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00:00Le carrefour de l'info sur Arabelle.
00:07Et avant de voir l'actualité internationale, toute autre chose chez nous,
00:10à l'occasion du festival de la transition alimentaire Nourrir Bruxelles,
00:14une action symbolique et engagée, qui se prépare donc au cœur d'XL,
00:19le collectif Le Gratin de la Colère organise un banquet de l'indignation
00:22pour dénoncer les inégalités de notre système alimentaire.
00:26Et pour nous en parler, nous avons le plaisir de recevoir Brigitte Grisard,
00:29chargé de mission Wallonie Bruxelles, Concertation Aide Alimentaire.
00:33Bonjour.
00:33Bonjour.
00:34Merci d'être avec nous sur Arabelle.
00:35Alors peut-être on va commencer par le commencement.
00:36On peut nous présenter un petit peu ce collectif, Le Gratin de la Colère,
00:40et un petit peu votre rôle dans cette mobilisation.
00:43Donc Le Gratin de la Colère, c'est un collectif qui regroupe
00:45différentes associations et citoyens.
00:48Associations d'aide alimentaire, associations qui travaillent pour le droit à l'alimentation,
00:51associations qui reconnaissent et qui fédèrent les producteurs locaux,
00:55des associations d'éducation permanente.
00:57Bref, on est un collectif qui travaille autour de ce droit à l'alimentation,
01:02et dont la Fédération des services sociaux.
01:04Et donc ça fait plusieurs années que chaque année on se mobilise,
01:06soit dans le cadre de la journée du droit international à l'alimentation,
01:10et cette fois-ci dans le cadre du festival Nourrir Bruxelles.
01:13Et l'idée c'est de se fâcher un peu.
01:15Voilà.
01:15Donc est-ce que vous pouvez nous présenter justement ce banquet,
01:18je cite, de l'indignation qui est prévu dans quelques jours,
01:21le 16 à Excel.
01:22Pourquoi, disons, avoir choisi cette forme d'action ?
01:25Alors c'est d'abord avant tout pour montrer un visuel.
01:28Donc ce sera un banquet gastronomique, très joli, avec des tables, des serviettes,
01:32des nappes, des bougeoirs.
01:33Et on va inviter les personnes qui seront présentes sur la place Fernand-Cocq,
01:36de 16h à 17h, à venir s'asseoir autour du banquet.
01:40Et on leur servira du vide.
01:42Donc en fait, il n'y aura rien à manger dans le banquet.
01:44L'idée est de dénoncer en fait le vide des assiettes des personnes,
01:48le vide des frigos, le vide des financements publics,
01:51le vide aussi de soutien à l'agriculture paysanne.
01:54Donc c'est une action symbolique pour montrer à quel point la situation est quand même catastrophique.
01:58C'est un événement qui s'inscrit, je rappelle, dans le festival Nourrir Bruxelles.
02:01Ce cadre, c'est important pour faire passer votre message ?
02:04Oui, parce que le festival Nourrir Bruxelles prône pour une transition alimentaire juste,
02:08écologique et sociale.
02:09Et le gratin de la colère est complètement aligné avec les objectifs de ce festival.
02:13Alors vous parlez d'un système alimentaire malade, ça mérite quelques explications peut-être ?
02:19Oui, alors pour rappel en Belgique, par exemple, il y a 11% de personnes qui décèdent à cause de
02:23la mauvaise alimentation.
02:24On a 600 000 personnes qui ont recours à l'aide alimentaire.
02:27Donc des gens qui ne choisissent pas leur alimentation, qui ont accès à une alimentation de qualité
02:31et donc qui ont des problèmes de santé graves dus à cette mauvaise alimentation.
02:37C'est un système aussi qui détruit la planète.
02:3930% des émissions de gaz à effet de serre au niveau de l'Europe sont produites à cause de
02:43l'agro-industrie.
02:45Donc on voit que c'est malade à tous les niveaux.
02:47C'est malade pour les individus et c'est également malade pour la planète.
02:50On entend souvent que l'alimentation c'est une question individuelle.
