
08:07On a également aussi, maintenant, des habitués, donc des personnes qui sont envoyées, soit par les institutions, soit qui viennent
08:11d'elles-mêmes, qui viennent de manière récurrente.
08:13Donc, ça, ça change aussi beaucoup.
08:14Enfin, on sent vraiment qu'on a créé une communauté autour du projet, que ce soit avec les habitants, les
08:19personnes qui viennent de l'extérieur, les personnes qui viennent juste manger.
08:23Et ça, c'est super chouette.
08:24Alors, les temps sont difficiles et compliqués, on l'a compris, mais cela n'empêche pas de penser à de
08:30nouveaux projets, à de nouvelles initiatives, peut-être, à développer ?
08:33Pour l'instant, je vous avoue qu'on se concentre vraiment sur le fait de chercher un lieu, l'argent.
08:38Parce qu'en fait, c'est ça qui va déterminer aussi...
08:40En fait, même en fonction du lieu, par exemple, là, on discute avec d'autres lieux qui ont d'autres
08:44initiatives.
08:44On se dit, selon le lieu où on sera, je pense que la géométrie du projet variera aussi, en fait.
08:51Alors, peut-être avant de nous quitter, si vous avez un message à faire passer aux Bruxellois qui voudraient s
08:56'impliquer, justement, soutenir votre travail ?
08:58C'est de venir, venir manger, venir cuisiner.
09:01Également, on n'y pense pas trop, mais venir organiser un repas d'équipe, par exemple, ou un repas à
09:06plusieurs chez nous.
09:07Ça nous permet d'avoir des prix qui peuvent justement augmenter par rapport au prix moyen qui est assez bas.
09:12Alors, où vous trouvez toutes les infos pratico-pratiques de l'ESBEL ?
09:15Sur notre site internet, donc lamarmite.be.
09:18Là, vous avez toutes les infos sur notre Instagram, sur notre Facebook.
09:20Et là, vous avez aussi le calendrier avec ce qu'on fait, parce que notre calendrier varie chaque mois.
09:24Alors, je vous conseille d'aller jeter un petit coup d'œil sur le site de l'ESBEL Marmite, ça
09:28vaut le coup.
09:28Merci beaucoup, Stéphanie, d'avoir été avec nous.
09:29Merci beaucoup, Tariq.
09:30On se retrouve dans quelques instants pour la deuxième partie de votre Carrefour de l'Info.
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