- il y a 23 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de Richard Ramos, député Modem du Loiret, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:05Notre invité c'est le député Modem, Richard Ramos, député Modem du Loiret.
00:09Bonjour monsieur le député.
00:11Bonjour à toutes et à tous.
00:12Est-ce que Gérald Barmanin aurait dû présenter sa démission ?
00:15Non.
00:16Moi j'étais député quand il était ministre de l'Intérieur,
00:20ça répondait quand j'avais besoin de lui.
00:22Et donc je pense qu'il est l'homme de la situation.
00:25On verra ce qu'il fera après, il sera jugé après.
00:28Mais en tout cas c'est un pragmatique.
00:30Moi je l'ai eu comme ministre de l'Intérieur
00:32et quand j'avais besoin de lui, il était là.
00:34Je vais vous donner un exemple très concret.
00:36On est d'une jeune femme, elle s'est fait la serrée au cutter,
00:40elle arrive au commissariat à Orléans
00:42et à l'époque, elle dit je vais porter plainte.
00:45On lui dit non.
00:46Elle dit je connais le député.
00:47La réponse c'est et moi je connais le pape.
00:50J'ai appelé Gérald, on a réglé le problème.
00:52Et donc je pense que...
00:53Donc il faut connaître le député.
00:55Mais c'est ça le problème.
00:56Il est là le problème.
00:57Pour que certains soient entendus.
00:59Et je vais vous donner plein de...
00:59C'est tragique ce que vous nous racontez.
01:01Mais c'est tragique.
01:02C'est pour ça qu'on porte une part de responsabilité.
01:04Je vais vous donner un autre exemple.
01:06Il y a 15 jours, c'est avant les événements.
01:08Vous pourrez venir en circo regarder.
01:10L'événement c'est la mort de Liana.
01:11Oui, la mort de Liana.
01:13Une jeune fille, dans ma circo, abusée dans le domicile familial, par un proche.
01:20Le type il est mis en prison.
01:22Je demande, le père m'appelle.
01:24Il me dit Richard, monsieur le député, elle veut changer d'appartement.
01:28Vous imaginez que c'est quand même normal.
01:30Qu'elle veuille changer d'appartement là où elle s'est fait abuser.
01:34Et les logements sociaux, ils n'en ont rien à faire que je sois député ou pas député.
01:37Et on me dit, mais ça va être long.
01:39Mais non, c'est un logement prioritaire qu'il faut lui donner.
01:41Oui, enfin, ce n'est pas du tout dans votre mission de faire ça.
01:43Mais si, c'est notre mission.
01:44Moi, je suis député de terrain.
01:45Je suis député d'abord de circonscription.
01:47Mais c'est ma mission.
01:49C'est ma mission.
01:50Écrit par qui ?
01:51Je suis, par moi.
01:52Parce que je suis la courroie de transmission des relations de ceux qui n'en ont pas ou pas assez.
01:57Arrêtez de penser que c'est que des textes qui ne servent à rien.
01:59On est nous sur le terrain.
02:00On est des gens qui viennent nous voir parce qu'ils n'ont pas de solution.
02:03C'est d'abord ça.
02:04Vous soyez désemparés, mais dans ce cas, il faut changer la loi.
02:07Comédien, vous m'avez de nous sortir.
02:08Non, mais monsieur.
02:09Le numéro est énorme.
02:11Venez avec moi.
02:13Venez avec moi.
02:13Le numéro est énorme.
02:14Venez passer 15 jours avec moi.
02:15Je veux bien, mais le numéro est énorme.
02:16On prend date ?
02:17Vous venez avec moi 15 jours.
02:18On verra si c'est du comédien.
02:2015 jours, c'est long.
02:21Ah oui.
02:22Ah bah oui, mais vous allez.
02:2315 jours.
02:24Monsieur le député, je ne vous souhaite pas 15 jours avec Jean-Louis.
02:27Ah oui, moi non plus.
