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00:00Le carrefour de l'info sur Arabelle.
00:06Et on débarque ce carrefour de l'information pour revenir sur l'Africa Day.
00:11C'était le 25 mai dernier, une journée symbolique liée à l'Afrique
00:14pour parler de la mémoire coloniale, des libertés fondamentales
00:17et pour nous en parler, qui de mieux que Karine Thibault,
00:20directrice générale d'Amnesty International Belgique francophone,
00:23qui est avec nous. Bonjour Karine Thibault.
00:24Bonjour.
00:25Alors on va tout de suite attaquer dans le vif du sujet,
00:29la Belgique et son fameux passé colonial.
00:32Est-ce que c'est assumé ou pas assumé vraiment en 2026 ?
00:37C'est pas assumé, pas tout à fait en tout cas,
00:40parce qu'en fait on a eu tout un travail qui s'est joué au Parlement.
00:44Donc au Parlement on a eu une longue commission qui s'est réunie,
00:47qui a remis un rapport de 700 pages,
00:49qui fait l'analyse du passé colonial belge,
00:51que ce soit en République démocratique du Congo, au Burundi ou au Rwanda.
00:54Et puis cette commission a complètement échoué sur les résolutions
00:59et sur les décisions du gouvernement,
01:00sur la question des excuses et des réparations.
01:04Et donc on a eu que des regrets qui ont été exprimés,
01:07en tout cas par la royauté, par la monarchie,
01:08au moment d'une visite en République démocratique du Congo.
01:11Mais le gouvernement belge n'a pas,
01:13sur le passé colonial en tant que tel,
01:14émis des excuses et ouvert la voie des réparations,
01:18qui ne sont pas que financières, mais qui peuvent être symboliques.
01:20Par contre, ce qui est utile de dire,
01:22c'est que par contre la justice belge a fait son travail,
01:24et très récemment, ça date de la semaine passée,
01:27la Cour de cassation a confirmé un arrêt
01:29qui est aux yeux de l'amnestie internationale historique.
01:32Parce que c'est la première fois que la justice européenne,
01:35donc une Cour de justice européenne,
01:36dans ce cas-ci c'était la Cour d'appel,
01:38a défini que l'État belge, dans ce cas-ci,
01:41ou qu'en tout cas une expuissance coloniale,
01:43avait commis des crimes contre l'humanité.
01:46Et il se fait que c'est dans le cadre de la façon
01:49dont l'État belge a traité les enfants métisses.
01:51Donc à l'époque de la colonie,
01:53il y avait une politique systématique
01:54d'enlever les enfants métisses de leur maman,
01:58en général, qui étaient des très jeunes femmes,
02:00de 15, 16, 17 ans,
02:01et de falsifier par ailleurs leur identité
02:03pour couvrir en fait la reconnaissance paternelle
02:06qui pouvait avoir eu lieu à certains moments,
02:07ou couvrir en tout cas l'identité du père,
02:10qui était un père blanc,
02:11et les confier à des missions religieuses.
02:13Et donc, pour la première fois,
02:14cinq femmes, qui sont cinq femmes métisses,
02:17qui ont des âges avancés,
02:18elles ont en général plus de 80 ans,
02:21elles sont nées en 1948 et 1952,
02:23dans cette période-là.
02:24Eh bien, ces cinq femmes métisses,
02:25elles ont eu le courage de porter plainte en justice
02:29pour attaquer l'État belge.
02:31Elles n'ont pas gagné en première instance,
02:32mais elles ont gagné en deuxième instance.
02:33Et donc, c'est la première fois
02:35qu'en fait, il y a une décision de justice
02:37au niveau européen
02:38qui reconnaît que les crimes du passé
02:40commis pendant la période coloniale
02:42sont des crimes contre l'humanité
02:43et qui nécessitent réparation.
02:45Et dans ce cas-ci,
02:45elles ont eu une réparation.
02:47Et la Cour de cassation
02:48vient de confirmer ce jugement.
02:49Et donc, pour nous,
02:49c'est un verdict absolument historique.
02:52Et c'est un verdict qui doit se reproduire
02:54dans d'autres cours et tribunaux
02:55et qui ouvre vraiment la porte
02:57à reconnaître que les crimes coloniaux
02:59sont des crimes,
03:00sont des crimes au même titre
03:01que d'autres crimes,
03:02des crimes contre l'humanité
03:03pour la plupart.