02:53Mais en quoi s'agit-il selon vous plutôt d'un problème structurel finalement ?
02:58Manger est peut-être un acte individuel, voire même collectif.
03:01On aime bien manger ensemble.
03:02Par contre, l'accès à une alimentation est un problème à l'heure actuelle de société.
03:06Je rappelle que le droit à l'alimentation en Belgique a été reconnu et signé par l'État belge.
03:11Il n'est pas encore effectif.
03:12Mais ce droit à l'alimentation fait partie de ce qu'on appelle des droits économiques et sociaux.
03:17Et donc c'est un droit pour lequel l'État doit intervenir.
03:20Or, quand il y a 600 000 personnes qui ont faim dans ce pays, 90 000 à Bruxelles,
03:25il est grand temps d'intervenir.
03:26Donc oui, c'est un problème de société.
03:28C'est un problème structurel qui doit être résolu par des décisions politiques fortes en ce sens.
03:34Alors Brigitte Grisard, vous pointez aussi certaines inégalités tout au long de la chaîne alimentaire.
03:39C'est les principales victimes de ce système ?
03:42Eh bien, c'est presque toute la chaîne.
03:44On va d'abord commencer par ceux qui produisent une nourriture de qualité.
03:47Donc tout ce qui est producteurs locaux, l'agriculture paysanne, on le sait très bien.
03:52Les gens ne s'en sortent pas financièrement.
03:55L'accès à la terre est très compliqué.
03:57Avoir une... Produire une alimentation de qualité vraiment relève d'un challenge de tous les jours.
04:02Et à l'autre bout, on a des consommateurs qui, eux, tout le monde n'a pas accès à une
04:06alimentation de qualité à l'heure actuelle.
04:08Et au milieu, il y a tous ceux qui travaillent, dans le secteur de l'agro-industrie par exemple,
04:12ou même dans les supermarchés, on ne peut pas dire qu'ils ont des conditions de travail les plus dignes
04:16et les plus adéquates du monde non plus.
04:18Alors vous avez évoqué il y a quelques instants les agriculteurs qui sont en difficulté.
04:23Comment expliquer la disparition de 68% des fermes en 40 ans ?
04:28Oui. Alors on parle bien de fermes familiales, et bien c'est jamais que ce qui se passe aussi au
04:34niveau mondial.
04:35Donc il y a vraiment une main mise sur les terres de la grande... de l'agro-industrie, on va
04:40dire.
04:40Et donc du coup, disparition de l'accès à la terre, de la spéculation foncière qui vient que tout ça
04:45devient très très cher.
04:46Et donc des personnes, il y a une non-reprise des fermes, il y a parfois des expulsions aussi, qui
04:51fait que tout cela disparaît.
04:52Alors on évoque aussi des profits records, vous l'avez dit, dans l'agro-industrie, alors pour avoir une image
04:58à éclairer un petit peu tout cela,
04:59comment expliquer ce décalage entre des bénéfices records et en parallèle la précarité alimentaire croissante ?
05:06Donc les guerres, le changement climatique, la crise en Ukraine, l'inflation, etc., ça bénéficie très fort aux grandes boîtes
05:14de l'agro-industrie.
05:15Elles se font des bénéfices monstrueux là-dessus.
05:18Mais à côté de ça, on sait très bien que ces mêmes crises, ce même changement climatique, ces mêmes guerres
05:22ont un coût sur le coût de la vie.
05:24On le voit bien, il y a une inflation sur le prix des loyers, le prix de l'énergie, le
05:28prix de l'alimentation, tout ça coûte très très cher à l'heure actuelle.
05:31Et donc précarise les gens pour lesquels les revenus n'ont pas spécialement augmenté non plus.
05:36Même s'il y a des indexations salariales, l'écart se creuse de plus en plus.
05:40Alors tout cela aussi a un impact sur le système de la santé publique et l'environnement bien évidemment.
05:45Oui, donc en fait il y a des études qui ont été faites, notamment par la FAO, et j'invite
05:50ceux qui nous écoutent à aller voir le site de Fianne aussi, .be,
05:55où là il y a plein d'études qui montrent sur les coûts cachés de la mauvaise alimentation.