02:28Mettez à la limite 15 minutes.
02:31Non, non.
02:31Oui, mais attendez, parce que là, on parle de quelque chose.
02:33Monsieur Ramos, je comprends que vous soyez absolument indigné par la situation.
02:40On l'est tous, qu'on soit député ou qu'on soit un simple citoyen.
02:44Maintenant, vous avez plus de pouvoir que nous pour changer les choses.
02:47Et là, vous dites, vous faites la justice tout seul dans votre circo.
02:50Mais personne ne vous a demandé de faire ça, puisque dans la loi, ce n'est pas votre mission
02:53et ce n'est pas votre mandat.
02:54En revanche, votre mandat, c'est de faire la loi.
02:56Sauf que vous n'êtes pas foutu de trouver des majorités à l'Assemblée pour faire passer
03:00la loi intégrale qui est demandée par le terrain et qui est demandée par 100 associations
03:03et plus de 110 députés.
03:05Vous n'êtes pas foutu de dépasser vos guerres d'égo pour dire, Attal ou Philippe, ça
03:10m'est égal.
03:10Ce qui m'importe, c'est une loi efficace pour les victimes.
03:14Vous n'êtes pas foutu de dépasser.
03:15Et je vous parle à vous en tant que député, mais je dirais la même chose à toute la classe
03:18politique aujourd'hui.
03:19Vous n'êtes pas capables de légiférer sur des sujets qui font l'absolu consensus
03:23comme mettre les pédocriminels en prison.
03:25Tiens, il n'y a pas de clivage là-dedans.
03:26On est tous d'accord.
03:27Donc en fait, comme vous n'êtes pas capables de faire votre travail, vous essayez de trouver
03:31à Madame X ou Monsieur Y un logement social.
03:34Non, c'est de la faute des députés.
03:35Mais vu que Monsieur Arrive, en nous expliquant qu'il est le grand justicier de ces circonscriptions,
03:41Je n'ai pas dit ça.
03:45Moi, je lui réponds, il n'est qu'une mort sur blanche, que votre métier c'est de faire
03:49la loi, donc faites-la.
03:51Vous vous dites que le député il surjoue, etc.
03:53Nous, on a le droit en circonscription d'avoir des vrais gens dans notre circonscription
03:56qui pleurent dans notre bureau.
03:58Et ce n'est pas surjoué de dire ça.
03:59Donc je ne vous permets pas, quand on essaie de défendre un cas, c'est vrai que Madame
04:03a la raison, qu'on n'est pas foutu à l'Assemblée nationale de se mettre d'accord
04:07sur ce qui devrait être la protection de 15 millions de gens.
04:10Mais vous ne pouvez pas dire qu'on surjoue quand des députés, quelquefois à le bord
04:13politique en circo, ils ont des vies.
04:15Vous savez ce qui nous donne encore le jus ?
04:17Aujourd'hui, ce n'est pas ce qui se passe à l'Assemblée nationale.
04:19C'est parce que concrètement, on arrive à régler un cas, un deuxième cas.
04:23Ah mais je remarque, mais Monsieur Ramos, je remarque comment vous avez réussi.
04:28Ah, je ne s'en fous pas.
04:29Mais boit du café, tu aurais du jus.
04:31Pardon, mais je ne comprends pas pourquoi vous faites le procès du député Ramos.
04:34Oui, je ne comprends pas.
04:34C'est d'un objectif qu'il faudrait pas dire en justice.
04:37Non mais c'est d'un objectif.
04:38C'est parce que je remarque qu'en citant...
04:39Vous faites le procès de Ramos, ce qui arrive, qui dit, moi j'essaie à mon échelle
04:44de régler des problèmes et vous lui reprochez ça.
04:47C'est extraordinaire.
04:48Ah bah maintenant, on va faire le résumé.