03:05Et que les victimes
03:06qui sont maintenant très âgées,
03:07qui ont eu leur vie absolument détruite,
03:09parce qu'on leur a volé leur identité,
03:11elles ont été enlevées à leur maman,
03:13elles se sont retrouvées
03:14dans des situations
03:16vraiment très dures.
03:16Et puis, à l'indépendance,
03:17on les a aussi laissées.
03:19Elles ont été victimes de viol,
03:20par ailleurs,
03:21au moins de l'indépendance.
03:22Et même pour avoir
03:23la nationalité belge,
03:24elles ont eu beaucoup de difficultés
03:25parce qu'elles n'ont pas
03:26accès à leurs documents.
03:27Donc, voilà.
03:28Je voulais juste pointer ça
03:29parce que,
03:30d'un point de vue politique,
03:31la Belgique n'a pas fait le travail,
03:33clairement.
03:33Il n'y a pas eu d'excuses,
03:35il n'y a pas eu d'ouverture
03:36vers un débat
03:37sur la restitution,
03:38la réparation,
03:39et ainsi de suite.
03:39Donc, on a eu une commission parlementaire
03:41qui a fait un gros travail,
03:42il faut aller le lire,
03:42de 700 pages,
03:43mais ça n'a pas débouché
03:45à cause de dissensions politiques
03:46sur une position prise
03:48par la Belgique.
03:49Et au niveau de la monarchie,
03:50on a eu l'expression de regret,
03:51mais pas d'excuses.
03:53Or, il faut quand même
03:53le rappeler
03:54que des crimes coloniaux
03:55ont été commis
03:56et qu'une grande partie
03:57de la richesse de la Belgique,
03:58entre autres, par exemple,
03:58Bruxelles,
03:59je viens de passer
04:00par le cinquantenaire,
04:01sont issues de,
04:02en fait,
04:02l'extraction des richesses
04:04au moment de la colonie.
04:05On va parler des jeunes
04:06afro-descendants nés en Belgique,
04:08si vous le voulez bien,
04:10des jeunes qui portent
04:11ce poids de l'histoire au quotidien.
04:14Est-ce que Amnesty
04:14les accompagne comment ?
04:16Alors, Amnesty
04:17n'accompagne pas
04:17les personnes directement.
04:19On ne fait pas un travail
04:20direct d'accompagnement.
04:22Mais par contre,
04:23ce qu'on fait,
04:24c'est en tout cas
04:25faire des campagnes
04:26et du plaidoyer.
04:27Et dans le cadre actuel,
04:29en tout cas,
04:29nous, on considère
04:30qu'on ne peut pas
04:31lutter contre le racisme
04:32si on ne parle pas
04:33du passé colonial.
04:34Et c'est essentiel
04:35de se rendre compte
04:35qu'il y a quand même
04:36une grande méconnaissance
04:37du passé colonial
04:38dans la société belge
04:39et qu'il est insuffisamment
04:41enseigné.
04:42Et que donc,
04:43on a quelque part
04:44quelque chose
04:45qui a fondé
04:46la ségrégation raciale,
04:48la différence entre les personnes,
04:49qui n'est pas enseignée,
04:50qui n'est pas analysée.
04:51Or, il continue
04:52d'être un substrat
04:53qui nourrit
04:54clairement les discriminations
04:56envers les personnes
04:56afro-descendantes.
04:57Donc, pour nous,
04:58il est essentiel
04:59d'avancer.
05:00C'est pour ça que cet arrêt,
05:01il est historique aussi,
05:02évidemment,
05:03d'avancer dans la justice,
05:05dans la réparation,
05:06dans la reconnaissance
05:07et sortir du silence
05:09ou de seulement la connaissance,
05:10mais d'aller un pas plus loin
05:11pour pouvoir aussi
05:12attaquer
05:14les questions de racisme
05:15et dont sont victimes
05:17les personnes afro-descendantes.
05:18Il y a eu suffisamment
05:19de commissions,
05:20même internationales,
05:21qui ont démontré
05:22que la Belgique
05:22avait encore beaucoup à faire,
05:24par exemple,
05:24en matière de discrimination
05:25à l'embauche
05:26ou de discrimination
05:27au logement.