05:59Donc par exemple, quand on produit une mauvaise alimentation, admettons qu'on enlève une grosse entreprise qui a produit de
06:05la mauvaise bouffe,
06:07dépolluer le sol, ça va coûter très cher.
06:08Il y a aussi tous les coûts sanitaires, donc les coûts liés à la mauvaise santé que produit l'alimentation
06:13qui sont aussi catastrophiques.
06:14En Belgique, on parle de 27 milliards de coûts, rien que pour la Belgique, au niveau des coûts sanitaires liés
06:21à la mauvaise alimentation.
06:22C'est énorme, mais vous avez évoqué aussi tout à l'heure le droit fondamental à l'alimentation.
06:27Est-ce que ce droit en 2026 est aujourd'hui insuffisamment reconnu chez nous ?
06:31Oui, il est reconnu, mais il n'est pas encore effectif.
06:34Donc pour l'instant, où est-ce qu'on peut s'en plaindre ? A qui est-ce qu'on
06:36peut s'en plaindre ? Est-ce que c'est possible de s'en plaindre ?
06:39Donc il est reconnu, il est là, maintenant il faut vraiment mettre tout ça dans des pouvoirs législatifs,
06:44il faut traduire ça dans la Constitution et faire en sorte de se battre pour ça.
06:49Et en même temps, je rajouterais qu'en Belgique, on a aussi l'article 23 du droit à la dignité
06:54humaine,
06:54et de facto, l'alimentation se trouve dans ce droit.
06:58Alors à travers toutes ces actions que vous menez, disons, quelles sont vos autres revendications ?
07:03Il y en a beaucoup, dans le cadre du gratin de la colère, c'est tout d'abord garantir ce
07:08droit à l'alimentation,
07:09le rendre effectif, soutenir tout ce qui est l'agriculture juste et durable,
07:13et alors faire en sorte que l'alimentation soit au cœur de toutes les politiques publiques,
07:18quels que soient les niveaux de pouvoir ici en Belgique.
07:20Pour simplifier, un peu schématiser, comment concrètement on pourrait prendre les mesures pour améliorer rapidement
07:26l'accès à une alimentation de qualité pour toutes et tous ?
07:29Eh bien, on pourrait déjà par exemple mettre en place des cantines scolaires gratuites, durables et de qualité.
07:35On pourrait aider et soutenir toutes les personnes qui veulent se lancer dans l'agriculture juste et durable financièrement,
07:41par l'accès à la terre, par un soutien à la formation développée.
07:44Il y a déjà des choses qui existent, c'est aussi renforcer ce qui existe dans ce cadre-là par
07:48exemple.
07:49Peut-être avant de nous quitter, une dernière question, un message à faire passer,
07:52à adresser aux auditrices et aux éditeurs qui nous écoutent et qui se sentent concernés par ces enjeux importants ?
07:58Eh bien, je les invite à venir jeudi à 16h, manger du vide avec nous, place Fernand Coq, pendant une
08:03petite heure,
08:04parce que non seulement on va manger du vide, mais on va aussi chanter, on va faire un flash mob,
08:08on va essayer de faire ça dans la bonne humeur.
08:10Voilà, le banquet de l'indignation prévu le 16 avril à XL avec nous, Brigitte Grisard.
08:15Je rappelle que vous êtes chargée de mission Wallonie-Bruxelles, concertation, aide alimentaire,
08:18alimentaire, merci pour tous ces détails.
08:19Merci à vous, bonne journée.
08:20On se retrouve dans quelques instants pour la suite de votre Carrefour de l'Info, à tout de suite.
08:24Le Carrefour de l'Info sur Arabel.
08:30Et c'est l'heure à présent de la chronique de Hamz Abel Akmir qui vient de nous rejoindre.
08:34Bonjour.
08:35Bonjour.
08:36Merci d'être avec nous sur Arabel.
08:38On parle aujourd'hui de la commission énergie du Parlement fédéral
08:40qui a voté la hausse des axes sur le gaz naturel et le mazout de chauffage à partir du 1er
08:45avril.