04:49Moi, je remarque que Monsieur Ramos, qui nous raconte des affaires très dures
04:56qu'il vit sur le terrain et puis qu'il s'agit de beaucoup, qu'il crie beaucoup, tout ça
05:00nous a permis...
05:01On ne s'agite pas, on ne s'agite pas, Monsieur.
05:03Respectez les gens qui viennent nous voir, on ne s'agite pas.
05:05Tout ça vous a permis d'esquiver la question de départ sur la démission de Gérald Darmanin.
05:10Mais je n'ai pas esquivé, j'ai dit non.
05:11Qu'est-ce que vous racontez comme conneries ?
05:13Mais vous racontez des conneries.
05:14Arrêtez de raconter des conneries.
05:16J'ai commencé par répondre, non, il ne faut pas qu'il démissionne.
05:18Donc, il y a peut-être plein de Français qui veulent qu'il démissionne.
05:22Moi, je dis ce que je pense.
05:23Depuis 13 minutes, on ne parle plus des dysfonctionnements.
05:25Arrêtez de raconter des conneries.
05:26Depuis 13 minutes, on ne parle plus des dysfonctionnements.
05:29Bon, on va essayer d'avancer.
05:31Monsieur le député, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
05:33Parce qu'effectivement, l'indignation, elle est générale.
05:35Elle est partagée par tous les Français.
05:38Qu'est-ce qu'on fait concrètement ?
05:40Monsieur Darmanin dit qu'il faut examiner les 70 000 dossiers en souffrance jusqu'au 14 juillet.
05:46Mais, monsieur Lecornu propose d'être plus sévère dans la loi avec une perpétuité réelle.
05:51Bon, il y a plein de...
05:52Et puis, il y a cette loi intégrale.
05:54Il y a la loi intégrale également.
05:55Moi, je prends ma part simplement de ce que disait madame, de notre incapacité.
06:02Il n'y a pas de majorité, donc c'est les Français aussi qui l'ont voulu.
06:05Et donc, c'est le bordel.
06:06Sauf que, sur ce cas-là, moi, je pense que le Premier ministre doit réunir l'ensemble des présidents de
06:11groupe,
06:12tous les présidents de groupe,
06:13et qu'on arrive à trouver un chemin qui est dans l'intérêt des 15 millions de gens à protéger.
06:17Voilà.
06:17Et puis, derrière, avec des avocats, avec des procureurs...
06:2115 millions, c'est les 15 millions d'enfants ?
06:22Oui, exactement.
06:23Il y a 15 millions de cette jeunesse qu'il faut protéger, qui est fragile,
06:26et qui peut arriver quelque chose.
06:27Et voilà.
06:28Et donc, je pense qu'il faut, à l'Assemblée nationale, trouver un consensus.
06:32Je pense que c'est...
06:32Vous y croyez à quelques mois d'une présidentielle ?
06:35Je peux y croire, parce que, en fait, beaucoup de gens ont pensé que cette affaire-là était un fait
06:40divers.
06:41Mais ce n'est pas un fait divers.
06:42C'est devenu un fait de société.
06:43C'est un fait de société.
06:45Personne ne croit que c'est un fait divers.
06:47La France est dans la rue.
06:48Oui, mais de temps en temps, pardon, les politiques, on n'a pas bien réagi.
06:51Les premières heures, on n'a pas pris la mesure de ce qu'était ce fait de société.
06:55Mais en fait, est-ce que vous vous rendez compte à quel point la société se joue à double niveau
07:00?
07:00Il y a le terrain, c'est-à-dire cet enfant qui est morte.
07:03Ce n'est pas la première, ce ne sera pas la dernière.
07:05On le sait tous.
07:06Et dans la rue, les gens qui vont manifester, c'est pour la plupart des gens qui ont été eux
07:10-mêmes victimes d'agressions ou d'incestes.
07:12D'accord ?
07:12Ça, c'est une réalité.