05:28Et là, il faut le rappeler,
05:29on n'a toujours pas
05:30un plan fédéral
05:31de lutte contre le racisme
05:32qui soit un plan
05:34qui soit pas seulement fédéral,
05:35mais qui soit aussi
05:36avec les différentes entités
05:37qui permettent
05:38d'être plus proactifs
05:39dans la lutte antiraciste.
05:41Alors, Karine Thibault,
05:42déboulonnait des statues,
05:43renommée des rues,
05:45ce sont des symboles utiles
05:47ou selon certains,
05:48des simples alibis
05:49pour éviter
05:50un vrai travail de fond ?
05:52Je pense qu'Amnesty
05:53ne se positionne pas tellement
05:54sur le fait de savoir
05:57est-ce que c'est de la Libie ou pas.
05:59Par contre,
06:01le fait de transmettre
06:02l'histoire coloniale,
06:03et ça ne se transmet pas seulement
06:04à travers l'enseignement,
06:05mais à travers aussi
06:06ce qu'il y a comme marque
06:09dans notre ville,
06:10dans nos villes,
06:11dans notre pays,
06:12comme marque du passé colonial,
06:14c'est essentiel.
06:14Alors, est-ce qu'il faut
06:16déboulonner les statues
06:17ou au contraire,
06:18mettre à côté des statues
06:18des éléments explicatifs ?
06:20En tout cas,
06:21je pense que c'est essentiel
06:22que le passé colonial
06:23ne soit pas naturalisé
06:25sans qu'il y ait d'explications.
06:26Et il y a suffisamment
06:27de marques
06:29à Bruxelles
06:30ou ailleurs
06:30du passé colonial
06:31et de l'expression
06:32de ce qu'était
06:33la suprématie blanche,
06:34en fait.
06:35Et donc,
06:35c'est pour ça
06:36qu'il est essentiel
06:37qu'on puisse
06:40expliciter
06:40les noms des rues,
06:41qu'on puisse
06:42se poser la question,
06:43enfin, on l'a fait,
06:44qu'il y ait une place Louboumba,
06:46qu'on ne laisse pas
06:47dans l'espace public
06:48des choses
06:48qui expriment
06:49la suprématie blanche
06:50sans les encadrer.
06:51Donc, voilà,
06:52c'est ça qui est essentiel.
06:53Mais je l'ai redit,
06:54ceci ne suffira pas
06:55s'il n'y a pas ailleurs
06:56un autre travail
06:57qui est fait.
06:57Et c'est pour ça
06:58que l'arrêt rendu
06:59par la Cour de justice,
07:00j'espère,
07:01va avoir des influences
07:01aussi dans d'autres
07:03Cours de justice,
07:03mais aussi au niveau politique.
07:04Et de facto,
07:05cinq femmes ont obtenu
07:06réparation pour les torts
07:07que la Belgique leur ont fait.
07:09On le sait,
07:10il y a pas mal de conflits
07:14le drame qui se joue
07:16en ce moment au Soudan.
07:18Est-ce que la Belgique
07:19respecte ses engagements
07:21internationaux
07:21envers les personnes
07:22qui fuient justement
07:23ces zones compliquées
07:24qui fuient l'Afrique ?
07:25On est dans une situation
07:27absolument dramatique
07:28parce que la Belgique
07:29est le plus grand
07:31désobéissant de ce pays
07:32ou au sens où
07:32elle ne respecte pas
07:33les décisions de justice.
07:34Il y a plus de,
07:35maintenant,
07:3516 000 condamnations
07:36en justice de l'État belge
07:38pour, en fait,
07:39le non-respect
07:40de l'accueil
07:40des demandeurs
07:41et demandeuses d'asile.
07:42Donc, ce qu'on ne dit pas,
07:43c'est que
07:44est-ce que la Belgique
07:46respecte la procédure d'asile ?
07:47Je pense qu'on a
07:48des instances indépendantes
07:49qui analysent
07:50les cas individuels
07:51des personnes
07:51et qui reconnaissent
07:52si les personnes
07:53vivent des persécutions
07:54à titre individuel
07:55et leur donnent
07:55le statut de réfugié.
07:56Mais c'est plutôt
07:57au moment où elles font
07:57la demande d'asile
07:58quand elles arrivent en Belgique
07:59qu'en fait,
08:00on se retrouve
08:00dans une situation
08:00dans laquelle
08:01il y a encore
08:02des gens
08:02qui se retrouvent
08:03à dormir à la rue
08:04parce qu'on ne leur donne
08:04pas le minimum.