08:46On augmente donc les taxes au moment même où les prix de l'énergie augmentent.
08:50Absolument, mon cher Tariq, le diesel est à 2,18 euros, le litre, l'essence est à 1,8.
08:57Les prix de l'énergie sont élevés, les auditeurs et les auditrices doivent le savoir.
09:01Le pétrole grimpe, le gaz grimpe.
09:04Les tensions géopolitiques poussent déjà les prix vers le haut.
09:07Et dans ce contexte, que fait le gouvernement et maires engagés NVA ?
09:10Il ajoute une couche, une taxe de plus, une angoisse de plus.
09:14On nous parle de la responsabilité budgétaire, mais quand une crise énergétique frappe,
09:18la première responsabilité d'un gouvernement, ce n'est pas de prélever davantage,
09:23c'est de protéger contre le marché prédateur.
09:26Alors les défenseurs de cette hausse diront que 78, 79 euros par an, ce n'est pas énorme.
09:31Ce raisonnement est malheureusement hors sol, parce que dans une crise énergétique,
09:35rien n'est trop petit pour ceux qui comptent déjà tout.
09:3978 euros par an pour un ménage moyen, ce n'est pas rien, c'est une facture de plus.
09:43Dans une époque déjà saturée par les factures, c'est l'achat de paires de chaussures pour le petit
09:48qu'on va reporter, c'est le chauffage qu'on baisse, c'est la marge de sécurité qui s'évapore.
09:54Alors plusieurs parties parlent maintenant de blocage des prix, est-ce que c'est réaliste, crédible ?
09:59Je dirais même que c'est nécessaire.
10:01Parce qu'il faut sortir d'un vieux dogme un peu poussiéreux,
10:05celui selon lequel le marché aurait toujours raison.
10:07Même quand il étrangle les budgets des familles, bloquer les prix,
10:11ce n'est pas une hérésie, c'est plutôt un amortisseur.
10:13C'est l'idée simple que, passé à un certain seuil,
10:16l'énergie n'est plus une marchandise comme une autre.
10:19C'est une nécessité vitale.
10:21Il faut aller vers un blocage des prix du carburant,
10:23l'annulation de la hausse des axes sur le gaz,
10:26le découplage du prix de l'électricité à celui du gaz,
10:28et fixer un prix qui soit fondé sur les coûts réels de production,
10:32et bien évidemment, tout en permettant une marge qui soit raisonnable.
10:36Et c'est là, au fond, que se trouve le vrai bon sens.
10:39Et bien évidemment, l'indépendance des énergies fossiles.
10:42Pourquoi l'électricité produite par du nucléaire ou de l'éolien
10:45devrait-elle coûter plus cher ?
10:47Simplement parce que le gaz explose.
10:49Pourquoi transformer chaque crise internationale en jackpot
10:53pour les multinationales de l'énergie ?
10:54Alors mon cher Hamza, les adversaires du blocage diront
10:58qui va payer ?
10:59Et bien la bonne et seule vraie question du moment
11:03ne devrait pas être qui va payer, mais qui doit payer.
11:07Les ménages qui subissent, les multinationales pétrolières,
11:10énergétiques qui encaissent, moi j'ai fait mon choix.
11:12Car enfin, il faut faire ce choix-là.
11:15Soit on considère que l'énergie est un droit à vivre dignement,
11:18soit on continue à l'abandonner aux spéculateurs,
11:21aux conflits géopolitiques et aux dividendes.
11:23Bloquer les prix, réduire les axes,
11:26taxer le surprofit des multinationales de l'énergie,
11:28ce sont des mesures concrètes, claires et réalisables.
11:32Il suffit de deux minutes de courage politique
11:34pour les voter et les rendre possibles.
11:37Cher Tariq, souvent, durant les crises énergétiques,
11:40les gouvernements révèlent toujours leur vraie vérité.
11:43Soit ils protègent les gens contre les prix,
11:46soit ils protègent les prix contre les gens.
11:48Voilà, c'était donc la chronique signée Hamza Benakbir.
11:51Merci d'avoir été avec nous.
11:52Merci Tariq.
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