07:14Et à côté, il y a une classe politique qui nous explique, même dans votre groupe, le Bloc Central,
07:19que ça, le modem, ce n'est pas la même chose que la Macronie.
07:22La Macronie, elle change de nom tous les mois.
07:23Je ne sais même plus comment elle s'appelle en ce moment.
07:25Est-ce que vous vous rendez compte à quel point c'est grave ?
07:28Mais en fait, vous, vous m'expliquez que vous essayez d'aider Mme X ou M. Y.
07:32On ne va pas y revenir en avant.
07:33Mais non, mais c'est tellement grave.
07:35D'accord, mais non, ce n'est pas grave.
07:36C'est que je l'ai déjà dit.
07:37Pourquoi vous n'essayez pas d'aller trouver des majorités ?
07:39C'est ce qu'il vient de dire.
07:41Alors vous, à l'échelle individuelle, qu'est-ce que vous pensez de la loi intégrale ?
07:44Moi, je vais vous dire, je suis pour la loi intégrale.
07:46La proposition de loi intégrale.
07:46Vous avez signé ?
07:48Vous avez signé ?
07:49Oui, j'ai été le député qui a signé des textes avec le RN.
07:55Je me ferais traiter de fasciste.
07:56Je signe avec la gauche, je me fais traiter de gauchiste.
07:59Qu'est-ce qu'elle apporte cette loi intégrale ?
08:01Parce que je pense que je n'en ai pas encore saisi.
08:03C'est quoi la loi intégrale ?
08:04Je pense que sur la loi intégrale, il nous faut absolument mettre tous les ministères.
08:09C'est quoi une loi intégrale ?
08:10C'est une loi qui prend plusieurs ministères ensemble pour faire une loi.
08:13Alors que d'habitude, on est sur une loi, on va dire, en silo, pour qu'on comprenne bien.
08:16Et donc derrière, ça veut dire que le ministère de l'Intérieur, le ministère de la Justice et le ministère
08:21de la Santé
08:22doivent se mettre ensemble pour faire une loi qui réponde à l'ensemble de la problématique.
08:27Notamment, ce qui va arriver...
08:28Oui, mais encore une nouvelle loi...
08:30Alors, vous avez raison, mais on n'a pas pris cette mesure-là.
08:35Mais les lois existent !
08:36On voit la ZEU, par exemple, sur la ZEU.
08:39C'est ce qui va venir derrière, encore, avec les drames.
08:41La ZEU, c'est un scandale.
08:42Nous, on avait reçu ici un journaliste qui a eu une enquête accablante sur l'aide sociale à l'enfance.
08:46Je ne vais pas donner, puisque ma femme est agréée par la ZEU.
08:51Et donc, on en a reçu à la maison.
08:52On les ramène ensuite dans les familles.
08:55Là aussi, faisons en sorte qu'avant qu'il arrive encore...
08:59Et il y a déjà des drames dans la ZEU.
09:02Il y a déjà des drames.
09:03Mais prenons un maille.
09:05Mais pourquoi on ne le fait pas ?
09:06Qu'est-ce qui manquait jusqu'à présent ?
09:08Parce que ce sont des enfants, les enfants, ça ne vote pas, ça ne manifeste pas.
09:12Électoralement, ce n'est pas forcément payant ?
09:14Non, moi, je le dis.
09:15Vous savez, c'est très simple.
09:16Dans quelques mois, on aura des élections.
09:18Et je pense que ceux qui seront, comme moi, dans la majorité présidentielle,
09:21depuis quelques années, on ne sera pas réélu,
09:23parce qu'on ne méritera pas forcément d'être réélu,
09:25sur ce qu'on a fait au national.
09:27On a quelque chose qui a été de l'ordre d'une espèce de voiture France,
09:32auquel, quand on monte dedans, il y a tout.
09:34Il y a le volant, il y a le frein, il y a l'accélérateur,
09:36mais il n'y a plus de câblerie.