08:06Ça veut dire un toit
08:08à manger
08:08et avoir chaud
08:10quand, en tout cas,
08:11il fait froid.
08:13Mais donc, de facto,
08:14la Belgique ne respecte pas
08:15ses obligations
08:16en matière d'accueil.
08:17Et ça, c'est dramatique
08:18parce qu'on a un gouvernement
08:19qui est totalement indifférent
08:20par rapport à ça,
08:21qui s'assoit
08:22sur des décisions de justice
08:24qui est inacceptable
08:25pour n'importe quel citoyen
08:26et citoyenne.
08:27Et donc, c'est là
08:27où le bas blesse.
08:29Et donc, voilà,
08:30je crois que ça,
08:31c'est quelque chose
08:31sur lequel on...
08:32C'est grave, hein,
08:33parce qu'on est quand même
08:34dans un glissement
08:35de plus en plus grave.
08:36C'est pas parce qu'on est élu.
08:39Aline Van Bossoy,
08:40qui est la ministre de la Migration,
08:41dit,
08:41« Mais moi, j'ai le soutien
08:41de la population ».
08:42C'est pas parce qu'on est élu
08:43qu'on s'affranchit des lois.
08:44Comme tout le monde,
08:45un gouvernement est aussi tenu
08:46de respecter les lois
08:47qui ont été décidées
08:49au niveau belge
08:50ou au niveau européen.
08:51Et donc, c'est là
08:51où on voit un glissement
08:53et un non-respect
08:54de l'État de droit
08:55comme si tout un chacun
08:56pourrait décider
08:56qu'on ne respecte pas
08:58les décisions de justice.
08:58C'est valable pour un gouvernement
08:59comme pour n'importe quel citoyen.
09:01Alors, j'ai évoqué
09:02à quelques instants
09:02des zones de conflit
09:04en Europe,
09:05sur le continent africain.
09:06Justement,
09:07quelle est la situation
09:07qui préoccupe le plus
09:09cette année
09:10Amnesty International ?
09:11Disons celle que les médias
09:13couvrent trop peu souvent.
09:15Le Soudan.
09:16Clairement, le Soudan.
09:17Après, choisir,
09:19c'est toujours un peu terrible.
09:20On n'a pas à choisir
09:21toute violation
09:21de droits humains est grave
09:22et toute violation
09:23de droits internationales
09:24est grave.
09:26Évidemment,
09:27on se bat sur
09:28de nombreux conflits
09:30mais je dirais
09:30que la situation au Soudan
09:31elle est dramatique.
09:32Elle est dramatique
09:33depuis 2023.
09:35C'est la plus grande crise
09:36au monde
09:37de déplacement.
09:38On a plus de 12 millions
09:39de personnes
09:39qui sont déplacées
09:40à un non-accès
09:41à l'aide humanitaire
09:42et nous,
09:42on n'arrête pas
09:43de tirer la sonnette d'alarme
09:50parce qu'on est
09:51dans une situation
09:52dramatique
09:53où on voit
09:53en tout cas
09:54les civils
09:55payer un prix
09:55très très lourd
09:56à ce conflit.
09:57Des violences sexuelles,
09:59des crimes de guerre,
09:59des crimes contre l'humanité.
10:01Alors,
10:01on a été heureux
10:01de voir que les Nations Unies
10:03ont décidé
10:03de prolonger
10:04l'embargo sur les armes,
10:05de prolonger aussi
10:06une mission d'enquête
10:07mais il faut vraiment
10:08mettre toute la pression
10:09sur celles et ceux
10:10qui alimentent ce conflit
10:12et se méfier aussi.
10:14La région Wallonne
10:15veut revoir
10:15son décret
10:17sur l'exportation
10:17des armes
10:18et octroyer pour nous
10:19beaucoup trop facilement
10:21des licences
10:21pour 5 ans
10:22alors qu'on sait
10:23que tout contexte
10:24est très volatile
10:24donc il faut faire
10:25vraiment attention
10:25à ce que des armes
10:26Wallonne par exemple
10:27ne se retrouveraient pas
10:27dans ce conflit.
10:28Donc oui,
10:28le Soudan
10:29pour Amnesty International
10:31c'est une situation
10:32dramatique
10:32pour les civils.