09:37C'est-à-dire que c'est comme si tout était là,
09:39mais il n'y a pas de câblerie pour faire marcher tout ça.
09:42Et plus on fait de l'interministériel, moins ça marche.
09:44Alors qu'il y a des endroits, c'est des endroits...
09:47Et puis peut-être, pardon, de défendre les députés,
09:50quels que soient leurs bords.
09:51Nous, dans la justice, on n'a pas le droit d'intervenir.
09:56Alors on essaie d'intervenir un peu.
09:58Mais le couple...
09:59Aujourd'hui, un préfet, par exemple, ne parle quasiment plus à un député,
10:03juste pour des inaugurations ou quelques réunions bienveillantes.
10:07Il va parler à un président de région, parce qu'il n'y a plus le cumul.
10:10Et donc, le rôle même du député est à remettre en cause
10:13dans sa relation avec le préfet.
10:14Moi, on sait très bien que les préfets, ils ont des relations avec les procs.
10:17Et que les procs appellent les préfets.
10:19On le sait sur le terrain.
10:20Même si ce n'est pas dit, c'est la réalité.
10:22Eh bien, faisons en sorte que nous, quand on remonte peut-être aux préfets,
10:25pas aux procs directement des choses,
10:26les choses soient concrètement sur le terrain qu'on puisse le faire.
10:30– Il faut tout réformer de fond en comble.
10:32– Et comme on ne l'a pas fait depuis neuf ans,
10:34et comme on ne l'a pas fait depuis neuf ans...
10:36– Et que vous ne le ferez pas dans l'année qui vient.
10:37– Non, non, non, on ne fera pas dans l'année qui vient.
10:40– Donc on porte la responsabilité.
10:41– C'est clair vis-à-vis des Français, M. Ramos.
10:43Il y a l'élection présidentielle qui arrive, il n'y a pas de majorité.
10:46Il ne va rien se passer.
10:47Vous allez expédier les affaires courantes.
10:48On est d'accord ?
10:49– Oui, alors...
10:51– M. Ramos, vous avez le langage de vérité depuis tout à l'heure.
10:54– J'ai toujours essayé de le dire.
10:55– Il ne va rien se passer d'ici l'élection présidentielle.
10:57– Oui, mais je pense qu'on peut peut-être,
11:00sur des sujets qu'il a, celui-là par exemple,
11:02avec l'affaire d'Aïana...
11:03– Il faut une session extraordinaire.
11:04Est-ce qu'elle peut avoir lieu, cette session extraordinaire ?
11:06– Il faut qu'elle ait lieu.
11:07Il faut qu'elle ait lieu.
11:07Il faut qu'elle ait lieu le plus rapidement possible.
11:09– Y compris Sénat.
11:10– Évidemment, parce qu'on ne remette pas après au Sénat,
11:13après l'été par exemple.
11:14– Parce qu'il y aura les élections sénatoriales.
11:16– Exactement.
11:16– Donc il faut le faire maintenant.
11:17– Il faut qu'on aille très vite.
11:18Et s'il faut siéger cet été, on doit siéger cet été.
11:21– D'accord.
11:21Jean Le Bonami, quelque chose à ajouter ?
11:23– Il y avait une promesse...
11:24– Attention à ne pas dire de conneries quand même.
11:27On écoute.
11:28– Il y avait une promesse du candidat Emmanuel Macron en 2017
11:30qui était justement de construire des places de prison supplémentaires.
11:36Ces places, en neuf ans, n'ont absolument pas été construites.
11:39Une toute petite partie dérisoire.
11:40Ce qui fait qu'en fait, la justice gère, vous le savez très bien, la pénurie.
11:44Alors pourquoi cette promesse, en neuf ans,
11:47qui est une promesse quand même fondamentale,
11:48n'a pas été tenue très loin de là ?
11:51– Parce qu'on n'a pas voulu y mettre les moyens.
11:53Parce que des fois, dans les villes, les gens ne voulaient pas de prison.