10:33Alors,
10:34c'est l'heure
10:34de la question
10:35qui fâche
10:35à présent.
10:36Certains gouvernements
10:37africains
10:39accusent
10:40directement
10:41parfois
10:41Amnesty International
10:42d'imposer
10:43une vision occidentale
10:44des droits humains.
10:45Une réponse ?
10:46La réponse
10:47elle est facile
10:48les droits humains
10:49c'est un projet
10:50de société
10:51et utopie
10:51ce qui reconnaît
10:52à tous les humains
10:53quels qu'ils soient
10:54des droits
10:54et que ces droits
10:56sont essentiels
10:56et doivent être respectés
10:57par les gouvernements
10:58et en fait
10:59l'histoire
10:59même des droits humains
11:00ce n'est pas
11:01qu'une histoire
11:01occidentale
11:02ça se fonde aussi
11:03sur une charte
11:04africaine
11:05une charte très antérieure
11:06même à 1948
11:08qui avait construit
11:09cette idée
11:09que le fait
11:10d'être humain
11:11donnait
11:12quelque chose
11:13et des droits
11:13et je pense que
11:15de plus en plus
11:16aussi d'États africains
11:17attaquent les droits humains
11:18mais aussi s'en servent
11:19et se servent
11:19du droit international
11:20c'est le cas
11:21de l'Afrique du Sud
11:21qui est partie
11:22devant la Cour internationale
11:23de justice
11:23contre Israël
11:25pour la situation
11:26à Gaza
11:27c'est le cas aussi
11:28de nombreux États africains
11:29qui ont porté maintenant
11:30auprès des Nations unies
11:31la reconnaissance
11:32de la traite
11:33et de l'esclavage
11:34comme un crime
11:35contre l'humanité
11:36donc tous ces éléments-là
11:37montrent que la tendance
11:38elle est plus bigarrée
11:40je pense que parfois
11:41certains Africains
11:42qui attaquent les droits humains
11:43c'est parce qu'ils attaquent
11:44ils n'ont pas envie
11:45d'être critiqués
11:46sur une partie
11:47des politiques
11:48qu'ils mènent
11:48comme par exemple
11:49la politique sénégalaise
11:51en matière de droit
11:53LGBTQIA plus
11:54qui est particulièrement grave
11:55et violente
11:56et donc voilà
11:57mais qu'en réalité
11:58si on refait l'histoire
11:59des droits humains
12:00ils se fondent aussi
12:01sur des éléments historiques
12:03en Afrique
12:03ils se fondent aussi
12:04par exemple
12:05sur la révolution haïtienne
12:07qui est la première révolution
12:08noire d'indépendance
12:09en 1804
12:09d'un pays
12:10qui était un pays d'esclaves
12:11contre les colons blancs
12:13et qui a toujours dit
12:14que finalement
12:15on avait beau être esclave
12:17on était quand même
12:18un humain
12:18et qu'on avait des droits
12:19Karine Thibault
12:20ne bougez surtout pas
12:21on marque une courte pause
12:22et on se retrouve juste après
12:25Le carrefour de l'info
12:27sur Arabel
12:31Et on retrouve notre invitée du jour
12:33Karine Thibault
12:34directrice générale
12:35d'Amnesty International
12:35Belgique francophone
12:36la liberté
12:38dans le sens plus large du terme
12:41liberté de la presse
12:42liberté d'expression
12:43et le recul global
12:44et y compris
12:45chez nous
12:45ici en Europe
12:46alors comment Amnesty International
12:48réagit face
12:49disons à ce recul finalement
12:51On lance un contexte
12:52très sombre
12:53donc nous ce qu'on constate
12:54c'est que l'ère des prédateurs
12:55a commencé
12:56et quand on dit
12:56l'ère des prédateurs
12:57c'est le fait que des gouvernements
12:58de plus en plus
13:00se définissent comme autoritaires
13:02et utilisent des pratiques autoritaires
13:03pour museler toute critique
13:05et toute dissidence
13:06et on le voit aux Etats-Unis
13:07avec le président Trump
13:08on le voit en Argentine
13:10avec Javier Millet
13:11et on le voit
13:11dans d'autres endroits du monde
13:13que ce soit en Russie
13:13avec Poutine
13:14ou d'autres pays
13:16et évidemment
13:16ce club des autoritaires
13:19a tendance aussi
13:20à soutenir