11:55C'est-à-dire que les mêmes maires qui hurlent au micro,
11:57quand on leur dit on va mettre une prison dans ta ville,
11:59ils n'en veulent pas.
11:59Et derrière, il y a toute cette norme qui fait que pour construire une prison,
12:04il fallait 6, 7, 8 ans.
12:06Et puis après, parce qu'il y a eu des promesses du président
12:08qui n'ont pas été tenues.
12:10Et c'est pour ça que les gens en veulent à ce président.
12:12Mais vous avez vu quand même qu'aujourd'hui,
12:14le ministre de la Justice a réussi,
12:16avec des prisons moins chères,
12:19plus rapides, à essayer d'aller plus vite que les autres.
12:21– Mais est-ce que votre message, c'est de dire en 2027,
12:24du coup, on a échoué,
12:25donc votez pour Jean-Luc Mélenchon, pour Marine Le Pen ?
12:27– Non, je ne dis pas du tout ça, moi.
12:28– Non, ce n'est pas votre message ?
12:29– Vous venez de nous dire qu'en 9 ans, vous n'avez rien fait ?
12:31– Non, non, je ne veux pas…
12:33– Vous continuez à croire au principe du « en même temps »,
12:37c'est-à-dire les meilleurs à gauche, à droite ?
12:39– Je crois que…
12:40– Les meilleurs, là, on les cherche.
12:42Ce n'est plus ce que ça veut dire, les meilleurs.
12:44– En tout cas, si demain,
12:46je ne croyais plus à essayer de faire quelque chose,
12:49j'arrêterais.
12:50c'est ça, la réalité.
12:51– Non, mais pour la prochaine présidentielle…
12:52– Non, mais pour la prochaine présidentielle…
12:54– Vous avez votre candidat ?
12:55– Non, mais non, moi, aujourd'hui, à date,
12:58je n'ai personne en qui j'ai envie de rouler.
13:00– Votre président, François Bayrou,
13:02a fait une déclaration de non-candidature,
13:04c'est assez original,
13:04parce qu'aujourd'hui, tous les deux jours,
13:06il y a un nouveau candidat,
13:07je crois qu'on en est à 38.
13:08– Oui, il y a plus de candidats que de Français.
13:09– Voilà, il y a quasiment plus de candidats que d'électeurs,
13:11ou de gens qui ont vraiment envie de voter.
13:13Et là, lui, il n'est pas candidat,
13:15donc vous êtes orphelin,
13:15vous n'avez plus de candidats.
13:17– Non, moi, je le dis,
13:18je n'ai pas, à date,
13:19je n'ai pas quelqu'un sur lequel je me dis,
13:21j'ai envie d'y aller, quoi.
13:22Je le dis très sincèrement.
13:23– Ni Édouard Philippe, ni Gabriel Attal ?
13:25– Non, non, non, non, je…
13:27À date, ça ne me donne pas envie,
13:29je le dis très sincèrement,
13:30ça ne me donne pas envie.
13:32– Même chez Rungage, par exemple ?
13:34– Vous faites monter les enchères.
13:35– Mais monsieur Ramos ?
13:36– Non, je ne fais pas monter les enchères.
13:37C'est que, on a…
13:40il y a des choses,
13:41je ne veux pas faire la littérature
13:42de ce qui a marché,
13:42parce qu'il y a eu des choses qui ont marché.
13:44Quand on regarde le nombre de plaintes
13:47qui ont été déposées,
13:48qui ont été instruites,
13:49ça a progressé,
13:49mais pas assez vite.
13:50Et donc, je ne veux pas faire celui qui dit,
13:52regardez, ça a marché,
13:53voilà ce qu'on a fait.
13:55Et puis, en plus,
13:56je pense qu'il faut monter un collectif.
13:58On a dit depuis 9 ans,
14:00Macron, Jupiter, machin, etc.
14:02Et on commande sur les micros
14:03comme quoi il va falloir trouver
14:04un nouveau Jupiter.
14:05Moi, je voudrais que…
14:07Et je ne pense pas, d'ailleurs,
14:08que c'est les…
14:09– Parce que la Ve République,
14:10c'est ça.
14:11– Oui, mais je sais bien.
14:12– Tous les 5 ans, Jupiter.
14:13– Je pense que la vraie question aujourd'hui,
14:16ce n'est pas ce que je mets dans le programme,
14:18c'est comment je rétablis la confiance
14:20entre une classe politique
14:21et des gens qui n'y croient plus.
14:22– Dernière question, Charles Consigny.
14:24– Je ne sais pas si c'est une question,
14:25c'est plus un constat.
14:26Je crains quand même,
14:28je suis sûr que vous êtes un élu
14:29d'excellente qualité,
14:30vous avez une excellente réputation,
14:31mais on voit que là,
14:33la Macronie termine en eau de boudin,
14:35en réalité.
14:36Le bloc central termine en haillons.
14:40Et ça se finit mal,
14:41parce que ça ne pouvait finir en réalité
14:43que comme ça.
14:45La destruction des clivages politiques
14:47au sein de ce qu'on appelle
14:48bompeusement l'arc républicain,
14:50ça aboutit forcément à ce qu'en fait,
14:52les extrêmes prennent une place énorme
14:55et de plus en plus grande.
14:56Et donc là, sauf miracle,
14:58on va vers un affrontement
14:59extrême droite, extrême gauche.
15:00Et malheureusement,
15:01ce sera ça le résultat du dépassement.
15:03Est-ce que le centrisme,
15:04ce n'est pas une connerie quand même ?
15:06Non mais, pardon,
15:08ce n'est pas moi qui donne des bons poids
15:10à M. Consigny,
15:10mais la question, elle est bonne.
15:11Moi, je me suis trompé.
15:13Je me suis trompé parce que moi-même,
15:14je pensais que dans cet espace
15:17central ou modéré,
15:19on pouvait faire travailler
15:21des gens qui ne pensaient pas
15:21tout à fait la même chose.
15:24Et derrière,
15:25c'est ce bloc-là.
15:26C'est une bêtise
15:27parce que ça a fait ce que vous avez dit,
15:29mais j'y ai cru, moi.
15:30En 2017, j'y croyais à ça.
15:31Je croyais que des gens
15:33qui ne pensaient pas
15:33tout à fait la même chose.
15:35Désormais, les oppositions
15:36se sont radicalisées.
15:37En fait,
15:38ça a fait monter les deux blocs
15:39comme vous le décrivez
15:39et au milieu,
15:40c'est la course des petits chevaux
15:41pour la présidentielle.
15:43Et surtout,
15:44pardon,
15:44je suis un laïc, etc.,
15:45mais je suis un amoureux
15:46de la vie de Jésus.
15:47Et donc, derrière,
15:48j'avais quelques valeurs
15:49démocrate-chrétiennes
15:50qui étaient mon parti politique.
15:51Et tout ça,
15:53c'est que des courses
15:54de petits chevaux
15:55avec des gens
15:55dans un truc qui est gazeux.
15:57C'est-à-dire
15:57l'espace central aujourd'hui,
15:59on ne sait pas ce qu'ils pensent.
16:02Et d'ailleurs,
16:02ils ne pensent pas du tout
16:02la même chose.
16:03Parfois même,
16:04il peut y avoir des gens,
16:05j'ai dit qu'il y avait
16:06deux candidats
16:07qui ressemblaient à des vases
16:08où c'est beau,
16:08c'est joli,
16:09ça se déplace,
16:10mais le principe d'un vase,
16:11c'est que c'est creux à l'intérieur.
16:12Merci,
16:12monsieur le député Ramos,
16:14d'être venu parler
16:15avec les GG,
16:16avec les grandes gueules.
16:16Une vraie grande gueule.
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