13:21dans tous les pays
13:22des pratiques
13:22de plus en plus autoritaires
13:23ou des mouvements
13:24qui sont plus
13:26qui veulent museler
13:27la liberté d'expression
13:28et la critique
13:29et c'est vraiment
13:30l'alerte est rouge
13:31parce qu'on voit tant
13:33le fait qu'aux Etats-Unis
13:35on a pu voir
13:35simplement des protestataires
13:37qui protestaient
13:38contre les pratiques
13:39de ICE
13:39donc l'agence
13:40chargée du contrôle
13:41de la migration
13:42de personnes être tuées
13:44à Minneapolis
13:44ça c'était l'année passée
13:46et donc je pense
13:46que ça c'est extrêmement grave
13:48évidemment
13:48c'est la première fois
13:49qu'on voyait ça
13:50aux Etats-Unis
13:50mais on voit aussi
13:52dans d'autres endroits
13:53du monde
13:53la liberté de la presse
13:54est particulièrement
13:55attaquée
13:56des journalistes
13:56qui sont emprisonnés
13:58et en Belgique
13:59on est très attentif
14:01aux nouvelles lois
14:02par exemple
14:02l'avant-projet de loi
14:03du ministre Quintin
14:04sur l'interdiction
14:06de la dissolution
14:07d'associations
14:08de collectifs
14:09qui pour l'instant
14:10n'est pas
14:11sur la table
14:12du gouvernement
14:13donc on attend de voir
14:14mais qui pose
14:15beaucoup de questions
14:15en termes de liberté associative
14:17et s'il y a bien quelque chose
14:18que les Belges font
14:18c'est se réunir
14:19dans des collectifs
14:20et dans des groupes
14:20que ce soit des clubs sportifs
14:21ou des associations de parents
14:23ou des ASBL
14:24et donc voilà
14:25des choses qui nous inquiètent
14:26fortement
14:27et sur la question de la presse
14:28on voit aussi
14:28des attaques très régulières
14:30sur la liberté de la presse
14:32et une plus grande concentration
14:34des médias
14:34qui amène aussi
14:35à peut-être moins de diversité
14:37ou moins de pluralisme
14:38d'opinion dans la société
14:39donc des choses auxquelles
14:40on va devoir être attentifs
14:42et je voulais dire
14:43une des choses
14:43qu'on a dit
14:44dans notre rapport annuel
14:45c'est l'ère des prédateurs
14:46est arrivée
14:46mais l'ère de la résistance
14:47est aussi arrivée
14:48parce que les droits humains
14:49la liberté d'expression
14:50la liberté de la presse
14:51ce ne sont jamais des choses
14:52qui sont acquises
14:53le jour où ça régresse
14:54ce qui tiendra ses droits
14:56c'est les gens
14:56qui les défendront
14:57encore deux
14:58trois petites questions
14:59le temps passe très très vite
15:00on va parler un petit peu
15:01de vous
15:01Karine Thibault
15:02un petit peu votre rôle
15:03votre travail
15:04au sein de l'organisation
15:06et le travail
15:06de l'organisation au quotidien
15:08l'organisation au quotidien
15:10c'est une organisation
15:10qui essaye de faire
15:11qu'en Belgique francophone
15:12on puisse parler
15:13des droits humains
15:14des droits humains
15:14à respecter
15:15ici en Belgique
15:16et je l'ai déjà dit
15:17il y a des signaux
15:18suffisamment graves
15:19comme le non-respect
15:20de l'état de droit
15:20des décisions de justice
15:21par le gouvernement
15:22des atteintes
15:23aux droits des réfugiés
15:24ou de droits des migrants
15:25des atteintes
15:26sur la liberté d'expression
15:27le droit d'association
15:28et donc tous ces éléments-là
15:30font que c'est notre travail
15:31à nous
15:31de lancer l'alerte
15:35et de tout faire
15:36pour convaincre
15:36et c'est aussi
15:37notre travail
15:38de dénoncer
15:39ce qui se passe
15:39à l'international
15:40et clairement
15:40le génocide à Gaza
15:42et ce qui se passe
15:43avec l'application
15:44d'une nouvelle loi
15:45sur la peine de mort
15:46qui vise directement
15:47les palestiniens
15:48ce qui se passe aussi
15:49au Liban
15:50nous inquiète fortement
15:51et nous pensons
15:52que l'Europe devrait
15:53agir en conséquence
15:54et suspendre
15:54cet accord de la honte
15:55qui est l'accord
15:56entre l'Union Européenne
15:57et Israël
15:58qui est bafoué
15:59tous les jours
16:00puisqu'il y a un article 2
16:01qui dit qu'il faut
16:01respecter les droits humains
16:02je ne sais pas
16:03ce qu'il faut encore
16:03à l'Europe
16:04pour considérer
16:05que les gouvernements israéliens
16:06ne respectent plus
16:06les droits humains
16:07ni le droit international
16:08donc voilà
16:09notre enjeu aussi
16:09à nous
16:10c'est de défendre
16:11aussi ce qui se passe
16:12à l'international
16:13et appeler
16:13notre gouvernement
16:14et l'Europe en général
16:15avec évidemment
16:16d'autres états européens
16:17à être cohérentes
16:18avec elles-mêmes
16:19voilà
16:19cohérentes avec elles-mêmes
16:20la conclusion de Karine Thibault
16:22je rappelle que vous êtes
16:23directrice générale
16:23d'Amnistie Internationale
16:24Belgique francophone
16:25merci d'avoir été avec nous
16:26merci beaucoup
16:27et on se retrouve
16:28dans quelques instants
16:28pour la deuxième partie
16:29de votre Carrefour de l'info
16:35et dans votre Carrefour
16:38de l'information
16:39c'est l'heure
16:39de la pause technique
16:40avec Hamza Belakmir
16:42qui vient de nous rejoindre
16:42bonjour Hamza
16:43bonjour Tariq
16:44alors aujourd'hui
16:45vous nous parlez
16:45des nouvelles mesures
16:47de contrôle
16:47des malades
16:48de longue durée
16:49alors de quoi
16:50on parle exactement
16:52absolument
16:52cher Tariq
16:53rappelons-nous
16:54quand même une chose
16:55c'est qu'une société
16:57qui traque
16:58ces malades
16:59au lieu de les soigner
16:59c'est une société malade
17:01le ministre socialiste
17:03flamand
17:03Franck Vandenbrouck
17:05nous présente
17:05ces nouvelles mesures
17:06de chasse aux malades
17:06comme une politique
17:07de retour au travail
17:08avec des gros guillemets
17:09bien évidemment
17:10c'est a priori
17:11très joli sur le papier
17:12mais dans les faits
17:13on organise
17:14ni plus ni moins
17:15qu'une pression administrative
17:17médicale et financière
17:19sur les personnes malades
17:19et j'aimerais
17:21avant tout être clair
17:23personne ici
17:23ne conteste
17:24qu'un retour au travail
17:25puisse être positif
17:26quand il est
17:271. possible
17:282. souhaiter
17:29et 3. bien accompagner
17:30mais ici
17:31quand on parle
17:31d'accompagnement
17:32j'avoue que ça ressemble
17:33de plus en plus
17:34à une convocation
17:35et la main tendue
17:37commence à avoir
17:37la forme
17:38d'un coup de poing
17:39alors concrètement
17:40qu'est-ce qui change
17:40pour les malades
17:41longue durée
17:42chez nous
17:42depuis cette année
17:432026
17:44et bien beaucoup de choses
17:45d'abord
17:45les certificats médicaux
17:47la dispense
17:48de certificats
17:49pour le premier jour
17:49d'incapacité
17:50passe de 3 fois
17:51par an
17:52à 2 fois
17:53donc on perd un jour
17:54les certificats
17:55destinés à la mutuelle
17:56seront limités
17:57à 3 mois
17:58renouvelables
17:59et les médecins
18:00généralistes
18:00devront transmettre
18:01les certificats
18:02de plus de 14 jours
18:03à une plateforme
18:04de surveillance médicale
18:05donc même
18:06les médecins
18:06généralistes
18:07votre médecin traitant
18:08vos médecins traitants
18:08sont fliqués
18:10ensuite le salaire garanti
18:11en cas de rechute
18:13en maladie
18:13avant
18:14si on retombe malade
18:15après 14 jours
18:16un nouveau salaire garanti
18:18pouvait s'ouvrir
18:20désormais
18:20ce délai passe
18:21à 8 semaines
18:22presque 2 mois
18:23autrement dit
18:24si jamais votre corps
18:25vous lâche
18:25à nouveau
18:26trop vite
18:26parce que vous êtes revenu
18:27c'est vous qui payez
18:29alors il y a donc
18:29une sorte de responsabilisation
18:32accrue
18:33des malades
18:34de longue durée
18:34c'est bien ça ?
18:35si vous voulez
18:35mon avis
18:35cher Tariq
18:36je pense que là
18:37on va au-delà
18:38de la responsabilisation
18:39les malades
18:40devront désormais
18:40remplir un formulaire
18:42d'auto-évaluation
18:43et s'ils ne le font pas
18:44convocation
18:45par le médecin conseil
18:47et s'ils ne répondent
18:48toujours pas
18:49là ils perdent
18:50tout simplement
18:51l'indemnité
18:52avant la sanction
18:53était une réduction
18:54de 2,5%
18:55juste pour donner
18:57un signal
18:57aux malades
18:57qu'il faut quand même
18:58qu'ils répondent
18:59maintenant
18:59on passe à la menace
19:00de la perte totale
19:01même logique
19:02pour les convocations
19:03d'ailleurs
19:03ne pas répondre
19:04au coordinateur
19:06retour au travail
19:07en perd
19:0710% des indemnités
19:08ne pas répondre
19:10aux médecins
19:10de travail
19:10dans un trajet
19:11dit de réintégration
19:12c'est la perte
19:13de l'indemnité
19:14tout simplement
19:15et le gouvernement
19:16dira que l'employeur
19:17doit aussi
19:18prendre sa part
19:19oui
19:19il y a quelques obligations
19:20pour les employeurs
19:21qui nous écoutent
19:22par exemple
19:22ils devront inscrire
19:24dans le règlement
19:24travail
19:25une procédure
19:26pour maintenir
19:26le contact
19:27avec les travailleurs
19:28en incapacité
19:29qui les contacte
19:31à quelle fréquence
19:31etc
19:32mais attention
19:33ce contact
19:34ne peut
19:34en aucun cas
19:36devenir
19:36du harcèlement
19:37déguisé
19:37le contrat
19:38est suspendu
19:39donc le travailleur
19:40ou la travailleuse
19:40malade
19:40n'est pas
19:41obligé de répondre
19:42il n'a pas
19:44ou elle n'a pas
19:44à raconter
19:45son diagnostic
19:45son intimité
19:46sa dépression
19:47son cancer
19:48son burn-out
19:49tout simplement
19:49à son chef
19:50alors vous parliez aussi
19:51du temps partiel
19:52médical
19:53oui
19:53et c'est essentiel
19:54on a presque
19:55toutes et tous
19:55autour de nous
19:57un proche
19:58une amie
19:58un ami
19:58qui était en mi-temps
19:59médical
19:59le fameux mi-temps
20:00médical
20:00et bien une travailleuse
20:01malade par exemple
20:02peut vouloir reprendre
20:04progressivement
20:05c'est souvent une bonne
20:06solution d'ailleurs
20:06mais cette reprise
20:07progressive
20:08et bien le patron
20:09peut la refuser
20:10mais si jamais
20:11il l'accepte
20:12il faut absolument
20:12rajouter à ça
20:13un avenant
20:15au contrat
20:15avant la reprise
20:16qui précise
20:171. le type de travail
20:192. le nombre d'heures
20:20l'horaire
20:21le salaire
20:21etc
20:22j'attire juste
20:23l'attention
20:23de notre audience
20:24sans cet avenant
20:25au contrat
20:26l'employeur
20:27le patron
20:28donc garde
20:28une marge
20:29énorme
20:29pour modifier
20:30les choses
20:30dans son intérêt
20:31voilà donc le paradoxe
20:33de cette politique
20:34de chasse aux malades
20:34on prétend
20:35encourager
20:36les retours progressistes
20:37des malades au travail
20:38mais on fragilise
20:39celles et ceux
20:40qui veulent reprendre
20:41dans de bonnes conditions
20:42cher Tariq
20:43reprendre le travail
20:44ne doit jamais
20:45au grand jamais
20:46vouloir dire
20:47reprendre le risque
20:48de se casser
20:48une deuxième fois
20:49voilà c'était la conclusion
20:50de la chronique
20:51de Hamza Belakbir
20:52merci d'avoir été avec nous
20:53merci cher Tariq
20:54merci d'avoir regardé cette vidéo
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